samedi 23 avril 2011

Les citoyens de confession bahaïe sont obligés de quitter l’Iran - Fereshteh Ghazi


Dans une interview exclusive avec Rooz, le porte-parole de la communauté bahaïe, Farhad Sabetan, parle des pressions croissantes que le gouvernement iranien fait peser sur les citoyens de confession bahaïe pour les forcer a quitter le pays. 

Démolition de maisons et de cimetières bahaïs, refus d’accéder à l’éducation supérieure, expulsions de l’université, arrestations de masse et interdiction de commercer en Iran, voilà quelques unes des tactiques utilisées par le régime iranien à l’encontre des Bahaïs telles que rapportées par Sabetan ainsi que les militants et organisations de défense des droits humains.
Dans la même veine, la semaine dernière, on a annoncé que la motion pour réduire la peine des sept dirigeants bahaïs de vingt à dix ans avait été rejetée par le tribunal iranien dont le président avait cité la sharia pour justifier sa décision.

Fariba Kamalabadi, Djamal din Khandjani, Afif Naimi, Saïd Rezaï, Behrouz Tavakoli, Vahid Tizfahm et Mahvash Sabet sont les sept dirigeants bahaïs qui dirigeaient le groupe Yaran. Mahvash Sabet est emprisonnée depuis mars 2008 et le reste du groupe depuis mai de la même année sous prétexte de crimes contre la sécurité, espionnage au profit d’Israël, insultes aux valeurs sacrées et propagande contre l’état. La communauté bahaïe a rejeté ces accusations.

Selon Sabetan, le refus de la demande de réexamen des peines de prison n’a été communiqué qu’oralement aux prisonniers bahaïs, aucun écrit à ce sujet et l’ont ignore les attendus de cette décision de justice. Apparemment, le but est de mettre encore plus les prisonniers sous pression. « Le procureur général du pays a déclaré que le jugement rendu par la cour d’appel était contraire à la Sharia dans le sens où le procureur a appliqué sa propre interprétation de la loi, et c’est ce qui nous effraie le plus. » a-t-il continué. D’après Sabetan, « Le verdict doit être notifié par écrit aux avocats de la défense, ce qui n’a pas eu lieu. Il faut que les décisions de justice soient notifiées par écrit pour que nous puissions en étudier la conformité avec le code légal iranien et les bases des attendus. Cela n’a pas été fait, ce qui prouve l’innocence de ces sept prisonniers. »

Les membres de Yaran sont détenus à la prison de Radjaï-Shahr ; Rooz a demandé au porte-parole de la communauté bahaïe s’il savait dans quelle situation se trouvaient les prisonniers ; il a répondu : « Nous ne pouvons pas parler directement aux prisonniers ; nous ne pouvons donc pas vous informer sur leur situation ; d’après des membres de leurs familles qui leur ont rendu visite, ils iraient à peu près bien. La prison de Radjaï-Shahr est l’une des plus redoutées d’Iran ; on y détient des criminels récidivistes ayant commis des crimes graves et condamnés à de lourdes peines. Malheureusement, des prisonniers politiques et des prisonniers de conscience, bahaïs ou non, sont détenus avec ces criminels endurcis, ce qui est inquiétant en soi.

Sabetan explique que la communauté bahaïe veut continuer de protester pour que, peut-être, le régime iranien respecte au moins les droits des prisonniers, qu’ils soient bahaïs ou pas.et aussi pour qu’il autorise une inspection internationale de la situation dans les prisons iraniennes.

Le 29 octobre 2005, le chef suprême des forces armées iraniennes, le général Firouzabadi, a ordonné au ministère du renseignement, à la milice bassidj, aux forces de police, aux gardes révolutionnaires et au commandant des forces armées de surveiller secrètement toutes les activités des Bahaïs et de lui fournir un rapport complet sur leurs activités politiques, sociales et culturelles pour les identifier. Un exemplaire de cette lettre a également été envoyé au responsable de la justice et au bureau du guide suprême.

On y fait implicitement référence dans une lettre confidentielle que Seyed Mohammad Réza Hashémi Golpaygani, secrétaire du conseil de la révolution culturelle d’Iran, a envoyée au guide suprême. Rooz a obtenu une copie de cette lettre qui cite nommément les ordres du guide suprême qui élaborent une politique envers les Bahaïs :

Situation Générale des Bahaïs dans le Pays :
  • 1. Les Bahaïs ne sont pas expulsés sans raison
  • 2. Ils ne sont pas arrêtés, emprisonnés ou punis sans raison
  • 3. On doit les traiter de façon à bloquer leur progrès et leur développement
Situation Culturelle:
  • 4. On ne doit pas les accepter dans les écoles s’ils se déclarent Bahaïs
  • 5. Ils doivent fréquenter des écoles dont les enseignants ont une idéologie forte et un contrôle totale des questions idéologiques.
  • 6. S’ils se déclarent bahaïs, ont ne doit pas les enregistrer ; s’ils sont déjà enregistrés, il faut les expulser.
  • 7. Leurs activités politiques (espionnage) ont été soulignées par les lois et réglementations et leurs activités liées à l’idéologie et à la propagande doivent être traitées par la religion, la propagande et la culture.
  • 8. Les organismes de propagande (comme l’organisme de propagation islamique) doivent mettre en place des branches spéciales pour s’opposer aux activités liées à l’idéologie et à la propagande des Bahaïs.
  • 9. Il sauf soumettre des propositions pour les attaquer à l’extérieur de l’Iran et pour détruire leurs bases culturelles.
  • 10. Ils doivent pouvoir avoir le même niveau de vie que les autres à l’intérieur du pays.
  • 11. Les bahaïs doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens iraniens comme obtenir des cartes de rationnement, un passeport, un permis d’inhumer, avoir le droit de travailler dans la mesure ou ils ne font pas de prosélytisme pour le bahaïsme.
  • 12. On doit leur refuser un emploi s’ils se déclarent bahaïs.
  • 13. On doit leur refuser les emplois et les postes privilégiés (comme les postes d’enseignants)
Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2011/april/12/article/bahai-citizens-are-forced-to-leave-iran.html

samedi 16 avril 2011

Lettre de Nasrine Sotoudeh à sa fille Mehraveh


 

A ma très chère Mehraveh, ma fille, ma fierté et ma joie,

Je te salue depuis le bloc 209 d’Evine et j’espère que tu vas bien. Je viens vers toi sans souci, sans tristesse et sans larmes, je te salue le cœur empli d’amour et de mes meilleurs vœux pour toi et ton frère bien aimé.

