dimanche 26 septembre 2010

Ce n'est pas nous qu'il faut craindre, c'est l’ire du peuple - Fereshteh Ghazi - 15 septembre 2010

Réaction virulente de Moussavi aux nouvelles mesures de sécurité

Mir-Hossein Moussavi a publié une réponse aux mesures de sécurité accrues qu’on lui a imposées, y compris l’interdiction de rencontrer des personnalités politiques et des gens ordinaires. Le premier ministre du temps de guerre a annoncé : « Ces mesures de sécurité ne vont pas résoudre les problèmes de ceux qui sont au pouvoir. » Moussavi a également conseillé au régime de craindre l’ire du peuple et non sa personne.

On rapporte que des personnes désirant rendre visite à Moussavi ont été détenues et interrogées tandis que le chef de la police de Téhéran a annoncé que ceux qui ont participé au siège du domicile de Mehdi Karroubi vont être poursuivis.

Le domicile de Mehdi Karroubi a été assiégé depuis environ deux semaines par des forces, qualifiées par les proches de Monsieur Karroubi , d’agents du régime.

Hier, le site Kalameh, qui reflète les opinions de Mir-Hossein Moussavi, rapportait : « Depuis quelques semaines, les forces de sécurité de Mahmoud Ahmadinedjad empêchent les personnalités et les gens ordinaires de rendre visite à Monsieur Moussavi à son bureau. Ils les arrêtent et les relâchent après quelques heures d’interrogatoire, ou les emmènent en détention pour en obtenir des promesses écrites de ne plus rendre visite à ce bureau. »

Mir-Hossein Moussavi, qui continue de protester contre les élections présidentielles frauduleuses de juin 2010 a averti que des mesures de sécurité ne résoudront pas les problèmes de ceux qui sont au pouvoir et affirmé que le mouvement vert était si profondément enraciné qu’il ne serait pas arrêté par l’élimination de personnalités comme lui.

A propos des attaques contre son équipe de campagne qui ont commencé le soir du 12 juin, jour de l’élection, Moussavi a déclaré: « En dehors de beaucoup d’autres preuves et documents, l’objectif de ceux qui ont commis cette fraude lors des élections est devenu clair quand ils ont attaqué le quartier général des élections avant le comptage des votes et ont arrêté des personnalités révolutionnaires et politiques le lendemain des élections et les jours suivants. Heureusement, car cela a permis au public de se faire une opinion beaucoup plus facilement, surtout  lorsqu’ils ont publié deux différents enregistrements de discours de l’un des « commandants en charge ». En tout cas, les restrictions et les abus ont continué depuis avec des hauts et des bas.

Moussavi explique que mettre davantage de pression sur les dirigeants de l’opposition ou même les éliminer n’arrêtera pas le mouvement. « Si le slogan "où est mon vote" a pu, l’année dernière, rassembler des millions de citoyens pacifiques les 15, 18 et 20 juin, aujourd’hui il y a plus de risques d’évènements imprévisibles grâce à la politique répressive du gouvernement durant l’année écoulée, aux conditions de vie inacceptables des citoyens et à la pression internationale due à notre politique étrangère aventureuse. Mon frère Karroubi et moi-même et d’autres sommes les humbles compagnons du peuple. C’est la colère du peuple qu’ils devraient craindre, pas nous.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/september/15//fear-peoples-wrath-not-us.html

samedi 25 septembre 2010

Il faut dire adieu au mot défense en Iran - Fereshteh Ghazi - 1er septembre 2010

Interview exclusive avec Nasrine Sotoudeh après l’attaque de son bureau

L’avocate Nasrine Sotoudeh a parlé à Rooz après l’attaque de son bureau par des agents de sécurité et annoncé qu’elle était citée à comparaître dans un délai de trois jours sous l’accusation de « réunion et conspiration visant à compromettre la sécurité nationale et propagande contre le régime.

Nasrin Sotoudeh réfute ces accusations comme « infondées et absolument mensongères » ; elle décidera si elle doit comparaître après avoir consulté ses avocats et examiné la validité juridique de cette sommation.

Depuis les élections présidentielles contestées de juin 2009, les avocats ont été soumis à de fortes pressions en Iran ; certains sont en prison, d’autres ont été contraints de quitter le pays. L’attaque du domicile de Madame Sotoudeh et la confiscation de ses dossiers, documents et effets personnels n’est que le dernier exemple de cette tendance.

Abdolfatah Soltani et Mohammad Ali Dadkhah sont deux autres avocats de premier plan; ils ont passé des mois dans l’infâme prison d’Evine sous prétexte de sécurité nationale et sont encore soumis à des pressions. Khalil Bahramian a été convoqué à la prison d’Evine pour y être interrogé il y a quelque temps et Saleh Nikbakht a un dossier en cours à la branche judiciaire de la prison d’Evine.

