lundi 21 septembre 2009

Le Monde: L'Iran et la bombe, par Bruno Tertrais

L'Iran et la bombe, par Bruno Tertrais
LE MONDE | 17.09.09 | 17h11 • Mis à jour le 17.09.09 | 18h40

Nous sommes en 1984. Un an après sa naissance, la République islamique a été attaquée par l'Irak. Cela fait maintenant trois ans que l'Iran est engagé dans un conflit meurtrier avec son voisin et principal ennemi.

L'option nucléaire militaire avait été bannie par l'ayatollah Khomeyni, qui la jugeait non conforme aux préceptes de la religion musulmane. Dès son arrivée au pouvoir en 1979, le Guide suprême avait d'ailleurs banni toute technologie nucléaire et mit un terme aux contrats de coopération civile signés par le shah, qui devaient permettre à l'Iran impérial de se doter de centrales destinées à la production d'électricité.

Mais, après trois ans de guerre, le régime iranien change d'avis. Mal entraînés et mal équipés, les soldats iraniens tombent en masse face à l'armée irakienne, qui n'hésite pas à faire usage d'armes chimiques. Le régime de Saddam Hussein est une menace pour la jeune République islamique. Le meilleur moyen d'y parer serait de se doter rapidement de l'arme nucléaire. Et le plus court chemin vers la bombe serait de coopérer avec le Pakistan.

(…) Les premières discussions entre les deux pays ont lieu dès 1984. Un accord de principe semble avoir été conclu en 1985. Puis, en février 1986, Abdul Qadeer Khan [ingénieur pakistanais, "père" de la bombe atomique pakistanaise qui explosa en 1998, personnage central d'un réseau clandestin de vente de technologie nucléaire dont ont profité, dans les années 1990, notamment l'Iran, la Libye, la Corée du Nord] est présenté à l'un des principaux responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), le général Mohammed Eslami. Il visite le chantier de la centrale nucléaire de Boucheir.

En janvier 1987, il se rend de nouveau à Téhéran à l'invitation du gouvernement, officiellement pour participer à une réunion scientifique de haut niveau qui se tient au collège Amir Kabir. Les Iraniens veulent savoir si la centrale pourrait être utilisée pour fabriquer l'arme nucléaire. Khan leur suggère plutôt de s'engager sur l'autre voie possible pour obtenir la bombe, celle de l'enrichissement de l'uranium.

Ces contacts débouchent sur un accord formel de coopération entre les deux pays, conclu en 1987, et approuvé personnellement par Zia [le président pakistanais]. Dès le mois d'octobre, des "stagiaires" de l'Organisation iranienne pour l'énergie atomique (OIEA) sont envoyés à Islamabad pour des séjours de longue durée.

Khan va être au cœur du projet.

(…) A partir de l'été 1988, la guerre terminée, les Iraniens sont prêts à consacrer davantage de ressources au programme nucléaire. De plus, la disparition de l'imam Khomeyni, dont les vues sur le nucléaire étaient ambivalentes, a levé un obstacle à l'accélération du programme. Le président de la République, Ali Akhbar Hashemi Rafsandjani, élu en juillet1989, est, lui, un fervent partisan du nucléaire. Du côté pakistanais, une coopération plus ample et plus profonde avec Téhéran est encouragée par le général Beg, qui vient d'accéder au poste de chef de l'armée de terre en août 1988, à la mort de Zia. Tout concorde donc pour une relance de la coopération nucléaire entre les deux pays.

Beg essaye de persuader Benazir Bhutto, qui a été nommée premier ministre le 2 décembre 1988, d'autoriser l'exportation de technologie nucléaire à l'étranger – sans doute avec l'appui du général Imtiaz Ali, le conseiller militaire du premier ministre. Mais Benazir ne veut rien entendre. Les généraux pakistanais vont alors agir de leur propre chef. En 1989, l'état-major pakistanais et le Corps des gardiens de la révolution signent un accord de principe pour une coopération nucléaire bilatérale formelle. A la fin de l'année, lors d'une réunion internationale qui se tient à Téhéran, le président Rafsandjani déclare à une Benazir Bhutto stupéfaite - elle n'avait pas été mise dans la confidence par le général Beg - qu'il soutient pleinement la mise en œuvre de cet accord. A la mi-mai 1990, pressée par M. Rafsandjani de donner sa bénédiction à la coopération entre les deux pays, elle refusera de s'engager - et sera contrainte de démissionner.

