samedi 17 juillet 2010

Rooz: Fereshteh Ghazi - Critique du mouvement vert - 13 juillet 2010

Fereshteh Ghazi - 13 juillet 2010

Interview de Zahra Rahnavard

Alors qu’un débat houleux sur l’opportunité de la critique du mouvement vert et de Mir-Hossein Moussavi est actuellement un sujet brûlant, Zahra Rahnavard déclare lors d’un entretien exclusif à Rooz : « Les gens qui ne sont pas critiqués commencent à stagner comme un marais et nous accueillons favorablement toute critique amicale et dans l’intérêt du mouvement. »

Nous avons interviewé Zahra Rahnavard suite aux remarques et interprétations controversées sur le mouvement vers venant de personnalités et groupes politiques à l’extérieur de l’Iran, en dépit des affirmations répétées de Moussavi et Karroubi les deux candidats d’opposition aux élections présidentielles que le mouvement est par nature « pluraliste » et qu’il accepte tous ceux qui s’opposent au statu quo en Iran. Soulignant que « le pluralisme et la diversité font partie des caractéristiques du mouvement vert » Rahnavard ajute : « Quiconque croit dans le changement pour obtenir la liberté, la démocratie, des élections libres et la non-ingérence du gouvernement dans la vie privée est vert. »

Ci-dessous quelques extraits de l’interview exclusive de Rooz avec l’artiste et professeur d’université, le Docteur Rahnavard

Rooz: Monsieur Moussavi a-t-il un représentant ou un porte-parole hors d’Iran ?

Zahra Rahnavard (Rahnavard): Moussavi a affirmé à de nombreuses reprises n’avoir ni représentant ni porte-parole en dehors d’Iran

Rooz: Madame Rahnavard, à vos yeux, qui compose le Mouvement Vert et quel spectre de la société couvre-t-il ?

Rahnavard: Le Mouvement est pluraliste et quiconque croit dans le changement pour obtenir la liberté, la démocratie, des élections libres et la non-ingérence du gouvernement dans la vie privée est vert. Ce qui ne veut pas dire que tous les verts suivent la même idéologie ou ont le même point de vue. Je crois que le Mouvement Vert est ce qui nous unit. Les différences, bien qu’elles existent, nous donnent à tous la chance de nous unir sans tenir compte de nos points de vue différents. Par exemple, à l’intérieur du mouvement, une personne peut-être un fervent religieux alors qu’une autre ne le sera pas du tout tandis que d’autres se situeront entre les deux. Bien que nos différences persistent, nous nous somme unis sur une base de croyances communes et de choses qui nous unissent. En d’autres termes, en dépit de nos différences, le Mouvement Vert nous a unis sur une base de buts et d’accords communs.

Rooz: Dernièrement, il y a eu un grand débat pour savoir s’il y avait place pour la critique au sein du Mouvement Vert, et plus particulièrement la critique de Monsieur Moussavi lui-même. Certains croient que la critique dans les circonstances actuelles pourrait saper le mouvement tandis que d’autres affirment que les opposants du mouvement en tirent avantage. Qu’en pensez-vous ?

Rahnavard: D’une manière générale, la critique est une bonne chose et nous encourageons la critique constructive. Je crois personnellement que les personnes qui ne sont pas soumises à la critique finissent par stagner comme un marais et nous accueillons favorablement toute critique amicale et dans l’intérêt du mouvement. La critique venant de l’animosité se révèlera avec le temps. Dans le même temps, he voudrais ajouter que la critique ne devrait pas uniquement être dirigée contre Monsieur Moussavi mais qu’elle devrait plutôt inclure tout le groupe composé de Messieurs Khatami, Karroubi et des autres, moi y comprise ; aucun de nous n’a jamais prétendu diriger le mouvement et nous toujours encouragé la critique. Le fait que la critique du mouvement rende joyeux le régime totalitaire actuel et qu’ils considèrent la critique comme affaiblissant quelque peu le mouvement n’a aucune importance. Je crois que la critique ne peut que conduire à de futurs développements et à une croissance du mouvement. En tant qu’artiste, je demande toujours à mes amis de critiquer mes œuvres et je crois que c’est cette forme de critique qui conduit à l’amélioration.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/13//we-welcome-criticism-of-green-movement.html

vendredi 16 juillet 2010

Rooz: Ardalan Sayami - La grève continue au bazar malgré la dérobade du gouvernement,

Ardalan Sayami - 16 juillet 2010

Hier matin, les agences de presse d’état annonçaient la fin de la grève d’une semaine du bazar de Téhéran suite à un accord entre les représentants du bazar et le gouvernement. Le rapport a été rapidement diffusé mais la présence continue de la police anti-émeutes et des forces en civil près du bazar de Téhéran donnait une autre image.

