mardi 6 janvier 2015

Lettre de Mohammmad Nazari depuis la prison de Radjaï Shahr


Mohammad Nazari, prisonnier politique détenu dans le hall 12 de la section 4 de la prison de Radjaï Shahr de Karadj, est emprisonné pour coopération avec le Parti Démocrate du Kurdistan depuis 19 ans sans aucune interruption.

Alors que j’écris cette lettre, certains ne sont pas d’accord et pensent que c’est du suicide, mais je n’ai pas beaucoup d’espoir d’être libéré de prison où j’ai déjà passé 21 ans de ma vie. J’ai vu des codétenus mourir après une longue période d’emprisonnement comme Alireza Kheirabadi au bout de 15 ans, Mohammad-Mehdi Zalieh au bout de 21 ans et Taher Mostafavi au bout de 20 ans, le régime avait refusé de les libérer ; alors, à 85 ans, souffrant d’un cancer, il me faudrait être très naïf pour penser à la liberté.

Je m’appelle Mohammad Nazari et je suis condamné à perpétuité. D’après ceux qui m’interrogeaient, je n’étais pas accusé de soutenir le Parti Démocratique, j'étais accusé, en tant que chiite parlant le Turc, d’avoir soutenu un parti sunnite et kurde.

Ils n’avaient pas de preuves ni de témoins, mais ils m’ont forcé à avouer des faits sortis de leur imagination et si j’avais refusé, on m’aurait exécuté.

D’après les dires d’une personne importante, dans ce pays la loi ne sourit qu’à qui a de l’or. En 2001-2002, on m’a demandé de payer 5 millions de tomans pour être libéré, mais, comme je ne les avais pas, je suis toujours détenu. En 2012, mon procès a été révisé sur ordre du procureur général ; au bout de quelques mois, j’ai été amnistié et le tribunal a ordonné ma libération, mais, au dernier moment, les services du renseignement se sont opposés à ma libération, ce qui est révélateur de leur haine et de leurs complexes ; il nous faut donc attendre un miracle pour être libres un jour !

Pour conclure, je voudrais vous demander de bloquer certains enquêteurs qui sont libres de faire ce que bon leur semble pour obtenir de l’avancement : leurs cœurs sont pleins de haine, de complexes et de préjugés absurdes ; ils causent le malheur des gens qui sont trop isolés, j’aurais beaucoup à dire…

J’espère que plus personne ne sera sacrifié à cause de ses convictions.

Mohammad Nazari, fils d’Hamdullah, depuis la prison de Radjaï Shahr

Source : https://hra-news.org/en/articles/mohammad-nazaris-letter-rajai-shahr-prison

lundi 5 janvier 2015

L’avocate des droits humains promet de continuer à manifester – Golnaz Esfandiari


Nasrine Sotoudeh (au centre, portant une fleur) manifeste devant le barreau iranien le mois dernier avec plus personnes qui la soutiennent

La célèbre avocate des droits humains Nasrine Sotoudeh dit qu’elle est déterminée à continuer de manifester contre la décision qui lui interdit d’exercer.

Nasrine Sotoudeh a commencé un piquet de grève à l’extérieur du Barreau de Téhéran il y a un mois, portant des pancartes « droit au travail » et « droit à la dissidence » après que le Barreau, sous la pression officielle dit-on, lui a interdit d’exercer en tant qu’avocate, pendant trois ans.

« Si ce verdict n’est pas annulé, je continuerai à manifester jusqu’à la fin de l’interdiction des trois ans » a déclaré Nasrine Sotoudeh à RFE/RL par téléphone le 26 novembre.

Elle a aussi dit que l’indépendance du Barreau Iranien doit être restaurée.

Nasrine Sotoudeh a été libérée de prison l’année dernière après avoir purgé la moitié de sa peine de six ans pour des accusations comme agissements contre la sécurité nationale de l’Iran et propagande contre le système.

Nasrine Sotoudeh, co-lauréate du Prix Sakharov du Parlement Européen pour les Droits Humains en 2012, dit que sa manifestation pacifique a reçu le soutien de beaucoup de militants et d’intellectuels en Iran.

« Chaque jour, de 09h30 à 12h00, je manifeste devant le Barreau. Beaucoup de militants politiques et sociaux ainsi que des personnalités se sont jointes à moi » dit-elle.

Nasrine Sotoudeh ajoute que certains de ceux qui se sont joints à elle ont subi des pressions des autorités qui les ont menacés d’arrestation.

Nasrine Sotoudeh déclare que les fonctionnaires du renseignement l’ont arrêtée et interrogée pendant plusieurs heures le 25 novembre après qu’elle ait participé à un rassemblement contre les attaques à l’acide visant les femmes à Ispahan.

« On m’a demandé combien de temps j’allais continuer à manifester ; on a également proféré quelques menaces. Je ne crois pas que mon arrestation, qui a duré sept heures ce jour-là, était sans rapport avec ma manifestation de longue durée devant le Barreau»

L’avocate des droits humains a dit à RFE/RFL que beaucoup de passants lui ont exprimé leur soutien pour ses actions.

