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mardi 30 décembre 2014

Deux ayatollahs et un nouveau patron pour le parlement – Issa Saharkhiz – 26 décembre 2014


Bien avant que la composition du prochain parlement ne se dessine, les machinations pour le poste de président du parlement ont déjà commencé dans certains partis politiques.

Tout indique que les totalitaires en Iran ont décidé d’installer le perdant de l’élection présidentielle de 2013 au perchoir ou tout au moins d’en faire le chef de la faction intégriste.
Il semble que les deux principaux ayatollahs (Ali Khamenei et Mesbah-Yazdi) ont accepté qu’un ayatollah « 100% islamique » devienne le prochain guide suprême, ce qui ouvrirait la voie au rêve du remplacement de la « république islamique » par un « état islamique ».

Les rapports des médias conservateurs révèlent que l’ayatollah Mohammad-Taghi Mesbah-Yazdi s’appuie sur le front de la fermeté, une association de groupes conservateurs de droite, et s’efforce d’installer son protégé au prochain parlement tout en répandant sa notion d’un « parlement islamique ».

Les rapports confirment qu’Ahmadinejad écarte le plus controversé de ses lieutenants, Rahim Mashaï pour prendre le dessus sur le sale plan de Yazdi. Ce religieux, qui ne s’est pas mêlé de politique pendant les années de la révolution et durant le règne de Khomeiny, se réinvente en appelant à imposer un « guide suprême absolu », et non limité par les lois, la constitution, l’opinion publique, etc.., tout en travaillant sur la direction du prochain parlement.

Son but est d’obtenir la majorité des sièges du prochain parlement pour les membres du front de la fermeté ou les intégristes (conservateurs durs), très liés avec le front, pour que Saïd Djalili soit le prochain président du parlement. Il se débarrasserait ainsi du président actuel Ali Laridjani, qui a établi des relations de travail avec Rouhani, et ainsi ouvrir la porte à plus de confrontations avec le gouvernement d’Hassan Rouhani. D’après ce plan, Kamran Bagheri-Lankarani deviendrait le premier vice-président du parlement pour pouvoir changer la nature du régime de république en théocratie absolue.

Ce qui rend ce plan plus inquiétant est que l’ayatollah Khamenei appuie le processus d’islamisation. De son point de vue, il compenserait l’échec de l’élection présidentielle de 2013 et offrirait une promotion à Saïd Djalili de représentant du guide suprême au conseil national de sécurité à chef de la branche législative du gouvernement. Djalili a récemment fait le tour de ses idées sur tout ce que le public connaît, y compris son idée négative sur le sort des dirigeants du Mouvement Vert.

On ne peut oublier le conseil qu’on a donné à Djalili quand il a perdu la présidentielle : « Faites attention aux quatre ou cinq millions de personnes qui ont voté pour vous ; ils sont importants d’un point de vue qualitatif et il faudra les mobiliser et les utiliser à l’avenir. » Il semblerait que « l’avenir » soit advenu.

Ce qui devrait inquiéter les masses, c’est la composition des centres de pouvoir dans le futur ; au lieu de s’intéresser aux problèmes de la majorité des Iraniens, ce groupe sera en quête de ses rêves totalitaires.

Il est clair que la position clé dans ce jeu est celle de ministre de l’intérieur. Ce rapport montre que le ministre actuel se situe à des kilomètres du programme du gouvernement modéré actuel. Le ministre est un supporter dévoué des plus proches alliés et camarades d’Ahmadinejad. La nomination d’Ismaël Nadjar, gouverneur de Kerman durant la présidence Ahmadinejad, au poste de secrétaire d’état d’où il dirige également le comité de crise du gouvernement, indique les penchants de Nadjar.

L’absence de nomination d’un secrétaire d’état politique dans ce ministère après la démission de Kazem Mirvalad en est un autre exemple. Ce poste jouit du contrôle absolu sur le processus électoral au niveau national. Ceci a récemment été confirmé par les débats au parlement pour les candidats aux postes de gouverneurs des provinces ; les penchants des députés durs et de ceux du front de la fermeté sont alignés avec les points de vue de Rahmani Fazli plutôt qu’avec ceux des alliés et conseillers de Rouhani.