En fait, les manifestations continuaient, le bazar ne croyant pas à l’accord. La grève s’est étendue à la ville de Tabriz située au nord-ouest. La fermeture du bazar a toujours été très symbolique en Iran. Dans la culture sociopolitique iranienne, la fermeture du bazar eu a une signification spéciale pendant ces deux cents dernières années ; en l’absence d’institutions fortes de la société civile et d’une presse libre, le bazar, lieu historique du commerce, est également le lieu d’échange des informations. La fermeture du bazar a la même signification que pendant la révolution constitutionnelle de 1905, le mouvement de nationalisation du pétrole en 1951-1953 et la révolution islamique de 1979. A ces époques également, les marchands du bazar se sont joints aux manifestations populaires en fermant leurs échoppes et ont aidé à diffuser les mouvements dans toutes les couches de la société.

Les protestations récentes du bazar ne sont, bien sûr, pas politiques mais économiques et financières. Le gouvernement a augmenté les taxes de 70% et les marchands du bazar qui les paient résistent à cette augmentation.

Le gouvernement est depuis revenu sur sa décision et a accepté de réduire l’augmentation à 15%. Mais un éditorialiste financier a dit à Rooz : « L’opinion publique et les commerçants du bazar voient la réduction de 55% de l’augmentation des taxe comme une manœuvre déloyale du gouvernement pour retarder l’augmentation de 70%. Ils disent qu’ils continueront à protester et à faire grève jusqu’à ce que le gouvernement garantisse que l’augmentation des taxes se limitera bien à 15%. Les commerçants du bazar soutiennent qu’en raison de la nette diminution du volume des affaires en 1388 par rapport aux autres années, l’augmentation est déraisonnable et qu’ils ne peuvent pas payer une augmentation de 70% des taxes.

Suivant des rapports officieux, la grève s’est également étendue à la ville d’Ispahan. Beaucoup de syndicats de commerçants ont refusé de se conformer à l’accord qui, comme le prétendent les médias d’état, aurait mis fin à la grève du bazar. Ce qui est évident dans cette débâcle, c’est l’absence d’un front organisé pour présenter les revendications des commerçants du bazar, bien que deux organisations prétendent être les porte-parole du bazar : le conseil syndical national et la société islamique des associations du bazar et des syndicats. Le conseil syndical national était chargé de représenter le bazar lots des négociations avec le gouvernement qui se sont terminées par l’accord de lundi soir. Mais des rapports indiquent que beaucoup de commerçants du bazars refusent de s’y plier et ne considère pas le conseil syndical national comme suffisamment fort pour représenter leurs intérêts auprès du gouvernement.

Source: http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/16//strikes-continue-in-bazaar.html

Rooz - Fereshteh Ghazi - Les autorités sont absentes ; le superviseur est acquitté

13 juillet 2010

Le tribunal de Kahrizak annonce le verdict aux familles

Fereshteh Ghazi

Les avocats et les familles des victimes des atrocités de la prison de Kahrizak ont fait appel du verdict du tribunal de Kahrizak à l’issue d’un procès à huis clos. Le verdict a été annoncé aux avocats des victimes de Kahrizak six jours après que les médias aient commencé à le relater.

Saleh Nikbakht, représentant la famille d’Amir Javadifar, a dit à Rooz lors d’une interview exclusive, que les familles ont fait appel du verdict. Il note plusieurs contradictions dans le jugement : « Les avocats et les familles avaient demandé, bien que la cour ne soit pas compétente pour juger Mortazavi, qu’au moins elle le cite à comparaître en tant que témoin ; cette requête a été ignorée par la cour. »

Suivant le reportage exclusif de Rooz, le principal accusé est le lieutenant colonel Faraj Karimkhani, responsable du centre de détention de Kahrizak. Il est accusé entre autres de négligence, d’insouciance, de ne pas s’être conformé aux règles gouvernementales ce qui a conduit à des blessures physiques et à la mort, d’avoir privé les détenus de droits que la constitution et les lois leur accordait d’avoir encouragé le pessimisme envers l’application de la loi et d’avoir préparé des rapports falsifiés sur les victimes du centre de détention de Kahrizak en indiquant la méningite comme cause de la mort.

Karimkhani à été condamné à 35 mois d’emprisonnement, à une amende de 7 millions de rials et à une interdiction d’exercer une activité de fonctionnaire pendant 6 mois.

Le colonel Ravanbakhsh Fallah, responsable de l’organisme d’inspection de l’application de la loi est un autre accusé.

Le troisième accusé est le colonel Mohammad Amerian, accusé des mêmes charges à l’exception de la préparation de rapports falsifiés.

Le général Azizollah Rajabzadeh, responsable de la police de Téhéran en 1388 est un autre accusé qui a été acquitté de tous les chefs d’accusation.

Suivant le rapport de Rooz, Ebrahim Mohammadian et Mohammad Khamisabadi sont condamnés à mort. Ils étaient respectivement gardien et adjudant à Kahrizak.

Le seul accusé civil est Mohammad Reza Karami, désigné comme criminel emprisonné à Kahrizak. Il est condamné à une peine de prison et à une amende pour avoir attaqué et harcelé les détenus.

