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vendredi 21 juin 2013

Interview avec un membre de la commission parlementaire de sécurité nationale Ahmad Bakhshayesh – Fereshteh Ghazi – 19 juin 2012

Interviewé par Rooz sur le sort du président sortant Mahmoud Ahmadinejad, Ahmad Bakhshayesh, un conservateur, membre de la commission parlementaire sur la sécurité nationale et la politique étrangère, a déclaré : « l’époque d’Ahmadinejad est finie. »

Sur l’assignation à domicile de Mir-Hossein Moussavi, qui date de 2011, il a commenté : « Si Moussavi s’était tenu tranquille il y a quatre ans, ce serait lui le président aujourd’hui, pas Hassan Rouhani. »

Extraits de l’interview :
Rooz : Comment évaluez-vous la victoire d’Hassan Rouhani et la défaite des conservateurs ?
Bakhshayesh : Je vois cinq raisons au vote populaire pour Monsieur Rouhani. La première est que le peuple vote pour l’autre faction tous les huit ans, c’est quelque chose que nous avons remarqué. La seconde est la mauvaise compréhension des conservateurs. Ils croyaient que le peuple leur était dévoué et voterait pour eux de toute façon et c’est pourquoi ils ont choisi de débattre et de se concurrencer entre eux plutôt qu’avec leurs opposants. La troisième tient aux évènements et aux discussions qui ont eu lieu il y a quatre ans. Ces évènements sont toujours présents à l’esprit du peuple qui croit que peut-être, son vote n’a pas été compté, a été méprisé. La dernière raison est la disqualification de Monsieur Rafsandjani qui l’a, d’une certaine façon, transformé en héros. La résistance négative d’Ahmadinejad après la disqualification de Mashaï a aussi joué un rôle. Avant cette disqualification, il emmenait Mashaï partout où il allait et appelait au vote du peuple en sa faveur. Après sa disqualification, il a choisi de garder le silence et est entré dans une sorte de résistance négative. Même le jour du vote, il a choisi de se rendre aux urnes à cinq heures du soir plutôt que tôt le matin.

Rooz : Durant ces huit dernières années et plus spécialement les quatre dernières, les politiques économique, intérieure et internationale de l’administration ont mené le pays au bord de la crise. Le peuple a été mis sous pression surtout du point de vue économique. Ils se sont détournés des conservateurs à cause de ces politiques et non de leur propre abattement, vous ne croyez pas ?
Bakhshayesh : Bien sûr, mais on peut l’interpréter de deux façons, la première, c’est celle que vous avez décrite. : vous dîtes que les politiques intérieures, économiques et étrangère de Monsieur Ahmadinejad ont conduit à la victoire de Monsieur Rouhani. Je dis que monsieur Ahmadinejad fait partie des conservateurs qui n’étaient pas d’accord avec lui, ce qui l’a empêché de faire mieux. De plus, les taux de change et la politique économique du pays se sont détériorés ces sept ou huit derniers mois seulement, avant il était très apprécié en province.

Rooz : Vous ne croyez donc pas à la défaite des conservateurs ?
Bakhshayesh : C’est une défaite mais elle n’est pas grave. Les conservateurs se sont divisés. Ils croyaient qu’ils allaient jouer entre eux. Par exemple, Djalili, pour qui j’ai voté, est un modéré. Je le connais depuis l’université, nous vivions dans la même chambre. Au début de sa campagne, il s’est montré comme un guerrier et il voulait gagner contre les conservateurs radicaux.

Rooz : L’une des demandes de ceux qui ont voté pour Rouhani est la levée de l’assignation à domicile de Messieurs Moussavi et Karroubi et de Madame Rahnavard. C’était visible lors des évènements qui ont eu lieu dans la rue ; on a entendu des appels à la libération des prisonniers politiques lors des fêtes populaires. Qu’en pensez-vous ?
Bakhshayesh : Je ne le crois pas. Le peuple veut de meilleures conditions économiques. Il y a l’inflation et le problème du chômage. Il y a aussi des demandes politiques à la marge, comme les appels à la liberté. Ceux qui ont gagné font la fête, leur fête. Leurs réjouissances étaient sincères.

Rooz : Pensez-vous que la levée de l’assignation à domicile et la libération des prisonniers politiques soient souhaitables ?
Bakhshayesh : Il ne faudrait pas que cela arrive immédiatement. Monsieur Rouhani doit d’abord entrer en fonction. Il y a le guide suprême, le parlement et il faut que le gouvernement soir formé. Notre problème actuel n’est pas la situation de Moussavi, de Karroubi ou des prisonniers politiques. C’est la situation économique. Il a dit qu’on pouvait résoudre le problème de Karroubi et de Moussavi. Les prisonniers politiques seront aussi libérés, naturellement, dans cette nouvelle atmosphère, mais il faut un peu de temps.

