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mardi 30 décembre 2014

L’appel d’une fille : libérez mon père des prisons iraniennes – Morteza Nikoubazl – Reuters


On torture psychologiquement mon père qui est emprisonné, tout ça pour avoir écrit sur son blog à propos de la Déclaration Universelle des Droits Humains.

En ce moment, mon père, Mohammad-Reza Pourshadjari, aussi connu sous le nom de Siamak Mehr, est détenu dans la prison de Karadj. Il a été arrêté il y a deux mois à Ourmia et détenu à l’isolement pendant 14 jours par le ministère du renseignement. Il a été soumis à des enquêtes très dures et à des tortures psychologiques. On l’a menacé de mort à plusieurs reprises. Une fois transféré à la prison de Karadj, il a encore passé 15 jours à l’isolement.

Pendant le mois qui a suivi son arrestation, ma famille ne savait pas où mon père avait disparu. Nous étions terrifiés. Mon père attend maintenant son procès pour les soi-disant crimes suivants : actes contraires à la sécurité nationale, propagande contre le système, tentative de quitter le pays illégalement, contacts avec Monsieur Ahmed Shaheed, Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Situation des Droits Humains en Iran et contacts avec des organisations et des personnes sionistes.

Mon père est un bloggeur, pas un criminel. En mars, mon père, qui avait eu un arrêt cardiaque, du diabète et des calculs rénaux, a écrit : « quand les agents du renseignement du régime islamique ont envahi mon appartement, ils m’ont battu à mort et m’ont emmené pour m’interroger. J’ai été mis à l’isolement, complètement coupé du monde extérieur, sans même jouir de mes droits fondamentaux de prisonnier. On me menaçait de mort sans arrêt. » On l’a conduit dans une salle, les yeux bandés, le laissant croire qu’il allait être pendu.

« Toutes ces souffrances parce que j’avais essayé de partager les articles 17 et 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains avec mes concitoyens ; tout cela parce que j’avais tenté d’informer mes concitoyens des droits que la Déclaration Universelle des Droits Humains leur octroyait. Mon sort en tant que bloggeur et prisonnier de conscience n’est qu’un exemple des milliers de victimes des violations des droits humains en Iran. »

Ce qui rend sa détention actuelle encore plus déchirante cette fois-ci c’est qu’il vient d’être libéré après avoir purgé quatre ans de prison. Il a été arrêté en septembre 2010 et condamné pour propagande contre l’état, insultes au guide suprême et diffamation de l’islam.

Les jours qui ont suivi l’arrestation de mon père, les fonctionnaires de la sécurité lui ont demandé de me convaincre de revenir en Iran. Ils l’avaient assuré que, si cela se produisait, beaucoup de problèmes seraient résolus. La plupart des questions qu’on lui posait concernaient mon travail et mes activités.

Depuis sa prison, mon père notait qu’il était emprisonné « pour avoir exprimé des critiques et des inquiétudes sur l’injustice et les violations des droits humains et des libertés dans mon pays. » Il pourrissait dans une cellule de 21m² avec 40 codétenus « des meurtriers, des violeurs, des agresseurs d’enfants, des contrebandiers, des voleurs et des patients psychotiques pour la plupart. »

La voix de mon père a été réduite au silence par un régime cruel alors c’est moi qui relaie son message au monde : « le peuple iranien est maintenant pris au piège d’un régime religieux médiéval et extrêmement rétrograde qui n’a aucun respect pour les valeurs que le monde civilisé recherche depuis maintenant quatre siècles. Le régime totalitaire de la république islamique opprime le peuple et pas une seule personne du monde des médias ne peut exprimer son opinion sur la situation du pays et de son peuple… »

Le régime iranien a refusé de communiquer sur mon père en dépite de mes demandes répétées. Mon père et moi avons toujours été très proches. Il a pris soin de moi tout au long de ma vie. Je rêve qu’il soit libre un jour. Il est toujours dans mes pensées.