« Quelquefois, ils disent même de loin ‘Nous sommes avec vous’ et ils font le V de la victoire. »

Nasrine Sotoudeh a gagné le respect de beaucoup, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Iran pour sa résistance face à un état répressif.

Avant son arrestation en 2010, Nasrine Sotoudeh s’occupait de dossiers sensibles de droits humains et politiques.

Pendant son incarcération, elle a fait plusieurs grèves de la faim pour protester contre sa peine et une interdiction de quitter le territoire imposée à sa fille.

Source : http://www.rferl.org/content/iranian-human-rights-lawyer-vows-to-continue-protest/26711946.html

Interview de Saba Sherdoust, amie de Mahdieh Golrou

Mahdieh Golrou qui avait passé 30 mois de sa jeunesse derrière les barreaux pour avoir milité pour le droit à l’éducation, a été arrêtée par les gardes révolutionnaires le 26 octobre. Les autorités n’ont pas dévoilé la raison de son arrestation mais il est clair qu’elle est en rapport avec sa participation aux manifestations demandant que le gouvernement arrête ceux qui ont commis les attaques à l’acide. 

Saba Sherdoust est son amie et a accepté de nous donner une interview.

Daneshjou News : Madame Sherdoust, quand et comment Mahdieh Golrou a-t-elle été arrêtée ?
Saba Sherdoust : Mahdieh a été arrêtée le dimanche 26 octobre alors qu’elle quittait son domicile pour se rendre à son travail. Après son arrestation, elle a été ramenée chez elle et que certains de ses effets personnels ont été saisis comme son téléphone portable et son ordinateur portable.

DJ : Pourquoi a-t-elle été arrêtée et quelle agence du gouvernement l’a-t-elle arrêtée ?
SS : Avant son arrestation de dimanche, nous nous étions rassemblées avec d’autres femmes devant le parlement rue Baharestan pour manifester contre les attaques à l’acide ayant eu lieu contre des femmes à Ispahan. Le lendemain, Madame Golrou m’a contactée pour me dire qu’elle avait été contactée par des personnes dont elle ne connaissait pas le numéro ; elle n’avait pas pu répondre  car elle était en cours.
En raison de ses activités récentes, je peux dire que Madame Golrou a certainement été arrêtée pour sa participation à des manifestations contre les attaques acides à l’encontre des femmes.
De plus, autant que je sache, Madame Golrou n’était pas politiquement active et se concentrait uniquement sur les sujets sociaux et les problèmes des femmes.

DJ : Les agences de sécurité étaient-elles plus sensibles aux attaques acides ou au retour à l’activité de la société civile ?
SS : Les deux. Quand la colère populaire a déclenché des manifestations et de la dissidence civile, l’opposition aux attaques acides s’est changée en ce qui était vu comme un problème de sécurité. D’autres personnes qui couvraient les manifestations ont aussi été arrêtées, dont un photographe de l’ISNA et deux autres membres de la presse qui avaient fait des reportages sur les attaques.
D’un autre côté, les autorités ont intensifié la pression sur les militants civiques en général. Ces évènements démontrent qu’ils ne permettront pas aux militants d’agir dans quelque sphère que ce soit de la société civile. Les dirigeants ne désirent pas voir les militants des droits civiques s’occuper des problèmes sociaux, coopérer avec les ONGs ou participer à des rassemblements non-violents.
La peur d’une augmentation de la participation civique a créé plus de menaces, de convocations et d’arrestations, et donc une escalade de la pression sur les militants. Bien sûr, cette situation existait aussi durant la présidence Khatami. La politique étrangère a évolué alors que les pressions internes persistaient. Tout cela persiste car la participation civile active pourrait préparer le chemin de la démocratie.

DJ : Mahdieh a-t-elle eu des contacts avec l’extérieur depuis son arrestation et où est-elle incarcérée ?
SS : Elle appelle brièvement ses proches pour dire qu’elle va bien.
Comme elle a été arrêtée par les gardes révolutionnaires, elle est détenue dans l’un de leurs centres de détention. A ce jour, elle n’a toujours pas rencontré son avocat. Mais sa famille continue de suivre sa situation avec qui de droit et le bureau du procureur.

Source : http://www.daneshjoonews.com/archives/15380


samedi 3 janvier 2015

La gifle du pardon – Arash Khamooshi

 Samirah Alinejad gifle le meurtrier de son fil savant de retirer le noeud coolant d’autour de son cou dans la ville du Nour, nord de l’Iran, le 15 avril 2014 in the northern Iranian city of Noor on April 15, 2014 (AFP/ Arash Khamooshi / ISNA)

Téhéran le 30 décembre 2014 – J’ai appris l’existence de Balal, condamné à mort, quand le metteur en scène iranien Mostafa Kiaei m’a invité à une projection privée organisée pour lever des fonds pour le « diyeh », le prix du sang, qui peut être payé à la famille d’une victime pour éviter la peine de mort.

