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dimanche 12 décembre 2010

Interview d'un colocataire de Madjid Tavakoli par United4Iran

U4I: Comment se porte Madjid actuellement ? A-t-on des nouvelles fraîches ?

Madjid est maintenant emprisonné à la prison de Radjaï Shahr de Karadj. Son moral est bon. Il souffre cependant physiquement à cause de sa grève de la faim d’il y a quelques mois. Le traitement médical qui lui est fourni ne lui suffit pas. Suivant les lois de la république islamique d’Iran, tous les prisonniers doivent obtenir une liberté provisoire pour rendre visite à leurs familles. On ne lui accorde cependant pas ce droit. De plus, jusqu’à il y a un mois, il n’a pas pu recevoir de visites de sa famille en prison alors que c’est l’un des droits fondamentaux mentionnés dans la loi.

U4I : qu’est-ce qui a poussé Madjid à militer surtout en connaissant les risques ?

J’ai partagé une chambre avec Madjid pendant deux semestres. Au début de ses études, il était croyant et soutenait le gouvernement. Au fil du temps, il a commencé à participer à des activités critiques organisées par des groupes étudiants d’opposition et a participé la publication d’un journal étudiant « Khat-é-Sefr ». Il a publié des articles critiquant la théocratie et de la domination des religieux en politique. En fait, il est devenu un religieux réformiste… Nous étions étudiants et militants politiques défendant et soutenant les droits humains. Je considère Madjid à la fois comme un étudiant et un dirigeant politique réformiste ayant foi dans les droits humains et essayant de les promouvoir. 

U4I : Sait-il que l’on fait des campagnes en sa faveur ?

Oui, il est en contact avec ses amis hors de la prison par téléphone. Il est informé des campagnes et des activités des militants des droits humains et il apprécie tous les efforts faits pour lui et les autres prisonniers de conscience.

U4I : Pouvez-vous nous parlez du rôle des gens ordinaires dans le monde entier qui agissent au nom de Madjid et de tous ceux qui subissent des mauvais traitements semblables en Iran ?

Actuellement, toute action est communiquée en Iran et de là aux prisonniers par des intermédiaires. En tant que militants des droits humains et d’un mouvement démocratique, nous apprécions le soutien des autres nations pour les droits humains. Les droits humains sont universels et leurs violations doivent provoquer des réactions au niveau global.
C’est très important, pour ces militants qui risquent leurs vies, d’être reconnus soit par leurs compatriotes soit à l’extérieur du pays De plus, si la communauté internationale est informée de la situation en Iran, cela poussera l’IRI à se conformer à la Déclaration Universelle des Droits Humains.

U4I : Quand Madjid a prononcé son discours lors de la journée de l’Etudiant l’année dernière, pensez-vous qu’il s’attendait à être arrêté ?

J’étais en contact avec Madjid avant son arrestation lors de le Journée de l’Etudiant [7 décembre 2009]. En fait l’idée du site « Daneshjoonews.com » était la sienne. Je le dis uniquement pour souligner qu’il tentait aussi d’encourager les militants au-dehors à être plus impliqués dans le mouvement.
Avant la Journée de l’Etudiant il m’a dit, ainsi qu’à quelques amis, qu’il avait décidé de prononcer un discours à l’université Amir-Kabir contre la répression du gouvernement. Nous étions sûrs que s’il assistait à ce rassemblement et y prononçait un discours, il serait arrêté, surtout que ses activités antérieures lui avaient déjà valu d’être arrêté à deux reprises.
Des amis proches et moi-même avons essayé de le convaincre de changer d’avis mais il a persisté. Il disait que si nous cédions sur nos droits fondamentaux comme nous rassembler pacifiquement sur le campus, nous céderions aussi jusqu’à laisser faire la pire dictature. Il disait qu’en tant que dirigeant étudiant de premier plan, son discours donnerait le courage aux autres étudiants de s’élever pour leurs droits. Il disait « La liberté n’est pas gratuite. »
Il est très intelligent et il savait que sa présence à ce rassemblement aurait un grand effet sur le militantisme étudiant et l’encouragerait à s’engager plus activement dans des activités sociales et politiques, et c’est bien ce qui s’est passé.