Source : http://www.thedailybeast.com/articles/2014/12/26/a-daughter-s-plea-free-my-father-from-iran-s-prisons.html

lundi 17 novembre 2014

Lettre de soutien de 30 organisations de défense des droits humains et de la société civile soutenant la résolution de l’assemblée nationale de l’ONU sur la promotion et la protection des droits humains en Iran

Aux états membres de l’assemblée générale de l’ONU,

Votre excellence,

Nous soussignées, organisations des droits humains et de la société civile, vous écrivons pour demander instamment à votre gouvernement de voter en faveur de la résolution A/C.3/69/L.33 sur la promotion et la protection des droits humains en république islamique d’Iran. Ce vote aura lieu durant la 69ème session de l’assemblée générale des Nations Unies, prévue lors du troisième comité le mardi 18 novembre 2014.

Cette résolution offre une excellente opportunité pour rappeler les inquiétudes actuelles sur les droits humains identifiées par les membres de la communauté internationale et la société civile iranienne. 16 mois après l’entrée en fonction du président Hassan Rouhani, qui a gagné l’élection après avoir promis d’améliorer la situation des droits humains, ceux qui vivent en Iran continuent de souffrir de violations de leurs droits par les autorités. En fait, durant le mois précédant la revue périodique universelle de l’Iran (UPR) au conseil des droits humains à l’ONU, plusieurs états membres ont exprimé leur consternation devant le manque de progrès durant ces quatre dernières années, y compris sur beaucoup des recommandations que l’Iran a accepté durant le dernier cycle d’UPR en 2010.

Les violations des droits humains sont profondément enracinées dans les lois et les politiques d’Iran, ce qui crée de sérieux obstacles aux réformes nécessaires. Le 28 octobre 2014, le rapporteur spécial sur la situation des droits humains en république islamique d’Iran, le Docteur Ahmed Shaheed, a relaté que la situation des droits humains en Iran « continuait à susciter de l’inquiétude » et a détaillé les violations des droits à la vie, à être libéré de la torture et de la discrimination basée sur le sexe, la religion et l’ethnie, les droits à l’éducation, à la santé, à un procès équitable, la liberté d’expression, d’association, d’assemblée, de religion et de foi, ainsi que les limites imposées à la presse. En dépit de son invitation de 2005 aux procédures spéciales des Nations Unies, l’Iran n’est toujours pas désireux d’accepter les multiples demandes de visite. De plus, les autorités ont systématiquement travaillé à saper les efforts de la société civile du pays pour promouvoir et protéger les normes internationales des droits humains.

L’attention continue de la communauté internationale est nécessaire si la république islamique d’Iran doit mettre fin à ces violations et à son manque de coopération. Les états membres de l’ONU doivent continuer à exprimer leur inquiétude à propos de ces violations. Ce faisant, les états membres soutiennent la société civile ainsi que ceux qui, au sein du gouvernement iranien, désirent des améliorations dans la situation des droits humains. En votant pour la résolution, les états encourageront le gouvernement iranien à donner la priorité aux droits humains et à promouvoir et à protéger les droits de la population iranienne.

Depuis le début de l’année, l’Iran a exécuté au moins 600 personnes. Ce chiffre inclut des mineurs et des individus qui ont pu être exécutés pour avoir pacifiquement exercé leurs droits dont le droit à la liberté d’opinion, d’association et d’assemblée. La peine de mort est souvent appliquée en Iran en désaccord avec les sauvegardes prescrites internationalement. Les autorités ont exécuté Reyhaneh Djabbari le 25 octobre 2014 malgré les appels répétés des mécanismes des droits humains de l’ONU, dont le bureau du haut-commissaire aux droits humains de surseoir à l’exécution, sans prendre en compte que l’instruction ne respectait pas les normes internationales d’un procès équitable. De plus, la grande majorité des exécutions en Iran est mise en œuvre pour des délits, comme les délits liés à la drogue, qui ne répondent pas aux critères de « crimes les plus sérieux ». La loi iranienne impose la peine de mort pour des relations sexuelles librement consenties entre adultes, comme l’adultère et les relations homosexuelles, et pour des crimes financiers. L’Iran continue d’exécuter en public malgré les appels du secrétaire général de l’ONU adressé aux autorités à mettre fin à cette pratique.