Puisque le but ultime des conservateurs durs ne se limite pas au contrôle du prochain parlement mais s’étend à la limitation des programmes du gouvernement actuel modéré et même au limogeage du président aussitôt que possible ou à l’élimination de sa candidature pour un second mandat, il semble que Rouhani n’ait d’autre choix que de remanier son gouvernement pour en faire une équipe unie pour éviter tout sabotage interne.

Le ministre de l’intérieur est un poste clé dans les décisions sur lesquelles Rouhani doit se concentrer. 

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/december/26/article/two-ayatollahs-and-a-new-majlis-boss.html

jeudi 25 décembre 2014

Les Modérés et le Chemin vers le prochain Parlement – Issa Saharkhiz – 6 décembre 2014

Alors que les principaux partis politiques, que les religieux les plus en vue n’ont encore rien fait pour les prochaines élections législatives en Iran, sauf les nouveaux partis qui visent des sièges de modérés au parlement qui compte 290 sièges, les rapports indiquent que le peu de députés critiques restant ne seront pas réélus.

Il y aurait de larges disqualifications pour les candidats au prochain parlement ainsi qu’une surveillance et un contrôle illimité par des organismes mis en place. En fait, la peur d’une telle surveillance est telle qu’on suspecte le conseil des gardiens de vouloir reproduire ce qu’il avait fait lors des élections à la septième législature en 2004 ; la plupart des députés réformateurs et indépendants avaient organisé un sit-in contre les agissements illégaux du conseil.

En 2004, 139 députés avaient fait une grève de la faim et avaient fini par démissionner pour protester contre la disqualification de 3.500 candidats, plus de la moitié d’un total de 4.679, à la septième législature. Beaucoup se souviennent encore du résultat de la réunion organisée entre le président de la république, de celui du parlement et du guide suprême pour résoudre le problème.

11 ans sont passés depuis ce sit-in mais beaucoup de ces députés sont toujours en prison ; en ce qui concerne les dirigeants de cette époque, le président de la république Mohammad Khatami est aujourd’hui interdit de sortie du territoire, les photos sont toujours interdites, et le président du parlement Mehdi Karroubi est toujours assigné à domicile.

Lors de cette réunion fatidique, après des mises en garde répétées du chef de la justice et de la majorité des réformateurs demandant l’ajournement d’élections illégales, on avait promis au dernier moment que les disqualifications seraient limitées et ne concerneraient qu’une poignée de candidats réformateurs, concluant qu’il vaudrait mieux qu’ils se désistent volontairement.

Finalement, cette promesse a été jetée aux oubliettes et la plainte déposée par le secrétaire d’état à l’intérieur Mostafa Tadjzadeh contre Ahmad Djanati du conseil des gardiens a fini par le conduire en prison à l’isolement pour longtemps.

De nos jours, la majorité des députés réformateurs et indépendants de la neuvième législature ont choisi de garder le silence par peur de subir le même sort que leurs collègues il y a dix ans. Ils ont délégué la poursuite de leurs demandes sur l’élection de 2009 au député conservateur respecté Ali Motahari, qui pourrait lui aussi perdre son accréditation à cause de ses demandes de libération de Moussavi, Karroubi et Rahnavard et de son hostilité à Mahmoud Ahmadinejad, président favori de l’ayatollah Khamenei, ce qui l’a poussé à se retirer de la course à l’élection au prochain parlement.

On a entendu dire que Motahari pourrait être emprisonné, mais à cause du scandale public que cela créerait, beaucoup plus important que celui causé par l’emprisonnement du fils du vétéran religieux de la révolution Mohammad Beheshti, l’arrestation est pour l’instant en suspens.

Un rapide regard aux médias conservateurs modérés ou encore aux remarques des députés révèle que ces peurs de rejet ou d’arrestation, sont sérieuses et très répandues. Il suffit de voir la demande que Djavad Karimi-Ghodoussi, député conservateur de la faction dure, a adressé au bureau de l’assemblée : réexaminer les justificatifs de Motahari, pour non seulement l’empêcher d’être réélu, mais aussi pour le révoquer avant la fin de son mandat.