Son successeur à partir de novembre1990, Nawaz Sharif, est mis au courant de l'affaire. Le général Beg tente de persuader Sharif, plus proche des militaires que ne l'était Mme Bhutto et admirateur de Khan, d'entreprendre une coopération stratégique de grande ampleur avec l'Iran. Celle-ci n'aurait pas seulement concerné le nucléaire, mais aussi les armes conventionnelles, en échange notamment de pétrole. Beg voulait financer le budget de la défense de son pays en vendant ses secrets nucléaires les plus précieux. Il veut en fait impliquer le gouvernement civil dans une politique déjà largement mise en œuvre. Mais Sharif se méfie et refuse.

Une nouvelle fois, Beg va alors agir de son propre chef. Au printemps 1991, il propose à Téhéran une offre globale - y compris des plans d'armes - permettant à l'Iran d'accéder en quelques années à l'arme nucléaire, pour un montant faramineux, évalué selon les sources entre 10 et 12 milliards de dollars. Mais il est refréné dans ses ardeurs par le président pakistanais Ghulam Ishaq Khan, qui, comme Zia, se méfie de l'Iran. Les principaux responsables pakistanais hésitent en fait probablement entre ouvertures lucratives vers Téhéran et maintien de leur partenariat privilégié avec Riyad. Aucun nouvel accord ne sera signé... Ce qui n'empêchera aucunement Beg de prendre certaines initiatives personnelles. En juillet, il reçoit le général Mohsen Rezai, commandant du corps des Gardiens de la révolution ; Rezai visite, avec la bénédiction de l'état-major, les installations nucléaires pakistanaises.

De son côté, Khan se sent probablement couvert, voire encouragé par les démarches de Beg. Le chef d'état-major de l'armée de terre est en effet, depuis 1988, son allié face aux gouvernements civils. Khan affirme par ailleurs avoir reçu le nihil obstat du général Imtiaz Ali. Il se rend fréquemment à Téhéran pour aider l'Iran à maîtriser la technologie complexe de l'enrichissement. En témoignage de gratitude, le gouvernement lui offrira une villa sur la côte nord du pays, au bord de la mer Caspienne.

(…) Deux ans plus tard, le gouvernement iranien n'est pas satisfait de l'avancement de son programme d'enrichissement de l'uranium. En six ans, les techniciens de l'OIEA n'ont pu monter qu'une seule centrifugeuse P-1 (testée avec de l'uranium livré par la Chine en 1991). Et les Iraniens ont du mal à se procurer les pièces nécessaires. Ils ont essayé de "doubler" le Pakistan en montant eux-mêmes leur propre réseau d'acquisitions, mais sans véritable succès. Quant à la coopération avec la Chine, elle est fructueuse - Pékin fournit même à l'Iran les plans d'une usine de conversion du minerai d'uranium - mais insuffisante. L'achat d'une usine d'enrichissement "clés en main" à la Russie est sérieusement envisagé (le complexe nucléaire russe opère, à l'époque, sans vraie direction politique), mais la découverte du projet par les Etats-Unis y met un terme.

Téhéran va donc avoir recours une nouvelle fois à son allié pakistanais. Mais, cette fois, c'est le réseau Khan lui-même qui est en première ligne. Car les relations entre l'Iran et le Pakistan sont tendues; les deux pays soutiennent des factions rivales dans la guerre civile qui a éclaté en Afghanistan depuis le retrait des forces soviétiques.

Cette deuxième opération avec l'Iran est réalisée par la même équipe que celle qui avait été mobilisée en 1987. Khan fait l'acquisition d'un autre appartement à Dubai (en fait de deux appartements, le second lui permettant d'entretenir une maîtresse). Cette fois, c'est Tahir, devenu un businessman accompli, qui est le maître d'œuvre de la rencontre avec les Iraniens. Du côté iranien, comme en 1987, c'est le général Eslami, l'un des principaux responsables du Corps des gardiens de la révolution, qui est le point de contact du réseau.

Les termes du marché sont négociés lors de deux rencontres dans les bureaux de la société de Tahir, SMB Computers, à Dubai, en août et décembre1993. Cette fois, les Iraniens veulent des centrifugeuses P-2, plus modernes - celles qui sont utilisées à présent par le Pakistan pour son propre programme. Khan accepte, peut-être de son propre chef. Se sent-il couvert par l'état-major ? Probablement. Y gagne-t-il sur le plan financier ? Certainement.

