dimanche 11 juillet 2010

Les yeux et les oreilles du Mouvement Vert - Ebrahim Nabavi

3 juillet 2010

Plus d’un an s’est écoulé depuis l’avènement du Mouvement Vert. Aujourd’hui, je voudrais vous parler de choses que vous pourriez ignorez à propos du Mouvement Vert.

Premièrement, le Mouvement Vert n’est pas un mouvement religieux, mais on ne peut pas non plus en dire qu’il soit laïc, on pourrait dire que c’est un mouvement non religieux avec des dirigeants religieux. C’est l’une des voies d’expansion de la démocratie dans le monde islamique. Le Mouvement Vert est apparu dans une société religieuse, non pas parce que nous sommes amoureux de la religion, non, nous n’aimons pas du tout la société religieuse, mais nous vivons dans la réalité et si quelqu’un vous dit que l’Iran du futur sera une société laïque, ne prenez pas ses remarques au sérieux pour les cinquante prochaines années. Et même après cinquante ans, seul Henry Kissinger pourrait vous prédire l’avenir.

Deuxièmement, le Mouvement Vert a un dirigeant, Mir Hossein Moussavi dirige ce Mouvement mais lui et les autres dirigeants du Mouvement comme Khatami et Karroubi n’ont jamais déclaré en être les dirigeants parce que les dirigeants entretiennent une relation totalement réciproque avec ses sympathisants. Cinquante pour cent du contenu des pensées, des revendications et des paroles de Mir Hossein Moussavi ont changé au cours de l’année dernière, non par manque de pensée structurée, mais à cause de l’interaction et du dialogue qu’il entretient avec les sympathisants et plus particulièrement les dirigeants de niveau intermédiaire du Mouvement.

Troisièmement, le Mouvement Vert est pacifique. Pendant l’année écoulée, des milliers d’Iraniens ont été emprisonnés, blessés, exilés, torturés et plus d’une centaine tués dans la rue, tout cela parce que le régime a peur de l’expansion du mouvement et qu’il utilise largement la violence contre la population. Cette année, le 12 juin, le peuple avait prévu de descendre dans la rue pour l’anniversaire du coup d’état ; en dépit de l’article 27 de la constitution, le gouvernement ne lui en a pas donné l’autorisation. Le but du Mouvement Vert n’est pas de rassembler une foule forte de dix mille personnes dans la rue pour ainsi provoquer des dizaines de morts et des centaines de prisonniers. Quand trois millions de personnes descendent dans la rue, même une grande armée ne peut les contrôler, mais quand il y a cinq mille personnes, cinq cent personnes suffisent pour les contrôler.

Quatrièmement : Le régime affronte actuellement de nombreux conflits. Après l’anniversaire de la mort de l’ayatollah Khomeiny et la dispute entre le petit-fils de Khomeiny et Ahmadinedjad, le camp du gouvernement a perdu beaucoup de partisans. Beaucoup de parlementaires vont revenir vers le peuple et une part importante de diplomates ne rentrera probablement jamais en Iran. Le régime a déjà perdu deux à cinq personnes proches du guide ; de l’autre côté, le Mouvement Vert est en train de trouver une certaine cohésion se transformant de foule chaotique en une organisation claire. Depuis maintenant un mois, l’ambiance s’est ouverte pour les militants, particulièrement dans les villes ; le Mouvement Vert a la possibilité de faire passer des mots d’ordre en utilisant les graffiti muraux et en distribuant des tracts. Tout cela à cause de la dissension intense au sein des conservateurs eux-mêmes. Nous prions pour que ces dissensions continuent.

Cinquièmement : Tout ce qui précède pour amener la discussion sur les médias. En Iran, sept chaînes, des dizaines de stations de radio, des centaines de journaux et des milliers de sites Web supervisés par le gouvernement, les conservateurs, le guide et Ahmadinedjad racontent des dizaines de mensonges à la minute. De plus, trente chaînes de télévision en Persan basées à Los Angeles empêchent les gens de penser en diffusant sans arrêt de vieux films. De l’autre côté, le gouvernement attaque Internet en le censurant et en mettant sur pieds une cyber-armée qui empêchent les Iraniens d’accéder aux images télé et à la radio par le brouillage, tandis que les journaux indépendants ont été fermés depuis longtemps. Notre principal souci est de lancer une chaîne pour instiller le souffle de la liberté dans le pays. Depuis un certain temps, les Américains parlent de créer un Internet libre de toute censure en Iran. Monsieur McCain y travaille d’arrache-pied ; à chaque fois qu’il en parle, quelques journalistes de plus sont arrêtés et, bien sûr, il ne se passe rien d’important.