Ghodoussi, ancien commandant de la force paramilitaire bassidj qui s’est glissé au parlement avec moins de dix pour-cent des suffrages a dit à un journaliste : « J’ai dit à Monsieur Motahari qu’il recevrait une claque pour ses positions politiques et que son problème était qu’il était passé de l’école à l’université puis au parlement sans avoir pris part à la révolution ; bien qu’il vienne d’une famille martyre, il manque de vision politique. »

Cet avertissement menaçant est le signe d’un plan plus important rédigé dans un article de Jahan News : « Monsieur le Docteur Ali Motari est professeur de philosophie ; c'est un intellectuel qui a l’expérience des affaires culturelles ; maintenant qu’il est arrivé à ce poste, nous lui conseillons fraternellement de prendre ses distances avec la politique, au moins pour son père martyr à qui nous devons tant. »

L’autre côté de la médaille : les positions prises par l’extrémiste Ahmad Tavakoli. Le site web Alef, qui lui est affilié, a récemment écrit qu’il avait critiqué ceux qui se servaient des dirigeants des manifestations de l’élection de 2009 pour se débarrasser de leurs rivaux, qui pourraient être candidats à la prochaine élection législative, et appelaient à la création d’une autorité pour définir les critères de la « sédition », terme utilisé pour les dirigeants des manifestations de 2009. Il a averti ceux qui avaient le privilège de pouvoir approuver les candidatures aux élections nationales et qui pourraient s’en servir pour des vengeances personnelles.

Il est peu probable que Motahari se retire des prochaines élections législatives, même si ses rivaux accueilleraient favorablement sa décision de ne pas être candidat, car ce serait ce qui leur coûterait le moins cher.

C’est exactement l’attitude que les adversaires des réformateurs, forces extrémistes et totalitaires, défendent pour que les candidats réformateurs abandonnent volontairement leurs candidatures aux prochaines élections.

Une telle décision signifie également que l’on permet aux forces tyranniques de préparer le chemin pour l’élection de pseudo-réformateurs ou de réformateurs incompétents, groupe auquel même Ali Laridjani, actuel président du parlement est censé appartenir.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/december/06/article/moderates-and-the-road-to-the-next-majlis.html

mercredi 14 mai 2014

Ma Patrie dévastée – Heshmatollah Tabarzadi – 11 Mai 2014

Heshmatollah Tabarzadi, dissident iranien, militant démocrate et laïc, est le Secrétaire Général du Front Démocratique d’Iran et le porte-parole du Conseil de Solidarité pour les Droits Humains et la Démocratie en Iran. Monsieur Tabarzadi a été emprisonné à plusieurs reprises pour ses activités politiques et de défense des droits humains, la dernière fois le 15 janvier de cette année pour avoir brisé le silence convenu pour appeler à une campagne unitaire avec comme slogan « non aux exécutions, liberté pour tous les prisonniers politiques, non au hidjab obligatoire et augmentation des salaires » et après avoir demandé au groupe des 5 pays +1 de s’intéresser aussi à la situation désespérée des droits humains en Iran. Il a passé sept ans en prison dont trois à l’isolement. Il est actuellement détenu à la prison de Redjaï Shahr près de Téhéran. Une pétition pour sa libération peut être signée à cette adresse : www.tinyurl.com/heshmat

Aujourd’hui, lors de la visite de ma famille en prison, j’ai entendu les nouvelles de l’extérieur et, de nouveau, j’ai compris que la situation de la population est encore pire que la nôtre ici. Je voudrais être dehors pour partager les douleurs de la pauvreté et les difficultés de ma famille et de la population. Je voudrais être avec eux pour être sans-abri et affamé comme tant d’Iraniens. Je comprends ce que ressentent les centaines de personnes bloquées derrière des portes d’hôpital, inquiets des leurs qui ne peuvent se payer leurs traitements médicaux.

