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mardi 27 août 2013

Après le Massacre de la Ghouta, l’Obligation d’Agir en Syrie

Les attaques aux gaz chimiques du mercredi 21 Août 2013 dans la banlieue de Damas marquent sans aucun doute un tournant dans la guerre civile syrienne. Après deux ans et demi de répression sanglante ayant causé plus de 100,000 morts, la communauté internationale prend enfin conscience de l’ampleur du désastre humain. Une étape majeure a été franchie dans la barbarie, et ceci devant les yeux du monde entier.

La révolution syrienne avait commencé par des manifestations pacifiques et joyeuses et portait en elle un énorme espoir de changement, celui d’un véritable renouveau dans un pays majeur du Moyen-Orient. Ce gigantesque mouvement populaire a été réprimé dans le sang de façon méthodique par Bashar Al-Assad avec le soutien de la Russie et de l’Iran. Un pourrissement délibéré de la révolution syrienne, notamment par l’infiltration de la résistance syrienne par les groupes djihadistes et l’Al-Qaïda, a brouillé les cartes de façon dramatique, justifiant pour les chancelleries occidentales une passivité qui n’a fait qu’exacerber le niveau de la violence.

Faute de soutien politique, humanitaire, financière et militaire à la résistance syrienne face à la répression du régime syrien, la crise s’est transformée en une véritable guerre d’influence entre les puissances régionales et internationales avec la population civile littéralement prise en otage.   

Les initiatives purement humanitaires sous l’égide des Nations Unies auraient pu apporter un soutien massif aux millions de réfugiés et déplacés Syriens. Des corridors humanitaires et des zones tampons pour accès humanitaire aux zones de conflits auraient pu sauver des milliers de vies. Russes et Chinois auraient été sans aucun doute sous très forte pression pour refuser de telles initiatives purement humanitaires. Le laxisme et la passivité de la communauté internationale sont donc en partie responsables de ce pourrissement tragique de la situation et ce sentiment d’impunité qui a certainement conduit au premier usage majeur de gaz chimiques depuis les bombardements d’Halabja par Saddam Hussein en 1988.

Mais il n’est pas tard d’agir. Il n’est pas tard de venir en aide au peuple syrien. La communauté internationale doit clairement signifier à Bashar Al-Assad que le temps de l’impunité est révolu. Après avoir établi de façon transparente les preuves irréfutables de l’implication du régime syrien dans le massacre du mercredi 21 Août 2013, après avoir recherché, dans la mesure du possible, un cadre légal établi par les Nations Unies, la communauté internationale doit faire usage de moyens militaires pour réduire de façon substantielle les capacités de Bashar Al-Assad à faire usage d’armes de destruction massive. Cette intervention militaire doit être doublée d’un renforcement substantiel de l’aide humanitaire aux réfugiés et aux déplacés syriens.

Au nom des vies brisées à l’aube du 21 Août 2013, la communauté internationale doit se mobiliser totalement pour protéger la population civile et  accélérer la transition politique en Syrie.



URGENT: Aidez les Enfants Syriens par Vos Dons (UNICEF) 


jeudi 28 octobre 2010

Comment traîner la république islamique en justice?

Ce texte est l traduction d'un article paru le 6 octobre 2010 sur le site Internet du Mouvement des Avocats Verts 

Où et comment poursuivre les responsables criminels du régime iranien ?

