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samedi 21 juillet 2012

Jugez le guide suprême ! - Mohammad Nourizad


Extraits de la lettre de l’ancien prisonnier politique Mohammad Nourizad au responsable de la justice, l’ayatollah Sadegh Laridjani : Jugez le guide suprême ! 

Dans cette lettre, il critique le manque d’indépendance du système judiciaire et appelle le responsable de la justice à mettre en examen ses frères, le président du parlement Ali Laridjani et le responsable des droits humains Djavad Laridjani, ainsi que le président Ahmadinejad et le guide suprême Khamenei.

Nourizad commence sa lettre en disant à Laridjani qu’en tant que responsable de la justice, il se classe sixième personne la plus influente et puissante de la justice ; il nomme Raïssi, le procureur général Edjeï, Hedjazi et les juges Salavati, Pirabbassi et Moghayeseh comme personnes plus influentes et puissantes que le responsable de la justice.

Nourizad continue en signalant huit actions à prendre pour démontrer l’indépendance du système judiciaire :

1-« Mettez vos frères en examen, les deux, le président du parlement et votre autre frère, l’humoriste, celui qui raconte des blagues tout le temps. Celui qui, depuis l’estrade effrayante des droits humains, proclame qu’il n’y a, en Iran, ni prisonniers politiques ni torture, que le système est totalement intact, intègre, sain, équitable et juste. »

Nourizad continue en critiquant l’implication politique du frère du responsable de la justice, le président du parlement Ali Laridjani, alors qu’il est militaire. Il poursuit en disant qu’il possède des documents prouvent qu’Ali Laridjani a détourné des fonds publics et lui demande de le mettre en examen pour sa conduite.

Il poursuit en s’interrogeant sur la grande étendue de terrains acquise ses dernières années à Varamine par le frère du responsable de la justice, Djavad Laridjani. Il traite aussi Djavad Laridjani de menteur pour sa négation de l’existence des prisonniers politiques en Iran et de la torture dans les prisons iraniennes. « Nous savons mieux que quiconque ce qui se passe dans notre système judiciaire. Le couteau coupe-t-il son manche ? Demandez-lui si nous aurions pu mettre en examen et incarcérer ces bassidjis qui ont attaqué la cité universitaire de Téhéran, tabassé les étudiants, volant et détruisant leurs biens ?

2-Si vous croyez diriger la justice et être indépendant, alors, en tant que procureur général, pour une fois, juste pour une fois, mettez Monsieur Ahmadinejad en accusation pour avoir humilié le peuple iranien pendant des années, avoir pillé leurs richesses et avoir nommé des voleurs à des postes de pouvoir et de responsabilité. Comme vous êtes timides, vous les trois frères ! Tout votre tumulte n’est rien que des slogans grandiloquents. Même si Ahmadinejad n’est pas moins un lanceur de slogans que vous trois, au moins il ose. Inspirez-vous en. Un frère au parlement, un autre à la tête de l’appareil des droits humains et vous dans votre poste, unissez vos influences et créer une symphonie en laissant un peu de côté votre timidité, voyons. On ne meurt qu’une fois, de quoi avez-vous peur ?

3-Je n’irai pas plus avant. La seule raison qui justifie votre poste à la tête de la justice, vous, une personne sans expérience ni qualification, c’est votre capacité à obéir aux ordres et bien sûr à être une machine à signer.

4-Si j’avais voulu être très idéaliste, j’aurais dit : en tant que chef de la justice, vous devez mettre le guide suprême en accusation pour sa conduite, tant publique que privée de violations des droits justes du peuple. Par exemple, je l’interrogerais sur ses comptes cachés et indéterminés. Pourquoi ne révèle-t-il pas le montant exact de l’argent et de la richesse du peuple et pourquoi effectue-t-il des dépôts sur de nombreux comptes inconnus sans la permission du peuple ? Vos déclarations comme : « Nous continuons à respecter son excellence le guide suprême » alors que vous devriez en fait être indépendant, ne font rire personne. »

Nourizad continue de critiquer le chef de la justice Laridjani pour le manque d’indépendance de la justice en Iran. Il critique également les gardes révolutionnaires et le ministère du renseignement pour n’avoir pas rendu tous les effets personnels qui lui ont été confisqués par leurs agents il y a trois ans. Il conclut sa lettre en défiant Laridjani de montrer son indépendance et son autorité en tant que numéro un à la barre de la justice en lui rendant des effets personnels confisqués.