U4I: Comment a-t-il pris cette question du hidjab qui a suivi son arrestation ? Savait-il que des milliers d’hommes à travers le monde se sont habillés en femmes pour le soutenir ?

Il était très calme et ne l’a jamais regretté. Autant que je sache, il ne portait pas de hidjab lors de son arrestation. Il l’a utilisé pour échapper aux gardes de l’université et aux agents du renseignement. Mais il a été arrêté 30 minutes après son évasion, sans hidjab. Quand on l’a emmené en prison et qu’on l’a questionné sur son évasion, il a avoué avoir utilisé le hidjab pour distraire et piéger les gardes. Après ses aveux, ils l’ont forcé à porter un voile pour simuler son apparence pendant son évasion. Ils ont pris des photos et l’ont forcé à faire des aveux filmés mais il n’a pas obéi et a résister aux aveux enregistrés.
Je dois dire que nous avons tous été choqués par les réactions qui s’en sont suivies, par la façon dont les Iraniens ainsi que la communauté internationale ont réagi. La campagne pour le soutenir avec des hommes habillés en femmes était une idée géniale et a prouvé que les hommes ont beaucoup évolué. Quand il a découvert la campagne des hommes portant le hidjab, il a été émerveillé par les réactions.

Pendant sa période initiale de détention, il a passé presque 6 mois à l’isolement. Il n’était pas au courant des réactions en dehors de la prison ni de la campagne pour le soutenir. Il a dit à ses amis que lorsqu’il était à l’isolement, ceux qui l’interrogeaient lui avaient montré des photos de lui portant un voile postées sur des sites Web. On lui avait dit qu’en dehors de la prison on se moquait de lui et même que ses amis et ses copains avaient signé une déclaration pour condamner ses agissements. Quand il est sorti de l’isolement, on lui a appris l’étonnante campagne menée en sa faveur.

Source: http://united4iran.org/2010/11/%E2%80%9Cfreedom-is-not-free%E2%80%9D-conversation-with-former-roommate-of-majid-tavakoli/

jeudi 4 novembre 2010

Majid Dori - Les habitants de Behbahan ont brisé ma solitude

Que celui qui tente de s’interposer entre toi et moi qui devenons nous voie sa demeure ruinée ;

En ton nom, liberté ; liberté que j’ai rugie et pour laquelle on m’a interdit de poursuivre mes études ;
En ton nom, liberté ; liberté que j’ai hurlée et pour laquelle je suis emprisonné ;
En ton nom, liberté ; liberté que j’ai prononcée et pour laquelle on m’a exilé
En ton nom, liberté ; liberté qui, une fois goûtée, immunise contre les chaînes, l’emprisonnement, l’exil et l’exécution
Je te salue, liberté ! Je salue le sang innocent versé pour ta conquête ;
Je salue les vies perdues pour la liberté.

Samedi matin, on m’a transféré d’Evine à la prison deBehbahan. On m’a accusé d’être un mohareb, un « ennemi de Dieu » et le tribunal du juge Pir-Abbassi m’a condamné ; un tribunal où mes avocats et moi-même avons été interdits de présenter notre défense.

Etre condamné pour moharebeh suscite la peur en tout être humain. Je suis devenu un mohareb pour avoir refusé de vivre comme un animal. Si défendre le droit à l’éducation, un droit indéniable et inaliénable pour chacun c’est faire la guerre à Dieu, alors, oui, je suis un mohareb. Si aider les prisonniers politiques, si faire preuve de compassion et de sympathie envers leurs familles c’est faire la guerre à Dieu, alors, oui, je suis un mohareb. Si publier le nom de ceux qui ont été tués et arrêtés, si trouver un avocat pour ceux qui ont été arrêtés sans raison et emmenés dans des endroits secrets par des personnes inconnues c’est faire la guerre à Dieu, alors, oui, je suis un mohareb. Oui, je suis un mohareb. Peu importe pourquoi ou comment, je suis fier d’être un mohareb, cette bataille vaut la peine d’être livrer puisque l'enjeu en est la conquête de la liberté.

Croyez-vous que si l’on entend dire que j’ai réconforté des familles de prisonniers politiques, soutenu un prisonnier politique et publié les noms des personnes tuées et arrêtées, on m’abaissera et on m’humiliera ? Croyez-vous vraiment que l’incarcération et l’exil puisse s’opposer à l’humanité ?