L'accord est signé en octobre 1994. Six ou sept millions de dollars sont versés par les Iraniens à titre d'acompte. Khan a apporté à Dubai les plans détaillés de la centrifugeuse P-2. Mais il n'a pas pu emporter des composants de P-2, car les laboratoires KRL ne disposent encore que de peu de centrifugeuses de ce type, et un prélèvement sur le stock national aurait été visible... Les Iraniens devront se contenter, outre les plans de la P-2, d'une nouvelle série de composants de P-1 - mais beaucoup plus importante que la première, puisqu'ils doivent permettre de monter cinq cents machines. Les pièces détachées sont expédiées par SMB Computers à Téhéran en deux livraisons, fin 1994 et début 1995.

L'Iran peut cette fois passer aux essais à grande échelle. Ceux-ci seront effectués dans une fabrique d'horloges murales de la banlieue de Téhéran, Kalaye Electric. Les pièces apportées par Khan seront complétées par d'autres fabriquées par des fournisseurs traditionnels du Pakistan - la famille Tinner, en Suisse, ainsi que Gunes Cire et Selim Alguadis, en Turquie - et livrées via Dubai. À partir de ce moment, le programme nucléaire de l'Iran va connaître des progrès spectaculaires.

Benazir Bhutto, qui est revenue au pouvoir en octobre1993, découvre une nouvelle fois l'ampleur de la coopération nucléaire entre l'Iran et le Pakistan... par la bouche du président Rafsandjani, à l'occasion d'une visite à Téhéran en 1996. Mais elle n'est pas en mesure de s'opposer à l'armée et à Abdul Qadeer Khan.

Par la suite, les relations entre l'Iran et le Pakistan vont se dégrader : Islamabad soutient le nouveau gouvernement des talibans, ennemis de l'Iran, qui ont pris le pouvoir à Kaboul. (C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles l'Iran tentera de s'adresser à l'Afrique du Sud fin 1996 ou début 1997, apparemment sans succès.) Mais certains membres du réseau Khan sont restés en contact avec Téhéran. (Tahir affirme, par exemple, avoir livré trois centrifugeuses P-2 complètes à l'Iran en 1997.) Le réseau semble donc à partir de ce moment agir, partiellement au moins, de manière autonome.

Les transferts vers l'Iran ne passent pas totalement inaperçus auprès des services occidentaux.

(…) L'affaire éclate publiquement à l'été 2002. Le 14 août, un groupe d'opposants iraniens tient une conférence de presse à Washington pour présenter une série de photos satellitaires qui montrent, disent-ils, deux installations nucléaires cachées, à Natanz et à Arak. Ont-ils été instrumentalisés par ceux qui, au sein de l'administration américaine, voudraient rendre l'information publique? C'est possible. Car les services américains connaissaient déjà ces installations. En tout cas, l'affaire est sérieuse. En décembre, une analyste américaine indépendante, Corey Hinderstein, est la première à affirmer publiquement que l'installation de Natanz est très probablement une usine d'enrichissement de l'uranium par centrifugation.

En janvier2003, l'excellent journaliste Mark Hibbs, toujours bien informé, publie dans Nucleonics Week un article qui fait l'effet, si l'on peut dire, d'une bombe. Sous le titre "Pakistan Believed to Be Design Data Source for Centrifuges to Be Built by Iran", il révèle publiquement ce que le gouvernement américain sait déjà depuis trois ans, mais ne veut pas rendre public pour ne pas embarrasser son allié : le Pakistan est la source principale du programme d'enrichissement iranien.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'est autorisée par l'Iran à visiter le site qu'en février2003. En arrivant à Natanz, les inspecteurs ont un choc : les centrifugeuses iraniennes sont des copies quasiment conformes des centrifugeuses du consortium Urenco [organisation européenne fabriquant du combustible nucléaire, où Abdul Qadeer Khan avait travaillé dans les années 1970]. Mais l'affaire ne fait que commencer. Car, lors de leur visite suivante, les inspecteurs recueillent également, dans l'installation de Kalaye Electric, des traces d'uranium enrichi bien au-delà du taux "civil" de 3 % à 5 %. Les Iraniens sont forcés d'admettre qu'ils disposent de centrifugeuses d'occasion, achetées à un autre pays.