C’est peut-être pourquoi Madame Sotoudeh a dit : « Ces messieurs ont l’intention de mettre tant de pression sur les avocats, en particulier ceux qui défendent des accusés politiques, que la défense devienne impossible. »

Madame Sotoudeh, dont le portable a été confisqué pour la deuxième fois, a dit à Rooz : « J’étais à mon bureau samedi soir quand quatre agents sont arrivés. En même temps, six autres agents se sont rendus à mon domicile où se trouvaient mon mari et mes enfants. Ils m’ont montré un mandat de perquisition pour le bureau et le domicile, signé du procureur de la prison d’Evine, monsieur Farahani. Ce mandat stipulait : « Perquisitionner le bureau et le domicile pour rassembler des preuves et des documents et les confisquer comme preuves de crime. »

Madame Sotoudeh a noté que son portable lui a été confisqué pour la deuxième fois : « La première fois, c’était après l’exécution d’Arash Rahmanipour et on me l’a rendu plus tard. Mais cette fois-ci, ils me l’ont confisqué de nouveau durant la perquisition de samedi. En dépit des objections de mon mari et des miennes, ils ont malheureusement également confisqué les outils de travail de mon mari, le disque dur de son ordinateur ainsi que l’ordinateur de ma fille et les CDs de mon fils. Ils ont perquisitionné la pièce de mon mari ainsi que les chambres de mes enfants, ce qui est totalement illégal.

Madame Sotoudeh, qui représente beaucoup de journalistes et de prisonniers politiques dont Issa Saharkhiz, Keyvan Samimi, Zia Nabavi mais aussi Shirin Ebadi, réfute les accusations portées contre elle : « Je n’accepte pas ces accusations génériques. Il était habituel auparavant d’accuser tous les militants, syndicalistes, étudiants ou civiques, de propagande contre le régime. Depuis les élections de l’année dernière, on a ajouté conspiration et association contre la sécurité nationale. En tant qu’avocate, je déclare que ces accusations sont fausses et humoristiques, non seulement quand elles sont portées contre moi, mais contre quiconque derrière les barreaux sur ces bases : Ahmad Zeidabadi, Keyvan Samimi, Heshmatollah Tabarzadi et beaucoup d’autres. »

Sources: http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/september/01//must-say-goodbye-to-defense-workd-in-iran.html

dimanche 19 septembre 2010

Amputer un voleur de ses mains - Mehrangis Kar

Cinq jeunes dont on a dit qu’ils étaient des voleurs ont été amputés des mains la semaine dernière à Hamedan. Un homme dont les paroles rappelleraient plutôt celles d’un criminel assoiffé de sang mais qui jouit en fait du titre de procureur de la ville d’Hamédan et qui s’appelle Biglari a justifié cet acte dont il a signé l’ordre d’exécution en ces termes :

« La doctrine shiite, dispensatrice de vie, donne de la dignité à l’humanité et respecte les droits des citoyens. C’est pourquoi, elle ne préconise pas d’amputer tous les voleurs de leurs mains mais qu’elle pose 16 conditions à remplir pour l’amputation. »

Biglari énumère ensuite ces conditions et cinq jeunes Iraniens, de moins de 25 ans pour la plupart, remplissent les conditions de l’amputation. « Le bien volé doit avoir un propriétaire privé et le voleur doit avoir commis une effraction, ce qui veut dire que le propriétaire a du prendre les mesures nécessaires pour protéger son bien du vol. »

Les deux conditions soulignées par Biglari sont en fait remplies par les voleurs officiels du régime iranien, ce même régime qui lui a donné le titre lui permettant de commettre cette boucherie au sein de la justice. Une personne sélectionnée par des voleurs et travaillant sous leurs ordres ne peut occuper une fonction de juge indépendant et impartial pour protéger, la vie, la propriété ou la dignité des citoyens et respecter la dignité humaine et l’estime de soi.

Nous savons que les ressources naturelles de l’Iran appartiennent au peuple iranien comme nous savons qu’elles ont été usurpées par de individus et des groupes appartenant au régime et qui se décrivent comme les protecteurs de la doctrine du shiisme, dispensatrice de vie. Il n’y a pas besoin de beaucoup chercher pour découvrir que le régime possède les ressources du peuple. Le président du Majlis, Larijani, qui n’a rien à voir avec l’opposition, qu’elle soit légale ou illégale, et qui compte parmi les coupables du régime, s’est lamenté en protestant que le président et ses collègues ignorent le président du Majlis, qu’ils ridiculisent les pouvoirs de supervision du parlement , qu’ils ne tiennent pas compte des lois et résolutions votées par le Majlis, qu’ils mettent en œuvre les décisions du gouvernement sans l’approbation du Majlis, contrairement à la constitution et s’engagent dans beaucoup d’autres actions similaires, qui, lorsqu’on les examine, démontrent que la propriété et les ressources naturelles de la nation iranienne sont en fait usurpées par des voleurs puissants dont les mains ne sont pas amputées. Cette propriété a bien une « protection », comme le mentionne Biglari, qui devrait être la constitution. Les voleurs sont bien rentrés par effraction et ont volé le bien. Donc, en fonction de cette doctrine shiite dispensatrice d’humanité que Biglari utilise pour amputer de jeunes Iraniens, sans emploi, affamés et dans la misère, ce pays et cette nation devraient être amputés des voleurs de la propriété du peuple, coupables d’effraction.

