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dimanche 28 avril 2013

Campagne Internationale de Soutien aux Droits des Travailleurs Iraniens A l’Occasion de la Journée Internationale du Travail le 1er Mai


Chers amis iraniens et esprits libres du monde,

La mise en place de politiques contraires aux intérêts nationaux et aux intérêts des travailleurs par les autorités de la République Islamique d’Iran (RII) menace la vie et les ressources de millions de travailleurs et de leurs familles en Iran. La fin des subventions, l’augmentation des sanctions économiques, les politiques d’ajustement économique, les privatisations et l’augmentation des économies parasites ont causé la fermeture de beaucoup d’usines et le glissement du secteur de la production industrielle et agricole vers des activités non-productives. Workers’ News relate que les rapports de la commission économique du parlement de la RII à l’automne 2011 indiquent que 50% des centres de production en Iran ont fermé ou sont sur le point de fermer et que les plus grands centres de production opèrent à moins de 30% de leurs capacités.

On a annoncé que cette année, un tiers des ouvriers vivait sous le seuil de pauvreté. Le manque d’attention à la crise de l’emploi, aux ressources des travailleurs et aux indemnités versées aux travailleurs, ont causé de graves difficultés aux travailleurs et à leurs familles. Et dans le même temps, on interdit aux salariés de créer des syndicats indépendants, de faire grève et de manifester pour défendre leurs droits. Ces difficultés ont eu une influence négative sur ce secteur qui est l’une des forces sociales les plus importantes et les plus influentes.

Le manque de sécurité et le manque d’équipement adéquat sur le lieu de travail ont contribué à la croissance disproportionnée du nombre des accidents du travail et des décès. D’après le bureau de la médecine légale, cinq travailleurs meurent chaque jour d’un accident du travail.

En dépit de ce qui précède, les travailleurs sont toujours la cible de pressions et de répression quand ils cherchent à organiser des groupes, des organisations ou des syndicats indépendants pour demander de meilleures conditions de travail et pour défendre leurs droits légaux. Quand ils le font, les travailleurs doivent faire face à des pressions et des répressions sécuritaires qui ont conduit à l’arrestation, à la torture et à de lourdes condamnations de dizaines de travailleurs progressistes et de ceux qui les défendent.

Malgré toutes ces pressions, malgré les restrictions politiques et économiques, les travailleurs iraniens sont toujours une force majeure dans la lutte contre les injustices et les exploitations. C’est pourquoi ils sont l’objet des formes les plus graves de répression. Sattar Beheshti, travailleur et bloggeur critique des politiques de la RII est un exemple de nombreux travailleurs iraniens conscients qui prennent des risques pour défendre leurs droits. Malheureusement, une semaine après son arrestation, Sattar Beheshti est mort des tortures infligées durant sa détention.

La Campagne Internationale de Soutien aux Droits des Travailleurs Iraniens souligne l’urgence de se conformer aux engagements nationaux et internationaux de le RII, dont les conventions 98 et 89 de l’OIT qui autorisent les travailleurs et les enseignants à s’organiser librement ; toute personne qui s’intéresse au futur de l’Iran et qui soutient le droit des travailleurs iraniens à créer des organisations libres et indépendantes à se joindre à elle en solidarité. La Campagne appelle ceux qui croient en la justice sociale et qui désirent la liberté des travailleurs emprisonnés à devenir la voix des travailleurs iraniens entre le 21 avril et le 1er mai et de faire en sorte, par tout moyen à leur disposition, d’attirer l’attention sur le calvaire des travailleurs iraniens, qu’ils soient employés ou non, qu’il s’agisse de femmes, d’enfants, d’Afghans ou surtout de travailleurs emprisonnés.

Source : http://ir.voanews.com/content/iran-workers-campaign/1647614.html

Bref rapport sur les conditions de travail en Iran


Pour mettre en lumière le travail et les conditions de vie difficiles des travailleurs iraniens, nous avons préparé un bref rapport sur leur situation. Ce rapport aborde les ressources des ouvriers, les accidents du travail, le chômage, la situation des travailleurs emprisonnés, des travailleuses, des enfants au travail et des travailleurs afghans en Iran.

