dimanche 28 février 2010

Karroubi: "Ce régime est pire que celui du Shah"

Mehdi Karroubi, religieux et politicien de 73 ans et, le plus important, l’un des leaders du Mouvement Vert a donné une interview au journal italien Corriere della Sera. Le texte en anglais est accessible ici.

Comment va votre fils maintenant?
Physiquement, mon fils Ali se sent mieux. Les premiers jours, son état était désastreux. Maintenant c’est son état mental qui nous inquiète. Le mal dont Ali a souffert n’est qu’un petit exemple de tout ce qui arrive aux enfants de cette nation. Mais le régime le paie déjà.
 
Qu’est-il arrivé le 11 février?
La répression a été violente, c’est sûr. Il y a eu un conflit sans précédent dans la population. Cette fois, le régime ne voulait permettre aucun rassemblement d’opposants et il a mobilisé toutes les forces des différents organes gouvernementaux. Ils ont arrêtés nos amis et les membres de notre famille et ils ont menacé les autres. Mais leur mobilisation et leur organisation ne nous a pas arrêtés. Je savais comment cela allait se terminer mais je suis allé manifester quand même. J’y retournerai s’il y a d’autres manifestations, même si le résultat doit être encore pire que la dernière fois. Les journaux ont écrit que la population avait empêché les conspirateurs d’entrer sur la place. Je voudrais demander à ces journaux, qui sont contrôlés par le régime et le gouvernement, pensez-vous que les gens normaux utilisent des gaz lacrymogènes ? Pensez-vous que les gens normaux utilisent des barres à mines et des couteaux ? Les maîtres doivent savoir que les jours passeront mais leurs signes perdureront.

Les évènements de ces derniers mois ont souvent été comparés à la révolution de 1979. Vous comparez la violence de la répression à celle de l’époque du Shah, mais vous dites que son armée a montré plus de retenue. Voyez-vous d’autres similarités entre ces deux époques ?
Le régime du shah était corrompu jusqu’au coeur, mais il ne se conduisait pas comme ça avec le peuple. Qu’est-ce que les forces armées ont à voir avec les résultats des élections ? Pourquoi ont-ils traité ainsi le peuple le 22 Bahman (11 février) ? Pendant le règne du shah, il y avait des règles ; on n’emmenait pas les personnes arrêtées à la mosquée pour les battre à mort avant même qu’ils ne comparaissent. Ils arrêtent les gens sans mandat, les frappent et les gardent en détention. Pour ne pas mentionner le reste.

A quelle condition seriez vous prêt à trouver un compromis avec Ahmadinedjad et à le reconnaître comme président légitime d’Iran ? Vous considérez vous comme un dirigeant du Mouvement Vert ?
Je ne me considère pas comme un dirigeant du Mouvement Vert. Je me considère comme un membre de ce mouvement et du mouvement réformiste. Mes actions visent à un retour aux volontés et aux idéaux du peuple, c’est-à-dire à la souveraineté populaire. Je n’ai ni conflit personnel ni raison d’arriver à un compromis ou de faire la paix avec Ahmadinedjad. Nous considérons le gouvernement d’Ahmadinedjad comme un gouvernement établi qui doit répondre de ses actions, mais pas comme un gouvernement légal ni légitime. Je ne suis personne : ce n’est pas à moi de trouver un compromis ou un accord ; c’est le peuple qui doit décider s’il est en conflit avec le gouvernement. C’est le peuple qui est en conflit avec le gouvernement et qui n’accepte pas sa façon de gouverner ce pays. Le peuple n’accepte pas la stratégie qui nous met en conflit avec le monde sous Ahmadinedjad, et nous faisons partie du même peuple.

Vous avez dit que les slogans contre le guide suprême et pour un état laïc n’étaient pas corrects. Quels slogans devrait-on scander ?
Il faut séparer les choses. Nous n’essayons pas de faire tomber le régime. D’un autre côté, la constitution n’est pas une révélation divine et n’est donc pas immuable. Mais pour l’instant, la constitution n’est même pas appliquée dans ce pays.

Avant les élections, auriez-vous imaginé que le peuple iranien irait aussi loin pour réclamer ses droits et que sa colère grandirait autant ?
Je n’imaginais ou ne prévoyais pas que le régime iranien irait jusqu’à trafiquer les élections comme il l’a fait. D’un autre côté, le régime a adopté une attitude obstinée et sans concessions envers le peuple, ce qui a causé des problèmes actuels. Dans les premiers jours, le peuple disait : « où est mon vote ? » Le peuple est resté le même. Alors, qu’est-ce qui les a amené à adopter les slogans actuels ? Le peuple veut des élections saines, et veut que ses votes soient comptés.

Quand vous étudiez sous la direction de Khomeini, j’ai lu que vous étiez fasciné par lui. Est-il encore un modèle pour vos actions ?
J’aimais l’imam et je l’aime encore. Oui, c’est un modèle et un exemple pour moi. C’était un religieux dévot, il était capable d’analyse et de prospective. Mon amour pour lui s’est encore accrue après sa mort à cause de ce qui est arrivé. L’imam a conduit le pays dans les temps les plus difficiles, la première décade de la révolution islamique. Le pays était en guerre, des personnalités et des politiciens importants étaient tués pendant les attaques et à la guerre. Dans cette situation, on a pris des mesures spéciales et quelquefois excessives. Je ne dis pas qu’il était un modèle parfait. Mais les actions et les décisions doivent être évaluées en tenant compte de l’époque.

Quelle est la pire chose faite au nom de la révolution? Quels ont été les moments de la révolution ? Pourquoi croyez-vous encore en la république islamique ?
La république islamique se compose de deux concepts: la république et l’islam. La pire chose ce sont les dégâts à ces deux concepts et principes. Je ne dis pas qu’il n’en reste rien, mais les dégâts sont très sévères, à la fois pour l’islam et pour le concept de république qui veut dire « l’opinion et le vote du peuple ». L’imam a dit que la décision finale appartenait au peuple. Il a toujours respecté l’opinion publique et n’ a jamais permis, même dans les pires circonstances, l’ambiguïté ou le manque de clarté pendant les élections. Ce qui est endommagé ce sont les promesses que nous avons faites au peuple. Le problème n’est pas de faire tomber le régime mais de le réformer. Je crois encore dans la république islamique, mais pas dans ce genre de république islamique ! La république islamique que nous avons promise au peuple avait le soutien et le vote de 98% de la population, c’était la république islamique des élections libres et non des élections truquées. Je crois en un islam moderne, un islam rempli de bonté et d’affection, pas en un islam violent et fanatique.
 
Le premier ministre italien Berlusconi prétend réduire les échanges avec Téhéran et soutenir de nouvelles sanctions internationales. Pensez-vous que ces mesures aideraient l’opposition d’une façon quelconque ? Quel serait, selon vous, l’effet de sanctions de l’ONU sur le gouvernement et sur le peuple ?
Quand j’étais président du parlement iranien, les relations entre nos deux parlements étaient excellentes. A cette époque, je me suis rendu en visite officielle en Italie et deux présidents du parlement italien sont venus en Iran, preuve de bonnes relations politiques entre nos deus pays. La lettre envoyée par les présidents du parlement et du sénat italiens au chef du régime iranien sur les conséquences qu’aurait mon arrestation est une démonstration des bonnes relations que nous avions à cette époque. J’en suis reconnaissant aux présidents et aux membres du parlement italien. Mais je suis absolument opposé aux sanctions ; elles augmenteraient la pression économique dont on souffre déjà à cause des politiques erronées du gouvernement.
 
Pensez-vous que la république islamique puisse dialoguer avec les Etats-Unis?
Nous avons dit plus d’une fois que le seul pays avec lequel nous n’aurons de relations c’est Israël parce que ce pays viole les droits d’un peuple. Une relation juste, basée sur le respect mutuel er respectant les droits réciproques doit être recherchée. Mais ce gouvernement a créé une situation à part qui ne permet pas de renouer des relations avec les Etats-Unis. D’un côté, le gouvernement iranien écrit au gouvernement américain et de l’autre il utilise des mots durs et blessants contre le gouvernement américain. Des conduites contradictoires ne fonctionnent pas en politique étrangère.

