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jeudi 23 août 2012

Mahsa et Massoud en Prison – Taghi Rahmani – 22 août 2012


Massoud Bastani est allé en prison pour que les agents de sécurité relâchent son épouse, Mahsa Amrabadi. La sécurité lui avait promis de relâcher Mahsa s’il se présentait. Il l’a fait et Mahsa a été relâchée. Mais seulement pendant peu de temps. Pourtant, Massoud n’était pas condamné à une longue peine de prison mais Mahsa est retournée en prison.

Ceci a eu lieu lors des premiers jours du Mouvement Vert. Quand Massoud est allé en prison, son épouse est devenue sa voix et a fait tout ce qui lui était possible pour parler de l’injustice qui était faite, à elle, à lui et aux autres.

Elle a honoré tous ses engagements, a rencontré tous les officiels et les prisonniers relâchés en liberté provisoire pour leur dire que la réponse à une aspiration à la liberté n’était pas l’emprisonnement, et ce, jusqu’à ce qu’elle soit rappelée en prison pour purger le reste de sa peine de prison. Maintenant, l’époux et l’épouse sont tous deux en prison, mais séparés.

Il est intéressant de savoir que durant le premier tour des élections législatives à Arak, ce jeune homme passionné n’est pas rentré chez lui pendant 40 jours pour faire campagne pour un candidat, Rahman Kargosha, qui critiquait le régime. Mais le conseil des gardiens a fini par récuser Kargosha en tant que candidat.

Le zèle et la jeunesse de Massoud l’ont transformé en un journaliste travailleur et perspicace. Il s’est changé en voix de la liberté malgré les hauts et les bas de sa vie et de celle de ses proches. Evidemment, vivre ainsi et se dévouer à de nobles causes lui a créé un épais dossier judiciaire, dont une condamnation à trois ans de prison.

Je n’aurais jamais pensé que ce jeune-homme né l’année de la révolution, en 1979, et que j’ai rencontré pour la première fois en 1999 à Arak deviendrait cet homme curieux et dévoué et que sa recherche de la vérité et de la justice lui causerait tant de souffrances.

Massoud et Mahsa se sont trouvés au cœur d’un piège romantique. On dit qu’il l’avait vraiment remarqué lors d’une cérémonie en l’honneur du grand poète iranien, et critique du régime islamique Ahmad Shamlou. C’est lors de cette réunion qu’ils ont été vraiment attirés l’un vers l’autre, et c’est ce que Massoud a confié à un ami. Comme on le dit, l’amour commence par une étincelle mais se transforme en flammes.

Ils se sont liés lors des célébrations de l’Eid el Fetr. Massoud et Mahsa se sont mariés durant une permission de dix jours dont Massoud a bénéficié lors de sa peine de prison de six mois à Arak. La prison semble donc faire partie de leur vie. Dans un pays détruit au régime atroce dont nous sommes témoins, il semble que la prison soit la place qui leur convient.

Pour leur anniversaire de mariage, je leur envoie mes félicitations bien sincères et j’espère qu'ils vivront longtemps, côte à côte dans l’amour et la liberté.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/archive/2012/august/22/article/mahsa-and-masoud-in-prison.html

samedi 7 juillet 2012

Premier article sur le blog de Hossein Ronaghi Maleki depuis sa libération provisoire


Il n’y a pas d’horloge au mur.
Le temps n’existe pas.
Pas d’ombres sur le sol de la cellule de l’aube au crépuscule.
Ni lumière ni ténèbres et pas de porte.

Cela fait 32 mois que je n’ai rien écrit sur mon blog, et aujourd’hui, journée appelée de l’Ecriture, je suis venu prendre ma plume pour écrire et dire que je suis bien, parce que ma mère rayonne de bonheur, qu’elle ne pleure plus et que le tic nerveux de ses yeux a disparu. Le mal au dos de mon frère va mieux, il rit de nouveau. Mon père n’est plus agité ou bouleversé. Son dos est droit et sa tête haute. Mes sœurs rient au lieu de pleurer et elles m’embrassent à présent. Je ne vois plus mon jeune neveu de derrière les barreaux. Son désir d’embrasser son oncle s’est réalisé. Tous mes amis sont heureux et je n’ai pas de mots pour toute la gentillesse et l’affection qu’ils me témoignent.

Je n’arrive pas encore à réaliser pourquoi, lorsque des étrangers me voient, ils veulent me prendre dans leurs bras, ou pourquoi ils sont heureux ou pourquoi ils pleurent. Je m’emmêle encore dans les sentiments, je ne sais pas si je devrais pleurer ou rire, être heureux ou malheureux. La voix de mes amis n’est plus étouffée par leurs larmes. Ils sont tous heureux maintenant. Comment se fait-il que tout ait changé en l’espace de deux jours, quel autre miracle que celui de la liberté peut tant changer les choses ?

Je ne sais pas, maintenant que je suis dehors, je me sens honteux vis-à-vis de ceux qui sont toujours malades et en prison. Je dois dire que je ressens une douleur…..malgré toute cette peine et cette détresse, je dois dire que je veux vivre et rendre la vie possible. Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas ! Peut-être est-ce parce que je n’arrive toujours pas à croire ce qui est arrivé et que je n’arrive toujours pas à appréhender la profondeur de la catastrophe qui s’est produite. Et malgré tout ce qui précède, ne les croyez pas !

PS : on m’a pris par surprise, ils ont organisé une fête pour mon anniversaire à 13 heures. J’ai été tellement content de voir qu’Aref Darvishi avait aussi été relâché. J’étais en émoi car mon cadeau d’anniversaire était un livre de poésie d’Ahmad Shamlou.

Note: Le poème du début est de Lengston Hughes, il a été traduit en Persan par le poète Ahmad Shamlou

Source : http://www.14tir.co.cc/2012/07/blog-post.html