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lundi 5 janvier 2015

L’avocate des droits humains promet de continuer à manifester – Golnaz Esfandiari


Nasrine Sotoudeh (au centre, portant une fleur) manifeste devant le barreau iranien le mois dernier avec plus personnes qui la soutiennent

La célèbre avocate des droits humains Nasrine Sotoudeh dit qu’elle est déterminée à continuer de manifester contre la décision qui lui interdit d’exercer.

Nasrine Sotoudeh a commencé un piquet de grève à l’extérieur du Barreau de Téhéran il y a un mois, portant des pancartes « droit au travail » et « droit à la dissidence » après que le Barreau, sous la pression officielle dit-on, lui a interdit d’exercer en tant qu’avocate, pendant trois ans.

« Si ce verdict n’est pas annulé, je continuerai à manifester jusqu’à la fin de l’interdiction des trois ans » a déclaré Nasrine Sotoudeh à RFE/RL par téléphone le 26 novembre.

Elle a aussi dit que l’indépendance du Barreau Iranien doit être restaurée.

Nasrine Sotoudeh a été libérée de prison l’année dernière après avoir purgé la moitié de sa peine de six ans pour des accusations comme agissements contre la sécurité nationale de l’Iran et propagande contre le système.

Nasrine Sotoudeh, co-lauréate du Prix Sakharov du Parlement Européen pour les Droits Humains en 2012, dit que sa manifestation pacifique a reçu le soutien de beaucoup de militants et d’intellectuels en Iran.

« Chaque jour, de 09h30 à 12h00, je manifeste devant le Barreau. Beaucoup de militants politiques et sociaux ainsi que des personnalités se sont jointes à moi » dit-elle.

Nasrine Sotoudeh ajoute que certains de ceux qui se sont joints à elle ont subi des pressions des autorités qui les ont menacés d’arrestation.

Nasrine Sotoudeh déclare que les fonctionnaires du renseignement l’ont arrêtée et interrogée pendant plusieurs heures le 25 novembre après qu’elle ait participé à un rassemblement contre les attaques à l’acide visant les femmes à Ispahan.

« On m’a demandé combien de temps j’allais continuer à manifester ; on a également proféré quelques menaces. Je ne crois pas que mon arrestation, qui a duré sept heures ce jour-là, était sans rapport avec ma manifestation de longue durée devant le Barreau»

L’avocate des droits humains a dit à RFE/RFL que beaucoup de passants lui ont exprimé leur soutien pour ses actions.

« Quelquefois, ils disent même de loin ‘Nous sommes avec vous’ et ils font le V de la victoire. »

Nasrine Sotoudeh a gagné le respect de beaucoup, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Iran pour sa résistance face à un état répressif.

Avant son arrestation en 2010, Nasrine Sotoudeh s’occupait de dossiers sensibles de droits humains et politiques.

Pendant son incarcération, elle a fait plusieurs grèves de la faim pour protester contre sa peine et une interdiction de quitter le territoire imposée à sa fille.

Source : http://www.rferl.org/content/iranian-human-rights-lawyer-vows-to-continue-protest/26711946.html

samedi 17 mai 2014

Pourquoi le Canada fait fausse route sur l’Iran – Saeed Kamali Dehghan – 15 mai 2014

Depuis que le Canada a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran, Ottawa a durci le ton sur l’Iran, adoptant une approche similaire à celle d’Israël.

Alors que l’occident a saisi l’occasion de s’engager avec le président modéré Hassan Rouhani, le Canada semble prendre la direction opposée, ignorant non seulement les appels au dialogue de la communauté internationale mais aussi celles des dissidents iraniens qu’Ottawa prétend défendre. Au contraire, le Canada s’aligne avec les radicaux, des groupes d’exilés rusés et la droite israélienne, s’éloignant des réalités du terrain.

En 2012, le ministre des affaires étrangères du Canada, John Baird a décrit l’Iran comme « la plus importante menace à la paix et à la sécurité globales dans le monde d’aujourd’hui » quand il a annoncé sa décision unilatérale de fermer l’ambassade de son pays à Téhéran et d’expulser les diplomates iraniens du sol canadien.

En un an, alors que Rouhani se rendait à New-York pour réorganiser les relations de l’Iran avec l’occident, soutenu par un large mouvement populaire en Iran, Baird a averti : «  des mots gentils, un sourire et une offensive de charme ne remplacent pas des actes. »

Plus tard, alors que l’Iran et six puissances mondiales dont la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, sont parvenus à un accord historique sur le nucléaire à Genève, tentant ainsi de désamorcer les menaces d’une autre guerre au Moyen-Orient, le Canada a fait preuve d’un grand scepticisme.

