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samedi 31 janvier 2015

Motahari et l’échec des réformateurs – Issa Saharkhiz – 16 janvier 2015


Plutôt que de secouer le régime, le jeu que le parlementaire Ali Motahari joue seul au parlement pourrait aboutir à l’échec des plans des réformateurs pour la prochaine législature de l’année prochaine. Ce jeu pourrait créer encore plus de différents au sein du camp réformateur et même mettre en question leur stratégie électorale.

Tout d’abord, les organisateurs du « rassemblement National des réformateurs », satisfaits et pleins d’espoir au bout de six ans d’effort et grâce à l’aide apportée par le gouvernement actuel, ont réussi à rassembler les dirigeants des partis membre du conseil de coordination du front réformateur « Shoraye Hamahangui Jebhe Eslahat » ; ils doivent trouver une solution à ce phénomène puisque, selon leurs dires, le but de ce rassemblement est de « maintenir l’unité » lors des prochaines élections.

La question-clé aujourd’hui est : qu’a fait un député idéologue de l’intégrisme pour mettre en question tout le travail fait par la majorité des réformateurs, qui ont réussi à se glisser au parlement et pourquoi devrait-on voter pour les réformateurs lors des élections législatives de l’année prochaine ?

Le préliminaire serait de comprendre ce qui permet aux réformateurs modérés de se rassembler officiellement et à Mohammad Khatami de parler lors de ce rassemblement où on prévoit aussi de lire un message d’Hashémi Rafsandjani.

Bien sûr, l’annulation de l’autorisation de ce rassemblement ou son échec pourraient créer de plus grands problèmes aux dirigeants du « rassemblement national des réformateurs » ; ils espèrent organiser un rassemblement encore plus important lors de la seconde étape de leur processus de récupération. On ne peut négliger qu’on a proféré des menaces claires de perturber ce rassemblement à peine un jour après son annonce.

Les organisateurs de ce rassemblement tentent de rassurer : toutes les démarches ont été effectuées auprès des autorités, ministère de l’intérieur, police, etc… pour assurer un déroulement sûr et utile. Mais qui ignore que la décision finale de l’autorisation de ce rassemblement, surtout que les personnalités qui doivent y parler sont bien connues du régime, n’est pas entre les mains du ministre de l’intérieur ou de celui du renseignement du gouvernement modéré actuel, et même pas entre celles du président.

On pourrait faire remarquer aux réformistes qui ont aidé à catapulter Hassan Rouhani à la présidence avec d’autres partisans du changement, aux dirigeants et aux supporters du Mouvement Vert que leur situation aurait été bien meilleure s’ils n’avaient pas boycotté les dernières élections législatives.

Mais ceux qui en sont conscients devraient garder présent à l’esprit que la jeunesse d’aujourd’hui critique les résultats des députés réformateurs ; ils les comparent avec, non seulement les faits et gestes d’Ali Motahari mais avancent même que les durs et les intégristes sont plus dévoués à ce qu’ils croient et sont plus persévérants que les députés réformateurs.

Ce groupe suscite des réserves par ce qu’il fait, ce qu’il dit, sur  sa prudence à ne pas affaiblir le gouvernement ou à fournir un prétexte aux intégristes ; les réformateurs au parlement devraient cependant préparer un rapport transparent pour montrer à la nation ce qu’ils ont réussi au parlement. Ils devraient démontrer que la situation aurait été bien pire s’ils n’avaient pas été présents.

Il est de plus en plus évident que, parmi les réformateurs, la plupart sont des députés conservateurs ; ils ont soutenu Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi lors de l’élection présidentielle de 2009 ou même travaillé dans leurs comités électoraux, mais il leur manque l’endurance pour faire ce qu’a fait Ali Motahari pour lever l’assignation à domicile des dirigeants du Mouvement Vert ; ils ne sont même pas prêts à défendre les droits du peuple au parlement contre l’envahissement des durs et des intégristes.

Ce groupe n’a pas la conscience tranquille ; la grande peur qui guide leurs actions est ce que le cœur du régime pourrait penser d’eux : il pourrait les disqualifier pour les empêcher de participer aux prochaines élections législatives. Ils semblent ne pas comprendre que le mécontentement d’Ahmad Djanati et l’échec de la surveillance imposée du conseil des gardiens sont cent fois plus respectables que le mécontentement de certains ou la possibilité d’être candidat mais d’échouer à obtenir les votes.

C’est pourquoi on leur demande au moins de répondre à cette question : Les actions et les positions d’Ali Motahari au parlement ont-elles été celles d’un dur pour ne pas avoir coopéré avec lui ? Ou bien avaient-ils un meilleur plan, ce qui a fait que Motahari a été le seul à parler des buts des réformateurs ? Ses mots ont été les seuls au parlement à faire écho aux désirs et aux demandes du peuple, et il ne prétend même pas être réformateur ou respecter les dirigeants du mouvement réformateur.

Au lieu de perdre leur temps à préparer des listes pour les élections, il vaudrait peut-être mieux pour les réformateurs aujourd’hui penser à se libérer du carcan dans lequel ils se sont eux-mêmes enfermés et clarifier leurs positions et leurs buts. Ils ont besoin d’expliquer si leur but est de suivre un processus visant à réactiver la société civile et à  rendre au peuple le domaine de la politique ou bien un projet limité pour assurer leur siège au parlement ou augmenter leur nombre dans cette institution.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2015/january/16/article/motahari-and-the-checkmating-of-reformers.html

vendredi 2 mai 2014

Le message est clair : ne rentrez pas en Iran ! – Issa Saharkhiz – 28 avril 2014

Le message est clair et concis : le gouvernement n’a aucune autorité, nous avons le dernier mot et nous ne permettrons pas aux Iraniens qui ont quitté le pays, qui ont la double nationalité et qui résident à l’étranger de rentrer au pays pour y commencer une nouvelle vie.

Voici le message envoyé de temps à autre par un centre politique spécifique en se contentant de changer les mots. La cible est claire : le gouvernement et tous ceux qui attendent des réformes et du changement.

Ce message a été diffusé explicitement deux fois la semaine dernière à ceux qui nourrissaient quelque espoir, surtout les militants politiques et sociaux : attention, arrêtez de vous préparer à rentrer en Iran pour y vivre ou même pour y rendre visite à vos familles. 

Le premier message a été envoyé par le procureur général Mohseni Edjehi lors d’une conférence de presse ; il y a dévoilé en 2013 la création d’un tribunal spécial siégeant à huis clos, chargé de juger par contumace les personnes ayant joué un rôle dans les manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle de 2009.

Lundi, Hossein Nouraninejad a été arrêté à son domicile et envoyé en prison dans une section sous la supervision des gardes révolutionnaires ; ce n’est que le prolongement du message d’Edjehi. Nouraninejad est un militant politique proche des réformateurs et du parti Mosharekat (Participation Islamique) ; il avait été arrêté et emprisonné en relation avec le Mouvement Vert mais avait quitté le pays pour s’établir en Australie pour y poursuivre ses études. 

C’est la naissance de son premier enfant qui l’a fait revenir au pays pour y voir son nouveau-né et son épouse, une journaliste, Parastou Sarmadi. Elle a déclaré que des agents étaient venus chez eux et y avaient arrêté son époux ; ils lui avaient dit qu’ils l’emmenaient à la section 1 d’Evine.

C’est de la même façon que Sadjadeh Arabsorkhi et Serajeddine Mirdamadi ont été arrêtés, interrogés et condamnés à leur retour en Iran, après l’élection de Rouhani l’année dernière.

Le président Rouhani et plusieurs membres importants de son cabinet ont, à plusieurs reprises ces derniers mois, invité leurs compatriotes iraniens vivant à l’étranger à retourner chez eux. Durant son voyage de 2009 à New York, Rouhani a délivré  le même message à des Iraniens lors d’un dîner.

Suite à quoi, le secrétaire d’état aux affaires consulaires a précisé qu’il n’existait pas de loi en Iran interdisant aux Iraniens de rentrer au pays. Mais il a aussi dit que la peur des Iraniens qui voulaient rentrer n’avait d’autre base que la propagande des groupes d’opposition.

Pour répondre sur le statut des Iraniens qui avaient quitté le pays ces quatre dernières années, il a répondu que le président avait ordonné la création d’une commission interministérielle pour examiner le retour des Iraniens, surtout de ceux qui ne faisaient l’objet d’aucune poursuite.

Avec le temps, il est devenu clair que certains individus, au sein du régime, sous le contrôle de la justice, n’acceptaient pas cette politique du gouvernement et ne voulaient pas permettre au président de créer des conditions propices au retour des Iraniens, surtout des militants politiques et des journalistes.

C’est le même groupe qui harcèle les familles des militants iraniens émigrés à cause des menaces et de la peur d’être arrêtés et emprisonnés, moyen de forcer les militants d’arrêter leurs actions militantes et médiatiques. Ils envoient souvent des messages, tant directs qu’indirects, qui sont quelquefois menaçants, aux journalistes qui ont une double nationalité et qui travaillaient pour des médias officiels et légaux avant l’élection présidentielle de 2013, pour les persuader d’arrêter de travailler.