Sixièmement : Pour lancer un média indépendant en dehors du pays, nous avons une grande contrainte : nous ne pouvons pas recevoir de fonds depuis l’extérieur de ‘Iran. Utiliser de l’argent serait lâcher une gazelle dans un champ où se trouverait des centaines de chasseurs, dont certains utiliseraient des tanks pour la chasser. Recevoir une aide financière de l’Europe ou des Etats-Unis ce serait tirer une balle dans la tête de nos collègues en Iran. Mon amère expérience personnelle avec la BBC Persian, VOA, Radio Zamaaneh et Deutsche Welle montre que les médias en Persan font grand cas de leurs gouvernements. Il arrive que les dommages causés par une chaîne comme la BBC excède mille fois les bénéfices que l’on pourrait en tirer. Ils ont pris deux cents de nos meilleurs auteurs qui avaient des centaines de milliers de lecteurs pour les transformer en employés d’une organisation qui est considérée depuis longtemps avec suspicion par certains Iraniens qui croient que les Anglais sont responsables de tout ce qui peut arriver de mal en Iran. En plus, l’intervention constante des Européens dans les affaires des médias qui fonctionnent grâce à l’argent de l’Europe détruit ces médias en pratique. Un exemple est Radio Zamaaneh qui s’est effondrée. Après des mois d’efforts, Euronews n’est toujours arrivé à rien et il semble qu’ils cherchent encore des traducteurs en Persan pour leurs employés.

Septièmement : Malheureusement et à cause de conseillers iraniens d’un autre siècle ; beaucoup de gouvernements occidentaux font du mal au mouvement en faveur de la démocratie au lieu de l’aider. Il y a trois ou quatre ans, nous avons rencontré des problèmes pour transférer mille euros de France en Belgique parce que nous travaillions pour un site Web d’opposition. Dans le même temps, en Europe, des millions d’euros provenant de fonds iraniens appartenant au régime et aux gardes révolutionnaires étaient utilisés pour des buts qui violaient les traités de l’ONU. Pendant de nombreuses années, nous avons expliqué que nous n’étions pas des terroristes et qu’en fait nous étions opposés au terrorisme, mais le représentant de la banque s’était bloqué sur le mot « Iran » ce qui a fait que nous avons retiré le mot « Iran » du nom de notre entreprise. Alors que nous parlons, on donne des milliers de dollars au Canada et aux Etats-Unis au nom de « l’aide aux journalistes » ; ces individus non seulement ne font rien pour le mouvement de la liberté en Iran mais ils montent des dossiers contre les journalistes de l’intérieur du pays. Beaucoup de journaux de droite en Iran reçoivent les subventions que vous leur envoyez.

Huitièmement : L’état iranien utilise trois méthodes pour empêcher toute activité politique : la censure, créer un manque de confiance et empêcher la formation d’une organisation. Ce sont les trois mesures les plus importantes prises par le ministère du renseignement. Notre grande chance est Internet. En pratique, et particulièrement dans des conditions adéquates, Internet nous libère des limites mises par les ministères de l’information et du renseignement et nous sert d’organisation ; il élimine la censure et prépare la voie de la confiance mutuelle. Le danger de l’Internet et notre grand problème est l’infiltration d’éléments du ministère de l’information qui ont accès à nos données et sont informés de nos plans. C’est plus facile pour les réseaux sociaux et plus difficiles avec les boîtes mails et les sites Web personnels. Quelques unes des meilleures armes à la disposition du Mouvement Vert en Iran sont Balatarin, Facebook et Twitter. Même si Balatarin est également utilisé par les sympathisants radicaux du gouvernement et d’attaques militaires contre l’Iran, c’est une source puissante pour diffuser rapidement de l’information et des nouvelles à travers le pays. En fait durant l’année écoulée, les sites Balatarin, Facebook, Rooz Online et Jaras ont servi de sites d’information et ont compensé le manque d’organisation et brisé la censure. Quand nous sommes descendu dans la rue, nous avons vraiment dit ce que nous pensions sur Facebook.

Neuvièmement : En dépit de tous les problèmes actuels, on peut suivre notre travail en Iran grâce à la conversion des médias. On envoie beaucoup des messages diffusés par notre télévision ou Internet à ceux qui n’y ont pas accès par tracts ou CDs vidéo. Suite au coup d’état d’Ahmadinedjad du 12 juin, nous avons essayé d’utiliser des médias proches du peuple et nous rencontrons ainsi un certain succès.

Dixièmement : Il est intéressant de noter que la foi d’un grand nombre de nos amis en l’occident se base sur la foi qui sous-tend la propagande de la république islamique. Contrairement à ce que raconte la propagande du régime iranien, il n’est pas exact que tous les ruraux soutiennent Ahmadinedjad, la moitié d’entre eux peut-être, de toutes façons les zones rurales ne représentent que moins de vingt pour cent de la population iranienne. Contrairement à ce qui se dit, le mouvement pour la liberté en Iran n’est pas un mouvement des classes moyennes. Il est bien réparti et la plupart des morts et des prisonniers viennent des classes pauvres tandis que les commandants de l’armée sont millionnaires et même, milliardaires. Principalement à cause du régime, la plupart des gens éduqués sont considérés comme relativement pauvres et la classe riche du pays est formée de dirigeants, de militaires et de religieux. Contrairement aux dires de la propagande, le groupe le plus important dans la lutte contre le régime et pour la séparation de la religion et de l’état est composé de religieux modérés et de groupes islamo démocratiques, tandis qu’une large portion des soutiens du gouvernement n’y sont liés que par leur dépendance de l’armée du gouvernement sans connotations religieuse.