Lire aussi: 

Fatemeh Karroubi: "Plus on nous met la pression et plus nous serons déterminés"

Les événements de la journée du 11 Février 2010 (22 Bahman 1388)

Lettre d’Information SIC n°177 - 27 Février 2010

Student Information Center (SIC)
Lettre d’information 177 – Samedi 27 février 2010
 
PLANS FUTURS
  • Intensifier la désobéissance civique non-violente
  • Allah-o-Akbar toutes les nuits
  • Ecrire des slogans sur les murs et les billets de banque
  • Aller sur les tombes des martyrs du mouvement vert à Béhesht-é-Zahra (cimetière) le dernier jeudi de l’année
  • Sortir tous les jeudis
INFORMATIONS
  • Advarnews: Mir-Hossein Moussavi a commenté les évènements du 22 Bahman dans une interview avec l’agence de presse Kalameh. L’interview est attachée a la lettre d’information en Persan et peut être trouvé aux adresses ci-dessous:
  • Kalameh : La cérémonie annuelle à la mémoire des martyrs de la famille Bakéri s’est tenue jeudi. Mir-Hossein Moussavi et Zahra Rahnavard y étaient invités et y ont participé au grand intérêt des participants et des militants politiques.
  • Radio Farda : Le quatrième congrès international contre la peine de mort s’est tenu en Suisse. L’Iran est, après la Chine le pays condamnant le plus à mort dans le monde.
  • Deutsche Welle : Dans une interview avec le Corriere Della Sera, Mehdi Karroubi a commenté le mouvement Vert en Iran. Il a réaffirmé que les élections de juin étaient truquées et a mis en doute la légitimité du gouvernement. Il a également déclaré que son but n’était pas de renverser le régime mais de conduire de vastes réformes, qu’il croyait encore dans les idéaux de la république islamique mais pas de celle actuellement au pouvoir en Iran. Il veut une république basée sur des élections non truquées et sur un islam vrai, pas sur la superstition.
  • Kalameh : Dans une lettre à l’exécutif, le président du parlement iranien a énuméré toutes les actions prises par le gouvernement et qui semblent illégales. Le pouvoir législatif a demandé des explications et les changements adéquats.
  • VOA : Le représentant du guide suprême auprès des gardes révolutionnaires a prétendu que ces forces ne faisaient pas partie de l’armée et qu’elles avaient donc le droit et le pouvoir d’agir en politique si nécessaire.
  • JARAS : Plusieurs militants des droits humains dans les pays arabes ont publié une lette pour dénoncer la répression contre la population et demandé au gouvernement de cesser ces agissements.
  • JARAS : Dans tout le pays, les sermons de la prière du vendredi étaient concentrés sur la capture de Rigi et la réunion du conseil des experts.
NOUVELLES DES PERSONNES ARRETEES
  • Kalameh: Le juge en charge du dossier d’Abdollah Momeni qui a demandé une caution de 800 millions de tomans a refusé la caution de 400 millions présentée par son épouse prétendant que le montant n’en était pas suffisamment élevé.
  • Kalameh : L’avocat de Mohsen Mirdamadi a annoncé son procès à la cour révolutionnaire n° 1. Monsieur Mirdamadi est accusé d’atteinte à la sûreté de l’état et de propagande contre le régime.
  • Parlaman News : L’épouse de Mostafa Tadjzadeh a annoncé que son salaire avait été suspendu depuis son arrestations (près de 9mois).
  • RAHANA : Pakhshan Azizi est en grève de la faim en prison et son état est décrit comme critique.
  • RAHANA : Les militants étudiants de l’université Azad de Nadjaabad, l’une des unités les plus importantes de l’université Azad ont été frappés le plus durement tant en nombre d’individus affectés qu’en sévérité des verdicts.
  • Kalameh : Une caution de 100.00 USD a été demandée pour la libération conditionnelle du journaliste arrêté Keyvan Mehrégan. Sa famille ne pouvant la payer, son avocat, Saleh Nikbakht essaie de convertir cette libération sous caution.
  • Adwarnews : Somayyeh Rashidi, militante de la campagne « un million de signatures » [qui lutte pour des droits égaux entre hommes et femmes] a été libérée de la prison d’Evine jeudi.
  • Radiofarda : Suivant la campagne internationale pour les droits humains, les condamnation à la prison de huit militants étudiants de l’université de technologie Nourshirvani de Babol ont été finalisées.
  • Norouz : En dépit des demandes conjoints de plus de 3.000 étudiants de l’université Ferdowsi de Mashhad, l’expulsion de trois étudiants a bien eu lieu.
RECOMMANDATIONS ET AVERTISSEMENTS

Lors de son allocution de jeudi, Mohsen Sazégara a abordé les points suivants :
  • Le régime a lancé une vaste campagne de propagande après l’arrestation du terroriste notoire Abdulmalek Riggi ; nous devons cependant garder à l’esprit que la pauvreté au Baloutchistan ainsi que l’attitude répressive du régime à l’encontre des Baloutches rendent le terrain fertile pour l’émergence de terroristes comme Riggi. De plus, l’arrestation de Riggi est une preuve que les luttes armées et violentes contre des états policiers comme l’Iran ne mènent à rien ; les luttes non-violentes réduiront à néant les efforts de renseignement de tels états policiers.
  • Lors de la dernière visite d’Ahmadinedjad à Birdajand [capitale et plus grande ville de la province du Sud Khorassan au sud-est de l’Iran] seules 300 à 700 personnes ont assisté à son discours au stade municipal
  • Après plusieurs jours de manifestations, les employés de l’industrie des télécommunications continuent pour obtenir le paiement de leurs salaires.
  • Comme les nuits précédentes, le rassemblement des familles de détenus devant la prison d’Evine continue. Les principaux objectifs sont :
    • Rendre le régime illégitime
    • Renforcer l’unité et la cohésion du mouvement Vert
    • Epuiser le régime en créant et en élargissant les fractures au sein de ses propres rangs. Les manifestations de rues sont indiscutablement le meilleur moyen d’épuiser le régime, mais ce ne sont pas les seuls. Nous devrions travailler pour réduire le coût humain des manifestations de rue. La révélation des identités et des actions des gardes révolutionnaires et des bassidjs est extrêmement efficace pour épuiser le gouvernement illégitime. Nous devrions donc exercer de la pression sur les gardes révolutionnaires et les bassidjs.
    • Paralyser le gouvernement. Nous discuterons de ce point demain.
Lors de son allocution de vendredi, Mohsen Sazégara a abordé les points suivants :
  • Plusieurs actions pourraient paralyser le gouvernement illégitime dont le boycott de certains produits, le refus de coopérer avec les agences gouvernementales et la grève (un bon exemple, les grèves coordonnées de 10 mns en Pologne dans les années 80s)
  • Le discours de l’ayatollah Khamenei devant l’assemblée des experts [supposée superviser le guide suprême] montre clairement qu’il refuse encore d’accepter la réalité. Il ne veut pas parler du mouvement Vert profondément enraciné dans 31 ans d’incompétence et de statu quo, des changements profonds à l’intérieur de la société iranienne, des fossés existants entre les sexes, les générations, les ethnies et les classes sociales et, le plus important de la domination d’un paradigme démocratique dans la population.
  • On parle de changements imminents [sur la façon dont la communauté internationale traite le régime iranien] dans un futur proche. Le premier changement sera la mise en place de sanctions sur l’IRGC puisque son rôle dans la répression du 11 février a été mis à jour. Le second changement sera le défi à la censure du régime iranien sur les chaînes d’information par satellite, l’Internet et les autres moyens de communication.
  • Le ministre russe des affaires étrangères a déclaré que le système de défense anti-missile S300 ne sera pas livré à l’Iran.
Lors de son allocution de samedi, Mohsen Sazégara a abordé les points suivants :
  • Le rassemblement des familles des détenus devant la prison d’Evine s’est poursuivi la nuit dernière et quelques prisonniers ont été relâchés ; néanmoins des nouvelles peines de prison ont encore été prononcées.
  • Monsieur Karroubi a donné une très bonne interview dans laquelle il a traité les rassemblements du 11 février sponsorisés par le régime des « rassemblements mis en scène ». (Le directeur général de la préfecture de Téhéran avait auparavant admis avoir rassemblé des supporters dans tout le pays).
  • La démission forcée des candidats au barreau est un défi à la liberté politique ; les organisations civiles sont écrasées sous la botte de la dictature militaire.
  • Une conférence sur l’Iran, en partenariat avec l’ambassade d’Iran au Royaume-Uni devait avoir lieu à Cambridge ; elle a été annulée à cause de la réaction glaciale des chercheurs. Le refus de coopérer avec le gouvernement à tous les niveaux est l’un des meilleurs vecteurs de la désobéissance civique.
  • Deux discours de Laridjani au Japon ont été annulés ; il semble que les objections des Iraniens résidant au Japon ont été la principale raison de ces annulations.
  • Les graffiti muraux ont connu un regain d’activité dans le pays (atteignant les petites villes comme Gonbad Kavous au nord-est de l’Iran) ; les slogans sur les billets de banques et les graffiti dans les petites villes sont très efficaces car il est très difficile d’en identifier les auteurs
  • Plusieurs point importants sur le Tchaharshanbeh Souri [16 mars] :
    • Se rappeler les principes de la lutte non-violente
    • Tchaharshanbeh Souri est une fête traditionnelle célébrée partout ce qui rend difficile la réaction du gouvernement. (Il ne faut donc pas spécifier de lieu de rassemblement précis)
    • C’est un jour où nous pouvons être très actifs avec un risque minimum
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samedi 27 février 2010

A la gloire des femmes iraniennes

Le 8 Mars (journée internationale de la femme), le mouvement vert célébrera le courage et la détermination des femmes iraniennes. Nous sommes fiers de nos mères et de nos sœurs. Ce sont elles qui changent la société en profondeur et qui rendent tout retour en arrière impossible.