Il faut de plus se rappeler la mesure historique prise il y a quelques années par le conseil des gardiens et le conseil de surveillance ensemble : ils ont soustrait les fondations et institutions dépendant du guide à la juridiction et à la supervision du Majlis ce qui signifie que ces deux institutions ont délibérément commis une « effraction » (celle de la constitution) au vu et su de tous. Les Iraniens avaient pensé qu’ils avaient réussi à se protéger, ou, pour utiliser les termes religieux, à mettre une barrière de protection, légalement, contre les voleurs. Suivant un article de la loi, une personne doit être amputée des mains si elle commet une effraction contre cette barrière. Le pillage des richesses du peuple iranien a eu lieu, les voleurs ont brisé la barrière et ont été identifiés. Alors, pourquoi ne sont-ils pas punis ? La doctrine Shiite qui protège l’humanité a-t-elle donné à Biglari et à ses complices l’autorisation d’appliquer les 16 critères aux pauvres, aux jeunes, aux chômeurs, aux sans domicile fixe, et à tous ceux qui dépendent des bandits du gouvernement, et, en même temps, ignoré ceux dont les mains puissantes se sont agrippées au peuple iranien, ont brisé les barrières et ont usurpé le pétrole et le gaz de ce pays ? Si le régime n’avait pas pillé, alors, les cinq jeunes iraniens auraient eu une vie humaine correcte, un travail, du bien-être et la sécurité sociale. Et, le plus important, ils auraient encore leurs mains.

Après que Biglari ait ordonné aux bouchers d’amputer cinq Iraniens au sabre, il a commencé à publier des justifications pour tenter de laver ses mains tâchées : « Quand une main est utilisée pour voler et qu’elle cause ainsi des souffrances, elle doit être coupée. » Il a ajouté que le but était « de punir le voleur et de donner une leçon aux autres. » Finalement, il devient condescendant et dit que l’amputation des mains n’a pas eu lieu en public parce que « l’impérialisme global» (un terme qui désigne habituellement les USA) abuse de l’exécution de ces décrets en public et prétend que les droits humains ne sont pas respectés en Iran. »

En rassemblant tous les mots de Biglari, on découvre un criminel qui attaque la nation iranienne en amputant les corps des Iraniens dans le besoin et qui, en même temps, ne cache pas sa peur de « l’impéialisme global » et se demande pourquoi les « criminels » diffusent des allégations contre l’humanité en les (c'est-à-dire les bouchers) traitant de violeurs des droits humains.

Les jeunes Iraniens amputés des mains pour avoir volé ne volent en fait qu’à cause des privations. Quand un régime n’utilise pas les actifs et propriétés d’une nation pour créer de l’emploi, que les importateurs au gouvernement agissent à l’encontre des producteurs nationaux qui ne sont pas au gouvernement, une grande partie de la population vit la pénurie. Biglari lui-même concède qu’on ne peut amputer les mains d’un voleur pendant une année de pénurie. L’un des 16 critères mentionnés par Biglari comme nécessaire pour amputer un voleur de sa main est que le vol ne doit pas avoir eu lieu en temps de pénurie. Biglari sait mieux que quiconque qu’une grande partie de la jeunesse iranienne vit dans la pénurie ; tant que les ressources naturelles clés de notre pays resteront aux mains des occupants voleurs, elle continuera à être pauvre et à vivre dans des conditions difficiles. Si un vol n’est pas commis avec arme mais par nécessité, surtout dans un pays où les voleurs du gouvernement sont occupés à piller la richesse nationale, l’acte n’est pas absolu ; si le gouvernement est désireux d’éliminer l’injustice et la souffrance des nécessiteux sur la base de normes religieuses, il a le devoir d’interpréter la doctrine dispensatrice d’humanité de façon à procurer du pain, de l’eau, un logement et une éducation à la jeunesse. Ne parlons pas de ce que certains des leurs ont dit : non seulement les mains des voleurs ne devraient pas être amputées en temps de pénurie et quand le régime est cruel, mais jusqu’à l’apparition du 12ème imam, de tels châtiments et d’autres (la loi du talion islamique) devraient être interdits, ce qui a une signification pour les shiites.