Les ressources des travailleurs en Iran – Les travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté en Iran
Le 21 décembre 2012, lors d’une interview avec l’agence de presse PANA (site d’information gouvernemental), un membre du haut conseil de l’emploi a annoncé que le seuil officiel de pauvreté en Iran se situait à 15 millions de rials pour une famille de quatre personnes. D’après les rapports de la banque centrale d’Iran et du centre iranien de la statistique, l’inflation lors des derniers mois de l’année iranienne a dépassé 31% et pour certains produits de consommation courante, elle est montée à 40%. Prenant en compte ce taux d’inflation, des estimations officieuses fixent le seuil de pauvreté pour une famille de quatre personnes à 17 millions de rials au début de l’année iranienne (20 mars 2013). La même année, le haut conseil de l’emploi a fixé le salaire minimum des travailleurs à 4.870.000 rials. Si l’on compare ce chiffre avec l’estimation du seuil de pauvreté de la même année, on met en lumière la situation tragique et critique des travailleurs en Iran. Bien que le salaire fixé pour les travailleurs soit extrêmement bas, ce salaire même leur est refusé. On les paie souvent avec plusieurs mois de retard ou on ne le paie pas du tout. Par exemple, 2.300 ouvriers de l’usine de tuyaux Safa de Saveh n’ont pas reçu leur prime de nouvel-an et n’ont pas été payés pendant trois mois (leur salaire a été différé). Les ouvriers de la société de construction de route de Kahkoulieh et Bouyer Ahmad ont finalement reçu leur paie et leur prime en février 2013, au bout de sept mois. Une telle vie n’est qu’une mort lente pour la plupart des travailleurs iraniens et leurs familles.

Il est à noter que le calcul du salaire mensuel minimum mené par le haut conseil de l’emploi, le ministre des coopératives, du travail et de la sécurité sociale ne répond même pas aux critères de l’article 41 du code iranien du travail. Elle viole également l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits Humains. L’article 25 de la DUDH stipule : «  Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; ll a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

Les accidents du travail
La mort lente n’est pas la seule menace pour les travailleurs iraniens. La mort par accident du travail menace grandement les travailleurs ; des milliers en sont victimes chaque année. La plupart des ouvriers travaillent dans de petites structures qui ne font pas l’objet d’inspection pour savoir si elles respectent les règlements. Quand ils décèdent suite à un accident du travail, leurs familles n’ont plus de ressources financières car les ouvriers ne sont pas assurés. D’après les rapports de l’Inspection Médicale, 5 ouvriers décèdent d’accident du travail quotidiennement. Ce taux est en constante augmentation. En 2010, 1290 personnes sont décédées par accident du travail, en 2011 le chiffre a atteint 1507 personnes. D’après les rapports et les statistiques, les blessures par accident du travail sont la seconde cause de mortalité en Iran.

Les chutes depuis des sites en construction, la mort par explosion dans les mines, les incendies sur les lieux de travail, l’écroulement de bâtiments, la chute dans des puits profonds sont les causes les plus fréquentes d’accident du travail causant le décès des ouvriers. Dans presque tous les cas, ces accidents sont causés par l’absence de mesure de sécurité et par des conditions de travail dangereuses. ILNA (Iranian Labor News Agency – Agence Iranienne de Presse du Travail) a souvent relaté les omissions et les lacunes des inspecteurs du ministère des coopératives, du travail et de la sécurité sociale.

Les exemples d’accidents du travail sont nombreux dont un incendie à l’automne 2011 à l’usine Foulad de Yazd durant lequel 18 ouvriers ont perdu la vie et beaucoup ont été atteints de brûlures graves, dont certains sur plus de 50% de leurs corps. En février 2012, une explosion dans une mine de Tabas a coûté la vie à huit ouvriers. Les mesures légales prises par les tribunaux après plusieurs accidents n’ont donné lieu à aucune indemnité pour les ouvriers et leurs familles.

Le licenciement des ouvriers et la crise de l’emploi
La plupart des ouvriers en Iran ont des contrats de travail précaires et sont payés à la journée ou à l’heure. Ces ouvriers ne bénéficient pas de l’assurance chômage, de l’assurance maladie ou de la sécurité sociale. Ces contrats facilitent leurs licenciements par les employeurs, individuellement ou en groupe. En raison des sanctions économiques qui augmentent contre l’Iran et de la mauvaise politique économique, contraire aux intérêts nationaux, de la scandaleuse augmentation du taux de change des devises étrangères, la vie des citoyens, mais surtout celle des ouvriers est devenue très difficile.