Les inspecteurs de l'AIEA vont ensuite faire une découverte troublante : un document pakistanais de quinze pages expliquant comment former des hémisphères d'uranium - technique qui n'a d'autre application possible que celle de la fabrication d'une arme nucléaire. Ils apprendront, après enquête, que ce document faisait partie du "paquet" négocié par l'Iran avec le réseau en 1987.

Il est donc parfaitement légitime de se demander si le réseau Khan n'aurait pas également transmis à l'Iran un plan d'arme, comme il l'avait fait pour la Libye. Si tel était le cas, l'Iran serait effectivement arrivé en 2009 au seuil nucléaire, car il disposerait de tous les ingrédients pour faire la bombe : la matière nucléaire (uranium enrichi produit dans l'usine de Natanz), la technique de fabrication des armes et les missiles pour les emporter.

L'Iran a en effet désormais passé le seuil de la tonne d'uranium faiblement enrichi produit à Natanz. Il dispose donc maintenant de suffisamment de matière pour fabriquer une bombe - à condition de "surenrichir" cette matière pour parvenir à la qualité militaire, ce qui ne prendrait que quelques semaines ou quelques mois, selon le nombre et le type de centrifugeuses installées à ce moment. Et le lancement en février 2009 de son premier satellite indique qu'il maîtrise à présent la technique de la séparation des étages ; il peut donc mettre au point des missiles d'une portée de plus de 2 000 kilomètres.

Il ne s'agit pas là d'élucubrations de faucons américains obsédés par la menace iranienne. L'AIEA comptabilise de manière scrupuleuse les stocks de matières produites par l'Iran. Et sur la technique de fabrication des armes et l'adaptation des missiles, elle a réuni, au fil des années, de nombreux documents prouvant les avancées réalisées par Téhéran. Ceux-ci n'ont pas tous été rendus publics.

Mais le directeur de la Division des garanties de l'AIEA, le Finlandais Olli Heinonen, est à ce point convaincu de la réalité des projets iraniens qu'il a organisé en février2008, un briefing spécial à ce sujet à l'intention des pays membres de l'Agence. Il y a révélé les détails du programme secret dirigé par l'ingénieur militaire Mohsen Fakrizadeh : le "Projet 4" (enrichissement par laser), le "Projet 5" (conversion de l'uranium), le "Projet 110" (conception de l'arme) et le "Projet 111" (adaptation de l'arme au missile Shahab-3).

Parmi les études conduites par les Iraniens figurent la modélisation d'une détonation à une hauteur de six à sept cents mètres - ce qui n'a de sens que si l'engin est nucléaire - ou la définition des modalités de surveillance à distance d'une expérience effectuée à quatre cents mètres de profondeur - ce qui est le signe indubitable de l'intérêt de Téhéran pour la réalisation d'un essai nucléaire. Détail troublant : ces études auraient été poursuivies au moins jusqu'au début de l'année 2004, alors que les services de renseignements américains s'étaient dits persuadés, en décembre 2007, qu'elles avaient été suspendues à l'automne 2003... L'Iran affirme que la maîtrise de la technique de l'enrichissement de l'uranium a une vocation strictement civile, et que c'est pour le pays un motif de réussite technologique et de prestige national. Mais les indices qui montrent sa volonté d'arriver au seuil nucléaire sont tellement nombreux qu'il est absolument impossible de prendre ces affirmations au sérieux - d'autant que l'Iran n'a aucun besoin civil à court ou moyen terme pour son uranium enrichi : le combustible destiné à l'unique centrale iranienne, construite par la Russie à Boucheir, sur la côte sud, a en effet été livré par Moscou.

Le discours officiel iranien sur le nucléaire ressemble étrangement - et ce n'est peut-être pas tout à fait un hasard - à celui que tenait le Pakistan avant d'avouer ses ambitions militaires. La couverture de l'édition d'octobre1991 de la revue semi-officielle pakistanaise Defence Journal, qui titrait [en évoquant le principal laboratoire nucléaire du pays] "Kahuta, Symbol of Our National Defiance" montrait un diagramme représentant le processus d'enrichissement de l'uranium, en surimpression d'un champignon nucléaire… Le message, à défaut d'être subtil, était parfaitement clair.

