lundi 19 juillet 2010

NYT - Le président iranien renouvelle sa pression sur les conservateurs

WILLIAM YONG et ROBERT F. WORTH

Publié le 16 juillet 2010
 
TEHERAN — Ayant réussi à réprimer le soulèvement de l’opposition consécutif aux élections présidentielles controversées de l’été dernier, le président Mahamoud Ahmadinedjad et ses partisans concentrent maintenant leurs efforts sur un autre groupe rival, les conservateurs traditionnels iraniens.
 
Les rivaux conservateurs de Monsieur Ahmadinedjad répliquent , l’accusant publiquement de mettre à l’écart les religieux et le parlement, de poursuivre une idéologie « extrémiste » et d’intriguer pour consolider son contrôle sur toutes les branches du système politique iranien.

« Maintenant qu’ils pensent s’être débarrassés des réformistes, ils pensent peut-être qu’il est temps d’éliminer leurs opposants principalistes » explique Mortéza Nabavi, rédacteur en chef du journal du courant dominant conservateur lors d’une interview inhabituellement crue publiée vendredi dans l’hebdomadaire Panjereh. Les conservateurs iraniens, y compris le groupe d’Ahamdinedjad, préfèrent le terme « principalisme » à celui de « fondamentalisme ».

Les grèves qui ont éclaté dans le bazar de Téhéran la semaine dernière, provoquées par un projet d’augmentation des taxes, reflète la fracture croissante entre les factions conservatrices, les commerçants ou bazaris du côté des traditionalistes.

Monsieur Ahmadinedjad a souvent nourri les peurs traditionnelles des conservateurs ; il a fait allusion aux divisions entre conservateurs, mettant en garde : « Le régime n’a qu’un seul parti » lors d’un discours prononcé lundi sur son site Web officiel, ce qui a provoqué un scandale parmi ses rivaux conservateurs.

« Je pense que nous assistons à une sort de McCarthyisme à l’iranienne où Ahmadinedjad se débarrasserait de tous ceux qui ne sont pas avec lui en les accusant d’être anti-révolutionnaires ou non islamique » dit un analyste politique iranien qui a refusé d’être identifié par peur des représailles.

En un sens, la lutte pour le pouvoir au sein des conservateurs est un retour à la situation d’avant les élections présidentielles de l’année dernière qui ont déchaîné les pires dissensions internes depuis des décennies en Iran. L’occident a largement considéré les manifestations de rue comme un défi à la théocratie iranienne. Mais au bout d’un an, les épanchements de colère publique n’ont apporté aucun effet tangible, la poussière est retombée pour dévoiler de nouveau une fracture plus profonde de l’élite politique en Iran.

La faille est en partie une faille de générations, Monsieur Ahmadinedjad conduisant une cohorte conservatrice soutenue par l’élite des gardes révolutionnaires. De l’autre côté, une génération plus âgée dont l’autorité émane de ses liens avec l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, le dirigeant de la révolution islamique de 1979. Les législateurs réformistes représentent actuellement une minorité largement impuissante au parlement. « Ahmadinedjad veut une nouvelle définition du conservatisme. Il veut dire, les vrais conservateurs, ce n’est plus vous, c’est nous » ajoute l’analyste politique.
 
Les conservateurs les plus anciens, y compris les religieux, les législateurs et les dirigeants du bazar, ancien centre des échanges et du commerce, ont longtemps mis en questions les compétences de Monsieur Ahmadinedjad et ont même accusé ses ministres de corruption. Mais récemment, ils sont allés plus loin, accusant la faction de Monsieur Ahmadinedjad de trahir les principes de la révolution islamique et d’être adepte d’un culte messianique qui rejette le rôle d’intermédiaire du clergé.

Pour certains, ces critiques se résument à un appel déguisé des anciens conservateurs au guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, pour brider le président ou même le démettre. Les divisions ont surgi le mois dernier, quand les parlementaires conservateurs ont bloque par un vote les efforts de Monsieur Ahmadinedjad pour prendre le contrôle de la plus grande institution universitaire iranienne, l’université Azad, qui possède des établissements dans tout le pays et d’énormes atouts financiers. Cette université a été fondée par Ali Akbar Rafsandjani, ancien président de la république et figure centrale des conservateurs traditionnels. Apres le vote, un porte-parole de Monsieur Ahmadinedjad a déclaré que les législateurs « avaient aidé la conspiration » une expression souvent utilisée pour les manifestants et les groupes terroristes.