Ces remarques et ces citations ne rendront pas leurs mains aux cinq jeunes amputés. Ce sont un avertissement à Biglari et à ses complices de craindre les conséquences de leurs actes puisqu’ils ont prouvé par leurs agissements qu’ils ne croyaient pas au jugement dernier. Ils devraient donc penser au châtiment qui les attend en ce monde ; il approche et c’est du sérieux.

Source: http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/article/2010/august/08//cutting-off-a-thiefs-hands.html

lundi 9 août 2010

Le groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire publie un avis condamnant la détention d’Issa Saharkhiz et exigeant sa libération immédiate. - 6 août2010

Dimanche 1er août 2010, les avocats d’Issa Saharkhiz ont reçu l’avis du groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire ; cet avis déclare que sa détention est « arbitraire » et il demande au gouvernement iranien « d’ordonner sa libération immédiate et sans condition » « de lui garantir un procès équitable suivant les normes internationales » et de prendre en compte les dommages et intérêts dus à Monsieur Saharkhiz pour son arrestation et sa détention.

Monsieur Issa Saharkhiz, 56 ans, est un journaliste iranien célèbre et était rédacteur en chef de deux publications iraniennes, le mensuel Aftab et le quotidien Akhbar-e-Eghtesad. Le 4 juillet 2009, des membres en civil de la police iranienne et/ou du Sepah-e-Pasdaran, le corps des gardes révolutionnaires, ont arrêté Monsieur Saharkhiz sans l’informer des charges qui pesaient contre lui ni de la base légale de sa détention. Les agents ont sévèrement battu Monsieur Saharkhiz lors de son arrestation, lui causant de nombreuses blessures dont des côtes cassées et des blessures à la poitrine, à l’épaule et aux poignets. Les autorités ont soumis Monsieur Saharkhiz à d’autres abus suite à son arrestation et pendant sa détention à l’isolement. Monsieur Saharkhiz a été arrêté juste deux jours après la publication d’articles critiquant la conduite du gouvernement iranien pendant les élections présidentielles de l’année dernière.

Plus tôt,  cet été, les autorités iraniennes ont accusé Monsieur Saharkhiz de propagande contre l’état et d’offense aux membres du gouvernement et au guide suprême. Monsieur Saharkhiz a réfuté ces allégations et a déclaré devant le tribunal iranien avoir été torturé et battu pendant sa détention. Monsieur Saharkhiz a également condamné les élections présidentielles iraniennes les traitant de « coup d’état » et affirmé que la constitution iranienne protège les droits à la liberté de parole et de rassemblement pacifique. Les autorités iraniennes n’ont pas encore répondu publiquement à la déclaration du groupe de travail des Nations Unies sur de détention arbitraire. Jusqu’à ce jour, Monsieur Saharkhiz est toujours emprisonné dans la célèbre prison iranienne d’Evine. *

Bahram Seyedin-Nour et Nima Milaninia du cabinet Wilson Sonsini Goodrich & Rosati représentaient Monsieur Saharkhiz pour sa requête pro bono. Pour toute question sur ce sujet, merci de contacter Mehdi Saharkhiz : onlymehdi@gmail.com.
 

* Monsieur Saharkhiz se trouve en fait à la prison de Radjaï-Shahr

samedi 7 août 2010

L’expérience de mon épouse en prison - Taghi Rahmani - 19 juillet 2010

« Le respect de la loi en ce qui concerne les accusations à l’encontre des prisonniers, voila le vœu d’un homme nommé Taghi Rahmani qui a été emprisonné 14 ans en république islamique d’Iran. »

Voici ma réponse à la question qu’un jeune homme m’avait posée avant les élections présidentielles de 2009 en Iran, sur ce qui me poussait à voter Mehdi Karroubi ; je crois que Karroubi a rencontré les prisonniers politiques avec grâce, entendu leurs problèmes et fait tout ce qu’il pouvait pour protéger leurs droits.

J’ai raconté cette anecdote pour parler de la façon dont mon épouse Nargues Mohammadi a été arrêtée et traitée.

Mon épouse Nargues Mohammadi a été arrêtée à minuit. Elle a été interrogée toute la nuit jusqu’à l’aube. Durant les premières heures de son interrogatoire, elle a été insultée de la pire des façons. On l’a comparée à des prostituées ce qui l’a mise en colère.

Après que Nargues ait été arrêtée par des agents du ministère du renseignement, le procureur de Téhéran lui a demandé : « Pourquoi avoir permis à quelqu’un sans mandat d’arrêt de pénétrer à votre domicile ? Pourquoi leur avoir permis de le perquisitionner ? » Nargues répondit : « Nous avons protesté mais personne ne nous a écouté. »

Nargues a souffert d’intenses cramps musculaires après son interrogatoire. Elle a eu des crises deux fois par jour pendant deux semaines. Malgré cela, les interrogatoires ont continué. Les sessions étaient longues et les questions répétitives. Elles portaient sur les déclarations du Centre et incluaient des menaces.