Ceux qui sont arrivés au pouvoir par la fraude, le mensonge et le reniement et qui s’y sont accrochés par la répression et l’intimidation auront recours à tous les moyens pour y rester. Ceux qui considèrent chaque acte humanitaire comme un mal, chaque pensée critique comme l’acte d’un mohareb et chaque idée innovante comme destructrice n’ont d’autre choix qu’une répression sans fin pour faire taire le peuple.

Nous voici à l’aube qui enterrera les ténèbres dans les cachots de l’histoire, en s’assurant que ceux qui ont perpétré ces crimes soient traînés en justice. Puisse Dieu aider ceux qui devront faire face au peuple demain avec la responsabilité de leurs agissements inhumains. Si seulement ils adhéraient aux slogans qu’ils scandent pour les autres et aux lois qu’ils citent si souvent ; si seulement ils mettaient en pratique ce qu’ils prônent et ce qu’ils prétendent être légal.

J’ai maintenant été transféré à la prison de Behbahan, au sud de l’Iran, une prison qui manque de service médical et culturel. A mon arrivée, je n’aurais jamais cru pouvoir continuer à supporter une prison où les prisonniers vivent ensemble quels que soient leurs crimes. Je ne pensais pas pouvoir survivre dans une prison sans prisonniers politiques, où la plupart des prisonniers ont commis des crimes comme le meurtre, le trafic de drogue et le vol. Je pensais me sentir seul et pas à ma place.

Mais les voix chaudes et familière des habitants de Behbahan ont réchauffé le sang glacé de mes veines. Quand les habitants de Behbahan se sont rendus à la porte de la prison le jour de visite et ont demandé à me voir, le millier de kilomètres qui me sépare de ma famille m’est devenue plus supportable.
Je n’étais plus seul. Je ne me sentais plus exilé. Aujourd’hui, de derrière les murs épais de cette prison, je rends hommage à chacun d’entre eux et je dis à mes parents : « Père, mère, je ne suis pas seul ici. Mes pères, mères, frères et sœurs de Behbahan ont brisé mes sentiments de solitude et d’exil. Je peux maintenant fièrement m’écrier, je suis moi aussi un habitant de Behbahan ! Les citoyens de Behbahan m’ont ouvert leurs bras. Je salue leur honneur et leur dignité ! »

J’attends le jour où, après tant d’efforts et de souffrances, toi et moi deviendrons nous…
Majid Dori
Novembre 2010
Prison de Behbahan

Source : http://persian2english.com/?p=16168

dimanche 10 octobre 2010

Restons aux côtés du peuple - Majid Tavakoli - 15 Septembre 2010

Dernière lettre de Majid Tavakoli depuis sa cellule.

De nouveau, c’est l’automne, la rentrée des classes. Il n’y a certes aucun signe de bienveillance à l’horizon automnal. De nouveau, le printemps de la connaissance coïncide avec l’automne de la nature. Et pourtant, en attendant que nos aspirations portent leurs fruits, au milieu des histoires de tristesse et de folie, nous gardons confiance en nos espérances… Sans espoir, sans l’espoir du changement, il aurait été trop difficile d’écrire encore une fois, en acceptant le risque de la redite, sur la nature criminelle, la médiocrité et la trahison de cette bande de despotes qui ont usurpé le pouvoir sur notre terre. Sans espoir, sans l’espoir du changement, il aurait été difficile d’écrire sur la bravoure et la résistance de notre peuple…

Les universités et l’esprit critique de la communauté estudiantine ont été et sont toujours le moteur qui imprime sa dynamique aux mouvements populaires. Le mouvement étudiant a été et reste toujours vivant et créatif… C’est un privilège de faire partie de cette génération méritante qui vit une époque exceptionnelle… Ayant tiré les leçons de ses expériences passées, les valeurs portées par le mouvement étudiant se sont renforcées jusqu’à devenir un arbre puissamment enraciné.