Mon épouse et moi militons dans une association qui faisait campagne pour Balal, qui avait poignardé un jeune-homme lors d’une bagarre de rue en 2007. Deux jours avant la date prévue de l’exécution, j’ai reçu un appel nous demandant de nous rendre de Téhéran à Nour, une ville du nord où il était emprisonné. Je n’y allais pas en tant que photographe, mais plutôt en tant qu’être humain.


Samereh Alinejad et Abdolghani Hosseinzadeh sur la tombe de leur fils (AFP/ Arash Khamooshi / ISNA)

Il semblait que, même si plusieurs membres de la famille de la victime voulaient accepter le prix du sang, la mère de la victime, Samirah Alinejad ne le voulait pas. Nous nous attendions à ce qu’il soit pendu.

On a essayé de la persuader d’accepter le prix du sang mais elle se sentait assiégée et s’était retirée chez elle et ne répondait plus au téléphone.


La mère du meurtrier  Balal alors qu’on emmène son fils à l’échafaud (AFP/ Arash Khamooshi / ISNA)

Une émission de football populaire, 90, avait même mentionné le dossier de Balal demandant qu’il soit pardonné. L’exécution était prévue à l’aube du 15 avril et l’échafaud avait été préparé la veille.

Le matin, il y avait environ 1.000 personnes, certaines s’étaient placé un coran sur la tête pour appeler à son pardon. Ses sœurs étaient présentes, pleurant et demandant qu’il soit épargné. Il n’y avait pas d’autre média de présent.


Le meurtrier iranien Balal sur l’échafaud (AFP/ Arash Khamooshi / ISNA)

A 06h20, Balal a été emmené menotté par les gardiens de prison. Il avait les yeux bandés et ils lui ont mis le nœud coulant autour du cou. Il a crié pour demander pardon mais la mère, qui selon le « Ghessas », version chiite du talion, avait le droit de renverser la chaise sur laquelle le condamné se trouvait, a dit qu’elle ne voulait pas le pardonner.

Quelques minutes plus tard, la mère de la victime s’est approchée de Balal ; mais, au lieu de renverser la chaise comme nous l’attendions, elle l’a giflé et dit qu’elle le pardonnait. C’était incroyable, une vraie surprise. On a retiré le nœud coulant. Les gens se réjouissaient.


La mère d’Abdollah Hosseinzadeh retire le noeud coolant du cou de l’assassin de son fils (AFP/ Arash Khamooshi / ISNA)

Je n’étais vraiment pas là pour prendre des photos mais maintenant que je l’ai fait, je pense que j’ai fait ce qui devrait être le vrai but du journalisme : essayer de mieux comprendre. J’ai réussi à utiliser mon rôle de photographe pour aider à monter quelque chose comme cela dans la société. J’ai assisté à d’autres exécutions à Téhéran ; certains y amènent même leurs enfants des centaines de personnes filment sur leurs portables. Je ne comprends pas du tout. Je suis rentré à Téhéran et j’ai enregistré les images.


Les mères d’Abdollah Hosseinzadeh et de son assassin, Balal, pleurent ensemble après qu’il ait été pardonné (AFP/ Arash Khamooshi / ISNA)

Le Guardian l’a récupéré le premier puis l’AFP a acheté les images. J’espère qu’un jour ils n’y aura plus d’exécutions publiques. Je ne sais pas comment on peut pendre des gens à un carrefour où, quelques heures plus tard, des parents passeront pour emmener leurs enfants à l’école.

Arash Khamooshi est un photographe iranien qui travaille pour l’agence ISNA 

Source : http://blogs.afp.com/correspondent/?post/iran-execution-pardon#.VKObGCuG-Sr

Semaine 52 pour un Iran Libre et Démocratique

Nouvelles des Prisonniers
A-Transferts
  • Ali Moezi transféré de l’isolement à la section générale à Radjaï Shahr.

