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dimanche 1 août 2010

Kaveh Ghoreishi - Les frères Alaei privés du droit à la libération conditionnelle

25 juillet 2010

Massoud Shafei dans une interview exclusive avec Rooz:

L’avocat des frères Alaei lors du second anniversaire de leur arrestation : « Les efforts des organisations pour les droits humains et pour les droits des médecins sont restés sans effet pour les frères Alaei et le responsable de la justice s’est opposé à un amendement de leurs verdicts. » La semaine dernière, les médecins pour la défense des droits humains ont publié une déclaration demandant la libération d’Arash et Kamyar Alaei, deux médecins luttant activement contre le SIDA en Iran.

Rooz: Monsieur. Shafei, de quoi accuse-t-on les frères Alaei et ont-ils avoué ?

Masoud Shafei (Shafei): Suivant l’acte d’accusation, les deux frères ont été accusés d’agissements contre la sécurité nationale pour coopération avec un état ennemi, dans ce cas, les Etats-Unis. L’acte d’accusation cite l’article 508 du code pénal islamique selon lequel quiconque coopère avec des états ennemis de la république islamique sera condamné à un emprisonnement de un à dix ans, à moins qu’il ne soit condamné pour Moharebeh [ennemi de Dieu]. L’accusation de Moharebeh ne s’appliquait pas au dossier des frères Alaei, ce qui leur laisse un à dix ans d’emprisonnement pour coopération avec un état ennemi. Nous avons prouvé que les Etats-Unis n’étaient pas un pays ennemi. Nous avons cité plusieurs décisions de la cour suprême qui ne considérait pas les Etats-Unis comme un pays ennemi. A cette époque, seul le gouvernement irakien était considéré comme ennemi, à cause de la guerre de huit ans. Nous avons plaidé et finalement prouvé que les Etats-Unis ne pouvaient pas déclencher l’article 508. De plus, l’article stipule que quiconque coopère avec un état ennemi contre la république islamique sera condamné. Les frères Alaei n’ont absolument pas travaillé avec le gouvernement américain. Ils n’ont travaillé qu’avec des fondations et des institutions scientifiques.

Rooz: Quand et comment s’est passé le procès des frères Alaei ?

Shafei: Malheureusement, même si le procès devait se passer à huis clos, plusieurs agents du ministère du renseignement y étaient présents, ce à quoi j’ai objecté. Le juge n’a pas pris mon objection en considération les présentant comme des experts. Mais même les experts ne sont pas admis à un huis clos parce que les experts donnent leurs expertises avant le procès. Nous avons constaté l’incapacité du juge à diriger ce procès et a empêché les soi-disant experts d’intervenir dans la procédure

Rooz: Avez-vous pu rencontrer vos clients pendant les deux années passées ? Ont-ils pu utiliser leur droit de permission ?

Shafei: Je dois dire qu’heureusement, les frères Alaei ont eu des permissions. Les membres de leur famille et moi-même avons pu les rencontrer. Je les ai vus il y a quelques semaines. Pendant cette réunion, ils ont mentionné des restrictions en prison mais n’ont pas parler ouvertement de leurs conditions de vie en prison. Leur silence vient de ce qu’ils veulent protéger leurs droits à des permissions. Nous avons constat que s’ils protestent contre leurs conditions de détention, le peu de droits qu’ils ont leur sont retirés.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/25//alaei-brothers-deprived-from-right-to-conditional-release.html

dimanche 25 juillet 2010

Rooz - Paul Taylor - La saga d’une victime de la torture reflète l’histoire de l’Iran - 17 juillet 2010

Houshang Assadi est une victime de l’égalité des chances devant la torture. Il a été torturé du temps du shah et encore torturé après la révolution islamique. Il ressent encore les douleurs toutes les nuits.

Ce journaliste ancien communiste de 59 ans qui vit en exil à Paris peut finalement se venger de son ancien tortionnaire, un homme qu’il en est venu à connaître et à craindre sous le nom de frère Hamid grâce à Internet.

Le récit des malheurs d’Assadi reflète l’histoire moderne de l’Iran. Il y relate les horreurs et l’intrigue avec humanité et des touches de poésie et d’humour dans un livre intitulé « Lettres à mon tortionnaire » qui vient d’être publié en version Anglaise.

Quand il a été torturé pour la première fois par la police secrète du Shah, la Savak à la prison Moshtarek de Téhéran à la fin des années 70s, il partageait sa cellule avec un religieux musulman nommé Ali Khamenei. Ils sont devenus amis.

Quand Assadi a de nouveau été torturé dans la même prison au début des années 80s, Khamenei était handicapé suite à un attentat à la bombe et était devenu président de la république islamique, établie après le renversement du shah par la révolution de 1979.

Aujourd’hui, Khamenei est le guide suprême d’Iran supervisant une nouvelle répression des réformistes imposée après les manifestations contre la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinedjad l’année dernière. Certaines des mêmes prisons et techniques d’interrogatoires sont encore une fois utilisées, d’après l’opposition.

Pendant les deux ans de liberté relative qui ont suivi la tourmente révolutionnaire, Assadi est resté en contact avec Khamenei, avant sa seconde arrestation.

Le livre dépeint un Khamenei intellectuel, humain, passionné de littérature, qui apprécie les plaisanteries, méconnaissable par rapport au sévère idéologue fondamentaliste d’aujourd’hui.

CONNAISSEUR DE LA TORTURE

Quand Assadi a été condamné à mort pour avoir soi-disant pris part à un complot communiste visant à renverser le régime islamique, son épouse a contacté le président pour lui demander de l’aide.

Khamenei a envoyé au juge une lettre manuscrite disant simplement qu’il avait toujours été au courant des idées politiques du journaliste. Assadi ne croit pas que ce soit ce qui l’a sauvé de l’exécution.

« Je n’étais pas assez important dans le parti. Ils ont exécuté les membres dirigeants au tout premier niveau. Je ne faisais pas partie du premier cercle. J’étais un journaliste de Mardom, le journal du parti » a-t-il déclaré dans une interview à Reuters.

Assadi a survécu à l’assassinat en masse de milliers de prisonniers politiques ordonné par le dirigeant révolutionnaire, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny en 1988 après avoir déclaré au tribunal qu’il avait renié le parti communiste Toudeh pour devenir un musulman fidèle.

En tant que connaisseur de la torture, il perçoit très distinctement les différences entre ceux qui la pratiquent :

« Le but de la savak était d’obtenir des informations tandis que les islamistes veulent vous casser, vous insulter. »

Frère Hamid l’appelait « mauviette inutile » et le faisait aboyer comme un chien quand il voulait « avouer » pour faire cesser la douleur.

Le but était de faire qu’un pécheur se repente et embrasse l’islam, même s’il n’y avait aucune garantie de finalement éviter l’exécution

Quelques unes des techniques employées :

  • Suspendre les prisonniers par une chaîne attachée aux mains liées dans le dos
  •  Flageller la plante des pieds jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus marcher ou se tenir debout sans endurer le martyre
  • Leur casser les dents et leur refuser de voir un dentiste
Assadi a également été soumis à l’humiliation d’être contraint de manger ses propres excréments et ceux de ses compagnons de cellule gauchistes.

Frère Hamid voulait qu’il avoue faire part d’un complot pour un coup d’état communiste qui aurait été étrangement forgé par les services de renseignement soviétique et britannique.

On lui ordonnait d’écrire ses « aveux » sur des feuilles de papier blanc laissées dans la salle de torture. S’ils ne correspondaient pas à ce qui était attendu, il était soumis à de nouveaux supplices.