Rooz : Monsieur Ahmadinejad a-t-il été cité à comparaître par Monsieur Laridjani ou par le parlement ?
Bakhshayesh : Je l’ignore, mais j’ai appris aujourd’hui que c’était à cause du ministre des sports qu’il devait nommer en trois mois, ce qu’il n’avait pas fait. Le comité de l’article 90 du parlement a porté plainte sur ce point et Monsieur Ahmadinejad doit comparaître au pénal le 26 novembre. En fait, c’est le tribunal administratif qui doit enquêter. Monsieur Laridjani a également déposé plainte, mais je ne connais pas les détails. Je crois que l’affaire ne sera pas jugée puisque sa présidence a pris fin. Le but est de réduire les tensions et Ahmadinejad le sait aussi.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/june/19/article/ahmadinejad-should-look-down-and-depart.html

dimanche 9 juin 2013

Nous avons fait du bon travail – Taghi Rahmani – 30 mai 2013

L’Iran est à la fois un pays plein de promesses et un pays où toutes les opportunités sont manquées. Mais cette fois-ci, nous avons fait du bon travail. Nous nous sommes rassemblés autour de Hashemi (Rafsandjani), sans le voir comme un sauveur, mais en l’invitant à être candidat dans le but partagé d’éviter la destruction du pays. Mais maintenant que la patrie est en danger, que faire pour continuer dans cette voie avec le même dynamisme ? Si nous ne faisons pas attention, nous courons à la catastrophe.

L’histoire nous montre que le peuple a évolué dans le bon sens depuis la fin des années 80. Contrairement à 1962, il n’a pas tout rejeté en bloc pour prendre une nouvelle direction. Il a évolué graduellement.

Deux décennies plus tard, la lutte du peuple continue dans la même direction. Elle a fluctué mais n’a pas radicalement changé, ce qui a produit des enseignements pour la nouvelle génération : ne pas tout jeter pour recommencer de zéro ce qui aurait entraîné de graves dangers.

Les réalisations sont meilleures que dans les années 80 car la conscience et la maturité du peuple ont augmenté. Malgré les cercles dirigeants dangereux et destructeurs qui ont généré la crise dans la région, la résistance du peuple a permis que l’Iran ne devienne pas un autre Irak de Saddam ou une Corée du Nord, même si les dirigeants en avaient rêvé.

Du point de vue des dirigeants, une seule personne dans toute la nation a le droit de parler, les autres ne peuvent que l’approuver. C’est le modèle qu’ils veulent créer en engageant Djalili dans ce tourbillon.

Dans une configuration où les éléments les plus durs du régime et certaines parties de l’opposition se conduisent comme des factions, la nation et les forces favorables à la démocratie ont réussi à garder leurs principes.

Malheureusement, la situation de plusieurs pays de la région, y compris certaines parties de la Turquie, est pire qu’en Iran. Il est difficile de ne pas connaître la guerre civile, l’invasion d’un pays étranger tout en continuant à se battre contre un régime autoritaire.

Mais le danger ne s’est pas éloigné. Les combattants du guide suprême ont l’intention de mener à bien leur plan en faisant la promotion de Djalili et en éliminant Rafsandjani. Le résultat des élections à venir n’est pas encore évident mais il convient de suivre de près ce à quoi Ghalibaf et Velayati vont jouer.

Il est maintenant temps d’examiner les intérêts communs des différentes composantes de la société, du clergé d’un côté, aux intellectuels de l’autre. Le bazar et les ouvriers connaissent les mêmes souffrances. En résumé, un front est en train de se former contre ce régime autoritaire, un front qui rejette les pressions économique et politiques ainsi que la guerre. En d’autres termes, tous veulent que l’Iran survive. Ils ne veulent pas la souffrance de leur patrie. Ce doit être la priorité commune, celle de ceux qui descendent dans la rue, celle du bazar et celle de tous les autres.

Cette aspiration peut se cristalliser en un but commun à ceux qui participent au régime comme à ceux qui sont à l’extérieur, aux religieux et aux intellectuels, aux ouvriers et aux étudiants et au bazar. Son slogan pourrait être : l’Iran doit rester intact. Et toutes les forces devraient se mobiliser pour cette cause.

  1. Les forces favorables à la démocratie doivent accepter qu’elles ne sont pas la force décisive mais qu’elles sont efficaces. Si elles veulent devenir le groupe décisif, alors elles doivent renforcer la société civile en Iran.
  2. La force décisive en Iran pourrait être soit l’intervention d’une puissance étrangère, soit un gouvernement en place qui contrôlerait le pays par l’argent du pétrole. Autres forces décisives : les religieux et le bazar, tant qu’ils sont soutenus par l’administration et les intellectuels.
  3. La conduite du guide suprême et de ses combattants a réussi à mobiliser tout le monde contre lui. Nous devons transformer ce point en victoire ce qui a pour préalable un accord pour préserver l’Iran et jouir d’une vie humaine et respectueuse.
  4. Une conduite réformatrice et pas radicale car cette dernière détruirait tout et serait néfaste pour les forces favorables à la démocratie. Une conduite démocratique se base sur des actions qui préserveront l’Iran.
  5. L’Iran est un pays plein de promesses mais les menaces auxquelles il doit faire face sont maintenant réelles, même si le danger n’est pas encore imminent. Il est important pour ceux qui vivent en Iran, qui participent au régime, pour les religieux, les intellectuels et même ceux qui ressemblent à Hashemi Rafsandjani de noter que la disqualification de Rafsandjani pour les élections présidentielles est une indication que les affaires de Khamenei sont dans les mains de Mojtaba Khamenei mais qu’il a besoin du clergé et du peuple pour sa survie. Il existe aussi un intérêt commun causé par les dangers auxquels l’Iran fait face et le déclin de la place de l’Iran dans le monde. Et donc, c’est un régime qui croit en la survie de l’Iran et de l’identité iranienne qui doit voit le jour en Iran. Une telle coalition peut être formée si chacun, si toutes les forces en présence jouent un rôle respectueux des pouvoirs de la nation.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/archive/2013/may/30/article/we-have-done-a-good-job.html