Lire aussi:

Appel pour la liberté et l’égalité des sexes en Iran

jeudi 25 février 2010

Lettre d’Information SIC n°176 - 24 Février 2010

Student Information Center (SIC)
Lettre d’information 176 – Mercredi 24 février 2010

PLANS FUTURES
  • Intensifier la désobéissance civique non-violente
  • Allah-o-Akbar toutes les nuits
  • Ecrire des slogans sur les murs et les billets de banque
  • Aller sur les tombes des martyrs du mouvement vert à Béhesht-é-Zahra (cimetière) le dernier jeudi de l’année
  • Sortir tous les jeudis
INFORMATIONS
  • Agence de Presse Iranian Labor : 36 avocats, candidats à la 36ème élection du comité exécutif du barreau ont été disqualifiés. Parmi eux Mohammad Djandoghi-Kermani-pour, et Goudarz Eftekhar Jahromi, président sortant, Mohammad Ali Dadkhah, Nemat Ahmadi, Ramézan Hadji-Mashhadi, Nasser Zarafshan, Abdolfattah Soltani, Farideh Gheirat, et Samad Khorramshahi.
  • Radio Zamaneh : Segueï Lavrov, ministre des affaires étrangères de Russie a déclaré aujourd’hui à Moscou, qu’en raison de ses engagements internationaux, la Russie ne vendrait pas d’armes aux pays de la région pour ne pas accroître les tensions et l’instabilité. Monsieur Lavrov, interrogé sur la vente de missiles S-300 à l’Iran a répondu : « Pour remplir le contrat, certaines questions et certains problèmes doivent être résolus au préalable. »
  • Radio Farda : Akbar Hashémi Rafsandjani, président de l’assemblée des experts, a demandé une fois de plus l’indemnisation de toutes les victimes des évènements post-électoraux mardi dernier lors de la septième réunion avec le parlement.
  • BBC News : L’assemblée des experts a publié une déclaration menaçant les dirigeants intérieurs des intrigues et des fraudes et demandant à la police et aux forces de sécurité de s’occuper avec fermeté de tout mouvement suspect et susceptible de dégénérer.
  • Radio Farda : L’association des conseils de la province du Fars a exprimé mardi son inquiétude sur la situation des ouvriers et des structures industrielles de la province, ceci quelques jours après le rassemblement d’un groupe d’ouvriers des télécommunications devant les bâtiments officiels. Les ouvriers exigeaient le paiement de leurs salaires en retard depuis 14 mois.
  • Maad : Mahmoud Ahmadinedjad a été accueilli fraîchement par les citoyens de Birdjand ; la vidéo est attachée à la lettre d’information en persan :
  • JRS : Les medias d’information ont publié aujourd’hui deux articles révélant « Le vol scientifique et le plagiat » de Marzieh Vahid-Dastjerdi, ministre de la santé d’Ahmadinedjad. Il y est clairement démontré que Dastjerdi a publié un article en 2008 intitulé « Indicateurs potentiels de l’age ovarien des femmes de Téhéran » dont plus de 70% ont été directement copiés d’un article chinois publié en 2003.
NOUVELLES DES PERSONNES ARRÊTÉES
  • Radio Farda : Ebrahim Yazdi, secrétaire du mouvement de la liberté a obtenu avec l’autorisation du procureur de Téhéran, une libération provisoire de 10 jours pour une opération chirurgicale. Ebrahim Yazdi, 80 ans, est le plus âgé des prisonniers politiques en Iran ; il souffre d’un cancer de la prostate.
  • Radio Farda : Feiz-allah Arab-Sorkhi, membre important de l’organisation des moudjahiddines de la révolution islamique a été condamné à 6 ans de prison. Il est accusé d’actions contre la sécurité nationale et de propagande.
  • JRS : Leila Tavassoli et Mahmoud Naim-pour ont été libérés. Leila Tavassoli, fille de Mohammad Tavassoli, était en prison depuis 2 mois.
  • JRS : Le juge d’Abdullah Momeini, porte-parole d’Islamic Advar Tahkim-é-Vahdat a ordonné une caution de 800.000 USD. Son épouse a annoncé ne pas être en mesure de régler cette somme ; Monsieur Momeini était enseignant et a perdu son travail du fait de son emprisonnement.
RECOMMANDATIONS ET AVERTISSEMENTS
  • Kalameh: Le Docteur Hamidréza Djalaïpour, professeur de sociologie, a analysé les interactions entre le mouvement Vert et le gouvernement. Voici quelques extraits de la conférence:
    • Avec la violence, les manifestations dans la rue s’affaiblissent mais ne disparaissent jamais. Je prévois que même si cette vague est contenue par la pression accrue dans la rue, de nouvelles vagues plus imprévisibles et beaucoup plus importantes verront le jour.
    • Un signe de calme serait que le gouvernement permettent les manifestations ; aussi longtemps qu’il aura peur de le faire, la société aura la fièvre et leur propagande ne servira qu’à se rassurer eux-mêmes.
    • Si l’on accédait aux 5 exigences de Monsieur Moussavi, le potentiel du mouvement serait annihilé ; il y a peu de chances que cela arrive à cause de l’ignorance du gouvernement.
    • Certains pensent que l’aspect le plus important du mouvement c’est sa présence dans la rue ; néanmoins, ce mouvement possède également des aspects mentaux et moraux très importants.
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mercredi 24 février 2010

Une constante intimidation, des charges répétées

L'article ci-dessous de Fereshteh Ghazi (Twitter: Iranbaan) est paru sur le site internet de Rooz Online (23 février). Traduction réalisée par Ghazamfar.

Fereshteh Ghazi

Plus de 8 mois après le coup d’état qu’ont été les élections présidentielles du 12 juin 2009 en Iran, les arrestations en masse de militants politiques et de journalistes dans toute la nation continuent et des rapports révèlent le traitement brutal des prisonniers et la pression qui s’accroît sur eux et sur leurs familles.

Suivant des rapports dignes de foi, on a interdit les familles des prisonniers politiques d’interviews. Les forces de sécurité sont allés jusqu’à demander aux familles de leur rapporter tout communication qu’ils recevraient sur la condition de leurs êtres chers. Dans un cas, les agents de sécurité ont demandé à la mère de Mortéza Simiari, un membre emprisonné du Daftar Tahkim Vahdat (Bureau de renforcement de l’unité), un groupe d’étudiants, de leur fournir les numéros de téléphone de tous les appels entrant à leur domicile.

La pression s’est tellement accrue sur les familles de prisonniers que Parastou Sarmadi, l’épouse d’Hossein Nourinedjad, journaliste emprisonné et membre du front Mosharekat (participation) a finalement été contrainte de quitter Téhéran.

Pendant ce temps, les enquêteurs ont recours à de nouveaux types de pression sur les prisonniers politiques. Suivant des rapports, les conseillers de Mir-Hossein Moussavi ont été placés dans des cellules avec des prisonniers Wahhabi et Bahaï. Sous la pression des enquêteurs, certains des prisonniers Wahhabi ont insulté des croyances religieuses des conseillers de Mir-Hossein Moussavi.

Shirin Alam-Houli, sévèrement torturée dans une prison du Kurdistan sous la tutelle des gardiens de la révolution partage maintenant sa cellule avec Leila Tavassoli. Madame Alam-Houli souffre de crises de nerfs sérieuses suite aux tortures horribles dans la prison des gardiens de la révolution au Kurdistan.

Hamzeh Karami, responsable du site d’informations Djomhouriyat, a été condamné à 16 ans de prison et à 6 milliards de tomans d’amende. Suivant des témoins, Karami a perdu l’équilibre à l’énoncé de la sentence et est très malade depuis. Karami faisait partie de ceux qui ont été montrés avouant au tribunal et il avait témoigné contre lui-même et la famille d’Hashémi Rafsandjani.

Mohammad Djavad Mozaffar, membre du comité central du conseil de défense des droits des prisonniers est à l’isolement sans droit de visite. Mozaffar est à l’isolement depuis 54 jours malgré son arthrose et ses difficultés respiratoires.
Pendant ce temps, les arrestations continuent à Nadjafabad et les agents de sécurité attaquent, la nuit, le domicile des militants politiques. Selon le site Norouz, des douzaines de personnes arrêtées lors des cérémonies du 40ème jour de l’Ayatollah Montazéri sont toujours en prison. On dit que les jeunes arrêtés ont été sévèrement battus.

On rapporte également l’arrestation de Mortéza Golizadeh, un militant réformiste d’Arak. Il a été transféré dans un lieu inconnu.
Ali Hassan Shamaeli, qui faisait partie du personnel de campagne de Mir-Hossein Moussavi a également été arrêté.

(photos: Entrée de la prison d'Evin. Rassemblements fréquents des familles de prisonniers)


Shadi SADR: "la violence n'appartient pas à notre culture"

Shadi SADR, avocate, journaliste, militante des droits de l’Homme et activiste politique dont le courage lui a valu d'être emprisonnée il y a quelques mois a eu un entretien avec Voice of America (VOA) après la réunion de l’ONU à Genève au sujet des droits de l'Homme en Iran, le lundi 15 février 2010. La traduction de cet entretien en Français ci-dessous a été réalisée par Ghazamfar. La traduction en anglais est disponible ici.

Shadi SADR, fait preuve d'un courage exceptionnel. Elle a été sur tous les fronts malgré les menaces, malgré son emprisonnement. Le 5 Mars 2010, elle interviendra lors d'un colloque à Francfort à quelques jours de la journée internationale des femmes (8 Mars). Elle symbolise à elle seule le combat des femmes iraniennes, leur détermination et leur contribution décisive au mouvement vert.
 

Traduction de la vidéo

Journaliste: Une conférence de presse a eu lieu suite à la réunion sur les droits humains à Genève. Shadi Sadr, avocate et militante féministe en était l’une des participantes. Comment la république islamique pourra-t-elle se défendre face au rapport qu’elle a publié alors que les militants des droits humains se sont rassemblés et que de nombreux meurtres et arrestations de militants des droits civils et politiques ont eu lieu ?

Shadi Sadr: La plus grande partie du rapport publié par la république islamique décrit notre constitution et nos lois pour montrer à la communauté internationale que nous avons des lois en Iran. Il est vrai que ces lois existent et qu’elles pourraient améliorer la situation des droits humains en Iran jusqu’à un certain point, mais à condition d’être respectées. La principale question c’est la mise en application de la loi et la règle de la loi en Iran. De ce point de vue, le rapport du gouvernement se tait ou présente des informations erronées.