« Ils veulent vous faire jouer le rôle qu’ils ont écrit pour vous dans leur propre scénario » dit Assadi, un fou de cinéma qui publiait un magazine de films à Téhéran jusqu’à ce qu’il soit envahi et fermé en 2005, année où il a fui en France avec son épouse.

Avant chaque séance de torture, frère Hamid invoquait les saints des musulmans shiites : « Au nom de la céleste Fatemeh… » Claque !

Quand le tortionnaire était fatigué, il mettait une cassette qui serinait un chant hypnotique shiite rappelant le champ de bataille où Hussein, le petit-fils du prophète Maohemet a été tué : « Kerbala, Kerbala, nous sommes en route… »

La prison de Moshtarek est aujourd’hui un musée avec des expositions dénonçant les tortionnaires du shah. Mais leurs techniques sont encore utilisées à la prison d’Evine, qui s’étend toujours ; c’est le principal centre de détention pour les délinquants politiques, d’après les détenus relâchés.

Maintenant c’est au tour de frère Hamid de transpirer depuis qu’Assadi l’a démasqué alors qu’il donnait une interview à Voice of America en tant qu’ambassadeur dans un pays d’Asie centrale. L’envoyé a été promptement rappelé à Téhéran et mis à la retraite.

Assadi, qui travaille avec son épouse Nooshabeh Amiri pour un site d’information (www.roozonline.com), a posté sur Internet une photo de son tourmenteur en compagnie du président Ahmadinedjad lors d’une visite officielle au Tadjikistan.

« Allah soit loué un million de fois, tu as grossi. Ton double menton s’étale au–dessus de ton uniforme officiel d’ambassadeur » a-t-il écrit. Bien que les yeux bandés la plupart du temps qu’il a passé en prison, il dit avoir clairement vu frère Hamid trois fois.

De jeunes exilés, militants de la démocratie faisant partie du Mouvement Vert interdit ont trouvé de nouvelles photos de frère Hamid, qui a été jusqu’au poste de vice-ministre du renseignement, assistant à une réunion d’anciens ambassadeurs.

Ils ont découvert son addresse, le nom de ses enfants et ont contacté sa fille via sa page FaceBook.

A l’âge d’Internet, même les tortionnaires doivent craindre pour leur intimité.

(Letters to My Torturer; Love, Revolution and Imprisonment in Khomeini’s Iran; published by Oneworld, Oxford Reuters)

Source :http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/17//torture-victims-saga-mirrors-irans-history.html

samedi 24 juillet 2010

Rooz-Fereshteh Ghazi-Une Interview qui n’a jamais eu lieu-19 juillet 2010

Le Rédacteur en chef de Fars : Vous êtes tous des traîtres et des agents des sionistes


Fereshteh Ghazi

Suite à la publication d’interviews de familles de plusieurs victimes mortes pendant les manifestations contre les élections controversées du 12 juin, et la dénégation des familles, nous avons contacté Abbas Tavanfar, rédacteur en chef de l’agence de presse pour l’interroger sur les interviews. Il a refusé de discuter avec nous de ce sujet et accusé les journalistes iraniens contraints à l’exil d’avoir trahi leur pays et d’être des agents du sionisme.

Durant l’année écoulée, la république islamique a qualifié ceux qui manifestaient contre les élections du 12 juin de « perturbateurs ». D’un autre côté, elle prétend que plusieurs des victimes étaient membres de la milice bassidj.

Hossein Taeb, à l’origine commander de la bassidj, a initialement prétendu que 7 membres de la bassidj étaient devenus martyrs. D’autres officiels ont progressivement augmenté le nombre. Aziz Djafari, responsable du corps des gardes révolutionnaires islamiques Pasdaran (IRGC) a prétendu qu’il y en avait 13 alors que le général Araghi, responsable de l’IRGC de Téhéran a annoncé le chiffre de 12.

Ces allégations ont été faites alors que les officiels ont, jusqu’à ce jour, refusé d’identifier un quelconque membre de la bassidj soi-disant tué. A la place, ils ont essayé de forcer et de menacer les familles des victimes pour qu’elles s’expriment contre le mouvement vert et ses dirigeants.

A ce sujet, l’agence de presse Fars, affiliée aux institutions sécuritaires et militaires, a publié des interviews de familles de plusieurs victimes, leur faisant dire que Mehdi Karroubi et Mir Hossein Moussavi étaient responsables du décès de leurs enfants. Toutes les familles ont nié les interviews, avertissant qu’elles ne laisseraient personne utiliser le sang des leurs.

Les familles de Meissam Ebadi et Sadjad Sabzalipour avaient auparavant déclaré à Rooz lors d’interviews exclusives que l’agence de presse Fars avait manipulé leurs paroles et publié des déclarations qu’elles n’avaient jamais faites.

Les deux familles ont déclaré qu’elles avaient l’intention de porter plainte contre l’agence de presse Fars.

Malgré les dénégations des familles, le rédacteur en chef de l’agence de presse Fars déclare que tous les reportages de l’agence sont corrects et que l’agence a des preuves pour soutenir ses allégations. Mais il ne donne aucune preuve au sujet de cette controverse et à la place, il s’attaque aux journalistes et autres médias.

Abbas Tavangar a refusé d’être interviewé par Rooz. Mais avant de terminer notre communication, nous avons échangé des remarques qui sont utiles pour éclairer le sujet.

Rooz: Bonjour Monsieur Tavangar, je suis Fereshteh Ghazi de Rooz. Comment allez-vous ?


Abbas Tavangar (Tavangar): Vous ne travaillez pas pour le bien du peuple. Notre peuple ne vous fait pas confiance et considère vos paroles comme des mensonges. Je ne parlerai pas avec vous.

Rooz: Monsieur. Tavangar, vous ne m’avez pas encore laissé parlé. Vous publiez des interviews de familles de martyrs morts après les élections qui sont encore sur votre site Web en dépit de leurs dénégations. Je vous ai appelé pour demander si vous essayiez d’aider les familles ou de faire autre chose. Pourquoi vos interviews ont-elles été réfutées par les familles ?

Tavangar: Notre peuple ne vous fait pas confiance. Il vous considère comme des menteurs et des colporteurs de rumeurs. Nos reportages sont véridiques et étayés par des preuves. Nous ne pouvons discuter de rien avec vous, vous avez vendu votre patrie et êtes des agents du sionisme. Notre peuple ne vous fait pas confiance, vous avez quitté le pays pour travailler pour l’Amérique et le régime sioniste. Et maintenant vous vous occupez de notre peuple ? L’Amérique et Israël s’occupent maintenant de notre peuple ?


Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/19//an-interview-that-never-was.html



Rooz-Aujourd’hui des affaires intérieures, demain un impact global-11/07/2010

Houshang Asadi

Les évènements de l’année passée en Iran, qui ont attiré l’attention du monde sur un pays « au croisement de l’histoire », ne sont pas uniquement une force motrice pour des changements radicaux à l’intérieur, mais jouent également un rôle décisif dans un monde en équilibre précaire et au bord d’une nouvelle guerre.