Les exécutions pour atteintes à la sécurité nationale, qui peuvent avoir des motifs politiques, semblent être mises en œuvre de façon disproportionnée contre les membres des communautés ethniques iraniennes dont les Arabes d’Ahvaz, les Kurdes et les baloutches. Les groupes de défense des droits humains s’inquiètent de la situation de 33 Kurdes sunnites, détenus pour la plupart à la prison Radjaï Shahr de Karaj qui risquent une exécution à tout moment. Ces hommes ont été condamnés à mort suite à des procès grossièrement injustes ; les garanties de base, comme le droit à la défense, n’ont pas été respectées, en contradiction avec les normes internationales d’un procès équitable.

Le rapporteur spécial et les organisations des droits humains continuent à exprimer leur profonde inquiétude pour le nombre de militants, de journalistes, de défenseurs des droits humains, de féministes, de syndicalistes, d’étudiants et de membres des minorités ethniques et religieuses actuellement en détention arbitraire. Les prisonniers iraniens risquent toujours la torture ou d’autres mauvais traitements, dont la détention prolongée à l’isolement et le refus de traitement médical. On leur refuse régulièrement l’accès à un avocat ou à des procès équitables. Beaucoup de détenus sont poursuivis sous des accusations vagues d’atteintes à la sécurité nationale, qui sont régulièrement utilisées pour réduire au silence l’expression pacifique, les associations, les assemblées et les autorités religieuses. En juillet 2014 par exemple, la journaliste Sadjedeh Arabsorkhi a commencé à purger sa peine d’un an d’emprisonnement pour « propagande contre le système. » Il semble que cette accusation est liée aux lettres ouvertes adressées à son père Feyzollah Arabsorkhi, ancien secrétaire d’état au commerce et membre influent d’un parti politique réformateur à l’époque de son emprisonnement.

La discrimination systématique des femmes tant par la loi qu’en pratique mérite aussi que l’on s’y intéresse. Ces dernières années, les autorités ont de plus en plus mis en place des mesures discriminatoires visant à réduire l’accès des femmes à l’éducation supérieure, comme les quotas basés sur le sexe, et ont adopté de nouvelles politiques de contrôle des naissances qui ont pour résultat un accès réduit à la santé sexuelle et aux programmes de planning familial. Les autorités continuent de persécuter ceux qui protestent contre les lois et pratiques discriminatoires, souvent en les accusant de vagues délits contre la sécurité nationale. Ce mois-ci, par exemple, Ghoncheh Ghavami a appris sa condamnation à un an de prison et à deux ans d’interdiction de sortie du territoire par un tribunal de Téhéran pour « propagande contre le système. » Elle a été arrêtée pour avoir protesté contre l’interdiction faite aux femmes d’assister aux matchs dans les stades pendant un matche de l’équipe nationale iranienne de volley-ball.

Cette résolution sur la promotion et la protection des droits humains en Iran lors de la 69ème assemblée générale de l’ONU est une opportunité en or pour que la communauté internationale puisse exprimer son inquiétude sur les droits humains. La résolution accueille favorablement les récentes déclarations positives des officiels iraniens tout en attirant l’attention sur la large gamme des violations. De plus, la résolution appelle les autorités à coopérer avec les procédures spéciales de l’ONU dont le rapporteur spécial sur la situation des droits humains en république islamique d’Iran.

Les vraies mesures du progrès sont une coopération substantielle avec les mécanismes de l’ONU et des améliorations sensibles sur les obligations légales internationales de l’Iran. En votant en faveur de cette résolution le 18 novembre, l’assemblée générale de l’ONU enverra un signal fort au gouvernement et aux Iraniens : le monde se préoccupe de réelles améliorations des droits humains dans le pays.

Nous prions votre excellence de croire à l’expression de nos respectueuses salutations.