Vraiment ! Connaissez-vous un pays plein de richesse naturelles et souterraines mais aussi riche de tant de ressources humaines mais dont l’état et le gouvernement ajoutent, année après année de 20 à 30% au coût de la vie de sa population et l’enterrent sous une inflation innommable ? Vous connaissez un pays où le gouvernement lance secrètement et sans en mesurer les conséquences un programme nucléaire ambitieux qui coûte des milliards de dollars à son peuple et le soumet à des sanctions internationales et où le dirigeant (l’ayatollah Khamenei), encore plus irresponsable que les autres, s’entête à poursuivre ces politiques antinationales ?

Connaissez-vous un pays qui ait laissé le contrôle des 32 milliards de dollars de ses banques à environ 500 personnes qui ne sont pas prêtes à rembourser leurs emprunts ? Néanmoins, il y a des millions de personnes qui ont un besoin désespéré de garnir leur table de nourriture et qui ne peuvent pas payer leurs besoins de base.

Vous connaissez un pays où le vol, la subornation et la corruption ont pris le pouvoir sur le système financier et institutionnel du gouvernement ? Depuis les juges, l’ancien chef de la police, le procureur général de la capitale, jusqu’aux banquiers, aux députés, à l’ancien vice-président, tous ont détourné plus de 100 millions de dollars tandis que le citoyen lambda ne peut même pas obtenir un prêt de quelques centaines de dollars !

Connaissez-vous un pays où l’usure, la corruption et les scandales sont les caractéristiques communes de la classe dirigeant, où les personnes et les groupes les plus incompétents tiennent les postes les plus sensibles du gouvernement, ont coulé l’économie, la politique et la société dans la banqueroute et la crise ?

Vous connaissez une nation dans laquelle les bandits, les pillards et les opportunistes sont libres et obtiennent même des promotions et des bonus, se vantant de leur pouvoir et de leur richesse mais dans laquelle les journalistes et ceux qui défendent la liberté et la justice sont emprisonnés, réprimés, exilés ou renvoyés de leurs domicile et de leur patrie ?
Oui, c’est ma patrie. Un pays où le clergé au pouvoir, totalitaire, dogmatique et fanatique s’unit avec les organisations de renseignement, militaires et économiques pour tout superviser, monopoliser la majorité des ressources nationales et humaines ? Grâce à l’expansionnisme, l’aventurisme et les ingérences illégales dans les affaires internes et externes des autres, ils ont de fait pris notre nation en otage en menaçant les autres pays.

Ce gang mafieux parle un jour de la technologie nucléaire comme de son « droit inaliénable » et noie ce pays sous des sanctions internationales écrasantes et le lendemain défend une « flexibilité héroïque » uniquement pour gagner du temps, exploitant une nation opprimée et affaiblie, engluée dans la pauvreté, la corruption, la prostitution, la faim et qui n’a même plus de domicile.

Oui ! Cette poignée de corrompus cruels ont dévasté ma patrie et paralysé notre nation par la pauvreté, la misère, la répression et la terreur. Ils ont désintégré et diminué différents groupes, partis et intellectuels tandis que d’autres (comme le président Rouhani) nous trompent par leur ruse de « sagesse et espoir » et passent le temps à des inscriptions à des projets avortés comme les « paniers de nourriture » et les « subventions en liquide ».

Maintenant, ils nous ont fait attendre une autre année pour conclure les négociations nucléaires : le mirage de l’ouverture, qui ne bénéficiera pas à la population mais au régime. Voilà le sort d’un peuple et d’une nation qui attend, coincée dans les mains de ses ravisseurs, demandant miséricorde et la délivrance de leur pauvreté et de leur misère grâce à la « clé ».[NDT : la clé était le symbole de la campagne électorale d'Hassan Rouhani]

Heshmat Tabarzadi – Prison de Redjaï-Shahr 

Source : http://www.dailykos.com/story/2014/05/11/1298585/-My-Devastated-Homeland#

samedi 19 avril 2014

Lettre du père de Hossein Ronaghi-Maleki à l’ayatollah Khamenei

A son excellence l’ayatollah Khamenei, guide suprême de la république islamique d’Iran,

Votre excellence,

Avec tout le respect qui lui est dû, je désire partager avec le dirigeant de la révolution islamique ce qui s’est passé : on rapporte que, le 17 avril, des fonctionnaires en civil ainsi que des gardes d’Evine ont brutalement attaqué les prisonniers et beaucoup de détenus ont été grièvement blessés.