Une fois, Nargues s’est écroulée en raison d’une crise nerveuse. Puis, cela s’est reproduit. On l’a jetée dans les escaliers. Sa santé s’est détériorée en dépit des tranquillisants qu’elle prenait et un docteur a même dit aux personnes qui l’interrogeaient qu’elle mourait mourir.

Mais que voulaient-il tirer de Nargues ? Ils voulaient qu’elle condamne le Centre de Défense des Militants des Droits Humains, le Conseil National de la Paix et d’autres ONGs avec lesquelles elle travaillait. Je demande donc où est la limite entre la sécurité et la procédure judiciaire au sein de la Justice ?

On peut ignorer le pressions psychologiques et mentales imposées à une mère de jumeaux de 3 ans et demi et de la privation dont elle a souffert n’ayant pu voir ses enfants pendant les 20 premiers jours de sa détention, mais comment laisser passer la façon dont une personne malade a été interrogée ?

Les différents entre le procureur et l’appareil sécuritaire ont travaillé contre Nargues Mohammadi. Mais qu’en est-il de sa famille et de ce qu’elle a du endurer ?

La famille a été mise dans une situation difficile après son arrestation. Des questions comme, où est-elle ? Quand va-t-elle téléphoner ? etc.. m’ont hanté pendant des jours. Nous nous doutions bien que l’absence de nouvelles drerait longtemps, mais Nargues a téléphoné plus rapidement que prévu. Elle a dit qu’elle n’allait pas bien et m’a demandé d’apporter son dossier médical à la prison d’Evine.

Nous avons apporté son dossier médical et expliqué les dangers de sa maladie. Mais nous avons du le faire plusieurs fois parce qu’à chaque fois que nous expliquions son état, ils disaient qu’ils avaient perdu le dossier. A la fin, ils acceptaient de prendre son dossier.

Quand Nargues a été relâchée, elle avait énormément perdu de poids. Elle a parlé de ses jours d’interrogatoires et dit qu’elle n’avait alors que deux soucis, ses enfants et cette militante Zeinab Djalalian qui risquait la pendaison.

Quelques jours après sa libération, Nargues a été prise de crampes alors qu’elle marchait dans la rue ; elle a été hospitalisée et libérée 10 jours plus tard.

J’ai raconté ceci pour expliquer, en tant que citoyen ayant passé plus de 14 ans en prison, ayant milité politiquement et intellectuellement depuis 1974, n’ayant jamais eu aucune responsabilité politique, je demande le respect de la loi pour les prisonniers.

C’est l’expérience d’un homme qui a passé des années sur les champs de bataille politiques et intellectuels de la société et de quelqu’un qui a fait de la prison et qui a vu sa famille être emprisonné. Il faut vivre cette situation pour comprendre ce dont je parle, croyez-moi

Source: http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/article/2010/july/19//my-husbands-prison-experience-narges-mohammadi.html

dimanche 1 août 2010

Kaveh Ghoreishi - Les frères Alaei privés du droit à la libération conditionnelle

25 juillet 2010

Massoud Shafei dans une interview exclusive avec Rooz:

L’avocat des frères Alaei lors du second anniversaire de leur arrestation : « Les efforts des organisations pour les droits humains et pour les droits des médecins sont restés sans effet pour les frères Alaei et le responsable de la justice s’est opposé à un amendement de leurs verdicts. » La semaine dernière, les médecins pour la défense des droits humains ont publié une déclaration demandant la libération d’Arash et Kamyar Alaei, deux médecins luttant activement contre le SIDA en Iran.

Rooz: Monsieur. Shafei, de quoi accuse-t-on les frères Alaei et ont-ils avoué ?

Masoud Shafei (Shafei): Suivant l’acte d’accusation, les deux frères ont été accusés d’agissements contre la sécurité nationale pour coopération avec un état ennemi, dans ce cas, les Etats-Unis. L’acte d’accusation cite l’article 508 du code pénal islamique selon lequel quiconque coopère avec des états ennemis de la république islamique sera condamné à un emprisonnement de un à dix ans, à moins qu’il ne soit condamné pour Moharebeh [ennemi de Dieu]. L’accusation de Moharebeh ne s’appliquait pas au dossier des frères Alaei, ce qui leur laisse un à dix ans d’emprisonnement pour coopération avec un état ennemi. Nous avons prouvé que les Etats-Unis n’étaient pas un pays ennemi. Nous avons cité plusieurs décisions de la cour suprême qui ne considérait pas les Etats-Unis comme un pays ennemi. A cette époque, seul le gouvernement irakien était considéré comme ennemi, à cause de la guerre de huit ans. Nous avons plaidé et finalement prouvé que les Etats-Unis ne pouvaient pas déclencher l’article 508. De plus, l’article stipule que quiconque coopère avec un état ennemi contre la république islamique sera condamné. Les frères Alaei n’ont absolument pas travaillé avec le gouvernement américain. Ils n’ont travaillé qu’avec des fondations et des institutions scientifiques.