Ce texte a été écrit après que [le département d’état américain] ait nommé 8 individus impliqués dans les activités criminelles qui ont eu lieu depuis un an et demi en Iran dans une première liste de violateurs des droits humains contre lesquels les Etats-Unis imposent des sanctions financières. Plusieurs questions se posent : Pourquoi des noms comme ceux d’Ali Khamenei ou de ses alliés n’y figurent-ils pas ? Pourquoi n’y a-t-il que des sanctions financières ? Beaucoup se demandent par qui et comment ces individus et leurs alliés pourraient être poursuivis.
Voici une réponse simplifiée qui laisse de côté les détails techniques. Tout d’abord, il faut citer les autorités internationales qui, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne peuvent pas juger ces individus pour leurs crimes :
  1. La cour internationale de justice, plus connue sous le nom de tribunal de La Haye n’est compétente qu’en matière de litiges entre états et n’est donc pas compétente dans les dossiers criminels d’individus, même si les faits se sont passés au sommet de l’état. 
  2. La cour criminelle internationale, elle aussi située à La Haye aux Pays Bas, n’est également pas compétente pour instruire les crimes des noms mentionnés sur cette liste ni de leurs alliés. Ce tribunal a été institué par le traité de Rome signé par de nombreux états membres des Nations Unies le 17 juillet 1988 et est entré en fonction le 1er juillet 2002 ; sa juridiction ne s’exerce que sur les crimes commis après 2002, les crimes des deux premières décennies du régime de la république islamique ne peuvent donc pas y être instruits. De plus, ce tribunal ne peut exercer sa juridiction que sur les états qui ont ratifié le traité de Rome. Comme l’Iran ne l’a pas fait, les crimes ayant eu lieu dans ce pays ne peuvent être instruits par la cour internationale criminelle. (sauf en ce qui concerne le cas mentionné dans le point 4 ci-dessous). Finalement, la cour n’a qu’une « autorité complémentaire » qui peut s’exercer dans certaines circonstances contre les pays signataires. En raison des limites, les circonstances ne sont pas mentionnées ici.
  3. Il y a un autre tribunal à La Haye appelé le tribunal criminel international pour l’ex Yougoslavie. C’est la première cour criminelle établie uniquement sur ratification du conseil de sécurité de l’ONU en 1993,pour enquêter sur les crimes de guerre, les génocides et crimes contre l’humanité qui ont eu lieu dans les Balkans dans les années 90. Suite à la mise en place de ce tribunal, d’autres similaires ont vu le jour pour s’occuper de pays comme le Rwanda et la Sierra Leone ; leur juridiction est spécifique aux pays pour lesquels ils ont été créés. En conséquence, aucun de ces tribunaux de « troisième génération » ou « tribunal criminel spécialisé » n’a autorité pour enquêter sur les crimes des responsables de la république islamique.
  4. Il n’y a actuellement que deux voies possible pour traiter les crimes des dirigeants de la république islamique d’Iran :
    • Formation d’un tribunal spécialisé après approbation du conseil de sécurité des Nations Unies
    • Octroi d’une autorité spécifique à la cour criminelle internationale selon le paragraphe B de l’article 13 du traité de Rome, ce qui requiert que la demande soit présentée par un état membre du conseil de sécurité.

Il faut donc que les organisations favorables aux libertés, les partis et groupes politiques ainsi que les défenseurs des droits humains exigent que leurs gouvernements, partout dans le monde, passent à l’action.

Chacun doit, sans relâche, travailler sur ce sujet.

Les accusations peuvent être portées par les victimes (Iraniens ou citoyens d’un autre pays) ou leurs représentants dans le cas de dommages criminels ou d’atteinte à leurs droits ; les dossiers de crimes contre l’humanité peuvent être déposés dans les pays où la loi internationale est appliquée. La plupart des pays européens et nord-américains sont membres de ce groupe qui défend les lois internationales.

Dans ce cas, les verdicts prononcés par ces tribunaux peuvent être mis en œuvre dans ces pays en premier lieu et dans d’autres pays en certaines circonstances.

Il est important de noter que ces deux options peuvent être mises en œuvre simultanément par quiconque en est capable.

De plus, les criminels condamnés pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre ne peuvent échapper à leurs responsabilités dans ces crimes et arguant des droits d’un régime au pouvoir ni des lois nationales de leur pays. Ceci a été établi par divers traités (y compris ceux de Genève, les documentations et négociations préliminaires de ces traités, les procédures juridiques internationales incluant les arrêtés des procès de Nuremberg, Tokyo et les cours criminelles internationales susmentionnées). Cela repose sur des déclarations et des résolutions d’un individu ou d’un groupe de pays ainsi que sur d’autres sources et autorités de la loi internationale. La justice a fermé la porte de sortie pour ceux qui ont perpétré ces crimes.

En ce qui nous concerne, nous essayons de préparer la documentation et les preuves pour les présenter à l’opinion publique mondiale. Dans certains cas, nous essayons d’aides nos compatriotes à déposer leurs plaintes dans d’autres pays. Pour réussir et avoir un poids réel, nous avons besoin des efforts intenses et continus de beaucoup de monde, ainsi que des institutions politiques, sociales et de défense des droits humains. Nous devons tous appeler à haute et intelligible voix au procès de ces criminels, pour que partout on entende nos voix. Nous sommes sûrs que ces criminels seront jugés, soit à l’étranger, soit au pays après la chute du régime dictatorial. L’avancement de ce dossier repose sur les efforts continus de chaque personne éprise de liberté et désireuse de justice. Il nous faut ajouter cette tâche dans nos agendas individuels et sociaux pour que le résultat soit un succès éclatant. 

