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samedi 16 octobre 2010

Le Liban, aux portes de l’enfer (Lettre d’un iranien à nos amis Libanais)

Nous avions tellement vibré avec vous en Mars 2005, lorsqu’en quelques semaines, le destin du Liban semblait enfin être entre les mains des Libanais, lorsqu’en l’espace de quelques jours, le départ des forces syriennes devenait enfin réalité. Certes tout partait de la réaction populaire à un acte de violence, l’assassinat de Rafic Hariri, mais la vague de manifestants qui a déferlé dans les rues de Beyrouth portait en elle un immense espoir. Celui d’un Liban moderne et tolérant, d’un pays à la croisée des cultures et des religions qui servirait de modèle pour "éduquer" ses voisins décidément trop bellicistes. Ce Liban complexe et généreux, avait le potentiel de bouleverser la donne dans toute la région. Mais il a suffi qu’une nouvelle catastrophe ne vienne briser cette dynamique. C’était presque trop simple à imaginer et à réaliser. Il ne fallait pas des gens doués d’une intelligence surnaturelle pour arriver à la conclusion qu’il fallait à tout prix faire replonger le Liban dans le chaos et la division pour regagner l’initiative. 

En réponse aux provocations du Hezbollah, Israël allait littéralement anéantir votre beau pays, ravager les infrastructures et tuer plus d’un millier de vos compatriotes. Israël allait, comme à son habitude et contre ses propres intérêts stratégiques, répondre bêtement et avec une violence inouïe. Cette guerre de 33 jours a remis en jeu un Hezbollah à bout de souffle, revigoré les velléités interventionnistes du voisin syrien jusque-là sur la défensive, basculé Israël dans une instabilité politique chronique et enfin réveillé les appétits régionaux du régime iranien.

Hier, en voyant Mahmoud Ahmadinejad accueilli par des foules soigneusement organisées et colorées par le Hezbollah, en voyant les effigies de Khomeini et de Khamenei, nous avons vraiment eu l’impression que le Liban se préparait à rebasculer dans le chaos et la guerre. 

Il faut être aveugle pour ne pas voir que le régime représenté par Ahmadinejad se sert du Liban comme un levier de pression pour donner le sentiment de projeter sa capacité de nuisance aux portes d’Israël. Il faut être naïf pour croire qu’une milice entièrement formée, financée et pilotée par un gouvernement étranger depuis 3 décennies ferait autre chose que d’être à la botte de ce même gouvernement. Lancer des rockets de fabrication iranienne sur les quartiers résidentiels Israéliens n’est pas un acte de "résistance contre l’ennemi sioniste" mais un acte de terrorisme irresponsable piloté par Téhéran en vue de déstabiliser un Israël trop instable et gangrenée par le doute. Ce n’est pas parce qu’Israël refuse de voir la réalité en face et est incapable de définir ce qu’il est et ce qu’il veut que vous Libanais, devez littéralement vendre votre pays à un régime totalitaire dont les jours sont dieu merci désormais comptés. 

La vraie résistance, le vrai courage aujourd’hui serait de se défaire de l’emprise d’un régime dictatorial qui affame sa propre population, qui emprisonne, torture, viole et tue ses propres opposants intérieurs, pour jouir de la manne pétrolière et de projeter, malgré ses immenses faiblesses, une certaine image de puissance dans la région et à travers le monde. 

Le Sud-Liban a peut être été rebâti avec la générosité sans fin de Monsieur Ahmadinejad qui joue sans aucun doute à merveille le rôle du pompier pyromane. Mais peut-on oublier que ce généreux donateur fut également à l’origine des provocations ayant entraîné les destructions ? Ceux qui célébraient Ahmadinejad dans sa voiture décapotable savaient-ils que le 5 Août 2009 ce même individu avait dû être héliporté sur son lieu d’investiture car des milliers d’opposants protestaient contre son élection frauduleuse ? Savaient-ils que ce "président" ne peut plus se rendre à l’Université de Téhéran de peur de se confronter aux étudiants assoiffés de liberté et enragés par les injustices subies par leurs camarades emprisonnés ? Ces sympathisants du régime islamique de Téhéran n’ont qu’à ouvrir les yeux pour voir que cette unique expérience de théocratie dans le monde n’a causé que ruine, pauvreté et injustice. 