Le lendemain, une manifestation soutenue par le gouvernement s’est formée devant le parlement, les manifestants y dénonçant Ali Laridjani, président du parlement et rival conservateur de Monsieur Ahmadinedjad. « Nous dénoncerons les parlementaires perfides » disait l’une des affiches publiées par ILNA, l’agence de presse iranienne semi-officielle. A Qom, des étudiants partisans du gouvernement ont distribué des tracts disant : « Monsieur Laridjani, rendez-nous notre vote, vous ne nous représentez plus. »

Monsieur Laridjani s’est moqué de ceux qui le critiquaient les traitant d’ « impudents, sans logique et avides de controverses. »
 
L’ayatollah Khamenei a essayé d’apparaître neutre dans cette dispute à propos de l’université ordonnant aux deux parties, Messieurs Ahmadinedjad et Rafsandjani d’arrêter d’essayer de changer le statut de l’université

Depuis lors, un autre front s’est ouvert contre l’administration. .Les commerçants iraniens, les bazaris, se sont soulevés pour protester contre les plans de Monsieur Ahmadinedjad de les pressurer par plus d’impôts. Le grand bazar central de Téhéran, un vaste labyrinthe complexe formé de tunnels arqués et de cours, a fermé pour protester pendant plus d’une semaine, et la grève s’est étendue a d’autres grandes villes.

La dimension politique du conflit n’est pas encore totalement formée mais la classe des commerçants iraniens est profondément liée au parti conservateur traditionnel, le Motalefeh, dont les membres détiennent des postes clés dans l’université Azad. Monsieur Rafsandjani était membre du Motalefeh et a toujours de forts liens avec lui.

Les conservateurs traditionnels se sont opposés à l’administration de Monsieur Ahmadinedjad sur de nombreux problèmes durant l’année écoule, y compris sur des nominations controverses à des postes ministériels et sur la tentative de remaniement du système des subventions vieux de plusieurs décennies. En avril, la tension est montée d’un cran quand les législateurs conservateurs ont demandé l’arrestation du premier vice-président Mohammad-Reza Rahimi pour corruption.

Dernièrement, le ton est monté des deux côtés. Lundi, un parlementaire conservateur de premier plan, Omidvar Rezaï, a averti que le gouvernement de Monsieur Ahmadinedjad avait violé la constitution iranienne et que le parlement « pourrait être obligé de faire usage des ses pouvoirs légaux » y compris la dégradation et la destitution du président selon le site Web d’information Khabar Online.

Le mois dernier, beaucoup de conservateurs ont été choqués quand des chahuteurs pro-Ahmadinedjad ont empêché Hassan Khomeiny, le petit-fils de l’ayatollah Khomeiny de prononcer un discours lors d’une commémoration de la mort de son grand-père.

« La conduite d’extrémistes qui ne sont pas ouverts au débat ou à la logique a créé une division au sein des principalistes ».dit Mohammad Ashfrafi-Esfahani, un religieux important membre de l’organisme qui supervise les partis politiques, dans des commentaires publiés par ILNA. « Ce groupe n’épargne personne, pas même la famille de l’imam [Khomeiny] »

Un éditorial du 21 juin de Khabar Online, que l’on croit être lié à Monsieur Laridjani, met en garde contre : « Un mouvement extrémiste, portant les vêtements de l’islam et de la révolution. »

Monsieur Nabavi, rédacteur en chef du journal, suggère également que la faction de Monsieur Ahmadinedjad appartient à une secte, bannie il y a des décennies par l’ayatollah Khomeiny, qui met l’accent sur le retour prophétisé du 12ème imam shiite qui aurait disparu qu neuvième siècle. L’accusation est courante, mais les conservateurs ne l’avaient jusque là pas portée si clairement et ouvertement.