Le lieutenant de la garde Seyyed Kazem Ganjbakhsh, chargé des transferts de prisonniers entre Evine et les autres prisons est condamné à 4 mois de prison, l’interdiction d’exercer un emploi de fonctionnaire pendant 3 mois, une amende de 2 millions de rials et des coups de fouet. Suivant les attendus, il a été condamné pour avoir refusé de l’eau aux détenus.

Le soldat de deuxième classe Akbar Rahsepar, chargé de l’approvisionnement interne du centre de détention de Kahrizak, les soldats de deuxième classe Hamid Zandi et Majid Varvaei, tous deux membres de personnel affectés à la garde, le soldat de première classe Mehdi Hosseinifar, membre du personnel de Kahrizak, ont été condamnés à des peines de prison, des coups de fouet et à l’interdiction d’exercer un emploi de fonctionnaire.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/13//authorities-absent-supervisors-acquitted.html

Extraits de l’article: Amir Javadifar à Kahrizak

FERESHTEH GHAZI

Cet article décrit ce qui est arrivé à Amir Javadifar dans le centre de détention de Kahrizak. En dépit de toutes ses blessures et pour respecter les lois de son pays, Amir est retourné de lui-même au commissariat de police pour expliquer sa situation le 19 Tir [10 juillet]. Amir et sa famille n’aurait jamais pensé qu’il serait de nouveau arrêté en raison de son état de santé.

Le 18 Tir [9r juillet] Amir Javadifar fut sévèrement battu par huit à douze individus puis arrêté. Le soir, à 21h00, un agent appela la famille d’Amir en utilisant son portable pour leur demander de se rendre à l’hôpital Firouzgar. Les premières photos d’Amir ont été prises à ce moment. Les hôpitaux avaient reçu instruction de ne pas admettre les manifestants blessés.

Amir était blessé mais sa vie n’était pas en danger. Il fut transféré à l’hôpital Laleh, ses blessures soignées mais il dut partir sur les injonctions d’un agent. Amir déclara alors : « Je suis sorti manifester pacifiquement, je n’avais pas d’armes, je n’ai insulté personne, j’étais juste là, en silence. Je n’ai rien fait qui puisse faire peur. Je vais y aller [au commissariat de police] et je reviens. » Son frère demanda s’il avait besoin d’une chaise roulante ; il répondit : « Non, je tiens sur mes jambes. Les amoureux meurent debout. »

Après avoir quitté l’hôpital la famille amena Amir à la police de prévention de la place Enghelab. Il y fut brutalement séparé de sa famille obligée de partir sans même pouvoir lui dire au revoir ou échanger quelques mots avec lui. Quelques heures plus tard, son frère retourna à la police préventive. Il s’entendit dire que trois bus en étaient partis, un pour la prison d’Evine et deux pour celle de Kahrizak. Nous étions le 19 Tir [10 juillet] à 20h00.

Le lendemain, le tribunal révolutionnaire dit aux familles des personnes arrêtées d’attendre dix jours. Quatre jours plus tard, le 23 Tir [14 juillet] un bus arriva à la prison d’Evine en provenance de celle de Kahrizak avec 130 personnes à bord. Un agent lut leurs noms. Amir n’était pas dans la liste. La famille est revenue à Evine tous les jours, une photo d’Amir à la main. Aucun prisonnier relâché ne reconnaissait Amir.

La famille apprit le 3 Mordad [25 juillet] qu’Amir avait été tué. Il est mort le 23 Tir, [14 juillet] après quatre jours à Kahrizak, pendant un transfert en bus. Il a finalement été reconnu par un prisonnier relâché de Kahrizak le 2 Mordad [24 juillet] et qui a informé sa famille de sa mort.

Le 3 Mordad [25 juillet], on demanda à la famille d’aller à l’institut médico-légal de Kharizak pour reconnaître le corps. Son frère l’identifia. La famille n’e fut même pas autorisée à voir le corps, on s’est contenté de lui remettre trois photos. Le corps avait été autopsié.

D’autres prisonniers dirent que le dernier jour, Amir avait perdu la vue à cause de ses blessures aux yeux et aux infections qui s’en sont suivies. Le dernier jour, Amir criait, appelait sa mère (qui était morte quelques années auparavant) « Retourne mes yeux, mère ».

Le corps fut rendu à la famille deux jours après l’identification. La famille a du remplir un formulaire ; la réponse à la question : « Voulez-vous porter plainte ? » a été laissée en blanc.

Le frère d’Amir déclare : « Amir ne faisait pas du tout de politique. C’était un artiste. Sa vision du monde était celle d’un artiste. Il aimait les poèmes, les films, les livres…mais il était engagé sur le plan social. Il est descendu dans la rue en toute connaissance de cause. Il a pris part à des manifestations pacifiques et il y croyait. » Le frère d’Amir se souvient que lorsque Amir est revenu de la « grande manifestation silencieuse [15 juin/25 Khordad] il avait dit : « J’ai adoré. Aujourd’hui est l’un des plus beaux jours de ma vie. Nous avons exprimé ce que nous avions à dire en silence. » Son frère ajoute que les yeux d’Amir étaient totalement calmes, qu’il ne croyait pas à la violence.
 