Le problème ne se limite pas à la situation des prisonniers politiques ou des violations des droits humains après les élections. Par exemple, le problème de la « loi sur la famille » en Iran. Ce qui m’intéresse, c’est qu’après avoir combattu la loi pendant trois ans et montré sa nature « misogyne » ; il rend légitime la polygamie et encourage les « mariages temporaires » ; le gouvernement iranien a indiqué dans son rapport que la « loi sur la famille » fait partie des lois en cours de ratification par le congrès pour améliorer la situation des femmes en Iran. Pour les représentants des autres pays qui ne connaissent pas cette loi, il suffit de penser qu’il y a une loi en cours de ratification qui soutient les femmes et les familles. C’est parce qu’il ne connaissent pas réellement le contenu de notre législation. Nous nous efforçons ici d’expliquer plusieurs points comme celui que je viens de citer et de montrer que le contenu de ce rapport n’est pas véridique.

Un autre point que le rapport du gouvernement iranien met bien en avant : les organisations internationales de droits humains mettraient la pression sur l’Iran en tentant de lui imposer les valeurs et les normes occidentales, donc les organisations internationales de droits humains sont contre notre culture. Finalement, ils prétendent que les organisations internationales de droits humains sont contre l’islam et que c’est la raison pour laquelle ils ne peuvent accepter beaucoup de leurs lois. Je pense que la question qui mériterait d’être posée c’est la polygamie est-elle acceptable dans la culture iranienne. Et aussi, dans quelle partie de la culture iranienne est-il permis de battre des manifestants pacifiques qui cherchent simplement leurs votes et s’opposent aux décisions prises par des politiciens ? Il n’y a pas de violence dans notre culture. Une violence d’une telle ampleur dans la rue est absolument contraire à notre culture.

Justifier les violations des droits humains en utilisant la culture iranienne comme excuse n’aide pas la cause ; cela abîme l’image des Iraniens aux yeux de la communauté internationale. La communauté internationale est face à un gouvernement qui admet l’exécution et la lapidation, encourage la polygamie, bat les protestants et torture et tue les prisonniers. Ils font tout ça et l’attribue à la culture iranienne. Vous voyez ce que cela veut dire ?

Journaliste: Critiquez-vous la façon dont les rapports sont rédigés à cette importante réunion de l’ONU? Les décisions et les déclarations émanant de la convention de l’ONU sur les droits humains sont très importantes. Y a t il des points que vous aimeriez évoquer sur la conduite de la convention ?

Shadi Sadr: Voyez-vous, le processus d’examen des violations des droits de l’homme dans les pays est nouveau. A cause de toutes les restrictions mises par le gouvernement iranien sur les militants civiques ou politiques en Iran, nous en savons très peu sur les mécanismes et les processus de la commission des droits humains de l’ONU. C’est ce qui a rendu nos espoirs complètement utopiques parfois. Ici, il nous faut être réalistes et comprendre que ce sont les gouvernements qui jouent les rôles principaux dans ce mécanisme. Nous, les militants des droits civiques et humains, ne sommes pas les décideurs ici, nous ne pouvons qu’influencer le résultat. Les processus sont très complexes et bureaucratiques. Des milliers d’intérêts politiques sont en jeu. Même ceux qui prétendent être très impliqués par les violations des droits humains en Iran peuvent même éviter de s’exprimer à cause d’accords politiques ou économiques conclus secrètement.

Je pense que quelques points sont importants dans ce processus complexe. D’abord, nous ne devons pas en attendre trop. C’est un processus. Ce qui se passera lundi ne sera qu’un début. Lundi, ce n’est que l’ouverture du dossier. Nous aurons largement le temps dans les mois à venir, surtout en mars pour influer sur ce processus; c’est à cette époque que les décisions finales seront prises. Il est aussi important que nous exigions des normes internationales et de clarifier ce que essayons d’atteindre de ce processus. L’ONU et la commission des droits humains ne vont pas répondre à tous nos vœux. Nous devons seulement influencer le processus.

Il est aussi très important que tous les militants des droits civiques participent à ce processus parce que le gouvernement iranien a annoncé dans son rapport que le rapport national iranien avait été écrit en coopération avec des groupes de droits civiques, mais aucun n’est nommé dans son rapport. Il y a 30 organisations représentant l’Iran qui prétendent être des ONG de défense des droits civiques. Alors que la plupart des militants des droits civiques sont soit en prison, tués ou ont fui le pays, il faut trouver qui sont ces 30 groupes de droits civiques. Qui sont ces personnes représentant les droits civiques en Iran ?
Je pense également que, pour affecter le processus, les manifestations devant l’ONU doivent être de grande ampleur.


Autre texte de Shadi Sadr disponible sur ce blog: 

L'Ayatollah Montazeri: du pardon à l'éradication de la violence

ps: si vous avez accès à d'autres traductions des textes de Shadi Sadr en Français, veuillez nous les transmettre pour publication sur ce blog.   

Lettre d’Information SIC n°175 - 22 Février 2010

Student Information Center (SIC)
Lettre d’information 175 – Lundi 22 février 2010

PLANS FUTURES
  • Intensifier la désobéissance civique non-violente
  • Allah-o-Akbar toutes les nuits
  • Ecrire des slogans sur les murs et les billets de banque
INFORMATIONS
  • BBC News : Un nouveau film a été diffusé par la BBC sur les évènement de l’été dernier, l’attaque de la cité universitaire de l’université de Téhéran. La vidéo, tournée par les attaquants, montre les forces de sécurité et les bassidjs en civil à l’intérieur de la cité. Elle révèle également que c’est la commandant de la police de Téhéran, monsieur Radjabzadeh, qui a ordonné l’attaque. La vidéo suggère également que l’attaque était coordonnée et préméditée. On peut y accéder par ces liens :
  • Radio Zamaneh : Monsieur Mehdi Karroubi a publié une déclaration critiquant la « confiscation » par le gouvernement des rassemblements pacifiques du 11 février. Il a demandé au gouvernement d’autoriser le rassemblements des opposants pour démontrer une fois pour toutes le poids de chaque partie.
  • Radio Zamaneh : Monsieur Mohammad Khatami a publié une déclaration lors d’une visite à des familles de prisonniers politiques. A propos des rassemblements du 11 février, il a dit qu’on voyait clairement à qui allait le soutien de la majorité. Il a ajouté : « Les droits de la population, les intérêts nationaux, le respect et la liberté humaine n’ont jamais eu tort et c’est un droit de les exiger.
  • Jrs : L’association des droits humains a écrit au commissaire aux droits humains de l’ONU et lui a demandé : « Avec le pouvoir de l’ONU, il faut empêcher la chute de la société civile en Iran ». Les auteurs de cette lettre ont demandé en premier lieu de faire tout ce qui est possible pour la libération des militants politiques et sociaux emprisonnés en Iran.
  • Jrs : Hana Makhmalbaf, juré du groupe « génération » pendant le soixantième festival du film de Berlin, y a apporté la couleur verte. En signe de soutien au mouvement du peuple iranien, le jury portait des écharpes vertes pendant la cérémonie de clôture.
  • Jrs : Le discours de Monsieur Hashem Aghadjari qui devait être prononcé à l’occasion de la mort du prophète Mahomet a été annulé par l’intervention des forces de sécurité.
  • Jrs : « Asra », un groupe de militants du sud de Téhéran a lancé un site une lettre d’information en ligne récemment. Ce groupe soutient Messieurs Moussavi et Karroubi. Pour visualiser leur site en Persan : jtcamp.blogfa.com
  • Jrs : Un groupe de militantes a écrit à Messieurs Karroubi et Moussavi pour leur demander qu’ils s’occupent des droits des femmes en Iran pour que tous les Iraniens prennent conscience de leurs problèmes spécifiques.
  • Jrs : La France a de nouveau appelé à la libération immédiate de Clotilde Reiss qui n’est toujours pas autorisée à quitter l’Iran depuis son arrestation l’été dernier.
  • Radio Farda : Alors qu’Ahmadinedjad annonçait que la croissance économique avait été de 6.9% l’année dernière, un député a prédit que cette année elle serait au mieux de 0% ou même négative. Les banques iraniennes ont déclaré que la croissance économique avait été de 2.3% l’année dernière.
  • Kalameh : Un journaliste a demandé à l’ayatollah Dastgheyb pourquoi les Iraniens se tournaient vers les médias étrangers pour obtenir des informations. Il a répondu que c’était la faute des médias iraniens et que c’était le droit du peuple iranien de savoir ce qui se passait en Iran.
  • Kalameh : Hossein Kashefi, porte parole du parti de la participation a commenté le 12ème congrès annuel de son parti qui doit se tenir prochainement ; en dépit de l’arrestation de certains de ses militants, le parti continuera à travailler l’année prochaine
NOUVELLES DES PERSONNES ARRETEES
  • Kalameh : Sara Tavassoli, arrêtée après l’Ashoura, a été libérée il y a quelques heures après avoir passé plus de 50 jours à la prison d’Evine.
  • Norouz : Abdolréza Tadjik, journaliste emprisonné depuis deux mois sans contact et sans pouvoir donner de nouvelles, a été autorisé à rencontrer sa famille. On ne sait toujours pas de quoi il est accusé.
  • Kalameh : La famille de Madjid Tavakoli, le militant étudiant dont l’arrestation avait engendré de nombreuses manifestations dans le monde entier pendant lesquelles les hommes se couvraient la tête en signe de soutien, est extrêmement préoccupée ; voilà plus d’un mois qu’elle n’a eu aucune nouvelle de Madjid en dépit de ses demandes constantes aux autorités. Aux dernières nouvelles, il était à la prison d’Evine.
  • Kalameh :Amir Sadeghi, journaliste et photographe a été libéré sous une caution de 300.000 USD. Il avait été arrêté sous l’accusation d’avoir publié des photos des manifestations du jour de l’Ashoura.
RECOMMANDATIONS ET AVERTISSEMENTS 