Les évènements récents corroborent l’observation qu’au fil du temps, ceux qui sont opposés au retour des Iraniens dans leur patrie l’emportent sur le cabinet Rouhani qui lui, le favorise.

Durant les six derniers mois, des personnes qui se sont rendues au bureau des passeports, à celui du procureur ou à la prison d’Evine ont raconté à leurs proches qu’ils avaient été témoins de l’emprisonnement et de la détention sans motif de beaucoup d’Iraniens qui étaient rentrés au pays. Ils ont vu de jeunes Iraniens sillonnant le bureau des passeports pour comprendre les raisons de leur interdiction de sortie du territoire ou pour récupérer leurs passeports confisqués à l’aéroport à leur retour en Iran. Ces personnes ont dû se rendre au ministère du renseignement, à l’agence du renseignement des gardes révolutionnaires ou au bureau du procureur.

Je pense que le second message envoyé aux Iraniens voulant rentrer au pays, ce sont les évènements de la section 350 de la prison d’Evine qui ont attiré l’attention du monde entier. Le message était clair : s’ils rentraient, les Iraniens subiraient le même traitement : tabassage à mort, blessures, etc.

Ceux qui ont perpétré cette violence contre les détenus d’Evine ont nié leurs crimes mais le tumulte engendré a poussé à la démission du directeur de la prison. Mais il a bénéficié d’avancement, ce qui est un camouflet pour les personnes et les groupes qui défendent les droits humains et qui suivent la situation en Iran, comme le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon et le rapporteur spécial aux droits humains Shahid.

Ces violations grossières et épouvantables des droits humains se passent en Iran alors que ce pays s’est engagé à défendre les droits humains.

Il faut souligner que l’une des faiblesses du cabinet Rouhani a été de ne pas prendre position sur la mise en place de la déclaration universelle des droits humains. On rapporte désormais que les efforts du président pour codifier mes « droits du citoyen » rencontrent aussi de sérieux obstacles en dépit de ses lacunes. Il est maintenant possible que ce projet de loi soit complètement écarté par le parlement.

Si Rouhani ne réussit pas à tenir ses promesses de campagne et à répondre aux demandes de ceux qui ont voté pour lui, la majorité des Iraniens en arriveraient à la conclusion que le transfert de pouvoir par le processus électoral ne produit aucun changement pour eux, ce qui enlèverait toute chance à Rouhani d’être réélu, mais permettrait aussi à ceux qui s’opposent aux programmes et réformes de son cabinet d’écraser les appels des réformateurs qui suivent Seyed Mohammad Khatami et Hashemi Rafsandjani.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/april/28/article/clear-message-do-not-return-to-iran.html

vendredi 21 juin 2013

Interview avec un membre de la commission parlementaire de sécurité nationale Ahmad Bakhshayesh – Fereshteh Ghazi – 19 juin 2012

Interviewé par Rooz sur le sort du président sortant Mahmoud Ahmadinejad, Ahmad Bakhshayesh, un conservateur, membre de la commission parlementaire sur la sécurité nationale et la politique étrangère, a déclaré : « l’époque d’Ahmadinejad est finie. »

Sur l’assignation à domicile de Mir-Hossein Moussavi, qui date de 2011, il a commenté : « Si Moussavi s’était tenu tranquille il y a quatre ans, ce serait lui le président aujourd’hui, pas Hassan Rouhani. »

Extraits de l’interview :
Rooz : Comment évaluez-vous la victoire d’Hassan Rouhani et la défaite des conservateurs ?
Bakhshayesh : Je vois cinq raisons au vote populaire pour Monsieur Rouhani. La première est que le peuple vote pour l’autre faction tous les huit ans, c’est quelque chose que nous avons remarqué. La seconde est la mauvaise compréhension des conservateurs. Ils croyaient que le peuple leur était dévoué et voterait pour eux de toute façon et c’est pourquoi ils ont choisi de débattre et de se concurrencer entre eux plutôt qu’avec leurs opposants. La troisième tient aux évènements et aux discussions qui ont eu lieu il y a quatre ans. Ces évènements sont toujours présents à l’esprit du peuple qui croit que peut-être, son vote n’a pas été compté, a été méprisé. La dernière raison est la disqualification de Monsieur Rafsandjani qui l’a, d’une certaine façon, transformé en héros. La résistance négative d’Ahmadinejad après la disqualification de Mashaï a aussi joué un rôle. Avant cette disqualification, il emmenait Mashaï partout où il allait et appelait au vote du peuple en sa faveur. Après sa disqualification, il a choisi de garder le silence et est entré dans une sorte de résistance négative. Même le jour du vote, il a choisi de se rendre aux urnes à cinq heures du soir plutôt que tôt le matin.

Rooz : Durant ces huit dernières années et plus spécialement les quatre dernières, les politiques économique, intérieure et internationale de l’administration ont mené le pays au bord de la crise. Le peuple a été mis sous pression surtout du point de vue économique. Ils se sont détournés des conservateurs à cause de ces politiques et non de leur propre abattement, vous ne croyez pas ?
Bakhshayesh : Bien sûr, mais on peut l’interpréter de deux façons, la première, c’est celle que vous avez décrite. : vous dîtes que les politiques intérieures, économiques et étrangère de Monsieur Ahmadinejad ont conduit à la victoire de Monsieur Rouhani. Je dis que monsieur Ahmadinejad fait partie des conservateurs qui n’étaient pas d’accord avec lui, ce qui l’a empêché de faire mieux. De plus, les taux de change et la politique économique du pays se sont détériorés ces sept ou huit derniers mois seulement, avant il était très apprécié en province.

Rooz : Vous ne croyez donc pas à la défaite des conservateurs ?
Bakhshayesh : C’est une défaite mais elle n’est pas grave. Les conservateurs se sont divisés. Ils croyaient qu’ils allaient jouer entre eux. Par exemple, Djalili, pour qui j’ai voté, est un modéré. Je le connais depuis l’université, nous vivions dans la même chambre. Au début de sa campagne, il s’est montré comme un guerrier et il voulait gagner contre les conservateurs radicaux.

Rooz : L’une des demandes de ceux qui ont voté pour Rouhani est la levée de l’assignation à domicile de Messieurs Moussavi et Karroubi et de Madame Rahnavard. C’était visible lors des évènements qui ont eu lieu dans la rue ; on a entendu des appels à la libération des prisonniers politiques lors des fêtes populaires. Qu’en pensez-vous ?
Bakhshayesh : Je ne le crois pas. Le peuple veut de meilleures conditions économiques. Il y a l’inflation et le problème du chômage. Il y a aussi des demandes politiques à la marge, comme les appels à la liberté. Ceux qui ont gagné font la fête, leur fête. Leurs réjouissances étaient sincères.

Rooz : Pensez-vous que la levée de l’assignation à domicile et la libération des prisonniers politiques soient souhaitables ?
Bakhshayesh : Il ne faudrait pas que cela arrive immédiatement. Monsieur Rouhani doit d’abord entrer en fonction. Il y a le guide suprême, le parlement et il faut que le gouvernement soir formé. Notre problème actuel n’est pas la situation de Moussavi, de Karroubi ou des prisonniers politiques. C’est la situation économique. Il a dit qu’on pouvait résoudre le problème de Karroubi et de Moussavi. Les prisonniers politiques seront aussi libérés, naturellement, dans cette nouvelle atmosphère, mais il faut un peu de temps.

Rooz : Monsieur Ahmadinejad a-t-il été cité à comparaître par Monsieur Laridjani ou par le parlement ?
Bakhshayesh : Je l’ignore, mais j’ai appris aujourd’hui que c’était à cause du ministre des sports qu’il devait nommer en trois mois, ce qu’il n’avait pas fait. Le comité de l’article 90 du parlement a porté plainte sur ce point et Monsieur Ahmadinejad doit comparaître au pénal le 26 novembre. En fait, c’est le tribunal administratif qui doit enquêter. Monsieur Laridjani a également déposé plainte, mais je ne connais pas les détails. Je crois que l’affaire ne sera pas jugée puisque sa présidence a pris fin. Le but est de réduire les tensions et Ahmadinejad le sait aussi.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/june/19/article/ahmadinejad-should-look-down-and-depart.html

dimanche 9 juin 2013

Nous avons fait du bon travail – Taghi Rahmani – 30 mai 2013

L’Iran est à la fois un pays plein de promesses et un pays où toutes les opportunités sont manquées. Mais cette fois-ci, nous avons fait du bon travail. Nous nous sommes rassemblés autour de Hashemi (Rafsandjani), sans le voir comme un sauveur, mais en l’invitant à être candidat dans le but partagé d’éviter la destruction du pays. Mais maintenant que la patrie est en danger, que faire pour continuer dans cette voie avec le même dynamisme ? Si nous ne faisons pas attention, nous courons à la catastrophe.

L’histoire nous montre que le peuple a évolué dans le bon sens depuis la fin des années 80. Contrairement à 1962, il n’a pas tout rejeté en bloc pour prendre une nouvelle direction. Il a évolué graduellement.

Deux décennies plus tard, la lutte du peuple continue dans la même direction. Elle a fluctué mais n’a pas radicalement changé, ce qui a produit des enseignements pour la nouvelle génération : ne pas tout jeter pour recommencer de zéro ce qui aurait entraîné de graves dangers.