Depuis le 11 septembre, une force s’élevant des profondeurs des siècles oubliés pour défier l’occident, s’occupe de recruter des partisans parmi les musulmans du monde entier. Cette force tire sa puissance davantage de l’idéologie que de l’argent et des fusils

Les idéologues dirigeants de ce renouveau islamique offrent une lecture fondamentaliste de l’islam qui divise le monde en deux camps distincts : le divin et le satanique. Pour eux, la civilisation occidentale, profondément enracinée dans l’humanisme et le libéralisme, est la manifestation du mal par excellence. Al Qaeda de Ben Laden est habituellement citée comme le principal représentant militant de ce point de vue, fondé sur la branche sunnite de l’islam. Néanmoins, comme les évènements post-électoraux en Iran ont pu l’indiquer, le régime iranien soutient le point de vue susmentionné du monde, ce qui positionne le fondamentalisme chiite aux côtés de l’idéologie des talibans, alors que ces derniers se sont manifestés par la destruction des statues du Buddha à Bamyan, le précédent a, ces jours-ci, orchesté la « disparition » de quelques statues de bronze de héros nationaux et séculiers des rues et parcs publics d’Iran. Les statues volées étaient toutes des œuvres post-révolutionnaires, dont l’une en particulier, la statue de Shahriar, le poète préféré du guide suprême d’Iran ; ce qui illustre l’étendue de l’idéologie partagée entre les talibans d’Afghanistan et leurs demi-frères iraniens.

En fait, nous assistons actuellement en Iran à une bataille serrée entre une lecture libérale de l’Islam et une autre fondamentaliste. Il y a juste un peu plus d’un siècle, la révolution constitutionnelle iranienne, la première à avoir lieu hors de l’occident, s’est écroulée quand elle a du faire face à la lecture fondamentaliste de l’islam. Ce qui s’en est suivi fut un compromis entre les deux lectures précédemment mentionnées, ce qui a donné la formation d’un état laïc approuvant les règlements d’une constitution en conformité avec la sharia. La contradiction intrinsèque de cette constitution donnera naissance par la suite à la révolution islamique de 1979.

Depuis le début, la révolution islamique a cherché à réprimer la société civile en remplaçant les lois civiles par celle de la sharia comme base légale de la société iranienne. Mais le conflit de longue durée entre les religieux libéraux et leurs collègues fondamentalistes n’a refait surface que récemment, lorsque le successeur de l’ayatollah Khomeiny, l’ayatollah Khamenei, a pris des mesures draconiennes pour changer la « république islamique » en « califat islamique ».

Il y a maintenant deux camps distincts en Iran. Le premier est composé des fondamentalistes shiites qui soutiennent l’ayatollah Khamenei. Les idées de Khamenei viennent de trois influences différentes :

  • Les idées des frères musulmans, généralement considérés comme les pères fondateurs du fondamentalisme islamique des temps modernes. Avant la révolution de 1979, Khamenei a personnellement traduit de l’original Arabe en Persan les œuvres importantes du dirigeant intellectuel des frères, Seyyed Qutb. Les idées de Qutb, et plus particulièrement sa haine profonde de l’occident sont facilement discernables parmi le clergé dirigeant l’Iran aujourd’hui.
  • Les Fadā’iyān-e Islam (dévoués à l’islam), les premiers partisans des frères musulmans en Iran, dirigés par Mojtaba Navab-Safavi qui ont commis les premiers attentats terroristes religieux dans l’Iran moderne. Khamenei cite fréquemment Navab-Safavi comme son modèle en politique. Il a nommé son fils aîné Mojtaba, ce qui est peut-être une indication de son admiration pour cet homme.
  • La troisième influence vient d’un groupe connu sous le nom de société Hodjatieh qui considère que sa mission est de préparer l’avènement du Mahdi, le 12ème imam des shiites dont on croit qu’il a été occulté pour mille ans et dont on espère que le retour à la fin du monde apportera la paix et la justice. On a révélé récemment que Khamenei visite chaque mercredi Djamkaran, un puits de la ville de Qom considéré par beaucoup de shiites comme l’endroit ou le Mahdi se cacherait. Des témoins oculaires rapportent que Khamenei a été vu profondément abîmé dans ses prières prétendant communiquer avec l’imam caché.


Les membres du second groupe sont totalement opposés aux premiers et considèrent leurs idées et agissements comme rien moins que catastrophiques pour le futur de l’Iran. La grande majorité des intellectuels de ce pays, la classe moyenne, les jeunes et une part importante de ceux qui travaillent à l’intérieur du « système » appartiennent au second groupe, que l’on nomme collectivement le Mouvement Vert. Du point de vue des fondamentalistes shiites, les membres de ce mouvement ne valent pas mieux que des infidèles. En tant que tels, on peut les emrpisonner, les torturer, les violer, etc…

L’issue de la lutte pour le pouvoir entre ces deux factions opposées a une grande signification, pas uniquement pour l’Iran, mais pour la communauté internationale. Une victoire des « taliban » iraniens entraînerait l’Iran dans une spirale descendante et mettrait la richesse du pays et son pouvoir géopolitique entièrement à la disposition de ceux qui croient que l’hégémonie globale de l’islam est possible par un djihad violent, raison pour laquelle ils veulent avoir une capacité nucléaire. Gardant à l’esprit que l’Iran a longtemps été une source d’inspiration pour de nombreux mouvement sociaux et idéologiques de la région, on voit combien l’issue de la bataille entre ces deux camps en Iran est critique pour le pays, la région et le monde entier.

——–

Houshang Assadi est journaliste. Il a été emprisonné sous le règne du shah ; il a eu comme compagnon de cellule pendant 9 mois l’actuel guide suprême d’Iran, l’ayatollah Khamenei. En 1983, après la révolution islamique et la répression que le gouvernement iranien a exercée sur tous partis d’opposition, Assadi a été arrêté et emprisonné à Téhéran. Il a été détenu au secret pendant presque deux ans pendant lesquels il a été sévèrement torturé jusqu’à ce qu’il avoue être un espion des services de renseignements britanniques et russes. Il est opposé à l’intervention militaire des USA en Iran. Il vient de publier aux éditions Oneworld Publications un livre Lettres à mon Tortionnaire : Amour, Révolution et Emprisonnement en Iran.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/article/2010/july/11//todays-internal-affairs-tomorrows-global-impact.html

samedi 17 juillet 2010

Rooz: Fereshteh Ghazi - Critique du mouvement vert - 13 juillet 2010

Fereshteh Ghazi - 13 juillet 2010

Interview de Zahra Rahnavard

Alors qu’un débat houleux sur l’opportunité de la critique du mouvement vert et de Mir-Hossein Moussavi est actuellement un sujet brûlant, Zahra Rahnavard déclare lors d’un entretien exclusif à Rooz : « Les gens qui ne sont pas critiqués commencent à stagner comme un marais et nous accueillons favorablement toute critique amicale et dans l’intérêt du mouvement. »

Nous avons interviewé Zahra Rahnavard suite aux remarques et interprétations controversées sur le mouvement vers venant de personnalités et groupes politiques à l’extérieur de l’Iran, en dépit des affirmations répétées de Moussavi et Karroubi les deux candidats d’opposition aux élections présidentielles que le mouvement est par nature « pluraliste » et qu’il accepte tous ceux qui s’opposent au statu quo en Iran. Soulignant que « le pluralisme et la diversité font partie des caractéristiques du mouvement vert » Rahnavard ajute : « Quiconque croit dans le changement pour obtenir la liberté, la démocratie, des élections libres et la non-ingérence du gouvernement dans la vie privée est vert. »

Ci-dessous quelques extraits de l’interview exclusive de Rooz avec l’artiste et professeur d’université, le Docteur Rahnavard

Rooz: Monsieur Moussavi a-t-il un représentant ou un porte-parole hors d’Iran ?

Zahra Rahnavard (Rahnavard): Moussavi a affirmé à de nombreuses reprises n’avoir ni représentant ni porte-parole en dehors d’Iran

Rooz: Madame Rahnavard, à vos yeux, qui compose le Mouvement Vert et quel spectre de la société couvre-t-il ?