Lors de son allocution de dimanche, Mohsen Sazégara a abordé les points suivants :
  • La désobéissance civile est une stratégie pour résister au gouvernement. Il a cité en exemple le refus d’un groupe important d’ouvriers d’honorer Khamenei quand les autorités le leur ont demandé. 500 conducteurs de bus ont demandé l’avancement de l’âge de leur retraite en raison de la pénibilité de leur travail. Leurs exigences n’ont pas encore été prises en considération. Les ouvriers du textile de Kashan se sont rassemblés pour protester contre le non-paiement de leurs salaires depuis 6 mois.
  • Les familles des prisonniers politiques se sont rassemblées en face des principaux bureaux de Téhéran. Ce changement de lieu permet une plus large sensibilisation et permet également au public de se joindre à eux.
  • Monsieur Ahmadi-Moghaddam, commandant de la police de Téhéran, commence à menacer la population à propos des festivités du nouvel an qui approchent.
  • Sazégara a ajouté que le régime ne contrôle que 5% de l’opposition ; il essaie donc d’intimider et d’effrayer les 95% restants. Il a ajouté que le mouvement devait avancer doucement et patiemment et ne pas perdre l’espoir.
Lors de son allocution de lundi, Mohsen Sazégara a abordé les points suivants :
  • On dit que le gouvernement relâcherait des prisonniers politiques aux alentours de la nouvelle année et que les lois électorales changeraient. Ce sont certes de bonnes nouvelles, mais ce n’est pas suffisant pour accepter ce gouvernement.
  • 1.000 personnes se trouvaient devant Evine ; résultat, la libération de 20 prisonniers. Le moral est bon.
  • Sazégara a réitéré l’importance d’une résistance lente et continue ; les mouvements lents permettant une participation populaire maximale.
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dimanche 21 février 2010

Le viol systématique, comme arme de répression en Iran

Les agressions sexuelles contre les hommes et les femmes sont systématiquement utilisées en Iran pour essayer d’étouffer l’opposition. Cet article remarquable a été publié par Mahmood Delkhasteh dans le Guardian le 16 février dernier (traduction réalisée par Ghazamfar).

Les Violeurs du Régime Iranien
Mahmood Delkhasteh, Guardian

Tôt un matin de 1981, je suis arrivé au collège où j’enseignais à Téhéran et deux gardes de la fameuse prison d’Evine m’ont informé que l’un des collégiens avait été arrêté et ne reviendrait pas au collège. Je savais que son père était trafiquant de drogue et je supposais qu’il avait été arrêté pour des accusations semblables. C’était à l’apogée de la lutte post-révolutionnaire entre le front démocratique révolutionnaire conduit par le président d’alors Abolhassan Banisadr, et le front dictatorial conduit par le parti de la république islamique et ses alliés. Quelques mois plus tard, Banisadr était chassé par un coup d’état et j’étais renvoyé de mon poste d’enseignant.

Plus tard, j’ai appris que le même jour, mon élève avait été libéré et engagé comme garde dans la même prison. J’ai aussi appris de sa grand-mère qu’il ne s’intéressait pas à la drogue mais qu’il avait violé sa sœur et l’avait mise enceinte. A cette époque, les histoires de femmes et de filles violée en prison étaient si nombreuses que l’Ayatollah Montazeri avait envoyé une équipe pour enquêter. Ils n’ont pu que confirmer les rumeurs. Les gardiens de prison, dont beaucoup de malades mentaux comme mon élève, avaient pour tâche de violer les femmes, l’un d’eux était même surnommé « hamishe dâmâd » (le jeune marié éternel).

En d’autres termes, le viol n’a rien de neuf pour ce régime qui maintenant tente même en vain de se cacher derrière l’islam. Néanmoins, après le soulèvement de juin dernier, nous voyons l’émergence d’une forme de viol plus largement répandue et qui s’étend aussi aux hommes. Non pas que cela n’ait pas existé auparavant, mais le viol est maintenant utilisé de façon systématique. Peu d’informations circule sur ce sujet à ce jour.

La maltraitance à la prison de Kahrizak, l’Abu Ghraïb iranien, n’a filtré que parce que Mohsen Rouh-ol-Amini, fils d’une personnalité conservatrice, y est mort sous la torture. Le régime a été contraint de fermer la prison, et, plus tard, en août 2009, l’Ayatollah Karroubi a publié une déclaration disant, entre autres, que quelques prisonniers avaient été violés. Après de telles révélations, on aurait pu penser que le régime arrêterait cette forme brutale de torture contre ses opposants. Mais les victimes et les témoins ont confirmé qu’elle continuait. Il y a quelques semaines, par exemple, les gardes révolutionnaires ont arrêté une groupe de femmes qui se rassemble tous les samedis au Parc Laleh pour protester contre la détention de leurs enfants. Une mère a révélé qu’elle avait vu pendant sa détention un adolescent implorer un juge de ne pas le renvoyer à l’isolement. Quand le juge lui demanda pourquoi, il répondit : « Parce qu’ils n’arrêtent pas de me violer ». Il y a deux mois, le fils d’un ami a été arrêté lors d’une manifestation et a dû mener le combat de sa vie pour éviter d’être violé par les gardes dans la voiture. Le 12 février, Fatéméh Karroubi, épouse de l’Ayatollah Karroubi a écrit une lettre ouverte à Khamenei donnant les détails de l’arrestation de son fils de 38 ans au moment de l’attaque de la voiture de son père pendant une manifestation lors du 31ème anniversaire de la révolution de 1979. Elle y décrit comment son fils a été méchamment maltraité physiquement et oralement dans une mosquée. Les gardes l’ont menacé de viol.

Bien que les faits soient maintenant connus, le régime continue d’utiliser le viol et la menace de viol comme une arme contre ses opposants qu’ils soient hommes ou femmes, pourquoi ? Il faut comprendre la question dans son contexte culturel. Le régime sait que tuer un opposant, c’est le transformer en martyr ce qui peut en encourager d’autres à se joindre à la lutte. Le viol peut lui avoir des effets dévastateurs non seulement sur une personne mais aussi sur la morale politique. Le régime croit que la société pense que personne ne peut devenir un héros pour avoir été violé. Dans ce contexte, il est facile de risquer sa vie pour ses convictions, mais plus difficile de se joindre aux manifestations, sachant que l’on peut être violé. De plus, le régime a du mal à cacher les meurtres de ses opposants, mais il peut souvent neutraliser les opposants par le viol, la plupart des victimes étant trop traumatisées ou ayant trop honte pour rendre les faits publics.

On ne sait pas si cette menace de honte gardera son pouvoir. Tout au long de cette lutte révolutionnaire, nous observons des changements époustouflants dans les normes et les valeurs culturelles, spécialement dans les relations entre les sexes et en opposition au patriarcat. On a vu comment les efforts du régime pour humilier un étudiant en publiant sa photo habillé en femme a fait chou blanc; en quelques heures, des milliers d’autres hommes se sont fait tirer le portrait en vêtements féminins et les ont publié sur Internet pour exprimer leur solidarité. Bien sûr, des siècles de valeurs et de relations marquées du sceau du patriarcat ne vont pas disparaître en une nuit. Mais la société iranienne a vite appris que, quiconque souffre à cause de sa lutte contre le régime le plus barbare que le pays ait connu lors des deux derniers siècles est un héros.

Ce régime lutte maintenant pour sa survie et n’a plus de limites. Depuis qu’Ahmadinedjad a été nommé président et que les généraux des gardes révolutionnaires ont envahi l’Etat et l’économie, on peut à juste titre considérer l’Iran comme une mafia militaro-financière. Et comme dans tout état totalitaire, on a recherché et entraîné les individus les plus déshumanisés pour en faire des armes décisives, efficaces et efficientes dans cette lutte.

Ils sont bien sûr coupables. Mais d’autres doivent être pris en compte. Khamenei, en tant que guide suprême et détenteur, aux dires de ses idéologues comme l’Ayatollah Mesbah Yazdi du pouvoir absolu, sur la vie, les propriétés et l’honneur de chaque Iranien, qui a ouvertement déclaré la guerre aux manifestants après les élections, porte la responsabilité ultime de ces crimes. Il a aussi été accusé d’avoir tué ses opposants par un tribunal allemand dans le procès Mykonos, et a reçu de nombreuses lettres l’appelant à rendre compte d’autres crimes et abus.

La lettre de Fatémeh Karroubi en est le dernier exemple public. Les organisations des droits humains ont également beaucoup de preuves de toutes sortes de crimes commis contre le peuple iranien par ce régime et nous espérons qu’ils vont bientôt commencer à mettre en place une cour internationale dans laquelle Khamenei serait accusé de crimes contre l’humanité.

Lire aussi:

Document: les aveux d'un Basiji  

Mehdi s'est ouvert les veines (Babak Dad)

Crime contre l’Humanité à KAHRIZAK (II)

Crime contre l’Humanité à KAHRIZAK (I)

Fatemeh Karroubi: "Plus on nous met la pression et plus nous serons déterminés"

Le texte qui suit est l'interview de Fatémeh, l'épouse de Mehdi Karroubi (l'un des leaders de l'opposition) avec Rouz Online, quelques jours après le matraquage de son fils Ali lors des manifestations du 22 Bahman. Dans un geste rare, Fatémeh Karroubi s'était déjà courageusement adressée à Ali Khamenei, le Guide de la Révolution, pour dénoncer l'arrestation et la torture de son fils.