B-Arrestations-Incarcérations
  • Mehrdad Amin-Vaziri, syndicaliste kurde, arrêté à Sanandaj.
  • Victor Bet Tamarz, chef de l’église assyrienne de Téhéran, arrêté le jour de Noël.
  • Azine Foroudi, converti au christianisme, arrêté le jour de Noël dans une église à domicile à Roudehen.
  • Mohammad Kazemi, converti au christianisme, arrêté le jour de Noël dans une église à domicile à Roudehen.
  • Reza Khandan arrêté quelques heures en se rendant à une commémoration de Mostafa Karim-Beigui.
  • Mehdi Kian, converti au christianisme, arrêté le jour de Noël dans une église à domicile à Roudehen.
  • Le Docteur Mohammad Maleki arrêté quelques heures en se rendant à une commémoration de Mostafa Karim-Beigui.
  • Nargues Mohammadi arrêtée quelques heures en se rendant à une commémoration de Mostafa Karim-Beigui.
  • Mohammad-Hossein Moridian, converti au christianisme, arrêté le jour de Noël dans une église à domicile à Roudehen.
  • Maryam Narimani, convertie au christianisme, arrêtée le jour de Noël dans une église à domicile à Roudehen.
  • Alireza Nasseri, converti au christianisme, arrêté le jour de Noël dans une église à domicile à Roudehen.
  • Ali Sadreddine (Frère Stéphane), converti au christianisme, arrêté le jour de Noël dans une église à domicile à Roudehen.
  • Reza Sharifi-Bokani arrêté quelques heures puis libéré sous une forte caution.
  • Nasrine Sotoudeh arrêtée quelques heures en se rendant à une commémoration de Mostafa Karim-Beigui.
C-Libérations
  • Ribvar Abdollahi, syndicaliste kurde, libéré sous une caution de 50 millions de tomans.
  • Nader Fotourehchi, journaliste et militant sur Facebook, libéré sous caution.
  • Farzad Moradi-Nia, syndicaliste kurde, libéré sous une caution de 70 millions de tomans.
  • Hassan Tafah, 85 ans, en liberté provisoire pour raisons médicales pour 3 mois.

D-Autres Nouvelles
  • Mohammad-Amin Agooshi est en grève de la faim.
  • Mehrdad Amin-Vaziri, syndicaliste kurde, est en grève de la faim.
  • Alireza Rassouli arrête sa grève de la faim au bout de 50 jours.

Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Farshid Fatehi, converti au christianisme, condamné à une année de prison supplémentaire.
  • La détention provisoire de Mahdieh Golroo a été étendue.
  • Kobra Parsadjou, épouse d’Hamid Babaei, condamnée à 6 mois + interdiction de sortie du territoire.
  • La journaliste Reyhaneh Tabatabaï condamnée à un an de prison + 2 d’interdiction de toute activité.
  • Mohammad Zeidi-Shad, blogger kurde, condamné à 8 mois de prison et à une amende.
  • 3 pendaisons à Zahedan samedi.
  • Une pendaison à Zahedan dimanche.
  • 3 pendaisons à Shiraz mercredi.
  • Une pendaison à Noshahr mercredi.
  • 4 femmes pendues jeudi à Bam, 2 hommes à Bandar Abbas et 9 hommes et 7 à Kerman.

L’université – la Culture
  • Un nouveau quotidien en Iran Mardom é Emrouz.

Manifestations 
  • Les ouvriers d’HEPCO rejoingnent la grève de Pars Wagon à Arak.

L’Iran à l’étranger 
  • Un commandant en chef iranien des gardes révolutionnaires, Hamid Taghawi, a été tué à Samara en Irak.

L’économie en Iran 
  • $1 = 3685 tomans.
  • 200 boutiques illégales détruites dans un centre commercial de Téhéran.

Politique en Iran
  • Rouhani nomme le porte-parole du gouvernement Nobakht chef de l’organisation de la direction du plan qu’il a ré instituée.

Nouvelles en vrac
  • 3 gardes révolutionnaires tués près de la frontière pakistanaise.
  • 2 terroristes à moto ont tués 2 personnes dans le village de Sarbaz au Sistan-Baloutchistan. L’un était un instituteur chiite et l’autre un membre sunnite de la Bassidj 

Sur le blog cette semaine



Et toujours, la liste des prisonniers politiques en Iran (en Anglais) : http://hyperactivist.info/ipr.html
Aidez-nous à la tenir à jour

vendredi 2 janvier 2015

Nima! Je suis sûr que tu comprends – Behnam Ebrahimzadeh

Behnam Ebrahimzadeh, syndicaliste emprisonné à la prison de Radjaï Shahr, est en grève de la faim depuis le 3 décembre pour protester contre son transfert de la section politique à celle des meurtriers ; il est actuellement dans une situation critique.



Bonjour mon cher Nima,

20 jours de grève de la faim me fait comprendre ta douleur un petit mieux que d’habitude. Tu n’avais pas encore fini tes études quand je t’ai laissé seul, et maintenant cinq années très dures sont passées, des milliers de jours et de nuits à être éloignés l’un de l’autre.

Mon très cher fils,

De nouveau, on m’a ouvert un nouveau dossier à la 15ème chambre du tribunal révolutionnaire qui va énoncer un nouveau verdict. A mon retour du tribunal, on m’a persécuté et insulté puis transféré à la section des prisonniers dangereux, où les détenus sont condamnés à mort.

Nima,

Je suis sûr que tu comprends pourquoi je ne peux pas serrer ton corps brisé dans mes bras ni embrasser ton grand front.

Cher Nima,

Je suis désolé de t’écrire ces quelques lignes. Tu es peut-être en colère contre moi, ta patience est à bout, les douleurs du cancer te coupent la circulation.

Tu me pardonneras peut-être en grandissant et tu comprendras la douleur des pleurs d’un père emprisonné pour tenter de lutter contre le cancer du despotisme.