  • Roya Boroumand, directrice de la Fondation Abdorrahman Boroumand
  • Hannah Forster, directrice du Centre Africain pour les Etudes sur la Démocratie et les Droits humains
  • Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe des programmes Moyen-Orient et Afrique du Nord, Amnesty International
  • Kamran Ashtari, directeur d’Arseh Sevom
  • Thomas Hughes, directeur d’Article 19
  • Moon Jeong Ho, Commission Asiatique sur les Droits Humains
  • Alireza Ghouloucou, Association pour la Défense des Prisonniers Politiques Azeris en Iran
  • Teymour Aliassi, représentant de l’ONU, Association pour les Droits Humains au Kurdistan d’Iran – Genève (KMMK-G)
  • Mansour Bibak, codirecteur, Groupe pour les Droits Humains au Baloutchistan
  • Docteur Shirine Eabadi, fondatrice et présidente, Centre des Défenseurs des Droits Humains
  • Renate D. Bloem, représentant de l’ONU Civicus
  • Comité de direction Comité des Reporters des Droits Humains
  • Joël Simon, directeur, Comité de Protection des Journalistes
  • Lucia Nader, directrice, Conectas Direitos Humanos
  • Raphaël Chenuil-Hazan, directeur, Ensemble contre la Peine de Mort
  • Michelle Kissenkoetter, directrice de bureau Asie Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH)
  • Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord, Human Rights Watch
  • Mani Mostofi, directeur, Impact Iran
  • Hadi Ghaemi, directeur, International Campaign for Human Rights in Iran
  • Jessica Stern, directrice International Gay and Lesbian Human Rights Commission
  • Phil Lynch, directeur International Service for Human Rights
  • Mahmoud Amiry-Moghaddam, directeur Iran Human Rights
  • Rod Sandjabi, directeur Iran Human Rights Documentation Center
  • Saghi Ghahraman, présidente Iranian Queer Organization (IRQO)
  • Mehrangiz Kar, présidente Siamak Pourzand Foundation
  • Mahmoud Enayat, directeur Small Media
  • Itoro Eze-Anaba, Partnership for Justice
  • Hassan Nayeb Hashem, représentant au conseil des droits de l’homme de Genève Südwind: All Human Rights for All in Iran
  • Firouzeh Mahmoudi, directrice United for Iran
  • Mohammad Mostafaei, directeur  Universal Tolerance Organization
Source : http://www.iranhrdc.org/english/news/press-statements/1000000549-joint-letter-from-thirty-human-rights-and-civil-society-organizations-supporting-un-general-assembly-resolution-on-promotion-and-protection-of-human-rights-in-iran.html?utm_content=buffercce02&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

dimanche 10 février 2013

Lettre de Shirin Ebadi au Docteur Ahmed Shaheed sur les Arrestations Récentes de Journalistes en Iran


Mercredi 30 janvier 2013

A son Excellence le Docteur Ahmed Shaheed, Honorable Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les Droits Humains en Iran,

Depuis le 28 janvier, les bureaux et les domiciles de journalistes iraniens ont été attaqués par les forces de sécurité. Plusieurs journalistes ont été arrêtés. Bien que certains, dont Motahereh Shafi, aient été libérés, 14 sont actuellement emprisonnés : Emily Amraï, Nasrine Takhayori, Saba Azar Peyk, Nargues Djoudaki, Ali Dehghan, Sassan Aghaï, Akbar Montadjebi, Djavad Daliri, Milad Fadaï Asl, Keyvan Mehregan, Hossein Yaghtchi, Soleiman Mohammadi, Pejman Moussavi, Poriya Alami

D’après les autorités judiciaires, les détenus sont accusés d’actes contre la sécurité nationale, et, c’est important « Ces arrestations continueront » (agence d’information nationale ISNA le 29 janvier 2013). En d’autres termes, les forces de sécurité essaient d’intimider les journalistes et de les forcer à se taire en lançant les arrestations massives et ces fausses accusations.

Ces arrestations violent les lois de la république d’Iran. Suivant les informations reçues de la famille des journalistes détenus, en dépit du rapport d’ISNA, ils n’ont pas été formellement accusés et il n’y avait pas de mandat d’arrêt à leur encontre. Les détenus se sont vus refuser une représentation légale. En raison du manque de procédures, toutes ces arrestations sont considérées comme arbitraires.