En raison de leurs relations privilégiées avec l’état, beaucoup d’employeurs ont pu bénéficier de taux de change plus bas pour l’achat de devises, pour payer leurs importations, leurs équipements ou les matières premières nécessaires à leurs productions. La vente de devises achetées à bas prix, réservée à ceux qui sont en relations étroites avec le gouvernement, l’investissement dans la vente plutôt que dans la production, génèrent davantage de profit. En conséquence, beaucoup d’employeurs qui ne font pas l’objet d’inspections, de surveillance ou de contrôles, ont fermé leurs usines et leurs ateliers et ont licencié leurs salariés. D’après le dirigeant de la Maison des Ouvriers, une organisation affiliée au gouvernement, entre le 1er mai 2011 et le 1er mai 2012, 100.000 ouvriers ont été licenciés.

Les ouvriers emprisonnés
Bien que la loi iranienne reconnaisse aux salariés le droit de créer des organisations professionnelles et des syndicats, le gouvernement s’y est opposé et empêche la création par les salariés d’organisations indépendantes pour soutenir leurs droits et leurs revendications. Les salariés progressistes qui ont tenté de créer des syndicats et des unions, ont été harcelés et légalement poursuivis. Par exemple, les membres du syndicat des chauffeurs d’autobus du grand Téhéran, ceux du syndicat des ouvriers du sucre Haft Tapeh d’Ahvaz, l’union libre des travailleurs et le comité de soutien aux organisations ouvrières ont fait l’objet de pressions et de répression de la part des autorités sécuritaires. Beaucoup des membres de ces organisations ouvrières ont été condamnés à de longues peines de prison et actuellement beaucoup purgent leurs peines. Les militants des droits des ouvriers dont le nom suit ont été condamnés à de la prison ferme et purgent leurs peines : Shahrokh Zamani, 11 ans; Reza Shahabi, 6 ans; Mohammad Djarahi 5 ans; Behnam Ibrahimzadeh, 5 ans (en liberté provisoire à l’époque de la préparation de ce rapport) et Pedram Nasrollahi, 18 mois. En sus, nombre d’autres militants des droits des ouvriers et de militants des droits des enseignants sont actuellement emprisonnés en Iran ou ont été libérés sous de lourdes cautions.

Nombre d’ouvriers et de membres de syndicats actuellement emprisonnés sont gravement malades, dont Sharokh Zamani et Mohammad Djarrahi et auraient urgemment besoin de soins et de surveillance en dehors de la prison.

Noms des membres de syndicats d’ouvriers ou d’enseignants actuellement emprisonnés : Shahrokh Zamani, Mohammad Djarahi, Behrouz Allamehzadeh, Behrouz Nikfard, Alireza Saïdi, Ghaleb Hosseini, Ali Azadi, Pedram Nasrollahi, Rassoul Bodaghi (membre du syndicat enseignant), Abdolreza Ghanbari, (membre du syndicat enseignant), Mehdi Farahi Shandiz, Sharif Saed Panah, et Mozafar Saleh Nia.

Situation des ouvrières
Les ouvrières, dans la société patriarcale d’Iran, souffrent de multiples discriminations historiques, culturelles, sociales et légales. Elles ont aussi les premières victimes des crises politiques, sociales et économiques en Iran. Elles travaillent dans des professions qui paient mal et où le travail est intensif, avec de longues heures de travail, dans des conditions souvent informelles et illégales, elles sont moins bien payées, même à travail égal. Les ouvrières sont les premières à être licenciées quand leurs employeurs ont des difficultés économiques. Le taux de chômage des femmes a augmenté de 33% en 2005 à 44% en 2010 d’après les statistiques officielles.

D’après les statistiques officielles, les femmes comptent pour 5% de tous les salariés. Etant souvent employées dans le secteur informel, elles ne sont souvent même pas comptées dans les statistiques officielles. Même dans les secteurs d’emploi formel, les droits des salariées ne sont souvent pas respectés et on leur refuse fréquemment ce à quoi elles ont droit comme le congé maternité, du temps accordé pour allaiter leurs enfants, des locaux pour l’allaitement sur leur lieu de travail et la création de crèches sur leur lieu de travail ; en fait, les employeurs sont réticents à employer des salariées à cause de ces dispositions. Certains employeurs forcent les femmes à signer des contrats qui les obligent à éviter toute grossesse tant qu’elles sont salariées.

D’après l’article 191 du code du travail, les petits ateliers de moins de 10 personnes ne sont pas obligés de respecter les lois et règlements énoncés dans le code du travail. D’après les rapports, les salariés travaillant dans ce secteur, qui ont tendance à être essentiellement des femmes, sont employées sans droit à l’assurance maladie, aux retraites du gouvernement (auxquelles contribuent les employeurs), aux congés payés et aux congés maternité. Elles travaillent souvent durant de longues heures, font un travail pénible et sont peu payées. Il n’y a pas de contrôle de sécurité ou d’hygiène dans ces ateliers.