Onzièmement : Basé sur ce qui précède, nous voudrions demander aux Européens qui pensent vouloir nous aider « pensez davantage à vous-mêmes ». Si la bombe qui menace notre vie en tant qu’Iraniens explose c’est toute la planète qui sera menacée. Le principal problème pour les Iraniens aujourd’hui, c’est l’information. Nous devons donner des informations correctes à l’intérieur de l’Iran. En le faisant, nous pourrons également les diffuser au monde entier. Nous ne vous demandons pas d’argent, mais essayez de nous donner la possibilité de nous libérer de la tyrannie. Ce que nous vous demandons à vous Européens, c’est la permission d’avoir une chaîne de télévision. Nous voudrions que vous nous répondiez un peu plus vite. Nous ne voulons pas troubler votre conscience et que vous nous demandiez « de quoi avez-vous besoin ? » pour nous abandonner plus tard dans un nuage d’incertitude. La principale demande du mouvement pour la liberté en Iran, c’est la prise de conscience et plus spécifiquement une chaîne de télévision pour diffuser les informations correctement et complètement.

Vous avez goûté au goût amer du fascisme durant la seconde guerre mondiale. Vous savez ce qu’est le danger. Nous sommes dans la même situation. A l’intérieur de l’Iran, la vie est plus animée, tout est plus dynamique et des millions de gens veulent se débarrasser de Satan. S’en débarrasser suffira, alors, ils pourront choisir par eux-mêmes s’ils veulent vivre en enfer ou au paradis.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/article/2010/july/03//the-eyes-and-ears-of-the-green-movement.html





Lettre de Madjid Tavakoli - 6 juillet 2010

Mercredi 7 juillet 2010 – Madjid Tavakoli, étudiant emprisonné de l’université Amir-Kabir (AUT) a écrit une lettre à l’occasion de l’anniversaire de l’attaque des cités universitaires du 9 juillet 1999 (18 tir). Texte intégral de la lettre publié par HRANA :
 
Le onzième anniversaire de l’attaque des cités universitaires, le 9 juillet, arrive et notre douleur persiste. A la veille de cet anniversaire, les bougies sont allumées pour nous rappeler une époque où notre liberté fut sacrifiée dans un complot comprenant des meurtres en série et l’interdiction de tous les journaux. Comme toujours, les étudiants étaient à l’avant-garde de cette lutte contre l’autoritarisme, mais hélas, les crimes commis dans les cités universitaires furent des atrocités sans précédent.
 
La trahison de notre désir historique de liberté et de notre lutte nationale pour l’atteindre a conduit à la fin de la démocratie et à une impasse pour la république. Les universités devinrent le foyer de la violence. Le respect fut piétiné, les frontières violées et les portes du sanctuaire des étudiants finalement enfoncées.
 
Ils ont détruit et brûlé tout ce qu’ils ont vu. Les étudiants sans défense devinrent la cible des matraques et des tirs, tout cela au nom de la religion et pour soutenir le guide suprême. Nos condisciples furent défenestrés, des nuits encore plus sanglantes, des journées encore plus douloureuses.
 
Le 9 juillet fut imbibé de sang ; ils ont détruit et brûlé jusqu’à ce que tout ne soit que cendres. Ils se sont assurés que la douleur infligée durerait des mois, des années. Le temps s’est arrêté ce 9 juillet et l’université est devenue le symbole éternel de la lutte des étudiants contre l’autoritarisme et pour la liberté. Dix ans plus tard, la haine de la tyrannie perdure au cœur des témoins de ce 9 juillet. L’histoire douloureuse du 9 juillet s’est perpétuée en 2009 quand le pouvoir en place prit sur lui d’utiliser la violence pour violer et tuer nos condisciples, changeant les salles de torture de la prison de Kahrizak en une exposition des crimes les plus haineux et les plus amers de ces années.

Il s’est trouvé partout dans le gouvernement, des individus plus que désireux d’envoyer des innocents dans les salles de torture de la prison de Kahrizak après les avoir réprimés et arrêtés le 9 juillet. Ils ont utilisé les techniques de torture les plus haïssables sur ceux dont le seul crime était d’être étudiant ; il y a eu beaucoup de morts sous le viol et la torture.
 
Tandis que le 9 juillet était devenu éternel, nous avons vu, cette année, la naissance du Mouvement Vert. Ce qui s’est passé la veille du 15 juin 2009 dans les cités universitaires, ce n’était que l’histoire qui se répétait : manifestations, tromperies, violence, superstition, flagornerie, tricheries, meurtres, cruauté et crimes. Cette fois-ci, les balles ont été ajoutées à la myriade des autres armes. Si le 9 juillet est le symbole du courage et de l’honnêteté de la résistance de l’université, le 15 juin 2009 et les manifestations qui l’ont suivi sont le symbole du courage et du refus de la violence de la tyrannie et de l’esclandre.
 