Source : http://www.roozonline.com/persian/news/newsitem/article////107/-ef10a1709f.html -

jeudi 15 juillet 2010

Les chiffres choquants de la capitale

Nazanin Kamdar - 30 juin 2010

58 % de déprimés, 400.000 drogués, 14 % de chômage
 
Alors que les médias d’état utilisent les taux de dépression et de suicide en Europe et aux USA pour proclamer la désintégration de l’occident, un rapport du centre d’études stratégiques Aria révèle que 58% des habitants de Téhéran souffrent de dépression légère ou sévère. Dans le même temps, le chef de la police de Téhéran a annoncé que l’âge du début de la dépendance aux drogues a baissé et que Téhéran a dépassé le « point critique » sur ce point. Et le taux de chômage, particulièrement parmi les jeunes et les diplômés sortant de l’université a atteint 14%.

Le centre d’études stratégiques Aria a publié un rapport mettant en garde contre le bien être psychologique des résidents de Téhéran.

Suivant l’agence de presse iranienne du travail (ILNA), ce rapport indique que 30% des résidents de Téhéran souffrent de dépression grave et 28 % d’une forme plus légère.

Le rapport ajoute que les soucis pour le mariage, le logement, le travail et le revenu font partie des causes de l’anxiété et du malaise des havitants de Téhéran.

Le chef de la police de Téhéran a encore augmenté l’inquiétude hier en annonçant les derniers chiffres du nombre de drogués à Téhéran.

L’agence de presse Fars news cite également le chef de la police de Téhéran, les dires de Hossein Sadjedinia : « 400.000 drogués vivent à Téhéran et des mesures sont en cours pour les traiter. »

Suivant les experts, la violence des force de l’ordre et sécuritaire, la fraude lors des élections présidentielles de l’année dernière, les arrestations en masse et le meurtre des citoyens arrêtés dans les centres de torture ou durant les manifestations ont contribué à augmenter le taux de dépressions et de pessimisme parmi les résidents de Téhéran.

La détérioration des conditions économiques et l’augmentation du nombre de jeunes sans emploi sont également citées pour expliquer le taux élevé de de dépressions et de pessimisme parmi les résidents de Téhéran.

Suivant ISNA, le rapport de l’année dernière du centre des statistiques d’Iran disait : « Aujourd’hui, en raison du chômage, de l’inflation et de la perte de la valeur monétaire, et en dépit des ressources élevées du pays, plus de dix millions de personnes vivent dans la pauvreté absolue et trente autres millions dans une pauvreté relative.

ILNA rapporte que le taux de chômage a fait un bond de 2% pour atteindre 14% losr du second semestre de l’année dernière alors que les citoyens désabusés étaient réprimés et arrêtés en masse.

Suivant l’agence de presse Mehr, le centre iranien des statistiques a cité le chiffre de 24% pour le chômage des jeunes dans un rapport officiel datant du mois dernier.

ILNA rapporte également que « suivant des sources internationales fiables, l’Iran se classe 143ème sur 180 pays pour le chômage.

L’incompétence de l’administration d’Ahamadinedjad additionnée à sa politique étrangère provocante qui a conduit à des sanctions contre l’Iran prises par le conseil de sécurité de l’ONU révèlent peu à peu l’impact qu’elles sont sur la société : dépression, drogue et chômage.

Dans le même temps, les officiels de la république islamique,Mahmoud Ahmadinedjad et ses conseillers y compris, prétendent que les sanctions économiques ont aidé l’Iran à atteindre son « indépendance » et son « autosuffisance ».Ces déclarations ont été rejetées par des politiciens de premier plan comme les dirigeants du mouvement vert et Seyyed Hassan Khomeiny, le petit-fils du fondateur révolutionnaire du régime.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/30//58-percent-depressed-400-thousand-addicts-14-percent-unemployed.html



dimanche 11 juillet 2010

Les yeux et les oreilles du Mouvement Vert - Ebrahim Nabavi

3 juillet 2010

Plus d’un an s’est écoulé depuis l’avènement du Mouvement Vert. Aujourd’hui, je voudrais vous parler de choses que vous pourriez ignorez à propos du Mouvement Vert.

Premièrement, le Mouvement Vert n’est pas un mouvement religieux, mais on ne peut pas non plus en dire qu’il soit laïc, on pourrait dire que c’est un mouvement non religieux avec des dirigeants religieux. C’est l’une des voies d’expansion de la démocratie dans le monde islamique. Le Mouvement Vert est apparu dans une société religieuse, non pas parce que nous sommes amoureux de la religion, non, nous n’aimons pas du tout la société religieuse, mais nous vivons dans la réalité et si quelqu’un vous dit que l’Iran du futur sera une société laïque, ne prenez pas ses remarques au sérieux pour les cinquante prochaines années. Et même après cinquante ans, seul Henry Kissinger pourrait vous prédire l’avenir.