Beaucoup d’ouvrières se sont tournées vers un travail de production à domicile, souvent avec l’aide de leurs familles et de leurs enfants. Ce type de travail est souvent difficile, implique de longues heures, échappe au contrôle du gouvernement puisqu’il se situe au domicile des ouvrières.

Avec l’adoption du programme de « travail hors-site », le gouvernement a encouragé ce type de travail de production à domicile, ce qui permet l’exploitation des ouvrières par les employeurs et contribue aux pressions physiques, émotionnelles et psychologiques et à la violence contre les femmes.

Malheureusement, il nous faut ajouter à ces travailleuses les femmes engagées dans la prostitution dont le nombre va croissant. Ce secteur pour les travailleuses ne bénéficie bien sûr d’aucun droit mais expose aux arrestations, à la prison et aux exécutions.

Les enfants au travail
L’article 79 du code du travail interdit l’emploi d’enfants de moins de 15 ans mais, d’après les statistiques officieuses, les rapports du site Mashregh (un site du gouvernement) et le centre de recherche parlementaire, à l’automne 2012, 3.265.000 enfants étaient exclus de l’enseignement, dont 3.000.000 ont été identifiés comme des enfants au travail.

Les enfants au travail sont surtout employés dans de petits ateliers et contribuent à la production à domicile ou sont vendeurs à la sauvette dans la rue. En raison du taux d’inflation qui est de 40% et du taux de pauvreté des familles vulnérables, ces enfants sont de plus en plus nombreux.

Actuellement, en raison surtout du grand nombre de licenciements dans les usines et les ateliers, les femmes et les enfants font face à de plus en plus de pauvreté et ne jouissent d’aucun soutien social ou filet de sécurité. Le nombre de femmes et d’enfants qui s’engagent dans la prostitution augmente, l’âge moyen des drogués baisse et le taux d’illettrisme augmente.

Les ouvriers afghans
La situation des ouvriers afghans et en général des réfugiés et des travailleurs migrants en Iran est désastreuse. Des deux millions d’Afghans vivant en Iran, environ les deux tiers, soit 1.400.000 sont sans papiers. Bien qu’ils vivent en Iran depuis des années, le gouvernement ne s’est pas occupé de leur situation, ce qui a ajouté à leurs problèmes et qui fait qu’ils ne jouissent même pas du peu de droits des autres ouvriers. Le salaire des ouvriers afghans employés à plein temps et sous contrat à durée indéterminée, est beaucoup plus bas et leurs conditions de travail sont beaucoup plus difficiles. Les ouvriers afghans ne bénéficient pas de l’assurance santé, de la retraite ou des indemnités de chômage. Leurs enfants n’ont pas le droit d’être scolarisés et n’ont pas de papiers d’identité. Ces ouvriers et leurs familles vivent dans des conditions extrêmement difficiles.

Source : http://ir.voanews.com/content/iran-workers-campaign/1647614.html

mardi 1 mai 2012

En absence d’autorisation de manifester, des manifestations spontanées auront lieu lors de la journée internationale du travail - Nazanin Kamdar – 25 avril 2012


A l’approche du 1er mai, journée internationale du travail et tandis que des mouvements agitent le monde du travail en Iran, des groupes de travailleurs ont annoncé qu’ils voulaient organiser des manifestations ce jour-là et, qu’en absence d’autorisation de manifester, ils lanceraient des manifestations « spontanées ». Le ministre du travail a discuté les demandes d’autorisation de manifester lors d’une réunion et les officiels ont déclaré que le problème « était discuté ».

Les travailleurs ont dit qu’ils voulaient évoquer leurs conditions de vie actuelles pendant les manifestations. Alireza Mahdjoub, secrétaire général de Khane Kargar (la maison de l’ouvrier) a déclaré hier à l’agence de presse ILNA spécialisée dans le travail : « Si le ministre de l’intérieur n’autorise pas la manifestation de la journée du travail, les travailleurs se rassembleront pour montrer leur soutien à la production nationale et leur opposition aux produits étrangers dans la maison de l’ouvrier. »

L’organisation représentée par Mahdjoub a prêté le flanc à la critique des organisations de travailleurs indépendantes ou affiliées en raison de ce qu’elles appellent sa collaboration avec les conservateurs et son opposition aux syndicats indépendants. « Ce que les travailleurs demandent le plus cette année au gouvernement, c’est la fin de la limitation de la production nationale au profit de la hausse des importations. C’est ce qui se passe en dépit des déclarations du guide suprême sur les mesures efficaces contre les importations. »