Je voudrais donc attirer votre attention sur ce problème et affirmer que si cette situation se prolonge, non seulement la diffusion des informations en sera limitée mais encore il s’agit d’une étape supplémentaire visant à générer la peur parmi les citoyens pour les empêcher de manifester légalement, de quelque manière que ce soit.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Rapporteur Spécial, l’expression de mes salutations les meilleures

Shirin Ebadi
Avocate des Droits Humains et laureate 2003 du prix Nobel de la paix

CC
Bureau de Madame Navanethem Pillay, Honorable Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits Humains
Bureau du secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-moon
L’Honorable Rapporteur Spécial de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression
Le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire

Source: http://www.humanrights-ir.org/php/view_en.php?objnr=849

dimanche 18 mars 2012

Ebrahim Mehtari - Histoire de mon Calvaire


Pour m’être opposé à la tentative de prise de pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad lors des élections présidentielles de 2009 dans ma patrie, l’Iran, j’ai été jeté en prison, violé, torturé et laissé pour mort sur le bas-côté d’une route. L’oppression dont j’ai été victime est la preuve de la faiblesse du régime iranien, ce que la communauté internationale doit exploiter alors que la commission aux droits humains de l’ONU tient cette semaine sa première session sur l’Iran.

Pour partager mon histoire avec le monde entier et pour demander aux nations de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour arrêter un régime qui dévore ses propres enfants, je témoignerai mardi au sommet des victimes qui se tiendra à côté de la session de l’ONU. Les états-membres devront décider de renouveler ou pas le mandat du rapporteur spécial, alors que la situation des droits humains en Iran ne fait qu’empirer. Malheureusement, le conseil supérieur aux droits humains a ignoré les violations grossières de ces droits pendant la période cruciale de la répression de 2009. Il a fini par agir en mars dernier. Le conseil a enfin créé le poste d’observateur indépendant, mettant ainsi l’Iran sous surveillance pour la première fois. Ahmed Shahid, ancien ministre des affaires étrangères des Maldives, a été nommé pour un an.

Il est cependant regrettable que le message adressé à Téhéran l’année dernière ait été affaibli par le fait que seuls 22 des 47 états-membres ont voté ce mandat (sept contre, 14 abstentions et trois absents et un pays, la Libye, incapable de voter à cause de la suspension de son adhésion). Une approbation a peine audible.

C’est la première fois cette semaine que Shahid donnera son rapport au conseil. Les états-membres doivent s’assurer que ce ne sera pas le dernier en renouvelant son mandat, et cette fois-ci, par une large majorité qui sera entendue dans le monde entier. Exposer les violations de l’Iran aux yeux du monde rappelle au régime qu’il ne trompe personne par ses mensonges et ses prêches hypocrites sur la moralité et la justice.

Il m’est difficile de raconter mon histoire, mais, si je ne le fais pas, et si elle n’est pas entendue et suivie d’actions, des centaines et des milliers de mes compatriotes continueront à être arrêtés, brutalisés et exécutés. C’est pourquoi j’ai décidé de monter sur le podium cette semaine au Sommet de Genève pour les Droits Humains et la Démocratie, parrainé par UN Watch et 20 autres organisations non gouvernementales de défense des droits humains, qui vont rassembler des militants célèbres qui ont été victimes d’oppression et d’emprisonnement.

En 2009, je travaillais pour la campagne présidentielle de Mir Hossein Moussavi, ancien premier ministre réformiste, dans le but d’introduire une vraie moralité dans la gouvernance iranienne. Quand le régime a détourné les élections, j’étais un bloggeur, diffusant les nouvelles des manifestations. Alors les gardes révolutionnaires m’ont enlevé en me menaçant d’une arme à feu en août de cette année-là. Ils m’ont emmené dans une prison secrète de l’est de Téhéran aux mains des tortionnaires sadiques du régime.

Les tortures que j’ai subies ont été documentées. Normalement, lorsqu’ils traitent des patients victimes de la torture du régime, les hôpitaux iraniens s’abstiennent de garder des traces écrites. Mais dans mon cas, le jeune couple qui m’avait trouvé, ensanglanté et battu, a supposé que j’avais été victime de brigands ordinaires. Quand l’hôpital a appris que j’avais été emprisonné, mon dossier médical a disparu. Mais je m’étais arrangé pour en garder une copie, ce qui fait de moi l’une des rares victimes de l’Iran possédant des traces écrites des tortures subies. Je distribuerai des copies de ce document glaçant lors du sommet, et d’autres militants du monde entier feront pression sur le Conseil aux Droits Humains pour qu’il écoute aussi leurs histoires atroces.

