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dimanche 11 juillet 2010

Les yeux et les oreilles du Mouvement Vert - Ebrahim Nabavi

3 juillet 2010

Plus d’un an s’est écoulé depuis l’avènement du Mouvement Vert. Aujourd’hui, je voudrais vous parler de choses que vous pourriez ignorez à propos du Mouvement Vert.

Premièrement, le Mouvement Vert n’est pas un mouvement religieux, mais on ne peut pas non plus en dire qu’il soit laïc, on pourrait dire que c’est un mouvement non religieux avec des dirigeants religieux. C’est l’une des voies d’expansion de la démocratie dans le monde islamique. Le Mouvement Vert est apparu dans une société religieuse, non pas parce que nous sommes amoureux de la religion, non, nous n’aimons pas du tout la société religieuse, mais nous vivons dans la réalité et si quelqu’un vous dit que l’Iran du futur sera une société laïque, ne prenez pas ses remarques au sérieux pour les cinquante prochaines années. Et même après cinquante ans, seul Henry Kissinger pourrait vous prédire l’avenir.

Deuxièmement, le Mouvement Vert a un dirigeant, Mir Hossein Moussavi dirige ce Mouvement mais lui et les autres dirigeants du Mouvement comme Khatami et Karroubi n’ont jamais déclaré en être les dirigeants parce que les dirigeants entretiennent une relation totalement réciproque avec ses sympathisants. Cinquante pour cent du contenu des pensées, des revendications et des paroles de Mir Hossein Moussavi ont changé au cours de l’année dernière, non par manque de pensée structurée, mais à cause de l’interaction et du dialogue qu’il entretient avec les sympathisants et plus particulièrement les dirigeants de niveau intermédiaire du Mouvement.

Troisièmement, le Mouvement Vert est pacifique. Pendant l’année écoulée, des milliers d’Iraniens ont été emprisonnés, blessés, exilés, torturés et plus d’une centaine tués dans la rue, tout cela parce que le régime a peur de l’expansion du mouvement et qu’il utilise largement la violence contre la population. Cette année, le 12 juin, le peuple avait prévu de descendre dans la rue pour l’anniversaire du coup d’état ; en dépit de l’article 27 de la constitution, le gouvernement ne lui en a pas donné l’autorisation. Le but du Mouvement Vert n’est pas de rassembler une foule forte de dix mille personnes dans la rue pour ainsi provoquer des dizaines de morts et des centaines de prisonniers. Quand trois millions de personnes descendent dans la rue, même une grande armée ne peut les contrôler, mais quand il y a cinq mille personnes, cinq cent personnes suffisent pour les contrôler.

Quatrièmement : Le régime affronte actuellement de nombreux conflits. Après l’anniversaire de la mort de l’ayatollah Khomeiny et la dispute entre le petit-fils de Khomeiny et Ahmadinedjad, le camp du gouvernement a perdu beaucoup de partisans. Beaucoup de parlementaires vont revenir vers le peuple et une part importante de diplomates ne rentrera probablement jamais en Iran. Le régime a déjà perdu deux à cinq personnes proches du guide ; de l’autre côté, le Mouvement Vert est en train de trouver une certaine cohésion se transformant de foule chaotique en une organisation claire. Depuis maintenant un mois, l’ambiance s’est ouverte pour les militants, particulièrement dans les villes ; le Mouvement Vert a la possibilité de faire passer des mots d’ordre en utilisant les graffiti muraux et en distribuant des tracts. Tout cela à cause de la dissension intense au sein des conservateurs eux-mêmes. Nous prions pour que ces dissensions continuent.