Les remarques conservatrices de Mahdjoub sur les rassemblements de la journée internationale du travail ont suscité des remarques négatives sur Facebook et Twitter et beaucoup de militants des droits des travailleurs ont critiqué son « conservatisme et ses flatteries de l’ayatollah Khamenei ». Suivant ILNA, ces remarques de Mahdjoub, qui ne s’est pas joint aux manifestations d’après les élections de 2009, ont poussé Ali Akbar Eyvasi, membre du comité de direction du conseil islamique des travailleurs de la province de Téhéran, à prendre une position différente de celle de Mahdjoub, et à parler de « manifestations spontanées » pour s’opposer à l’appel au rassemblement dans la maison de l’ouvrier.

« En ne permettant pas les manifestations les années précédentes, le gouvernement ne s’est pas conformé à ses obligations définies par l’organisation internationale du travail : si elles ne sont pas autorisées cette année encore, alors l’OIT interviendra. Certains au gouvernement empêchent la tenue de manifestations lors de la journée internationale du travail même si l’article 27 de la constitution indique que le ministère de l’intérieur doit les autoriser. Si le ministère du travail n’autorise pas les manifestations, les travailleurs défileront spontanément comme autorisé par l’article 27 de la constitution. »

Abdollah Mokhtari, aussi membre du comité de direction du conseil islamique des travailleurs de la région de Téhéran exprime la même chose : « L’article 27 de la constitution oblige le gouvernement à autoriser le rassemblement et le défilé des travailleurs. Non seulement les travailleurs n’ont pas besoin d’autorisation pour manifester lors de la journée du travail, mais ils peuvent également le faire n’importe quel jour dans tout le pays pour exprimer leurs exigences professionnelles et les obstacles créés par le gouvernement sont illégaux » dit-il.

Rasta Ali Rastgou, militant syndical de Shiraz, a déclaré à l’agence de presse ILNA : « La voix des travailleurs qui ont perdu leur emploi à cause de la politique économique du gouvernement doit être entendue pendant les manifestations de la journée internationale du travail. Le ministère du travail doit prêter attention à la revendication des travailleurs et autoriser le défilé. »

Le site Tabnak a également écrit sur le sujet sous le titre « Pourquoi les travailleurs n’ont pas le droit de manifester », où il défend la nécessité de cette action. « Il ne s’agit pas seulement d’un principe qui est un droit, c’est aussi nécessaire pour l’accomplissement politico social. Nous ne devons pas refuser de nous y intéresser du point de vue politique alors que le peuple a une chance unique d’améliorer ses conditions de vie. C’est l’exemple même du soutien au bien pour refuser le mal. La constitution de notre pays s’y est aussi intéressée. »

Le gouvernement n’a pas donné son autorisation depuis cinq ans. L’année dernière, il avait annoncé qu’il autoriserait les manifestations si elles avaient lieu dans le désert autour du cimetière de Behesht Zahra, à l’extérieur de Téhéran. Les travailleurs ont rejeté cette condition.

Cette année, le ministère de l’intérieur a déclaré jusqu’à présent « examiner la demande ».
Suivant l’agence de presse officielle Mehr, le ministre du travail, Mostafa Nadjar a dit que si un groupe annonçait son intention de manifester, ce point serait discuté par le comité de l’article 10 et qu’il annoncerait sa décision.

L’agence de presse étudiante ISNA rapporte également que Seyyed Mohammad Ali Pourmoussavi aurait déclaré : « On examine la demande d’autorisation de manifester lors de la journée internationale du travail. La demande a été transférée au ministère de l’intérieur. C’est la municipalité de Téhéran qui connaît les détails. »

Moins d’une semaine avant le 1er mai, on ne sait toujours pas si l’administration de Téhéran, affaiblie changera son attitude passée ou persistera à refuser l’autorisation demandée.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2012/april/25/article/spontaneous-demonstration-on-international-labor-day.html

samedi 30 avril 2011

Solidarité contre la répression en Iran - 1er Mai 2011


Alors que l’on approche du 1er Mai, journée internationale des travailleurs, que les protestations ouvrières se développent en Iran, comme au complexe pétrochimique Imam Khomeiny au sud du Khuzestan, le régime de la République Islamique continue de réprimer les opposant(e)s et en particulier les militants ouvriers.
Plusieurs travailleurs sont actuellement emprisonnés pour avoir défendu leurs droits en organisant les ouvriers de leurs entreprises.