Rooz: Quand et comment s’est passé le procès des frères Alaei ?

Shafei: Malheureusement, même si le procès devait se passer à huis clos, plusieurs agents du ministère du renseignement y étaient présents, ce à quoi j’ai objecté. Le juge n’a pas pris mon objection en considération les présentant comme des experts. Mais même les experts ne sont pas admis à un huis clos parce que les experts donnent leurs expertises avant le procès. Nous avons constaté l’incapacité du juge à diriger ce procès et a empêché les soi-disant experts d’intervenir dans la procédure

Rooz: Avez-vous pu rencontrer vos clients pendant les deux années passées ? Ont-ils pu utiliser leur droit de permission ?

Shafei: Je dois dire qu’heureusement, les frères Alaei ont eu des permissions. Les membres de leur famille et moi-même avons pu les rencontrer. Je les ai vus il y a quelques semaines. Pendant cette réunion, ils ont mentionné des restrictions en prison mais n’ont pas parler ouvertement de leurs conditions de vie en prison. Leur silence vient de ce qu’ils veulent protéger leurs droits à des permissions. Nous avons constat que s’ils protestent contre leurs conditions de détention, le peu de droits qu’ils ont leur sont retirés.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/25//alaei-brothers-deprived-from-right-to-conditional-release.html

Shiva Nazar Ahari décrite par sa mère

Shiva a passé plus de 7 mois à la prison d’Evine l’année passée. Sa mère, Sharzad Kariman, a donné une longue interview à la campagne internationale pour les droits humains en Iran où elle raconte l’histoire de sa fille parce que, selon ses propres mots, « pour avoir choisi le droit chemin, elle va passer toute sa 25ème année en prison. » Shiva a été arrêtée une première fois le lendemain de l’annonce des résultats des élections, le 14 juin 2009 puis de nouveau en mars 2010. Suite à se seconde arrestation, Shiva est en prison depuis quatre mois. Madame Karimi dit que son mandat d’arrêt date d’une semaine avant son arrestation. Elle répète à plusieurs reprises que sa fille n’a rien fait d’illégal et que le fait qu’elle milite pour les droits humains en Iran est approuvée par elle-même et par le père de Shiva.

« A 2 heures du matin, le jour suivant l’annonce des résultats des élections, des agents du renseignement sont venus chez nous pour la chercher ; comme elle n’était pas à la maison, ils se sont rendus sur son lieu de travail ; le mandat d’arrêt qu’ils m’ont montré était daté d’une semaine avant. Shiva a été arrêtée le 14 juin alors que le mandat portait la date du 6 juin et que son nom avait été ajouté par la suite. »


Beaucoup de ceux emprisonnés pour activités politiques, journalisme, défense des droits humains ou activités tournant autour de l’égalité homme – femme ont entre 20 et 30 ans. Shiva Nazar Ahari est née le 10 juin 1984. Sa première arrestation a eu lieu le 20 sharivar 1381, alors qu’elle n’avait que 18 ans. Le 20 shahrivar correspond au 11 septembre, l’anniversaire des attaques terroristes aux USA. La mère de Shiva : « J’ai toujours dit aux enquêteurs que si elle avait commencé à s’engager dans la politique, le chemin en avait été pavé par les enquêteurs. »


Anniversaire du 11 septembre et première arrestation de Shiva


Sharzad Kariman : « A cette époque, je faisais à peu près tout pour mes enfants, par exemple les achats de papeterie et d’autres choses. Le 11 septembre 2002, j’avais eu un accident de voiture et me remettais de l’opération, je n’ai donc pas pu aller à l’université pour acheter les livres de Shiva. Elle venait de s’inscrire au concours d’entrée à l’université et avait des cours pour préparer l’examen. Pour la première fois, elle est allée seule à l’université pour acheter ses livres et a été arrêtée. »


Sa famille a cherché Shiva pendant des heures sans aucun signe, sans personne pour répondre jusqu’à ce qu’elle appelle le poste de police 110 et qu’elle découvre qu’elle avait été arrêtée. « Lors d’une conversation téléphonique, un homme m’a dit de ne pas m’inquiéter et qu’il ne m’avait rien dit mais que Shiva avait été arrêtée et qu’on allait me contacter. »