Cinquièmement : Tout ce qui précède pour amener la discussion sur les médias. En Iran, sept chaînes, des dizaines de stations de radio, des centaines de journaux et des milliers de sites Web supervisés par le gouvernement, les conservateurs, le guide et Ahmadinedjad racontent des dizaines de mensonges à la minute. De plus, trente chaînes de télévision en Persan basées à Los Angeles empêchent les gens de penser en diffusant sans arrêt de vieux films. De l’autre côté, le gouvernement attaque Internet en le censurant et en mettant sur pieds une cyber-armée qui empêchent les Iraniens d’accéder aux images télé et à la radio par le brouillage, tandis que les journaux indépendants ont été fermés depuis longtemps. Notre principal souci est de lancer une chaîne pour instiller le souffle de la liberté dans le pays. Depuis un certain temps, les Américains parlent de créer un Internet libre de toute censure en Iran. Monsieur McCain y travaille d’arrache-pied ; à chaque fois qu’il en parle, quelques journalistes de plus sont arrêtés et, bien sûr, il ne se passe rien d’important.

Sixièmement : Pour lancer un média indépendant en dehors du pays, nous avons une grande contrainte : nous ne pouvons pas recevoir de fonds depuis l’extérieur de ‘Iran. Utiliser de l’argent serait lâcher une gazelle dans un champ où se trouverait des centaines de chasseurs, dont certains utiliseraient des tanks pour la chasser. Recevoir une aide financière de l’Europe ou des Etats-Unis ce serait tirer une balle dans la tête de nos collègues en Iran. Mon amère expérience personnelle avec la BBC Persian, VOA, Radio Zamaaneh et Deutsche Welle montre que les médias en Persan font grand cas de leurs gouvernements. Il arrive que les dommages causés par une chaîne comme la BBC excède mille fois les bénéfices que l’on pourrait en tirer. Ils ont pris deux cents de nos meilleurs auteurs qui avaient des centaines de milliers de lecteurs pour les transformer en employés d’une organisation qui est considérée depuis longtemps avec suspicion par certains Iraniens qui croient que les Anglais sont responsables de tout ce qui peut arriver de mal en Iran. En plus, l’intervention constante des Européens dans les affaires des médias qui fonctionnent grâce à l’argent de l’Europe détruit ces médias en pratique. Un exemple est Radio Zamaaneh qui s’est effondrée. Après des mois d’efforts, Euronews n’est toujours arrivé à rien et il semble qu’ils cherchent encore des traducteurs en Persan pour leurs employés.

Septièmement : Malheureusement et à cause de conseillers iraniens d’un autre siècle ; beaucoup de gouvernements occidentaux font du mal au mouvement en faveur de la démocratie au lieu de l’aider. Il y a trois ou quatre ans, nous avons rencontré des problèmes pour transférer mille euros de France en Belgique parce que nous travaillions pour un site Web d’opposition. Dans le même temps, en Europe, des millions d’euros provenant de fonds iraniens appartenant au régime et aux gardes révolutionnaires étaient utilisés pour des buts qui violaient les traités de l’ONU. Pendant de nombreuses années, nous avons expliqué que nous n’étions pas des terroristes et qu’en fait nous étions opposés au terrorisme, mais le représentant de la banque s’était bloqué sur le mot « Iran » ce qui a fait que nous avons retiré le mot « Iran » du nom de notre entreprise. Alors que nous parlons, on donne des milliers de dollars au Canada et aux Etats-Unis au nom de « l’aide aux journalistes » ; ces individus non seulement ne font rien pour le mouvement de la liberté en Iran mais ils montent des dossiers contre les journalistes de l’intérieur du pays. Beaucoup de journaux de droite en Iran reçoivent les subventions que vous leur envoyez.

Huitièmement : L’état iranien utilise trois méthodes pour empêcher toute activité politique : la censure, créer un manque de confiance et empêcher la formation d’une organisation. Ce sont les trois mesures les plus importantes prises par le ministère du renseignement. Notre grande chance est Internet. En pratique, et particulièrement dans des conditions adéquates, Internet nous libère des limites mises par les ministères de l’information et du renseignement et nous sert d’organisation ; il élimine la censure et prépare la voie de la confiance mutuelle. Le danger de l’Internet et notre grand problème est l’infiltration d’éléments du ministère de l’information qui ont accès à nos données et sont informés de nos plans. C’est plus facile pour les réseaux sociaux et plus difficiles avec les boîtes mails et les sites Web personnels. Quelques unes des meilleures armes à la disposition du Mouvement Vert en Iran sont Balatarin, Facebook et Twitter. Même si Balatarin est également utilisé par les sympathisants radicaux du gouvernement et d’attaques militaires contre l’Iran, c’est une source puissante pour diffuser rapidement de l’information et des nouvelles à travers le pays. En fait durant l’année écoulée, les sites Balatarin, Facebook, Rooz Online et Jaras ont servi de sites d’information et ont compensé le manque d’organisation et brisé la censure. Quand nous sommes descendu dans la rue, nous avons vraiment dit ce que nous pensions sur Facebook.