Voilà six mois qu’on m’a éloignée de vous, mes enfants chéris. Pendant ces six mois, vous n’avez eu le droit de me voir que rarement et uniquement en présence d’agents de sécurité. Pendant ce temps, je n’ai jamais eu la permission de vous écrire, de recevoir une photo ou même de vous rencontrer librement, sans restrictions sécuritaires. Ma chère Mehraveh, plus que personne tu comprends la tristesse de mon cœur et la situation dans laquelle nous avons eu la permission de nous rencontrer. A chaque fois, après chaque visite et chaque jour, je me suis posée la question de savoir si j’avais suffisamment pris en considération et respecté les droits de mes propres enfants. J’avais besoin plus que tout d’être sûre que toi, ma fille bien aimée, dont la sagesse est pour moi un article de foi, ne m’accuserais pas de violer les droits de mes propres enfants.

Ma très chère Mehraveh, j’ai commencé à réfléchir à tes droits et à ceux de ton frère depuis le premier jour de mon arrestation. En raison de ton âge, je me fais davantage de souci pour toi. Je m’inquiète de tes capacités à supporter cette situation, de la façon dont tu la  juges, de ton moral et, plus important que tout, je m’inquiète des effets que tout cela aura sur tes relations avec tes camarades de classe. Cela ne m’a cependant pas pris longtemps pour me tranquilliser et j’ai su que moi, ou plutôt nous, serions capable de rester fermes  et fidèles à nos convictions.

Ta force et ta résilience n’ont rien à envier aux miennes. Je t’avais dis : « Ma fille, j’espère que tu ne croiras jamais que je ne pensais pas à toi ou que c’est en raison de mes actes que je suis ainsi punie. » J’ai continué avec confiance : « Tout ce que j’ai fait est légal et rentre dans le cadre de la loi. » C’est alors que tu as caressé avec amour mon visage de tes petites mains pour me répondre : « Je sais maman…. Je sais… » C’est ce jour-là, grâce à la manière confiante dont tu as parlé, que j’ai été libérée du cauchemar d’être jugée par ma propre fille.

Ma très chère fille, mes soucis concernant tes relations avec tes camarades de classe étaient eux aussi sans fondement ; la jeune génération est toujours plus mûre intellectuellement que la génération précédente.

…Et j’ai donc pu me débarrasser de tous mes soucis pour me tenir droite et rester ferme. Et cela, c’est à toi et à ton père que je le dois.

Ma très chère Mehraveh, permets moi de partager avec toi quelques un de mes souvenirs préférés. Quand la nuit tombe, allongée en prison, je pense souvent à la façon que j’avais de t’endormir. De toutes les chansons et berceuses que je te chantais quand tu te couchais, tu préférais celle qu’on appelle « les fées ». Chaque nuit, avant de dormir, tu me demandais de te la réciter et c’était une joie de commencer par…

Il était une fois,
Trois fées assises complètement nues à l’approche du crépuscule

Ma très chère fille, c’est toi qui m’as poussée à m’occuper du droit des enfants. Je pensais alors, et je le crois encore, que tout mon travail pour les droits des enfants serait bénéfique en premier lieu pour mes propres enfants. Chaque fois que je revenais du tribunal à la maison, après avoir défendu un enfant maltraité, je vous serrais toi et ton frère dans mes bras, et il m’était difficile de me défaire de cette étreinte. A ce jour, je ne comprends toujours pas pourquoi… Peut-être en vous serrant dans mes bras voulais-je compenser la douleur des enfants victimes de maltraitance.

Je me souviens que tu m’as dit une fois que tu ne voulais pas avoir 18 ans. Quand je t’ai demandé pourquoi, tu as répondu que tu détesterais ne plus pouvoir jouir des privilèges de l’enfance et ne plus être une enfant. Tu je peux même pas imaginer combien ta réponse m’a rendue heureuse. Je n’arrive pas à me souvenir combien de fois tu nous as rappelé, à ton père et à moi, que tu étais encore une enfant, que tu n’avais pas encore 18 ans et qu’il nous fallait donc respecter ton enfance et tes droits d’enfant…

Tu as exigé que nous respections tes droits d’enfant et je suis si heureuse que tu l’aies fait, car parfois, la négligence peut nous conduire à manquer de respect aux droits des autres, même si ces autres sont nos propres enfants. Par tes yeux et tes mots d’enfant, tu nous as rappelé à nous, adultes, qui nous considérons comme des protecteurs, l’importance du respect des droits des autres, de l’exigence de ses propres droits, de la justice, du cadre légal, de l’égalité et d’autres choses d’égale importance.

Ma très chère Mehraveh, de la même façon dont je n’ai jamais pu manquer de respect à tes droits et dont j’ai toujours essayé de faire tout mon possible pour les protéger, je n’ai jamais pu manquer de respect aux droits de mes clients.

Comment aurais-je pu abandonner dès l’annonce de ma convocation tout en sachant que mes clients étaient derrière les barreaux ? Comment aurais-je pu les abandonner alors qu’ils m’avaient choisie pour les conseiller et qu’ils attendaient leurs procès ? Jamais… Je n’aurais jamais pu faire cela.