Signé
Le mouvement des avocats verts
Source : [Farsi]: http://greenlawyers.wordpress.com/2010/10/06/trial-how-where/ (également en PDF ci-dessous)
Traduction par @ghazamfar

dimanche 4 juillet 2010

Rooz/Fereshteh Ghazi : des accusés inconnus condamnés à mort

Fereshteh Ghazi
1er juillet 2010

L’organe judiciaire des forces armées a annoncé hier les verdicts du procès des accusés de KAHRIZAK. Cet organe a au même moment fait allusion aux conclusions du dossier des dortoirs de l’université [NDT : violente attaque des dortoirs de l’université de Téhéran intervenue le 15 juin 2009]. Ceci intervient alors que selon les familles Javadifar et Kamrani, [Amir Javadifar et Mohammad Kamrani ont été assassiné dans ce centre de détention], ces verdicts n’avaient pas été communiqués à eux ou à leurs avocats. Ces familles ont découverts les verdicts par la presse.

La cellule de communication de l’organe judiciaire des forces armées a annoncé dans un communiqué que le tribunal militaire a condamné deux accusés à la peine capitale ("ghesas") pour des coups et blessures volontaires. Ce communiqué n’a pas nommé les accusés mais a précisé qu’ils ont été jugés coupables pour coups et blessures ayant causé la mort de Mohsen Rouholamini, Mohammad Kamrani et Amir Javadifar. Ils ont été condamnés à la peine de prison avec interdiction provisoire d’exercer leurs fonctions, au paiement d’une amende, à des coups de fouet, au paiement du prix du sang ("dieh", compensation financière payée aux familles des victimes lorsqu’il y a meurtre, selon la loi islamique) et à la peine de morte ("ghesas nafs").
  
Selon ce même communiqué, un condamné a été relaxé et neuf autres ont été condamnés à des peines de prison, paiement de prix du sang ("dieh"), amendes, coups de fouet et interdiction provisoire d’exercer leurs fonctions.

Verdict non communiqué
Les verdicts prononcés par le tribunal militaire ne sont pas définitifs et les accusés peuvent faire appel. Ces verdicts ont été publiés dans la presse alors que les familles des victimes et leurs avocats n’avaient pas été tenus au courant.

Babak Javadifar, le frère d’Amir Javadifar a déclaré à Rooz : "Nous n’avons pas été informés. Nous avons pris connaissance de ces verdicts par la presse. Nous ne connaissons pas encore les détails de ces verdicts et ne pouvons de ce fait portés un jugement sur leur nature".

Ali Kamrani, le père de Mohammad Kamrani a déclaré à Rooz : "Nous ignorons toujours les détails du verdict. Il n’ont fait qu’une annonce très globale. Nous ne pouvons pas vraiment porter un jugement. Nous attendons que le juge du tribunal rentre de son pèlerinage à la Mecque pour découvrir les détails de ce verdict".

Ali Javadifar, le père d’Amir Javadifar avait déclaré à Rooz que les familles des victimes avaient critiqué contre certains passages du réquisitoire et ceci avait interrompu le cours du procès.

Aucune information concernant le déroulement du procès et la conduite des enquêtes n’a encore été publiée. Les familles des victimes ont aussi gardé le silence en raison du déroulement du procès à huit clos et de l’absence de toute publication d’information.   

Juger les vrais responsables de KAHRIZAK
L’organe judiciaire des forces armées avait déclaré que les accusés étaient des membres des forces de l’ordre. Les familles avaient déclaré à Rooz qu’elles voulaient voir les vrais instigateurs des atrocités commises jugés. Une demande qui n’a jamais été satisfaite. 

Ali Kamrani a indiqué à Rooz : "Nous ignorons quand le procès des responsables de KAHRIZAK sera tenu. Nous voulons que les vrais instigateurs soient jugés. Nous voulons que ce procès se tienne rapidement".

Babak Javadifar a aussi indiqué à Rooz : "Nous suivons cette demande des familles à 100%. Nous attendons que le procès des fonctionnaires du pouvoir judiciaire ayant donné l’ordre de transférer les prisonniers à KAHRIZAK se tienne dès que possible, sur la base du rapport rendu public par le Parlement et des rapports de l’organe judiciaire des forces armées et les informations évoqués lors de ce procès.

L’allusion de Monsieur Javadifar au rapport du Parlement concerne le document rendu public par le comité spécial chargé d’enquêter sur les incidents post-électoraux. Ce comité, avait identifié Saïd Mortazavi, le Procureur de Téhéran pendant les faits, comme celui qui avait ordonné le transfert des prisonniers arrêtés le 18 Tir au centre de détention de KAHRIZAK. Ce comité avait indiqué que Mortazavi avait motivé cette décision par "un manque de place à la prison d’Evin".