Mon fils,

La douleur de la faim me torture moins que la douleur d’être sans Nima.
Je suis dévoué à mon fils, ce héros, qui se dresse contre la tempête comme un cyprès.
Prends soin de ta mère et de toi-même.

Ton père

Source : https://hra-news.org/en/articles/nima-sure-understand-behnam-ebrahimzadeh

J’ai grandi loin de ma mère, dans les salles de visite de la prison – Fereshteh Ghazi


Elle avait 13 ans quand ma mère a été emprisonnée ; pendant plus de cinq ans, elle n’a vu sa mère que dans les salles de visite des prisons d’Evine, Radjaï Shahr et Ghartchak de Varamine. Elle a maintenant 18 ans ; quand sa mère aura purgé ses 20 ans de prison, ce sera une femme de 33 ans. Taraneh Taefi est la fille de Fariba Kamalabadi, l’une des sept Yaran, comité de direction des bahaïs d’Iran, condamnés à 20 ans de prison.

Quand sa mère a été arrêtée, le 14 mai 2008, elle avait 13 et était en terminale. C’est maintenant une jeune femme de 18 ans qui n’a pas le droit d’étudier à l’université ; elle me parle de sa mère, de ses droits de prisonnière de conscience, privée de sa présence depuis cinq ans et demi et pour encore 15 ans. Elle me parle de l’éventualité que sa mère ne rentre jamais, des salles de visite, de privations, de déceptions, et pourtant, elle garde espoir.

« Quand j’essayais de te préparer à mon arrestation en 2008, je t’ai demandé si tu serais bouleversée si j’étais arrêtée. Tu as répondu : ‘J’étais très jeune quand tu as été arrêtée en 2005 et je ne comprenais pas ce qui t’arrivait, alors tu me manquais, tout simplement. Mais cette fois-ci, tu me manqueras et je serai désolée pour toi’ ». Voici un extrait de la lettre de Taraneh Taefi à sa mère à la prison d’Evine.

J’étais très jeune quand ma mère a été arrêtée pour la première fois ; je n’ai pas compris qu’elle était dans une situation très difficile. La plupart du temps, j’étais triste parce que ma maman n’était pas là et qu’elle me manquait. Je n’ai pas compris qu’elle était à l’isolement, qu’elle subissait des interrogatoires musclés, qu’elle avait des soucis et était complètement isolée du monde extérieur. Cependant, en grandissant, j’ai pensé à toutes ces choses en plus du manque que je ressentais. Je me souviens que la deuxième fois qu’elle a été arrêtée, elle se rendait à Mashhad. Nous ne savions pas exactement comment et où elle avait été arrêtée. Pendant presqu’un mois, nous ne savions même pas où elle était. J’étais bien sûr très jeune à l’époque et je ne m’occupais pas de connaître sa situation ou comment elle avait été arrêtée, etc. En grandissant, j’étais à la fois triste et inquiète, et s’est pourquoi j’ai dit que j’étais désolée pour elle ; je venais de comprendre que non seulement elle me manquait, mais que j’étais aussi inquiète de sa situation et de la façon dont elle était traitée en prison.

J’avais dix ans quand ma mère a été emprisonnée pour la première fois. Bien sûr, la peine était beaucoup plus courte, une fois un mois et l’autre deux mois. J’avais 13 ans quand elle a été arrêtée pour la troisième fois. Naturellement, un membre de la famille n’était plus parmi nous et nous étions inquiets de savoir combien cela durerait. Au début, j’avais très peur qu’elle ne revienne jamais. J’étais bien sûr, alors au début de mon adolescence et c’était très difficile pour moi. Après un temps, nous nous sommes habitués, même si elle nous manquait souvent et que je ressentais son absence.

Que voulez-vous dire quand vous dites : « J’avais peur qu’elle ne revienne jamais » ? Aviez-vous peur qu’on ne la condamne à mort pour des accusations graves ?
Oui. Je me souviens du jour où le verdict a été énoncé, je m’en souviens très bien. Mon père m’a dit qu’elle avait pris une peine de prison de 20 ans. J’ai pensé qu’il plaisantait ! Même si j’avais envisagé des verdicts très lourds, je n’arrivais pas à le croire. En mon for intérieur, je n’avais jamais cru qu’elle serait condamnée à une si longue peine. 20, c’est trop long, c’est une vie ! Cette peine a commencé quand j’avais 13 ans et elle se terminera quand j’aurai 33 ans ! Cependant, malgré de graves difficultés, on finit par s’habituer. Je préfère ne pas avoir trop d’espoir d’une libération anticipée ou d’un quelconque changement dans les 15 ans qui restent parce que tout le réconfort que les espoirs des autres m’ont apporté s’est révélé faux. Je me sentirai beaucoup mieux si j’arrive à accepter de ne pas l’avoir avec moi pour15 autres années. Plutôt qu’espérer et ne pas voir la réalisation de cet espoir, je préfère être surprise par sa libération anticipée.