En conclusion, je veux te dire encore une fois que je ne désirais que protéger les droits de tous et plus particulièrement ceux de mes enfants, de protéger ton avenir et que c’est ce qui m’a poussé à plaider ces dossiers au tribunal. Je crois que la douleur que notre famille et les familles de mes clients doivent supporter depuis ces dernières années n’est pas vaine. La justice arrive exactement quand la plupart ont perdu espoir. Elle arrive quand on s’y attend le moins. J’en suis certaine. Tout ce que je te souhaite, c’est une enfance pleine de bonheur et de joie.  Si tu es bouleversée par les enquêteurs et les juges à cause de mon procès, accorde leur la paix et la tranquillité à ta façon d’enfant pour que nous aussi puissions accéder à la tranquillité et à la paix de l’esprit que nous méritons.

Tu me manques ma chérie et je t’envoie mille baisers.

Maman Nasrin 

Source: Change for Equality: http://www.we-change.org/spip.php?article7614



Semaine 15 pour un Iran Libre et Démocratique

Nouvelles des Prisonniers

A-Transferts
  • Milad Assadi, militant étudiant qui avait bénéficié d’une permission pour Norouz, a été transféré à l’isolement dès son retour en prison et interdit de visites.
  • L’avocate Maedeh Ghaderi, arrêtée le 3 mars, est transférée mercredi au dispensaire de la prison de Vakil Abad de Mashhad suite à sa grève de la faim ; son mari, Ali Parandian, a été arrêté l’année dernière.
  • Ayoub Pourghanbarian arrêté en juin 2009 et condamné à 5 ans de prison, transféré mercredi d’Evine à Redjaï-Shahr.
  • Behzad Zabihi Mohafaroozi commerçant bahaï de Sari, transféré à la prison de Sari après 5 jours passés au centre de détention du ministère du renseignement
B- Arrestations/Incarcérations
  • Mohammad Ghaznavian, journaliste et militant des droits des enfants et des femmes commence à purger sa peine de 6 mois à Ghazvine. 
  • Payman Ghiyami arrêté vendredi dernier lors d’une attaque contre son domicile vendredi dernier.
  • Laleh Hassanpour, bloggeuse et militante des droits humains, convoquée à Evine pour purger sa peine.
  • Sara Mahboubi, étudiante bahaï de 20 ans privée d’éducation, de nouveau arrêtée dimanche pour avoir une page FaceBook.
  • Mohammad Javad Mozaffar, écrivain, se rend à Evine pour purger sa peine d’un an.
  • Homayoun Panahi arrêté mardi à Arak.
  • Arrestation de Behzad Zabihi, bahai habitant Sari lundi.
  • 3 arrestations dimanche à Saqqez pour coopération avec des groupes kurdes interdits.
  • Arrestation de plusieurs disciples de l’Ayatollah Boroudjerdi à Mashhad.
  • 8 derviches Gonabadi arrêtés mardi matin dans 3 villes différentes.
C- Libérations
  • Hamid et Shodjaeddin Djahangiri, bahaïs, libérés sous caution jeudi.
  • Peyman Ghyami, bahaï, libéré sous caution jeudi.
  • Fakhrossadat Mohtashamipour arrête sa grève de la faim après avoir rencontré son mari; elle bénéficie d’une permission de 3 jours.
  • Ali Nejati, syndicalisye, libéré mercredi.
  • Siamak Sohrabi, militant étudiant de Zandjan, libéré mardi au bout de 40 jours d’incarcération.
D-Autres Nouvelles 
  • Ali Adjami, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • Djavad Asgari, emprisonné à Redjaï-Shahr pour non-paiement du douaire est mort lundi sous la torture.
  • Rassoul Badaghi, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • La société pour la protection de l’enfance a publié un communiqué pour s’inquiéter de ce qu’il advient à deux de ses membres : Ali Divsalar et son épouse Sara Hajbahrami emprisonnés depuis deux mois.
  • En dépit de 5 ans de soins intensifs, J. Djanati, disciple de l’ayatollah Boroudjerdi, décède des suites des tortures infligées en prison.
  • Behrouz Djavid Teherani, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • Djafar Eghdami, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • Ali Akbar et Mahdieh Madadzadeh tués au camp d’Ashraf tandis que leurs frère et sœur Farzad et Shabnam sont emprisonnés à Redjaï Shahr.
  • Mehdi Mahmoudian, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • Mansour Ossanlou, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche est fait membre d’honneur par le plus grand syndicat britannique.
  • Reza Rafii, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • Issa Saharkhiz, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • Keyvan Samimi, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • Heshmatollah Tabarzadi, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche.
  • Madjid Tavakoli, prisonnier de Redjaî-Shahr, en grève de la faim et de la soif depuis dimanche ; il a pu recevoir la visite de son frère la semaine dernière.
  • Le bloc des femmes de la prison de Redjaï-Shahr est fermé ; les détenues sont transférées vers un lieu inconnu.
  • 10 prisonniers de Radjaï-Shahr battus et placés à l’isolement pour avoir signé une lettre de condoléances adressée aux familles des victimes du camp d’Ashraf.
Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Mohammad Amin Agoushi condamné à 10 ans de prison pour espionnage dimanche.
  • Nader Ahsani, étudiant, condamné à 2 ans de prison supplémentaires à la fin de sa peine.
  • 4ème procès pour Jila BaniYaghoub lundi.
  • Rahim Dehghanian, étudiant et bloggeur kurde, arrêté le 12 avril, jugé jeudi sans avocat pour le défendre.
  • Le verdict de la bloggeuse Laleh Hassanpour confirmé en appel ; elle est condamnée à 5 ans de prison.
  • Jila Karamzadeh Makvani des mères en deuil du parc Laleh, condamnée samedi à 4 ans de prison.
  • Seyed Djavad Massoumi Kouchsefani condamné jeudi à 7 ans de prison don’t 5 pour blasphème.
  • Ali Minai, arrêté le 3 mars, jugé jeudi à Saqqez sans avocat pour le défendre.
  • Iradj Mohammadi condamné à 10 ans de prison pour espionnage dimanche.
  • L’acteur Ramine Parchami, arrêté le 14 février a comparu mercredi menottes aux poignets.