Le guide suprême, décisionnaire pour tout ce qui a suivi les élections de 1999, a mentionné les atrocités commises dans les cités universitaires mais hélas, comme pour les crimes de la prison de Kahrizak, ce n’était que des gesticulations sans signification causées par la nervosité ; les évènements du 9 juillet sont ainsi commodément oubliés. Les discours sous le coup de l’émotion et les conduites irrationnelles se sont multipliés, les responsabilités ont été oubliées. Si commentaire il y avait, ce n’était que pour menacer les dirigeants Verts et les militants politiques. Ceux qui posaient des questions ne s’attendaient pas à l’extrémisme et à la répression. De la même façon, le coup d’état contre le gouvernement au pouvoir le 9 juillet 1999 n’a jamais fait l’objet d’une enquête.
 
2009 est certes derrière nous mais les années d’absence de gouvernance, de manque de responsabilité envers ces évènements amers perdure. La dignité du peuple iranien est restée intacte malgré tout. Même si notre peuple est devenu plus alerte que jamais et s’il a prouvé au monde entier qu’il méritait un gouvernement meilleur, les souvenirs amers des évènements de l’université restent intacts.
 
L’intensification des crises culturelles et économiques, l’approfondissement des fractures sociales et culturelles, la perte de légitimité et de dignité du pouvoir en place, la conduite inacceptable et les agissements des autorités pendant l’année écoulée, n’étaient que des tentatives pour intimider et réprimer l’espoir ravivé par le Mouvement Vert. La bataille menée par le gouvernement contre l’espoir et la connaissance a conduit à la peur et à un prix élevé payé par tous ceux qui cherchent la liberté. Mais grâce à notre courage et à notre espoir, cela aussi disparaîtra.
 
Aujourd’hui, on empêche beaucoup d’étudiants de poursuivre leurs études universitaires. Chaque jour augmente le nombre des étudiants emprisonnés, les exclusions sans précédent de la poursuite des études et des examens, l’empiètement sur les droits des étudiants, les exclusions, les professeurs renvoyés et l’assèchement de nos cerveaux par l’exil de nos intellectuels. En dépit de la volonté des ennemis de l’université, elle ne s’est pas tue. En fait, la prison d’Evine s’est transformée en une sorte d’université, pleine de jeunes passionnés et pleins d’espoir, des fondateurs du mouvement étudiant, moteur qui pousse le Mouvement Vert, prouvant encore une fois que, malgré la répression, les intimidations et le lourd prix de la lutte, les étudiants ont triomphé, que ce sont eux les vainqueurs.
 
Le mouvement étudiant, les étudiants emprisonnés, ceux privés du droit de poursuivre leurs études, ils sont tous devenus des phares et des symboles d’espoir. Aujourd’hui, l’université est également accusée d’être le moteur qui pousse le Mouvement Vert à aller de l’avant ; elle est donc intensément attaquée. Les ennemis de l’université veulent qu’elle ferme ; ils cherchent à éliminer toutes les institutions indépendantes d’éducation et de sciences humaines, sources de connaissance et de lucidité. Ils veulent une université sans vie. Ils veulent effacer les souvenirs du 9 juillet et du 7 décembre de notre mémoire collective. L’université reste le pire cauchemar du gouvernement en place. Elle ne se laissera pas avoir par tous ces complots et tromperies au nom de l’islam. L’université triomphera et tous ses ennemis succomberont devant le courage et la persévérance outils de la résistance à l’oppression. Les souvenirs du 9 juillet sont toujours vivants ; c’est le témoignage de la force de notre volonté. Nous savons que le 9 juillet restera vivant comme un autre signe de victoire de ce mouvement dynamique qui a débuté il y a longtemps déjà.
 
Aujourd’hui, le mouvement étudiant est plus déterminé que jamais à poursuivre son chemin. C’est une source de conscience et un symbole de courage. Il comprend notre société et tend la main aux intellectuels. Notre mouvement étudiant est un fervent supporter des journalistes et soutient les activités politiques et sociales. Il est opposé à toute forme de violence et encourage notre culture. Le mouvement étudiant n’abandonnera pas les dirigeants Verts à cette époque charnière et fera le maximum pour que les étudiants collaborent le plus efficacement possible. Le mouvement étudiant respecte les expériences passées et entend bien enregistrer et partager ces expériences pour être encore plus actif. Aujourd’hui, le mouvement étudiant est conscient des tactiques d’oppression et fera tout pour protéger les étudiants. Il s’assurera que les tactiques utilisées soient en adéquation avec une stratégie destinée à nous rapprocher de la victoire.
 
Nous sommes heureux aujourd’hui que les voix de l’université soient entendues, même en prison. Nous sommes heureux de savoir que nos amis ont conservé vivant notre espoir. La voix de ceux qui cherchent la liberté a réduit les cris de la dictature au silence. Nous sommes heureux et honorés de nous tenir aux côtés de nos amis étudiants. Nous encourageons tous les étudiants à nous rejoindre car nous avons bon espoir, nous en sommes même sûrs, que dans un proche avenir, nous nous rencontrerons tous pour célébrer notre Verte liberté et l’avènement de la démocratie.
 
Notre histoire est sur le point de se renouveler, de changer. Cette fois-ci, nous aurons certes débuté par des souvenirs amers, mais nous aurons survécu aux épreuves, aux difficultés, à l’amertume de l’année dernière qui n’aurons fait qu’augmenter notre espoir. Cette fois-ci, notre vœu est de célébrer la nouvelle année. Nous voulons la célébrer car nous sommes certains de la victoire.
 