Les réalisations sont meilleures que dans les années 80 car la conscience et la maturité du peuple ont augmenté. Malgré les cercles dirigeants dangereux et destructeurs qui ont généré la crise dans la région, la résistance du peuple a permis que l’Iran ne devienne pas un autre Irak de Saddam ou une Corée du Nord, même si les dirigeants en avaient rêvé.

Du point de vue des dirigeants, une seule personne dans toute la nation a le droit de parler, les autres ne peuvent que l’approuver. C’est le modèle qu’ils veulent créer en engageant Djalili dans ce tourbillon.

Dans une configuration où les éléments les plus durs du régime et certaines parties de l’opposition se conduisent comme des factions, la nation et les forces favorables à la démocratie ont réussi à garder leurs principes.

Malheureusement, la situation de plusieurs pays de la région, y compris certaines parties de la Turquie, est pire qu’en Iran. Il est difficile de ne pas connaître la guerre civile, l’invasion d’un pays étranger tout en continuant à se battre contre un régime autoritaire.

Mais le danger ne s’est pas éloigné. Les combattants du guide suprême ont l’intention de mener à bien leur plan en faisant la promotion de Djalili et en éliminant Rafsandjani. Le résultat des élections à venir n’est pas encore évident mais il convient de suivre de près ce à quoi Ghalibaf et Velayati vont jouer.

Il est maintenant temps d’examiner les intérêts communs des différentes composantes de la société, du clergé d’un côté, aux intellectuels de l’autre. Le bazar et les ouvriers connaissent les mêmes souffrances. En résumé, un front est en train de se former contre ce régime autoritaire, un front qui rejette les pressions économique et politiques ainsi que la guerre. En d’autres termes, tous veulent que l’Iran survive. Ils ne veulent pas la souffrance de leur patrie. Ce doit être la priorité commune, celle de ceux qui descendent dans la rue, celle du bazar et celle de tous les autres.

Cette aspiration peut se cristalliser en un but commun à ceux qui participent au régime comme à ceux qui sont à l’extérieur, aux religieux et aux intellectuels, aux ouvriers et aux étudiants et au bazar. Son slogan pourrait être : l’Iran doit rester intact. Et toutes les forces devraient se mobiliser pour cette cause.

  1. Les forces favorables à la démocratie doivent accepter qu’elles ne sont pas la force décisive mais qu’elles sont efficaces. Si elles veulent devenir le groupe décisif, alors elles doivent renforcer la société civile en Iran.
  2. La force décisive en Iran pourrait être soit l’intervention d’une puissance étrangère, soit un gouvernement en place qui contrôlerait le pays par l’argent du pétrole. Autres forces décisives : les religieux et le bazar, tant qu’ils sont soutenus par l’administration et les intellectuels.
  3. La conduite du guide suprême et de ses combattants a réussi à mobiliser tout le monde contre lui. Nous devons transformer ce point en victoire ce qui a pour préalable un accord pour préserver l’Iran et jouir d’une vie humaine et respectueuse.
  4. Une conduite réformatrice et pas radicale car cette dernière détruirait tout et serait néfaste pour les forces favorables à la démocratie. Une conduite démocratique se base sur des actions qui préserveront l’Iran.
  5. L’Iran est un pays plein de promesses mais les menaces auxquelles il doit faire face sont maintenant réelles, même si le danger n’est pas encore imminent. Il est important pour ceux qui vivent en Iran, qui participent au régime, pour les religieux, les intellectuels et même ceux qui ressemblent à Hashemi Rafsandjani de noter que la disqualification de Rafsandjani pour les élections présidentielles est une indication que les affaires de Khamenei sont dans les mains de Mojtaba Khamenei mais qu’il a besoin du clergé et du peuple pour sa survie. Il existe aussi un intérêt commun causé par les dangers auxquels l’Iran fait face et le déclin de la place de l’Iran dans le monde. Et donc, c’est un régime qui croit en la survie de l’Iran et de l’identité iranienne qui doit voit le jour en Iran. Une telle coalition peut être formée si chacun, si toutes les forces en présence jouent un rôle respectueux des pouvoirs de la nation.

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/archive/2013/may/30/article/we-have-done-a-good-job.html

mardi 28 mai 2013

Hossein Marashi sur la disqualification de Rafsandjani : le régime est responsable – Fereshteh Ghazi – 26 mai 2013

« Monsieur Rafsandjani s’est rendu disponible, le peuple l’a bien accueilli et le régime l’a rejeté. Le régime est responsable. » Ce sont les mots du porte-parole du parti du développement (Kargozaran Sazandegui), ancien député et vice-président de Mohammad Khatami lors de son entretien avec Rooz. Il a aussi déclaré : « Monsieur Rafsandjani ne joue qu’avec un petit nombre de cartes. Il en a d’autres pour continuer à jouer un rôle en Iran»

Monsieur Marashi a clairement dit que Rafsandjani ne contesterait pas sa disqualification et n’en appellerait pas au guide suprême, mais qu’il parlerait au peuple. Il a souligné que ne pas contester ne voulait pas dire qu’il n’avait pas à se plaindre.

La candidature à l’élection présidentielle du 14 juin a été rejetée par le conseil des gardiens mardi. Marashi a dit que se plaindre à une organisation qui ne se sent pas responsable envers le public n’avait pas de sens. Voici des extraits de l’interview.

Rooz : Que pensez-vous de la disqualification de Monsieur Rafsandjani par le conseil des gardiens ?
Marashi : On ne s’y attendait pas. Personnellement, je pense qu’en voyant les différentes vagues de soutien qu’il suscitait, les durs qui sont présents dans les cercles dirigeants de la république islamique ne pouvaient plus accepter Rafsandjani comme prochain président car cela aurait, à terme, dans la perte des situations qu’ils avaient atteintes.

Rooz : Pourquoi avez-vous été surprise quand les membres du conseil des gardiens et du parlement ont eu des paroles négatives sur Monsieur Rafsandjani ?
Marashi : Le journal Kayhan a commencé par penser que Rafsandjani ne jouissait pas d’un large soutien populaire ; il a donc cru que sa candidature serait acceptée mais qu’il finirait par décider de se retirer. Nous aussi avons été agréablement surpris de tant de soutien et d’enthousiasme populaire à sa candidature. Les durs ont remarqué ce soutien ; il leur a fait peur et ils ont réagi.

Rooz : Monsieur Rafsandjani savait apparemment mardi matin qu’il serait rejeté et Fatemeh Hashemi a déclaré que Messieurs Rohani et Laridjani l’en avait informé.
Marashi : C’est exact, ils lui ont demandé de se retirer, faute de quoi, sa disqualification serait publiquement annoncée. Monsieur Rafsandjani a bien sûr décliné l’offre.

Rooz :Madame Hashemi a aussi dit que Rafsandjani ne contesterait pas. Pourquoi ?
Marashi : Le conseil des gardiens prend sa décision et la loi ne donne aucun moyen d’appel ou de révision de sa décision. Mais l’absence de contestation de Monsieur Rafsandjani ne signifie pas qu’il n’a pas à se plaindre ou que d’autres n’ont pas envie de contester. C’est simplement parce qu’aucune action légale n’est possible. Mais le conseil des gardiens n’a jamais été responsable devant le peuple, contester sa décision n’a aucun sens. Il présentera ces sujets au people par des déclarations et directement.

Rooz : Monsieur Mashaï a dit qu’il avait l’intention de référer sa disqualification au guide suprême. Il se dit que Monsieur Khameini pourrait casser la décision du conseil des gardiens comme il l’a déjà fait par le passé.
Marashi :Ahmadinejad et Mashaï ont des idées utopiques sur leur influence sur le peuple. Ils pensaient que le peuple soutiendrait Mashaï malgré ses souffrances, ce qui forcerait le régime à accepter sa candidature. Alors ils ont dit ça simplement parce qu’il fallait réagir face à la situation et montrer à ceux qui les soutenaient qu’ils prenaient des mesures. Mais ils savent qu’ils n’ont aucune influence sur le guide suprême.

Rooz : Il y a eu deux objections à la candidature de Monsieur Rafsandjani : son âge et son affiliation à la soi-disant rébellion. Pourquoi pensez-vous qu’il a été disqualifié ?
Marashi :Le cœur du problème est que Monsieur Rafsandjani est indépendant. C’est le seul qui aurait pu rendre ce pays modéré. Ce qu’ils ont dit n’est que purs mensonges. Si rébellion il y a eu, on sait qui se cache derrière elle et quels sont ses buts. Pour son âge, ils savent parfaitement qu’il est en meilleure forme que beaucoup de ceux qui sont au pouvoir. Même nous, que l’on considère comme ses enfants, avons du mal à le suivre. Nous n’avons pas ses capacités d’analyse et de compréhension des problèmes, ses discours et son temps de travail qui s’étend du lever au coucher du soleil. Ils ne pensaient pas qu’il jouirait d’autant de popularité, mais ils ont vu le soutien massif dont il bénéficiait après sa candidature officielle.