Rahnavard: Le Mouvement est pluraliste et quiconque croit dans le changement pour obtenir la liberté, la démocratie, des élections libres et la non-ingérence du gouvernement dans la vie privée est vert. Ce qui ne veut pas dire que tous les verts suivent la même idéologie ou ont le même point de vue. Je crois que le Mouvement Vert est ce qui nous unit. Les différences, bien qu’elles existent, nous donnent à tous la chance de nous unir sans tenir compte de nos points de vue différents. Par exemple, à l’intérieur du mouvement, une personne peut-être un fervent religieux alors qu’une autre ne le sera pas du tout tandis que d’autres se situeront entre les deux. Bien que nos différences persistent, nous nous somme unis sur une base de croyances communes et de choses qui nous unissent. En d’autres termes, en dépit de nos différences, le Mouvement Vert nous a unis sur une base de buts et d’accords communs.

Rooz: Dernièrement, il y a eu un grand débat pour savoir s’il y avait place pour la critique au sein du Mouvement Vert, et plus particulièrement la critique de Monsieur Moussavi lui-même. Certains croient que la critique dans les circonstances actuelles pourrait saper le mouvement tandis que d’autres affirment que les opposants du mouvement en tirent avantage. Qu’en pensez-vous ?

Rahnavard: D’une manière générale, la critique est une bonne chose et nous encourageons la critique constructive. Je crois personnellement que les personnes qui ne sont pas soumises à la critique finissent par stagner comme un marais et nous accueillons favorablement toute critique amicale et dans l’intérêt du mouvement. La critique venant de l’animosité se révèlera avec le temps. Dans le même temps, he voudrais ajouter que la critique ne devrait pas uniquement être dirigée contre Monsieur Moussavi mais qu’elle devrait plutôt inclure tout le groupe composé de Messieurs Khatami, Karroubi et des autres, moi y comprise ; aucun de nous n’a jamais prétendu diriger le mouvement et nous toujours encouragé la critique. Le fait que la critique du mouvement rende joyeux le régime totalitaire actuel et qu’ils considèrent la critique comme affaiblissant quelque peu le mouvement n’a aucune importance. Je crois que la critique ne peut que conduire à de futurs développements et à une croissance du mouvement. En tant qu’artiste, je demande toujours à mes amis de critiquer mes œuvres et je crois que c’est cette forme de critique qui conduit à l’amélioration.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/13//we-welcome-criticism-of-green-movement.html

vendredi 16 juillet 2010

Rooz: Ardalan Sayami - La grève continue au bazar malgré la dérobade du gouvernement,

Ardalan Sayami - 16 juillet 2010

Hier matin, les agences de presse d’état annonçaient la fin de la grève d’une semaine du bazar de Téhéran suite à un accord entre les représentants du bazar et le gouvernement. Le rapport a été rapidement diffusé mais la présence continue de la police anti-émeutes et des forces en civil près du bazar de Téhéran donnait une autre image.

En fait, les manifestations continuaient, le bazar ne croyant pas à l’accord. La grève s’est étendue à la ville de Tabriz située au nord-ouest. La fermeture du bazar a toujours été très symbolique en Iran. Dans la culture sociopolitique iranienne, la fermeture du bazar eu a une signification spéciale pendant ces deux cents dernières années ; en l’absence d’institutions fortes de la société civile et d’une presse libre, le bazar, lieu historique du commerce, est également le lieu d’échange des informations. La fermeture du bazar a la même signification que pendant la révolution constitutionnelle de 1905, le mouvement de nationalisation du pétrole en 1951-1953 et la révolution islamique de 1979. A ces époques également, les marchands du bazar se sont joints aux manifestations populaires en fermant leurs échoppes et ont aidé à diffuser les mouvements dans toutes les couches de la société.

Les protestations récentes du bazar ne sont, bien sûr, pas politiques mais économiques et financières. Le gouvernement a augmenté les taxes de 70% et les marchands du bazar qui les paient résistent à cette augmentation.

Le gouvernement est depuis revenu sur sa décision et a accepté de réduire l’augmentation à 15%. Mais un éditorialiste financier a dit à Rooz : « L’opinion publique et les commerçants du bazar voient la réduction de 55% de l’augmentation des taxe comme une manœuvre déloyale du gouvernement pour retarder l’augmentation de 70%. Ils disent qu’ils continueront à protester et à faire grève jusqu’à ce que le gouvernement garantisse que l’augmentation des taxes se limitera bien à 15%. Les commerçants du bazar soutiennent qu’en raison de la nette diminution du volume des affaires en 1388 par rapport aux autres années, l’augmentation est déraisonnable et qu’ils ne peuvent pas payer une augmentation de 70% des taxes.

Suivant des rapports officieux, la grève s’est également étendue à la ville d’Ispahan. Beaucoup de syndicats de commerçants ont refusé de se conformer à l’accord qui, comme le prétendent les médias d’état, aurait mis fin à la grève du bazar. Ce qui est évident dans cette débâcle, c’est l’absence d’un front organisé pour présenter les revendications des commerçants du bazar, bien que deux organisations prétendent être les porte-parole du bazar : le conseil syndical national et la société islamique des associations du bazar et des syndicats. Le conseil syndical national était chargé de représenter le bazar lots des négociations avec le gouvernement qui se sont terminées par l’accord de lundi soir. Mais des rapports indiquent que beaucoup de commerçants du bazars refusent de s’y plier et ne considère pas le conseil syndical national comme suffisamment fort pour représenter leurs intérêts auprès du gouvernement.

Source: http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/16//strikes-continue-in-bazaar.html

Rooz - Fereshteh Ghazi - Les autorités sont absentes ; le superviseur est acquitté

13 juillet 2010

Le tribunal de Kahrizak annonce le verdict aux familles

Fereshteh Ghazi

Les avocats et les familles des victimes des atrocités de la prison de Kahrizak ont fait appel du verdict du tribunal de Kahrizak à l’issue d’un procès à huis clos. Le verdict a été annoncé aux avocats des victimes de Kahrizak six jours après que les médias aient commencé à le relater.

Saleh Nikbakht, représentant la famille d’Amir Javadifar, a dit à Rooz lors d’une interview exclusive, que les familles ont fait appel du verdict. Il note plusieurs contradictions dans le jugement : « Les avocats et les familles avaient demandé, bien que la cour ne soit pas compétente pour juger Mortazavi, qu’au moins elle le cite à comparaître en tant que témoin ; cette requête a été ignorée par la cour. »

Suivant le reportage exclusif de Rooz, le principal accusé est le lieutenant colonel Faraj Karimkhani, responsable du centre de détention de Kahrizak. Il est accusé entre autres de négligence, d’insouciance, de ne pas s’être conformé aux règles gouvernementales ce qui a conduit à des blessures physiques et à la mort, d’avoir privé les détenus de droits que la constitution et les lois leur accordait d’avoir encouragé le pessimisme envers l’application de la loi et d’avoir préparé des rapports falsifiés sur les victimes du centre de détention de Kahrizak en indiquant la méningite comme cause de la mort.

Karimkhani à été condamné à 35 mois d’emprisonnement, à une amende de 7 millions de rials et à une interdiction d’exercer une activité de fonctionnaire pendant 6 mois.

Le colonel Ravanbakhsh Fallah, responsable de l’organisme d’inspection de l’application de la loi est un autre accusé.

Le troisième accusé est le colonel Mohammad Amerian, accusé des mêmes charges à l’exception de la préparation de rapports falsifiés.

Le général Azizollah Rajabzadeh, responsable de la police de Téhéran en 1388 est un autre accusé qui a été acquitté de tous les chefs d’accusation.

Suivant le rapport de Rooz, Ebrahim Mohammadian et Mohammad Khamisabadi sont condamnés à mort. Ils étaient respectivement gardien et adjudant à Kahrizak.

