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mardi 18 juin 2013

Karbashi déclare à Rooz : le peuple a donné une leçon au régime et aux réformateurs – Fereshteh Ghazi – 17 juin 2013

Le chef du parti réformateur iranien Kargozaran Sazandegui, Gholam- Hossein Karbashi a appelé le vote des Iraniens  le 14 juin pour Hassan Rouhani lors de l’élection présidentielle le fruit de la maturité de la société iranienne. Il a ajouté que ce vote était un message aux réformateurs et au régime : « Le peuple a envoyé son message : si vous nous bloquez la voie, nous trouverons d’autres moyens d’arriver à nos fins et nous progresserons gentiment en utilisant des moyens civiques pacifiques. »

Extraits de l’interview :
Rooz : Après la victoire de réformateurs, que programmez-vous ? Les réformateurs et Monsieur Rouhani ont-ils un plan pour changer la situation actuelle du pays ou bien ils ne s’attendaient pas à gagner et ils ont utilisé l’atmosphère de l’élection pour porter les demandes du peuple ?
Karbashi : On ne peut pas savoir ce qui va se passer. Mais l’enthousiasme explique les exigences du peuple dans les domaines politique, social, économique et même culturel. Personne, Monsieur Rouhani compris, ne peut prétendre répondre à toutes ces exigences, ni à court terme, ni même à moyen terme. Il faut le dire franchement au peuple. Et pourtant, Monsieur Rouhani a des plans, il a dit que la situation pouvait être améliorée. Mais il faudra réduire les exigences. Même si nous croyons que la situation ne va pas empirer mais qu’elle va s’améliorer petit à petit, c’est un signe encourageant. Je suis très optimiste car le mouvement qui s’est créé est très mûr et a beaucoup d’expérience, il comprend très bien les problèmes. Regardez : en quelques jours, le temps que les réformateurs s’unissent, que Monsieur Rouhani soit élu, sans couverture médiatique, sans réelle champagne, des fondations sociales très solides se sont créées jusqu’aux provinces et aux villages du pays. Par exemple, dans la région de Ghom, il y avait des villages où il était presque impossible aux réformateurs de faire campagne alors qu’il y a eu des villages où 100% des électeurs ont voté pour Monsieur Rouhani.

Rooz : Les analystes pensaient qu’il y aurait beaucoup d’abstention à cause de la dernière élection. Comment voyez-vous la participation au vote ?
Karbashi : Il faut mentionner deux choses. Premièrement, les demandes du peuple, lors des élections précédentes et maintenant n’ont pas été prises en compte des points de vue social, économique, culturel et politiques. Il continue à demander la même chose de différentes façons. Le peuple n’abandonne pas. Certains participent positivement, en participant à l’élection et en agissant dans la sphère sociale par exemple, d’autres agissent négativement. La participation aux élections est l’une des façons les plus objectives de répéter leurs exigences, et les demandes économiques sont les plus importantes. Peu importe notre regards, on ne peut nier que la grande majorité du peuple rencontre des problèmes économiques et dans sa vie quotidienne. L’inflation, la hausse des prix, etc…poussent à l’action. Quand la maturité politique est faible, ces demandes prennent la forme d’actions destructives alors qu’en Iran ou une grande expérience a été acquise lors de ces 20 à 30 dernières années sur les sujets sociaux et politiques, la participation aux élections pour mettre en œuvre un changement minimum et l’une des voies pour obtenir la satisfaction de leurs demandes. D’autres aspects en sont la maturité du peuple et de la société dans son ensemble surtout dans une situation d’oppression et de déni de leurs exigences. C’est là que la maturité apparaît. Bien sûr, cette situation peut mener à des actions négatives qui pourraient représenter un danger pour la société alors que l’alternative en est une réponse positive par des évènements comme les élections et l’action par des méthodes raisonnables. Il semble que la société iranienne a atteint cette maturité politique sans organisation politique solide puisque les groupes politiques ne sont pas vraiment libres de s’engager dans le militantisme politique. Alors, il apparaît que l’organisation politique est solide au sein de la société, qu’elle utilise des méthodes raisonnables pour des demandes raisonnables, et c’est très encourageant.