Rooz : Mohsen Hashemi, le fils aîné de Monsieur Rafsandjani, a également été disqualifié pour les élections au conseil régional. Mehdi Hashemi, son autre fils, est en liberté sous caution et attend son procès. Faezeh, sa fille, vient d’être libérée à la fin de sa peine de prison. Les médias de l’état continuent à tous les bombarder. Et maintenant, Monsieur Rafsandjani lui-même a été disqualifié. Qu’est-ce que le régime reproche à Monsieur Rafsandjani ? Quel rôle pense-t-il jouer dans ce régime ?
Marashi : Monsieur Rafsandjani ne va pas renier les principes pour lesquels il s’est battu toute sa vie. Ils pensent que cela va l’obliger à abandonner. Mais ils ont tort. Il ne confiera pas sa réputation à des extrémistes. 

Rooz : Alors que va faire Monsieur Rafsandjani maintenant ?
Marashi : Monsieur Rafsandjani n’est pas un politicien avec peu d’atouts. Les évènements des élections nous ont montré que Monsieur Rafsandjani est un politicien rusé. Il a certainement des cartes à jouer pour son rôle en Iran.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/may/26/article/the-regime-is-responsible.html

dimanche 26 mai 2013

Fatemeh Hashemi (Rafsandjani) déclare à Rooz : On nous a dit de nous retirer, faute de quoi, nous serions disqualifiés – Fereshteh Ghazi – 22 mai 2013

Après l’annonce par le conseil des gardiens ait disqualifié Hashemi Rafsandjani et Esfandiar Rahim Mashaï pour la présidence, Mashaï a annoncé qu’il contesterait la décision alors que Rafsandjani n’a toujours pas répondu. Lors d’une interview exclusive à Rooz, Fatemeh Hashemi, fille de Rafsandjani et militante, a dit que son père était au courant de sa disqualification depuis le mardi matin (avant l’annonce officielle) et a ajouté : « Hier Messieurs Hassan Rohani et Laridjani ont envoyé des messages à Monsieur Rafsandjani pour lui demander de retirer sa candidature. Ils lui ont dit qu’il valait mieux retirer sa candidature qu’être disqualifié. Mon père a dit qu’il ne se retirerait en aucun cas. Il a dit que le peuple lui faisait confiance et que c’était la raison de son engagement. Il a ajouté que s’ils voulaient le disqualifier, qu’ils le fassent, mais qu’il ne se retirerait pas. »

Elle a souligné que, jusqu’au moment de l’interview à Rooz, son père n’avait pas parlé de sa disqualification mais qu’ils l’avaient appris par les informations télévisées. Elle a ajouté qu’à cause des pressions exercées pour le disqualifier, Monsieur Rafasandjani avait prédit sa disqualification. « On lui a fait passer le message de se retirer pour ne pas avoir à annoncer publiquement sa disqualification. »

Monsieur Rafsandjani a sans contexte été l’un des fondateurs du régime islamique, il a travaillé en étroite coopération avec l’ayatollah Khomeiny, c’est un membre du puissant parti islamique républicain, gardien du ministère de l’intérieur, président du parlement, imam du vendredi temporaire de Téhéran, commandant en second des forces armées, membre de l’assemblée des experts de la constitution, président du conseil suprême de la révolution culturelle, président du conseil national de sécurité et président du conseil des experts, position qu’il occupe toujours.

A ce jour, même le camp réformateur en Iran, dont les chefs soutenaient totalement la candidature de Rafsandjani, n’a pas répondu à la décision du conseil des gardiens. Faezeh Rafsandjani a dit à Rooz que cette disqualification était en fait une bonne nouvelle pour la famille en raison des pressions dont ils ont fait l’objet, surtout les dix jours pendant lesquels son père a été candidat. « Pendant dix jours, on nous a bombardé de mensonges, de calomnies et d’insultes. Nous sommes seulement désolés que les espoirs du peuple aient été anéantis. Le peuple pensait qu’une nouvelle voie s’ouvrait et il espérait vraiment. »

Rooz lui ayant demandé si Monsieur Rafsandjani avait l’intention de contester cette décision, Faezeh a dit qu’elle en doutait car « Il a fait son devoir et a participé pour sauver le pays pour le peuple. On a utilisé son âge pour le disqualifier, même si on ne nous l’a pas dit officiellement. »

Mohammad Reza Tabesh, député réformateur et Ali Motahari, député conservateur et président des réformateurs soutenant Rafsandjani ont déclaré, avant l’annonce officielle du conseil des gardiens, qu’ils ne contesteraient pas sa décision.

Même s’il n’existe pas de limite d’âge légale pour les candidats à l’élection présidentielle, le porte-parole du conseil des gardiens, Kadkhodaï, avait auparavant dit qu’il ne qualifierait pas quelqu’un incapable de travailler plus de quelques heures par jour. Le secrétaire du conseil avait également déclaré vendredi dernier qu’un président ne devrait pas se déplacer en Mercedes alors que Monsieur Rafsandjani avait été photographié dans un tel véhicule quand il était venu enregistrer sa candidature il y a deux semaines.

Certains observateurs ont dit que le guide suprême pourrait intervenir dans la décision du conseil des gardiens de disqualifier Rafsandjani et annuler cette décision, ce qui est déjà arrivé dans le passé.

Rafsandjani a publié une déclaration après l’annonce du conseil des gardiens hier : « Il nous faut tolérer les différences pour conserver le régime. Ceux qui nous veulent du mal ne méritent pas que nous leur répondions. »

Les huit candidats approuvés par le conseil des gardiens sont proches de l’ayatollah Khamenei, sauf Mohammad-Reza Aref (ancien vice-président de Mohammad Khatami) et Mohammad Gharazi (ancien ministre du pétrole).

Les autres candidats disqualifiés n’ont pas répondu mais Ali-Reza Zakani avait auparavant déclaré que sa disqualification par le conseil des gardiens lui poserait problème et Massoud Pézeshkian, autre candidat disqualifié avait aussi déclaré qu’il n’accepterait pas la décision du conseil des gardiens.

L’élection présidentielle se déroulera le 14 juin 2013.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/may/22/article/were-told-to-withdraw-or-disqualification-would-be-announced.html

samedi 18 mai 2013

Hamid-Reza Djalaïpour dit à Rooz : le consensus sur Rafsandjani n’était pas évident – Fereshteh Ghazi – 16 mai 2013


La candidature officielle de Hashemi Rafsandjani a non seulement bouleversé beaucoup de positions politiques du pays, elle a aussi soulevé beaucoup de questions. Comme beaucoup de dirigeants réformateurs ont déclaré leur soutien à la candidature de Rafsandjani, on se demande ce qu’il est arrivé aux conditions mises par le dirigeant réformateur Mohammad Khatami pour participer à la course présidentielle. Qu’en est-il des demandes du peuple ? Qu’est-ce qui a conduit les réformateurs à se mettre d’accord sur Rafsandjani et qu’attendent-ils des élections ?

Hamid-Reza Djalaïpour est un membre dirigeant du Front de la Participation (Djebhe Mosharekat) ; lors d’une interview exclusive à Rooz, il a répondu à certaines de ces questions. Hier le Front a publié une déclaration qualifiant l’acte de Rafsandjani de « courageux » et lui déclarant son soutien « inconditionnel ».

Sazeman Moudjahidine Enghelab Eslami (organisation des moudjahidines de la révolution islamique), une autre organisation réformatrice a également publié une déclaration de soutien à la candidature de Rafsandjani.

Djalaïpour a révélé qu’arriver à un accord sur Rafsandjani n’a pas été facile pour les réformateurs. « C’est n’était pas une plaisanterie. Ils en ont discuté pendant des mois avant d’arriver à un accord sur un candidat qui puisse répondre aux demandes des prisonniers et du peuple. »

Voici des extraits de l’interview :

Rooz : Qu’est-ce qui a décidé les réformateurs à participer aux élections et comment ont-ils choisi Rafsandjani ?

Djalaïpour : Les élections sont importantes pour les réformateurs parce qu’elles relient les gens ordinaires aux problèmes publics et aux décisions des dirigeants. Ces élections leur sont particulièrement importantes en raison des problèmes graves auxquels l’Iran doit faire face et que les élections peuvent aider à résoudre. Les réformateurs sont dans une situation très difficile et ils ont été sujets à des interrogations sur des problèmes comme leur simple survie. Alors ils ont décidé de faire quelque chose pour sortir la société de cet état. Les réformateurs étaient d’accord sur de nombreux sujets depuis des mois ; l’un de ces sujets était l’importance des prochaines élections, un autre la nécessité d’y participer. Ils avaient aussi compris qu’ils devraient soutenir un candidat qui puisse mettre d’accord la majorité des réformateurs. Ce ne pouvait pas être n’importe qui ; il fallait qu’il soit connu et accepté de tous. Deux personnes répondaient à tous ces critères : Rafsandjani et Khatami. Khatami a insisté pour que ce soit Rafsandjani et qui lui a valu le soutien total de tous les réformateurs. Je pense que l’acceptation de Monsieur Rafsandjani est le premier succès des réformateurs qui vivent sous une pression intense depuis quatre ans. Le second sera, je l’espère, sa victoire. Je suis très optimiste parce que les groupes égocentriques de l’intérieur du pays sont maintenant très en colère, ce qui indique que les réformateurs ont fait ce qu’il fallait. 