Deuxièmement, le Mouvement Vert a un dirigeant, Mir Hossein Moussavi dirige ce Mouvement mais lui et les autres dirigeants du Mouvement comme Khatami et Karroubi n’ont jamais déclaré en être les dirigeants parce que les dirigeants entretiennent une relation totalement réciproque avec ses sympathisants. Cinquante pour cent du contenu des pensées, des revendications et des paroles de Mir Hossein Moussavi ont changé au cours de l’année dernière, non par manque de pensée structurée, mais à cause de l’interaction et du dialogue qu’il entretient avec les sympathisants et plus particulièrement les dirigeants de niveau intermédiaire du Mouvement.

Troisièmement, le Mouvement Vert est pacifique. Pendant l’année écoulée, des milliers d’Iraniens ont été emprisonnés, blessés, exilés, torturés et plus d’une centaine tués dans la rue, tout cela parce que le régime a peur de l’expansion du mouvement et qu’il utilise largement la violence contre la population. Cette année, le 12 juin, le peuple avait prévu de descendre dans la rue pour l’anniversaire du coup d’état ; en dépit de l’article 27 de la constitution, le gouvernement ne lui en a pas donné l’autorisation. Le but du Mouvement Vert n’est pas de rassembler une foule forte de dix mille personnes dans la rue pour ainsi provoquer des dizaines de morts et des centaines de prisonniers. Quand trois millions de personnes descendent dans la rue, même une grande armée ne peut les contrôler, mais quand il y a cinq mille personnes, cinq cent personnes suffisent pour les contrôler.

Quatrièmement : Le régime affronte actuellement de nombreux conflits. Après l’anniversaire de la mort de l’ayatollah Khomeiny et la dispute entre le petit-fils de Khomeiny et Ahmadinedjad, le camp du gouvernement a perdu beaucoup de partisans. Beaucoup de parlementaires vont revenir vers le peuple et une part importante de diplomates ne rentrera probablement jamais en Iran. Le régime a déjà perdu deux à cinq personnes proches du guide ; de l’autre côté, le Mouvement Vert est en train de trouver une certaine cohésion se transformant de foule chaotique en une organisation claire. Depuis maintenant un mois, l’ambiance s’est ouverte pour les militants, particulièrement dans les villes ; le Mouvement Vert a la possibilité de faire passer des mots d’ordre en utilisant les graffiti muraux et en distribuant des tracts. Tout cela à cause de la dissension intense au sein des conservateurs eux-mêmes. Nous prions pour que ces dissensions continuent.

Cinquièmement : Tout ce qui précède pour amener la discussion sur les médias. En Iran, sept chaînes, des dizaines de stations de radio, des centaines de journaux et des milliers de sites Web supervisés par le gouvernement, les conservateurs, le guide et Ahmadinedjad racontent des dizaines de mensonges à la minute. De plus, trente chaînes de télévision en Persan basées à Los Angeles empêchent les gens de penser en diffusant sans arrêt de vieux films. De l’autre côté, le gouvernement attaque Internet en le censurant et en mettant sur pieds une cyber-armée qui empêchent les Iraniens d’accéder aux images télé et à la radio par le brouillage, tandis que les journaux indépendants ont été fermés depuis longtemps. Notre principal souci est de lancer une chaîne pour instiller le souffle de la liberté dans le pays. Depuis un certain temps, les Américains parlent de créer un Internet libre de toute censure en Iran. Monsieur McCain y travaille d’arrache-pied ; à chaque fois qu’il en parle, quelques journalistes de plus sont arrêtés et, bien sûr, il ne se passe rien d’important.

Sixièmement : Pour lancer un média indépendant en dehors du pays, nous avons une grande contrainte : nous ne pouvons pas recevoir de fonds depuis l’extérieur de ‘Iran. Utiliser de l’argent serait lâcher une gazelle dans un champ où se trouverait des centaines de chasseurs, dont certains utiliseraient des tanks pour la chasser. Recevoir une aide financière de l’Europe ou des Etats-Unis ce serait tirer une balle dans la tête de nos collègues en Iran. Mon amère expérience personnelle avec la BBC Persian, VOA, Radio Zamaaneh et Deutsche Welle montre que les médias en Persan font grand cas de leurs gouvernements. Il arrive que les dommages causés par une chaîne comme la BBC excède mille fois les bénéfices que l’on pourrait en tirer. Ils ont pris deux cents de nos meilleurs auteurs qui avaient des centaines de milliers de lecteurs pour les transformer en employés d’une organisation qui est considérée depuis longtemps avec suspicion par certains Iraniens qui croient que les Anglais sont responsables de tout ce qui peut arriver de mal en Iran. En plus, l’intervention constante des Européens dans les affaires des médias qui fonctionnent grâce à l’argent de l’Europe détruit ces médias en pratique. Un exemple est Radio Zamaaneh qui s’est effondrée. Après des mois d’efforts, Euronews n’est toujours arrivé à rien et il semble qu’ils cherchent encore des traducteurs en Persan pour leurs employés.