« Pendant 20 jours, nous n’avons pas eu de nouvelles d’elle et nous avons cherché partour. Pendant ce temps, nous ne pouvions nous réjouir que de ce qu’un homme du poste 110 nous avait dit, elle avait été arrêtée. Au bout de 20 jours un homme est venu nous voir pour enquêter. On m’a demandé pourquoi elle était allée à l’université. J’ai répondu qu’elle devait acheter ses livres. J’avais encore des pansements au visage et j’ai parlé de mon état qui était la raison pour laquelle elle y était allée seule. Au bout de deux ou trois jours, on nous a dit qu’elle était à la section 209 de la prison d’Evine et que la caution avait été fixée à 40.000 USD. »


Shiva n’a jamais parlé à sa famille des jours qu’elle a passés en prison. « Je l’ai entendue répéter à ses amies que sa cellule était si petite que si elle étendait les bras ou les jambes elle touchait les murs et que la nourriture était infecte. Au tribunal, elle a eu une amende de 200USD. Je lui ai demandé pourquoi elle avait eu cette amende, elle m’a répondu qu’on avait trouvé deux bougies dans son sac. Je leur ai dit que les bougies ne lui appartenaient pas comme elle l’avait elle-même attesté mais qu’elle les apportait pour quelqu’un qui n’avait pas de sac. »


Shiva refusa catégoriquement de payer l’amende disant qu’elle préférait faire de la prison. « Shiva dit que son père était retraité et qu’il n’y avait pas de raison pour qu’il paie l’amende. Nous l’avons quand même payée. »


La même année, en 2002, Shiva réussit le concours et fut admise à l’école d’ingénieurs Omran. Durant ces années, les activités de Shiva étaient en relation avec les droits humains ; en tant que membre du comité des étudiants, elle défendait les droits des prisonniers politiques, des enfants et des femmes. « Peut lui importait qui était le prisonnier, avec qui il était associé ou à quelle organisation il appartenait. » Elle a même protesté contre la conduite des militaires envers les personnes arrêtées, alors qu’ils mettaient en place un plan pour lutter contre les « hooligans » en utilisant une brutalité sans précédent.


« Shiva parlait souvent aux prisonniers et à leurs mères. Ses amis lui disaient de ne pas travailler pour eux, que c’étaient des hooligans. Elle répondait que peu lui importait à partir du moment où ils étaient des êtres humains. Ils ont des droits légitimes et on ne devrait pas se conduire ainsi envers eux. » « Si on avait écouté Shiva, des personnes comme Rouhollah Amini ou Mohammad Kamrani, la fleur de la nation n’auraient pas péri à Kahrizak. »


Shiva fut de nouveau arrêtée le 8 juillet 204 sur le boulevard Keshavarz à l’occasion d’un rassemblement devant le bureau de l’ONU, en solidarité avec les prisonniers politiques. Cette fois, elle était avec sa mère qui soutenait toujours ses activités. « Nous avons fait tous les bureaux. Nous y étions encore à quatre heures du matin. Ils ont fini par nous reconduire. » La mère de Shiva dit qu’ils ont arrêté tout le monde « j’ai été relâchée au bout d’une semaine mais Shiva est restée en prison un mois. Elle a de nouveau été libérée sous une caution de 40.000 USD. Au tribunal elle a pris un an avec sursis pour 5 ans.


Shiva Nazar-Ahari a commencé à défendre les enfants avec l’ONG « Travail des enfants ». Elle éduquait les enfants à la gare Nematabad, au sud de Téhéran, jusqu’à ce qu’elle termine l’université et commence à travailler. Elle a continuer à leur enseigner une ou deux fois par semaine. D’après la mère de Shiva, elle a été arrêtée 3 ou 4 fois entre 2002 et 2004.



Dévouée à ses amis et a sa famille


Shiva a commencé à aider les autres à la maison ; sa dévotion à ses parents et à sa famille a nourri ses activités. « Comme les résultats de Shiva à l’université étaient excellents, elle aidait toujours ses sœurs. Quand elle a commencé à travailler, elle a voulu aider son père qui avait travaillé dur pour lui permettre de poursuivre ses études. Shiva a dit que, comme son père était retraité, elle ferait de son mieux pour nous rendre nos bontés. Elle se conduisait de la même façon dans la rue et avec ses amis travaillant collectivement »


« Ses amis nous disent que le comité central se fait beaucoup de souci pour Shiva et demande sans arrêt de ses nouvelles ; les enfants aussi demandent si Tata Shiva ne les aime plus. Ils ne savent quoi répondre… Shiva ne voulait rien pour elle-même. A chaque paie, elle commençait par répondre aux besoins de ses amis. Elle était tellement aimée sur son lieu de travail que lorsqu’elle est revenue après trois mois de prison ils l’ont reprise avec plaisir. Même maintenant au bout de sept mois, les ingénieurs et les directeurs de la société appellent pour demander de ses nouvelles et me disent qu’ils ne remplaceront jamais Shiva, une collègue si bonne et fiable. »