Majid Tavakoli

6 juillet 2010 – Prison d’Evine bloc 350



Source: HRANA http://hra-news.org/685/1389-01-27-05-26-23/2607-1.html

vendredi 9 juillet 2010

Trois cents fleurs rouges, chanson dédiée à la Résistance iranienne

18 Tir 1389: le mouvement étudiant iranien, l'espoir de tout un peuple

Un an s’est écoulé depuis le 18 Tir 1388 (9 juillet 2009). Le jour où 10 ans après les exactions commises par les agents du régime en 1999 ayant conduit à plusieurs jours d’émeutes à Téhéran, de très nombreux manifestants voulaient à nouveau défier le pouvoir et descendre dans la rue. Les campus étaient en ébullition. Un mois à peine après la tenue de l’élection frauduleuse du 12 juin 2009, les manifestants voulaient une nouvelle fois célébrer la contribution majeure du mouvement étudiant à la lutte pour l’avènement de la démocratie en Iran. Une fois de plus, les étudiants ont été aux avant-postes du mouvement de contestation. Comme leurs glorieux aînés qui, le 16 Azar 1332 (7 décembre 1953), quelques mois à peine après un autre coup d’Etat, celui du 19 Août 1953, avaient déjà marqué à jamais l’Histoire du mouvement étudiant iranien. Autres temps, autres dictateurs, mais même détermination pour les étudiants assoiffés de liberté et de justice qui se sentaient déjà investis d’une mission d’éclaireurs et de leaders d’aspirations légitimes de tout un peuple. 

En ce 18 Tir 1388, le régime a alors décidé de déployer toute son armada répressive pour contrôler la rue et surtout les campus universitaires. Les manifestants de tous âges qui voulaient tout simplement honorer les étudiants et la jeunesse ont été confrontés à l’horreur et à des actes de violence d’une intensité inouïe. Ce jour là, d’après les propos de l’ancien Procureur Général de Téhéran, Saïd Mortazavi, l’ampleur de la vague d’arrestation était telle que la prison d’Evin ne pouvait plus contenir l’afflux impressionnant de prisonniers. Les autorités ont été obligées de transférer des prisonniers en partie au centre de détention de Kahrizak. Amir Javadifar, Mohsen Rouholamini, Mohammad Kamrani, Ramin Aghazadeh Ghahremani et Abbas Nejati Kargar allaient trouver la mort des suites des actes de torture infligés dans ce camp de la mort. De très nombreux manifestants détenus à Kahrizak ont connu l’horreur (le régime parle de 98 prisonniers de Kahrizak ayant porté plainte).

Ce qui s’est passé il y a un an jour pour jour a dépassé très largement tout ce que les iraniens avaient imaginé en degré de violence et d’horreur. Ce jour là, il est devenu clair que le régime devait mater à tout prix le mouvement étudiant dans le sang pour éviter sa chute. Les principaux leaders étudiants (Majid Tavakoli, Bahareh Hedayat, Milad Asadi et tant d’autres) allaient être arrêtés dans les semaines et les mois qui ont suivi. Aujourd’hui encore, ils subissent les pires tortures et intimidations, comme si cela allait normaliser la situation ou du moins permettre au régime de gagner du temps pour laisser passer l’orage. 

Depuis un an, les universités, en raison de leur formidable dissémination géographique (les branches de l’université Azad présentes dans quasiment toutes les villes) et du creuset d’échanges culturels et sociétaux qu’elles représentent, sont devenues le véritable front de contestation contre le régime. Malgré la chape de plomb, le régime sait que l’Université n’est pas morte. Le régime sait pertinemment qu’il peut être débordé à tout moment par une nouvelle vague de contestation catalysée et portée par le mouvement étudiant. Il craint plus que toute autre chose la vigueur et la spontanéité de ce mouvement, sa capacité à animer les forces démocratiques et à incarner l’espoir.

Photos des évènements du 18 Tir 1378 (9 juillet 1999) ici

Vidéo: Il y a 11 ans, 18 Tir 1378 (9 juillet 1999)


dimanche 4 juillet 2010

Mohammad Réza, 18 ans attend son exécution : sa famille est dans la misère

URGENT
Mohammad Réza Haddadi arrêté à l’âge de 15 ans pour meurtre est maintenant condamné à mort suite à la confirmation de la cour d’appel de Shiraz, Iran




La famille de Mohammad Réza est dans une situation déplorable. Son père a abandonné sa famille il y a 15 ans et s’est marié avec deux autres femmes. Aucune de ses trois épouses n’a demandé le divorce.