  • Ahmad Pouladkhani condamné à 10 ans de prison pour espionnage dimanche.
  • Leila Seif Alahi des mères en deuil du parc Laleh, condamnée samedi à 4 ans de prison.
  • Fouad Sodjodi Farimani, étudiant de l’université Amir Kabir, condamné à 7 ans de prison.
  • Djavad Vafaï Bassir est condamné samedi à 3 ans de prison et 74 coups de fouet ; il travaillait pour la campagne électorale de Moussavi à Hamedan.
  • 3700 exécutions pour trafic de drogue l’année dernière en Iran.
  • 3 prisonniers politiques kurdes exécutés jeudi dernier ; pour l’instant, les noms n’ont pas été dévoilés.
  • Karim Kh. Pendu lundi à Ahvaz pour trafic de drogue.
  • 2 exécutions pour trafic de drogue à la prison d’Arak mercredi matin.
L’université 
  • Tous les livres scolaires et universitaires vont être revus pour mettre davantage l’accent sur le martyre.
  • Ayat Rezania, professeur de sociologie de l’université Azad de Sanandaj renvoyé sur ordre du ministère du renseignement lundi.
  • Un nouveau semestre de suspension pour le militant étudiant de Mashad Amin Riahi.
  • Chute des universités iraniennes dans le classement mondial des plus performantes.
  • 3 nouveaux membres au conseil d’administration de l’université Azad, appartenant à Rafsandjani, tous trois sont des proches d’Ahmadinejad.
  • L’association des écrivains iraniens publie une déclaration pour exiger la réintégration du professeur Sharif remercié la semaine dernière.
L’économie de l’Iran
  • Eni a acheté 888 millions de dollars de pétrole en Iran l’année dernière.
  • Le député de Zanjan affirme que 40.000 emplois ont été supprimés aux télécoms en Iran.
  • La commission de l’énergie au parlement annonce que l’électricité pourrait voir son prix multiplié par 5 dans l’année.
  • Le chômage des jeunes diplômés iraniens atteindrait 70%.
  • Mardi, la banque centrale réduit les intérêts à long terme de 17 à 15%.
  • Prévisions du FMI pour l’Iran : 0ù de croissance, 22% d’inflation.
  • Les agriculteurs souffrent énormément de la réforme des subventions.
  • 40% des résidants d’Hamédan n’ont pas payé leur facture de gaz.
Les manifestations
  • Nouveau rassemblement des ouvriers licenciés de la raffinerie d’Abadan samedi.
  • La grève de 2.000 ouvriers du pétrole à Bandar Emam continue.
  • 1000 ouvriers en grève à l’usine de papier Fars depuis samedi dernier.
  • Lundi, des cocktails Molotov ont été lancés à l’intérieur de l’ambassade d’Arabie Saoudite par les manifestants bassidjs.
  • Les ouvriers des usines agro-alimentaires de Karoun, Shoushtar et Haft Tappeh manifestent mardi devant le parlement.
  • Mercredi, les ouvriers en grève se rassemblent devant le palais du gouverneur de Mashahr.
L’Iran à l’étranger
  • Les diplomates iraniens en Côte d’Ivoire mis en sécurité par les militaires français vendredi dernier.
  • 3 diplomates iraniens expulsés du Koweit pour espionnage.
  • Le festival de Cannes publie un communiqué exigeant que Djafar Panahi et Mohammad Rassoulof ne retournent pas en prison.
  • L’Iran a envoyé 8000 soldats en Syrie pour aider au maintien de l’ordre.
  • La banque germano-iranienne continue d’opérer dans les deux pays.
  • Bahreïn juge mardi 2 Iraniens pour espionnage.
  • L’Iran envoie son ambassadeur auprès de l’ONU en Egypte pour tenter de rétablir des relations diplomatiques.
  • L’Europe impose mardi des sanctions individuelles à 32 personnalités du régime islamique pour violations des droits humains. Règlement 359/2011 de l’union européenne énumérant les personnes sanctionnées et les raisons des sanctions : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2011:100:0001:0011:FR:PDF
  • Bagdad exige le départ des Moudjahidine iraniens d'ici fin 2011.
  • L’aide humanitaire arrive mardi au camp d’Ashraf en Irak; l'ONU confirme que l'attaque a fait 34 morts.
  • Les importations autrichiennes en provenance d’Iran ont augmenté de 397% l’année dernière.
  • La Grande Bretagne ferme son ambassade en Iran pour une journée mercredi suite à des manifestations la visant.
  • Mesure de rétorsion : l’Iran ne fera plus le plein des avions occidentaux faisant escale en Iran.
  • L’Iran prévoit une conférence internationale sur le terrorisme début mai à Téhéran.
  • Lors du dîner de gala du forum du monde islamique, le discours d’Hillary Clinton est particulièrement offensif à l’encontre des dirigeants iraniens.
  • 28 corps découverts dans un camp de réfugiés iraniens.
  • Le nom de 14 Iraniens apparaît sur l’acte d’accusation du procès de l’assassinat du Libanais Hariri.
La politique en Iran
  • Ahmadinejad a un nouveau vice-président Hamid Baghaï.
  • Le parlement interdit les chiens dans les lieux publics !
  • Hassan Khomeiny envisagerait de se présenter à la prochaine élection présidentielle pour soutenir les Verts.
  • L’ancien directeur de l’institut de la presse est averti mercredi de son licenciement par un SMS.
Nouvelles en vrac
  • Tremblement de terre lundi matin près de Qom.
  • Une personne abattue lundi alors qu’elle tentait de traverser la frontière avec l’Azerbaïdjan.
  • Le film « Ekhrajiha », boycotté par la population, est imposé aux écoliers.
  • L’Iran obligé de fermer les écoles et administrations mercredi en raison des vents de sable.
  • Houshang Sheikhi, un kurde, abattu par les forces de sécurité sur l’ile de Kish. 
Des nouvelles de Nasrine
  • Nasrine va recevoir le prix PEN.
  • Nasrine ne fera pas appel du verdict la condamnant à 11 ans de prison.
Sur le blog cette semaine













vendredi 15 avril 2011

Interview accordée par Réza Khandan au Centre de défense des familles des personnes tuées ou détenues en Iran


Mardi 12 avril 2011

Monsieur Khandan, pourriez-vous, si cela vous est possible, nous parler de la situation de Nasrine Sotoudeh et des pressions qui s’exercent sur elle et sa famille ?