Rooz : J’ai récemment parlé avec Saïd Leylaz. Il m’a dit que le problème n’était pas le changement d’une personne mais le changement de la politique du pays et si le guide suprême ne décide pas de changer de politique, alors le changement d’une personne n’apportera pas le changement. Qu’en pensez-vous ? Voyez-vous un changement dans la politique ? Surtout alors que beaucoup pensent que les votes ne seraient pas non plus pris en compte cette fois. Mais les votes ont été comptés et pris en compte, cela signifie-t-il un changement de politique ?
Karbashi : C’est vrai dans une démocratie où l’on change non pas les individus mais les programmes, les politiques et les méthodes d’administration de la société. Ceux qui sollicitent les votes des électeurs veulent répondre aux demandes du peuple. Quand les politiciens se rendent compte d’une demande forte de changement dans la société, ils acceptent beaucoup de leurs demandes, même si ce n’est que pour la continuité du régime et la stabilité du pays. L’expérience nous a montré que le changement en Iran n’est pas impossible, sauf si des méthodes déraisonnables sont utilisées. Je pense que ce qui s’est passé a créé une base pour mettre en place les nombreux changements demandés par le peuple.

Rooz : L’élection précédente continue à faire souffrir, des morts, d’autres encore en prison alors que d’autres continuent à payer un lourd tribut politiquement, économiquement et même personnellement. Et pourtant, ils ont voté pleins d’espoir. Quel message désirez-vous faire passer aux dirigeants et aux réformateurs ?
Karbashi : En allant voter, le peuple a envoyé le message que la réforme est possible par des moyens raisonnables, contrairement à ceux qui disaient que le régime ne prendrait pas leurs votes en compte. Si les réformateurs sont raisonnables, ils réussiront. Les réformes ne commencent pas avec les demandes les plus nombreuses mais par celles auxquelles on peut répondre. Le peuple a envoyé le message que si sa voie est bloquée, il trouvera d’autres méthodes pour atteindre ses fins. Il ne s’arrêtera pas et utilisera d’autres moyens civiques et pacifiques pour réformer et obtenir ce qu’il demande. Le peuple a donné une leçon aux dirigeants et aux réformateurs et maintenant nous devons apprendre de cette leçon. 

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/june/17/article/people-taught-the-regime-and-reformists-a-lesson.html

mardi 28 mai 2013

Hossein Marashi sur la disqualification de Rafsandjani : le régime est responsable – Fereshteh Ghazi – 26 mai 2013

« Monsieur Rafsandjani s’est rendu disponible, le peuple l’a bien accueilli et le régime l’a rejeté. Le régime est responsable. » Ce sont les mots du porte-parole du parti du développement (Kargozaran Sazandegui), ancien député et vice-président de Mohammad Khatami lors de son entretien avec Rooz. Il a aussi déclaré : « Monsieur Rafsandjani ne joue qu’avec un petit nombre de cartes. Il en a d’autres pour continuer à jouer un rôle en Iran. »

Monsieur Marashi a clairement dit que Rafsandjani ne contesterait pas sa disqualification et n’en appellerait pas au guide suprême, mais qu’il parlerait au peuple. Il a souligné que ne pas contester ne voulait pas dire qu’il n’avait pas à se plaindre.

La candidature à l’élection présidentielle du 14 juin a été rejetée par le conseil des gardiens mardi. Marashi a dit que se plaindre à une organisation qui ne se sent pas responsable envers le public n’avait pas de sens. Voici des extraits de l’interview.

Rooz : Que pensez-vous de la disqualification de Monsieur Rafsandjani par le conseil des gardiens ?
Marashi : On ne s’y attendait pas. Personnellement, je pense qu’en voyant les différentes vagues de soutien qu’il suscitait, les durs qui sont présents dans les cercles dirigeants de la république islamique ne pouvaient plus accepter Rafsandjani comme prochain président car cela aurait, à terme, dans la perte des situations qu’ils avaient atteintes.

Rooz : Pourquoi avez-vous été surprise quand les membres du conseil des gardiens et du parlement ont eu des paroles négatives sur Monsieur Rafsandjani ?
Marashi : Le journal Kayhan a commencé par penser que Rafsandjani ne jouissait pas d’un large soutien populaire ; il a donc cru que sa candidature serait acceptée mais qu’il finirait par décider de se retirer. Nous aussi avons été agréablement surpris de tant de soutien et d’enthousiasme populaire à sa candidature. Les durs ont remarqué ce soutien ; il leur a fait peur et ils ont réagi.

