dimanche 17 février 2013

Deux députés déclarent à Rooz : Les journalistes détenus ne sont pas des criminels – Fereshteh Ghazi – 3 février 2013


Dans une interview exclusive de Rooz, deux députés du parlement iranien, le Madjlis, ont déclaré que les journalistes arrêtés la semaine dernière n’étaient pas des criminels et que les tribunaux devaient infirmer leur jugement. Les deux députés, Mansour Haghighatpour et Fatollah Hosseini ont dit que le parlement devrait aussi examiner les arrestations de ces journalistes.

Plus d’une semaine s’est écoulée depuis les arrestations massives d’un groupe de journalistes ; la justice n’a toujours pas annoncé officiellement la raison de cette mesure, l’endroit où ils sont détenus ou la situation des détenus, ce qui dément les rapports publiés par les médias affiliés à la sécurité et les interviews dans lesquelles les journalistes sont décrits comme des criminels associés à des étrangers.

Les journalistes détenus n’ont pas eu le droit de choisir un avocat et leurs dossiers n’ont été revendiqués par aucun tribunal. Et malgré tout, l’agence de presse Fars par exemple, les traite publiquement de criminels.

Les arrestations ont commencé le 26 janvier par l’arrestation de Soleiman Mohammadi, rédacteur du quotidien Bahar et de Milad Fedaï Asl, rédacteur à l’agence spécialisée dans le monde du travail ILNA. Le lendemain, les agents de sécurité ont attaqué les bureaux des quotidiens Etemad, Bahar, Shargh, et Arman et de l’hebdomadaire Asseman y arrêtant Djavad Deliri, Nasrine Takhiri, Sassan Aghaï, Akbar Montadjabi, Pourya Alemi, Pejman Moussavi, Emilie Amraï, Motahereh Shafii et Nargues Djodaki.

Ali Asghar Shafafian, époux de Madame Shafii a dit aux reporters que son épouse a été libérée à cause de son dossier médical : elle souffre de sclérose en plaques.

Suite aux arrestations, l’agence de presse Fars, affiliée à l’appareil de sécurité et d’espionnage de la république islamique d’Iran, a publié des interviews de plusieurs députés qui traitaient les détenus de traîtres, de criminels et de supplétifs des étrangers, remerciant le ministre du renseignement pour ces arrestations. Hassan Kamran Dastdjerdi, Hossein Naghavi, Mansour Haghighatpour, Mohammad Ismaïli, Mohammad Saleh Jowkar, Fatollah Hosseini et Djavad Karimi Ghodoussi font partie des députés qui ont approuvé ces arrestations. Mais lorsque Rooz a interviewé Mansour Haghighatpour, vice-président du comité de la sécurité nationale du parlement et Fatollah Hosseini, membre du même comité pour les interroger sur les preuves étayant ces accusations portées contre les reporters alors qu’aucun tribunal n’avait accepté d’enquêter sur les arrestations, Haghighatpour qui, jusqu’à présent avait dit que les détenus étaient des supplétifs du gouvernement français et avait dit à l’agence de presse Fars qu’ils étaient des agents français et britanniques, a dit à Rooz qu’il n’avait pas d’information sur les détails du dossier, qu’il ne connaissait pas les journalistes, ajoutant qu’il n’avait fait que survoler le dossier.

Extraits de l’interview du député Mansour Haghighatpour

Rooz : Le parlement se mêlera-t-il de ces arrestations ?
Haghighatpour : Le parlement va sûrement suivre l’affaire et si les journalistes sont jugés coupables, ils seront traités selon la loi, sinon, ils seront libérés. Nous suivrons l’affaire comme nous l’avons fait pour le dossier Beheshti.

Rooz : S’ils sont jugés coupables. Alors, vous non plus ne savez pas si les journalistes ont vraiment commis un crime ou violé les lois. Si c’est le cas, pourquoi les avez-vous accusé d’être des agents de la France ou de la Grande-Bretagne lors de votre interview avec l’agence de presse Fars ?
Haghighatpour : Nous avons confiance dans notre appareil de renseignement et nous savons qu’ils se conduisent comme il faut.

Rooz : Mais aucun tribunal ne s’est encore réuni pour enquêter sur l’affaire. Comment pouvez-vous les accuser ainsi ?
Haghighatpour : En tant que vice-président du comité de sécurité nationale du parlement, je sais des choses que vous ignorez. Votre jugement est basé sur vos préjugés, vos tendances alors que le mien est basé sur ce que je sais.