Le rapport médical fait état de brûlures causées par des cigarettes sur tout le corps, des ecchymoses dues à des coups portés par des fléaux métalliques et d’autres objets ainsi que de blessures profondes sur les jambes et les bras. Je confirme également que j’ai subi des blessures venant de ce que l’on appelle en Iran taaroz. Pour cela, ceux qui m’interrogeaient ont utilisé une matraque, mais je ne me souviens de rien d’autre parce que j’ai immédiatement perdu connaissance tant était grand le supplice. L’occident et les lois internationales donne un autre nom au taaroz : le viol. L’Iran nie exercer des violence sexuelles ou des tortures dans ses prisons. Mais je témoignerai par mon expérience personnelle et profondément douloureuse qu’il ne s’agit que de mensonges.

Ma cellule était un endroit infernal au sol tâché de sang et jonché de débris de draps sales, déchirés par les prisonniers qui m’avaient précédé pour envelopper leurs blessures. La camera tournait tant que ceux qui m’interrogeaient me demandaient de signer des aveux m’accusant d’activités comme « travailler avec les réseaux Facebook ». Quand la lumière de la caméra s’est éteinte, la torture a commencé. Au fil des jours, la lumière de la camera était plus souvent éteinte qu’allumée, jusqu’à ce que je m’écroule sous les coups de ceux qui m’interrogeaient et que je ne puisse plus bouger.  Me croyant mort, ils me sortirent de prison pour me jeter dans un fossé de la banlieue de Téhéran.

Peu après, j’ai fui le pays en me rendant en Turquie. C’est là, fin 2009, qu’un homme qui parlait Persan est apparu et m’a murmuré des menaces si je ne gardais pas le silence sur les violences que j’avais subies. J’ai néanmoins choisi de parler haut et fort dans divers forums publics.

La république  islamique d’Iran a depuis longtemps cessé d’être islamique ou républicaine. Les actes du régime ont changé beaucoup d’anciens amis, comme moi, en opposants. Pour le peuple d’Iran, je demande instamment au Conseil des Droits Humains de l’Onu, non seulement de reconduire l’enquête sur les violations de l’Iran, mais encore de le faire avec une forte majorité.
Mehtari est un militant des Droits Humains iranien qui vit à Paris.

Source : http://www.nydailynews.com/opinion/i-raped-tortured-iranian-regime-article-1.1037697?pgno=1



dimanche 14 août 2011

Lettre de 41 anciens prisonniers politiques au Docteur Ahmed Shahid


41 Anciens prisonniers politiques déclarent leur intention de soutenir Ahmed Shahid et de témoigner sur ce qu’ils ont vécu en prison. 

Vendredi 12 août 2011 : Plus de 40 prisonniers politiques et étudiants qui ont été incarcérés dans les prisons de la république islamique d’Iran ces dernières années ont adressé une lettre au Rapporteur Spécial de l’ONU sur les Droits Humains en Iran. 


Cher Monsieur Ahmed Shahid, Rapporteur Spécial de l’ONU sur les Droits Humains en Iran,
nous vous saluons,