LE MARCHÉ NOIR DE LA BOMBE : ENQUÊTE SUR LA PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE de Bruno Tertrais. Buchet-Chastel, 260 p., 18 €.

Bruno Tertrais
Article paru dans l'édition du 18.09.09

vendredi 18 septembre 2009

Les événements du vendredi 27 Shahrivar 1388 (18 Septembre)

Les événements du vendredi 27 Shahrivar 1388 (Journée de Ghods)



  • Album photos: http://s889.photobucket.com/albums/ac95/IranReporter/?albumview=slideshow
  • Les manifestants semblent riposter aux attaques des Basijis. Ils tentent de les repousser et se protéger.
  • Un très grand nombre de manifestants déferlent sur les avenues Keshavarz et Karim Khan vers la Place de la Révolution (Enghelaab).
  • De plus en plus de manifestant à Vanak. Chantent beaucoup de slogans. Il sera impossible aux forces de l'ordre d'être partout. Dans quelques heures, la situation peut leur échapper encore plus.
  • D'autres photos sur l'excellent site (en Persan) de Vague Verte de Liberté: ici
  • Il n'y pas de forces de l'ordre vers IRIB. Les manifestants pourraient se défouler après tant d'hypocrise et de mensonges des chaînes de télévision d'Etat.
  • Les forces de l'ordre ne font que regarder les manifestants à de nombreux endroits. Il faut se méfier. Le 15 Juin, c'est vers la fin de la manifestation qu'ils ont commencé à tirer sur les manifestants.



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  • Plus de témoignages concernant le fait que la Police protégerait les manifestants contre les Basijis (non confirmé)
  • Les manifestants à Téhéran chantent: Yaare Dabestaani-e man! Voir ici pour une traduction (rapide!) en Français. Un rêve se concrétise.
  • Excellent Blog en anglais (Enduring America) et traduction du discours d'Ahmadinejad http://enduringamerica.com/2009/09/18/the-latest-from-iran-18-september-qods-day/
  • Dans le quartier d'Abbas Abad, les manifestants chantent: Palestine où es-tu? Viens voir KAHRIZAK.
  • Heurts et arrestations à Tabriz
  • CNN ("Mort aux Dictateurs"): http://edition.cnn.com/2009/WORLD/meast/09/18/iran.moussavi.quds/index.html
  • Reuters: témoignage d'un manifestant
  • Plus de 100 000 manifestants estimés vers la Place Vali-e Asr
  • Réseau de téléphones portables coupé à Isfahan. Le régime semble dépassé et peut-être surpris par l'ampleur de la manifestation à Isfahan. La révole entre dans une nouvelle phase. Il n y a pas que Téhéran. Les autres grandes villes sont désormais très impliquées. Ceci va épuiser les forces de sécurité en rendre d'autant plus difficile la répression des manifestants. Et la journée est très loin d'être finie.
  • Manifestations à Karmanshah, heurts à Mashhad vers la tombe de l'Imam Reza (non confirmé)
  • Des manifestants se dirigeraient vers IRIB, la radio-télévision d'Etat
  • PersianRadio: Hashemi Rafsanjani a rejoint les manifestants sur le Place Enghelaab
  • Des manifestants se dirigeraient vers la Place Vanak où il n'y a pas de forces de sécurité (pas encore)
  • IRIB (télévision) vient d'arrêter la retransmission en direct de la manifestation. Même le discours d'Ahmadinejad a été arrêté il y a 20 minutes





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  • Tirs à Shiraz (non confirmé). La situation est très tendue.
  • Super pour les médias Français! RFI couvre les événements de Téhéran ici (Un vendredi à risque pour le pouvoir)
  • Source CNN: des dizaines de milliers de manifestants entre le parc Laleh et la Place Vali-e Asr
  • La honte: Ahmadinejad vient de renier, une nouvelle dans son discours de ce jour, la Shoah. L'Iran n'a jamais été et ne sera jamais anti-sémite. Ces criminels seront évincés et le pays pourra enfin oeuvré pour la paix dans la région et dans le monde.
  • Une dizaine de manifestants arrêtés par les Basijis à Isfahan, livrés ensuite aux forces de Police, qui les ont libérés! Si ces gestes se confirment, il y a une vraie fracture au sein des forces de l'ordre.
  • Téhéran, ce matin, Hafez