Les preuves poussent à penser que la vie des prisonniers politiques, y compris celle de mon fils, sont en péril. Durant ces dernières années, les prisonniers politiques et leurs familles ont été maltraités. Si ce genre de conduite inhumaine et illégale est toléré dans ce pays, alors plus aucun de ses citoyens n’est en sécurité.

Dans la mesure où la justice est placée sous votre autorité, je vous demande respectueusement d’ordonner rapidement une enquête sur cet incident, d’en dénoncer les auteurs et de les traduire en justice.

Je vous prie, excellence, de croire à l’expression de mes salutations respectueuses.

Seyed Ahmad Ronaghi-Maleki, père du prisonnier politique Hossein Ronaghi, le 18 avril 2014

Source : http://www.kaleme.com/1393/01/30/klm-181160/

jeudi 20 juin 2013

Khamenei a-t-il entendu le cri du peuple ? Mehdi Saharkhiz onlymehdi(at)gmail.com – 19 juin 2013

Ces derniers jours, on a vu différentes interprétations et analyses des résultats de l’élection présidentielle du 14 juin, des commentaires qui se réfèrent tous à un évènement important : la victoire électorale de Rouhani qui a choqué presque tout le monde.

Depuis l’élection présidentielle truquée de 2009, il y a quatre ans, je n’ai cessé de me demander combien de temps le régime continuerait à opprimer le peuple tout en se prétendant son représentant ou jusqu’à quand le peuple ne serait qu’un pion dans le mauvais jeu politique de ses dirigeants.

Et maintenant, il semblerait que Khamenei ait entendu, pour la première fois, les problèmes du pays, par les débats télévisés des candidats qu’il a approuvés en personne. Ces candidats ont décrit un tableau tellement noir des crises que traverse le pays et du futur du pays que l’Iran semblait invivable et qu’on ne pouvait désirer le diriger. Le tableau était tellement horrible qu’Haddad Adel s’est senti obligé de le qualifier d’irréaliste. Et il faut se souvenir de la proximité d’Haddad avec le guide suprême. Il était clair qu’il exprimait le point de vue des plus hauts responsables politiques et des cercles iraniens dirigeants.

Ces dernières années, Khamenei n’a eu affaire qu’à des personnes qui s’inclinent devant lui. Mais maintenant, et après le coup d’état électoral de 2009, il a appris la situation effrayante, les crises et les réalités du pays par son propre réseau de radio-télévision, de la bouche mêmes de ceux qui lui sont le plus proches.

Et alors, quelque chose qu’il n’avait jamais cru possible s’est passé : les deux factions politiques qui s’affrontaient depuis quelques années, se sont rassemblées alors que le champion qui lui était si proche n’acceptait même pas d'aborder les sujets les plus simples. Et cela a produit une énorme vague. Beaucoup de ceux qui, jusqu’à la veille, appelaient au boycott des élections, se sont joints à ceux qui appelaient à la participation au vote depuis des semaines. Alors les gens sont sortis de partout pour voter. L’élection, dont les experts et les profanes pensaient qu’elle se passerait en deux tours, s’est décidée en un seul tour, même si avec quelque retard. Il n’était pas techniquement difficile d’agir pour que les élections aient besoin d’un second tour, mais l’unanimité et la participation au vote étaient telles que, si deuxième tour il y avait, les parades de rue et la campagne du candidat réformateur (Rouhani) aurait rempli les urnes de façon plus choquante et surprenante encore qu’au premier tour.

C’est pourquoi le sommet du régime a réellement entendu la voix forte, les appels et les protestations du public. Alors maintenant, il faut attendre pour voir si monsieur Khamenei permettra le changement en grand et en profondeur. Ce n’est que le début. Aujourd’hui, après des années, la volonté de la nation a gagné et le peuple tient la barre du pays.