Comment se passent les visites avec votre mère ?
Les enfants de prisonniers ont le droit de voir leurs parents une fois par semaine en visite face-à-face. Mais comme je suis plus âgée, je n’y ai droit qu’une fois tous les 15 jours. Ce qui veut dire qu’une semaine nous avons droit à une visite face-à-face et l’autre dans une cabine de visite, séparés par une vitre. Il y a des chaises dans la salle de visite. Il y avait bien sûr plus de monde ces dernières années et il n’y avait pas assez de sièges pour tout le monde, mais maintenant, il y a moins de monde. Normalement, il y a beaucoup d’enfants qui jouent. Nous attendons dans cette salle puis montons à l’étage pour la visite à l’appel de nos noms. Un des enfants que je vois toujours ici est le fils de Farine Hessami, Artine : sa mère est à Evine et son père à Radjaï Shahr. Les enfants s’arrêtent de jouer et se précipitent pour voir leurs mères à l’appel de leurs noms. Vers la fin de la visite, nous essayons de parle très vite, nous avons beaucoup de choses à nous dire, et nous baissons la tête pour un dernier regard à nos êtres chers tandis que les stores de la cabine s’abaissent. Il y a une  cabine sans stores. Quand les prisonniers et leurs visiteurs sont présents, nous parlons avec les mains, en utilisant la pantomime. Quand la visite s’achève, nous partons et n’avons plus de nouvelles jusqu’à la semaine suivante. Quand ma maman était à la prison de, Radjaï Shahr, malgré les mauvaises conditions sanitaires et le type de prisonnières avec lesquelles elle séjournait, elle pouvait appeler au téléphone tous les jours, ce qui nous rendait très heureux car nous pouvions parler de tout au téléphone. Mais maintenant, nous n’avons aucune nouvelles d’elle entre les visites parce que les prisonnières n’ont pas le droit d’utiliser le téléphone, ce qui nous ennuie et nous inquiète beaucoup. Les visites face-à-face se tiennent dans une grande salle meublée de plusieurs tables entourées de chaises. Chaque famille s’assied à une table et parle avec son prisonnier. Nous ne pouvons rien apporter en prison, mais quelquefois, les prisonniers apportent de la nourriture et nous déjeunons ensemble. Je suis très heureuse lors des visites en face-à-face parce que je peux embrasser ma maman, m’asseoir près d’elle, manger et parler avec elle. Les conditions sont bien meilleures durant ces visites.

Et votre maman n’a encore eu aucune libération provisoire ?
Absolument aucune. Certains disent que si un prisonnier a pur gé un sixième de sa peine il doit pouvoir bénéficier d’une liberté provisoire. D’autres disent que c’est après le tiers de la peine. Je ne sais pas si l’une des deux options est vraie. Chaque fois que nous avons demandé une permission, ils n’ont pas suivi les règles et ont répondu : « vous faites partie du ‘groupe des sept’ et nous n’avons pas l’intention de vous donner de permission. Nous le ferons quand nous penserons qu’il le faut et vos demandes répétées ne servent à rien. »