« Elle a de bonnes relations avec nous et avec tout le monde. Aucun membre de notre famille n’a été dérangé par Shiva et il en va de même pour ses amis. Peu importe comment on la traitait, elle ne montrait aucune réaction négative. Elle était gentille et compatissante avec nous. Elle est encore à l’isolement mais ses amis qui ont été relâchés nous disent qu’elle a fait des marques sur le mur, par exemple pour la date du concours d’entrée à l’université de sa jeune sœur. Elle était anxieuse et espérait que Nazanine réussirait. Quand elle a appelé, Shiva a demandé les résultats de Nazanine qu concours. Je lui demandais de parler d’elle et pourquoi elle s’inquiétait de l’examen de sa sœur. Elle m’a dit qu’elle se faisait constamment du souci pour sa sœur. »


Shahrzad Kariman est tout à fait sûre des activités de Shiva et l’admire. « J’ai accepté le chemin qu’elle a choisi parce que ce n’est pas un mauvais chemin. Défendre les droits humains, est-ce un crime ? Il est pénible d’entendre que cela va à l’encontre de la sécurité nationale. Si quelqu’un prend les armes et agit, alors cela va à l’encontre de la sécurité nationale. Shiva ne ferait pas de mal à une mouche, et elle n’a fait qu’aider les gens et pourtant elle a été accusée d’agissements à l’encontre de la sécurité nationale. »


Shiva Nazar Ahari et ses rêves


« Shiva disait toujours qu’elle espérait que la discrimination cesse, qu’elle ne voulait plus voir les enfants mendier dans la rue pour prédire l’avenir ou quelqu’un en désaccord avec les droits humains. Elle disait qu’elle ferait de son mieux pour que la situation actuelle cesse. Elle n’avait pas que ceux qui étaient financièrement à l’aise participe à ses activités mais ceux qui n’avaient pas les moyens ne le faisaient pas ou ne pouvaient pas le faire. »

« Une fois, elle est revenue à la maison avec beaucoup de cartes pour prédire l’avenir. Je lui ai demandé pourquoi elle en avait acheté tant, elle m’a répondu que l’enfant lui avait dit que s’il n’avait pas tout vendu avant de rentrer à la maison, il serait battu. Quand elle allait au bureau central elle a interrogé un enfant sur les meurtrissures de la moitié de son visage et a appris que son père l’avait battu parce qu’il n’avait pas ramené suffisamment d’argent. Elle espérait un futur où les enfants ne seraient plus obligés de travailler et ne seraient plus exécutés. Elle espérait que les enfants ne soient pas obligés de vivre dans une situation qui entrave leur croissance. »



« J’accepte sa voie … la défense des droits humains est-elle un crime ? »


Critiquant les accusations qui pèsent sur Shiva et à propos de ses mois de détention : « Qui a vu sa sécurité mise en danger par Shiva ? Toutes ses activités rentrent dans le cadre des limites imposées par la république islamique d’Iran, elle n’agit pas contre le gouvernement, elle ne fait qu’aider des êtres humains. Son père, le peuple d’Iran et moi-même ont accepté sa voie. Si l’on interroge Shiva et ses semblables sur leurs activités, tout le monde comprend, non seulement qu’elle n’a pas choisi un mauvais chemin, mais que c’est exactement ce qu’il faut faire et qu’elle a été emprisonnée à tort. Qu’a-t-elle fait pour mériter de passer sa 25ème année et son 26ème anniversaire derrière les barreaux ? Plus j’y pense, plus je refuse l’incarcération de Shiva. »

La mère de Shiva a discuté de tous ces points à de multiples reprises avec les enquêteurs. « J’ai dit à celui qui traitait son dossier qu’il était impossible que Shiva ait fait le mal et mes derniers mots pour lui ont été qu’on devrait épargner la prison à Shiva et à ses semblables. La prison est un endroit pour ceux qui viole la dignité des gens ou qui assassinent. Mais ces jeunes n’ont rien fait de mal et ils ne devraient pas passer les meilleures années de leur vie derrière les barreaux. Je dirais seulement que j’espère que Dieu les ait en sa sainte garde et qu’il n’hésitera pas à protéger les protéger en ces temps très difficiles, loin de leur famille, pour leur permettre de tout supporter. »

Les derniers mots de la mère de Shiva, dont la voix vibre d’enthousiasme à chaque fois qu’elle mentionne Shiva : « J’espère que très bientôt les portes de ces prisons s’ouvriront pour que ces perles puissent de nouveau être embrassées au sein de leurs familles. »



Source: International Campaign for Human Rights in Iran - Traduction: @MrZand