Ceux qui, comme moi, n’ont pas voté, espèrent que la liberté et la sécurité vont bientôt régner sur le peuple en souffrance de cette terre. Et cela implique la libération et la sécurité de ceux qui, comme Moussavi et Karroubi, ont beaucoup donné pour le peuple.

Il est maintenant temps pour ces deux groupes, et les groupes qui les séparent, d’exprimer leurs demandes et, au lieu de se plaindre les uns des autres, de se réunir pour prendre des actions communes. Ils peuvent le faire malgré ce qui les sépare. Le présent et le futur du pays peuvent s’améliorer par la coopération, la patience, le dialogue et un réalisme raisonné.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/archive/2013/june/19/article/did-khamenei-hear-the-peoples-call.html

samedi 21 juillet 2012

Jugez le guide suprême ! - Mohammad Nourizad


Extraits de la lettre de l’ancien prisonnier politique Mohammad Nourizad au responsable de la justice, l’ayatollah Sadegh Laridjani : Jugez le guide suprême ! 

Dans cette lettre, il critique le manque d’indépendance du système judiciaire et appelle le responsable de la justice à mettre en examen ses frères, le président du parlement Ali Laridjani et le responsable des droits humains Djavad Laridjani, ainsi que le président Ahmadinejad et le guide suprême Khamenei.

Nourizad commence sa lettre en disant à Laridjani qu’en tant que responsable de la justice, il se classe sixième personne la plus influente et puissante de la justice ; il nomme Raïssi, le procureur général Edjeï, Hedjazi et les juges Salavati, Pirabbassi et Moghayeseh comme personnes plus influentes et puissantes que le responsable de la justice.

Nourizad continue en signalant huit actions à prendre pour démontrer l’indépendance du système judiciaire :

1-« Mettez vos frères en examen, les deux, le président du parlement et votre autre frère, l’humoriste, celui qui raconte des blagues tout le temps. Celui qui, depuis l’estrade effrayante des droits humains, proclame qu’il n’y a, en Iran, ni prisonniers politiques ni torture, que le système est totalement intact, intègre, sain, équitable et juste. »

Nourizad continue en critiquant l’implication politique du frère du responsable de la justice, le président du parlement Ali Laridjani, alors qu’il est militaire. Il poursuit en disant qu’il possède des documents prouvent qu’Ali Laridjani a détourné des fonds publics et lui demande de le mettre en examen pour sa conduite.

Il poursuit en s’interrogeant sur la grande étendue de terrains acquise ses dernières années à Varamine par le frère du responsable de la justice, Djavad Laridjani. Il traite aussi Djavad Laridjani de menteur pour sa négation de l’existence des prisonniers politiques en Iran et de la torture dans les prisons iraniennes. « Nous savons mieux que quiconque ce qui se passe dans notre système judiciaire. Le couteau coupe-t-il son manche ? Demandez-lui si nous aurions pu mettre en examen et incarcérer ces bassidjis qui ont attaqué la cité universitaire de Téhéran, tabassé les étudiants, volant et détruisant leurs biens ?

2-Si vous croyez diriger la justice et être indépendant, alors, en tant que procureur général, pour une fois, juste pour une fois, mettez Monsieur Ahmadinejad en accusation pour avoir humilié le peuple iranien pendant des années, avoir pillé leurs richesses et avoir nommé des voleurs à des postes de pouvoir et de responsabilité. Comme vous êtes timides, vous les trois frères ! Tout votre tumulte n’est rien que des slogans grandiloquents. Même si Ahmadinejad n’est pas moins un lanceur de slogans que vous trois, au moins il ose. Inspirez-vous en. Un frère au parlement, un autre à la tête de l’appareil des droits humains et vous dans votre poste, unissez vos influences et créer une symphonie en laissant un peu de côté votre timidité, voyons. On ne meurt qu’une fois, de quoi avez-vous peur ?

3-Je n’irai pas plus avant. La seule raison qui justifie votre poste à la tête de la justice, vous, une personne sans expérience ni qualification, c’est votre capacité à obéir aux ordres et bien sûr à être une machine à signer.