Le seul accusé civil est Mohammad Reza Karami, désigné comme criminel emprisonné à Kahrizak. Il est condamné à une peine de prison et à une amende pour avoir attaqué et harcelé les détenus.

Le lieutenant de la garde Seyyed Kazem Ganjbakhsh, chargé des transferts de prisonniers entre Evine et les autres prisons est condamné à 4 mois de prison, l’interdiction d’exercer un emploi de fonctionnaire pendant 3 mois, une amende de 2 millions de rials et des coups de fouet. Suivant les attendus, il a été condamné pour avoir refusé de l’eau aux détenus.

Le soldat de deuxième classe Akbar Rahsepar, chargé de l’approvisionnement interne du centre de détention de Kahrizak, les soldats de deuxième classe Hamid Zandi et Majid Varvaei, tous deux membres de personnel affectés à la garde, le soldat de première classe Mehdi Hosseinifar, membre du personnel de Kahrizak, ont été condamnés à des peines de prison, des coups de fouet et à l’interdiction d’exercer un emploi de fonctionnaire.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/13//authorities-absent-supervisors-acquitted.html

Extraits de l’article: Amir Javadifar à Kahrizak

FERESHTEH GHAZI

Cet article décrit ce qui est arrivé à Amir Javadifar dans le centre de détention de Kahrizak. En dépit de toutes ses blessures et pour respecter les lois de son pays, Amir est retourné de lui-même au commissariat de police pour expliquer sa situation le 19 Tir [10 juillet]. Amir et sa famille n’aurait jamais pensé qu’il serait de nouveau arrêté en raison de son état de santé.

Le 18 Tir [9r juillet] Amir Javadifar fut sévèrement battu par huit à douze individus puis arrêté. Le soir, à 21h00, un agent appela la famille d’Amir en utilisant son portable pour leur demander de se rendre à l’hôpital Firouzgar. Les premières photos d’Amir ont été prises à ce moment. Les hôpitaux avaient reçu instruction de ne pas admettre les manifestants blessés.

Amir était blessé mais sa vie n’était pas en danger. Il fut transféré à l’hôpital Laleh, ses blessures soignées mais il dut partir sur les injonctions d’un agent. Amir déclara alors : « Je suis sorti manifester pacifiquement, je n’avais pas d’armes, je n’ai insulté personne, j’étais juste là, en silence. Je n’ai rien fait qui puisse faire peur. Je vais y aller [au commissariat de police] et je reviens. » Son frère demanda s’il avait besoin d’une chaise roulante ; il répondit : « Non, je tiens sur mes jambes. Les amoureux meurent debout. »

Après avoir quitté l’hôpital la famille amena Amir à la police de prévention de la place Enghelab. Il y fut brutalement séparé de sa famille obligée de partir sans même pouvoir lui dire au revoir ou échanger quelques mots avec lui. Quelques heures plus tard, son frère retourna à la police préventive. Il s’entendit dire que trois bus en étaient partis, un pour la prison d’Evine et deux pour celle de Kahrizak. Nous étions le 19 Tir [10 juillet] à 20h00.

Le lendemain, le tribunal révolutionnaire dit aux familles des personnes arrêtées d’attendre dix jours. Quatre jours plus tard, le 23 Tir [14 juillet] un bus arriva à la prison d’Evine en provenance de celle de Kahrizak avec 130 personnes à bord. Un agent lut leurs noms. Amir n’était pas dans la liste. La famille est revenue à Evine tous les jours, une photo d’Amir à la main. Aucun prisonnier relâché ne reconnaissait Amir.

La famille apprit le 3 Mordad [25 juillet] qu’Amir avait été tué. Il est mort le 23 Tir, [14 juillet] après quatre jours à Kahrizak, pendant un transfert en bus. Il a finalement été reconnu par un prisonnier relâché de Kahrizak le 2 Mordad [24 juillet] et qui a informé sa famille de sa mort.

Le 3 Mordad [25 juillet], on demanda à la famille d’aller à l’institut médico-légal de Kharizak pour reconnaître le corps. Son frère l’identifia. La famille n’e fut même pas autorisée à voir le corps, on s’est contenté de lui remettre trois photos. Le corps avait été autopsié.

D’autres prisonniers dirent que le dernier jour, Amir avait perdu la vue à cause de ses blessures aux yeux et aux infections qui s’en sont suivies. Le dernier jour, Amir criait, appelait sa mère (qui était morte quelques années auparavant) « Retourne mes yeux, mère ».

Le corps fut rendu à la famille deux jours après l’identification. La famille a du remplir un formulaire ; la réponse à la question : « Voulez-vous porter plainte ? » a été laissée en blanc.

Le frère d’Amir déclare : « Amir ne faisait pas du tout de politique. C’était un artiste. Sa vision du monde était celle d’un artiste. Il aimait les poèmes, les films, les livres…mais il était engagé sur le plan social. Il est descendu dans la rue en toute connaissance de cause. Il a pris part à des manifestations pacifiques et il y croyait. » Le frère d’Amir se souvient que lorsque Amir est revenu de la « grande manifestation silencieuse [15 juin/25 Khordad] il avait dit : « J’ai adoré. Aujourd’hui est l’un des plus beaux jours de ma vie. Nous avons exprimé ce que nous avions à dire en silence. » Son frère ajoute que les yeux d’Amir étaient totalement calmes, qu’il ne croyait pas à la violence.
 
Source : http://www.roozonline.com/persian/news/newsitem/article////107/-ef10a1709f.html -

dimanche 11 juillet 2010

Les yeux et les oreilles du Mouvement Vert - Ebrahim Nabavi

3 juillet 2010

Plus d’un an s’est écoulé depuis l’avènement du Mouvement Vert. Aujourd’hui, je voudrais vous parler de choses que vous pourriez ignorez à propos du Mouvement Vert.

Premièrement, le Mouvement Vert n’est pas un mouvement religieux, mais on ne peut pas non plus en dire qu’il soit laïc, on pourrait dire que c’est un mouvement non religieux avec des dirigeants religieux. C’est l’une des voies d’expansion de la démocratie dans le monde islamique. Le Mouvement Vert est apparu dans une société religieuse, non pas parce que nous sommes amoureux de la religion, non, nous n’aimons pas du tout la société religieuse, mais nous vivons dans la réalité et si quelqu’un vous dit que l’Iran du futur sera une société laïque, ne prenez pas ses remarques au sérieux pour les cinquante prochaines années. Et même après cinquante ans, seul Henry Kissinger pourrait vous prédire l’avenir.

Deuxièmement, le Mouvement Vert a un dirigeant, Mir Hossein Moussavi dirige ce Mouvement mais lui et les autres dirigeants du Mouvement comme Khatami et Karroubi n’ont jamais déclaré en être les dirigeants parce que les dirigeants entretiennent une relation totalement réciproque avec ses sympathisants. Cinquante pour cent du contenu des pensées, des revendications et des paroles de Mir Hossein Moussavi ont changé au cours de l’année dernière, non par manque de pensée structurée, mais à cause de l’interaction et du dialogue qu’il entretient avec les sympathisants et plus particulièrement les dirigeants de niveau intermédiaire du Mouvement.