La grande excuse du Canada, ce sont les droits humains. Bien sûr, l’effarante situation des droits humains en Iran, dont le nombre élevé d’exécutions et d’arrestations arbitraires de militants politiques reste un grand problème.

Mais la politique d’Ottawa qui tend à isoler Téhéran, alors que Rouhani est en but aux pressions des va-t-en-guerre de l’intérieur et des intégristes, dessert le futur de la paix dans le monde ainsi que le bien-être des Iraniens eux-mêmes. En refusant de s’engager avec l’Iran, le Canada tourne aussi le dos aux appels répétés des personnalités iraniennes de l’opposition à exploiter l’occasion unique qui se présente suite à l’élection de Rouhani.

La manifestation sur les droits humains en Iran au parlement canadien concrétise ce qui ne va pas dans l’approche d’Ottawa. L’un des orateurs clé du programme étudiant les violations des droits humains en Iran était Maryam Radjavi, chef du groupe radical exilé de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran, sur la liste des organisations terroristes jusqu’à récemment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni [NDT : et de l’Union Européenne]. L’OMPI, décrite par de nombreux observateurs comme un groupe proche d’une secte, a été condamnée à de nombreuses reprises par les Nations-Unies pour avoir maltraité ses propres membres.

La venue de l’OMPI dans ce programme aurait causé le retrait du rapporteur spécial de l’ONU pour les droits humains en Iran, Ahmed Shaheed a rapporté Ali Gharib de la Nation. Bien que largement critiqué par les autorités iraniennes, Shaheed a produit des rapports étendus sur les violations des droits en Iran, dont les mauvais traitements infligés aux prisonniers, dont certains sont emprisonnés en Iran à cause de leurs liens avec l’OMPI.

« Si l’on veut améliorer les droits humains en Iran, il ne faut pas inviter le chef de l’OMPI, un groupe accusé de violations graves des droits humains à la tribune » a twitté Golnaz Esfandiari qui tient un blog sur l’Iran. L’OMPI reste très impopulaire en Iran à cause de son soutien à l’ancien chef irakien Saddam Hussein pendant les huit années de guerre entre l’Iran et l’Irak. L’OMPI a combattu contre ses compatriotes à cette époque.

Plus tôt ce mois-ci, Eldar Mamedov a détaillé sur Lobelog comment l’OMPI utilise les droits humains comme un casus belli pour embrouiller les complexités de la politique intérieure de l’Iran vue de l'étranger et enrayer le processus de rapprochement entre l’Iran et l’occident. Il semble que le Canada reproduise l’erreur commise par les Etats-Unis et certains pays européens il y a des décennies : se fier à des groupes radicaux comme l’OMPI ou à quelques monarchistes iraniens pour rester au courant de la complexité de l’Iran d’aujourd’hui.

De plus, le Canada admoneste souvent l’Iran sous le prétexte de défendre les militants des droits humains et des personnalités de l’opposition emprisonnés en Iran. Mais ces mêmes personnes, dont 50 prisonniers politiques de premier plan, ont contacté Barack Obama pour lui demander de mettre fin aux sanctions économiques « paralysantes » qui frappent les Iraniens ordinaires et de s’emparer de « la dernière chance » de dialogue avec Téhéran sous le mandat de Rouhani, le Canada semble se boucher les oreilles.

Il ferait mieux d’écouter des voix plus raisonnables, comme celle de son ancien ambassadeur à Téhéran John Mundy qui a déclaré qu’Ottawa commettait une erreur en rompant ses liens diplomatiques.

Soyons clairs : personne ne nie les violations grossières des droits humains en Iran ou les défis à relever pour atteindre un accord permanent sur le nucléaire avec la république islamique. Mais les droits humains ne pourront s’améliorer que par le dialogue. C’est pourquoi la visite récente en Iran de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui y a rencontré plusieurs féministes de premier plan, a eu plus d’effets que les nombreuses déclarations sur les droits humains du Canada.

Les relations du Canada avec l’Iran sont glaciales depuis la révolution islamique de 1979. Elles se sont encore tendues en 2003 quand la photographe Irano-Canadienne Zahra Kazemi est morte d’une fracture du crâne sous la torture en prison en Iran. Mais si Ottawa s’inquiète vraiment du bien-être des Iraniens, dont ceux qui sont persécutés dans le pays, elle devrait réviser sa politique iranienne. Mais pour l’instant, le Canada ne fait que se tromper sur l’Iran.