Donc, pas de permission, pas d’appels téléphoniques et vous n’avez que les visites hebdomadaires. Comment préservez-vous vos relations avec votre mère ?
Nous nous parlons beaucoup. J’envie cependant les autres enfants qui peuvent parler avec leur mère, j’en suis privée. Pendant la semaine, je pense à beaucoup de choses que je veux lui dire, mais quand je vais la voir et que la visite se termine, je me souviens de tout ce que j’ai oublié de lui dire et je ne suis jamais sûre de pouvoir les lui dire la semaine suivante. C’est très difficile mais nous tentons de faire face. Il y a tant de choses que je n’ai jamais dites à personne. Quelquefois, quand je suis à la maison et qu’on sonne à la porte, mon cœur tressaute en pensant, est-ce qu’on aurait libéré maman ou on lui aurait donné une permission ? Et quelquefois, quand je rentre, j’ai l’impression que ma maman sera là quand j’arriverai. Et bien sûr, elle n’est pas là. Alors, les problèmes existent mais je n’ai pas perdu tout espoir. J’ai ces images à l’esprit. J’ai un grand frère et une grande sœur. Tous les deux sont mariés et mon frère avait quitté l’Iran avant l’arrestation de ma mère. Cette distance les a empêchés d’avoir un contact quelconque avec elle puisqu’elle n’a pas le droit d’utiliser le téléphone. Avant, elle avait le droit d’appeler une fois par mois, mais ce droit a été révoqué il y a un an. Ma sœur a eu un bébé il y a quelques jours, mais on n’a pas laissé ma mère appeler pour lui parler. Il nous a même été difficile de l’avertir de l’arrivée du bébé.
La militante étudiante Baharej Hedayat, emprisonnée à Evine depuis presque cinq ans, a parlé de Fariba Kamalabadi dans une lettre à son époux Amin Ahmadian : « Je n’oublierai jamais la première fois que Fariba a décidé d’emporter une chope de thé lors d’une visite face-à-face avec sa fille Taraneh. J’ai remarqué qu’elle a commencé par mettre du sucre dans la chope, a réfléchi, retiré le morceau de sucre pour le remplacer par du chocolat, a de nouveau réfléchi et l’a remplacé par une date. Je lui ai demandé ce qu’elle faisait. Elle m’a dit : « Je ne me souviens plus si Taraneh prend son thé avec du sucre ou avec autre chose… » Elle a fini par emmener les trois ! Je ne m’en suis pas souciée tant qu’elle était ici, mais après, je ne pouvais m’empêcher de pleurer… Imaginez, cette fille avait 12 ans quand on lui a retiré sa mère, elle en a maintenant 17… Fariba est une mère mais elle a oublié tous les détails de sa maternité. On les lui a retirés de l’esprit par cruauté et injustice. »
Taraneh Taefi dit : «  Je me souviens avoir beaucoup pleuré quand je l’ai lu, parce que je me souvenais pendant cette visite particulière, elle avait oublié d’apporter le thé. Elle avait apporté les trois éléments et dit qu’elle ne s’en souvenait plus. Cela m’a attristé alors mais pas ému. Quand j’ai lu la lettre de Bahareh, je suis devenue très triste et j’ai pleuré. Beaucoup de gens pensent qu’être en prison signifie juste être privée de sa vie quotidienne et enfermée dans une cellule. Mais il y a beaucoup d’autres privations que la plupart des gens ignorent. Beaucoup de regrets et de déceptions sont enterrés entre ces murs ! Par exemple, quand son premier petit-enfant est venu au monde, ma mère ne le savait pas, elle n’a pas pu le voir et n’a même pas pu appeler pour savoir s’il était né. Ces choses peuvent sembler simples, mais elles ont vraiment blessantes, à la fois pour ma maman et pour nous. Je pense  cependant qu’il faut prêter plus d’attention aux prisonniers qu’à leurs familles. Nous avons perdu une personne, mais elles ont perdu toute la société. En dépit des difficultés et des privations, nous faisons partie de la société mais nos prisonniers sont entourés de murs et loin de la société. Ils ont tout laissé derrière les murs. Bien sûr, d’une certaine façon les prisons sont devenues pour eux des universités. Beaucoup de prisonniers lisent ensemble. Ma maman lit et tricote. Elle dit toujours : « J’ai tricoté quelque chose pour toi ou pour tout autre membre de la famille » c’est ainsi qu’elle garde le contact avec sa famille et ses relations. Nous voyons lors des visites et nous entendons aussi de celles qui ont été dans la même section qu’elle a bon moral. Ce n’est pas comme si elle avait perdu espoir ou si elle s’attristait après cinq ans et demi d’emprisonnement. Elle vit une vie normale et est en bonne santé psychologique. De temps en temps, elle est malade, mais elle n’a pas de problème pour l’instant.

Dans une lettre à son petit enfant qui vient de naître, Fariba Kamalabadi écrit : « Nous sommes sept membres d’un groupe nommé ‘Yaran-e-Iran’ ; nous nous occupions des affaires de la communauté bahaïe d’Iran. Nous nous occupions de leurs problèmes personnels suivant les enseignements de la foi bahaïe et les protégions des nombreuses brutalités qu’on leur infligeait. S’ils étaient licenciés et n’avaient plus les moyens de vivre, nous leur enseignions, avec l’aide d’autres bahaïs, une profession et de moyens de gagner sa vie. S’ils étaient malades et ne pouvaient s’offrir un traitement, nous les aidions avec l’aide de médecins bahaïs. Nous aidions à l’instruction et à l’éducation morale des enfants et jeunes bahaïs à l’aide de professeurs d’université bahaïs renvoyés de leurs postes, nous permettions à des milliers de bahaïs dont tes parents, d’avoir une éducation supérieure au domicile de bahaïs, etc.. Tous les efforts de ce groupe visaient à contrecarrer les activités concentrées sur le ‘génocide intellectuel’ des jeunes bahaïs par des mesures constructives. Et ces actions été menées de telle façon qu’aujourd’hui il n’y a ni haine ni animosité envers le gouvernement, l’islam ou le gouvernement islamique dans le cœur d’un seul bahaï ; les bahaïs révèrent l’Iran, sanctifie l’islam comme une sainte religion ; ils désirent en leur cœur servir l’Iran et le peuple iranien, même si quelques jeunes bahaïs ont été condamnés à beaucoup d’années de prison, surtout parce qu’ils s’occupaient d’enfants dans des quartiers défavorisés. »

Sa fille dit : « Ma mère et six autres personnes, qui ont toutes été condamnées à 20 ans de prison comme elle, étaient membres d’un comité qui s’occupait des affaires de la communauté bahaïe d’Iran. Ce qui voulait dire s’occuper d’organiser des enterrements, des mariages suivant les rites bahaïs ou d’autres problèmes similaires. Comme le comité était en relation avec tous les bahaïs d’Iran, je crois que le gouvernement voulait, à tout prix, arrêter ces soi-disant dirigeants bahaïs pour effrayer les autres. Bien sûr, ma maman dit que ça ne va pas durer aussi longtemps, mais ce sont les conditions actuelles, je les ai acceptées et je m’y suis habituée. Pour éviter toute déception, je ne nourris aucun faux espoir. Supporter ces 20 ans m’est rendu plus facile parce que je sais qu’il y a une fois et des convictions solides derrière. J’accepte beaucoup d’autres difficultés à cause de cette croyance. Toute la situation devient plus tolérable.