La mère de Mohammad Réza fait des travaux pénibles pour subvenir aux besoins de ses huit enfants (Mohammad Réza et ses sept frères et sœurs) et est handicapée suite à trois attaques sévères. L’un des frères de Mohammad Réza et sérieusement handicapé et ne peut pas bouger le bras ou la jambe. Une de ses sœurs a divorcé et est revenue chez sa mère avec un enfant quand elle a découvert que son mari avait huit enfants de sa première épouse. Cette sœur est très attachée à Mohammad Réza et n’a pas supporté d’apprendre que son frère allait être exécuté. Elle a perdu son self-control et a fait une tentative de suicide en s’immolant par le feu. Elle a pris du pétrole dans le poêle. Sa mère a tenté de la sauver mais leur domicile est situé dans ruelle étroite et isolée et elles n’ont pas trouver une voiture rapidement ; elle a 70% du corps de brûlé à cause du retard mis à atteindre l’hôpital.



Le père de Mohammad Réza, qui se présente comme un tâcheron illettré père de 14 enfants qui n’a d’autre aide en ce monde que Dieu le miséricordieux, déclare qu’il a vu son fils se faire battre avec un câble pendant 12 heures de rang pour le faire avouer un crime qu’il n’avait pas commis.



Il souhaite que Dieu mette la pitié dans le cœur de la famille de la victime que le tribunal croit que Mohammad Réza a tué. Il espère qu’elle pardonnera à son fils puisque son fils n’est pas un meurtrier. Il a été impliqué dans ce crime stupide à cause de la pauvreté et d’une situation misérable. Les deux parents de Mohammad Réza ont plusieurs fois rendu visite à la famille de la victime pour leur demander de pardonner, mais elle a refusé avec haine et colère et a appelé la police en renfort pour les faire partir.



Mohammad Réza accompagnait un groupe de majeurs qui volait une voiture. Mohammad Réza a avoué au tribunal que c’était lui qui avait tué le conducteur, mais après avoir appris la peine de mort qu’il encourait, il est revenu sur ses aveux en expliquant qu’il avait avoué parce que ses complices l’avaient persuadé de prendre la responsabilité du meurtre contre de l’argent qu’ils remettraient à sa famille.



Il croyait ne pas être condamné à mort ayant moins de 18 ans, mais le tribunal l’y a condamné pour enlèvement et meurtre. Les autres accusés ont eu des peines de prison pour avoir brûlé et caché le corps.



Mohammad Réza et sa famille croient qu’il n’a pas commis ce meurtre et qu’il a été trahi par ses partenaires adultes.



Son avocat déclare que la police scientifique n’a pas trouvé la cause exacte de la mort mais le tribunal a la certitude que le crime a été commis par Mohammad Réza sur la base de ses aveux alors qu’il s’est rétracté ultérieurement. Il déclare également que l’un de ses complices lui aurait promis de lui donner sa sœur en mariage s’il s’accusait du meurtre.



Ni les dénégations de Mohammad Réza, ni la confirmation tardive de son innocence par son complice n’ont changé la décision du tribunal de première instance après ses aveux. Son exécution a été confirmée par la cour d’appel, bien que l’Iran soit signataire d’accords internationaux interdisant l’exécution de personnes de moins de 18 ans ayant commis des crimes, y compris de la convention internationale des droits des enfants.



« Mohammad Réza a passé sept des plus belles années de sa vie en prison, dans la peur d’être pendu » dit la sœur de Mohammad Réza. « J’ai divorcé, j’ai un enfant dont je suis le seul parent responsable, mais la nouvelle de l’exécution de Mohammad Réza était tellement choquante que j’ai tenté de me suicider sans penser à ma fille. Je comprends le sentiment de la famille de la victime qui a perdu l’un des siens, mais elle sait que ce n’était qu’un enfant à l’époque et qu’il n’a vraiment pas commis ce crime. »






Source en Persan - Committee of Human Rights Reporters : http://bit.ly/c6iYPD


Rooz/Fereshteh Ghazi : des accusés inconnus condamnés à mort

Fereshteh Ghazi
1er juillet 2010

L’organe judiciaire des forces armées a annoncé hier les verdicts du procès des accusés de KAHRIZAK. Cet organe a au même moment fait allusion aux conclusions du dossier des dortoirs de l’université [NDT : violente attaque des dortoirs de l’université de Téhéran intervenue le 15 juin 2009]. Ceci intervient alors que selon les familles Javadifar et Kamrani, [Amir Javadifar et Mohammad Kamrani ont été assassiné dans ce centre de détention], ces verdicts n’avaient pas été communiqués à eux ou à leurs avocats. Ces familles ont découverts les verdicts par la presse.

La cellule de communication de l’organe judiciaire des forces armées a annoncé dans un communiqué que le tribunal militaire a condamné deux accusés à la peine capitale ("ghesas") pour des coups et blessures volontaires. Ce communiqué n’a pas nommé les accusés mais a précisé qu’ils ont été jugés coupables pour coups et blessures ayant causé la mort de Mohsen Rouholamini, Mohammad Kamrani et Amir Javadifar. Ils ont été condamnés à la peine de prison avec interdiction provisoire d’exercer leurs fonctions, au paiement d’une amende, à des coups de fouet, au paiement du prix du sang ("dieh", compensation financière payée aux familles des victimes lorsqu’il y a meurtre, selon la loi islamique) et à la peine de morte ("ghesas nafs").
  
Selon ce même communiqué, un condamné a été relaxé et neuf autres ont été condamnés à des peines de prison, paiement de prix du sang ("dieh"), amendes, coups de fouet et interdiction provisoire d’exercer leurs fonctions.