Voilà quelques exemples de militants ouvriers et syndicalistes actuellement détenus en Iran :

Mansour Ossanlo : Président du Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus de Téhéran et Banlieue, il a été arrêté il y a quatre ans et demi par les services de renseignements de la République Islamique et condamné à cinq ans de prison. Il a été rejugé le 1 août 2010 pour « contacts téléphoniques en prison avec des contre-révolutionnaire » et condamné à un an de prison supplémentaire. Malade du coeur, du dos et des yeux, la commission des médecins ont déclaré qu’il devait sortir de prison pour être hospitalisé. Il est toujours détenu à la prison de Karaj.

Ebrahim Madadi : Président-adjoint du Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus de Téhéran et Banlieue, il a été arrêté le 27 décembre 2008, il a été condamné pour « atteinte à la sécurité nationale » à trois ans et demi de prison. Il est actuellement détenu à la prison Evin de Téhéran.

Reza Shahabi : Membre du Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus de Téhéran et Banlieue, il est emprisonné le 12 juin 2010 à la section 209 de la prison Evin. Il aurait dû être libéré sous caution de 60 millions de tomans (environ 60.000 euros), mais sa libération a ensuite été refusé.

Reza Rakhshan : Président du Syndicat des travailleurs de la canne à sucre de Haft-Tapeh, il a été arrêté le 24 décembre 2010. Il avait déjà fait six mois de prison pour « mensonges ».

Behnam Ebrahimzadeh : Ouvrier plasturgiste dans une usine de la banlieue de Téhéran, militant ouvrier et des droits des enfants, fondateur de l’Association des Enfants Travailleurs des Rues, il a été arrêté le 12 juin 2010. Il devait être libéré sous caution de 100 millions de tomans (environ 100.000 euros), sa libération a été refusée sous prétexte que ses parents n’habitent pas à Téhéran, mais au Kurdistan. Suite aux tortures subies, il est handicapé de l’oreille gauche. Accusé de relations avec les Moudjahdins, ce qu’il a toujours nié, il a été condamné à 20 ans de prison et à 10 ans d’interdiction d’activités sociales. Il est actuellement détenu à la section 350 de la prison Evin. Il avait déjà été arrêté le 1er Mai 2009 pour avoir participé à la manifestation Parc Laleh à Téhéran et avait fait un mois de prison. Sa famille a constitué un comité de soutien qui appelle les ouvriers, les étudiants, enseignants, etc. à se mobiliser pour sa libération.

Gholamreza Gholamhosseini : Membre du Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus de Téhéran et Banlieue, il a été arrêté le 3 novembre 2010 à Karaj dans un cybercafé, il a été battu par les agents des forces de répression lors de son arrestation. Il est actuellement détenu à Karaj.

En plus, le régime de la République Islamique s’apprête à exécuter le jour du 1er Mai, le prisonnier politique kurde Bahman (Shirko) Maarefi. Arrêté en 2007, il a été condamné à mort pour « Mohareb » (ennemi de Dieu), et son exécution est planifiée pour le 1er mai 2011.

Face au régime de terreur de la République Islamique contre les opposants et les militants ouvriers, la solidarité internationale est plus que jamais nécessaire. Il appartient à tous les militants et militantes syndicalistes de manifester leur solidarité pour la libération de tous les syndicalistes et prisonniers politiques et l’abolition de la peine de mort en Iran comme ailleurs.


jeudi 28 avril 2011

Déclaration du Conseil de Coordination du Grand Chemin Vert de l’Espoir à l’occasion de la Journée Internationale du Travail


Déclaration résumée:

Le Conseil de Coordination du Grand Chemin Vert de l’Espoir appelle la nation iranienne,  tous les réseaux médiatiques et sociaux à soutenir les travailleurs d’Iran. Dans un temps où le gouvernement en place interdit toute forme de critique malgré les pressions toujours constantes et les conditions économiques difficiles dans tous les secteurs de notre société, le Conseil nous demande de soutenir sans faillir les travailleurs de notre nation. Le Conseil souligne le droit inaliénable des travailleurs d’exprimer leurs revendications, les soutient totalement dans leur droit à se rassembler comme de coutume tous les ans et demande à tous les Iraniens, militants et sympathisants du Mouvement Vert d’Iran à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour soutenir les demandes des courageux travailleurs de notre nation.

Source: Tahavole Sabz http://www.tahavolesabz.com/item/