Septièmement : Malheureusement et à cause de conseillers iraniens d’un autre siècle ; beaucoup de gouvernements occidentaux font du mal au mouvement en faveur de la démocratie au lieu de l’aider. Il y a trois ou quatre ans, nous avons rencontré des problèmes pour transférer mille euros de France en Belgique parce que nous travaillions pour un site Web d’opposition. Dans le même temps, en Europe, des millions d’euros provenant de fonds iraniens appartenant au régime et aux gardes révolutionnaires étaient utilisés pour des buts qui violaient les traités de l’ONU. Pendant de nombreuses années, nous avons expliqué que nous n’étions pas des terroristes et qu’en fait nous étions opposés au terrorisme, mais le représentant de la banque s’était bloqué sur le mot « Iran » ce qui a fait que nous avons retiré le mot « Iran » du nom de notre entreprise. Alors que nous parlons, on donne des milliers de dollars au Canada et aux Etats-Unis au nom de « l’aide aux journalistes » ; ces individus non seulement ne font rien pour le mouvement de la liberté en Iran mais ils montent des dossiers contre les journalistes de l’intérieur du pays. Beaucoup de journaux de droite en Iran reçoivent les subventions que vous leur envoyez.

Huitièmement : L’état iranien utilise trois méthodes pour empêcher toute activité politique : la censure, créer un manque de confiance et empêcher la formation d’une organisation. Ce sont les trois mesures les plus importantes prises par le ministère du renseignement. Notre grande chance est Internet. En pratique, et particulièrement dans des conditions adéquates, Internet nous libère des limites mises par les ministères de l’information et du renseignement et nous sert d’organisation ; il élimine la censure et prépare la voie de la confiance mutuelle. Le danger de l’Internet et notre grand problème est l’infiltration d’éléments du ministère de l’information qui ont accès à nos données et sont informés de nos plans. C’est plus facile pour les réseaux sociaux et plus difficiles avec les boîtes mails et les sites Web personnels. Quelques unes des meilleures armes à la disposition du Mouvement Vert en Iran sont Balatarin, Facebook et Twitter. Même si Balatarin est également utilisé par les sympathisants radicaux du gouvernement et d’attaques militaires contre l’Iran, c’est une source puissante pour diffuser rapidement de l’information et des nouvelles à travers le pays. En fait durant l’année écoulée, les sites Balatarin, Facebook, Rooz Online et Jaras ont servi de sites d’information et ont compensé le manque d’organisation et brisé la censure. Quand nous sommes descendu dans la rue, nous avons vraiment dit ce que nous pensions sur Facebook.

Neuvièmement : En dépit de tous les problèmes actuels, on peut suivre notre travail en Iran grâce à la conversion des médias. On envoie beaucoup des messages diffusés par notre télévision ou Internet à ceux qui n’y ont pas accès par tracts ou CDs vidéo. Suite au coup d’état d’Ahmadinedjad du 12 juin, nous avons essayé d’utiliser des médias proches du peuple et nous rencontrons ainsi un certain succès.

Dixièmement : Il est intéressant de noter que la foi d’un grand nombre de nos amis en l’occident se base sur la foi qui sous-tend la propagande de la république islamique. Contrairement à ce que raconte la propagande du régime iranien, il n’est pas exact que tous les ruraux soutiennent Ahmadinedjad, la moitié d’entre eux peut-être, de toutes façons les zones rurales ne représentent que moins de vingt pour cent de la population iranienne. Contrairement à ce qui se dit, le mouvement pour la liberté en Iran n’est pas un mouvement des classes moyennes. Il est bien réparti et la plupart des morts et des prisonniers viennent des classes pauvres tandis que les commandants de l’armée sont millionnaires et même, milliardaires. Principalement à cause du régime, la plupart des gens éduqués sont considérés comme relativement pauvres et la classe riche du pays est formée de dirigeants, de militaires et de religieux. Contrairement aux dires de la propagande, le groupe le plus important dans la lutte contre le régime et pour la séparation de la religion et de l’état est composé de religieux modérés et de groupes islamo démocratiques, tandis qu’une large portion des soutiens du gouvernement n’y sont liés que par leur dépendance de l’armée du gouvernement sans connotations religieuse.

Onzièmement : Basé sur ce qui précède, nous voudrions demander aux Européens qui pensent vouloir nous aider « pensez davantage à vous-mêmes ». Si la bombe qui menace notre vie en tant qu’Iraniens explose c’est toute la planète qui sera menacée. Le principal problème pour les Iraniens aujourd’hui, c’est l’information. Nous devons donner des informations correctes à l’intérieur de l’Iran. En le faisant, nous pourrons également les diffuser au monde entier. Nous ne vous demandons pas d’argent, mais essayez de nous donner la possibilité de nous libérer de la tyrannie. Ce que nous vous demandons à vous Européens, c’est la permission d’avoir une chaîne de télévision. Nous voudrions que vous nous répondiez un peu plus vite. Nous ne voulons pas troubler votre conscience et que vous nous demandiez « de quoi avez-vous besoin ? » pour nous abandonner plus tard dans un nuage d’incertitude. La principale demande du mouvement pour la liberté en Iran, c’est la prise de conscience et plus spécifiquement une chaîne de télévision pour diffuser les informations correctement et complètement.