Un grand merci à l'infatigable Ghazamfar pour la traduction de ce texte.

Madame Karroubi, en dehors de la publication de deux lettres, vous êtes restée silencieuse et n’avez fait aucun commentaire sur le 22 Khordad (l’élection présidentielle du 12 juin) et les évènements qui s’en sont suivis. Y a t il une raison particulière pour ce silence ?Vous connaissez bien ma façon de penser et êtes totalement au courant de mes prises de position depuis le temps où vous couvriez la 5ème législature ; nous étions alors minoritaires. Je crois dans les idéaux de l’Imam et de la révolution et je me suis toujours efforcée de ne porter atteinte en aucune façon au système, au régime ou à la révolution par ma conduite ou mes paroles. Je l’avais fait avant la révolution pendant les 15 années très difficiles que j’ai passées en plus grande partie derrière les portes des prisons, j’ai continué après la révolution avec toutes mes forces dans les tâches exécutives que j'ai assumées comme mon devoir moral et religieux. Malheureusement, en raison des récents événements et de leur amertume, j’ai préféré moins m’exprimer.

Ce silence est-il dû au fait que vous désiriez créer un environnement plus stable et sûr pour que vous puissiez rester libre de vous battre pour la libération de Monsieur Karroubi et de vos enfants dans le cas où ils seraient arrêtés ? En d’autres termes, est-ce une forme de division du travail ?
Pas du tout. Vous me connaissez depuis la 5ème législature et vous connaissez mon état d’esprit. Même la lettre publiée il y a trois jours n’a pas été écrite uniquement pour mon enfant mais pour tous les enfants qui passent leur temps derrière les barreaux.

Vous mentionnez vos efforts pour les idéaux de l’Imam et de la révolution avant et après la révolution ; cependant votre époux est catalogué par le régime actuel comme l’un des chefs de l’opposition. Ils prétendent que Monsieur Karroubi est en relation avec Israël et les États-Unis qui lui envoient leurs ordres. Que ressentez-vous, vous qui avez donné votre vie pour la révolution face à de tels problèmes ?
Ces commentaires et ces allégations sont tellement vides et sans fondement que je ne les commenterai pas et ne les soulignerai jamais. Ces messieurs qui en discutent en répondront devant Dieu ; l’insulte et le mépris sans aucune preuve n’ont aucune signification. Je suis sure que Monsieur Karroubi croit dans les idéaux de la révolution et je ne prête donc aucune attention à ces allégations fallacieuses. Elles n’ont aucun effet sur l’aspiration aux droits du peuple et aux idéaux de la révolution. Ma famille continuera à se tenir aux côtés des droits du peuple et des idéaux de la révolution sans aucun compromis. Je connais bien mon mari. Je connais également mes enfants. S’il existait la moindre preuve de ces allégations je demande qu’on les divulgue.

Avant la publication de cette lettre, vous avez parlé du manque de sécurité pour votre famille et déclaré que si quelque chose devait lui arriver, le régime serait responsable à vos yeux. Qu’est-ce qui vous a conduite à écrire une telle lettre et ressentez-vous toujours autant de crainte pour votre famille ?
A l’époque, les circonstances étaient effrayantes et je voulais publier une déclaration pour que, s’il arrivait quelque chose à ma famille et à moi, on ne reviendrait pas plus tard pour dire qu’il faut des réunions et des enquêtes, etc.. Monsieur Mozafar, ancien ministre de l’éducation, a dit sur la 2ème chaîne de l’IRIB que nous laissions la direction du mouvement dans les mains du peuple et Monsieur Boroudjerdi, parlementaire a fait des remarques similaires publiées dans les journaux. Ces commentaires insinuaient que si quelque chose nous arrivait c’était parce que le peuple nous avait tué. J’étais donc obligée de publier une déclaration claire pour avertir tout le monde pour que le peuple d’Iran soit informé. Aujourd’hui, la sécurité s’est un peu améliorée. La pression s’est un peu relâchée et nous nous sentons moins menacés.

Peut-on dire que les choses ont change en ce qui concerne votre sécurité et votre mode de vie? L’un de vos fils a été convoqué tandis que l’autre a été menacé de viol à cause de votre lettre, pour ne pas parler des menaces constantes que la conduite agressive des forces de sécurité fait subir à Monsieur Karroubi. Votre lettre donne à voir pour l’essentiel le manque de sécurité dont vous souffrez, vous et votre famille. Est-ce vrai ?
J’ai écrit cette lettre en tant que mère et pour une seule raison : je suis très inquiète pour les enfants de ce pays arrêtés et emprisonnés ainsi que pour leurs mères. La nuit où mon fils est rentré à la maison, j’étais extrêmement perturbée par tout ce qui se passait ; je n’arrivais pas à croire la facilité avec laquelle ils avaient dit à Ali qu’il avait de la chance et que s’il était resté quelques heures de plus, c’est son cadavre qu’ils auraient rendu à sa famille.

Le procureur de Téhéran a néanmoins nié l’arrestation d’Ali et a déclaré qu’après enquête, on avait conclu qu’il n’avait été arrêté par aucun organe gouvernemental demandant à Ali de prouver son arrestation.
Je suis vraiment désolée d’entendre ce qu’a dit le procureur de Téhéran, donnant son avis si vite et sans enquête. Le procureur a néanmoins raison quand il dit que la police a arrêté Ali le 22 Bahman et ils ont encore son portable entre les mains. Ils ont appelé cet après-midi pour demander qu’Ali vienne le récupérer. Ali a été relâché tard dans la soirée du commissariat mais ils lui avaient fait signer une lettre où il s’engageait à ne pas donner d’interview à ce sujet après sa relâche. De ce point de vue, le procureur a totalement raison ; il n’y a eu aucun mandat d’arrêt contre Ali, ils l’ont arrêté le soir où nous célébrions notre victoire nationale la plus importante. Vous êtes au courant de tous les autres détails de cette affaire puisque j’en ai largement parlé dans ma lettre.

Madame Karroubi, face à la crise que traverse actuellement notre pays, quelle solution proposez-vous ?
J’ai bon espoir que les dirigeants de notre pays, notre chef spiritual et les membres du gouvernement soient assez clairvoyants pour réfléchir sur leurs tactiques et leurs mises en œuvre, qu’ils renoueront le dialogue et échangeront avec les partisans de la révolution qui ont travaillé si dur pendant de si longues années pour la révolution et le pays pour trouver une solution et mettre fin à la situation actuelle.

Mais Monsieur Karroubi a déclaré que ni les dirigeants du mouvement Vert, ni le régime actuel n’étaient prêts aux négociations et aux compromis.
Nous devons voir la signification des négociations et des compromis et si cette négociation bénéficie ou non à la population. A mon avis, les intérêts de notre pays et des droits de notre peuple sont très importants. Cette discussion n’est en aucune façon personnelle et, quoi que nous fassions, nous devons privilégier les intérêts du pays et les droits du peuple avant tout et n’agir qu’en gardant ces deux idées à l’esprit.

Je vais vous le demander directement Madame Karroubi, existe-t-il une possibilité de négociation potentielle entre Monsieur Karroubi et Mahmoud Ahmadinedjad pour atteindre un compromis et accepter Monsieur Ahmadinedjad comme président de l’Iran ?
Totalement impossible sur le fond et la forme et quelle que soit la manière. Nous vivons ensemble depuis 47 ans et je le connais très bien. Je sais que c’est impossible et n’arrivera jamais. Une grande partie de la crise actuelle et des problèmes du pays est le résultat direct de la conduite de Monsieur Ahmadinedjad, de ses faits et de sa mauvaise gestion. Beaucoup des défis économiques et de sécurité nationale que nous connaissons sont également le résultat direct de la façon dont il a dirigé le pays. Notre constitution a précisément été faite pour traiter ce genre de problèmes et nous ne demandons que l’application de la constitution; nous avons l’une des constitutions les plus avancées du monde.

Voulez-vous dire qu’Ahmadinedjad pourrait être destitué par le Parlement ?
Oui, notre constitution envisage cette possibilité et j’ai l’espoir que si nos lois constitutionnelles sont intégralement appliquées, on s’occupera de ce problème.

Madame Karroubi, ces huit derniers mois, nous avons été témoins de l’arrestation de nombreux journalistes et militants politiques. Pourriez-vous, s’il vous plaît, nous faire savoir si ces arrestations résoudront l’un des problèmes que la république islamique affronte?
Ces arrestations ne bénéficieront jamais à la république islamique. Tous ceux qui ont été arrêtés se souciaient profondément de leur pays. S’ils ne s’en étaient pas souciés, ils auraient quitté le pays. En dépit de toutes les restrictions, ils avaient décidé de rester en Iran. Notre constitution soutient la liberté d’expression et aucune de ces personnes n’a dit ou désiré quoi que ce soit de contraire à la constitution. Les arrestations ne résoudront aucun problème. Les défis auxquels notre société et le pays doivent faire face ne seront pas résolus par des arrestations. Nous devons au moins résoudre ces problèmes par la justice et avec clairvoyance. Je suis très attristée, spécialement quand des femmes journalistes ou militantes politiques sont arrêtées et j’espère qu’elles seront libérées le plus tôt possible. Je me souviens de l’époque où j’étais membre du comité pour la liberté de la presse, nous essayions toujours de minimiser autant que possible le nombre de femmes arrêtées et emprisonnées. A cette époque, les publications comptaient plus de rédactrices que les journaux.