Les victimes de KAHRIZAK
Amir Javadifar, Mohammad Kamrani et Mohsen Rouholamini sont les victimes qui ont succombé aux coups et blessures et à la torture pratiquée dans le centre de détention de KAHRIZAK, dénommé depuis le Guantanamo d’Iran.

La République Islamique a reconnu la mort de ces trois individus à KAHRIZAK alors que la mort de Ramin Aghazadeh Ghahremani et d’Abbas Nejati Kargar, dans ce centre de détention n’a jamais été reconnue par les responsables militaro-judiciaires. Ces deux personnes ont succombé après avoir été libéré de KAHRIZAK et en raison des tortures subies pendant leur détention. 

Ramin Pourandarjani, médecin militaire, est une autre victime de KAHRIZAK. Les autorités ont tout d’abord annoncé que sa mort était due à une attaque cardiaque, ensuite qu’il s’était suicidé et plus tard, qu’il était mort d’une intoxication. Mais selon les révélations publiées par Rooz, le compte rendu de la première évaluation de la cause du décès ayant intervenu sur le lieu où le corps a été retrouvé faisait état d’un étranglement au niveau du cou. 

Les autres victimes de KAHRIZAK
Mais les victimes de ce centre de détention ne se limitent pas à ceux qui y sont morts. Selon l’organe judiciaire des forces armées, 98 prisonniers de centre avaient porté plainte à la suite des violences subies pendant leur incarcération. Ce même organe indiquait que 51 de ces prisonniers avaient retiré leurs plaintes suite au paiement d’indemnités et à la reconnaissance des faits par certains intermédiaires du Conseil Supérieur de la Sécurité Nationale. 

Selon ces informations, en plus des familles de ces trois personnes décédées à KAHRIZAK, il existe 47 autres plaignants.  

Mehdi Karoubi, l’un des leaders des opposants aux résultats de l’élection truquée du 12 juin 2009, dans une lettre adressé à Hashemi Rafsanjani, faisait état de viols subis par des prisonniers, homme et femme. Mais les autorités ont déclaré que ces affirmations étaient des mensonges et ont interdit à ces plaignants de porter plainte.     

La prison de KAHRIZAK qui avait été construite dans le cadre du nettoyage et de réorganisation de la région de Tehran Pars et qui, selon les affirmations des responsables militaires, avait été utilisé pour la détention des "racailles", a été utilisée après l’élection du 12 juin pour détenir les opposants aux résultats de cette élection.  

Une prison où, selon la description du comité spécial du Parlement, 147 prisonniers ont été détenus dans une petite superficie, sans système d’aération, souffrant d’un manque d’eau et de nourriture appropriée, subissant les pires insultes, les actes de tortures, les coups et blessures, la promiscuité avec les prisonniers dangereux, les actes d’humiliation et tout ceci dans l’indifférence totale des responsables de cette prison vis-à-vis de l’état physique des prisonniers.

samedi 29 mai 2010

Bahram Tasviri Khiabani: Torturé et violé pour avoir protesté dans la section « niche » de la prison (Rajaï-Shahr)

Saeed Valadbaygi 
28 mai 2010

Bahram Tasviri Khiabani
Prison Rajaï-Shahr (Karaj)

Téhéran, le 28 mai – les détenus d’un bloc cellulaire de Karadj surnommé « la niche » sont harcelés et torturés, leurs mains, leurs pieds et quelquefois leurs mâchoires brisés par le traitement brutal du responsable du bloc où ils sont envoyés pour avoir protesté a appris Iran Focus.Saman Mohammadian et Mohsen Bigvand, deux détenus de cette prison de Rajaï-Shahr, sont actuellement à l’infirmerie et plus d’une dizaine sont à l’isolement suivant les militants des droits humains et de la démocratie en Iran.


Un autre parmi les nombreux prisonniers de la niche torturés c’est Bahram Tasviri Khiabani, 30 ans, emprisonné depuis six ans. Il a été mis à l’isolement pendant cinq jours il y a environ six semaines pour avoir protesté contre les insultes que Youssefi, un fonctionnaire de la prison, avait proféré contre sa famille.

Bahram Tasviri Khiabani a demandé à appeler sa famille, mais les gardiens ont refusé. D’après les rapports, le responsable de la niche, Hassan Akharian, a appelé la mère de Tasviri pour lui dire que son fils était mort et qu’ils pouvaient récupérer le corps à l’infirmerie pour l’enterrer. En entendant la nouvelle, la mère de Tasviri a fait un arrêt cardiaque et a du être hospitalisée.

