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mercredi 28 mai 2014

Pourquoi nous écrivons sur Libertés Furtives-Masih Alinejad #mystealthyfreedom

Vous souvenez-vous qu’il y a quelque temps les agences de presse ont demandé d’enregistrer et de leur envoyer des vidéos sur les vendeurs à la sauvette dans le métro, ou sur le 13-bé-dar (célébration traditionnelle en Iran) ou même sur les désastres causés par les grosses chutes de neige dans le nord pour pouvoir diffuser ces vidéos ?

He bien cette page ne vient pas d’un appel mais d’une question émanant des femmes et se demandant « si on retirait notre hidjab pendant que les autorités et leurs forces regardent ailleurs ? »

Après quoi, les réponses ont commencé à arriver, vraiment de partout. Pas une ni deux ; en une seule journée nous avons reçu des centaines d’images et maintenant, nous en sommes certainement à plus de mille ; les gérer et s’en occuper n’est pas simple et prendra un certain temps.

La réponse massive que nous avons reçue signifie que cette cause, cette question simple qui a été à l’origine de tout, prend de plus en plus d’ampleur. Pourquoi ? Parce que cette fois-ci, la question s’adresse à cette partie de la société iranienne qui n’est pas couverte par les médias en Iran pour transmettre leur voix par leurs images. La censure a toujours existé, cette partie de la société est attaquée par Gasht-e-Ershad (force gouvernementale spécialement dédiée au respect du hidjab et des règles islamiques dans la rue, etc…) surtout l’été et peut-être que cela a attiré quelque attention, mais sans que leur propre voix soit entendue.

Le travail des médias ne se limite pas à diffuser de tels évènements qui arrivent occasionnellement (en été, on a tendance à s’habiller plus légèrement et plus librement parce qu’il fait chaud ! et pour les femmes, source de conflits avec les forces mentionnées plus haut). Un journaliste ne doit pas se contenter de saisir son appareil photo et de prendre quelques clichés de filles battues et humiliées par ces forces. Au moins une fois, il faudrait entendre leurs voix avant qu’elles ne deviennent vraiment des victimes et qu’on voit leurs photos.

Sur cette page, une femme nous montre des photos d’elle diffusées auparavant aux médias et sur le web encore et encore, la montrant recevant des avertissements d’une fonctionnaire de Gasht-é-Ershad, détenue, humiliée. « C’est moi, avertie encore et encore à cause de mon foulard (ce qui veut dire que le foulard ne couvrait pas ses cheveux) ; tout le monde a déjà vu ma photo. Maintenant, qu’on entende ma voix » dit-elle.

Personne, aucune agence de presse, n’a jamais parlé de ce qu’a ressenti cette autre fille ; on lui a frappé la tête contre la voiture de police durant son arrestation, elle saigne ; sa vidéo est apparue aux nouvelles pendant des jours et personne n’a entendu sa voix bien qu’elle et beaucoup d’autres femmes se soient battu pendant toutes ces années.

Cette page ne prétend pas être le numéro 1 dans la lutte contre le hidjab. C’est simplement une page que les femmes se sont appropriées et qu’elles ont choisie pour expliquer aux autres comment leurs droits, même un droit de base comme celui de choisir ce qu’elles portent, doivent être mis en pratique furtivement. En fait, ce sont elles qui sont furtives et cela brise le cœur et elles n’ont jamais pu en parler, parce que, pendant plus de 30 ans, tout le monde les a fait taire en disant : « Ce n’est pas le moment d’en parler. »

Cette page est simple et se contente de raconter l’histoire d’une partie de la société iranienne qui a été retirée de la société et censurée.

Si vous voyez que cette page s’allonge c’est parce que le problème du point de vue des femmes (qui ne croient pas au hidjab) était beaucoup plus important qu’il ne semblait l’être. C’était à fleur de peau dans la ville et maintenant, ce sont les femmes elles-mêmes qui crient leurs soucis furtifs à voix haute, pour défier l’absence de liberté et pour que ceux qui disaient toujours « Le hidjab obligatoire n’est pas un problème » soient forcés d’entendre leurs voix fortes et claires.

Source : https://www.facebook.com/page.masihalinejad/posts/10152291717862740

Exemples de ce que vous trouverez sur cette page Facebook :



Je m’imagine un peu féminine 
Sans foulard 
Sans voile
Je m’imagine riant du fond du cœur
Sans avoir à être timide
Sans tous ces regards obscènes
J’imagine sentir le vent dans mes cheveux
Sans être obligée d’avoir peur
Sans avoir à m’inquiéter
Je m’imagine courant dans la rue
Sans entendre un mot 
Sans que l’on parle dans mon dos 
Je m’imagine assise près de mon amoureux 
Sans avoir à supporter les regards de reproche 
Sans avoir à supporter le fanatisme 
Je m’imagine juste vivant de façon un peu féminine 
C’est tout ce que je demande


J’ai 68 ans. J’espère que vous ne vous moquerez pas de moi en me disant que ce n’est plus de mon âge. Je suis aussi un être humain et j’aime être à l’aise. Je veux aller en enfer et cela ne regarde personne. Je ne veux pas être forcée d’aller au ciel.