Madame Karroubi, ma dernière question; je voudrais vous demander jusqu’où vous et votre famille êtes prêts à soutenir les droits du peuple ? La pression exercée sur vos enfants et sur Monsieur Karroubi n’a-t-elle pas d’influence ?
Je ne suis pas une nouvelle venue en politique et ces difficultés ne sont pas nouvelles pour moi. J’avais 15 ans quand je suis rentrée dans la maison de Monsieur Karroubi. C’était le début de nos luttes pour l’imam et jusqu’à aujourd’hui nous avons vécu beaucoup de procès et de tribulations. Sous l’ancien régime, nous faisions constamment face au stress et aux soucis des arrestations de la savak [police secrète]. Maintenant que les enfants sont grands et en raison des évènements récents je suis de nouveau très stressée. Mais mon inquiétude et mon stress ne se limitent pas à mon mari et à mes enfants, mais à mon pays, mon peuple et la révolution. Certains pourraient penser que je dis cela à cause de l’interview, mais ce n’est pas vrai. Je suis inquiète pour la sécurité de mon peuple. Si notre peuple vit dans un environnement sûr, ma famille et moi-même vivrons également en sécurité. J’aimerais rappeler que plus on nous met la pression et plus nous serons déterminés, ma famille et moi.

Lettre d’Information SIC n°174 - 20 Février 2010

Student Information Center (SIC)
Lettre d’information 174 – Samedi 20 février 2010

PLANS FUTURES 
  • Intensifier la désobéissance civique non-violente
  • Allah-o-Akbar toutes les nuits
  • Ecrire des slogans sur les murs et les billets de banque
INFORMATIONS
  • JARAS : Saham news rapporte qu’une réunion a eu lieu entre Mehdi Karroubi et Mir-Hossein Moussavi au domicile de Monsieur Karroubi ; les dirigeants verts ont discuté de leurs nouvelles positions pour les jours à venir ; messieurs Mohtashamipour et Kian-Ersi ont également assisté à cette réunion.
  • Kalameh : Suivant un journaliste d’ISNA Ahmad-Réza Radan, commandant en chef de la police, a exposé le programme de la police pour le dernier mercredi de l’année : « Cette année, comme les précédentes, la police arrêtera ceux qui utilisent des explosifs dangereux ou qui perturbent les citoyens. »
  • Kalameh : Mohammad Mehdi Shahriari, membre de la commission parlementaire de sécurité nationale et de politique étrangère a déclaré : « Si la couleur du drapeau de l’Iran a été modifié à dessein lors des récentes réunions du président, il faut traiter le problème car c’est anticonstitutionnel. »
  • JARAS : L’institut de journalisme Reynolds a décerné les prix des meilleures images pour l’année 2009 dans la catégorie « manifestations sociales » aux reporters photographes iraniens. Ces photos sont attachées à lettre d’information.
  • JARAS : Réza Akrami a suggéré que la meilleure solution pour réunir le pays ce serait que les dirigeants se rapprochent. « Par exemple, Ahmadinedjad devrait retourner au conseil de surveillance et Hashémi Rafsandjani devrait recommencer à conduire les prières du vendredi à Téhéran 
  • Radio Farda : Mohammad-Réza Tabesh, porte-parole de la fraction minoritaire du parlement a rencontré le ministère de la culture et guidance islamique ; il a critiqué « les contraintes sans précédent imposées aux journalistes et aux medias » ces derniers mois et dit que la situation était inacceptable. 
  • Néday-é-Azadi : Mehdi Kalhor, conseiller de monsieur Ahmadinedjad, croit que la première révolution de velours en Iran date de 1998 et de l’élection du président Khatami. Il a allégué que cette révolution n’avait pas été combattue en Iran et que le 2 Khordad était le succès de cette révolution pour les pays du Moyen-Orient.
  • Deutsche Welle.com : Esmïl Ahmadi Moghaddam, commandant des forces de sécurité iraniennes a traité la BBC et la VOA d’institutions affiliées au renseignement et a prétendu que la conduite de ces agents étaient contrôlées et que l’on s’en occuperait en temps utiles.
  • Radio Farda : Mohammad-Réza Tabesh, secrétaire de la fraction minoritaire du parlement a rencontré Kamran Daneshdjou, ministre des sciences et de l’éducation supérieure ; il a exigé la fin des expulsions et des mises à la retraite d’office pour les universités ; il a aussi demandé la libération des étudiants emprisonnés.
NOUVELLES DES PERSONNES ARRÊTÉES
  • Néday-é-Azadi : Mir-Hossein Moussavi et Zahra Rahnavard ont rencontré Mohsen Amin-Zadeh, vice-chancellier du ministère des affaires étrangères durant la présidence de Khatami.
  • Néday-é-Azadi : Les prisonniers politiques du bloc 350 de la prison d’Evine rencontrent d’énormes problèmes pour contacter leurs familles. Le bloc 350 d’Evine compte de nombreux prisonniers et on leur limite volontairement l’usage du téléphone. Chaque prisonnier ne peut parler à sa famille que pendant 2 minutes par jour.
  • Néday-é-Azadi : Voilà dix jours que trois militants étudiants ont été arrêtés ; Yasser Khosravi-Zadeh, Rouhollah Sahraï et Aliréza Abou-Fazéli ont été convoqués au comité de « suivi » du ministère du renseignement et y ont été arrêtés. On rapporte que Sahraï et Abou-Fazéli ont appelé leurs familles deux fois mais on ne sait rien de Khosravi-Zadeh.
  • Néday-é-Azadi : suivant JARAS, des dizaines de personnes arrêtées à Nadjaf-Abad lors des funérailles de l’Ayatollah Montazéri sont toujours en prison et les forces de sécurité les traitent très mal ; ils ont été sévèrement battus.
  • Néday-é-Azadi : Mortéza Samyari, un des membres importants de Tahkin-é-Vahdat, a été condamné à 6 ans de prison.
  • Néday-é-Azadi : Plus de 50 manifestants ont été arrêtés le 22 Bahman à Ahwaz., plus de 100 à Mashhad. Ils sont toujours en prison et certains d’entre eux sont détenus dans des lieux inconnus.
  • Néday-é-Azadi : Le secrétaire de la commission des droits humains de la justice iranienne a déclaré aux journalistes que les deux personnes [exécutées avant les manifestations du 11 février] avaient été emprisonnés plusieurs mois avant les élections. Cette déclaration dément les précédentes déclarations de la justice qui prétendaient que ces personnes avaient été exécutées pour leur implication dans les évènements post-électoraux.
RECOMMANDATIONS ET AVERTISSEMENTS