Rooz : Quelles informations ?
Haghighatpour : On est en train d’enquêter sur l’affaire et si l’on découvre que les journalistes ont commis un crime, ils seront traités selon la loi.

Rooz : L’un des détenus est un journaliste qui a traduit un livre dénonçant l’organisation des Moudjahidines du peuple.
Haghighatpour : Je ne connais pas les détails et je ne connais pas les journalistes non plus. Je n’ai que des informations générales et on ne nous a rien dit du détail des violations.

Rooz : S’il s’avère que ces journalistes n’ont commis aucun crime, qu’ils ne sont pas des supplétifs de la France ou de la Grande-Bretagne, qu’ils ne sont pas ce que vous les avez accusés d’être, leur présenterez-vous vos excuses ?
Haghighatpour : S’il s’avère qu’ils n’ont commis aucun crime, ils seront libérés et j’en parlerai en me basant sur les informations reçues.

Rooz : La façon dont ces journalistes ont été traités…
Haghighatpour : Vous ne savez pas comment ils ont été traités. Ils ont été invités par l’agence de sécurité à répondre à quelques questions. Ils répondront à ces questions et des individus et des juges les jugeront.

Rooz : Pensez-vous que les traiter de criminels avant qu’ils n’aient été jugés par un tribunal est un crime ?
Haghighatpour : Je n’ai pas dit que c’était des criminels. J’ai parlé sur la base des informations que j’avais reçues. Je crois que c’est le rôle du tribunal de déterminer si ces accusations étaient vraies ou fausses. Il n’y a qu’un tribunal pour dire s’il s’agit ou non de criminels.

Un autre membre du comité de sécurité nationale du parlement à avoir remercié le ministre du renseignement pour les arrestations lors d’une interview avec l’agence de presse Fars, Fatollah Hosseini, a aussi dit à Rooz que les journalistes détenus n’étaient pas des criminels et que seul un tribunal était habilité à les juger.

Extraits de l’interview du député Fatollah Hosseini :

Rooz : Que pensez-vous des arrestations récentes de journalistes ?
Hosseini : Le monde est témoin de la détermination de la république islamique lors de ces 34 dernières années. Le régime appartient au peuple d’Iran. Le peuple a durement gagné cette révolution et la défendra. La république islamique ne joue pas là-dessus. Le ministre du renseignement agira contre quiconque fait du mal à la république islamique et la justice enquêtera au cas où les droits de quiconque seraient violés à ce propos.

Rooz : Le parlement se mêlera-t-il de ce problème ?
Hosseini : Certainement. Les députés surveillent suffisamment les ministres. Aucun de nos officiels ne fait quoi que ce soit d’illégal. Mais si les droits de quelqu’un sont violés, nous le reconnaissons et lui redonnons ses droits. Le parlement surveille aussi ce dossier.

Rooz : Les journalistes détenus n’ont pas eu droit à un avocat et vous, avec d’autres députés avez porté des accusations à leur encontre dans une interview avec l’agence de presse Fars.
Hosseini : Ce n’est pas du tout le cas. Les ennemis de l’Iran à l’étranger n’ont rien à faire et n’ont rien à publier alors ils créent une ambiance spéciale pour les élections. Les éléments occidentaux veulent nous attaquer mais nous sommes vigilants. Nous n’avons pas besoin que des gens de l’étranger nous disent ce que nous devons faire pour préserver les droits des individus. Les contre-révolutionnaires veulent savoir qui est détenu et qui ne l’est pas mais la république islamique ne permettra pas que les droits soient violés.

Rooz : Alors qu’aucun tribunal n’enquête encore sur ce problème, vous avez traité les journalistes de criminels, de traîtres et de supplétifs de l’étranger. Sur quelles bases ?
Hosseini : C’est faux, peu importe qui l’a dit. Ce ne sont pas des criminels. La justice respecte la loi. Ce sont aux tribunaux et aux jurys de juger. Il y a des lois pour ça, mais l’action du ministre du renseignement a certainement été décisive. Vous êtes iranienne et vous devez admettre qu’en Iran, la liberté est totale. Nos amis suivront l’affaire et le parlement enquêtera pour s’assurer que les droits de tous soient respectés.