Vous avez goûté au goût amer du fascisme durant la seconde guerre mondiale. Vous savez ce qu’est le danger. Nous sommes dans la même situation. A l’intérieur de l’Iran, la vie est plus animée, tout est plus dynamique et des millions de gens veulent se débarrasser de Satan. S’en débarrasser suffira, alors, ils pourront choisir par eux-mêmes s’ils veulent vivre en enfer ou au paradis.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/article/2010/july/03//the-eyes-and-ears-of-the-green-movement.html





Lettre de Madjid Tavakoli - 6 juillet 2010

Mercredi 7 juillet 2010 – Madjid Tavakoli, étudiant emprisonné de l’université Amir-Kabir (AUT) a écrit une lettre à l’occasion de l’anniversaire de l’attaque des cités universitaires du 9 juillet 1999 (18 tir). Texte intégral de la lettre publié par HRANA :
 
Le onzième anniversaire de l’attaque des cités universitaires, le 9 juillet, arrive et notre douleur persiste. A la veille de cet anniversaire, les bougies sont allumées pour nous rappeler une époque où notre liberté fut sacrifiée dans un complot comprenant des meurtres en série et l’interdiction de tous les journaux. Comme toujours, les étudiants étaient à l’avant-garde de cette lutte contre l’autoritarisme, mais hélas, les crimes commis dans les cités universitaires furent des atrocités sans précédent.
 
La trahison de notre désir historique de liberté et de notre lutte nationale pour l’atteindre a conduit à la fin de la démocratie et à une impasse pour la république. Les universités devinrent le foyer de la violence. Le respect fut piétiné, les frontières violées et les portes du sanctuaire des étudiants finalement enfoncées.
 
Ils ont détruit et brûlé tout ce qu’ils ont vu. Les étudiants sans défense devinrent la cible des matraques et des tirs, tout cela au nom de la religion et pour soutenir le guide suprême. Nos condisciples furent défenestrés, des nuits encore plus sanglantes, des journées encore plus douloureuses.
 
Le 9 juillet fut imbibé de sang ; ils ont détruit et brûlé jusqu’à ce que tout ne soit que cendres. Ils se sont assurés que la douleur infligée durerait des mois, des années. Le temps s’est arrêté ce 9 juillet et l’université est devenue le symbole éternel de la lutte des étudiants contre l’autoritarisme et pour la liberté. Dix ans plus tard, la haine de la tyrannie perdure au cœur des témoins de ce 9 juillet. L’histoire douloureuse du 9 juillet s’est perpétuée en 2009 quand le pouvoir en place prit sur lui d’utiliser la violence pour violer et tuer nos condisciples, changeant les salles de torture de la prison de Kahrizak en une exposition des crimes les plus haineux et les plus amers de ces années.

Il s’est trouvé partout dans le gouvernement, des individus plus que désireux d’envoyer des innocents dans les salles de torture de la prison de Kahrizak après les avoir réprimés et arrêtés le 9 juillet. Ils ont utilisé les techniques de torture les plus haïssables sur ceux dont le seul crime était d’être étudiant ; il y a eu beaucoup de morts sous le viol et la torture.
 
Tandis que le 9 juillet était devenu éternel, nous avons vu, cette année, la naissance du Mouvement Vert. Ce qui s’est passé la veille du 15 juin 2009 dans les cités universitaires, ce n’était que l’histoire qui se répétait : manifestations, tromperies, violence, superstition, flagornerie, tricheries, meurtres, cruauté et crimes. Cette fois-ci, les balles ont été ajoutées à la myriade des autres armes. Si le 9 juillet est le symbole du courage et de l’honnêteté de la résistance de l’université, le 15 juin 2009 et les manifestations qui l’ont suivi sont le symbole du courage et du refus de la violence de la tyrannie et de l’esclandre.
 
Le guide suprême, décisionnaire pour tout ce qui a suivi les élections de 1999, a mentionné les atrocités commises dans les cités universitaires mais hélas, comme pour les crimes de la prison de Kahrizak, ce n’était que des gesticulations sans signification causées par la nervosité ; les évènements du 9 juillet sont ainsi commodément oubliés. Les discours sous le coup de l’émotion et les conduites irrationnelles se sont multipliés, les responsabilités ont été oubliées. Si commentaire il y avait, ce n’était que pour menacer les dirigeants Verts et les militants politiques. Ceux qui posaient des questions ne s’attendaient pas à l’extrémisme et à la répression. De la même façon, le coup d’état contre le gouvernement au pouvoir le 9 juillet 1999 n’a jamais fait l’objet d’une enquête.
 