Je me suis rendu au bureau du procureur avant le Nouvel An iranien (Norouz) pour demander une visite en personne avec mon épouse. On m’a demandé de fournir une demande par écrit, ce que j’ai fait. En réponse à cette demande et devant 30 à 40 personnes, on m’a déclaré que cette visite m’était accordée… et on me l’a refusée un peu plus tard. Le jeudi 24 mars nous devions aller voir Nasrine, le jeudi étant jour de visite, mais on nous a dit que la prison était fermée [pour les vacances de Norouz]. La semaine suivante, le jeudi 31 mars, nous sommes une fois de plus allés à Evine dans l’espoir de rendre visite à mon épouse. Il y avait beaucoup d’autres personnes venues de toutes les provinces d’Iran pour rendre visite à leurs êtres chers détenus mais une fois encore, les portes étaient closes. Malheureusement, quand les portes sont fermées, il n’y a personne pour répondre à nos questions. Nous avons attendu 4 ou 5 heures, perdant presque une journée entière de travail et nous n’avons vu personne. A ce jour, nous n’avons eu que trois conversations téléphoniques de dix minutes avec Nasrine. Je n’essaie même plus de contacter le bureau du procureur, cela ne sert à rien. La dernière fois que je m’y suis rendu, j’ai été arrêté environ 10 minutes pour avoir élevé la voix. Le procureur ne se sent pas obligé de répondre aux questions, alors j’ai cessé de contacter son bureau pour formuler des demandes.

Vos enfants arrivent-ils à tenir bon ? Leur mère leur manque-t-elle ?

On arrive à s’en sortir mais c’est très difficile pour les enfants, surtout pendant la période de Norouz où l’on se visite beaucoup. Pendant que les officiels du régime étaient tout à l’animation de Norouz et qu’ils rendaient visite à leurs êtres chers comme ils le désiraient, ils nous privaient de toute visite. Nous n’avons eu droit ni à une visite d’une minute face à face, ni même à une visite en cabine. Mon fils n’arrive pas à faire face. Il a perdu tout espoir. Hier soir, durant une brève conversation téléphonique avec sa mère, il s’est écroulé et lui a dit qu’elle ne reviendrait jamais à la maison. La réalité se fait jour peu à peu et la situation se détériore jour après jour. Son esprit est plein de notions étranges. Il est convaincu que sa mère ne reviendra jamais. Il discute avec moi et souligne qu’elle ne reviendra pas. Ma fille a d’autres problèmes. Sa tante est encore plus inquiète à son sujet car elle a tendance à tout intérioriser. Elle est de plus à un âge difficile. Je suis perdu ; je ne sais plus quoi faire.

Toute la famille pourrait aller s’installer dans une tente devant la prison pour manifester. Personne ne nous répond. Personne ne prête attention à la myriade de lettres que nous avons écrites [au procureur et aux autorités judiciaires]. C’est à cause de ces lettres que j’ai été convoqué et qu’on a porté plainte contre moi. En huit mois, nos enfants n’ont pas vu leur mère plus d’une heure. D’après les lois iraniennes, il est intolérable qu’un enfant de trois ans soit privé de sa mère. Nous avons fait des visites pendant la période du Norouz mais nous n’aurions pas du ; Nasrine manquait trop à ses enfants. Son absence était omniprésente. Que pouvais-je faire ? J’ai fini par les emmener loin de Téhéran.


Source: http://kanoonjb.com/index.php/2010-11-18-08-00-50/7837-2011-04-12-12-18-32

mardi 12 avril 2011

Les exécutions publiques : une reproduction de la violence - Mojtaba Samienejad

La violence appelle la violence, qu’un gouvernement l’exerce sur son propre peuple ou sur un pays étranger, et même si elle exercée par un individu sur un autre. Il peut y avoir beaucoup de causes différentes à la genèse de la violence dans une société, des causes politiques, économiques, culturelles, traditionnelles ou religieuses entre autres.

« L’environnement » et tout ce qui le compose a une grande influence sur la violence, d’après plusieurs savants, que la violence sur l’être humain soit « innée » ou « acquise »

Nous avons été témoins de l’exécution d’un homme surnommé « l’assassin de Sadat-Abad ». Le 28 octobre, Yaghoub aurait blessé Mohammad-Réza (la victime) avec un couteau devant plusieurs personnes dont des policiers, et l’aurait laissé mourir devant tout le monde.

L’enregistrement de l’incident, qui a généré beaucoup de controverses, révèle des scènes beaucoup plus effrayantes que le meurtre en lui-même. Naturellement, les gens sur place, surtout les forces de l’ordre « auraient du » sauver la vie de la victime ce qui, si l’on regarde le nombre de spectateurs et de forces de police présents, ne semble pas relever de l’exploit. Les gens se sont justifiés en prétendant que le meurtrier avait menacé de se suicider si quiconque tentait de sauver la victime, bien que, d’après les lois naturelles et la loi, sauver la victime aurait du être considéré comme prioritaire.

Cet incident met en lumière la tolérance élevée de la société pour la violence ; une société en « résumé » était présente sur la scène du crime ; ni les badauds sur le trottoir, ni les forces de l’ordre, dont c’est pourtant le devoir, n’ont tenté de faire cesser cette violence patente. Le dossier a été bouclé en deux mois et l’assassin condamné à mort. Ce qui s’est passé le 28 octobre n’était que « folie soudaine » ou « pressions psychologiques » et/ou « émotion » et tout ceci a été systématiquement reproduit le 5 janvier.