« Ces gens disent qu’ils ont un contact direct avec le 12ème imam et que donc ils peuvent nous diriger » dit Monsieur Nabavi dans cette interview. « Ce n’est pas qu’une affaire de clergé opposé au gouvernement, il s’agit de quelque chose de beaucoup plus profond. »

Sources : http://www.nytimes.com/2010/07/17/world/middleeast/17rift.html?pagewanted=1&_r=2&sq=iran nabavi&st=cse&scp=1

samedi 17 juillet 2010

C’est un crime d’être une femme en Iran

Margaret Wente - Saturday's Globe and Mail

 Sakineh Mohammadi Ashtiani, mère iranienne condamnée à la lapidation pour adultère est pour l’instant toujours en vie, sauvée par un cri de révolte international contre le barbarisme d’état. Mais l’histoire n’est pas finie. Elle est toujours dans le couloir de la mort. Une fois l’émotion retombées, le régime peut simplement choisir de la pendre à la place.

« Ce régime a pris trop de vies » dit Maryam Namazie, militante des droits de l’homme qui vit aujourd’hui à Londres. « Il va bien falloir que ça s’arrête un jour. »

D’après madame Namazie, la prison de Tabriz où Sakineh est enfermée contient 200 autres condamnés à mort. Trente-cinq sont des femmes condamnées à la lapidation. L’une d’entre elles est Maryam Bagherzadeh, 25 ans, en prion depuis quatre ans. Son exécution a été retardée car elle est tombée enceinte lors d’une courte permission. Le régime attend généralement l’accouchement des femmes enceintes pour les tuer.

Puis il y a Azar Bagheri, 19 ans. Elle en avait 14 quand on l’a forcée à se marier. Son mari l’a lourdement chargée, déclarant qu’elle ne l’aimait pas et qu’elle avait eu des relations avec un autre homme. Elle a été arrêtée, condamnée pour relations sexuelles en dehors du mariage et condamnée à la lapidation alors qu’elle n’avait que 15 ans. On l’a soumise à un simulacre de lapidation à deux reprises : enterrée jusqu’à la poitrine et menacée de mort si elle ne collaborait pas. Le couloir de la mort comprend des enfants, des adolescents et 18 personnes condamnées à la pendaison pour homosexualité. La semaine dernière une jeune fille de 16 ans s’est tuée dans sa cellule pour échapper à la pendaison.

Même le bronzage est un crime contre l’islam. « Le public attend de nous que nous réagissions fermement et rapidement à toute inconduite sociale de la part de femmes et d’hommes qui rejettent nos valeurs islamiques » a annoncé en avril le chef de la police de Téhéran Hossein Sadjedinia. « Dans quelques quartiers du nord de Téhéran, on voit beaucoup de femmes et de jeunes filles bronzées qui ressemblent à des mannequins lors d’un défilé. Nous ne tolérerons plus cette situation et commencer par avertir celles qui se comportent ainsi, puis nous les arrêterons et les emprisonnerons. »

Comme le présente madame Namzie : « C’est un crime d’être une femme en Iran. »

On pourrait penser que l’habitude du régime d’assassiner les femmes pour des crimes imaginaire lui vaudrait une condamnation universelle, en particulier d’institutions comme les Nations-Unies. On aurait tort. En avril, l’Iran s’est vu offrir un siège à la commission de l’ONU sur le statut des femmes dont le but est « l’égalité des sexes et la promotion des femmes. » Personne n’a expliqué comment la lapidation des femmes fait avancer l’égalité des sexes. C’est une inversion morale tellement tordue qu’elle défie la satire. Si vous nourrissiez encore quelques illusions sur le fait que l’ONU soit vraiment intéressée par les droits des femmes, abandonnez les tout de suite.

La nomination ridicule de l’Iran était un prix de consolation après son échec, à obtenir un siège au conseil de l’ONU pour les droits humains, en dépit d’un lobbying sévère. Ce qui n’aurait pas été tellement étrange qu’il y parait puisque les membres de ce conseil comprennent des nations aussi soucieuses des droits humains que l’Arabie Saoudite. Le Conseil des droits humains est dominé par un bloc d’états islamiques et africains qui refusent de condamner l’Iran de quelque façon que ce soit. A la place, le conseil passe le plus clair de son temps à dénoncer Israël et les Etats-Unis. « C’est tragique ; c’est comme demander à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid de siéger à la commission pour l’égalité des races » dit Madame Namazie qui a fuit l’Iran en 1980.

Certains groupes féministes occidentaux ont été ostensiblement silencieux sur la lapidation et autres pittoresques coutumes iraniennes. Ils ont tellement peur d’être infectés par les Américains et les néo-conservateurs qu’ils préfèrent ne rien dire. Même chose pour les groupes musulmans « modérés » en occident.