Rooz : Monsieur Khatami et les autres réformateurs ont mis des conditions particulières pour participer aux élections, comme la libéraition des prisonniers politiques, l’arrêt de l’assignation à domicile de Messieurs Moussavi et Karroubi et de Madame Zahra Rahnavard et des élections libres, et aucune de ces conditions n’a été remplie.

Djalaïpour : Les conditions posées par Monsieur Khatami étaient pour les élections, pas pour les réformateurs. Il y avait aussi des élections libre, l’accès aux médias et au public, etc…

Rooz : Aucune n’a été remplie.

Djalaïpour : Une de leurs demandes est le renforcement de la démocratie et de la volonté du peuple. Ils veulent que la démocratie soit institutionnalisée. Il y a deux façons d’y arriver : certains disent qu’il faut rester à l’écart à cause des restrictions. D’autres disent que les réformateurs devraient participer pour renforcer nos acquis. D’autres encore se tiennent en réserve. Alors, il n’a pas été facile pour les réformateurs de tomber d’accord sur ce sujet. Ils ont parlé des mois jusqu’à s’accorder de participer aux élections avec un candidat acceptable pour mettre en œuvre leurs demandes de libération des prisonniers et d’autres sujets. Ils ont compris qu’ils ne pourraient pas s’occuper de ces problèmes s’ils ne s’impliquaient pas.

Rooz : Le problème, c’est que les réformateurs ont essayé de détruire Rafsandjani dans le passé durant la sixième législature…

Djalaïpour : Ce n’est pas correct. Ceux qui soutiennent Monsieur Rafsandjani aujourd’hui ne l’avaient pas abandonné à l’époque. La liberté existait durant la période réformatrice (l’administration Khatami). Deux individus ont écrit des commentaires sévères contre Monsieur Rafsandjani et ont été emprisonnés. Rafsandjani lui-même les a tolérés. C’est l’opposition qui aujourd’hui qui monte de problème en épingle. Il faut faire attention de ne pas tomber dans leur piège. Quand lors de son mandat de huit ans Monsieur Khatami aurait-il abandonné Rafsandjani ?

Rooz : En 2005, les réformateurs ont choisi le Docteur Moïn pour affronter Monsieur Rafsandjani et de nos jours même, il se dit qu’Ahmadinejad a gagné à cause de cet acte destructeur. Son image a alors été entachée par les réformateurs qui l’ont défié en présentant leur propre candidat.

Djalaïpour : L’expérience nous a montré que nous aurions dû présenter un seul candidat, les votes réformateurs ne se seraient pas séparés. Ils ont fait une faute à l’époque et ils ont mis du temps à le comprendre.

Rooz : On parle de rejet de la candidature de Rafsandjani. D’autre disent même qu’en tant qu’homme d’état expérimenté, il devrait se cantonner au conseil de surveillance et donner son âge. Qu’en pensez-vous ?

Djalaïpour : Ceux qui ne croient pas en la force de la loi usent d’un langage menaçant pour arriver à leurs fins. Ils écrivaient ces mensonges sur lui jusqu’à 17h30 samedi (l’heure approximative de l’enregistrement de sa candidature). Monsieur Rafsandjani et les réformateurs devaient soit succomber à ces attaques, soit penser au pays et dire qu’ils en seraient. Les réformateurs ne se sont pas soumis à ces attaques et ont accepté toutes les critiques. Ces quatre dernières années leur ont été très désagréables.

Rooz : Etes-vous optimiste pour sa victoire ?

Djalaïpour : Les élections ont lieu dans 30 jours. La situation en Iran demande une analyse quotidienne. Nous devons cependant rester optimistes. Pourquoi pas ? Voyez à quoi le pays a été soumis Durant ces quatre dernières années. Il y a des gens qui vivent maintenant dans une pauvreté absolue et n’ont même plus de quoi manger. Quelque dix millions sont sous antidépresseurs et sept ou huit millions sont sur le point d’en prendre. Environ 3.7 millions sont toxicomanes, beaucoup de jeunes sont chômeurs et beaucoup sont actuellement en Europe mais veulent rentrer, même s’ils sont menacés. Regardez autour de vous, on menace les gens, on les soumet à des pressions. Nous croyons en la victoire de Monsieur Rafsandjani et qu’il mettra fin à cette situation destructrice. Il ne peut bien sûr pas faire de miracles mais la destruction cessera (en économie, politiques extérieure et intérieure°.
Il y a deux choses  importantes sur Monsieur Rafasandjaini. S’il n’avait pas été là, le talibanisme aurait tout submergé dans le pays. Il a joué un rôle efficace pour faire progresser une forme modérée de l’islam. La deuxième est de savoir qui, lors des quatre années écoulées a exprimé à haute voix les problèmes du peuple ? Si je prends le parti du peuple, ça n’a aucune importance puisque je ne suis pas aux affaires. Mais quand quelqu’un a des responsabilités, cela devient important. Deux personnes ont défendu le peuple et les prisonniers : Messieurs Rafsandjani et Khatami. Il faut être raisonnable sur ces sujets et sur la situation.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/may/16/article/consensus-on-rafsanjani-did-not-come-easily.html

samedi 11 mai 2013

HASHEMI, HASHEMI, HEMAYATET MIKONIM


Rafsandjani est donc le candidat des réformateurs, le conseil des réformateurs le soutient. Tomber de Charybde en Scylla… 

  • Qu’est-ce que ce vieux requin a d’un réformateur ? Pas le charisme, pas la pureté auxquels les manifestants de 2009 aspiraient. 
  • Qu’a-t-il fait en 2009 pour soutenir le mouvement vert ? Rien.
  • Qu’est-ce que ses magouilles politiques et financières nauséabondes ont-elles en commun avec les étudiants, les avocats, les militants de tout poil actuellement encore emprisonnées dans les donjons médiévaux de la république islamique ? Toujours rien.
  • Pense-t-il que sa fille Faezeh, est un prétexte, le fait qu’elle ait toujours milité pour plus de droits pour les femmes ne veut pas dire que son père l’ait soutenue…
  • A-t-il un jour en quatre ans pris une position claire qu’il n’ait pas reniée le lendemain ? Je n’en ai pas souvenir

Et cependant, en raison de l’état de la société iranienne, vu les conflits latents et même patents avec l’occident, l’Iran a-t-il besoin d’un politicien aux positions et aux convictions bien tranchées ou au contraire, d’un requin apte à se faufiler en eaux troubles, capable de renier toutes ses convictions pour tenter de sauver le pays ?
  • Qui plus que lui a l’expérience des négociations biaisées avec les Etats-Unis pour ne pas les nommer ?
  • Qui est plus capable de composer avec le guide suprême sans le heurter ?
  • Qui pour maîtriser les gardes révolutionnaires et les bassidjis, lui qui les a déjà commandé lors de la guerre Iran-Irak ?
  • Qui pour inspirer davantage confiance au dieu moderne de la finance internationale ?

Alors, un peu comme 85% des Français ont voté Chirac quand il était face à Le Pen en dépit de tout ce qu’on pouvait lui reprocher, alors beaucoup d’Iraniens vont voter pour Rafasandjani, en se bouchant le nez peut-être, mais sans jamais insulter l’avenir, sans jamais renier leurs aspirations et leurs valeurs, simplement parce que l’Iran est malade, très malade et que, dans une maladie grave, on ne s’interroge pas sur les valeurs morales du médecin, tant qu’il est compétent.

Puisse l’Iran se remettre vite, très vite pour que sa jeunesse éprise de liberté puisse de nouveau nous faire rêver de lendemains meilleurs dans un Iran Libre et Démocratique

Opinion uniquement personnelle de Marthe Gonthier

samedi 4 août 2012

Interview exclusive de Mojtaba Vahedi après sa démission – Mohammad-Reza Yazdanpanah – 23 juillet 2012


Lors d’une interview exclusive avec Rooz, Mojtaba Vahedi, ancien porte-parole du dirigeant du Mouvement Vert Mehdi Karroubi, qui est toujours assigné à domicile, a annoncé qu’il cessait d’être le conseiller de Monsieur Karroubi. Il l’a annoncé sur son site personnel dans une lettre où il écrit qu’il croit « au renversement total du régime qui a été créé au nom de la religion » et que, dans la mesure où Karroubi persistait à croire dans la « république islamique telle que définie par l’ayatollah Khomeiny », il avait décidé de mettre fin à leur coopération de 30 ans. Dans cette lettre, Vahedi appelle Karroubi son « grand professeur » et écrit que c’est le bon moment de rejoindre des millions d’Iraniens. Il souhaite également beaucoup de succès à Karroubi dans la continuation de sa voie.

Vahedi est un journaliste réformateur bien connu. Jusqu’à cette lettre, il était le conseiller et le porte-parole de Karroubi. Il a également été le rédacteur en chef du journal Aftab Yazd. Il réside actuellement en Virginie aux Etats-Unis.