Neuvièmement : En dépit de tous les problèmes actuels, on peut suivre notre travail en Iran grâce à la conversion des médias. On envoie beaucoup des messages diffusés par notre télévision ou Internet à ceux qui n’y ont pas accès par tracts ou CDs vidéo. Suite au coup d’état d’Ahmadinedjad du 12 juin, nous avons essayé d’utiliser des médias proches du peuple et nous rencontrons ainsi un certain succès.

Dixièmement : Il est intéressant de noter que la foi d’un grand nombre de nos amis en l’occident se base sur la foi qui sous-tend la propagande de la république islamique. Contrairement à ce que raconte la propagande du régime iranien, il n’est pas exact que tous les ruraux soutiennent Ahmadinedjad, la moitié d’entre eux peut-être, de toutes façons les zones rurales ne représentent que moins de vingt pour cent de la population iranienne. Contrairement à ce qui se dit, le mouvement pour la liberté en Iran n’est pas un mouvement des classes moyennes. Il est bien réparti et la plupart des morts et des prisonniers viennent des classes pauvres tandis que les commandants de l’armée sont millionnaires et même, milliardaires. Principalement à cause du régime, la plupart des gens éduqués sont considérés comme relativement pauvres et la classe riche du pays est formée de dirigeants, de militaires et de religieux. Contrairement aux dires de la propagande, le groupe le plus important dans la lutte contre le régime et pour la séparation de la religion et de l’état est composé de religieux modérés et de groupes islamo démocratiques, tandis qu’une large portion des soutiens du gouvernement n’y sont liés que par leur dépendance de l’armée du gouvernement sans connotations religieuse.

Onzièmement : Basé sur ce qui précède, nous voudrions demander aux Européens qui pensent vouloir nous aider « pensez davantage à vous-mêmes ». Si la bombe qui menace notre vie en tant qu’Iraniens explose c’est toute la planète qui sera menacée. Le principal problème pour les Iraniens aujourd’hui, c’est l’information. Nous devons donner des informations correctes à l’intérieur de l’Iran. En le faisant, nous pourrons également les diffuser au monde entier. Nous ne vous demandons pas d’argent, mais essayez de nous donner la possibilité de nous libérer de la tyrannie. Ce que nous vous demandons à vous Européens, c’est la permission d’avoir une chaîne de télévision. Nous voudrions que vous nous répondiez un peu plus vite. Nous ne voulons pas troubler votre conscience et que vous nous demandiez « de quoi avez-vous besoin ? » pour nous abandonner plus tard dans un nuage d’incertitude. La principale demande du mouvement pour la liberté en Iran, c’est la prise de conscience et plus spécifiquement une chaîne de télévision pour diffuser les informations correctement et complètement.

Vous avez goûté au goût amer du fascisme durant la seconde guerre mondiale. Vous savez ce qu’est le danger. Nous sommes dans la même situation. A l’intérieur de l’Iran, la vie est plus animée, tout est plus dynamique et des millions de gens veulent se débarrasser de Satan. S’en débarrasser suffira, alors, ils pourront choisir par eux-mêmes s’ils veulent vivre en enfer ou au paradis.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/article/2010/july/03//the-eyes-and-ears-of-the-green-movement.html





jeudi 1 juillet 2010

Rooz/Nooshabeh Amiri: Fermez le parlement, mes frères!