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  • Des chants de Ahmadi, Ahmadi, Démission, Démission pouvait être entendus alors que le président était interviewé par la Radio d'Etat!!!
  • Il pleut à Téhéran! Et la pluie est une très bonne chose à Téhéran! Bon signe!!
  • Image d'un blessé sur iReport de CNN http://www.ireport.com/docs/DOC-330226
  • Photo de Khatami agressé, lire ici (Persan)

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  • Les manifestants chantent des slogans contre la Russie et non pas contre Israël. L'image de la Russie est très négative en Iran depuis que le mollahs sont devenus les partenaires stratégiques du vrai maître de Kremin, Vladimir Putin. La décision du président des Etats-Unis pour l'arrêt du déploiement des bases anti-missile en Europe (Pologne et République Tchèque) enlève clairement un levier de pression sur les Russes. Vont-ils soutenir le nouveau train des sanctions contre l'Iran? Vont-ils arrêter de vendre des armes aux mollahs? Le mouvement vert prend la menace russe très au sérieux.
  • Heurts sur la Place Taleghani entre les manifestants et les miliciens habillés en civils.
  • France24 présente une excellente couverture. Son reporter à Téhéran rapporte les slogans. ici et ici
  • Isfahan Vidéo!!!


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  • Le Figaro: article
  • Le "Président" a commencé son discours
  • La télévision d'Etat IRIB, ne sait vraiment plus ce qu'elle doit montrer. Certaines images des années précédentes seraient montrées à l'antenne! Sinon aucune nouvelle sur la manifestation en cours!
  • Le site de Zahra Rahnavard (l'épouse de Mir-Hossein Moussavi) confirme l'attaque de Bassijis armés de couteaux sur Khatami. Un ancien président agréssés par une bande de voyous... La fuite en avant du régime pour sa propore destruction se poursuit.
  • Témoignage d'un manifestant: certains policiers seraient sur le point de rejoindre les manifestants.
  • Les bus de transport public sont utilisés pour faire barrage aux manifestants et éviter qu'ils ne s'approchent du lieu de la prière (Université de Téhéran)
  • 2 blessés d'après Reuters
  • Les Ayatollah Sanei et Montazeri sont aussi à l'honneur dans les slogans. Montazeri avait condamné très fortement les crimes du régime il y a quelques jours (lire ses propos).
  • Énorme! Les manifestants verts ont accueilli le président avec les slogans: "Menteur, Menteur, Où sont tes 62%?", "Torture, Viols, n'ont plus d'effet". Source: Rooydad, très bon site en Persan
  • Shiraz est une véritable démonstration de force. Des dizaines de milliers de personne. Il s'agit bien d'un soulèvement national, rien à voir avec les rares émeutes de ces 30 dernières années.
  • Nos amis courageux de Tabriz (Azerbaijan) sont aussi bien mobilisés depuis les premières heures de la matinée! On n'attendait rien de moins d'eux!
  • L'attaque sur Khatami confirmé par ParlemanNews et d'autres sources. C'est une vraie honte pour le régime qui devra se justifier face à cet acte odieux et très révélateur.
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  • Manifestation à Shiraz ce matin


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  • L'attaque d'un basiji sur un manifestant: crâne cassé, manifestant transporté à l'hôpital
  • Les Basiji ont fermé l'accès de la Place Vali-e Asr vers l'avenue Enghelaab
  • Le cortège présidentiel transporte Ahmadinejad dans une voiture blindée entourée de plusieurs motos.
  • Des snipers serait positionnés vers la Place 7 Tir...
  • KHATAMI A ETE AGRESSE PAR DES BASIJIS et son turban est tombé. La Police l'a aidé pour s'éloigner des Basijis.
  • Un millier de Basijis positionné sur la Place Vali-e Asr chantent des slogans et les manifestants verts les sifflent et chantent leurs slogans.
  • Les manifestants sur la Place Vali-e Asr: "Liberté, Liberté"
  • 7 Nissan 4x4 équipés de haut-parleurs puissant ont été propulsés vers les manifestants entre 7 Tir et Vali-e Asr pour étouffer les slogans des manifestants verts.
  • Des manifestations ont également lieu dans d'autres villes en Iran.
  • Première photo:


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  • Les manifestants se dirigent des Place Azadi (Liberté), Towhid et 7 Tir vers la Place Enghelaab (Révolution).
  • L'ancien président Khatami vient de rejoindre les manifestants sur l'avenue Nejatollahi. Les manifestant l'accueillent avec des slogans.
  • La télévision d'Etat vient de montrer des manifestants pro-Ahmadinejad. Il n'y a presque personne!
  • Des renforts de Basijis seraient appelés sur la Place Vali-e Asr.
  • Sur l'avenue Vali-e Asr, les forces de l'ordre ont attaqué les manifestants qui ont essayé de s'enfuir.
  • Selon Reuters, plus d'une dizaine de manifestants auraient été arrêtés par les forces de l'ordre.
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  • Les manifestants portent des vêtements ou autres signes de couleur verte sans avoir peur et chantent: "Irani-e ba Gheirat, Hemayat, Hemayat"
  • Premiers heurts entre manifestants et forces de l'ordre à Isfahan
  • Karroubi vient d'arriver entre la Place 7 Tir et la Place Vali-e Asr (avenue Karimkhan). Il y a des rumeurs concernant des projets d'arrestation de Karroubi et de Moussavi dès la fin de la manifestation d'aujourd'hui. Vont-ils oser?
  • "Ni Palestine, Ni Liban, Ma vie est pour l'Iran"
  • Plusieurs sources décrivent de très grands nombres de manifestants se regroupant à l'heure actuelle et affluent vers la Place de la Révolution et l'Université de Téhéran.
  • Karroubi chantent des slogans derrière un microphone. Il est très populaire. Les gens apprécient son courage.
  • BBC Persian commencent sa couverture: cliquez ici (en Persan)
  • Plusieurs milliers de manifestants sur la Place Ferdowsi chantent des slogans pro-Karroubi, "Mort aux Dictateurs"
  • Premier vidéo:

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  • Des manifestant en grand nombre sur l'avenue Karimkhan et la Place 7 Tir.
  • Sur la Place 7 Tir, le nombre de Basiji n'est pas très important. Ils ne font que regarder les manifestants pour l'instant. Pas de violence pour l'instant.
  • Les forces spéciales disent aux manifestant: "ne chantez pas de slogans politiques", mais les manifestants continuent.
  • Plusieurs sources confirment que Karroubi devrait rejoindre les manifestants sur la Place 7 Tir
  • Selon de nombreux témoignages, la peur est perceptible sur les visages des forces de l'ordre. La tension aussi.
  • Sur Twitter: "Janati, Mesbah Yazdi, Ahmad Khatami, et ... vous êtes finis! arrêtez de mentir!"
  • Plusieurs sources confirment sur Twitter que de très nombreux manifestants affluent vers les points chauds de la manifestation.
  • Les manifestants chantent des slogans pour demander le soutien des forces de l'ordre. C'était aussi un classique des manifestants de 1979 pour renverser le Shah.
  • Isfahan serait aussi très mobilisé. "Ni Gaza, Ni Liban, Je donne ma vie pour l'Iran" ("Na Ghazze, na Lobnan, Janam fadaaye Iran")
  • Sur l'avenue Nejatollahi, les forces de l'ordre tentent de disperser les manifestants en les repoussant vers les trottoirs.
  • Sur la Place Ferdowsi, les manifestants scandent des slogans pro-Karroubi. Il est devenu un véritable héros depuis ses révélations des preuves de meurtres et de torture.


Contexte et nouvelles de la veille

  • Dans un communiqué extrêmement violent, les Gardiens de la Révolution (Sepah-e Pasdaran) ont mis en garde hier soir les manifestants du mouvement vert lors de la journée de Ghods (Jérusalem). Il semblerait que faire peur, menacer et intimider le peuple iranien soient la dernière chose qui reste à faire pour le Sepah.
  • Des bus transportant de faux manifestants sont arrivés hier soir à Téhéran pour soutenir le régime et remplir les rangs devant les caméras de la télévision. Les personnes transportées ont été installées dans des bâtiments publics et des mosquées.
  • Des bâches ont été déployées autour de l’Université de Téhéran pour isoler les manifestants dans l’enceinte de l’Université, à l’endroit où la prière aura lieu. Khatami (pas l’ancien président réformateur, mais un autre mollah vraiment honni) et Ahmadinejad prononceront les sermons. Le régime veut éviter que les images de télévision d’Etat montrent les manifestants verts.
  • "Avez-vous volé ces élections Monsieur le Président?" demande la journaliste de NBC, Ann Curry. "Je ne vois aucun problème", répond Ahmadinejad. Regarder le passage ici:

Visit msnbc.com for Breaking News, World News, and News about the Economy


  • Mehdi Karroubi a annoncé qu'il sera présent à 11h sur la Place 7 Tir
  • Le régime a décidément peur de cette journée. Le communiqué de menace du Sepah a été lu à plusieurs reprises dans les journaux.
  • Certains journalistes étrangers auraient été autorisé de "couvrir" la journée (information non confirmée). En fait, ils ne devraient pouvoir filmer que les rangs de la manifestation officielle.