Plus d’un siècle de lutte contre des régimes despotiques ont fini par nous apprendre, qu’au cœur du manque cruel de savoir et d’humanité de la république islamique, la seule façon de mettre fin à cette longue et triste histoire de stérilité est de rester dynamique, vivant et créatif. Un siècle d’histoire nous a enseigné que la liberté a un prix, qu’il faut prendre des risques. Pour poursuivre cette longue route, nous avons la chance d’avoir une telle communauté étudiante, prête à accepter le danger pour atteindre ses buts de liberté. Pour dire vrai, l’université est sûrement le foyer des lumières et de l’esprit critique. Actuellement, la démocratie et les droits humains nous guident, nous aidant à renforcer nos efforts pour la liberté, la paix et la sécurité dans le monde entier. Tous nos espoirs reposent sur les épaules de cette nouvelle génération qui a toujours été efficace et dont les membres innombrables annoncent notre victoire totale.

Notre peuple a conclu un pacte avec nos étudiants et l’université ; un pacte pour que la liberté d’expression survive, pour que la joie et le bonheur pénètrent chaque famille, pour que la dénonciation de la violence soit tellement décisive qu’elle ne puisse plus jamais s’exprimer, pour que les chaînes entravant l’opinion et la pensée soient brisées à jamais… pour que la liberté, la démocratie, les droits humains et la prospérité prévalent. Notre peuple a un pacte difficile et vous, les étudiants, une rude tâche vous attend. Mais je sais que votre détermination l’emportera et que la dictature, même si une fois de plus elle canalise toute ses forces dans la violence, sera vaincue.

Pour la génération de 2010, comme pour la mienne, nos campus seront l’arène du rassemblement…Ils [le régime iranien] veulent une université soumise à leur volonté…Au nom de l’islam, ils ont rétrogradé les sciences en médiocrité et remplacé la connaissance par la soumission et la résignation…Il nous faut rester vigilants…

Car vous avez accepté le titre d’ « étudiant » pour prendre la responsabilité, lors de la période la plus difficile, de maintenir l’éthique élevée qui y est associée. Vous êtes les héritiers d’une longue tradition qui a su rester vivante et dynamique en dépit de longues années de répression. Vous êtes le modèle du changement, doués d’esprit critique, dotés du courage de défendre la critique, d’accepter la critique et de conserver votre bastion de lumières.

Vous recherchez la connaissance et vous dévouez à informer les autres et à éléver leur niveau de conscience ; voilà ce qui a retenu l’attention du peuple. Puisse votre unité d’aujourd’hui être l’un des privilèges dont vous ferez bon usage. Bien que la répression ait pu de temps en temps pendant ces dernières années affecter votre résolution à aller de l’avant, votre foi en votre unité, en tant que communauté étudiante, vous a aidé à éradiquer la peur et à progresser au sein du mouvement étudiant. C’était votre rôle de progresser le mieux possible. Notre grandeur ne réside pas dans le fait d’être superbe et de prendre la responsabilité de lourdes tâches. Notre grandeur a été d’atteindre de grands buts en progressant à petits pas… L’expérience des générations passées a enhardi notre vérité et ajouté de la splendeur à notre identité.

…Vous devez savoir que vous construirez votre propre avenir et que vos valeurs et votre conduite détermineront celles de la société dans son ensemble. Vous êtes au cœur des évènements, face aux soulèvements et si vous n’avez pas peur, la victoire vous appartiendra à coup sûr. Votre résistance usera le despotisme…N’abandonnez pas vos dirigeants Verts. N’oubliez pas vos prisonniers politiques et leurs familles… Si vous restez unis, la victoire est à vous.

…Attention à ne pas se tromper de voie dans notre impatience de liberté, attention de ne pas nous contenter de petites avancées dans un système basé sur la confusion, la désorganisation et l’anormalité, car demain nous rencontrerons d’autres difficultés…Attention à l’exagération en créant des héros…Attention de ne pas ajouter à la violence en essayant de dénoncer la violence…Commençons par consolider les aspirations d’hier avant d’en formuler de nouvelles, car la simple formulation de nouvelles aspirations ne nous poussera pas vers l’avant. Il n’est pas nécessaire de formuler une nouvelle exigence chaque jour.