29 juin 2010

Nooshabeh Amiri - nooshabehamiri@yahoo.com

Ceux qui ont perpétré le coup d’état en Iran se battent contre l’autre faction de droite, qui ne s’est pas encore totalement rendue aux règles de l’administration sécuritaire et militaire d’Ahmedinedjad ; cette dernière faction est soutenue par Khamenei lui-même. La bataille entre les deux factions atteint de nouveaux sommets puisque l’enjeu en est désormais la plus grande institution d’enseignement supérieur d’Iran, à savoir l’université Azad (libre). On se bat pied à pied, pour une maison ou une chaise. Les taliban iraniens ne sont pas les moins inquiets de l’obscurantisme qui attend la patrie dans l’atmosphère actuelle à l’intérieur de l’Iran comme à l’extérieur.



Dans la situation actuelle, disons le tous ensemble : Mes frères en civil ! Etudiants Bassidj ! Vous tous dont le sang rentre en ébullition dès que le guide suprême ordonne et dont l’agitation retombe grâce à un soda, envahissez le parlement qui est encore inconscient que l’amusement législatif va bientôt se terminer.



Vous tous, fermez la soi-disant maison du peuple dont les résidents ont réussi le test de qualification mis en place par le conseil des gardiens pour devenir « des superviseurs nommés », choisis pour participer au jeu de la démocratie mais qui en sont arrivés à croire en cet l’amusement et au rôle qui leur a été assigné et, ce faisant, ont déplu au guide de la république islamique.



Mettez fin à ce parlement où l’on entend encore un peu parler de loi et où l’on voit quelques agissements dans l’intérêt national du pays. Fermez ce parlement qui ne votre pas de résolution condamnant le Mouvement Vert et qui n’a pas approuvé l’exécution des dirigeants de la soi-disant conspiration verte.



Fermez ce parlement qui demande parfois calmement : Où vont les milliards de dollars du trésor public ? Que sont devenues les enquêtes sur le massacre de la cité universitaire de Téhéran ? Où sont ceux qui ont commis des crimes à la prison de Kahrizak ? Pourquoi le président a-t-il cédé le pays aux gardes révolutionnaires ? Qu’en est-il du plan quinquennal de développement ? Que sont ces accords signés quotidiennement avec des pays dont la nation ne connaît même pas le nom ? Pourquoi écrire ces lettres insensées aux dirigeants du monde entier ? Pourquoi mettre quotidiennement le feu dans un coin du monde et mettre notre Iran en danger ? Pourquoi ces relations avec des terroristes internationaux ? Et bien d’autres questions encore !



Fermez ce parlement complètement afin que chacun sache qu’aucune question ne doit être posée, aucun discours prononcé à l’ère de Khamenei, à l’âge du successeur de l’imam, ou même à l’âge du prophète, comme vous le nommez. Fermez le parlement pour que tous, nous y compris, voient combien nous étions niais de faire attention au despotisme religieux et même d’accepter la dictature militaire sans voir approcher ce jour !



Hezbollah ! Milicien en civil ! Etudiant Bassidj ! Viens sur le terrain. Achève cette dernière étape. Ne compte sur nous pour le faire. Ferme le toi-même. Nous ne sommes que de la poussière (comme l’a proclamé Ahmadinedjad) et nous respectons le parlement. C’est à toi de fermer le parlement, toi qui scandais hier à l’unisson : « Nous ne voulons pas d’un parlement libre ! »






mardi 29 juin 2010

Rooz/La pression sur la famille Ossanlou continue

Seulement une semaine après l’attaque brutale et l’arrestation de la bru de Mansour Ossanlou, le plus jeune des fils de ce célèbre syndicaliste a été convoqué à la 1027ème chambre du tribunal révolutionnaire aujourd’hui.