Ce qui s’est passé à Sadat-Abad de Karadj était une reproduction de l’incident du 28 octobre, sauf que le public était plus discipliné et que les acteurs avaient un rôle plus important. A la place du couteau, une potence ; le meurtrier a changé de visage : c’est maintenant une personne chargée de faire respecter l’ordre ; le public et la police ne se contentent plus de regarder, ils applaudissent maintenant. Le public, armé de pancartes et de slogans sanctifie la violence, celle même à laquelle il avait assisté deux mois plus tôt et il considère que sa présence est nécessaire à la société. Les forces de police ont fourni au meurtrier « paix, ordre et sécurité » ; elles sont maintenant louées par ceux–là même qui les avaient critiquées auparavant.

Et cette fois-ci, non seulement le meurtrier n’est pas poursuivi, mais il est soutenu et encouragé par les spectateurs, ce qui lui fait penser que la violence terrible commise il y a deux mois était juste.

La violence du 6 octobre n’est pas différente de celle du 5 janvier ; à ces deux dates il y a eu un incident ; et ce que cette violence implique est similaire dans les deux cas ; la seule différence, c’est que l’incident du 6 octobre a été condamné et haï tandis que celui du 5 janvier a été très bien accueilli. La violence est tellement répandue en Iran que les Iraniens la rencontrent partout : à leur domicile, au travail et dans toutes les rues de la ville. Ils affrontent si souvent des scènes épouvantables qu’ils en oublient que ce qu’ils voient est une violence. Peu importe que la violence soit innée ou acquise, elle est perpétuellement « mise en œuvre » ou même « renforcée ».

La violence existe dans tous les aspects de la vie iranienne, que ce soit la violence contre les femmes, qu’elle soit légale, publique ou traditionnelle, la violence contre les enfants, violence contre les personnes, qu’elle provienne du gouvernement ou d’autres personnes.

On a souvent entendu dire que la violence engendrait la violence, mais la violence sous-produit d’une autre violence est trop souvent considérée comme moins néfaste que la violence originelle ; en d’autres termes, elle ne dégoûte pas autant et devient presqu’une habitude.

La république islamique joue sur les deux tableaux ; elle crée la violence et la reproduit. Les exécutions publiques sont la cause même de la reproduction de la violence, ce qui fait que les condamnations à mort ne sont pratiquement plus condamnées par l’opinion ; la mise en œuvre est condamnée et elle est bien sûr désastreuse. Le but des exécutions publiques est de « faire des exemples », mais en fait, elles produisent ce qui s’est passé hier : une foule accourant pour soutenir la violence.

Il faut donc s’élever contre la création de la violence et sa reproduction. Bien sûr, la violence ne sera jamais totalement éliminée de la société, mais on se doit de la réduire à un niveau minimal. La violence contre les femmes peut entraîner la violence contre les enfants et être reproduite de façons différentes et cette violence reproduite peut émerger sous la forme d’un meurtre. Il faut que la société en prenne conscience et fasse tout ce qui est en son pouvoir pour en protéger les plus vulnérables, ceux qui la rencontreront très tôt dans leur vie ; ainsi la société pourra tant soit peu contenir les formes de violence semblables à celles dont cette exécution est un exemple.

Un ami a écrit : « Bien sûr les exécutions publiques sont mauvaises et ne devraient pas avoir lieu, mais la publication des photos et vidéos de ces exécutions ne sont pas meilleures. » Nous pourrions peut-être commencer par là.

Source : http://www.rahana.org/en/?p=9183

Les exécutions publiques : une reproduction de la violence - Mojtaba Samienejad


La violence appelle la violence, qu’un gouvernement l’exerce sur son propre peuple ou sur un pays étranger, et même si elle exercée par un individu sur un autre. Il peut y avoir beaucoup de causes différentes à la genèse de la violence dans une société, des causes politiques, économiques, culturelles, traditionnelles ou religieuses entre autres.

« L’environnement » et tout ce qui le compose a une grande influence sur la violence, d’après plusieurs savants, que la violence sur l’être humain soit « innée » ou « acquise »

Nous avons été témoins de l’exécution d’un homme surnommé « l’assassin de Sadat-Abad ». Le 28 octobre, Yaghoub aurait blessé Mohammad-Réza (la victime) avec un couteau devant plusieurs personnes dont des policiers, et l’aurait laissé mourir devant tout le monde.

L’enregistrement de l’incident, qui a généré beaucoup de controverses, révèle des scènes beaucoup plus effrayantes que le meurtre en lui-même. Naturellement, les gens sur place, surtout les forces de l’ordre « auraient du » sauver la vie de la victime ce qui, si l’on regarde le nombre de spectateurs et de forces de police présents, ne semble pas relever de l’exploit. Les gens se sont justifiés en prétendant que le meurtrier avait menacé de se suicider si quiconque tentait de sauver la victime, bien que, d’après les lois naturelles et la loi, sauver la victime aurait du être considéré comme prioritaire.

Cet incident met en lumière la tolérance élevée de la société pour la violence ; une société en « résumé » était présente sur la scène du crime ; ni les badauds sur le trottoir, ni les forces de l’ordre, dont c’est pourtant le devoir, n’ont tenté de faire cesser cette violence patente. Le dossier a été bouclé en deux mois et l’assassin condamné à mort. Ce qui s’est passé le 28 octobre n’était que « folie soudaine » ou « pressions psychologiques » et/ou « émotion » et tout ceci a été systématiquement reproduit le 5 janvier.
Ce qui s’est passé à Sadat-Abad de Karadj était une reproduction de l’incident du 28 octobre, sauf que le public était plus discipliné et que les acteurs avaient un rôle plus important. A la place du couteau, une potence ; le meurtrier a changé de visage : c’est maintenant une personne chargée de faire respecter l’ordre ; le public et la police ne se contentent plus de regarder, ils applaudissent maintenant. Le public, armé de pancartes et de slogans sanctifie la violence, celle même à laquelle il avait assisté deux mois plus tôt et il considère que sa présence est nécessaire à la société. Les forces de police ont fourni au meurtrier « paix, ordre et sécurité » ; elles sont maintenant louées par ceux–là même qui les avaient critiquées auparavant.