4-Si j’avais voulu être très idéaliste, j’aurais dit : en tant que chef de la justice, vous devez mettre le guide suprême en accusation pour sa conduite, tant publique que privée de violations des droits justes du peuple. Par exemple, je l’interrogerais sur ses comptes cachés et indéterminés. Pourquoi ne révèle-t-il pas le montant exact de l’argent et de la richesse du peuple et pourquoi effectue-t-il des dépôts sur de nombreux comptes inconnus sans la permission du peuple ? Vos déclarations comme : « Nous continuons à respecter son excellence le guide suprême » alors que vous devriez en fait être indépendant, ne font rire personne. »

Nourizad continue de critiquer le chef de la justice Laridjani pour le manque d’indépendance de la justice en Iran. Il critique également les gardes révolutionnaires et le ministère du renseignement pour n’avoir pas rendu tous les effets personnels qui lui ont été confisqués par leurs agents il y a trois ans. Il conclut sa lettre en défiant Laridjani de montrer son indépendance et son autorité en tant que numéro un à la barre de la justice en lui rendant des effets personnels confisqués.

Source : http://www.kaleme.com/1391/04/23/klm-106180/

dimanche 2 octobre 2011

Une nouvelle phase de turbulences pour le régime Iranien

Le régime iranien est entré dans une nouvelle phase de turbulences. La lutte de pouvoir au sommet de l’Etat entre le clan Ahmadinejad et celui du guide Ali Khamenei s’est exacerbée avec les révélations autour de ce qui est désormais appelé par le régime lui-même, le "plus grand scandale financier de l’histoire de la République Islamique". La lutte sans merci entre les factions conservatrices a pour conséquence la divulgation des scandales de corruption qui restaient jusqu’à présent cachés pour ne pas porter atteinte au régime et à son guide. Ces scandales sont d’autant plus choquants qu’ils concernent le détournement de sommes d’argent considérables alors que la vaste majorité d’Iraniens est dans une situation de fragilité, de pauvreté et d’insécurité aggravée depuis l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad.


La révélation de l’ampleur de ces scandales financiers par les responsables de premier rang du régime est utilisée à des fins politiques et en vue d’isoler Ahmadinejad. Mais ce lynchage en public dépasse largement le cadre d’une simple rivalité politique pour démontrer, si besoin était, l’échec total du système de gouvernement de la République Islamique. Il ne dédouane bien entendu en rien le "clan des révélateurs" car ils jouent eux-mêmes un rôle central dans les institutions et mécanismes de contrôle du régime. Comment imaginer que le Parlement ou l’incontournable bureau du guide de la révolution Ali Khamenei n’aient pas été informés? 

Ahmadinejad qui pendant la campagne présidentielle de 2005 avait marqué les esprits en se présentant comme le champion anti-corruption proche du peuple, qui ne cessait d’annoncer en public des révélations imminentes de listes de personnalités corrompues, aura bien du mal à se relever face à la violence de ces attaques. Même si ces attaques ciblent en premier lieu son directeur de cabinet, le très controversé Esfandiar Rahim-Mashaei et son cercle de collaborateurs et d’hommes d’affaires, elles affaiblissent et isolent considérablement Ahmadinejad. Ce dernier ne semble pas vouloir se séparer de Mashaei et promet au contraire de nouvelles révélations contre le clan d’en-face. Le signe le plus révélateur de cet isolement est la virulence des attaques d’un poids lourd tel que l’Ayatollah Mesbah Yazdi qui était il y a encore 2 ans, l’un des ardents défenseurs d’Ahmadinejad.  

Pour éviter une crise institutionnelle susceptible de provoquer des élections anticipées, le régime devrait tout faire pour conserver Ahmadinejad jusqu’au terme de son mandat. Mais la virulence de l’affrontement quotidien des clans au cœur du pouvoir rend l’hypothèse d’une démission ou d’une destitution d’Ahmadinejad tout à fait plausible. Ironiquement, un président que le régime a voulu à tout prix maintenir au pouvoir en 2009 par des élections truquées suivies d’une répression sanglante de la vague de contestation populaire, est devenu trop encombrant et imprévisible. Son maintien au pouvoir pourrait s’avérer fatal au régime.