Dans une interview avec Rooz, Parvaneh Ossanlou, l’épouse de Mansour Ossanlou a commenté cet évènement : « Mon fils a été arrêté le 23 juin 2009 puis relâché après 18 jours de prison. Son dossier a été clos à ce moment je n’ai donc aucune idée de la raison pour laquelle il a de nouveau été convoqué. »


« Contrairement aux autres jours, le 23 juin de l’année dernière, les rues étaient plutôt calmes. Mon fils était sorti acheter une paire de chaussures quand il a été arrêté avec d’autres personnes. Il a été relâché 18 jours plus tard et a supporté beaucoup de souffrances physiques et psychologiques. A l’époque, j’ai accompagné mon fils au tribunal et j’ai apporté son dossier médical. Je les ai informé que mon fils était sous traitement car il venait de subir une grave opération du crâne. J’ai expliqué qu’il ne pouvait pas quitter la maison et qu’il n’avait donc eu de contacts avec personne. Ils m’ont posé beaucoup de questions et ont clos le dossier. »


« Hier, ils ont rappelé pour convoquer mon fils à la 1027ème chambre pour le même dossier. Je ne sais absolument pas pourquoi. Voilà quatre ans que Monsieur Ossanlou est en prison et ils continuent de mettre une telle pression sur sa famille. L’incident de ma bru a eu lieu cette semaine et maintenant un nouveau prétexte, tout cela pour mettre la pression sur Monsieur Ossanlou. Quand j’ai parlé à mon mari au téléphone hier, je n’ai pas mentionné ce qui arrive à notre fils. J’attends d’en savoir plus aujourd’hui pour lui en parler. »


A propos de sa bru, Madame Ossanlou a dit : « Psychologiquement, elle est actuellement très faible. Elle est très énervée et ne peut pas bouger le bras droit. Zoya est sous traitement médical. En ce moment, nous passons le plus clair de notre temps en visite chez les médecins. »


Madame Ossanlou, qui avait auparavant indiqué qu’elle porterait plainte pour ce qui est arrivé à sa bru, Madame Samadi, a confirmé aujourd’hui avoir contacté la justice pour lui demander d’enquêter sur le sujet immédiatement.









dimanche 27 juin 2010

Rooz/Epouse d’Abdollah Momeni : Le régime répète l’injustice que Saddam m’a infligée

25 juin 2010 - Par Kayvan Bozorgmehr

Le prisonnier politique Abdullah Momeni est un membre important et porte-parole du groupe Advar Tahkim, la plus grande organisation estudiantine réformiste. Dans une interview exclusive avec Rooz, son épouse Fatemeh Adinehvand dit que le régime iranien est en train de répéter l’injustice que Saddam Hussein lui avait infligée en tuant son mari.



Abdullah Momeni a épousé la femme de son frère après que ce dernier ait été déclaré mort au combat en 1985 durant la guerre de huit ans Iran-Irak. Après plusieurs années de militantisme dans le mouvement étudiant en Iran, Momeni est de nouveau en prison, une expérience difficile pour lui. Son épousé a parlé à Rooz du calvaire de son mari. Evoquant les traces de torture qu’elle a vu sur le visage de son mari, Fatemeh Adinehvand dit : « Je ne pouvais pas croire ce qu’ils lui avaient fait… J’ai pensé que le régime répétait l’injustice que Saddam Hussein m’avait infligée. »



En voici des extraits :



Rooz: Quel est votre pire souvenir de l’année passée depuis que Monsieur Momeni est en prison?



Fatemeh Adinehvand (Adinehvand): C’est quand j’ai vu Abdullah pour la première fois après son arrestation dans la cour de la prison d’Evine et aussi quand ils ont diffusé ses aveux à la télévision, ça a été très difficile Je ne sais pas comment j’ai survécu à ce calvaire. Quand ils ont diffusé ses aveux à la télévision nationale, j’ai seulement dit : « Venez voir votre père » je n’ai pas réagi devant les enfants mais cela les a beaucoup attristés



Rooz: Vous décrivez le moment où vous avez vu Monsieur. Momeni pour la première fois après son incarcération, c’est très touchant. Comment se sont passés ces moments et que ressentiez-vous ?