Rooz : Avez-vous informé Monsieur Karroubi de votre décision de vous séparer de lui avant l’annonce ?
Mojtaba Vahedi : Non. J’ai parlé à l’un de ses enfants après la publication de la lettre. Je pense qu’intellectuellement, ils y étaient préparés. Il y a deux semaines, j’avais écrit que je pensais à me retirer et beaucoup y ont pensé. Depuis un an et demi que je suis aux Etats-Unis, j’ai dit clairement lors de chaque interview, que j’étais journaliste et analyste politique. Avant février 2011, je n’ai dit nulle part que je parlais en tant que conseiller de Karroubi. Je ne l’ai fait qu’après son assignation à domicile et suite à un message qu’il m’a alors envoyé.

Rooz : Que pense-t-il de votre démission ?
Vahedi : Il a été surpris car je discutais normalement avec lui avant de prendre une décision. Il a paru satisfait quand j’ai présenté mes raisons.

Rooz : A-t-il été d'accord avec votre décision ?
Vahedi: Eh bien, être le conseiller de Monsieur Karroubi s’est une relation entre lui et moi. Je respecte beaucoup l’épouse et les enfants de Monsieur Karroubi et j’accepte leurs points de vue et aussi beaucoup de leurs actions. Mais c’est une affaire totalement personnelle entre Monsieur Karroubi et moi. J’ai pris ma décision et j’ai convaincu les enfants de Monsieur Karroubi que c’était la bonne. D’un autre côté, il n’avait pas du tout le droit de me récuser de la part de son père ou de rejeter ma démission.

Rooz : Et si Monsieur Karroubi vous envoie un message pour refuser votre démission ?
Vahedi : Quand bien même, j’ai pris ma décision de ne plus être son conseiller, ce qui ne m’empêchera pas de le respecter durant le reste de ma vie.

Rooz : Il y a quelques mois, un article a rapporté l’insatisfaction de la famille de Monsieur Karroubi de vous voir agir en tant que son conseiller ; n’avez-vous pas décelé de signes le confirmant ?
Vahedi :

Rooz : Alors pourquoi avoir démissionné ?
Vahedi : Parce que je suis persuadé qu’en démissionnant, je n’aurai plus les mains liées pour faire davantage.

Rooz : Dans votre lettre, vous faites référence à des rapports indiquant que, même si Monsieur Karroubi croit que la république islamique n’est ni islamique ni une république, il croit toujours dans la version présentée par l’ayatollah Khomeiny. Que sont ces rapports ?
Vahedi : Il y a des rapports et aucun commentaire. Dans ses derniers commentaires, Monsieur Karroubi a dit et répété qu’il pensait que le régime actuel n’était ni islamique ni une république mais il croit que la république islamique promise par Monsieur Khomeiny peut sauver le pays. Dans son message à l’occasion des élections au neuvième parlement qu'il a délivré par son épouse en 2011, il a clairement expliqué qu’il n’était plus lié à la constitution votée en 1989 et a ajouté qu’il était temps que l’on retourne à la constitution de 1979. En d’autres termes, Monsieur Karroubi ne voit plus beaucoup d’utilité dans la constitution actuelle. Dans une interview, il a également décrit comment on avait inclus le principe du velayate faghih (direction de l’état par le clergé) dans la constitution et son opposition à cette inclusion. Dans une note publiée il y a un mois par Saham News sur « Quelle sorte de régime désire Monsieur Karroubi et quelle sorte ne veut-il pas », j’ai écrit que, certes, Monsieur Karroubi voulait une république islamique, mais si l’on mettait le régime au vote, le peuple ne voudrait plus d’un tel régime. En d’autres termes, j’ai expliqué la nature de mes différents avec Monsieur Karroubi.

Rooz : Après ces remarques, ne pensez-vous pas que votre démission ne fait que confirmer les critiques qui disent que, depuis un certain temps, vos points de vue sont différents de ceux de Monsieur Karroubi et que donc, vous ne pouvez plus être son porte-parole ?
Vahedi : Je ne m’occupe pas des gens qui se réjouissent de ma démission. S’ils sont heureux de penser qu’elle constitue la preuve de ce qu’ils considéraient comme un mensonge, pas de problème. Je n’y pense pas beaucoup. Je pense plutôt qu’à partir de maintenant, je n’ai plus besoin de penser à coordonner mes commentaires avec Monsieur Karroubi. Si mes commentaires d’avant n’avaient pas été alignés avec les siens, il est direct et ne se gêne avec personne. Le ministère du renseignement lui remet tous mes commentaires. S’il y avait eu des différences dans le passé, on m’aurait envoyé une note à ce sujet par son épouse, ses enfants ou le site de Saham News. S’il doit y avoir des problèmes, ce sera à partir de maintenant, il n’y en a pas eu dans le passé.

Rooz : Pourquoi ? Que doit-il se passer dans le futur ? Dans votre lettre, vous avez prévenu que vous dévoileriez les noms de ceux qui prétendent représenter le peuple. C’est ce à quoi vous faites référence en parlant de problèmes dans le futur, sinon, à quoi faites-vous référence ?
Vahedi : Laissons passer un peu de temps et, tout naturellement, ces amis qui pensent que mes commentaires ne sont pas corrects pourront se défendre.

Rooz : Dans votre lettre vous faites référence à ceux qui mentent au nom du régime et pour lui pendant la campagne des futures élections présidentielles. Qui sont-ils ?
Vahedi : Ce peut être un très grand ou un tout petit groupe. Il faut attendre pour voir qui va y participer. Pour l’instant, il ne s’agit que de spéculations et de quelques indications. En tant qu’ancien, actuel et futur supporter du Mouvement Vert, je crois ce que ce mouvement a clairement affirmé : les dernières élections présidentielles ont été truquées, ce gouvernement n’a pas la confiance du vote du peuple et n’a donc aucune légitimité à organiser des élections libres. Si quelqu’un veut participer aux élections présidentielles à venir et ainsi se séparer du Mouvement Vert, ce n’est pas un problème. Mais s’il veut continuer à faire partie du Mouvement Vert et en même temps être affilié à ce régime, à ses lois et structures électorales, alors c’est une tromperie.

Rooz : Mais beaucoup de ceux qui se voient réformateurs et en ligne avec le Mouvement Vert, croient que les élections présidentielles précédentes ont été truquées, qu’il y a eu fraude, mais ils croient aussi que ces problèmes sont maintenant derrière nous et que l’on devrait se concentrer sur les prochaines élections présidentielles. Que dites-vous d’eux ?
Vahedi : Je dis catégoriquement que si quelqu’un s’avance pour dire qu’il ne croit pas dans les affirmations du Mouvement Vert depuis le début, ce n’est pas un problème. Même s’il dit que le Mouvement Vert ment, qu’il n’y a eu ni fraude ni tricheries dans les dernières élections présidentielles et qu’en conséquence il fait de nouveau confiance au système. Ca non plus, ce n’est pas un problème. Mais si quelqu’un prétend être un supporter du Mouvement Vert, peut-il participer au prochain tour des élections alors que la question clé, le problème originel du Mouvement Vert, celui du trucage des élections, n’a pas été résolu ?

Rooz : Alors vous pensez qu’il y a encore un Mouvement Vert et que voulez bâtir votre futur sur ses problèmes passés ?
Vahedi : Ca dépend de ce que vous entendez par Mouvement Vert. C’était un mouvement protestataire à l’intérieur du pays qui annonçait que le régime n’avait pas la légitimité à tenir des élections. Même réprimé, il n’abandonnera pas. A ce jour, cette affirmation n’a pas été rejetée ou traitée. Bien sûr, la faiblesse du mouvement ne vient pas seulement de la répression. Le double langage de certains de nos amis fait que le peuple est indécis, ne connaissant pas leurs relations avec le mouvement, les élections et le régime.

Rooz : D’après les rapports officiels publiés, à ce jour, les divers courants des principalistes et une partie des réformateurs, principalement d’anciens ministres des cabinets de Khatami, se préparent à participer à la prochaine élection présidentielle. Et au milieu de tous, vous parlez du Mouvement Vert et des prochaines élections présidentielles.
Vahedi : J’accepte que les deux principaux groupes participent aux prochaines élections présidentielles. Mais les deux auxquels je pense ne sont pas ceux que vous citez. Je pense que la compétition principale aura lieu entre les deux factions des principalistes et qu’un groupe de réformistes participera dans l’un de ces deux groupes. Je ne crois pas que les réformateurs participeront indépendamment et séparément aux élections.