Akharian a alors dit à Tasviri que sa mère était à l’hôpital. Tasviri demanda à appeler sa famille et de nouveau, on lui refusa l’appel téléphonique. Ces cinq jours étaient alors écoulés et il entrait dans le septième. Mais les fonctionnaires de la prison refusèrent de le faire sortir de l’isolement. Il demanda alors à voir le directeur de la prison, mais cette requête fut également refusée. Pour en finir avec cette situation intolérable Tasviri a fini par s’immoler par le feu. Les gardiens ont envahi la cellule, lui ont pulvérisé du poivre dans les yeux et l’ont battu sur la tête et au visage avec des bâtons.

Bahram Tasviri Khiabani a été emmené dans une autre cellule servant de salle de torture alors que son corps était brûlé. Il était entravé et avait les yeux bandés et a été tellement longtemps torturé avec des bâtons qu’il a eu les mains et les pieds cassés. Puis il a été déshabillé et sodomisé avec des bâtons par Mirza Aqayi, l’officier de service et deux gardes nommés Youssefi et Shirkhani jusqu’à ce que ce prisonnier sans défense s’évanouisse ; les gardes lui ont aspergé le visage pour le faire revenir à lui puis ont continué la même torture. Toutes les tortures ont été faites sous la direction de Hassan Akharian.

Bahram Tasviri Khiabani a ensuite été ramené dans une cellule individuelle. Il était déshabillé et sans rien pour se couvrir, sur un sol en ciment humidifié par les gardiens. Tasviri est resté ainsi un mois, les mains et les pieds cassés, le corps blessé, meurtri et sanguinolent. Ses pieds s’infectèrent et il finit par tomber dans le coma, les gardiens furent alors obligés de l’emmener à l’infirmerie. L’infirmerie commença par refuser de l’admettre car il était mourant et ils ne voulaient pas en être responsable. A la fin, le Docteur Razavi l’admit, le ramena à la conscience et dit aux fonctionnaires de la prison qu’il avait besoin d’une opération urgente. Mais Akharian refusa et le remit à l’isolement pendant deux jours au bout desquels il put être opéré à cause de la pression exercée par l’infirmerie.

Les parents de Tasviri ont porté plainte pour les crimes commis contre leur fils en prison et Bahram Tasviri Khiabani a également porté plainte auprès de l’inspection pénitentiaire. Un individu nommé Réza Torabian l’a menacé lui disant que, s’il ne retirait pas sa plainte, il devrait en subir les conséquences. Il risque de mourir en prison.

Samedi et dimanche Akharian a recommencé à battre Bahram Tasviri Khiabani devant d’autres prisonniers ave une matraque pour le forcer à retirer sa plainte.

D’autres prisonniers sont dans la même situation et certains sont à l’isolement. Il s’agit de Ahmad Ashkan, Reza Djalaleh, Madjid Afshar, Mohsen Bigvand, Taqi Nazari, Mehdi Sourani (mâchoire fracturée suite à des tortures et cependant à l’isolement), Qeisar Ismaili, Madjid Mahmoudi, Nasser Quchanlou, Hossein Karimi, Hamid Ashki, Shir-Mohammad Mohammadi et Hassan Sharifi, à l’isolement depuis six mois sans raison valable et torturé quotidiennement










dimanche 21 février 2010

Le viol systématique, comme arme de répression en Iran

Les agressions sexuelles contre les hommes et les femmes sont systématiquement utilisées en Iran pour essayer d’étouffer l’opposition. Cet article remarquable a été publié par Mahmood Delkhasteh dans le Guardian le 16 février dernier (traduction réalisée par Ghazamfar).

Les Violeurs du Régime Iranien
Mahmood Delkhasteh, Guardian

Tôt un matin de 1981, je suis arrivé au collège où j’enseignais à Téhéran et deux gardes de la fameuse prison d’Evine m’ont informé que l’un des collégiens avait été arrêté et ne reviendrait pas au collège. Je savais que son père était trafiquant de drogue et je supposais qu’il avait été arrêté pour des accusations semblables. C’était à l’apogée de la lutte post-révolutionnaire entre le front démocratique révolutionnaire conduit par le président d’alors Abolhassan Banisadr, et le front dictatorial conduit par le parti de la république islamique et ses alliés. Quelques mois plus tard, Banisadr était chassé par un coup d’état et j’étais renvoyé de mon poste d’enseignant.

