samedi 26 juin 2010

Parvaneh Ossanlou: La famille de Mansour Ossanlou est sans défense

RAHANA-Mercredi 23 juin 2010 à environ 17h30, Zoya Samadi, la bru de Mansour Ossanlou (Responsable du syndicat des travailleurs de la compagnie des bus de Téhéran et banlieue) quittait son travail pour rentrer chez elle. Zoya Samadi a été brutalement accostée par des agents du ministère du renseignement à la station de métro Tarasht alors qu’elle descendait d’une rame pour permettre à d’autres voyageurs de la quitter.



Les agents du ministère du renseignement en civil, à la vue de tous, ont arraché le foulard de Madame Samadi et ont commencé à la battre et à la tirer par les cheveux.



Après son arrestation, Zoya Samadi a été emmenée dans un endroit inconnu durant quatre heures. Sous la torture, les agents lui ont dit : « Il vous faut garantir que si Ossanlou est libéré de prison, il ne restera pas en Iran et qu’il cessera toute activité. »Il est nécessaire de mentionner que ces derniers jours, il a été fait allusion à une grâce possible pour Mansour Ossanlou et sa libération de prison imminente. Nous avons parlé à Parvaneh Ossanlou, son épouse, de l’éventualité de la libération de son mari et de la récente arrestation de sa bru.



« Mercredi après-midi alors que Zoya revenait du travail, elle a été attaquée par des agents du ministère du renseignement à la station de métro Tarasht. Ils ont commencé à la frapper dès son arrestation. Elle a été menottée, les yeux bandés et a été emmenée dans un endroit indéterminé.»«Lors de son arrestation, Zoya Samadi tenta de crier pour demander de l’aide, mais en vain car les agents ont agi très rapidement et n’ont permis à personne d’intervenir. Puis ils l’ont transférée dans un endroit qu’elle ne peut pas identifier à cause de ses yeux bandés..» «La brutalité des coups portés à Madame Samadi ont laissé des traces bien visible sur son corps. Elle est actuellement en état de choc : saignements de nez, nausées et mal de dos ne sont que quelques unes des complications dont elle souffre, suite à ce brutal passage à tabac..»«Je ne sais absolument pas pourquoi ils ont fait une chose pareille. Ma bru n’a rien fait de mal et le fait que Monsieur Ossanlou soit en prison n’a aucun rapport avec elle. Mon mari n’a vu Zoya qu’une fois, le soir de ses fiançailles avec notre fils. Je me sens honteuse et humiliée devant ma bru et sa famille. Qu’a-t-elle fait pour mériter un tel traitement ? Ils l’ont arrêtée et battue constamment pendant trois à quatre heures. Puis ils l’ont laissée, blessée sous le pont de Seyyed Khandan. »






Quand elle a appris cet incident, la famille Ossanlou s’est précipitée à l’aide de Zoya Samadi et l’a emmenée à l’hôpital où elle a été traitée toute la nuit. Les agents du renseignement l’avaient avertie : « Vous ne devez pas informer qui que ce soit de cet incident ni déposer quelque plainte que ce soit. »



« Qu’est ce que c’est que cette conduite ? Pourquoi ne demandent-ils pas à Monsieur Ossanlou lui-même des garanties qu’il quittera le pays et cessera toutes ses activités ? Comment sa bru pourrait-elle donner des garanties pour lui ? Monsieur Ossanlou sait parfaitement ce qu’il doit faire et ne pas faire. Ils pensent qu’en mettant la pression sur mon mari, ils pourront le changer en quelqu’un d’autre. Il a déjà supporté des épreuves extrêmes dans les pires circonstances. Pourquoi ne laissent-ils pas sa famille tranquille ?» 
« Ils ont retiré le foulard d’une femme innocente qui leur est étrangère [référence à la loi islamique qui veut qu’une femme se couvre les cheveux devant des hommes qui ne sont pas de sa famille] et le lui ont mis autour du cou pour l’étouffer. Ils l’ont menacée, si elle parlait, de la tuer et bien plus. C’est cela l’islam ? C’est cela la loi ? Notre pays n’a-t-il pas de lois ? Qui sont ces individus ? D’où viennent-ils ? Comment osent-ils commettre de tels crimes en plein jour ? »



If faut rappeler qu’il y a quelques jours, l’organisation internationale du travail (OIT) mentionnait dans son rapport annuel sur la justice iranienne que la république islamique avait accepté d’accorder une grâce à Mansour Ossanlou, le responsable emprisonné du syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran et sa banlieue.



Cette nouvelle de l’OIT a conduit au kidnapping et à la torture de la bru d’Ossanlou. « Nous avions entendu parler de cette nouvelle. Cependant ni nous ni Monsieur Ossanlou n’avons été informés directement. Jusqu’à présent, la seule chose qu’ils aient faite c’est d’informer ma bru qu’ils avaient l’intention de libérer mon mari et que s’ils le faisaient, elle devait promettre qu’il quitterait l’Iran et cesserait toutes ses activités.»



«Les activités de Monsieur Ossanlou ne regardent personne. Qu’est ce que c’est que cette liberté ? Que vaut la liberté assortie de ce genre de menaces et de conduite ? Si c’est le cas, nous ne voulons pas qu’il soit libéré. Ce n’est pas la liberté. C’est encore une autre forme d’emprisonnement. Pourquoi devrions-nous quitter notre pays de force ? Même si nous sommes privés de toute sorte de sécurité, l’Iran est encore notre pays. Nous sentons l’insécurité et la menace dans notre vie quotidienne, même quand nous quittons la maison pour aller faire les courses. »



Mansour Ossanlou en est à sa quatrième année à la section 3, quartier 8 de la prison de Radjaï Shahr. « Nous avons supporté quatre ans. Quand Monsieur Ossanlou a appris l’incident, il en a été profondément affecté. Il a été condamné à cinq ans, il n’en reste qu’un. Nous ne voulons pas de ce genre de liberté. Ce n’est pas la liberté. Si nécessaire, nous attendrons une année de plus pour qu’il soit libéré de prison. Ils ont apporté tellement de souffrances à notre famille. Nous avons tout supporté docilement sans un mot. Ce n’est pas suffisant ? Ils l’ont incarcéré. Ils l’ont licencié. Combien d’injustice peut-on infliger à une seule personne ? Dans ce pays, est-ce qu’en dehors d’eux quelqu’un d’autre a des droits ?.»«J’en appelle à toutes les organisations internationales de défense des droits humains et à quiconque s’intéresse qux innocents et à leurs droits humains de base ; qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour nous aider. Ici, nous sommes sans défense. Ils ont nui à notre famille et continuent de le faire..»


Mansour Ossanlou, responsable du syndicat des travailleurs de la compagnie des bus de Téhéran et de sa banlieue a été arrêté une première fois en janvier 2006, il a alors passé 8 mois en prison. Il a été arrêté de nouveau en novembre 2006 et relâché un mois plus tard sous caution. A l’été 2007, Ossanlou a assisté à une réunion annuelle de la fédération internationale des travailleurs des transports à Londres et il y a pris la parole. Il a été arrêté une troisième fois le 10 juillet 2007 à son retour en Iran. Lors de son arrestation, il a été attaqué par les agents du ministère du renseignement dans la rue et d’abord emmené à la prison d’Evine. Ossanlou a été plus tard transféré à la prison de Radjaï Shahr où il se trouve toujours.





Source: RAHANA: http://www.rhairan.in/archives/17469





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