Troisièmement, le Mouvement Vert est pacifique. Pendant l’année écoulée, des milliers d’Iraniens ont été emprisonnés, blessés, exilés, torturés et plus d’une centaine tués dans la rue, tout cela parce que le régime a peur de l’expansion du mouvement et qu’il utilise largement la violence contre la population. Cette année, le 12 juin, le peuple avait prévu de descendre dans la rue pour l’anniversaire du coup d’état ; en dépit de l’article 27 de la constitution, le gouvernement ne lui en a pas donné l’autorisation. Le but du Mouvement Vert n’est pas de rassembler une foule forte de dix mille personnes dans la rue pour ainsi provoquer des dizaines de morts et des centaines de prisonniers. Quand trois millions de personnes descendent dans la rue, même une grande armée ne peut les contrôler, mais quand il y a cinq mille personnes, cinq cent personnes suffisent pour les contrôler.

Quatrièmement : Le régime affronte actuellement de nombreux conflits. Après l’anniversaire de la mort de l’ayatollah Khomeiny et la dispute entre le petit-fils de Khomeiny et Ahmadinedjad, le camp du gouvernement a perdu beaucoup de partisans. Beaucoup de parlementaires vont revenir vers le peuple et une part importante de diplomates ne rentrera probablement jamais en Iran. Le régime a déjà perdu deux à cinq personnes proches du guide ; de l’autre côté, le Mouvement Vert est en train de trouver une certaine cohésion se transformant de foule chaotique en une organisation claire. Depuis maintenant un mois, l’ambiance s’est ouverte pour les militants, particulièrement dans les villes ; le Mouvement Vert a la possibilité de faire passer des mots d’ordre en utilisant les graffiti muraux et en distribuant des tracts. Tout cela à cause de la dissension intense au sein des conservateurs eux-mêmes. Nous prions pour que ces dissensions continuent.

Cinquièmement : Tout ce qui précède pour amener la discussion sur les médias. En Iran, sept chaînes, des dizaines de stations de radio, des centaines de journaux et des milliers de sites Web supervisés par le gouvernement, les conservateurs, le guide et Ahmadinedjad racontent des dizaines de mensonges à la minute. De plus, trente chaînes de télévision en Persan basées à Los Angeles empêchent les gens de penser en diffusant sans arrêt de vieux films. De l’autre côté, le gouvernement attaque Internet en le censurant et en mettant sur pieds une cyber-armée qui empêchent les Iraniens d’accéder aux images télé et à la radio par le brouillage, tandis que les journaux indépendants ont été fermés depuis longtemps. Notre principal souci est de lancer une chaîne pour instiller le souffle de la liberté dans le pays. Depuis un certain temps, les Américains parlent de créer un Internet libre de toute censure en Iran. Monsieur McCain y travaille d’arrache-pied ; à chaque fois qu’il en parle, quelques journalistes de plus sont arrêtés et, bien sûr, il ne se passe rien d’important.

Sixièmement : Pour lancer un média indépendant en dehors du pays, nous avons une grande contrainte : nous ne pouvons pas recevoir de fonds depuis l’extérieur de ‘Iran. Utiliser de l’argent serait lâcher une gazelle dans un champ où se trouverait des centaines de chasseurs, dont certains utiliseraient des tanks pour la chasser. Recevoir une aide financière de l’Europe ou des Etats-Unis ce serait tirer une balle dans la tête de nos collègues en Iran. Mon amère expérience personnelle avec la BBC Persian, VOA, Radio Zamaaneh et Deutsche Welle montre que les médias en Persan font grand cas de leurs gouvernements. Il arrive que les dommages causés par une chaîne comme la BBC excède mille fois les bénéfices que l’on pourrait en tirer. Ils ont pris deux cents de nos meilleurs auteurs qui avaient des centaines de milliers de lecteurs pour les transformer en employés d’une organisation qui est considérée depuis longtemps avec suspicion par certains Iraniens qui croient que les Anglais sont responsables de tout ce qui peut arriver de mal en Iran. En plus, l’intervention constante des Européens dans les affaires des médias qui fonctionnent grâce à l’argent de l’Europe détruit ces médias en pratique. Un exemple est Radio Zamaaneh qui s’est effondrée. Après des mois d’efforts, Euronews n’est toujours arrivé à rien et il semble qu’ils cherchent encore des traducteurs en Persan pour leurs employés.

Septièmement : Malheureusement et à cause de conseillers iraniens d’un autre siècle ; beaucoup de gouvernements occidentaux font du mal au mouvement en faveur de la démocratie au lieu de l’aider. Il y a trois ou quatre ans, nous avons rencontré des problèmes pour transférer mille euros de France en Belgique parce que nous travaillions pour un site Web d’opposition. Dans le même temps, en Europe, des millions d’euros provenant de fonds iraniens appartenant au régime et aux gardes révolutionnaires étaient utilisés pour des buts qui violaient les traités de l’ONU. Pendant de nombreuses années, nous avons expliqué que nous n’étions pas des terroristes et qu’en fait nous étions opposés au terrorisme, mais le représentant de la banque s’était bloqué sur le mot « Iran » ce qui a fait que nous avons retiré le mot « Iran » du nom de notre entreprise. Alors que nous parlons, on donne des milliers de dollars au Canada et aux Etats-Unis au nom de « l’aide aux journalistes » ; ces individus non seulement ne font rien pour le mouvement de la liberté en Iran mais ils montent des dossiers contre les journalistes de l’intérieur du pays. Beaucoup de journaux de droite en Iran reçoivent les subventions que vous leur envoyez.

Huitièmement : L’état iranien utilise trois méthodes pour empêcher toute activité politique : la censure, créer un manque de confiance et empêcher la formation d’une organisation. Ce sont les trois mesures les plus importantes prises par le ministère du renseignement. Notre grande chance est Internet. En pratique, et particulièrement dans des conditions adéquates, Internet nous libère des limites mises par les ministères de l’information et du renseignement et nous sert d’organisation ; il élimine la censure et prépare la voie de la confiance mutuelle. Le danger de l’Internet et notre grand problème est l’infiltration d’éléments du ministère de l’information qui ont accès à nos données et sont informés de nos plans. C’est plus facile pour les réseaux sociaux et plus difficiles avec les boîtes mails et les sites Web personnels. Quelques unes des meilleures armes à la disposition du Mouvement Vert en Iran sont Balatarin, Facebook et Twitter. Même si Balatarin est également utilisé par les sympathisants radicaux du gouvernement et d’attaques militaires contre l’Iran, c’est une source puissante pour diffuser rapidement de l’information et des nouvelles à travers le pays. En fait durant l’année écoulée, les sites Balatarin, Facebook, Rooz Online et Jaras ont servi de sites d’information et ont compensé le manque d’organisation et brisé la censure. Quand nous sommes descendu dans la rue, nous avons vraiment dit ce que nous pensions sur Facebook.

Neuvièmement : En dépit de tous les problèmes actuels, on peut suivre notre travail en Iran grâce à la conversion des médias. On envoie beaucoup des messages diffusés par notre télévision ou Internet à ceux qui n’y ont pas accès par tracts ou CDs vidéo. Suite au coup d’état d’Ahmadinedjad du 12 juin, nous avons essayé d’utiliser des médias proches du peuple et nous rencontrons ainsi un certain succès.

Dixièmement : Il est intéressant de noter que la foi d’un grand nombre de nos amis en l’occident se base sur la foi qui sous-tend la propagande de la république islamique. Contrairement à ce que raconte la propagande du régime iranien, il n’est pas exact que tous les ruraux soutiennent Ahmadinedjad, la moitié d’entre eux peut-être, de toutes façons les zones rurales ne représentent que moins de vingt pour cent de la population iranienne. Contrairement à ce qui se dit, le mouvement pour la liberté en Iran n’est pas un mouvement des classes moyennes. Il est bien réparti et la plupart des morts et des prisonniers viennent des classes pauvres tandis que les commandants de l’armée sont millionnaires et même, milliardaires. Principalement à cause du régime, la plupart des gens éduqués sont considérés comme relativement pauvres et la classe riche du pays est formée de dirigeants, de militaires et de religieux. Contrairement aux dires de la propagande, le groupe le plus important dans la lutte contre le régime et pour la séparation de la religion et de l’état est composé de religieux modérés et de groupes islamo démocratiques, tandis qu’une large portion des soutiens du gouvernement n’y sont liés que par leur dépendance de l’armée du gouvernement sans connotations religieuse.