Verdict non communiqué
Les verdicts prononcés par le tribunal militaire ne sont pas définitifs et les accusés peuvent faire appel. Ces verdicts ont été publiés dans la presse alors que les familles des victimes et leurs avocats n’avaient pas été tenus au courant.

Babak Javadifar, le frère d’Amir Javadifar a déclaré à Rooz : "Nous n’avons pas été informés. Nous avons pris connaissance de ces verdicts par la presse. Nous ne connaissons pas encore les détails de ces verdicts et ne pouvons de ce fait portés un jugement sur leur nature".

Ali Kamrani, le père de Mohammad Kamrani a déclaré à Rooz : "Nous ignorons toujours les détails du verdict. Il n’ont fait qu’une annonce très globale. Nous ne pouvons pas vraiment porter un jugement. Nous attendons que le juge du tribunal rentre de son pèlerinage à la Mecque pour découvrir les détails de ce verdict".

Ali Javadifar, le père d’Amir Javadifar avait déclaré à Rooz que les familles des victimes avaient critiqué contre certains passages du réquisitoire et ceci avait interrompu le cours du procès.

Aucune information concernant le déroulement du procès et la conduite des enquêtes n’a encore été publiée. Les familles des victimes ont aussi gardé le silence en raison du déroulement du procès à huit clos et de l’absence de toute publication d’information.   

Juger les vrais responsables de KAHRIZAK
L’organe judiciaire des forces armées avait déclaré que les accusés étaient des membres des forces de l’ordre. Les familles avaient déclaré à Rooz qu’elles voulaient voir les vrais instigateurs des atrocités commises jugés. Une demande qui n’a jamais été satisfaite. 

Ali Kamrani a indiqué à Rooz : "Nous ignorons quand le procès des responsables de KAHRIZAK sera tenu. Nous voulons que les vrais instigateurs soient jugés. Nous voulons que ce procès se tienne rapidement".

Babak Javadifar a aussi indiqué à Rooz : "Nous suivons cette demande des familles à 100%. Nous attendons que le procès des fonctionnaires du pouvoir judiciaire ayant donné l’ordre de transférer les prisonniers à KAHRIZAK se tienne dès que possible, sur la base du rapport rendu public par le Parlement et des rapports de l’organe judiciaire des forces armées et les informations évoqués lors de ce procès.

L’allusion de Monsieur Javadifar au rapport du Parlement concerne le document rendu public par le comité spécial chargé d’enquêter sur les incidents post-électoraux. Ce comité, avait identifié Saïd Mortazavi, le Procureur de Téhéran pendant les faits, comme celui qui avait ordonné le transfert des prisonniers arrêtés le 18 Tir au centre de détention de KAHRIZAK. Ce comité avait indiqué que Mortazavi avait motivé cette décision par "un manque de place à la prison d’Evin".

Les victimes de KAHRIZAK
Amir Javadifar, Mohammad Kamrani et Mohsen Rouholamini sont les victimes qui ont succombé aux coups et blessures et à la torture pratiquée dans le centre de détention de KAHRIZAK, dénommé depuis le Guantanamo d’Iran.

La République Islamique a reconnu la mort de ces trois individus à KAHRIZAK alors que la mort de Ramin Aghazadeh Ghahremani et d’Abbas Nejati Kargar, dans ce centre de détention n’a jamais été reconnue par les responsables militaro-judiciaires. Ces deux personnes ont succombé après avoir été libéré de KAHRIZAK et en raison des tortures subies pendant leur détention. 

Ramin Pourandarjani, médecin militaire, est une autre victime de KAHRIZAK. Les autorités ont tout d’abord annoncé que sa mort était due à une attaque cardiaque, ensuite qu’il s’était suicidé et plus tard, qu’il était mort d’une intoxication. Mais selon les révélations publiées par Rooz, le compte rendu de la première évaluation de la cause du décès ayant intervenu sur le lieu où le corps a été retrouvé faisait état d’un étranglement au niveau du cou. 

Les autres victimes de KAHRIZAK
Mais les victimes de ce centre de détention ne se limitent pas à ceux qui y sont morts. Selon l’organe judiciaire des forces armées, 98 prisonniers de centre avaient porté plainte à la suite des violences subies pendant leur incarcération. Ce même organe indiquait que 51 de ces prisonniers avaient retiré leurs plaintes suite au paiement d’indemnités et à la reconnaissance des faits par certains intermédiaires du Conseil Supérieur de la Sécurité Nationale. 

Selon ces informations, en plus des familles de ces trois personnes décédées à KAHRIZAK, il existe 47 autres plaignants.  

Mehdi Karoubi, l’un des leaders des opposants aux résultats de l’élection truquée du 12 juin 2009, dans une lettre adressé à Hashemi Rafsanjani, faisait état de viols subis par des prisonniers, homme et femme. Mais les autorités ont déclaré que ces affirmations étaient des mensonges et ont interdit à ces plaignants de porter plainte.     