Après toutes ces violences, toutes ces trahisons, toute cette médiocrité, après tous ces aveux contraints et tous ces simulacres de procès, les faux entretiens, la torture, l’isolement, les viols, la justice sommaire et les exécutions, après toutes ces diffamations et ce cynisme, l’espoir est toujours vivant et notre peuple espère toujours et attend avec impatience le jour où ses ennemis, qui sont les ennemis de la démocratie, de la liberté et des droits humains seront dénoncés et dévoilés et leurs visages connus de tous. En attendant, les ennemis du peuple sont nerveux, effrayés d’être témoins de l’échec de leurs politiques de répression. Peut-être le régime envisage-t-il de rétablir la Terreur. Peut-être notre peuple devra-t-il faire face une fois de plus à la Terreur. Dans ce cas, le régime devra faire activer ses troupes. Il devra le faire avec ce qui lui reste de troupes, chaque jour, d’un coin du pays à l’autre. Il lui faudra montrer ses muscles, ses bombes et ses missiles au monde. Dans ce cas, le régime devra ajouter ses crimes actuels à son passé criminel…Par la terreur et le bellicisme, le régime tente de terroriser le peuple chez lui et de décourager la communauté internationale dans son ensemble…

Mes amis !

La cloche sonne et il est de nouveau temps de rentrer en classe. Quelques chaises resteront vides cette année alors que les prisons sont pleines. Alors n’oublions pas nos camarades emprisonnés…Nous avions l’habitude de dire que les universités sont des barils de poudre que l’injustice enflammera. Alors, n’oublions pas nos frères d’autres ethnies paupérisés, nos minorités opprimées, nos journalistes emprisonnés, nos penseurs et érudits exilés, nos intellectuels opprimés, nos sœurs défavorisées, nos travailleurs réduits en esclavage, nos ouvriers et conducteurs paupérisés. Ne les oublions pas…Pendant des années, le petit nombre qui dirige notre pays de façon despotique a provoqué crise sur crise pour avoir un bon prétexte à fermer les universités…Mais notre vigilance les empêchera de remettre en oeuvre leur complot criminel et honteux incarné par la révolution culturelle. Ils ont continuellement manqué leur but suprême, ils ont fait de leur mieux pour faire passer l’université sous le joug de la médiocrité, en fermant toutes les organisations ou publications estudiantines à l’esprit indépendant, l’une après l’autre, ils ont construit leurs propres GONGOs [ONGs dirigées par le gouvernement] parallèles…

Le despotisme tremble sur ses bases. Le fascisme est mité et la dictature religieuse est proche de sa fin. L’avènement de ce millénaire signe la chute du despotisme.

Les dictateurs déchus gisent désormais dans la boue de la honte. Le processus d’érosion de la répression a commencé. Epuisés sous le poids pesant de leurs propres armes, rouillés par leurs propres mensonges, fatigués de leur propre violence, dénoncés à la face du monde libre, leurs reins seront brisés sous les pas réguliers des amoureux de la liberté. De nos jours, les dictateurs sont seuls. De nos jours, les dictateurs savent qu’ils doivent partir.

Mes amis,

Grimpons les dernières marches d’un pas plus décidé. On entend votre voix, même derrière les murs de la prison. La résolution de vos pas donnera un sens à l’histoire elle-même. De par votre volonté, votre destin sera changé, l’histoire écrite, le futur vous appartiendra et vous étreindrez l’éternité. Sans le consentement du peuple, sans le peuple à vos côtés, votre fin serait semblable à celle des despotes, réduits à faire appel à des mercenaires, à des armes de destruction massive et à des missiles pour se maintenir au pouvoir. Sans sincérité, vous serez seuls car la tromperie et la fausseté n’apportent rien d’autre que le désespoir. Sans courage, vous serez asservis…Une société sans courage et sans sincérité est une société décadente qui court à sa perte.

Rentrez à l’école maintenant, l’année qui vient promet d’être dure. Par l’unité, en restant aux côtés du peuple, vous établirez un pacte qui renforcera la solidarité, donnera son sens à la résistance pour la liberté et nous fera des lendemains radieux. Je sais que les espoirs du peuple se concrétiseront. Je sais que nous serons tous ensemble pour célébrer joyeusement la liberté.