Adinehvand: J’ai supporté beaucoup de souffrances dans ma vie mais ce moment précis a peut-être été le plus douloureux. Quand Abdullah est sorti de la voiture, son visage était pâle et gonflé ; il n’avait plus que la peau sur les os. Il n’a même pas pu sorti de la voiture tout seul. Je n’aurais pas emmené les enfants avec moi si j’avais su qu’Abdullah était dans cet état. Je n’arrivais pas à croire ce qu’ils en avaient fait. C’était comme si ma vie entière défilait devant mes yeux. J’ai pensé que le régime iranien était en train de répéter la souffrance que Saddam Hussein m’avait infligée et qu’il était en train de ruiner ma vie pour une seconde fois. Abdullah pleurait. La seule chose qu’il ait dite, c’est qu’il ne voulait parler de son état qu’après être sorti de prison. Nous n’avons pas pu parler convenablement. Abdullah ne le pouvait pas et ce n’était pas le bon moment. Nous étions également enregistrés.



Rooz: Comment gérez-vous son absence en ce moment ?



Adinehvand: La première fois qu’il a été arrêté je n’arrivais pas à venir à bout du fait qu’Abdullah soit en prison pour militantisme politique. En 2005, Abdullah a fait 45 jours de prison et c’était très difficile pour moi. En 2007, il a été arrêté 35 jours, je me suis persuadée que je devais venir à bout du problème. Traiter les problèmes logiquement vaut mieux que de les laisser vous dévorer de l’intérieur.



Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/25//regime-repeating-saddams-injustice-against-me.html



lundi 14 juin 2010

Rooz/Fereshteh Ghazi: Reportage exclusif sur le meurtre de Ramine Pourandardjani


10 juin 2010 - Un meurtre, pas un suicide
Fereshteh Ghazi


Les autorités judiciaires de la république islamique gardent désormais le silence après plusieurs déclarations contradictoires sur la mort de Ramine Pourandardjani. Rooz a découvert que, contrairement aux allégations officielles, le jeune médecin de la prison de Kahrizak de Téhéran ne s’est en fait pas suicidé et n’est pas mort empoisonné. Ces conclusions se basent sur des observations venant d’une source très proche de l’enquête et sur des documents liés au dossier.


Médecin attaché au centre de détention de Kahrizak, Ramine Pourandardjani avait examiné plusieurs détenus assassinés dans ce centre après avoir lui-même constaté leur décès. Les autorités avaient dans un premier temps attribué les causes de la mort à une attaque cardiaque mais avaient plus tard déclaré que Pourandardjani s’était suicidé. Finalement, le bureau du procureur avait annoncé que le jeune médecin avait été empoisonné. Mais les documents que Rooz a obtenus révèlent que les rapports officiels sur la mort de Pourandardjani ne sont pas exacts.

D’après ces documents, l’officier de police Sotvan Nourian du poste de police n.129 a déclaré dans le rapport rédigé à propos du corps de la victime : « des traces de meurtrissures et des tâches de sang sont visibles dans la région du cou. » C’était le premier policier à arriver sur la scène du crime.
Cette preuve vitale a, pour une raison inconnue été complètement ignorée du bureau du procureur. Sans mentionner les meurtrissures ou les contester, le bureau du procureur imputa la mort du jeune docteur à un empoisonnement. Mais le bureau ne fournit aucun détail sur l’empoisonnement qu’il mentionnait.

Se basant sur cette nouvelle preuve, Rézagholi Pourandardjani, le père de Ramine Pourandardjani, a écrit aux autorités judiciaires et au procureur en charge du dossier : « La cause de la mort de Ramine n’est ni le suicide ni naturelle. Le rapport initial de la scène crime, dans le bureau de Ramine indique que Ramine a été étranglé en appuyant sur la zone du cou. »
Le père de Ramine a demandé une nouvelle enquête basée sur cette nouvelle preuve.

Ayant obtenu ces nouveaux documents, RoozOnline a contacté le père de Ramine Pourandardjani. Il a confirmé l’existence du rapport mentionnant la preuve de la strangulation et a dit que ce rapport faisait partie des documents du procès de Ramine.

Demandant que les meurtriers de son fils soient identifiés et poursuivis, le père de Ramine a déclaré à Rooz : « Ils ont commencé par dire qu’il s’était suicidé. Ils nous ont même donné ses dernières volontés. Puis ils ont dit que c’était une attaque cardiaque. Ensuite, ils ont dit qu’il avait été empoisonné par des pillules. Nous ne croyons même pas un pourcent de leur allégations et avons officiellement déposé plainte. Jusqu’à ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse. »

L’enquête de Rooz révèle également que les membres de la famille de Ramine et ses proches à Tabriz n’ont pas eu le droit de voir le corps de la victime.