Plus tard, j’ai appris que le même jour, mon élève avait été libéré et engagé comme garde dans la même prison. J’ai aussi appris de sa grand-mère qu’il ne s’intéressait pas à la drogue mais qu’il avait violé sa sœur et l’avait mise enceinte. A cette époque, les histoires de femmes et de filles violée en prison étaient si nombreuses que l’Ayatollah Montazeri avait envoyé une équipe pour enquêter. Ils n’ont pu que confirmer les rumeurs. Les gardiens de prison, dont beaucoup de malades mentaux comme mon élève, avaient pour tâche de violer les femmes, l’un d’eux était même surnommé « hamishe dâmâd » (le jeune marié éternel).

En d’autres termes, le viol n’a rien de neuf pour ce régime qui maintenant tente même en vain de se cacher derrière l’islam. Néanmoins, après le soulèvement de juin dernier, nous voyons l’émergence d’une forme de viol plus largement répandue et qui s’étend aussi aux hommes. Non pas que cela n’ait pas existé auparavant, mais le viol est maintenant utilisé de façon systématique. Peu d’informations circule sur ce sujet à ce jour.

La maltraitance à la prison de Kahrizak, l’Abu Ghraïb iranien, n’a filtré que parce que Mohsen Rouh-ol-Amini, fils d’une personnalité conservatrice, y est mort sous la torture. Le régime a été contraint de fermer la prison, et, plus tard, en août 2009, l’Ayatollah Karroubi a publié une déclaration disant, entre autres, que quelques prisonniers avaient été violés. Après de telles révélations, on aurait pu penser que le régime arrêterait cette forme brutale de torture contre ses opposants. Mais les victimes et les témoins ont confirmé qu’elle continuait. Il y a quelques semaines, par exemple, les gardes révolutionnaires ont arrêté une groupe de femmes qui se rassemble tous les samedis au Parc Laleh pour protester contre la détention de leurs enfants. Une mère a révélé qu’elle avait vu pendant sa détention un adolescent implorer un juge de ne pas le renvoyer à l’isolement. Quand le juge lui demanda pourquoi, il répondit : « Parce qu’ils n’arrêtent pas de me violer ». Il y a deux mois, le fils d’un ami a été arrêté lors d’une manifestation et a dû mener le combat de sa vie pour éviter d’être violé par les gardes dans la voiture. Le 12 février, Fatéméh Karroubi, épouse de l’Ayatollah Karroubi a écrit une lettre ouverte à Khamenei donnant les détails de l’arrestation de son fils de 38 ans au moment de l’attaque de la voiture de son père pendant une manifestation lors du 31ème anniversaire de la révolution de 1979. Elle y décrit comment son fils a été méchamment maltraité physiquement et oralement dans une mosquée. Les gardes l’ont menacé de viol.

Bien que les faits soient maintenant connus, le régime continue d’utiliser le viol et la menace de viol comme une arme contre ses opposants qu’ils soient hommes ou femmes, pourquoi ? Il faut comprendre la question dans son contexte culturel. Le régime sait que tuer un opposant, c’est le transformer en martyr ce qui peut en encourager d’autres à se joindre à la lutte. Le viol peut lui avoir des effets dévastateurs non seulement sur une personne mais aussi sur la morale politique. Le régime croit que la société pense que personne ne peut devenir un héros pour avoir été violé. Dans ce contexte, il est facile de risquer sa vie pour ses convictions, mais plus difficile de se joindre aux manifestations, sachant que l’on peut être violé. De plus, le régime a du mal à cacher les meurtres de ses opposants, mais il peut souvent neutraliser les opposants par le viol, la plupart des victimes étant trop traumatisées ou ayant trop honte pour rendre les faits publics.

On ne sait pas si cette menace de honte gardera son pouvoir. Tout au long de cette lutte révolutionnaire, nous observons des changements époustouflants dans les normes et les valeurs culturelles, spécialement dans les relations entre les sexes et en opposition au patriarcat. On a vu comment les efforts du régime pour humilier un étudiant en publiant sa photo habillé en femme a fait chou blanc; en quelques heures, des milliers d’autres hommes se sont fait tirer le portrait en vêtements féminins et les ont publié sur Internet pour exprimer leur solidarité. Bien sûr, des siècles de valeurs et de relations marquées du sceau du patriarcat ne vont pas disparaître en une nuit. Mais la société iranienne a vite appris que, quiconque souffre à cause de sa lutte contre le régime le plus barbare que le pays ait connu lors des deux derniers siècles est un héros.