Majid Tavakoli

Pénitencier de Rejaï-Shahr – Section 3
15 septembre 2010

Source: www.tavaana.org

vendredi 9 juillet 2010

18 Tir 1389: le mouvement étudiant iranien, l'espoir de tout un peuple

Un an s’est écoulé depuis le 18 Tir 1388 (9 juillet 2009). Le jour où 10 ans après les exactions commises par les agents du régime en 1999 ayant conduit à plusieurs jours d’émeutes à Téhéran, de très nombreux manifestants voulaient à nouveau défier le pouvoir et descendre dans la rue. Les campus étaient en ébullition. Un mois à peine après la tenue de l’élection frauduleuse du 12 juin 2009, les manifestants voulaient une nouvelle fois célébrer la contribution majeure du mouvement étudiant à la lutte pour l’avènement de la démocratie en Iran. Une fois de plus, les étudiants ont été aux avant-postes du mouvement de contestation. Comme leurs glorieux aînés qui, le 16 Azar 1332 (7 décembre 1953), quelques mois à peine après un autre coup d’Etat, celui du 19 Août 1953, avaient déjà marqué à jamais l’Histoire du mouvement étudiant iranien. Autres temps, autres dictateurs, mais même détermination pour les étudiants assoiffés de liberté et de justice qui se sentaient déjà investis d’une mission d’éclaireurs et de leaders d’aspirations légitimes de tout un peuple. 

En ce 18 Tir 1388, le régime a alors décidé de déployer toute son armada répressive pour contrôler la rue et surtout les campus universitaires. Les manifestants de tous âges qui voulaient tout simplement honorer les étudiants et la jeunesse ont été confrontés à l’horreur et à des actes de violence d’une intensité inouïe. Ce jour là, d’après les propos de l’ancien Procureur Général de Téhéran, Saïd Mortazavi, l’ampleur de la vague d’arrestation était telle que la prison d’Evin ne pouvait plus contenir l’afflux impressionnant de prisonniers. Les autorités ont été obligées de transférer des prisonniers en partie au centre de détention de Kahrizak. Amir Javadifar, Mohsen Rouholamini, Mohammad Kamrani, Ramin Aghazadeh Ghahremani et Abbas Nejati Kargar allaient trouver la mort des suites des actes de torture infligés dans ce camp de la mort. De très nombreux manifestants détenus à Kahrizak ont connu l’horreur (le régime parle de 98 prisonniers de Kahrizak ayant porté plainte).

Ce qui s’est passé il y a un an jour pour jour a dépassé très largement tout ce que les iraniens avaient imaginé en degré de violence et d’horreur. Ce jour là, il est devenu clair que le régime devait mater à tout prix le mouvement étudiant dans le sang pour éviter sa chute. Les principaux leaders étudiants (Majid Tavakoli, Bahareh Hedayat, Milad Asadi et tant d’autres) allaient être arrêtés dans les semaines et les mois qui ont suivi. Aujourd’hui encore, ils subissent les pires tortures et intimidations, comme si cela allait normaliser la situation ou du moins permettre au régime de gagner du temps pour laisser passer l’orage. 

Depuis un an, les universités, en raison de leur formidable dissémination géographique (les branches de l’université Azad présentes dans quasiment toutes les villes) et du creuset d’échanges culturels et sociétaux qu’elles représentent, sont devenues le véritable front de contestation contre le régime. Malgré la chape de plomb, le régime sait que l’Université n’est pas morte. Le régime sait pertinemment qu’il peut être débordé à tout moment par une nouvelle vague de contestation catalysée et portée par le mouvement étudiant. Il craint plus que toute autre chose la vigueur et la spontanéité de ce mouvement, sa capacité à animer les forces démocratiques et à incarner l’espoir.

Photos des évènements du 18 Tir 1378 (9 juillet 1999) ici

Vidéo: Il y a 11 ans, 18 Tir 1378 (9 juillet 1999)


dimanche 27 juin 2010

Rooz/Epouse d’Abdollah Momeni : Le régime répète l’injustice que Saddam m’a infligée

25 juin 2010 - Par Kayvan Bozorgmehr

Le prisonnier politique Abdullah Momeni est un membre important et porte-parole du groupe Advar Tahkim, la plus grande organisation estudiantine réformiste. Dans une interview exclusive avec Rooz, son épouse Fatemeh Adinehvand dit que le régime iranien est en train de répéter l’injustice que Saddam Hussein lui avait infligée en tuant son mari.