Route d’Oramanat, Kurdistan d’Iran
La danse est comme une protestation contre les limites du corps. Les femmes kurdes dansent normalement en groupe. Ce sont leurs moments furtifs de liberté aussi, de temps en temps, puis les montagnes et les routes répercutent ces sons joyeux de rébellion pour que tous sachent que nous attendons davantage le futur puisqu’il n’y a pas de liberté possible en Iran sans que les Iraniennes ne luttent pour la liberté et que nous espérons moins de regards de reproche et de jugements d’une société patriarcale.

lundi 26 mai 2014

La guerre de l’Iran contre les femmes

La répression s'est concentrée sur les Iraniennes la semaine dernière et a mis la politique misogyne de la république islamique en lumière.

Les théocrates qui dirigent l’Iran ne sont pas contents des photos publiées sur Facebook de femmes se débarrassant de leur hidjab et des démonstrations publiques d’affection entre hommes et femmes et a mis fin, entre autres marques d’affection, aux baisers amoureux en public. La révolution islamique de 1979 a institué des lois forçant les femmes à se couvrir d’un hidjab ou d’un niqab La semaine dernière, le baiser de l’actrice iranienne Leila Hatami sur la joue de Gilles Jacob, président du festival de Cannes, 83 ans a déclenché la fureur de l’institution religieuse et d’un groupe d’étudiants radicaux.

Le groupe étudiant Hezbollah, lié aux gardes révolutionnaires, a exigé « sa flagellation comme stipulé dans la loi. » L’organisation étudiante a attaqué Hatami pour avoir « embrassé un étranger », a écrit le site d’information des gardes Tasnim. Le groupe d’étudiants radicaux s’est assuré le soutien du régime en la personne d’Hossein Noushabadi, secrétaire d’état à la culture. Il a traité l’apparition à Cannes comme « une violation de nos croyances religieuses » et a dit que « l’Iranienne est le symbole de la chasteté et de l’innocence. »

L’érudit allemand et syrien, Bassam Tibi, spécialiste du Moyen-Orient, a longtemps proclamé que l’avancement de la démocratie au Moyen-Orient dépendit des droits de femmes dans les régimes non-démocratiques et autoritaires.

Tout ceci aide à explique pourquoi la poussée des Iraniennes cherchant à se débarrasser des entraves que les hommes leur imposent pourrait signifier un mouvement lent vers la décomposition du régime.

Les exigences vestimentaires des Iraniennes pourraient se conformer aux critères occidentaux de liberté si on en éliminait l’aspect obligatoire.

Néanmoins, Meir Djavedanfar, expert israélien de l’Iran, a écrit vendredi sur son site, l’Observateur Iran-Israël, que, d’après une nouvelle étude de l’université d’Oxford : « On pense que le code vestimentaire de l’Iran islamique imposé aux femmes contribue à la montée en flèche de la sclérose en plaques mortelle parmi les Iraniennes. La raison en est qu’il réduit l’exposition du corps au soleil, une source importante de vitamine D. »

L’étude a montré qu’entre 1989 et 2005, le taux de sclérose en plaques parmi les femmes de Téhéran a augmenté de 700%.

Djavedanfar a clairement résumé le code vestimentaire anti-femmes en Iran : « Toutes les religions sont saintes. Mais je pense qu’il revient aux gens de décider ce qu’ils veulent porter et non pas d’être obligés de s’habiller d’une certaine façon, surtout quand cela présente un risque pour la santé. C’est aussi le piétinement de leur droit humain à choisir. »

« La police de la moralité » donne la chasse aux femmes qui violent le code vestimentaire du pays et inflige des avertissements oraux et des amendes. Certaines femmes sont arrêtées.
L’attitude de l’institution religieuse, masculine envers le sexe féminin rappelle les mots célèbres de l’auteur irlandais Oscar Wilde sur l’orthodoxie intégriste : « La moralité n’est que l’attitude que nous adoptons envers les gens que nous n’aimons pas personnellement. »

La république islamique a longtemps privés les femmes de tous leurs droits dans de nombreux aspects de leur vie. Par exemple, les candidates sont interdites lors des élections présidentielles.

Ces dernières semaines, les femmes sont devenues le punching-ball de président iranien soi-disant modéré, Hassan Rouhani.

L’arrestation de trois jeunes femmes en même temps que des hommes pour avoir posté une vidéo de « Happy » dans laquelle les femmes dansent sans hidjab a déclenché un simulacre de procès public. Le régime a contraint les femmes à présenter leurs excuses pour avoir violé et « blessé la pudeur publique. »

Il est difficile d’imaginer qu’un système qui abolit le bonheur, pourra, sous sa forme actuelle, survivre aux forces de la modernité

Benjamin Weinthal écrit des rapports sur les affaires européennes pour le Jerusalem Post et est membre de la Fondation de Défense des Démocraties.

Source : http://www.jpost.com/Diplomacy-and-Politics/Irans-war-on-women-353255