Onzièmement : Basé sur ce qui précède, nous voudrions demander aux Européens qui pensent vouloir nous aider « pensez davantage à vous-mêmes ». Si la bombe qui menace notre vie en tant qu’Iraniens explose c’est toute la planète qui sera menacée. Le principal problème pour les Iraniens aujourd’hui, c’est l’information. Nous devons donner des informations correctes à l’intérieur de l’Iran. En le faisant, nous pourrons également les diffuser au monde entier. Nous ne vous demandons pas d’argent, mais essayez de nous donner la possibilité de nous libérer de la tyrannie. Ce que nous vous demandons à vous Européens, c’est la permission d’avoir une chaîne de télévision. Nous voudrions que vous nous répondiez un peu plus vite. Nous ne voulons pas troubler votre conscience et que vous nous demandiez « de quoi avez-vous besoin ? » pour nous abandonner plus tard dans un nuage d’incertitude. La principale demande du mouvement pour la liberté en Iran, c’est la prise de conscience et plus spécifiquement une chaîne de télévision pour diffuser les informations correctement et complètement.

Vous avez goûté au goût amer du fascisme durant la seconde guerre mondiale. Vous savez ce qu’est le danger. Nous sommes dans la même situation. A l’intérieur de l’Iran, la vie est plus animée, tout est plus dynamique et des millions de gens veulent se débarrasser de Satan. S’en débarrasser suffira, alors, ils pourront choisir par eux-mêmes s’ils veulent vivre en enfer ou au paradis.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/article/2010/july/03//the-eyes-and-ears-of-the-green-movement.html





samedi 3 juillet 2010

Rooz/Kaveh Ghoreishi: Les réfugiés iraniens en Irak face à un sort incertain

24 juin 2010

Lors d’interviews exclusives avec Rooz, des réfugiés iraniens au Kurdistan irakien révèlent leurs conditions de vie désespérées, leur sort incertain, l’absence de sécurité et le manque de réponse des Nations Unies dans l’avancement de leur dossier. Les fonctionnaires du haut commissariat des nations unies aux réfugiés (UNHCR) à Erbil demandent aux demandeurs d’asile de « prouver le danger qu’ils courent » pour pouvoir obtenir le statut de réfugié ; ils déclarent : « Notre budget et nos ressources sont limités et nous ne pouvons pas aider tous les réfugiés à cent pour cent. »


Suite aux évènements liés à l’élection présidentielle du 12 juin en Iran et aux arrestations en masse, une nouvelle vague d’Iraniens a commencé à émigrer. Certains ont réussi à obtenir le statut de réfugié politique dans un pays européen, mais d’autres vivent dans des conditions très difficiles en Turquie, en Irak et dans d’autres pays voisins de l’Iran, en attendant que les Nations Unies traitent leur cas.


Un Iranien demandeur d’asile a dit à Rooz qu’il faisait partie de l’équipe de campagne de Mir-Hossein Moussavi à Téhéran, qu’il s’occupait de droits humains et de medias sociaux. Sur le conseil d’un ami, il s’est rendu au Kurdistan Irakien après un voyage chaotique et avec l’aide d’un guide. Voila quatre mois qu’il est au Kurdistan Irakien, dans l’incertitude totale quant au sort qu’on lui réserve.


L’un des principaux obstacles auxquels les demandeurs d’asile iraniens sont confrontés en Irak, c’est l’obligation d’être parrainé par un citoyen irakien pour obtenir un statut de résident temporaire. Habituellement, les demandeurs d’asile iraniens au Kurdistan Irakien ne connaissent personne susceptible de les parrainer durant leur séjour.


Un autre demandeur d’asile iranien en Irak a dit à Rooz être un militant étudiant condamné à environ 15 ans de prison. Il a quitté l’Iran après avoir déposé une forte caution et réside désormais au Kurdistan irakien.


Ce militant étudiant, au bout de deux mois au Kurdistan irakien en a conclu que le bureau d’Erbil du UNHCR est très faible et inefficace, ce qui met les Iraniens demandeurs d’asile en Irak en grand danger, surtout à cause de l’absence de sécurité dans la région, de l’influence du réseau des renseignements iraniens et de la force Qods, le bras armé du corps des gardes révolutionnaires (pasdaran islamiques) pour les opérations à l’étranger.


Nous avons contacté le bureau du UNHCR d’Erbil au Kurdistan irakien pour les interroger sur les problèmes auxquels sont affrontés les Iraniens à Erbil. Nous avons demandé quelles étaient les responsabilités du UNHCR et comment cette organisation pouvait aider les Iraniens. Le directeur adjoint du bureau d’Erbil, Farhad Sami Abdolghader a répondu : « La principale responsabilité du UNHCR est de protéger la vie et l’intégrité physique des réfugiés et des demandeurs d’asile avec l’aide du gouvernement hôte. Ceux qui sont sur notre liste peuvent vivre au Kurdistan irakien avec notre soutien et obtiennent le droit de travailler de poursuivre leurs études et de pratiquer des activités annexes. Avec l’aide des partenaires du UNHCR en Irak et au Kurdistan, nous tentons d’aider les demandeurs qui sont dans une situation grave. Notre budget et nos ressources sont limités et nous ne pouvons pas aider tous les réfugiés à cent pour cent. »


Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/24//iranian-refugees-in-iraq-face-uncertain-fate.html

jeudi 1 juillet 2010

Rooz/Nooshabeh Amiri: Fermez le parlement, mes frères!

29 juin 2010

Nooshabeh Amiri - nooshabehamiri@yahoo.com

Ceux qui ont perpétré le coup d’état en Iran se battent contre l’autre faction de droite, qui ne s’est pas encore totalement rendue aux règles de l’administration sécuritaire et militaire d’Ahmedinedjad ; cette dernière faction est soutenue par Khamenei lui-même. La bataille entre les deux factions atteint de nouveaux sommets puisque l’enjeu en est désormais la plus grande institution d’enseignement supérieur d’Iran, à savoir l’université Azad (libre). On se bat pied à pied, pour une maison ou une chaise. Les taliban iraniens ne sont pas les moins inquiets de l’obscurantisme qui attend la patrie dans l’atmosphère actuelle à l’intérieur de l’Iran comme à l’extérieur.



Dans la situation actuelle, disons le tous ensemble : Mes frères en civil ! Etudiants Bassidj ! Vous tous dont le sang rentre en ébullition dès que le guide suprême ordonne et dont l’agitation retombe grâce à un soda, envahissez le parlement qui est encore inconscient que l’amusement législatif va bientôt se terminer.



Vous tous, fermez la soi-disant maison du peuple dont les résidents ont réussi le test de qualification mis en place par le conseil des gardiens pour devenir « des superviseurs nommés », choisis pour participer au jeu de la démocratie mais qui en sont arrivés à croire en cet l’amusement et au rôle qui leur a été assigné et, ce faisant, ont déplu au guide de la république islamique.



Mettez fin à ce parlement où l’on entend encore un peu parler de loi et où l’on voit quelques agissements dans l’intérêt national du pays. Fermez ce parlement qui ne votre pas de résolution condamnant le Mouvement Vert et qui n’a pas approuvé l’exécution des dirigeants de la soi-disant conspiration verte.