2009 est certes derrière nous mais les années d’absence de gouvernance, de manque de responsabilité envers ces évènements amers perdure. La dignité du peuple iranien est restée intacte malgré tout. Même si notre peuple est devenu plus alerte que jamais et s’il a prouvé au monde entier qu’il méritait un gouvernement meilleur, les souvenirs amers des évènements de l’université restent intacts.
 
L’intensification des crises culturelles et économiques, l’approfondissement des fractures sociales et culturelles, la perte de légitimité et de dignité du pouvoir en place, la conduite inacceptable et les agissements des autorités pendant l’année écoulée, n’étaient que des tentatives pour intimider et réprimer l’espoir ravivé par le Mouvement Vert. La bataille menée par le gouvernement contre l’espoir et la connaissance a conduit à la peur et à un prix élevé payé par tous ceux qui cherchent la liberté. Mais grâce à notre courage et à notre espoir, cela aussi disparaîtra.
 
Aujourd’hui, on empêche beaucoup d’étudiants de poursuivre leurs études universitaires. Chaque jour augmente le nombre des étudiants emprisonnés, les exclusions sans précédent de la poursuite des études et des examens, l’empiètement sur les droits des étudiants, les exclusions, les professeurs renvoyés et l’assèchement de nos cerveaux par l’exil de nos intellectuels. En dépit de la volonté des ennemis de l’université, elle ne s’est pas tue. En fait, la prison d’Evine s’est transformée en une sorte d’université, pleine de jeunes passionnés et pleins d’espoir, des fondateurs du mouvement étudiant, moteur qui pousse le Mouvement Vert, prouvant encore une fois que, malgré la répression, les intimidations et le lourd prix de la lutte, les étudiants ont triomphé, que ce sont eux les vainqueurs.
 
Le mouvement étudiant, les étudiants emprisonnés, ceux privés du droit de poursuivre leurs études, ils sont tous devenus des phares et des symboles d’espoir. Aujourd’hui, l’université est également accusée d’être le moteur qui pousse le Mouvement Vert à aller de l’avant ; elle est donc intensément attaquée. Les ennemis de l’université veulent qu’elle ferme ; ils cherchent à éliminer toutes les institutions indépendantes d’éducation et de sciences humaines, sources de connaissance et de lucidité. Ils veulent une université sans vie. Ils veulent effacer les souvenirs du 9 juillet et du 7 décembre de notre mémoire collective. L’université reste le pire cauchemar du gouvernement en place. Elle ne se laissera pas avoir par tous ces complots et tromperies au nom de l’islam. L’université triomphera et tous ses ennemis succomberont devant le courage et la persévérance outils de la résistance à l’oppression. Les souvenirs du 9 juillet sont toujours vivants ; c’est le témoignage de la force de notre volonté. Nous savons que le 9 juillet restera vivant comme un autre signe de victoire de ce mouvement dynamique qui a débuté il y a longtemps déjà.
 
Aujourd’hui, le mouvement étudiant est plus déterminé que jamais à poursuivre son chemin. C’est une source de conscience et un symbole de courage. Il comprend notre société et tend la main aux intellectuels. Notre mouvement étudiant est un fervent supporter des journalistes et soutient les activités politiques et sociales. Il est opposé à toute forme de violence et encourage notre culture. Le mouvement étudiant n’abandonnera pas les dirigeants Verts à cette époque charnière et fera le maximum pour que les étudiants collaborent le plus efficacement possible. Le mouvement étudiant respecte les expériences passées et entend bien enregistrer et partager ces expériences pour être encore plus actif. Aujourd’hui, le mouvement étudiant est conscient des tactiques d’oppression et fera tout pour protéger les étudiants. Il s’assurera que les tactiques utilisées soient en adéquation avec une stratégie destinée à nous rapprocher de la victoire.
 
Nous sommes heureux aujourd’hui que les voix de l’université soient entendues, même en prison. Nous sommes heureux de savoir que nos amis ont conservé vivant notre espoir. La voix de ceux qui cherchent la liberté a réduit les cris de la dictature au silence. Nous sommes heureux et honorés de nous tenir aux côtés de nos amis étudiants. Nous encourageons tous les étudiants à nous rejoindre car nous avons bon espoir, nous en sommes même sûrs, que dans un proche avenir, nous nous rencontrerons tous pour célébrer notre Verte liberté et l’avènement de la démocratie.
 
Notre histoire est sur le point de se renouveler, de changer. Cette fois-ci, nous aurons certes débuté par des souvenirs amers, mais nous aurons survécu aux épreuves, aux difficultés, à l’amertume de l’année dernière qui n’aurons fait qu’augmenter notre espoir. Cette fois-ci, notre vœu est de célébrer la nouvelle année. Nous voulons la célébrer car nous sommes certains de la victoire.
 
Majid Tavakoli

6 juillet 2010 – Prison d’Evine bloc 350



Source: HRANA http://hra-news.org/685/1389-01-27-05-26-23/2607-1.html