Lors de son allocution de jeudi, Mohsen Sazégara a abordé les points suivants :
  • Suivant des sources en Iran qui semblent reprises par la dernière édition du Guardian, Mojtaba Khamenei [fils de l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei] dirigeait le comité en charge de la répression du 11 février. Ce comité comprenait aussi Hossein Taeb (Vice responsable du renseignement des Gardiens de la Révolution IRGC), Mostafa Moahmmad Nadjar (ministre de l’intérieur) et  Mohammad Reza Naghdi (commandant de la milice bassidj). La répression sanglante du 11 février aurait aussi mis en fureur des conservateurs, y compris le commandant des Gardiens de la Révolution. L’implication des Gardiens de la Révolution (IRGC) dans la répression des manifestants a gravement endommagé leur crédibilité et leur réputation parmi les masses.
  • Javad Laridjani [chef de la délégation iranienne à la commission des droits humains de l’ONU à Genève] a déclaré que l’Iran n’acceptait pas qu’un envoyé des droits humains de l’ONU enquête sur les allégations de violations des droits humains et de torture. Une telle position aura certainement des conséquences qui pourraient prendre la forme de nouvelles résolutions contre l’Iran.
  • Nous continuons à examiner les évènements du 11 février dans les quatre catégories [précédemment énoncées] :
    • Ce que Monsieur Moussavi avait demandé à ses partisans
    • Ce qui s’est réellement passé
    • Les faiblesses du mouvement Vert
    • Examen des actions à venir.
  • Aujourd’hui, nous continuons à discuter la deuxième partie. On attendait des manifestants qu’ils fassent pencher la balance en faveur du mouvement Vert en descendant dans la rue en masse, plus de deux millions pour Téhéran ; il y a eu moins de monde qu’espéré, environ un million. Ces défections sont essentiellement dues aux obstacles mis à la communication qui n’ont pas permis d’atteindre les gens ordinaires : censure sur une grande échelle, arrêt des chaînes d’information par satellite, baisse du débit d’Internet  et blocage de Gmail. De plus, beaucoup de personnes averties des intentions du régime de réprimer les manifestations et peut-être même les transformer en bain de sang, sont bien sorties de chez elles mais ne se sont pas approchées des lieux prévus de manifestations. Finalement, la grande présence des forces armées ont diminué la flexibilité des manifestants et les a empêché de se rabattre sur des itinéraires de secours, créant la confusion parmi les manifestants.
Lors de son allocution de vendredi, Mohsen Sazégara a abordé les points suivants :
  • Après une réunion entre Messieurs Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi, les deux principaux dirigeants de l’opposition, ils ont souligné que le régime avait « volé » les manifestants du 11 février. Ils ont aussi répété que les droits constitutionnels de la population devaient être respectés et qu’ils continueraient jusqu’à ce que tous les droits de la population aient été restaurés.
  • Les familles des prisonniers politiques continuent à se rassembler tous les soirs devant la prison d’Evine.
  • Plus de 300 ouvriers de la manufacture de pneus Alborz se sont rassemblés pour protester contre le paiement différé de leurs salaires.
  • Les récentes déclarations du nouveau chef de l'AEIA sur l’éventualité de la poursuite du programme d’armes nucléaires en Iran ont provoqué de nombreuses réactions dans la communauté internationale et il est probable que des sanctions plus sévères contre l’Iran soient adoptées plus rapidement que prévu.
  • Des militants du mouvement Vert de Téhéran ont distribué des brochures soulignant la présence et la persévérance du mouvement Vert dans les rues de Téhéran. C’est une très bonne façon de communiquer et de démontrer la présence du mouvement Vert.
  • On rapporte que le régime cherche les familles des victimes des exécutions de masse de 1988 pour les arrêter car ils pensent que ces familles font partie des militants du mouvement Vert. Il est évident que ces arrestations, en dehors du fait qu’elles sont signe d’oppression et de mesquinerie, n’affaibliront pas le mouvement Vert qui est profondément enraciné dans la société.
  • Continuons à examiner les événements du 11 février. Aujourd’hui, nous parlerons des faiblesses du mouvement. Le 11 février, le régime a réussi à restreindre les possibilités de communication du mouvement en ralentissant Internet, bloquant Gmail et en mettant hors d’usage les chaînes d’informations internationales par satellites. Il existe des possibilités de faire face à ces mesures ; l’une est de transmettre les informations par contact direct, une autre est que chaque personne s’engage à transmettre les informations à dix personnes d’âge et de groupe social différent ; une autre encore est de distribuer des brochures dans la rue, les bus, les stations de métro, etc.. Nous parlerons davantage demain des faiblesses du mouvement Vert.
Lors de son allocution de samedi, Mohsen Sazégara a abordé les points suivants :
  • Le gouvernement iranien doit 5 milliards de dollars à l’industrie électrique et beaucoup de travailleurs de ce secteur ont perdu leur emploi.
  • Eutel SAT a porté plainte contre l’Iran pour attaque contre ses satellites par brouillage massif pour rendre inaccessible certains programmes diffusés sur Eutelsat. Cette plainte peut avoir de lourdes conséquences pour l’industrie des télécommunications.
  • Roger Cohen, l’éditorialiste du New York Times, a prévu que la Chine s’abstiendra  lors de la prochaine réunion du conseil de sécurité de l’ONU.
  • Le géant de l’assurance Lloyd a déclaré que si des sanctions plus sévères contre l’Iran étaient approuvées par le conseil de sécurité de l’ONU, il les suivrait et n’assurerait plus les marchandises destinées à l’Iran. 
  • Munich RE, assurance allemande, ne fera plus d’affaires avec l’Iran.
  • Les faiblesses qu’il nous faudra éliminer :
    • Nous sommes trop dépendants d’Internet pour nos communications et le régime peut habituellement nous empêcher de faire circuler les informations en bloquant Internet et en mettant hors d’usage les chaînes par satellite. Nous devrions apprendre à construire des réseaux personnels (par contact direct) et tout le monde devrait s’engager à transmettre les informations à 10 à 15 personnes. Ces contacts doivent être organisés de façon plus efficace.
    • Le régime ayant accru la pression sur les manifestants, il nous faut apprendre à être moins vulnérables. Nous préparons actuellement un tract pour expliquer comment protéger les personnes et les groupes ; il sera publié quand il sera prêt.
    • La principale caractéristique du mouvement vert, c’est « l’innovation personnelle ». Donc, plus nous apprenons sur les techniques de lutte non-violente, meilleures seront nos stratégies futures. Pour atteindre ce but, nous envisageons de présenter et de traduire d’autres livres sur les principes de la lutte non-violente en plus de ceux déjà diffusés.
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jeudi 18 février 2010

Grand Maestro Mohammad-Reza Shajarian

Grand Maestro Mohammad-Reza Shajarian, tout simplement le meilleur!


Lettre d’Information SIC n°173 - 17 Février 2010

Student Information Center (SIC)
Lettre d’information 173 – Mercredi 17 Février 2010

PLANS FUTURES
  • Intensifier la désobéissance civique non-violente
  • Allah-o-Akbar toutes les nuits
  • Ecrire des slogans sur les murs et les billets de banque
INFORMATIONS
  • Amir-Réza Aréfi, accusé d’être membre de la société royale d’Iran et arrêté deux mois avant les élections, a été condamné à mort. Mohammad Mostafaéï, son avocat, a annoncé dans son blog personnel que son client avait été accusé de « Moharébeh » et condamné à mort.
  • Radio Zamaneh : L’Iran a rejeté la requête de voyage présentée par l’ONU demandant qu’un représentant spécial vienne enquêter sur les affaires de torture. Les autorités iraniennes ont prétendu avoir rejeté la requête à cause des « documents empoisonnés » utilisés par des représentants occidentaux auprès du conseil des droits humains.
  • Radio Farda : Plus de mille deux cents défenseurs des droits des femmes en Iran ont signé une déclaration pour s’opposer au projet de loi intitulé « soutien à la famille » annoncé par la commission législative et judiciaire du parlement qui semble être un pas de plus vers la légalisation de la polygamie. La déclaration mentionne des problèmes comme ce nouvel article autorisant un homme à prendre une seconde épouse si la première est atteinte d’une maladie incurable alors qu’à l’inverse, si c’est le mari qui est malade, l’épouse n’a pas légalement le droit de divorcer.
  • Radio Farda : Quatre syndicats indépendants en Iran ont publié leurs exigences minimales pour améliorer la vie de millions d’ouvriers iraniens et demande que l’on accède à ces exigences. Le syndicat des travailleurs des bus de Téhéran et de sa banlieue, le syndicats des travailleurs de l’entreprise de canne à sucre de Haft Tapeh, le syndicat libre des travailleurs d’Iran et le syndicat des travailleurs des usines électriques et métalliques de Kermânchâh ont signalé dans cette déclaration que le peuple d’Iran et donc les ouvriers avaient espéré une vie meilleure dans les jours qui avaient précédé la révolution de 1979 et qu’ils espéraient sortir de l’oppression et de la répression.
  • Radio Farda : Abbas Ja’afari Dowlatabadi, procureur de Téhéran a déclaré mercredi que les forces de sécurité de la république islamique avaient arrêté cinq ressortissants étrangers pendant les cérémonies d’anniversaire de la révolution de 1979. Selon lui, un journaliste japonais, deux Russes, un Français et un Afghan ont été arrêtés le 22 Bahman.
  • Radio Farda : Le célèbre metteur en scène iranien Djafar Panahi qui désirait assister au festival du film de Berlin a été interdit de sortie du territoire. Il avait l’intention d’assister à une table ronde sur le cinéma iranien lors du festival.
  • BBC News : Dans son rapport 2009, le comité de protection des journalistes a mentionné la répression sévère des journalistes en Iran et a précisé que l’Iran se situait juste après la Chine pour le nombre de journalistes emprisonnés. Plus de 90 journalistes ont été arrêtés après les élections de juin ; à la fin de l’année, lors de la parution du rapport, 23 journalistes étaient encore en prison.
  • Radio Farda : Le film montrant la mort de Néda Agha-Soltan a gagné le prix George Polk du meilleur film d’actualités de l’année. Ce prix est décerné tous les ans au meilleur film d’information par l’université de Long Island. Cette récompense du meilleur enregistrement d’actualités de l’année va à la personne anonyme qui a filmé.
  • BBC News : Mohammad-Ali Homayoun-Katouzian, professeur à l’université d’Oxford et Azadeh Kian, chercheuse au CNRS et à l’université de Paris ont boycotté le séminaire « relations entre la culture et la politique dans l’Iran d’après la révolution islamique » de l’université de Doram en raison du soutien financer des affaires consulaires de la république islamique à Londres.
  • Mad : Le site web Sahamnews, site officiel du parti national de la confiance a été attaqué par des hackers gouvernementaux.
NOUVELLES DES PERSONNES ARRÊTÉES
  • Comité des Droits Humains : Le 18 Bahman (17 fevrier), Parissa Kakayi, Maziar Samiï, Bahar Tarakame, et Nazanin Hassan-Nia ont été libérés de la prison d’Evine. On rapporte que d’autres prisonniers politiques ont également  été libérés ce soir mais leurs noms ne sont pas encore connus.
  • Kalameh : Hamzeh Karami, administrateur du site Djomhouriyat a été condamné à 16 ans de prison et à une amende de 6.000.000.000 de tomans. Cette condamnation serait en rapport avec les activités du site avant et pendant les élections.
  • Kalameh : Shahabaddin Tabatabaï, directeur du personnel de 88 (le groupe des jeunes soutiens de Moussavi et Khatami), a été temporairement libéré de prison. Il sort de 8 mois de détention et a déposé une caution mercredi après-midi pour 5 jours de liberté.
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mardi 16 février 2010

Vidéo 22 Bahman: répression inhumaine des manifestants

La répression inhumaine des citoyens iraniens ne doit pas rester sans réponse. La réaction de la communauté internationale et en particulier de l'Union Européenne doit être ferme et claire. Ce régime a perdu toute  crédibilité et n'est plus qu'une misérable dictature militaire qui sera tôt ou tard renversée par la volonté et la résistance du peuple iranien. 

Ce qui se passe en Iran n'est pas une simple mutinerie ou un phénomène lié à telle ou telle catégorie de la société.  Il s'agit d'une demande de changement extrêmement profonde, relayée par une ferveur populaire sans précédent. Il n'y a pas de cause plus juste et plus stratégique que la défense des droits de l'Homme en Iran.