Rooz : Monsieur Rafsandjani savait apparemment mardi matin qu’il serait rejeté et Fatemeh Hashemi a déclaré que Messieurs Rohani et Laridjani l’en avait informé.
Marashi : C’est exact, ils lui ont demandé de se retirer, faute de quoi, sa disqualification serait publiquement annoncée. Monsieur Rafsandjani a bien sûr décliné l’offre.

Rooz :Madame Hashemi a aussi dit que Rafsandjani ne contesterait pas. Pourquoi ?
Marashi : Le conseil des gardiens prend sa décision et la loi ne donne aucun moyen d’appel ou de révision de sa décision. Mais l’absence de contestation de Monsieur Rafsandjani ne signifie pas qu’il n’a pas à se plaindre ou que d’autres n’ont pas envie de contester. C’est simplement parce qu’aucune action légale n’est possible. Mais le conseil des gardiens n’a jamais été responsable devant le peuple, contester sa décision n’a aucun sens. Il présentera ces sujets au people par des déclarations et directement.

Rooz : Monsieur Mashaï a dit qu’il avait l’intention de référer sa disqualification au guide suprême. Il se dit que Monsieur Khameini pourrait casser la décision du conseil des gardiens comme il l’a déjà fait par le passé.
Marashi :Ahmadinejad et Mashaï ont des idées utopiques sur leur influence sur le peuple. Ils pensaient que le peuple soutiendrait Mashaï malgré ses souffrances, ce qui forcerait le régime à accepter sa candidature. Alors ils ont dit ça simplement parce qu’il fallait réagir face à la situation et montrer à ceux qui les soutenaient qu’ils prenaient des mesures. Mais ils savent qu’ils n’ont aucune influence sur le guide suprême.

Rooz : Il y a eu deux objections à la candidature de Monsieur Rafsandjani : son âge et son affiliation à la soi-disant rébellion. Pourquoi pensez-vous qu’il a été disqualifié ?
Marashi :Le cœur du problème est que Monsieur Rafsandjani est indépendant. C’est le seul qui aurait pu rendre ce pays modéré. Ce qu’ils ont dit n’est que purs mensonges. Si rébellion il y a eu, on sait qui se cache derrière elle et quels sont ses buts. Pour son âge, ils savent parfaitement qu’il est en meilleure forme que beaucoup de ceux qui sont au pouvoir. Même nous, que l’on considère comme ses enfants, avons du mal à le suivre. Nous n’avons pas ses capacités d’analyse et de compréhension des problèmes, ses discours et son temps de travail qui s’étend du lever au coucher du soleil. Ils ne pensaient pas qu’il jouirait d’autant de popularité, mais ils ont vu le soutien massif dont il bénéficiait après sa candidature officielle.

Rooz : Mohsen Hashemi, le fils aîné de Monsieur Rafsandjani, a également été disqualifié pour les élections au conseil régional. Mehdi Hashemi, son autre fils, est en liberté sous caution et attend son procès. Faezeh, sa fille, vient d’être libérée à la fin de sa peine de prison. Les médias de l’état continuent à tous les bombarder. Et maintenant, Monsieur Rafsandjani lui-même a été disqualifié. Qu’est-ce que le régime reproche à Monsieur Rafsandjani ? Quel rôle pense-t-il jouer dans ce régime ?
Marashi : Monsieur Rafsandjani ne va pas renier les principes pour lesquels il s’est battu toute sa vie. Ils pensent que cela va l’obliger à abandonner. Mais ils ont tort. Il ne confiera pas sa réputation à des extrémistes. 

Rooz : Alors que va faire Monsieur Rafsandjani maintenant ?
Marashi : Monsieur Rafsandjani n’est pas un politicien avec peu d’atouts. Les évènements des élections nous ont montré que Monsieur Rafsandjani est un politicien rusé. Il a certainement des cartes à jouer pour son rôle en Iran.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/may/26/article/the-regime-is-responsible.html