Pendant des années, la lutte pour les droits humains des femmes iraniennes a été menée par un groupe infatigable d’avocates comme Madame Namazie et Mina Ahadi qui vit maintenant en Allemagne. Madame Ahadi a échappé de peu à la mort pour avoir fait campagne contre les vêtements islamiques obligatoires. (Son époux a été exécuté). « Quand nous organisons des évènements au niveau mondial, quand nous manifestons au niveau mondial et en particulier quand nous contactons les gouvernements européens et que ces gouvernements mettent la pression sur le régime islamique en Iran, nous avons quelquefois une chance, » a-t-elle dit à CNN.

La condamnation de Sakineh Mohammadi Ashtiani a été basée sur de fausses preuves insistent son avocat et ses deux enfants. Elle a déjà reçu 99 coups de fouet. Comme leurs efforts pour plaider pour sa vie n’ont pas porté leurs fruits, son fils s’est tourné vers les militants occidentaux pour trouver de l’aide, une manœuvre à haut risque qui lui a valu une convocation au poste de police. Amnesty International et Human Rights Watch se sont emparé du dossier. Les femmes, de la Norvège au Canada, y compris la PDG de Indigo Books, Heather Reisman, ont lancé des pétitions par Internet. La pétition de madame Reisman, datant d’il y a onze jours rassemble déjà plus de 100.000 signatures (www.freesakineh.org.)

Le régime iranien décrit vigoureusement les manifestations occidentales comme une attaque contre l’Iran et les valeurs islamiques. Alors, a quoi servent vraiment ces pétitions ? Ceux qui suivent les affaires iraniennes disent qu’elles ont vraiment un impact. La lapidation est énormément impopulaire en Iran et les Iraniens n’aiment pas que leur pays soit représenté comme médiéval et barbare. Le soutien de l’extérieur donne également de l’énergie à ceux qui vivent en Iran et luttent contre le régime.

« L’agitation que les médias occidentaux ont lancée en relation avec ce dossier n’affectera pas nos juges » insiste un officiel iranien. « La mise ne pratique des lois religieuses islamique comme la lapidation, le hidjab et l’héritage ont toujours été en but à leur animosité effrontée, par principe, ils s’oppose à tout ce qui touche la loi religieuse. »

Mais grâce aux efforts inlassables de femmes comme Maryam Namazie, Mina Ahadi, Shirin Ebadi et d’autres, Shakineh est toujours en vie. Aussi longtemps qu’être une femme en Iran sera un crime, ils ne s’arrêteront pas. Et nous non plus, nous ne devrions pas nous arrêter.

Source: http://www.theglobeandmail.com/news/opinions/its-a-crime-to-be-a-woman-in-iran/article1643091/?cmpid=rss1

Rooz: Fereshteh Ghazi - Critique du mouvement vert - 13 juillet 2010

Fereshteh Ghazi - 13 juillet 2010

Interview de Zahra Rahnavard

Alors qu’un débat houleux sur l’opportunité de la critique du mouvement vert et de Mir-Hossein Moussavi est actuellement un sujet brûlant, Zahra Rahnavard déclare lors d’un entretien exclusif à Rooz : « Les gens qui ne sont pas critiqués commencent à stagner comme un marais et nous accueillons favorablement toute critique amicale et dans l’intérêt du mouvement. »

Nous avons interviewé Zahra Rahnavard suite aux remarques et interprétations controversées sur le mouvement vers venant de personnalités et groupes politiques à l’extérieur de l’Iran, en dépit des affirmations répétées de Moussavi et Karroubi les deux candidats d’opposition aux élections présidentielles que le mouvement est par nature « pluraliste » et qu’il accepte tous ceux qui s’opposent au statu quo en Iran. Soulignant que « le pluralisme et la diversité font partie des caractéristiques du mouvement vert » Rahnavard ajute : « Quiconque croit dans le changement pour obtenir la liberté, la démocratie, des élections libres et la non-ingérence du gouvernement dans la vie privée est vert. »

Ci-dessous quelques extraits de l’interview exclusive de Rooz avec l’artiste et professeur d’université, le Docteur Rahnavard

Rooz: Monsieur Moussavi a-t-il un représentant ou un porte-parole hors d’Iran ?