Abdullah Momeni a épousé la femme de son frère après que ce dernier ait été déclaré mort au combat en 1985 durant la guerre de huit ans Iran-Irak. Après plusieurs années de militantisme dans le mouvement étudiant en Iran, Momeni est de nouveau en prison, une expérience difficile pour lui. Son épousé a parlé à Rooz du calvaire de son mari. Evoquant les traces de torture qu’elle a vu sur le visage de son mari, Fatemeh Adinehvand dit : « Je ne pouvais pas croire ce qu’ils lui avaient fait… J’ai pensé que le régime répétait l’injustice que Saddam Hussein m’avait infligée. »



En voici des extraits :



Rooz: Quel est votre pire souvenir de l’année passée depuis que Monsieur Momeni est en prison?



Fatemeh Adinehvand (Adinehvand): C’est quand j’ai vu Abdullah pour la première fois après son arrestation dans la cour de la prison d’Evine et aussi quand ils ont diffusé ses aveux à la télévision, ça a été très difficile Je ne sais pas comment j’ai survécu à ce calvaire. Quand ils ont diffusé ses aveux à la télévision nationale, j’ai seulement dit : « Venez voir votre père » je n’ai pas réagi devant les enfants mais cela les a beaucoup attristés



Rooz: Vous décrivez le moment où vous avez vu Monsieur. Momeni pour la première fois après son incarcération, c’est très touchant. Comment se sont passés ces moments et que ressentiez-vous ?



Adinehvand: J’ai supporté beaucoup de souffrances dans ma vie mais ce moment précis a peut-être été le plus douloureux. Quand Abdullah est sorti de la voiture, son visage était pâle et gonflé ; il n’avait plus que la peau sur les os. Il n’a même pas pu sorti de la voiture tout seul. Je n’aurais pas emmené les enfants avec moi si j’avais su qu’Abdullah était dans cet état. Je n’arrivais pas à croire ce qu’ils en avaient fait. C’était comme si ma vie entière défilait devant mes yeux. J’ai pensé que le régime iranien était en train de répéter la souffrance que Saddam Hussein m’avait infligée et qu’il était en train de ruiner ma vie pour une seconde fois. Abdullah pleurait. La seule chose qu’il ait dite, c’est qu’il ne voulait parler de son état qu’après être sorti de prison. Nous n’avons pas pu parler convenablement. Abdullah ne le pouvait pas et ce n’était pas le bon moment. Nous étions également enregistrés.



Rooz: Comment gérez-vous son absence en ce moment ?



Adinehvand: La première fois qu’il a été arrêté je n’arrivais pas à venir à bout du fait qu’Abdullah soit en prison pour militantisme politique. En 2005, Abdullah a fait 45 jours de prison et c’était très difficile pour moi. En 2007, il a été arrêté 35 jours, je me suis persuadée que je devais venir à bout du problème. Traiter les problèmes logiquement vaut mieux que de les laisser vous dévorer de l’intérieur.



Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/25//regime-repeating-saddams-injustice-against-me.html



mardi 2 février 2010

Lettre à la Jeunesse de France

Chers Amis, Chers Sympathisants,

A l’heure où le régime iranien réprime avec une violence inouïe le mouvement de protestation pacifique né au lendemain de l’élection présidentielle du 12 Juin 2009, nous, Iraniens et Franco-iraniens, ressentons l’extrême urgence de faire tout ce qui est en notre pouvoir, pour venir en aide à nos compatriotes.

Pour ce faire, nous avons décidé de nous adresser à vous, Jeunesse de France, forces vives et espoir de toute une nation. Inspirés des idéaux de liberté, d’égalité, de laïcité et de progrès qui font l’essence et la fierté de la démocratie française, nous sommes persuadés que la France et l’Union Européenne peuvent jouer un rôle crucial pour soutenir le peuple iranien dans sa lutte contre la tyrannie...