Et cette fois-ci, non seulement le meurtrier n’est pas poursuivi, mais il est soutenu et encouragé par les spectateurs, ce qui lui fait penser que la violence terrible commise il y a deux mois était juste.

La violence du 6 octobre n’est pas différente de celle du 5 janvier ; à ces deux dates il y a eu un incident ; et ce que cette violence implique est similaire dans les deux cas ; la seule différence, c’est que l’incident du 6 octobre a été condamné et haï tandis que celui du 5 janvier a été très bien accueilli. La violence est tellement répandue en Iran que les Iraniens la rencontrent partout : à leur domicile, au travail et dans toutes les rues de la ville. Ils affrontent si souvent des scènes épouvantables qu’ils en oublient que ce qu’ils voient est une violence. Peu importe que la violence soit innée ou acquise, elle est perpétuellement « mise en œuvre » ou même « renforcée ».

La violence existe dans tous les aspects de la vie iranienne, que ce soit la violence contre les femmes, qu’elle soit légale, publique ou traditionnelle, la violence contre les enfants, violence contre les personnes, qu’elle provienne du gouvernement ou d’autres personnes.

On a souvent entendu dire que la violence engendrait la violence, mais la violence sous-produit d’une autre violence est trop souvent considérée comme moins néfaste que la violence originelle ; en d’autres termes, elle ne dégoûte pas autant et devient presqu’une habitude.

La république islamique joue sur les deux tableaux ; elle crée la violence et la reproduit. Les exécutions publiques sont la cause même de la reproduction de la violence, ce qui fait que les condamnations à mort ne sont pratiquement plus condamnées par l’opinion ; la mise en œuvre est condamnée et elle est bien sûr désastreuse. Le but des exécutions publiques est de « faire des exemples », mais en fait, elles produisent ce qui s’est passé hier : une foule accourant pour soutenir la violence.

Il faut donc s’élever contre la création de la violence et sa reproduction. Bien sûr, la violence ne sera jamais totalement éliminée de la société, mais on se doit de la réduire à un niveau minimal. La violence contre les femmes peut entraîner la violence contre les enfants et être reproduite de façons différentes et cette violence reproduite peut émerger sous la forme d’un meurtre. Il faut que la société en prenne conscience et fasse tout ce qui est en son pouvoir pour en protéger les plus vulnérables, ceux qui la rencontreront très tôt dans leur vie ; ainsi la société pourra tant soit peu contenir les formes de violence semblables à celles dont cette exécution est un exemple.

Un ami a écrit : « Bien sûr les exécutions publiques sont mauvaises et ne devraient pas avoir lieu, mais la publication des photos et vidéos de ces exécutions ne sont pas meilleures. » Nous pourrions peut-être commencer par là.