Zahra Rahnavard (Rahnavard): Moussavi a affirmé à de nombreuses reprises n’avoir ni représentant ni porte-parole en dehors d’Iran

Rooz: Madame Rahnavard, à vos yeux, qui compose le Mouvement Vert et quel spectre de la société couvre-t-il ?

Rahnavard: Le Mouvement est pluraliste et quiconque croit dans le changement pour obtenir la liberté, la démocratie, des élections libres et la non-ingérence du gouvernement dans la vie privée est vert. Ce qui ne veut pas dire que tous les verts suivent la même idéologie ou ont le même point de vue. Je crois que le Mouvement Vert est ce qui nous unit. Les différences, bien qu’elles existent, nous donnent à tous la chance de nous unir sans tenir compte de nos points de vue différents. Par exemple, à l’intérieur du mouvement, une personne peut-être un fervent religieux alors qu’une autre ne le sera pas du tout tandis que d’autres se situeront entre les deux. Bien que nos différences persistent, nous nous somme unis sur une base de croyances communes et de choses qui nous unissent. En d’autres termes, en dépit de nos différences, le Mouvement Vert nous a unis sur une base de buts et d’accords communs.

Rooz: Dernièrement, il y a eu un grand débat pour savoir s’il y avait place pour la critique au sein du Mouvement Vert, et plus particulièrement la critique de Monsieur Moussavi lui-même. Certains croient que la critique dans les circonstances actuelles pourrait saper le mouvement tandis que d’autres affirment que les opposants du mouvement en tirent avantage. Qu’en pensez-vous ?

Rahnavard: D’une manière générale, la critique est une bonne chose et nous encourageons la critique constructive. Je crois personnellement que les personnes qui ne sont pas soumises à la critique finissent par stagner comme un marais et nous accueillons favorablement toute critique amicale et dans l’intérêt du mouvement. La critique venant de l’animosité se révèlera avec le temps. Dans le même temps, he voudrais ajouter que la critique ne devrait pas uniquement être dirigée contre Monsieur Moussavi mais qu’elle devrait plutôt inclure tout le groupe composé de Messieurs Khatami, Karroubi et des autres, moi y comprise ; aucun de nous n’a jamais prétendu diriger le mouvement et nous toujours encouragé la critique. Le fait que la critique du mouvement rende joyeux le régime totalitaire actuel et qu’ils considèrent la critique comme affaiblissant quelque peu le mouvement n’a aucune importance. Je crois que la critique ne peut que conduire à de futurs développements et à une croissance du mouvement. En tant qu’artiste, je demande toujours à mes amis de critiquer mes œuvres et je crois que c’est cette forme de critique qui conduit à l’amélioration.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/13//we-welcome-criticism-of-green-movement.html

vendredi 16 juillet 2010

Rooz: Ardalan Sayami - La grève continue au bazar malgré la dérobade du gouvernement,

Ardalan Sayami - 16 juillet 2010

Hier matin, les agences de presse d’état annonçaient la fin de la grève d’une semaine du bazar de Téhéran suite à un accord entre les représentants du bazar et le gouvernement. Le rapport a été rapidement diffusé mais la présence continue de la police anti-émeutes et des forces en civil près du bazar de Téhéran donnait une autre image.

En fait, les manifestations continuaient, le bazar ne croyant pas à l’accord. La grève s’est étendue à la ville de Tabriz située au nord-ouest. La fermeture du bazar a toujours été très symbolique en Iran. Dans la culture sociopolitique iranienne, la fermeture du bazar eu a une signification spéciale pendant ces deux cents dernières années ; en l’absence d’institutions fortes de la société civile et d’une presse libre, le bazar, lieu historique du commerce, est également le lieu d’échange des informations. La fermeture du bazar a la même signification que pendant la révolution constitutionnelle de 1905, le mouvement de nationalisation du pétrole en 1951-1953 et la révolution islamique de 1979. A ces époques également, les marchands du bazar se sont joints aux manifestations populaires en fermant leurs échoppes et ont aidé à diffuser les mouvements dans toutes les couches de la société.

Les protestations récentes du bazar ne sont, bien sûr, pas politiques mais économiques et financières. Le gouvernement a augmenté les taxes de 70% et les marchands du bazar qui les paient résistent à cette augmentation.