Télécharger le document en PDF: ici






jeudi 7 janvier 2010

Le martyr des étudiants de l’Université Azad de Mashhad



Le mercredi 30 Décembre (9 Dey), le régime iranien a une nouvelle fois commis l’irréparable. Ce jour là, les étudiants de l’Univesrité Azad de Mashhad étaient rassemblés pour commémorer en silence les martyrs de l’Achoura tombés 3 jours auparavant sous les coups de matraque, les balles et les roues de véhicule des forces de sécurité. Vers 13h, plusieurs bus transportant plus de 500 agents fanatisés du Basij et de l’Ansar-e Hezbollah ont fait irruption dans l’enceinte de l’université. Armés de matraques, de couteaux, de chaînes et de sprays moutarde, scandant des slogans à la gloire de Khamenei, ces « soldats de dieu » se sont mis à agresser avec une violence inouïe les étudiants sans défense. Selon plusieurs témoins, activistes et associations étudiantes, le bilan est extrêmement lourd : 2 étudiants (une fille et un garçon) seraient décédés des suites de leurs blessures, une quarantaine de blessés et 210 étudiants arrêtés. Ces exactions étaient commises alors que les forces de sécurité « régulières » encerclaient l’université pour protéger les agents paramilitaires et pour arrêter les étudiants traînés de force vers l’extérieur du campus. Il s’agissait d’une véritable expédition punitive, clairement planifiée pour tuer, torturer, intimider et juguler tout mouvement de contestation au lendemain de la démonstration de force de l’Achoura.



Dès le lendemain, les étudiants de plusieurs universités de Mashhad (Azad, Sajjad et Ferdowsi) ont organisé des rassemblements pour condamner la violence et l’horreur vécue par leurs confrères et pour demander la libération des prisonniers. Le même jour, le quotidien pro-gouvernemental Khorassan, affirmait qu’aucun étudiant n’avait été blessé. Le 3 Janvier, des appels au boycottage des cours et des examens ont été lancés.

D’après plusieurs témoins, 8 blessés très graves, avec des hémorragies importantes, ont été extraits du campus et conduits vers les ambulances et les voitures des forces de l’ordre stationnées à l’extérieur. Leurs amis n’ont pas été autorisés de les accompagner.

Parmi ces blessés, 2 étaient particulièrement atteints : une étudiante gravement blessée au cou et un étudiant touché à la tête par de multiples coups de matraque. Ces deux blessés ont été traînés sur le sol et emmenés vers l’extérieur du campus. D’après des associations étudiantes et des témoins, ces 2 étudiants auraient très vraisemblablement succombé à leurs blessures.

Ces actes ont fait suite aux appels à la violence lancés de façon incessante depuis les tribunes officielles, en particulier par Seyyed Ahmad Elmolhoda, l’Imam extrémiste des prières du vendredi de Mashhad et qui était aussi le virulent orateur de la manifestation pro-gouvernementale qui s’est tenue 30 Décembre à Téhéran. Les agresseurs jouissaient clairement du soutien des autorités de la région de Khorassan.

Le scénario de cette attaque infâme rappelle étrangement celui de l’attaque des dortoirs de l’Université de Téhéran du 15 Juin qui avait fait 5 morts et de très nombreux blessés (lire et voir ici et ici). Un campus bouclé par les forces régulières et des miliciens fanatisés et armés faisant irruption pour casser, frapper et tuer. Six mois plus tard, les plus hautes autorités militaires du régime et le comité spécial du parlement en charge de mener une enquête sur les violences post-électorales affirment que ces exactions avaient été commises par des individus ayant agi de leur propre chef, sans aucun rapport avec les forces gouvernementales.

Les étudiants, véritables fer de lance de la révolution en cours en Iran, ont été la cible d’une vague de répression sans précédent. Semer la peur, réduire au silence et écraser toute velléité de contestation sous une chape de plomb sont clairement les buts recherchés par les instigateurs de ces actes barbares. Or ces criminels ignorent que de tels actes ne font qu’au contraire renforcer la conviction du peuple iranien d’en finir une fois pour toute avec la dictature religieuse.

Toutes nos pensées et nos prières vont aux victimes et à leurs familles.

Source: Site Internet de l'Université Amir-Kabir - lien lien lien
Vidéo: mercredi 30 Décembre (attaque)


Vidéo: jeudi 31 Décembre (rassemblement de soutien)