Bonjour IRAN ! Tu es si VERT aujourd'hui !

Le soleil se lève à Téhéran. Nous allons vivre une nouvelle journée décisive. Les Iraniens ont une nouvelle fois rendez-vous avec l'Histoire. La tête haute et le cœur plein d'espoir, le Mouvement Vert compte marquer les esprits et affaiblir encore plus le régime des mollahs. Il y a des jours qui peuvent faire basculer le destin de tout un peuple. Aujourd'hui, c'en est un.

Prions pour la santé des enfants courageux qui ne comptent pas laisser leur pays entre les mains d'une bande de tyrans.


jeudi 17 septembre 2009

Manifestations à Bruxelles et nouveau site

WhereIsMyVote-Brussels vient de lancer un site web avec des informations sur les manifestations en Belgique. Des dates à retenir: Les 18 et 23-24 Septembre.

Site
http://whereismyvote-brussels.blogspot.com/

Contact
L’Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran (Belgique)
Tel : 0476.55.18.32
Email : iranianbelgique@yahoo.fr

mercredi 16 septembre 2009

N’ayez pas peur, nous sommes Tous Ensemble!

Mon Dieu, protège nos frères et sœurs qui vont manifester ce vendredi en Iran.

Après tant de meurtres et d’exactions, que vont ressentir ce vendredi à l’aube les parents avant d’envoyer à nouveau leurs enfants dans les rues pour manifester ? Mon Dieu, donne-moi la force de me mettre ne serait-ce qu’une seconde à la place d’un père ou d’une mère ayant perdu un fils ou une fille sous les balles et la torture de cette puissance bestiale venue d’un autre âge. Des êtres humains pour qui la vie n’a décidément aucune valeur. Des individus qui, au nom de je ne sais quelle puissance supérieure, religion ou croyance, se permettent de faucher nos jeunes, de semer la terreur et de piller notre pays.

Aurais-je le courage de me mettre à la place d’un tel parent et de supporter une telle douleur ? Sans doute non.

Ce n’est pas par hasard que l’un des fameux slogans du mouvement vert est : « N’ayez pas peur, N’ayez pas peur, Nous sommes Tous Ensemble! » (Natarsid, Natarsid, Maa Hame Ba Ham Hastim!). Faire enfin tomber le mur de la peur pour exister après trois décennies de malheur n’a été possible que grâce à une véritable épopée collective qui marquera certainement l’Histoire. Ce courage immense, impossible à l’échelle individuelle, nous l’avons recherché longtemps et nous l’avons enfin trouvé collectivement.

Notre marche vers la liberté est guidée par l’espoir immense né de ce formidable mouvement populaire. L’espoir d’un avenir meilleur pour nos enfants. L’espoir de vivre normalement dans un pays apaisé et démocratique. Nous n’avons pas fini de souffrir, de trembler et de pleurer ensemble. Mais, n’en déplaise aux monstres de Téhéran, nous ne sommes pas prêts de rebasculer dans l’expectative, le doute et la peur.

Mon Dieu, protège nos frères et sœurs qui vont manifester ce vendredi en Iran.

J-3: Appel à manifester ce vendredi en Iran

J-3: Appel à manifester
(document PDF en Persan à télécharger ici)

Mobilisation pour la journée de Ghods, ce vendredi 18 Septembre (27 Shahrivar)
Veuillez transmettre ce document à tous vos contacts en Iran

La chose la plus importante à faire cette semaine:
Appeler au téléphone un maximum de contacts en Iran, faire distribuer des appels à manifester (bus, taxi, métro, boîtes aux lettres, lieu de travail, etc.), visant surtout les quartiers et les familles qui n'ont pas en général accès à Internet ou à la Télévision par satellite.

Il n'y plus de temps à perdre... C'est à vous d'agir. Chaque appel compte, chaque manifestant compte.

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