Ce régime lutte maintenant pour sa survie et n’a plus de limites. Depuis qu’Ahmadinedjad a été nommé président et que les généraux des gardes révolutionnaires ont envahi l’Etat et l’économie, on peut à juste titre considérer l’Iran comme une mafia militaro-financière. Et comme dans tout état totalitaire, on a recherché et entraîné les individus les plus déshumanisés pour en faire des armes décisives, efficaces et efficientes dans cette lutte.

Ils sont bien sûr coupables. Mais d’autres doivent être pris en compte. Khamenei, en tant que guide suprême et détenteur, aux dires de ses idéologues comme l’Ayatollah Mesbah Yazdi du pouvoir absolu, sur la vie, les propriétés et l’honneur de chaque Iranien, qui a ouvertement déclaré la guerre aux manifestants après les élections, porte la responsabilité ultime de ces crimes. Il a aussi été accusé d’avoir tué ses opposants par un tribunal allemand dans le procès Mykonos, et a reçu de nombreuses lettres l’appelant à rendre compte d’autres crimes et abus.

La lettre de Fatémeh Karroubi en est le dernier exemple public. Les organisations des droits humains ont également beaucoup de preuves de toutes sortes de crimes commis contre le peuple iranien par ce régime et nous espérons qu’ils vont bientôt commencer à mettre en place une cour internationale dans laquelle Khamenei serait accusé de crimes contre l’humanité.

Lire aussi:

Document: les aveux d'un Basiji  

Mehdi s'est ouvert les veines (Babak Dad)

Crime contre l’Humanité à KAHRIZAK (II)

Crime contre l’Humanité à KAHRIZAK (I)

mercredi 13 janvier 2010

La prison d’Eshratabad, un nouveau Kahrizak ?

Alors que la commission d’enquête parlementaire vient de rendre publique, plus de 7 mois après les faits, son rapport sur les "événements" de Kahrizak (lien) l’inquiétude grandit jour après jour au sujet de la situation de plusieurs centaines de prisonniers du centre de détention d’Eshratabad. Plus de 500 personnes seraient détenues depuis la journée de l’Achoura, le 27 Décembre. Elles seraient torturées et soumises à des conditions de détention extrêmement difficiles depuis plus de 2 semaines.
 


Eshratabad est une base militaire aménagée pour servir de prison. Le centre serait directement géré par le corps des Gardiens de la Révolution (Sepah). Les détenus sont considérés comme "leurs" prisonniers. Ni le pouvoir judiciaire ni les forces de sécurité n’auraient leur mot à dire sur le traitement réservé aux détenus d’Eshratabad. Le black-out total exercé par les Gardiens de la Révolution fait craindre le pire sur le sort de ces détenus.

Le nombre total de prisonniers à Eshratabad serait entre 600 et 2000 selon des sources proches des associations de droits de l’Homme. Un seul témoignage très inquiétant a été publié ces derniers jours par plusieurs sites Internet proches du mouvement vert. D’après ce témoignage, les prisonniers seraient frappés et torturés. Deux prisonniers seraient morts dont une jeune femme. Même s’il est impossible de vérifier la véracité des faits rapportés, il est urgent d’alerter les médias internationaux et de demander la libération des prisonniers.

Il y a quelques mois, alors que le monde entier découvrait l’existence d’un véritable camp de torture et d’exécution à Kahrizak, le régime a été forcé de fermer cette prison qu’il a qualifiée de "non standard" et de demander à une commission d’enquête parlementaire de faire "toute la lumière" sur les exactions commises (le régime a finalement reconnu que 3 prisonniers (photo) étaient tués dans ce camp : Amir Javadifar, Mohsen Rouholamini et Mohammad Kamrani et se propose de couper quelques têtes dont celle du très encombrant ex-Procureur de Téhéran, Saeed Mortazavi).

Kahrizak prouve que le régime sait reculer pour sauver les apparences sous la pression de l’opinion publique et face au désastre en terme d’image dans les médias internationaux. Nous savons que le régime iranien est capable de tout pour juguler la révolte populaire. Nous savons que la vie humaine n’a pas de valeur pour les dictateurs de Téhéran. La vie de nos compatriotes est en gave danger à Eshratabad. Nous devons agir vite pour libérer nos frères et sœurs.