Fermez ce parlement qui demande parfois calmement : Où vont les milliards de dollars du trésor public ? Que sont devenues les enquêtes sur le massacre de la cité universitaire de Téhéran ? Où sont ceux qui ont commis des crimes à la prison de Kahrizak ? Pourquoi le président a-t-il cédé le pays aux gardes révolutionnaires ? Qu’en est-il du plan quinquennal de développement ? Que sont ces accords signés quotidiennement avec des pays dont la nation ne connaît même pas le nom ? Pourquoi écrire ces lettres insensées aux dirigeants du monde entier ? Pourquoi mettre quotidiennement le feu dans un coin du monde et mettre notre Iran en danger ? Pourquoi ces relations avec des terroristes internationaux ? Et bien d’autres questions encore !



Fermez ce parlement complètement afin que chacun sache qu’aucune question ne doit être posée, aucun discours prononcé à l’ère de Khamenei, à l’âge du successeur de l’imam, ou même à l’âge du prophète, comme vous le nommez. Fermez le parlement pour que tous, nous y compris, voient combien nous étions niais de faire attention au despotisme religieux et même d’accepter la dictature militaire sans voir approcher ce jour !



Hezbollah ! Milicien en civil ! Etudiant Bassidj ! Viens sur le terrain. Achève cette dernière étape. Ne compte sur nous pour le faire. Ferme le toi-même. Nous ne sommes que de la poussière (comme l’a proclamé Ahmadinedjad) et nous respectons le parlement. C’est à toi de fermer le parlement, toi qui scandais hier à l’unisson : « Nous ne voulons pas d’un parlement libre ! »






mardi 29 juin 2010

Rooz/La pression sur la famille Ossanlou continue

Seulement une semaine après l’attaque brutale et l’arrestation de la bru de Mansour Ossanlou, le plus jeune des fils de ce célèbre syndicaliste a été convoqué à la 1027ème chambre du tribunal révolutionnaire aujourd’hui.


Dans une interview avec Rooz, Parvaneh Ossanlou, l’épouse de Mansour Ossanlou a commenté cet évènement : « Mon fils a été arrêté le 23 juin 2009 puis relâché après 18 jours de prison. Son dossier a été clos à ce moment je n’ai donc aucune idée de la raison pour laquelle il a de nouveau été convoqué. »


« Contrairement aux autres jours, le 23 juin de l’année dernière, les rues étaient plutôt calmes. Mon fils était sorti acheter une paire de chaussures quand il a été arrêté avec d’autres personnes. Il a été relâché 18 jours plus tard et a supporté beaucoup de souffrances physiques et psychologiques. A l’époque, j’ai accompagné mon fils au tribunal et j’ai apporté son dossier médical. Je les ai informé que mon fils était sous traitement car il venait de subir une grave opération du crâne. J’ai expliqué qu’il ne pouvait pas quitter la maison et qu’il n’avait donc eu de contacts avec personne. Ils m’ont posé beaucoup de questions et ont clos le dossier. »


« Hier, ils ont rappelé pour convoquer mon fils à la 1027ème chambre pour le même dossier. Je ne sais absolument pas pourquoi. Voilà quatre ans que Monsieur Ossanlou est en prison et ils continuent de mettre une telle pression sur sa famille. L’incident de ma bru a eu lieu cette semaine et maintenant un nouveau prétexte, tout cela pour mettre la pression sur Monsieur Ossanlou. Quand j’ai parlé à mon mari au téléphone hier, je n’ai pas mentionné ce qui arrive à notre fils. J’attends d’en savoir plus aujourd’hui pour lui en parler. »


A propos de sa bru, Madame Ossanlou a dit : « Psychologiquement, elle est actuellement très faible. Elle est très énervée et ne peut pas bouger le bras droit. Zoya est sous traitement médical. En ce moment, nous passons le plus clair de notre temps en visite chez les médecins. »


Madame Ossanlou, qui avait auparavant indiqué qu’elle porterait plainte pour ce qui est arrivé à sa bru, Madame Samadi, a confirmé aujourd’hui avoir contacté la justice pour lui demander d’enquêter sur le sujet immédiatement.









dimanche 27 juin 2010

Rooz/Epouse d’Abdollah Momeni : Le régime répète l’injustice que Saddam m’a infligée

25 juin 2010 - Par Kayvan Bozorgmehr

Le prisonnier politique Abdullah Momeni est un membre important et porte-parole du groupe Advar Tahkim, la plus grande organisation estudiantine réformiste. Dans une interview exclusive avec Rooz, son épouse Fatemeh Adinehvand dit que le régime iranien est en train de répéter l’injustice que Saddam Hussein lui avait infligée en tuant son mari.



Abdullah Momeni a épousé la femme de son frère après que ce dernier ait été déclaré mort au combat en 1985 durant la guerre de huit ans Iran-Irak. Après plusieurs années de militantisme dans le mouvement étudiant en Iran, Momeni est de nouveau en prison, une expérience difficile pour lui. Son épousé a parlé à Rooz du calvaire de son mari. Evoquant les traces de torture qu’elle a vu sur le visage de son mari, Fatemeh Adinehvand dit : « Je ne pouvais pas croire ce qu’ils lui avaient fait… J’ai pensé que le régime répétait l’injustice que Saddam Hussein m’avait infligée. »



En voici des extraits :



Rooz: Quel est votre pire souvenir de l’année passée depuis que Monsieur Momeni est en prison?



Fatemeh Adinehvand (Adinehvand): C’est quand j’ai vu Abdullah pour la première fois après son arrestation dans la cour de la prison d’Evine et aussi quand ils ont diffusé ses aveux à la télévision, ça a été très difficile Je ne sais pas comment j’ai survécu à ce calvaire. Quand ils ont diffusé ses aveux à la télévision nationale, j’ai seulement dit : « Venez voir votre père » je n’ai pas réagi devant les enfants mais cela les a beaucoup attristés



Rooz: Vous décrivez le moment où vous avez vu Monsieur. Momeni pour la première fois après son incarcération, c’est très touchant. Comment se sont passés ces moments et que ressentiez-vous ?



Adinehvand: J’ai supporté beaucoup de souffrances dans ma vie mais ce moment précis a peut-être été le plus douloureux. Quand Abdullah est sorti de la voiture, son visage était pâle et gonflé ; il n’avait plus que la peau sur les os. Il n’a même pas pu sorti de la voiture tout seul. Je n’aurais pas emmené les enfants avec moi si j’avais su qu’Abdullah était dans cet état. Je n’arrivais pas à croire ce qu’ils en avaient fait. C’était comme si ma vie entière défilait devant mes yeux. J’ai pensé que le régime iranien était en train de répéter la souffrance que Saddam Hussein m’avait infligée et qu’il était en train de ruiner ma vie pour une seconde fois. Abdullah pleurait. La seule chose qu’il ait dite, c’est qu’il ne voulait parler de son état qu’après être sorti de prison. Nous n’avons pas pu parler convenablement. Abdullah ne le pouvait pas et ce n’était pas le bon moment. Nous étions également enregistrés.



Rooz: Comment gérez-vous son absence en ce moment ?



Adinehvand: La première fois qu’il a été arrêté je n’arrivais pas à venir à bout du fait qu’Abdullah soit en prison pour militantisme politique. En 2005, Abdullah a fait 45 jours de prison et c’était très difficile pour moi. En 2007, il a été arrêté 35 jours, je me suis persuadée que je devais venir à bout du problème. Traiter les problèmes logiquement vaut mieux que de les laisser vous dévorer de l’intérieur.



Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/25//regime-repeating-saddams-injustice-against-me.html