Source : http://www.rahana.org/en/?p=9183

samedi 9 avril 2011

Semaine 14 pour un Iran Libre et Démocratique

Nouvelles des Prisonniers
A-Transferts
  • Houshang Fanaian transféré à la prison de Sari pour purger sa peine.
  • Fakhrossadat Mohtashamipour transférée vendredi dernier à l’hôpital après avoir perdu connaissance à Evine, suite à sa grève de la faim ; elle retourne à Evine dès lundi matin où elle reprend sa grève de la faim.
  • Mostafa Salimi Iloui, condamné à mort kurde, en prison depuis 7 ans, est transféré hors de l’isolement au bout de 10 jours à la prison de Saqqez.
B- Arrestations/Incarcérations
  • Ali Assadi de retour à Evine après sa permission de nouvel an.
  • Hossein Derakhshan retourne en prison après sa permission de Norouz.
  • Parvine Djavadzadeh retourne en prison après sa permission de Norouz.
  • Hossein Khorbak, membre du Front de la Participation, à Evine lundi pour purger sa peine d’un an de prison.
  • Bahman Nazirzadeh, poète et enseignant Azéri, arrêté vendredi.
  • L’ancien parlementaire et actuel professeur d’université, le Dr. Ghassem Shohleh Saïdi arrêté le 3 avril à l’aéroport de Téhéran.
  • Leila Tavassoli retourne en prison après sa permission de Norouz
  • Le régime célèbre 13 bedar en arrêtant deux jeunes qui faisaient la fête au parc Ghetaryeh.
  • 70 arrestations lors d’une manifestation au lac d’Oroumieh dimanche pour protester contre son assèchement.
  • 5485 arrestations lors de l’année 1389.
  • 8 arrestations de dissidents au Kurdistan mardi.
C- Libérations
  • Mohammad Amin Hadavi, arrêté le 20 octobre 2010 a été libéré le 21 mars 2011.
  • Mayssam Mohammadi, rédacteur en chef de Kalameh Sabz, libéré mercredi.
  • L'Hodjatoleslam Mohammad-Réza Nourollahian libéré sous caution lundi.
  • Mohammad Hossein Sharifzadegan libéré samedi sous caution.
D-Autres Nouvelles 
  • Arjang Davoudi n’a eu droit à aucune visite depuis 4 mois.
  • Djavid Houtan Kian, l’avocat de Sakineh Ashtiari toujours emprisonné serait actuellement torturé.
  • Ali Asgar Mahmoudian, déjà prisonnier politique dans les années 80s, est emprisonné sans inculpation depuis 15 mois.
  • Le cinéaste, journaliste et écrivain Mohammad Nourizad commence une énième grève de la faim à Evine samedi.
  • Les gardes attaquent le bloc 1 de Redjai-Shahr et transfèrent 11 prisonniers à l’isolement  sans traitement médical ; certains ont des fractures.
  • Un prisonnier de droit commun de Redjai-Shahr qui avait partagé la cellule de Saharkhiz et Tabarzadi battu, placé à l’isolement et interdit de permission de nouvel an après que les gardiens aient trouvé sur lui le numéro de téléphone du domicile de ces deux prisonniers.
  • Les prisonniers politiques de Radjaï-Shahr commenceront dimanche une grève de la faim en solidarité avec Fakhrolsadat Mohtashamipour.
Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Le musicien Arya Aramnejad condamné à 10 mois de prison à Babol.
  • Le docteur Ahmad Amiri condamné à 20 mois de prison à Babol.
  • Mostafa Ebrahim Tabar condamné à 10 mois de prison à Babol.
  • Alireza Falahati condamné à 10 mois de prison à Babol.
  • Mohammad Reza Karbalaï condamné à 10 mois de prison à Babol.
  • Kaveh Ghassemi Kermanshahi, militant kurde des droits humains, condamné en appel à 4 ans de prison.
  • Mohammad Massoumian condamné à 10 mois de prison à Babol.
  • Aliréza Shahiri condamné à 15 mois de prison à Babol.
  • Le docteur Ali Akbar Soroush condamné à 7 mois de prison à Babol.
  • Ali Tari condamné à 18 mois de prison à Babol.
  • 650 exécutions en 1389.
  • Un homme pendu a Behbahan le 16 mars pour Moharabeh (en fait, vol à main armée)
  • Début mardi du procès de 5 chrétiens pour blasphème.
  • Un pasteur et 5 de ses fidèles acquittés lors de leur procès pour apostasie mardi.
  • 3 exécutions de trafiquants de drogues à la prison d’Oroumieh jeudi.
L’université 
  • Licenciement du Professeur de droit Mohammad Sharif de l’université Allameh Tabatabaï après 25 ans de bons et loyaux services.
  • Expulsion d’un étudiant bahaï de l’université de Zabol.
  • Le syndicat européen des étudiants exige la libération immédiate de Bahareh Hedayat.
  • Le bureau de l’association islamique des étudiants de l’université Azad de Karadj détruit pendant les congés de Norouz.
L’économie de l’Iran
  • 300% d’augmentation pour le gaz à Amol.
  • 12.4% d’inflation l’année dernière en Iran (chiffre officiel) en fait elle serait plus proche de 20%.
  • Siemens travaille plus que jamais avec l’Iran.
  • Le gouverneur de Téhéran annonce qu’il fera en sorte que l’augmentation des tickets de transport ne dépasse pas les 15%.
  • Le parlement approuve le principe de la privatisation de la sécurité sociale.
Les manifestations
  • Nouvelle manifestation des ouvriers du textile de Kashan pour le paiement de leurs salaires.
  • Des dizaines d’ouvriers licenciés de la raffinerie d’Abadan manifestent mercredi.
L’Iran à l’étranger
  • L’Iran payait des réfugiés en Norvège pour qu’ils espionnent l’opposition.
  • Des Iraniens s’enchaînent à l’ambassade de Copenhague lundi.
  • Amnesty International proteste  contre les arrestations d’Azéris écologistes dimanche dernier contre l’assèchement du lac d’Oroumieh.
  • Encore des grèves de la faim de demandeurs d’asile iraniens à Van en Turquie.
  • Le ministre britannique des affaires étrangères s’insurge contre le traitement réservé aux bahaïs.
  • L’Italie refuse de rendre son satellite à l’Iran.
  • Un demandeur d’asile débouté s’immole mercredi par le feu sur la plus grande place d’Amsterdam ; il en meurt le lendemain; un autre s'était noyé la semaine passée.
  • L’UNESCO décerne son prix mondial  pour la liberté de la presse à Ahmad Zeidabadi, journaliste iranien emprisonné.
  • Shiva Nazar-Ahari se voit décerner le prix Theodor Haecker.
  • 7 réfugiés iraniens se cousent les lèvres devant les bureaux londoniens d’Amnesty International.
La politique en Iran
  • Keyhan a fait paraître lundi une soi-disant interview exclusive d’Ebrahim Yazdi qui se révèle en fait dès mardi une fabrication totale sur la base des comptes-rendus d’interrogatoire.
  • 800 ouvriers des travaux publics n’ont pas été payés depuis 5 mois.
Nouvelles en vrac
  • 4 agents de sécurité tués et 5 blessés lors de l’attaque d’un poste de police à Marivan samedi. Dimanche, l’attaque est revendiquée par PJAK. L’IRGC prétend avoir identifié les terroristes et les avoir tués ; en fait ils ont bombardé les villages alors bien sûr, tout le monde est mort. Un autre agent est tué mercredi.
  • 3 Afghans tués à la frontière près de Salmas.
  • Augmentation dramatique de l’addiction à l’héroïne et au crack en Iran.
  • La marine hollandaise tue 2 pirates et en fait 16 autres prisonniers en sauvant un bateau de pêche au large de la Somalie.
  • L’Iran coupe les ponts avec le Louvre sur un désaccord sur les objets archéologiques. 
  • 12 artistes iraniens contemporains exposent à Beyrouth.
  • Au moins 33 morts et 200 blessés lors de l’attaque des forces irakiennes contre le camp des Mojaheddines à Ashraf vendredi.
  • Explosion de 3 pipelines vendredi près de Qom.
  • Plusieurs tremblements de terre dans la ville de Qasr-e-Shirin au Kurdistan jeudi et vendredi.
  • Des milliers de poissons meurent mystérieusement dans le lac Zarivar au Kurdistan.
Des nouvelles de Nasrine
  • Quelques extraits des discours de Nasrine sous-titrés en Anglais  http://on.fb.me/gSyhSi 
Sur le blog cette semaine