Rooz : Mais dès maintenant on mentionne des noms comme ceux de Messieurs Aref et Djahanguiri comme candidats du camp réformateur aux prochaines élections. Ils n’ont pas démenti et ont dit que les réformateurs doivent participer aux élections. On rapporte également que Monsieur Khatami soutient ce point de vue et qu’il aurait dit qu’il voit des signes d’ouverture dans l’atmosphère politique du pays pour les prochaines élections présidentielles. Croyez-vous que des réformateurs indépendants seront candidats ou que ceux qui le seront sous cette étiquette ne seront pas réformateurs ?
Vahedi : Je ne comprends pas comment les gens que vous mentionnez peuvent être réformateurs. Monsieur Khamenei a annoncé le 14 khordad qu’il y avait un mouvement de gauche dans le pays qui a plus tard rejoint les ennemis de l’Islam et de l’imam Hossein. En d’autres termes, du point de vue de Monsieur Khamenei, aucun groupe de gauche n’existe, ce qui est la même chose que le groupe réformateur. Et c’est pourquoi la personne que vous citez a reçu une médaille d’honneur de Monsieur Khamenei qui l’a ensuite placé au conseil de convenance aux côtés de Messieurs Mohseni Ejei et Safar Harandi. Je ne crois pas que Monsieur Khamenei aurait donné une médaille à quelqu'un qui aurait ne serait-ce qu’une goutte de sang réformateur ou qu’il lui aurait donné un poste.
En ce qui concerne les remarques de Monsieur Khatami, ce serait bien qu’il nous explique les signes dont il parle. Il ne diffère pas des autres en matière d’intelligence. Il devrait donner des exemples spécifiques, comme Madame Nargues Mohammadi qui a été transférée à la prison de Zandjan et battue. Ou bien Monsieur Hadj Seyed Djavadi, 96 ans, interdit de sortie du territoire. Ce double langage vise à convaincre le peuple de participer aux élections, de leur faire croire que c’est légitime. Je ne crois pas que le peuple soit à ce point ignorant que si Monsieur Khatami avait  fourni ses preuves, il ne les aurait pas comprises.

Rooz : Une opinion s’est développée après l’assignation à domicile de Messieurs Moussavi et Karroubi : la réforme radicale et le Mouvement Vert qui en est la manifestation, ont échoué et il faut retourner à la réforme du genre de Monsieur Khatami. Ne pensez-vous pas que si ces réformateurs qui affirment que le Mouvement Vert est mort, cette approche d’autres réformateurs est plus réaliste ?
Vahedi : Je pense qu’avant d’aborder ce problème, d’autres doivent être clarifiés. Il y a quelques années, Monsieur Khatami a dit à des journalistes que les pouvoirs du prochain président seraient encore diminués s’il n’était pas candidat. Lors de la même réunion, il a dit que certains voulaient que le président ne soit qu’un simple gardien ou un assistant administratif. Alors, s’il vous plaît, dites-moi ce qui a changé depuis. Avait-il tort ? Ils pensent que nous devons accepter ce qui nous est actuellement imposé. Mais nous avons une vraie expérience derrière nous. Certains ont prétendu que, si un président était audacieux, il aurait plus de pouvoir et visaient Ahmadinejad. Mais les évènements de l’année passée ont montré qu’Ahmadinejad était un simple gardien. En d’autres termes, dans le monde de Monsieur Khamenei et de son régime, il ne veut qu’un groupe de pantins appelés président, président du parlement, etc… Je pense qu’aujourd’hui Monsieur Ahmadinejad est encore moins qu’un gardien dans le système de Monsieur Khamenei.

Rooz : Mais ces réformistes soutiennent que ce modèle de réforme vaut mieux que la situation actuelle.
Vahedi : Je doute que ce soit le processus de Monsieur Khatami qui ait apporté les réformes. Je pense que c’est le besoin de réformes qui a porté Monsieur Khatami à la présidence. Il n’est pas correct de dire que Monsieur Khatami ait créé des réformes dans ce pays. Les demandes de réformes dans ce pays, certaines radicales d’autres non, existaient et ont créé la situation qui a amené Monsieur Khatami. Certains demanderont peut-être ce qui est arrivé à cette situation qui a amené Monsieur Khatami en partant de Monsieur Rafsandjani pour en arriver à Monsieur Ahmadinejad. Je ne crois pas que Monsieur Ahmadinejad est devenu président en dépit des déclarations de Messieurs Khatami et Lari disant que les élections de 2005 étaient les plus saines depuis la révolution de 1979, déclaration faite pour réfuter le point de vue de Monsieur Karroubi sur ces élections. De toutes façons, ce que signifient ces remarques, c’est qu’une société qui voulait Monsieur Khatami a changé au fil des 8 années de mandat de Monsieur Khatami et a soudain opté pour Ahmadinejad. Si le résultat des années de réforme c’est ce changement intervenu dans la société, alors, les réformateurs devraient continuer leur chemin et voter pour les élections de l’année prochaine ! Si c’est cela la réforme, moi et beaucoup d’autres avec moi, ne pouvons pas la soutenir. Si ces messieurs disent que les choses ont changé, ou que ces tactiques réformistes ont produit des résultats, alors ils devraient en présenter les raisons publiquement.

Rooz : Mais je me souviens d’avoir lu un article de vous en 2005 dans lequel vous acceptiez Monsieur Ahmadinejad comme président et que les débats sur le sujet devraient cesser. Il semble que la même perspective que vous rejetez aujourd’hui, vous y croyiez il y a quelques années.
Vahedi : Je ne vois pas le rapport avec notre discussion. Oui j’ai écrit cela, mais beaucoup d’autres l’ont aussi fait. Presque tout le monde le pensait. Mais en 2009, c’était le contraire et Messieurs Moussavi et Karroubi n’ont jamais accepté l’idée que les élections étaient saines et non truquées.

Rooz : J’ai relevé ce point pour montrer que, si c’était logique en 2005, pourquoi ne l’est-ce plus aujourd’hui ?
Vahedi : Comme je l’ai dit, en 2005, presque tous ceux qui avaient initialement contesté les résultats des élections ont fini par les accepter. Mais en 2009, le peuple, les groupes politiques et Messieurs Moussavi et Karroubi ont rejeté les résultats annoncés des élections. Ces deux situations sont complètement différentes.

Rooz: Puisque vous avez annoncé que vous n’étiez plus le porte-parole de Monsieur Karroubi, quel rôle vous réservez-vous dorénavant ?
Vahedi : Je suis un journaliste, un analyste politique qui exprime son opinion sans aucun égard.

Rooz : A quel groupe d’opposition vous sentez-vous affilié, dans ou hors du pays ?
Vahedi: Je n’ai aucun lien organique avec quelque groupe que ce soit hors du pays mais je me sens proche de ceux qui considèrent le régime actuel de Téhéran comme non réformable.

Rooz : Pourquoi annoncer votre démission maintenant. C’est-il passé quelque chose de spécial ?
Vahedi : Oui, comme je l’ai dit plus tôt, ces derniers mois certaines personnes sont devenues actives ; en fait, ils trompent le public. En me dissociant de Monsieur Karroubi, je pense pouvoir mieux révéler leur identité. Comme le genre de tromperie est différent, je pense que nous aussi que nous devons changer nos méthodes.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2012/july/23/article/break-away-from-the-green-movement.html

samedi 23 juin 2012

Les Gardes Révolutionnaires Avant et Après 2009 – Bahram Rafiei – 16 juin 2012


« Toute action comme le lancement d’une révolution de velours sera immédiatement écrasée. Si les groupes et les partis politiques en Iran sont réalistes, ils ne se lanceront pas dans la planification ou la mise en œuvre de tels scénarios. Chacun doit accepter le vote du peuple et le respecter. Le peuple iranien est musulman et veut l’islam ; il voit que la ligne de l’imam et celle du guide suprême suivent le chemin pur de l’islam de Mahomet et ne dévieront jamais de cette voie. »   Voilà les conclusions du général Yadollah Djavani, ancien chef du bureau politiques des gardes révolutionnaires (IRGC) à un reporter de l’hebdomadaire Sobh Sadegh, organe officiel de l’IRGC, juste quatre jours avant les élections du dixième président d’Iran en juin 2009. Le général parlait à un reporter de la publication qu’il supervisait. Dans cette interview, Djavani accusait les réformateurs qui soutenaient Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi de prendre des mesures pour « renverser silencieusement » le régime : « certains groupes réformateurs, surtout les extrémistes, croient qu’ils doivent gagner les élections présidentielles et arriver au pouvoir par tous les moyens. Ils croient que s’ils ne retournent pas au pouvoir, ils en seront écartés pour longtemps et peut-être même n’y retourneront-ils jamais. » Le chef du bureau politique de l’IRGC faisait ces remarques dans le bulletin interne de cette force, Tahlile Rouz (l’Analyse de la Journée) ; il y expliquait à ses messagers politiques qui avaient été envoyés dans tout le pays juste avant les élections, que Moussavi l’emportait sur Ahmadinejad dans la plupart des provinces et ajoutait que la couleur verte, qu’avait choisie les supporters de Moussavi, était le signe du lancement d’une révolution de velours. Djavani avait aussi averti que les vêtements verts, écharpes, chapeaux, bracelets, essuie-glaces et antennes exposés pendant la campagne présidentielle de 2009 en signe de solidarité avec Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi, étaient bien plus que de simple moyens de susciter l’enthousiasme. Voilà les mots que d’autres commandants de l’IRGC ont répétés et manipulés durant les deux semaines précédant les élections du 12 juin 2009. Ce sont aussi les propres mots qui ont alerté les trois candidats à l’élection présidentielle de l’époque qui les considéraient comme l’interférence de l’armée dans les élections.