Source : http://www.theguardian.com/world/iran-blog/2014/may/15/canada-getting-it-wrong-on-iran?CMP=twt_gu

samedi 11 mai 2013

Le Lech Walesa iranien dit qu’il a quitté le pays après des menaces de mort - Golnaz Esfandiari – 10 Mai 2013


Le dirigeant syndicaliste de premier plan Mansour Ossanlou, qui a récemment fui le pays, a dit à RFE/RL que ce sont des menaces de mort venues de cercles sécuritaires internes au gouvernement qui l’ont poussé à fuir l’Iran.

Ossanlou, que certains ont qualifié de « Lech Walesa iranien » du nom du dirigeant syndicaliste qui a aidé à instituer des syndicats libres et, pour finir, la démocratie en Pologne, téléphonait de Turquie lors de l’une de ses premières interviews depuis son arrivée, il y a trois mois.

Il a déclaré que l’atmosphère de la république islamique devenait chaque jour plus répressive.
Le président du syndicat des ouvriers de la compagnie des autobus de Téhéran et de sa banlieue a dit à RFE/RL qu’il avait contrarié les autorités en augmentant ses activités d’organisation : « Nous essayons d’unifier les différents groupes de travailleurs pour arriver à une société solidaire ou à une fédération de travailleurs, je m’en suis beaucoup occupé depuis l’année dernière ; les autorités l’ont découvert et m’ont envoyé toutes sortes de messages et de menaces. Ils ont dit aux deux garants qui ont payé la caution qui m’a permis de sortir de prison den 2011, que je devais me présenter au bureau du procureur ou en prison. Tout ceci en plus de l’information que j’avais reçue qu’il était question de me tuer, en me renversant avec une voiture ou en agissant comme lors des meurtres en série. Des amis m’ont également dit qu’il n’était pas bon pour moi de rester en Iran ; j’en ai tiré les conclusions. »

Hadi Ghaemi, porte-parole de la Campagne Internationale pour les Droits Humains en Iran, qui est basée aux Etats-Unis, a dit croire qu’Ossanlou restera incontournable pour attirer l’attention sur les souffrances des travailleurs iraniens dont la situation empirerait à cause de mauvaises politiques économiques et des sanctions internationales sur le problème nucléaire iranien controversé : « Mansour Ossanlou est peut-être le syndicaliste iranien le plus proéminent des dix dernières années et son succès dans l’organisation des conducteurs d’autobus de Téhéran, les activités qu’ils ont eues, est une vraie régénération du mouvement syndical. Je crois qu’il continuera à être la voix claire et importante des travailleurs iraniens. »

Ossanlou a payé cher ses activités syndicales en Iran et sa conduite des manifestations pour un meilleur salaire et de meilleures conditions. Les autorités réagissent souvent par des mesures sévères. Il a été plusieurs fois arrêté, battu et a passé quelques cinq ans en prison pour « actes contraires à la sécurité nationale » et « propagande contre le gouvernement. »

Des organisations internationales dont Amnesty Internationale, Human Rights Watch et la Fédération Internationale des Travailleurs des Transports ont appelé à sa libération et condamné le traitement sévère qu’il subissait. Ossanlou a déclaré qu’il avait été soumis à des tortures physiques et psychologiques durant les interrogatoires, dont de longues périodes à l’isolement. Il a entendu parler des campagnes et des appels pour sa libération par des proches et par d’autres prisonniers : « Nous en étions avertis lors des visites de la famille ou lors des transferts au tribunal ou à l’hôpital ; nous en informions les autres prisonniers lors de notre retour en prison. Il était important pour les prisonniers de savoir qu’on ne les oubliait pas, toutes ces actions ont un impact à l’intérieur de l’Iran. »

Il a dit vouloir continuer à être actif lors de son exil, même s’il admet que cela risque d’être difficile. D’autres militants qui ont quitté l’Iran se sont battus pour rester à la une et beaucoup ont vite été oubliés. Pousser les militants à s’exiler semble être une tactique stratégique de Téhéran. Ces dernières années, et plus spécialement depuis l’élection amèrement disputée de 2009 et la répression qui l’a suivie, le régime a intensifié ses pressions sur beaucoup de ceux qui demandaient le changement.

Ossanlou a dit ne pas être découragé : « Vivre en ou hors du pays n’est pas un facteur déterminant, je pense. Ce qui est important c’est votre situation, les opportunités qui vous sont offertes et le prix que vous êtes prêts à payer. » 

Source: http://www.rferl.org/content/iran-labor-activist-osanlu-osanlou-threats/24981928.html