Nous Iraniens, ne voulons pas que vous basculiez dans l’enfer dont nous nous efforçons de sortir au prix de sacrifices inimaginables. Nous ne voulons pas que vous risquiez à nouveau des bombardements aveugles israéliens pour une énième provocation du Hezbollah. 

Célébrer Ahmadinejad c’est insulter l’idée même d’un Liban souverain et pacifique. Vous avez l’obligation historique de préserver votre démocratie, votre indépendance et de repousser le clientélisme, la division et la haine.

March 14 2005 Beirut.jpg

Beyrouth, 14 Mars 2005



jeudi 1 juillet 2010

Rooz/Nooshabeh Amiri: Fermez le parlement, mes frères!

29 juin 2010

Nooshabeh Amiri - nooshabehamiri@yahoo.com

Ceux qui ont perpétré le coup d’état en Iran se battent contre l’autre faction de droite, qui ne s’est pas encore totalement rendue aux règles de l’administration sécuritaire et militaire d’Ahmedinedjad ; cette dernière faction est soutenue par Khamenei lui-même. La bataille entre les deux factions atteint de nouveaux sommets puisque l’enjeu en est désormais la plus grande institution d’enseignement supérieur d’Iran, à savoir l’université Azad (libre). On se bat pied à pied, pour une maison ou une chaise. Les taliban iraniens ne sont pas les moins inquiets de l’obscurantisme qui attend la patrie dans l’atmosphère actuelle à l’intérieur de l’Iran comme à l’extérieur.



Dans la situation actuelle, disons le tous ensemble : Mes frères en civil ! Etudiants Bassidj ! Vous tous dont le sang rentre en ébullition dès que le guide suprême ordonne et dont l’agitation retombe grâce à un soda, envahissez le parlement qui est encore inconscient que l’amusement législatif va bientôt se terminer.



Vous tous, fermez la soi-disant maison du peuple dont les résidents ont réussi le test de qualification mis en place par le conseil des gardiens pour devenir « des superviseurs nommés », choisis pour participer au jeu de la démocratie mais qui en sont arrivés à croire en cet l’amusement et au rôle qui leur a été assigné et, ce faisant, ont déplu au guide de la république islamique.



Mettez fin à ce parlement où l’on entend encore un peu parler de loi et où l’on voit quelques agissements dans l’intérêt national du pays. Fermez ce parlement qui ne votre pas de résolution condamnant le Mouvement Vert et qui n’a pas approuvé l’exécution des dirigeants de la soi-disant conspiration verte.



Fermez ce parlement qui demande parfois calmement : Où vont les milliards de dollars du trésor public ? Que sont devenues les enquêtes sur le massacre de la cité universitaire de Téhéran ? Où sont ceux qui ont commis des crimes à la prison de Kahrizak ? Pourquoi le président a-t-il cédé le pays aux gardes révolutionnaires ? Qu’en est-il du plan quinquennal de développement ? Que sont ces accords signés quotidiennement avec des pays dont la nation ne connaît même pas le nom ? Pourquoi écrire ces lettres insensées aux dirigeants du monde entier ? Pourquoi mettre quotidiennement le feu dans un coin du monde et mettre notre Iran en danger ? Pourquoi ces relations avec des terroristes internationaux ? Et bien d’autres questions encore !



Fermez ce parlement complètement afin que chacun sache qu’aucune question ne doit être posée, aucun discours prononcé à l’ère de Khamenei, à l’âge du successeur de l’imam, ou même à l’âge du prophète, comme vous le nommez. Fermez le parlement pour que tous, nous y compris, voient combien nous étions niais de faire attention au despotisme religieux et même d’accepter la dictature militaire sans voir approcher ce jour !



Hezbollah ! Milicien en civil ! Etudiant Bassidj ! Viens sur le terrain. Achève cette dernière étape. Ne compte sur nous pour le faire. Ferme le toi-même. Nous ne sommes que de la poussière (comme l’a proclamé Ahmadinedjad) et nous respectons le parlement. C’est à toi de fermer le parlement, toi qui scandais hier à l’unisson : « Nous ne voulons pas d’un parlement libre ! »