Nous soussignés, un groupe d’anciens prisonniers politiques iraniens ayant des histoires diverses, aimerions attirer l’attention des Nations Unies sur les violations des droits humains largement répandues en Iran. Nous vous demandons d’accorder une attention toute particulière à la maltraitance des prisonniers politiques dans tout l’Iran qui provient du manqué de loi spécifique maintenant les droits des prisonniers politiques pour s’assurer qu’on les traite humainement. La violation systématique des droits des prisonniers et la situation controversée de l’accès aux prisons en Iran, surtout après les élections présidentielles de 2009  sont devenues pour le moins alarmantes. L’Iran fait partie des pays qui ont ratifié la Déclaration Universelle des Droits Humains et pourtant, les autorités iraniennes violent continuellement les principes de cette déclaration et la constitution iranienne en ce qui concerne les interrogatoires, le cursus judiciaire des prisonniers politiques. La majorité des prisonniers politiques incarcérés en Iran sont des militants pacifiques que l’on a faussement accusés de crimes controversés et horribles comme le terrorisme ou l’espionnage. Les militants, les journalistes et les citoyens ordinaires sont accusés de mettre la sécurité nationale en danger. La vie privée de ces personnes est lésée, ils sont forcés d’avouer des fautes qu’eux-mêmes ou d’autres auraient commises et sont soumis à la torture physique et psychologique. Les techniques de torture les plus répandues en Iran comprennent les bastonnades, la longue détention à l’isolement, les menaces des membres de la famille, la menace d’exécution des prisonniers. On refuse aux prisonniers l’accès légal à un avocat durant les longs interrogatoires. Même les avocats qui acceptent de se charger de ces procès de prisonniers politiques sont menacés et incarcérés. La décision d’accorder une liberté provisoire ou de relâcher les prisonniers est dans les mains de ceux qui interrogent les prisonniers politiques, les mêmes qui sont chargés de torturer les prisonniers. Certains prisonniers sont privés de la visite de leur famille uniquement parce qu’ils ont refusé de coopérer avec leurs tortionnaires. Nous témoignons que très souvent, ceux qui interrogent dictent le verdict au juge présidant la cour. Le système judiciaire iranien sape le processus d’interrogatoire judiciaire, rendant d’innocents victimes misérables, sans personne vers qui se tourner.

La répression extrême à l’intérieur des prisons a forcé beaucoup de prisonniers à avoir recours à la grève de la faim comme seul moyen d’exprimer les injustices qu’on leur impose. Néanmoins, cette action commise en raison d’une frustration totale n’a pas apporté d’amélioration dans l’humanité et la compassion de la part des autorités judiciaires. Dans certains cas, les autorités judiciaires refusent d’accorder des libérations provisoires pour raisons médicales ou l’accès aux soins médicaux à des prisonniers dans l’état de santé est très dégradé en raison des grèves de la faim successives, ce qui conduit à des conséquences terribles.

Comme vous le savez, Réza Hoda Saber, qui avait lancé une grève de la faim pour protester contre le meurtre de Haleh Sahabi pendant les funérailles de son père, est l’une des dernières victimes  de ces négligences du gouvernement iranien, il a perdu la vie en juin. 64 prisonniers ont témoigné que Hoda Saber avait été attaqué par les forces de sécurité le jour de sa mort, alors qu’on le transférait à l’infirmerie en raison de la dégradation de son état de santé. 

Monsieur Shahid,

Nous, victimes de l’injustice en Iran, accueillons favorablement la désignation du  Rapporteur Spécial de l’ONU sur les Droits Humains en Iran et demandons de nouveau une enquête immédiate sur les violations des droits humains en Iran pour s’assurer qu’elles ne se produisent plus.

Nous soussignés sommes prêts à témoigner devant toute instance judiciaire et à vous fournir des témoignages détaillés sur nos observations et ce que nous avons subi lors de notre incarcération en Iran.

Nous vous prions d’accepter l’expression de nos respectueuses salutations.


Réza Ashrafpour, Morteza Eslahtchi, Ali Afshari, Ahmad Batebi, Mazyar Bahari, Arash Bahmani, Saïd Pourheydar, Sepideh Pouraghaïi, Pouya Djahandar, Farzad Hamidi, Abbas Hakimzadeh, Abbas Khorsandi, Mostafa Khosravi, Fariba Davoudi Mohadjer, Iman Rezaï, Hassan Zahrezadeh Ardeshir, Mohsen Sazegara, Syanoush Sandjari, Salman Sima, Tara Sepehrifar, Kaveh Shirzad, Mohammad Sadeghi, Koroush Sehati, Bijan Safsari, Hamid Reza Zarifinya, Mashallah Abbaszadeh, Hamid Alizadeh, Rouzbeh Farahanipour, Saïd Ghasemi Nejad, Kaveh Kermanshahi, Saïd Kalanaki, Mehrdad Madjedi, Reza Mobayen, Ahmed Medadi, Pouyan Mahmoudian, Monouchehr Mohammadi, Simine Mohammadi, Behzad Mehrani, Sabah Nasri, Madjid Niknam, Reza Valizadeh

Source: Daneshjoo News: http://www.daneshjoonews.com/news/humanrights/8858-1390-05-20-23-38-04.html