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mardi 27 août 2013

Après le Massacre de la Ghouta, l’Obligation d’Agir en Syrie

Les attaques aux gaz chimiques du mercredi 21 Août 2013 dans la banlieue de Damas marquent sans aucun doute un tournant dans la guerre civile syrienne. Après deux ans et demi de répression sanglante ayant causé plus de 100,000 morts, la communauté internationale prend enfin conscience de l’ampleur du désastre humain. Une étape majeure a été franchie dans la barbarie, et ceci devant les yeux du monde entier.

La révolution syrienne avait commencé par des manifestations pacifiques et joyeuses et portait en elle un énorme espoir de changement, celui d’un véritable renouveau dans un pays majeur du Moyen-Orient. Ce gigantesque mouvement populaire a été réprimé dans le sang de façon méthodique par Bashar Al-Assad avec le soutien de la Russie et de l’Iran. Un pourrissement délibéré de la révolution syrienne, notamment par l’infiltration de la résistance syrienne par les groupes djihadistes et l’Al-Qaïda, a brouillé les cartes de façon dramatique, justifiant pour les chancelleries occidentales une passivité qui n’a fait qu’exacerber le niveau de la violence.

Faute de soutien politique, humanitaire, financière et militaire à la résistance syrienne face à la répression du régime syrien, la crise s’est transformée en une véritable guerre d’influence entre les puissances régionales et internationales avec la population civile littéralement prise en otage.   

Les initiatives purement humanitaires sous l’égide des Nations Unies auraient pu apporter un soutien massif aux millions de réfugiés et déplacés Syriens. Des corridors humanitaires et des zones tampons pour accès humanitaire aux zones de conflits auraient pu sauver des milliers de vies. Russes et Chinois auraient été sans aucun doute sous très forte pression pour refuser de telles initiatives purement humanitaires. Le laxisme et la passivité de la communauté internationale sont donc en partie responsables de ce pourrissement tragique de la situation et ce sentiment d’impunité qui a certainement conduit au premier usage majeur de gaz chimiques depuis les bombardements d’Halabja par Saddam Hussein en 1988.

Mais il n’est pas tard d’agir. Il n’est pas tard de venir en aide au peuple syrien. La communauté internationale doit clairement signifier à Bashar Al-Assad que le temps de l’impunité est révolu. Après avoir établi de façon transparente les preuves irréfutables de l’implication du régime syrien dans le massacre du mercredi 21 Août 2013, après avoir recherché, dans la mesure du possible, un cadre légal établi par les Nations Unies, la communauté internationale doit faire usage de moyens militaires pour réduire de façon substantielle les capacités de Bashar Al-Assad à faire usage d’armes de destruction massive. Cette intervention militaire doit être doublée d’un renforcement substantiel de l’aide humanitaire aux réfugiés et aux déplacés syriens.

Au nom des vies brisées à l’aube du 21 Août 2013, la communauté internationale doit se mobiliser totalement pour protéger la population civile et  accélérer la transition politique en Syrie.



URGENT: Aidez les Enfants Syriens par Vos Dons (UNICEF) 


jeudi 22 août 2013

Lettre ouverte à Hassan Rouhani suite à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie


Lettre ouverte à Monsieur Hassan Rouhani, Président de la République Islamique d’Iran suite à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie


Monsieur le Président,

Vous avez été élu par des millions d’Iraniens aspirant à un changement par rapport à la ligne politique suicidaire ayant conduit notre nation à une impasse diplomatique, économique et humanitaire. Vous avez adopté justement une ligne modérée aspirant à réformer progressivement les institutions et les politiques d’un régime isolé et à bout de souffle.

Entre autres éléments caractéristiques de cette ligne suivie par le gouvernement auquel vous succédez, il y a la politique de l’Etat iranien vis-à-vis de la guerre civile en Syrie. Le soutien inconditionnel du régime iranien à Bashar Al-Assad constitue une tache indélébile dont souffrent aujourd’hui notre conscience collective et notre réputation au sein de la communauté des nations.  Comment ignorer le massacre aux gaz chimiques perpétré hier à l’aube et qui aurait conduit à la mort de plus d’un millier d’innocents? Comment tolérer cette accumulation de preuves irréfutables de Crime contre l’Humanité en observant les images et vidéos d’enfants suffocants et de cadavres alignés dans des morgues de fortune? Comment le nom de notre vielle nation, forte d’une civilisation millénaire, pourrait être associé directement ou indirectement au massacre d’innocents en Syrie? Comment allons-nous réparer nos relations bilatérales avec un peuple dont nous avons sciemment aidé le dictateur à décimer ses propres concitoyens par des moyens militaires modernes?

La ligne de modération prônée pendant votre campagne représente en effet un espoir. L’espoir de voir votre gouvernement revenir sur une politique syrienne qui fait de notre nation la principale complice des crimes perpétrés par un dictateur dont la chute est imminente. Nos propres intérêts stratégiques dans la région et dans le monde, notre devoir en tant qu’êtres humains face à ces crimes infâmes doivent guider désormais la politique de votre gouvernement vis-à-vis de la Syrie.

Monsieur le Président, nous vous demandons de cesser tout soutien logistique, financier et militaire au régime de Bashar Al-Assad et d’utiliser tout ce qui est en votre pouvoir pour faire cesser les hostilités en Syrie.