Le gouvernement est depuis revenu sur sa décision et a accepté de réduire l’augmentation à 15%. Mais un éditorialiste financier a dit à Rooz : « L’opinion publique et les commerçants du bazar voient la réduction de 55% de l’augmentation des taxe comme une manœuvre déloyale du gouvernement pour retarder l’augmentation de 70%. Ils disent qu’ils continueront à protester et à faire grève jusqu’à ce que le gouvernement garantisse que l’augmentation des taxes se limitera bien à 15%. Les commerçants du bazar soutiennent qu’en raison de la nette diminution du volume des affaires en 1388 par rapport aux autres années, l’augmentation est déraisonnable et qu’ils ne peuvent pas payer une augmentation de 70% des taxes.

Suivant des rapports officieux, la grève s’est également étendue à la ville d’Ispahan. Beaucoup de syndicats de commerçants ont refusé de se conformer à l’accord qui, comme le prétendent les médias d’état, aurait mis fin à la grève du bazar. Ce qui est évident dans cette débâcle, c’est l’absence d’un front organisé pour présenter les revendications des commerçants du bazar, bien que deux organisations prétendent être les porte-parole du bazar : le conseil syndical national et la société islamique des associations du bazar et des syndicats. Le conseil syndical national était chargé de représenter le bazar lots des négociations avec le gouvernement qui se sont terminées par l’accord de lundi soir. Mais des rapports indiquent que beaucoup de commerçants du bazars refusent de s’y plier et ne considère pas le conseil syndical national comme suffisamment fort pour représenter leurs intérêts auprès du gouvernement.

Source: http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/16//strikes-continue-in-bazaar.html

Rooz - Fereshteh Ghazi - Les autorités sont absentes ; le superviseur est acquitté

13 juillet 2010

Le tribunal de Kahrizak annonce le verdict aux familles

Fereshteh Ghazi

Les avocats et les familles des victimes des atrocités de la prison de Kahrizak ont fait appel du verdict du tribunal de Kahrizak à l’issue d’un procès à huis clos. Le verdict a été annoncé aux avocats des victimes de Kahrizak six jours après que les médias aient commencé à le relater.

Saleh Nikbakht, représentant la famille d’Amir Javadifar, a dit à Rooz lors d’une interview exclusive, que les familles ont fait appel du verdict. Il note plusieurs contradictions dans le jugement : « Les avocats et les familles avaient demandé, bien que la cour ne soit pas compétente pour juger Mortazavi, qu’au moins elle le cite à comparaître en tant que témoin ; cette requête a été ignorée par la cour. »

Suivant le reportage exclusif de Rooz, le principal accusé est le lieutenant colonel Faraj Karimkhani, responsable du centre de détention de Kahrizak. Il est accusé entre autres de négligence, d’insouciance, de ne pas s’être conformé aux règles gouvernementales ce qui a conduit à des blessures physiques et à la mort, d’avoir privé les détenus de droits que la constitution et les lois leur accordait d’avoir encouragé le pessimisme envers l’application de la loi et d’avoir préparé des rapports falsifiés sur les victimes du centre de détention de Kahrizak en indiquant la méningite comme cause de la mort.

Karimkhani à été condamné à 35 mois d’emprisonnement, à une amende de 7 millions de rials et à une interdiction d’exercer une activité de fonctionnaire pendant 6 mois.

Le colonel Ravanbakhsh Fallah, responsable de l’organisme d’inspection de l’application de la loi est un autre accusé.

Le troisième accusé est le colonel Mohammad Amerian, accusé des mêmes charges à l’exception de la préparation de rapports falsifiés.

Le général Azizollah Rajabzadeh, responsable de la police de Téhéran en 1388 est un autre accusé qui a été acquitté de tous les chefs d’accusation.

Suivant le rapport de Rooz, Ebrahim Mohammadian et Mohammad Khamisabadi sont condamnés à mort. Ils étaient respectivement gardien et adjudant à Kahrizak.

Le seul accusé civil est Mohammad Reza Karami, désigné comme criminel emprisonné à Kahrizak. Il est condamné à une peine de prison et à une amende pour avoir attaqué et harcelé les détenus.

Le lieutenant de la garde Seyyed Kazem Ganjbakhsh, chargé des transferts de prisonniers entre Evine et les autres prisons est condamné à 4 mois de prison, l’interdiction d’exercer un emploi de fonctionnaire pendant 3 mois, une amende de 2 millions de rials et des coups de fouet. Suivant les attendus, il a été condamné pour avoir refusé de l’eau aux détenus.

