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dimanche 27 juin 2010

Rooz/Epouse d’Abdollah Momeni : Le régime répète l’injustice que Saddam m’a infligée

25 juin 2010 - Par Kayvan Bozorgmehr

Le prisonnier politique Abdullah Momeni est un membre important et porte-parole du groupe Advar Tahkim, la plus grande organisation estudiantine réformiste. Dans une interview exclusive avec Rooz, son épouse Fatemeh Adinehvand dit que le régime iranien est en train de répéter l’injustice que Saddam Hussein lui avait infligée en tuant son mari.



Abdullah Momeni a épousé la femme de son frère après que ce dernier ait été déclaré mort au combat en 1985 durant la guerre de huit ans Iran-Irak. Après plusieurs années de militantisme dans le mouvement étudiant en Iran, Momeni est de nouveau en prison, une expérience difficile pour lui. Son épousé a parlé à Rooz du calvaire de son mari. Evoquant les traces de torture qu’elle a vu sur le visage de son mari, Fatemeh Adinehvand dit : « Je ne pouvais pas croire ce qu’ils lui avaient fait… J’ai pensé que le régime répétait l’injustice que Saddam Hussein m’avait infligée. »



En voici des extraits :



Rooz: Quel est votre pire souvenir de l’année passée depuis que Monsieur Momeni est en prison?



Fatemeh Adinehvand (Adinehvand): C’est quand j’ai vu Abdullah pour la première fois après son arrestation dans la cour de la prison d’Evine et aussi quand ils ont diffusé ses aveux à la télévision, ça a été très difficile Je ne sais pas comment j’ai survécu à ce calvaire. Quand ils ont diffusé ses aveux à la télévision nationale, j’ai seulement dit : « Venez voir votre père » je n’ai pas réagi devant les enfants mais cela les a beaucoup attristés



Rooz: Vous décrivez le moment où vous avez vu Monsieur. Momeni pour la première fois après son incarcération, c’est très touchant. Comment se sont passés ces moments et que ressentiez-vous ?



Adinehvand: J’ai supporté beaucoup de souffrances dans ma vie mais ce moment précis a peut-être été le plus douloureux. Quand Abdullah est sorti de la voiture, son visage était pâle et gonflé ; il n’avait plus que la peau sur les os. Il n’a même pas pu sorti de la voiture tout seul. Je n’aurais pas emmené les enfants avec moi si j’avais su qu’Abdullah était dans cet état. Je n’arrivais pas à croire ce qu’ils en avaient fait. C’était comme si ma vie entière défilait devant mes yeux. J’ai pensé que le régime iranien était en train de répéter la souffrance que Saddam Hussein m’avait infligée et qu’il était en train de ruiner ma vie pour une seconde fois. Abdullah pleurait. La seule chose qu’il ait dite, c’est qu’il ne voulait parler de son état qu’après être sorti de prison. Nous n’avons pas pu parler convenablement. Abdullah ne le pouvait pas et ce n’était pas le bon moment. Nous étions également enregistrés.



Rooz: Comment gérez-vous son absence en ce moment ?



Adinehvand: La première fois qu’il a été arrêté je n’arrivais pas à venir à bout du fait qu’Abdullah soit en prison pour militantisme politique. En 2005, Abdullah a fait 45 jours de prison et c’était très difficile pour moi. En 2007, il a été arrêté 35 jours, je me suis persuadée que je devais venir à bout du problème. Traiter les problèmes logiquement vaut mieux que de les laisser vous dévorer de l’intérieur.



Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/25//regime-repeating-saddams-injustice-against-me.html



lundi 25 janvier 2010

"Il faut cohabiter avec les réformateurs au lieu de les éliminer"

Alireza Aref, membre du Conseil de Discernement* s'exprimait aujourd'hui à l'université de Guilan (Nord) dans une réunion du conseil central de l'Organisation Islamique des Etudiants. ILNA donne quelques extraits de son discours (texte traduit par Isabelle Vodjdani: Wiki - Twitter).


Même quand on offre les meilleures conditions à une formation, celle ci ne doit pas de détourner de [sa mission] principale, qu'une formation étudiante devienne un instrument du gouvernement est en vérité une trahison pour le mouvement étudiant.

A l'époque de la guerre, nous n'avons pas pu nous occuper de nous-mêmes. Notre plus grand problème est d'avoir négligé la culture. Actuellement, nous ne sommes pas parvenus à la démocratie et nous n'agissons pas dans ce sens. Nous n'avons pas la capacité nécessaire pour affronter des pensées opposées.

Il n'y a pas d'autre voie que la tolérance avec les rivaux. Notre problème actuel, ce sont les extrémistes. Le résultat, c'est l'arrestation d'une partie des forces authentiques de la révolution et la marginalisation de l'autre partie. Pour l'avenir nous n'avons aucune autre voie que la cohabitation, nous devons tous nous y efforcer et nous devons interdire que dans les conditions actuelles des groupuscules et des adversaires du régime abusent de la situation. Nous devons nous appuyer sur le guide et lui obéir **.

Les réformateurs ne peuvent pas être éliminés car c'est un mouvement qui a ses racines dans le peuple et qui est attaché à la constitution et au guide. Si quelqu'un ou quelque groupe prétend que les réformateurs sont des espions des Etats Unis ou d'Israël, en réalité il offense l'ensemble du régime car les réformateurs croient à la voie de l'Imam (Khomeini), à la constitution et au Velayat-e faqih, et leurs références avant et après la révolution en témoignent clairement.

* : Le Conseil de Discernement qui fixe les orientations générales de la politique du pays, a un rôle consultatif mais prestigieux. Ce conseil a récemment pris des positions plus que modérées, reprochant aux responsables et aux médias de mettre de l'huile sur le feu au lieu de s'occuper des vrais problèmes économiques, éducatifs et démographiques du pays.

** : Cette formule incantatoire qui est mise dans tous les discours est un sauf conduit d'allégeance au Velayat-e faqih, mais les idées dont elle est assaisonnée indiquent que c'est plutôt le guide qui devrait entendre les suggestions qui lui sont faites.