Taraneh Taefi a aussi été privée d’éducation supérieure. 
Quand j’ai passé le concours national d’entrée à l’université, j’ai reçu mon classement et j’ai choisi ma discipline et, au lieu de recevoir le nom de l’université à laquelle j’ai été admise, j’ai reçu un message qui disait « dossier incomplet ». Depuis le début de la révolution culturelle, aucun bahaï n’a été admis à l’université : sur le formulaire d’inscription, il faut choisir une religion sur une liste, la foi bahaïe ne fait pas partie de cette liste. Cela a duré jusqu’en 2003-2004. Cette année-là, on a retiré les noms des religions des formulaires et les candidats écrivaient eux-mêmes leur religion puis passaient l’examen. Cependant, quand ils recevaient les cartes pour passer le concours, sous la rubrique religion, il était inscrit islam. Quand les étudiants bahaïs contactaient les autorités, elles leur disaient : «  Ceci se rapporte aux examens religieux que vous allez passer. » Alors, nous l’avons accepté. Mais après l’examen, ils nous ont de nouveau interdit d’entrer à l’université. Ils renvoyaient les étudiants à différents stages, certains quand ils recevaient leurs cartes d’étudiants, d’autres quand ils choisissaient leur disciplines ou pendant l’inscription. Certains étudiants suivaient huit mois de cours et étaient renvoyés juste avant l’examen. Telle était la situation. L’élection de Monsieur Rouhani a suscité de grands espoirs pour une meilleure situation. Mais dans les faits, tout a empiré. Les années précédentes, ils n’éliminaient pas tant d’étudiants dès le début. Mais cette année, ils ont envoyé un message de « dossier sérieusement incomplet » à 80 à 90% des étudiants bahaïs après qu’ils aient choisi leurs disciplines. Et ce, bien que tout le processus de candidature soit fait en ligne ; « dossier incomplet » ne veut donc rien dire. Même ceux qui ont été admis n’ont pas pu assister aux cours après quelques semaines.

Ma chère fille, je vous présente mes excuses pour tous ceux qui sont ignorants et vous ont créés tant de difficultés. Je pensais que ces difficultés se résumaient à une privation irraisonnable et injuste d’éducation. Cependant, je comprends que ce ne sont pas vos seules souffrances. La prochaine fois que vous verrez votre mère, dites-lui : « Le Docteur Mohammad Maleki, 81 ans, premier doyen de l’université de Téhéran, s’est rendu chez vous et s’est incliné humblement devant votre innocence et celle de vos coreligionnaires. » Ce sont les mots du Docteur Mohammad Maleki) à Taraneh Taefi quand il lui a rendu visite, accompagné de l’écrivain et documentariste Mohammad Nourizad.

Je ne savais pas que Monsieur Maleki venait. Monsieur Nourizad avait mentionné qu’il venait avec un ami et a insisté pour que je sois à la maison. Je ne savais pas pourquoi et je ne pensais pas que cela me concernait. J’avais vu Monsieur Maleki auparavant quand il était en prison et que nous avions rendu visite à maman. Je l’avais vu dans la salle de visite, mais je ne savais pas qui il était. Quand ils sont arrivés, Monsieur Nourizad a dit : « Le premier doyen de l’université de Téhéran veut vous parler parce que vous avez été privée d’éducation supérieure. » C’était merveilleux de savoir que cela les concernait tant et qu’une personne d’une telle importance était venue me rencontrer et m’encourager. Cette privation m’avait beaucoup attristée et leur visite m’a exaltée et rendu la joie. Il m’a dit qu’il n’hésiterait pas à me soutenir de tout son poids.

Après l’élection de juin de cette année et le début de la présidence d’Hassan Rouhani, de nouveaux espoirs se sont fait jour sur la liberté des prisonniers de conscience et l’apparition de plus de libertés individuelles. Certains prisonniers ont même été libérés
Bien sûr, on espérait que la situation changerait. Nous l’espérons toujours. Nous avons vu certains prisonniers politiques bénéficier de libérations provisoires, d’étendre la durée de leurs permissions ou même être libérés. Mais en ce qui concerne les prisonniers bahaïs, il n’y a eu aucune clémence ou permission. Il y a des bahaïs qui sont en prison depuis que Rouhani est arrivé au pouvoir. Il n’y a eu aucune amélioration de la situation des prisonniers, des bahaïs continuent d’être arrêtés dans différentes villes et il n’y a eu aucune amélioration.
Source : http://iranpresswatch.org/post/11274/