La prison de KAHRIZAK qui avait été construite dans le cadre du nettoyage et de réorganisation de la région de Tehran Pars et qui, selon les affirmations des responsables militaires, avait été utilisé pour la détention des "racailles", a été utilisée après l’élection du 12 juin pour détenir les opposants aux résultats de cette élection.  

Une prison où, selon la description du comité spécial du Parlement, 147 prisonniers ont été détenus dans une petite superficie, sans système d’aération, souffrant d’un manque d’eau et de nourriture appropriée, subissant les pires insultes, les actes de tortures, les coups et blessures, la promiscuité avec les prisonniers dangereux, les actes d’humiliation et tout ceci dans l’indifférence totale des responsables de cette prison vis-à-vis de l’état physique des prisonniers.

Campagne pour une Iranienne risquant la lapidation

The Guardian

Saeed Kamali Dehghan 
Vendredi 2 juillet 2010 

Sa famille déclare que cette condamnation pour adultère n’est pas fondée et qu’elle a déjà reçu 99 coups de fouet. 


Une Iranienne de 43 ans va être lapidée à moins que la campagne internationale, lancée par ses enfants, n’oblige les autorités à casser ce que son avocat appelle une condamnation erronée.

Lors d’un procès qui met en lumière l’usage croissant de la peine de mort dans un pays qui a déjà exécuté plus de 100 personnes cette année, Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée en mai 2006 de “relations illicites en dehors du mariage”.

Sakineh avait déjà reçu une peine de 99 coups de fouet, mais son dossier a été réouvert quand un tribunal de Tabriz l’a suspectée d’avoir tué son mari. Elle a été acquittée mais l’accusation d’adultère a été révisée et la peine de mort appliquée sur la base des “connaissances du juge” – une lacune qui permet des décisions judiciaires subjectives en l’absence de preuve décisive.

Dans une interview au Guardian, son fils Sadjad 22 ans et sa fille Farideh 17 ans ont dit que leur mère avait été injustement accusée et punie pour quelque chose qu’elle n’avait pas fait.
“Elle est innocente, elle est là-bas depuis cinq ans pour rien” a dit Sadjad. Il décrit l’exécution imminente comme barbare. “L’imaginer attachée dans un trou profond, lapidée à mort, c’est un cauchemar pour moi et pour ma soeur depuis toutes ces années.”

La sharia iranienne stipule que la condamnée est enterrée jusqu’au cou (jusqu’à la ceinture pour un homme), et les participants à l’exécution publique sont invités à jeter des pierres. Si le/la condamné/e réussit à se libérer du trou, la peine de mort est commuée.

L’Iran, embarrassé par l’attention internationale qu’elle attire, a rarement pratiqué la lapidation en public ces dernières années. Mais le pays a quand même exécuté 388 personnes l’année dernière – plus qu’aucun autre pays dans le monde, la Chine exceptée, selon Amnesty International, la plupart par pendaison.
Ce soir, les manifestants se ont rassemblés devant l’ambassade d’Iran à Londres pour exiger la libération de Sakineh.

Il y a cinq ans, quand Sakineh a été fouettée, Sadjad avait 17 ans et était dans la salle. “Ils l’ont fouettée devant mes yeux; cela s’est gravé dans mon esprit depuis ce jour.”

Mohammed Mostafaei, un avocat iranien très célèbre, s’est porté volontaire pour la représenter quand sa condamantion a été annoncée il y a quelques mois. Il a écrit une lettre ouverte à propos de sa condamnation peu de temps après : “C’est une condamnation totalement illégale. Deux des cinq juges qui ont examiné le dossier de Sakineh à Tabriz ont conclu qu’il n’y avait aucune preuve scientifique d’adultère.”

“D’après la loi, la peine de mort, et spécialement la lapidation exige des preuves explicites et des témoins alors que dans son cas, bizarrement, les connaissances du juge ont été considérées comme suffisantes.”
Mina Ahadi, militante des droits de l’homme en Allemagne a aidé les enfants de Sakineh a lancer leur campagne au niveau international et a des contacts réguliers avec Sadjad et Farideh.

Elle dit qu’après le lancement de la campagne la semaine dernière, elle a  reçu des appels téléphoniques de familles de deux autres femmes détenues à la prison de Tabriz, là où se trouve Sakineh, accusées d’adultère et condamnées à la lapidation: Azar Bagheri 19 ans  et Mariam Ghorbanzadeh 25 ans.

“Azar a été arrêtée à 15 ans. Ils ne pouvaient pas la punir avant ses 18 ans suivant la loi, alors ils ont attendu… et veulent la lapider”. Elle a été soumise à des simulacres de lapidation, avec enterrement partiel dans le sol. “Il la préparent pour la vraie” dit Ahadi.

Ahadi qui suit les peines de lapidation en Iran ces dernières années dit qu’elle connait les noms de 12 autres femmes actuellement condamnées  la lapidation en Iran.

“Ce ne sont que celles que je connais, j’estime qu’au moins 40 à 50 autres femmes attendent le même sort en Iran maintenant.”

“La lapidation n’est pas simplement une sanction judiciaire, c’est un moyen politique dans les mains du régime iranien pour menacer le peuple. Elle leur sert à beaucoup d’autres choses qu’un simple châtiment”.