La veille des élections, Moussavi a écrit une lettre de quatre paragraphes à l’ayatollah Khamenei, le guide suprême du régime islamique ; il y expliquait avoir reçu : « des preuves de l’interférence d’un certain nombre de commandants et d’autorités des forces de l’IRGC et de la bassidj mobilisées pour les élections. Une telle interférence est non seulement une violation de la loi mais elle crée de plus des divisions au sein des commandants, des officiels et du corps sincère et sain de la bassidj et de l’IRGC. Dans la mesure où de telles mesures illégales sont ignorées et où certains des observateurs dans les bureaux de vote appartiennent aux supporteurs de candidats spécifiques, il est inquiétant de penser que le vote populaire pourrait être piraté. » La réponse de l’ayatollah Khamenei a été un silence significatif. Vint le jour de l’élection, le 12 juin. Le décompte des voix accordées aux candidats a été annoncé sur la radio-télévision nationale depuis le ministère de l’intérieur et les évènements ont pris la tournure annoncée par l’ayatollah Khamenei en août/septembre lors d’une rencontre avec le cabinet Ahmadinejad. Lors de cette rencontre particulière, un an avant les élections présidentielle et trois ans après le début de la mandature d’Ahmadinejad, le guide avait déclaré au cabinet : « Travaillez comme si vous aviez cinq ans de plus à travailler. En d’autres termes, supposez que vous gouvernerez cette année et les quatre années suivantes. »

Des manifestations ont eu lieu dans l’Iran tout entier et Moussavi a publié sa première déclaration à la nation iranienne : « Les résultats annoncés pour la dixième élection présidentielle sont déroutants. Ceux qui ont longtemps fait la queue pour voter ont été témoins du mélange des votants et savent pour qui ils ont voté. Ils observent, totalement surpris, ce à quoi jouent les officiels et la radio-télévision nationale. Plus que jamais auparavant, ils veulent maintenant savoir quels officiels ont mis ces jeux en scènes. Je proteste fermement contre les évènements actuels et les violations criantes et grossières du jour de l’élection, je préviens que je ne me soumettrai pas à ce piège dangereux. » Deux jours après l’élection, alors que les forces de police et paramilitaire intensifiaient leur lutte contre les manifestants, Moussavi a publié une autre déclaration : « Ceux qui, après de nombreuses violations, ont annoncé les résultats incroyable de l’élection présidentielle tentent maintenant de finaliser ces résultats pour ouvrir une nouvelle ère dans ce pays. A de nombreuses reprises, j’ai parlé des dangers des actions illégales pendant la campagne et les élections ; j’ai souligné que de telles mesures pouvaient mener à la dictature et au despotisme et que notre nation peut maintenant s’en rendre compte. »

Les manifestations n’ont pas faibli mais se sont intensifiées, surtout à Téhéran. Dès les premières heures du 14 juin, les forces de l’IRGC et de la bassidj ont pris position pour s’attaquer aux manifestants. La première attaque de nuit a eu lieu à l’université de Téhéran. Plusieurs sources étudiantes, y compris la plus grande organisation Daftare Tahkim Vahdat, ont déclaré qu’il y avait eu des morts, ce que les autorités ont nié. Le grand défilé a eu lieu le 15 juin lorsque le peuple de la capitale est descendu dans les rues de la capitale pour montrer son rejet des résultats annoncés de l’élection. Des affrontements ont éclaté et un grand nombre de manifestant a été tué par l’IRGC.

Dans une interview avec le journal contrôlé par l’état Kayhan, Abdollah Araghi, actuel commandant en second des forces terrestres de l’IRGC et à l’époque commandant de la force Mohammad Rassoul Allah de Téhéran, a confirmé la répression des manifestants par l’IRGC : « L’IRGC et la bassidj étaient responsables de la sécurité de la capitale entre le 15 juin et le 16 août.» Il a également souligné qu’il avait personnellement ordonné à ses hommes de « tirer directement » sur les manifestants par son réseau sans fil. Les manifestations s’intensifiaient et les forces IRGC et bassidj dans tout le pays luttaient contre les manifestants, le nombre de morts augmentait et beaucoup de militants civiques, politiques et des médias étaient encerclés et arrêtés. Dans sa cinquième déclaration depuis l’élection, Moussavi a écrit : « Observant la situation, je découvre dans ces évènements, un dessein plus vaste que la simple imposition d’un gouvernement indésirable. On veut imposer une nouvelle vie politique au pays. »
La Seconde Partie du Coup d’Etat

En octobre 2009 lors d’un « séminaire national des religieux dans la ville de Mashhad », le commandant Moshafagh a accusé des personnalités comme Hashemi Rafsandjani, Mohammad Khatami, Mohammad Moussavi Khoeniha et Mir-Hossein Moussavi ainsi que des partis réformateurs comme Majmae Rohanyoun Mobarez (Association des Religieux Combattants), Majmae Nirouhaye Khate Imam (Associations des Forces du Chemin de l’Imam), Mosharekat (Front de la Participation), Mojahedin Enghelab (Organisation des Moudjahidines de la Révolution Islamique), Kargozaran (Cadres de la Construction), Hambastegui (Parti de la Coalition Islamique) et Mardomsalari (Front Démocratique) de comploter pour renverser la république islamique et de tenter de soumettre l’ayatollah Khamenei : « Sachant cela, nous avons brisé leurs tentatives et les avons arrêtées. » Il a aussi remarqué qu’Ahmadinejad était le candidat pour les présidentielles de l’ayatollah Khamenei et a révélé la création, des mois avant les élections, d’un conseil visant à identifier et à s’opposer à la « sédition ». Avant lui, le commandant en chef de l’IRGC, Mohammad-Ali Djafari avait eu des mots similaires en août/septembre 2009. Peu après les mots de Moshafagh, le chef du bureau politique de l’IRGC, Yadollah Djavani a confirmé les idées du chef de la sécurité de l’IRGC au sein du bureau politique et les a appelées « éclaircissement ».

Le parti de la Participation est un parti phare des réformateurs dont la direction et beaucoup de membres ont été arrêtés en 2009, la plupart sont toujours en prison ; il a écrit une lettre ouverte au responsable de la justice, Sadegh Laridjani, dans laquelle il citait les remarques du commandant de la sécurité de l’IRGC comme preuve de l’opinion des manifestants : un « coup d’état électoral » avait été mené par les forces armées sous la direction du guide suprême du pays : « Le discours largement publié du général Moshafagh, gradé de haut rang de l’unité Sarallah, a expliqué les plans du coup d’état électoral qui a eu lieu pendant la dixième élection présidentielle ; il a ainsi confirmé les plaintes des dirigeants du Mouvement Vert contre cette falsifications. » Cette lettre demandait une enquête, car il ne s’agissait pas seulement d’une fraude perpétrée durant les élections, mais d’un processus global ourdi pour pirater les élections avant même l’évènement. La justice n’a répondu ni à la lettre, ni à la requête, mais elle a renvoyé les dirigeants du parti en prison à cause des plaintes contenues dans cette lettre.

En janvier 2011, Mohammad Hossein Safar Herandi, actuel conseiller du commandant de l’IRGC et ancien éditorialiste du journal contrôlé par l’état Kayhan a dit : « Pendant la sédition de l’année dernière, liée à l’étranger, 3.000 individus ont été identifiés et on s’occupe d’eux….100 des principaux organisateurs de la sédition, des criminels, ont été condamnés et on a ainsi arraché les racines du problème. » Un an plus tard, il a confirmé la mort des manifestants et l’arrestation des manifestants et des dirigeants du Mouvement Vert par les forces armées de sécurité pour tenter de prendre le contrôle des manifestations : « Depuis le tout début de la sédition, certains pensaient qu’on mettrait fin au problème en en arrêtant quelques-uns ; c’était une idée simpliste parce que ça ne dépendait pas beaucoup des déclarations des deux (Moussavi et Karroubi) ; ils ne contrôlaient pas tout. » En mars 2011, le journal Kayhan a publié le discours de Hossein Salami, commandant en second de l’IRGC, prononcé dans la ville septentrionale de Babol, à l’intention de l’IRGC et de la Basidj : « La sédition intérieure a été écrasée en relation avec le velayate-faghih (le guide religieux. » Ce qui a suivi ces remarques : l’assignation à domicile des dirigeants du Mouvement Vert, Mehdi Karroubi, Mir-Hossein Moussavi et Zahra Rahnavard. Ce discours annonçait implicitement l’échec des tentatives d’écrasement des manifestations et du Mouvement Vert.

Une année après ses remarques qualifiées « d’amère réalité », il a reconfirmé que l’IRGC n’avait pas réussi à écraser la révolte : « On peut annoncer le nom des séditieux mais pas le nom des initiateurs de la sédition. Certains demandent pourquoi on ne juge pas Moussavi et Karroubi. C’est parce que ne peux pas annoncer le nom de certains de leurs supporteurs. »

Ainsi, au troisième anniversaire du coup d’état électoral de 2009, les commandants de l’IRGC qui ont mis en œuvre leur projet de coup d’état continuent à se faire du souci. Très récemment, l’organe de l’IRGC a été obligé de démentir les remarques du chef du think tank de ses forces qui avait dit : « les cendres de la sédition brûlent encore. »

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2012/june/16/article/two-acts-of-a-coup.html