Le soldat de deuxième classe Akbar Rahsepar, chargé de l’approvisionnement interne du centre de détention de Kahrizak, les soldats de deuxième classe Hamid Zandi et Majid Varvaei, tous deux membres de personnel affectés à la garde, le soldat de première classe Mehdi Hosseinifar, membre du personnel de Kahrizak, ont été condamnés à des peines de prison, des coups de fouet et à l’interdiction d’exercer un emploi de fonctionnaire.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/13//authorities-absent-supervisors-acquitted.html

Extraits de l’article: Amir Javadifar à Kahrizak

FERESHTEH GHAZI

Cet article décrit ce qui est arrivé à Amir Javadifar dans le centre de détention de Kahrizak. En dépit de toutes ses blessures et pour respecter les lois de son pays, Amir est retourné de lui-même au commissariat de police pour expliquer sa situation le 19 Tir [10 juillet]. Amir et sa famille n’aurait jamais pensé qu’il serait de nouveau arrêté en raison de son état de santé.

Le 18 Tir [9r juillet] Amir Javadifar fut sévèrement battu par huit à douze individus puis arrêté. Le soir, à 21h00, un agent appela la famille d’Amir en utilisant son portable pour leur demander de se rendre à l’hôpital Firouzgar. Les premières photos d’Amir ont été prises à ce moment. Les hôpitaux avaient reçu instruction de ne pas admettre les manifestants blessés.

Amir était blessé mais sa vie n’était pas en danger. Il fut transféré à l’hôpital Laleh, ses blessures soignées mais il dut partir sur les injonctions d’un agent. Amir déclara alors : « Je suis sorti manifester pacifiquement, je n’avais pas d’armes, je n’ai insulté personne, j’étais juste là, en silence. Je n’ai rien fait qui puisse faire peur. Je vais y aller [au commissariat de police] et je reviens. » Son frère demanda s’il avait besoin d’une chaise roulante ; il répondit : « Non, je tiens sur mes jambes. Les amoureux meurent debout. »

Après avoir quitté l’hôpital la famille amena Amir à la police de prévention de la place Enghelab. Il y fut brutalement séparé de sa famille obligée de partir sans même pouvoir lui dire au revoir ou échanger quelques mots avec lui. Quelques heures plus tard, son frère retourna à la police préventive. Il s’entendit dire que trois bus en étaient partis, un pour la prison d’Evine et deux pour celle de Kahrizak. Nous étions le 19 Tir [10 juillet] à 20h00.

Le lendemain, le tribunal révolutionnaire dit aux familles des personnes arrêtées d’attendre dix jours. Quatre jours plus tard, le 23 Tir [14 juillet] un bus arriva à la prison d’Evine en provenance de celle de Kahrizak avec 130 personnes à bord. Un agent lut leurs noms. Amir n’était pas dans la liste. La famille est revenue à Evine tous les jours, une photo d’Amir à la main. Aucun prisonnier relâché ne reconnaissait Amir.

La famille apprit le 3 Mordad [25 juillet] qu’Amir avait été tué. Il est mort le 23 Tir, [14 juillet] après quatre jours à Kahrizak, pendant un transfert en bus. Il a finalement été reconnu par un prisonnier relâché de Kahrizak le 2 Mordad [24 juillet] et qui a informé sa famille de sa mort.

Le 3 Mordad [25 juillet], on demanda à la famille d’aller à l’institut médico-légal de Kharizak pour reconnaître le corps. Son frère l’identifia. La famille n’e fut même pas autorisée à voir le corps, on s’est contenté de lui remettre trois photos. Le corps avait été autopsié.

D’autres prisonniers dirent que le dernier jour, Amir avait perdu la vue à cause de ses blessures aux yeux et aux infections qui s’en sont suivies. Le dernier jour, Amir criait, appelait sa mère (qui était morte quelques années auparavant) « Retourne mes yeux, mère ».

Le corps fut rendu à la famille deux jours après l’identification. La famille a du remplir un formulaire ; la réponse à la question : « Voulez-vous porter plainte ? » a été laissée en blanc.