Sources:


jeudi 7 janvier 2010

Le martyr des étudiants de l’Université Azad de Mashhad



Le mercredi 30 Décembre (9 Dey), le régime iranien a une nouvelle fois commis l’irréparable. Ce jour là, les étudiants de l’Univesrité Azad de Mashhad étaient rassemblés pour commémorer en silence les martyrs de l’Achoura tombés 3 jours auparavant sous les coups de matraque, les balles et les roues de véhicule des forces de sécurité. Vers 13h, plusieurs bus transportant plus de 500 agents fanatisés du Basij et de l’Ansar-e Hezbollah ont fait irruption dans l’enceinte de l’université. Armés de matraques, de couteaux, de chaînes et de sprays moutarde, scandant des slogans à la gloire de Khamenei, ces « soldats de dieu » se sont mis à agresser avec une violence inouïe les étudiants sans défense. Selon plusieurs témoins, activistes et associations étudiantes, le bilan est extrêmement lourd : 2 étudiants (une fille et un garçon) seraient décédés des suites de leurs blessures, une quarantaine de blessés et 210 étudiants arrêtés. Ces exactions étaient commises alors que les forces de sécurité « régulières » encerclaient l’université pour protéger les agents paramilitaires et pour arrêter les étudiants traînés de force vers l’extérieur du campus. Il s’agissait d’une véritable expédition punitive, clairement planifiée pour tuer, torturer, intimider et juguler tout mouvement de contestation au lendemain de la démonstration de force de l’Achoura.



Dès le lendemain, les étudiants de plusieurs universités de Mashhad (Azad, Sajjad et Ferdowsi) ont organisé des rassemblements pour condamner la violence et l’horreur vécue par leurs confrères et pour demander la libération des prisonniers. Le même jour, le quotidien pro-gouvernemental Khorassan, affirmait qu’aucun étudiant n’avait été blessé. Le 3 Janvier, des appels au boycottage des cours et des examens ont été lancés.

D’après plusieurs témoins, 8 blessés très graves, avec des hémorragies importantes, ont été extraits du campus et conduits vers les ambulances et les voitures des forces de l’ordre stationnées à l’extérieur. Leurs amis n’ont pas été autorisés de les accompagner.

Parmi ces blessés, 2 étaient particulièrement atteints : une étudiante gravement blessée au cou et un étudiant touché à la tête par de multiples coups de matraque. Ces deux blessés ont été traînés sur le sol et emmenés vers l’extérieur du campus. D’après des associations étudiantes et des témoins, ces 2 étudiants auraient très vraisemblablement succombé à leurs blessures.

Ces actes ont fait suite aux appels à la violence lancés de façon incessante depuis les tribunes officielles, en particulier par Seyyed Ahmad Elmolhoda, l’Imam extrémiste des prières du vendredi de Mashhad et qui était aussi le virulent orateur de la manifestation pro-gouvernementale qui s’est tenue 30 Décembre à Téhéran. Les agresseurs jouissaient clairement du soutien des autorités de la région de Khorassan.

Le scénario de cette attaque infâme rappelle étrangement celui de l’attaque des dortoirs de l’Université de Téhéran du 15 Juin qui avait fait 5 morts et de très nombreux blessés (lire et voir ici et ici). Un campus bouclé par les forces régulières et des miliciens fanatisés et armés faisant irruption pour casser, frapper et tuer. Six mois plus tard, les plus hautes autorités militaires du régime et le comité spécial du parlement en charge de mener une enquête sur les violences post-électorales affirment que ces exactions avaient été commises par des individus ayant agi de leur propre chef, sans aucun rapport avec les forces gouvernementales.

Les étudiants, véritables fer de lance de la révolution en cours en Iran, ont été la cible d’une vague de répression sans précédent. Semer la peur, réduire au silence et écraser toute velléité de contestation sous une chape de plomb sont clairement les buts recherchés par les instigateurs de ces actes barbares. Or ces criminels ignorent que de tels actes ne font qu’au contraire renforcer la conviction du peuple iranien d’en finir une fois pour toute avec la dictature religieuse.

Toutes nos pensées et nos prières vont aux victimes et à leurs familles.

Source: Site Internet de l'Université Amir-Kabir - lien lien lien
Vidéo: mercredi 30 Décembre (attaque)


Vidéo: jeudi 31 Décembre (rassemblement de soutien)

dimanche 27 décembre 2009

Sirjan: l'horreur en public

Depuis plusieurs jours, nous ne trouvons pas de mots pour dire l'horreur vécue à Sirjan ou deux condamnés à mort devaient être exécutés en public. Il y a des choses impossibles à voir, à lire et à écrire. Ces images ultra violentes qui défilent sous nos yeux, ces cris que l'on devine, ces vies brisées...

Nous détestons le voyeurisme mais publier ces images et les récits associés est très important pour que le monde entier sache.