Un proche de Ramine a dit à Rooz : « Les prières et la préparation de l’enterrement ont eu lieu à Téhéran en l’absence de sa famille. Les autorités ont refusé à la famille de changer le linceul de Ramine à Tabriz; la demande de la famille de voir le corps de leur fils à Tabriz leur a également été refusée. Ces détails montrent bien qu’on a caché des choses à la justice et à la famille, spécialement puisque les autorités ont également refusé à la famille de Ramine de voir le corps » ce qui indiquait bien que le corps était blessé comme enregistré par la police.












Rooz/Fereshteh Ghazi: L’anniversaire de l’élection célébré dans tout le pays


14 juin 2010 - Le peuple contre les forces de répression
Fereshteh Ghazi

Le peuple iranien a abordé le 12 juin, premier anniversaire des élections présidentielles contestées par des messages menaçants du ministère du renseignement : « Cher citoyen, les medias étrangers vous trompent et vous manipulent. Si vous recommencez, vous serez traités suivant le code pénal islamique. » Le ministère du renseignement avait déjà usé de ce stratagème, ce qui n’a pas dissuadé les manifestants de descendre dans la rue.

Les jours précédents l’anniversaire, le gouvernement au pouvoir et les forces armées ont mobilisé toutes leurs ressources pour empêcher les manifestants de descendre dans la rue. Mais hier, les rues de Téhéran et des autres villes dans tout l’Iran ont vu des accrochages sporadiques entre la population exprimant sa colère en criant « mort au dictateur » et les forces de sécurité qui tentaient de les disperser.

La population a également crié « Allah Akbar » depuis les toits pour l’anniversaire, comme elle l’avait fait après l’annonce des résultats des élections truquées de l’année dernière. Ils sont descendus dans la rue pour défier l’atmosphère sécuritaire de Téhéran. Ils étaient assez nombreux pour que Radan, le commandant militaire, annonce beaucoup d’arrestations. Radan a traité les détenus de « suspects » mais n’a pas précisé ce qu’ils étaient suspectés d’avoir fait.

Hier, des manifestations et des accrochages sporadiques ont eu lieu alors que Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi porteurs de tous les espoirs lors des présidentielles, avaient annulé les manifestations de rue après le refus du ministère de l’intérieur d’en accorder l’autorisation. Quelques heures après l’annonce, le site Web Kalameh, qui reflète les opinions de Moussavi, demandait à la population et aux militants du mouvement vert d’être « conscients de la situation critique : des personnes avides de pouvoir qui commettent des violences, trament un complot ; il convient de ne pas leur fournir la plus petite excuse ou ouverture à exploiter pour atteindre leurs buts mauvais : exercer la violence par la force et utiliser la moindre excuse pour attaquer, arrêter et tuer la population sans défense. Le peuple doit comprendre qu’en ce moment, le gouvernement a un besoin essentiel d’actions radicales. »

Les journalistes de Rooz sur le terrain rapportent un environnement le plus hautement militarisé à Téhéran depuis des mois ; la ville était pleine de police, de forces anti-émeutes, de forces en civil et de miliciens bassidj ressortis pour réprimer les manifestants qui ne faisaient que demander ce qu’il était advenu de leurs votes et protestaient contre le meurtre de leurs concitoyens. En face, la population défiait les menaces en criant « mort au dictateur » dans plusieurs quartiers de la ville et manifestait sa présence aux forces de sécurité ne créant des embouteillages dans la ville.

Un journaliste de Rooz écrit de Téhéran ; « La population s’est construite subtilement dans les rues. Ils marchaient en riant, faisant enrager la police mais sans leur donner le moindre prétexte pour les attaquer. Les policiers étaient furieux et extrêmement frustrés.

Source: http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/14//election-anniversary-celebrated-across-the-nation.html