Le frère d’Amir déclare : « Amir ne faisait pas du tout de politique. C’était un artiste. Sa vision du monde était celle d’un artiste. Il aimait les poèmes, les films, les livres…mais il était engagé sur le plan social. Il est descendu dans la rue en toute connaissance de cause. Il a pris part à des manifestations pacifiques et il y croyait. » Le frère d’Amir se souvient que lorsque Amir est revenu de la « grande manifestation silencieuse [15 juin/25 Khordad] il avait dit : « J’ai adoré. Aujourd’hui est l’un des plus beaux jours de ma vie. Nous avons exprimé ce que nous avions à dire en silence. » Son frère ajoute que les yeux d’Amir étaient totalement calmes, qu’il ne croyait pas à la violence.
 
Source : http://www.roozonline.com/persian/news/newsitem/article////107/-ef10a1709f.html -

jeudi 15 juillet 2010

Les chiffres choquants de la capitale

Nazanin Kamdar - 30 juin 2010

58 % de déprimés, 400.000 drogués, 14 % de chômage
 
Alors que les médias d’état utilisent les taux de dépression et de suicide en Europe et aux USA pour proclamer la désintégration de l’occident, un rapport du centre d’études stratégiques Aria révèle que 58% des habitants de Téhéran souffrent de dépression légère ou sévère. Dans le même temps, le chef de la police de Téhéran a annoncé que l’âge du début de la dépendance aux drogues a baissé et que Téhéran a dépassé le « point critique » sur ce point. Et le taux de chômage, particulièrement parmi les jeunes et les diplômés sortant de l’université a atteint 14%.

Le centre d’études stratégiques Aria a publié un rapport mettant en garde contre le bien être psychologique des résidents de Téhéran.

Suivant l’agence de presse iranienne du travail (ILNA), ce rapport indique que 30% des résidents de Téhéran souffrent de dépression grave et 28 % d’une forme plus légère.

Le rapport ajoute que les soucis pour le mariage, le logement, le travail et le revenu font partie des causes de l’anxiété et du malaise des havitants de Téhéran.

Le chef de la police de Téhéran a encore augmenté l’inquiétude hier en annonçant les derniers chiffres du nombre de drogués à Téhéran.

L’agence de presse Fars news cite également le chef de la police de Téhéran, les dires de Hossein Sadjedinia : « 400.000 drogués vivent à Téhéran et des mesures sont en cours pour les traiter. »

Suivant les experts, la violence des force de l’ordre et sécuritaire, la fraude lors des élections présidentielles de l’année dernière, les arrestations en masse et le meurtre des citoyens arrêtés dans les centres de torture ou durant les manifestations ont contribué à augmenter le taux de dépressions et de pessimisme parmi les résidents de Téhéran.

La détérioration des conditions économiques et l’augmentation du nombre de jeunes sans emploi sont également citées pour expliquer le taux élevé de de dépressions et de pessimisme parmi les résidents de Téhéran.

Suivant ISNA, le rapport de l’année dernière du centre des statistiques d’Iran disait : « Aujourd’hui, en raison du chômage, de l’inflation et de la perte de la valeur monétaire, et en dépit des ressources élevées du pays, plus de dix millions de personnes vivent dans la pauvreté absolue et trente autres millions dans une pauvreté relative.

ILNA rapporte que le taux de chômage a fait un bond de 2% pour atteindre 14% losr du second semestre de l’année dernière alors que les citoyens désabusés étaient réprimés et arrêtés en masse.

Suivant l’agence de presse Mehr, le centre iranien des statistiques a cité le chiffre de 24% pour le chômage des jeunes dans un rapport officiel datant du mois dernier.

ILNA rapporte également que « suivant des sources internationales fiables, l’Iran se classe 143ème sur 180 pays pour le chômage.

L’incompétence de l’administration d’Ahamadinedjad additionnée à sa politique étrangère provocante qui a conduit à des sanctions contre l’Iran prises par le conseil de sécurité de l’ONU révèlent peu à peu l’impact qu’elles sont sur la société : dépression, drogue et chômage.

Dans le même temps, les officiels de la république islamique,Mahmoud Ahmadinedjad et ses conseillers y compris, prétendent que les sanctions économiques ont aidé l’Iran à atteindre son « indépendance » et son « autosuffisance ».Ces déclarations ont été rejetées par des politiciens de premier plan comme les dirigeants du mouvement vert et Seyyed Hassan Khomeiny, le petit-fils du fondateur révolutionnaire du régime.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/30//58-percent-depressed-400-thousand-addicts-14-percent-unemployed.html