Source : http://www.kaleme.com/1391/04/23/klm-106180/

samedi 8 janvier 2011

Lettre de l'épouse de Djafar Kazémi au secrétaire général de l'ONU

RAHANA – Djafar Kazémi a été arrêté le 18 septembre 2009 et condamné à mort. L’épouse de Kazémi a écrit une lettre au secrétaire général des Nations Unies publiée par HRDAI pour décrire le calvaire de la famille depuis l’arrestation de son mari.

Voici la traduction de la lettre de Roudabeh Akbari :

Je m’appelle Roudabeh Akbari. Je suis femme au foyer, épouse du prisonnier politique Djafar Kazémi et mère de deux enfants.
Mon mari a été arrêté le 18 septembre 2009 à 06h00 du matin rue Haft-Hoz à Téhéran. Nous n’avons pas eu de nouvelles de lui depuis deux semaines. Il a été torturé pendant trois jours puis mis à l’isolement pendant 74 jours dans des conditions très difficiles.
Mon mari a été accusé de soutenir et de faire de la propagande pour l’organisation des Modjahedines Khalq (OMPI) ainsi que d’avoir rendu visite à notre fils au camp Ashraf (camp de l’OMPI en Irak°.
En prison, après avoir été torturé et avoir passé trois mois à l’isolement, on le pressa de faire des aveux télévisés. Face à sa résistance, on l’a torturé de nouveau, on lui a brisé trois dents sous les coups. Actuellement, mon mari est dans un état physique et psychologique inquiétant.
A la fin du procès en première instance pendant laquelle le juge Moghiseh l’a condamné à mort, l’avocat de mon mari a objecté oralement au verdict qu’il a qualifié d’excessif et illégal pour une accusation de propagande contre l’état. Le juge a fait remarqué qu’il subissait des pression à cette époque des ses supérieurs hiérarchiques pour énoncer de tels verdicts.
D’après l’avocat de mon mari, durant le second procès, la cour n’a même pas jeté un œil sur la déclaration de la défense, un document de trois pages répondant à l’accusation de propagande contre l’état par des argument ; en un verdict de deux lignes, elle confirmait le verdict de la première instance. Le juge Zargar présidait la cour d’appel.
Celui qui l’interrogeait a dit à mon mari : « Il nous faut en sacrifier quelques uns pour sauver le régime et vous en faites partie. » On a de nouveau demandé à mon mari de donner une interview sur les évènements de l’Ashoura (27 décembre 2009) mais il a refusé ayant été arrêté trois mois auparavant. On l’a menacé, s’il refusait l’interview, de torturer sa femme et ses enfants devant ses yeux.
On l’a menacé de réduire son épouse en miettes devant ses yeux ; il a, malgré tout continué de refuser de faire des aveux. On lui a dit, en représailles que sa peine de mort était un verdict définitif  On a alors dit à mon mari que sa condamnation à mort était sans appel et qu’elle serait exécutée. Après 74 jours à l’isolement au bloc 209, il a été détenu dans un endroit appelé la suite, avant d’être transféré une semaine plus tard au bloc 350.
Pendant trois semaines, malgré nos nombreuses tentatives et celles de mon plus jeune enfant, on nous a refusé toute visite.
Quelle loi, quel pays, quelle morale proclame-t-il que rendre visite à son enfant est un crime ? Si la république islamique considère la visite à nos enfants comme un crime passible de la peine de mort, alors mon mari est bien coupable.
En raison de la situation critique des prisonniers politiques et l’absence totale de volonté de réviser les verdicts inhumains et illégaux contre des prisonniers innocents, je demande un sursis immédiat à exécuter pour tous les condamnés à mort.
Ce que j’ai décrit ci-dessus ne s’applique pas qu’à mon mari et à notre famille. Toutes les familles de prisonniers politiques sont dans la même situation psychologique atroce. Toutes les familles de prisonniers politiques demandent une action immédiate des Nations Unies et du Haut Commissaire du UNHCR.

Sincères salutations,

Roudabeh Akbari, épouse du prisonnier politique Djafar Kazémi
Mai 2010

Source: http://persian2english.com/?p=10796