Rooz : Le parlement présentera-t-il ses excuses à ces personnes s’il est prouvé que ces journalistes ne faisaient que leur travail ?
Hosseini : Vous devriez laisser la république islamique faire son travail. Je sens que vos remarques sont marginales. Il n’existe pas de pardon pour quiconque en Iran est un supplétif ou attaque le régime. Je suis sûr que le ministre du renseignement ne politisera pas l’affaire.

Rooz : Je voulais dire les députés qui ont traité ces journalistes de traîtres et de criminels.
Hosseini : Aucun député n’a dit que c’était des criminels. C’est peut-être eux-mêmes qui l’ont dit.
Source: http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/february/03/article/detained-journalists-are-not-criminals.html

samedi 16 février 2013

Semaine 07 pour un Iran Libre et Démocratique


Nouvelles des Prisonniers
A- Transferts
  • Le journaliste emprisonné Mohammad Davari est en soins intensifs après une attaque cardiaque cause par la nouvelle du décès de son frère.
  • Amir Eslami, avocat des derviches Gonabadi, transféré du bloc 209 d’Evine à l’hôpital de cardiologie de Téhéran puis de retour à Evine au bout de quelques heures.
  • Hospitalisation d’urgence du religieux dissident emprisonné Arash Honarvar Shodjaï.
  • Le membre emprisonné de l’Association Verte du Kurdistan, Kamran Rahimi, exilé de la prison de Sanandaj à celle de Maragheh.
  • L’avocat des droits humains emprisonné Mohammad Seifzadeh a été hospitalisé.
  • Le prisonnier politique Mostafa Tadjzadeh de nouveau hospitalisé pour divers problèmes de santé dus à 27 mois de jeûne..

B- Arrestations/Incarcérations
  • Fardin Eghsani, bahaï, arrêté sur son lieu de travail à Oroumieh.
  • Le bahaï Taher Eskandarian condamné à 3 ans a été arrêté et emprisonné à Semnan.
  • Ardeshir Fanaian, bahaï, arrêté chez lui à Semnan.
  • Shidrokh Firoozian, bahaïe, arrêtée chez elle à Semnan.
  • Arrestation de Hossein Karroubi, fils du leader de l’opposition Mehdi Karroubi lundi matin ; il a été libéré lundi après-midi.
  • Farahnaz Moghadam, bahaïe, arrêtée chez elle à Oroumieh.
  • Arrestation de Zahra et de Nargues, les filles du leader de l’opposition  Mir Hossein Moussavi lundi matin ; elles ont été relâchées le même jour dans l’après-midi.
  • Yassan Moussavi, frère de Houman (leurs parents ont été exécutés dans les années 1980s) syndicaliste du bazar de Téhéran et membre de la campagne de Moussavi, a été arrêté la semaine dernière.
  • Le journaliste Mehdi Tadjik s’est rendu à la prison d’Evine pour purger sa peine de 2-ans.
  • Plus de 50 arabes iraniens arrêtés à Ahvaz.
  • La police de Téhéran arrête 80 personnes accusées d’être des brigands et des vandales.

C-Libérations
  • Le prisonnier politique Bahman Sadeghi en liberté provisoire pour 4 jours.
  • Arash Shaltouki, derviche Gonabadi, libéré sous une caution de 50 millions de tomans.
  • Le prisonnier politique Mohammad Ali Velayati en liberté provisoire pour raisons médicales pour 3 jours.
  • Le prisonnier politique Shahin Zeinali en liberté provisoire pour 4 jours..

D-Autres Nouvelles
  • Le prisonnier de conscience Arjang Davoudi a lancé une grève de la faim pour protester contre son emprisonnement à l’isolement.
  • La fille de Rafsandjani Faezeh Hashemi est à l’isolement.
  • L’épouse de Moussavi Zahra Rahnavard, accompagnée d’agents de sécurité a été autorisée de rendre visite à sa mère.
  • Le militant étudiant iranien Madjid Tavakoli s’est vu décerner le prestigieux prix norvégien de l’Etudiant pour la paix par contumace.
  • Shahrokh Zamani interdit de visites en personne et d’appels téléphoniques.
  • Les familles des journalistes arrêtés il y a 20 jours n’ont toujours pas pu leur rendre visite en prison jeudi..

Nouvelles de l’injustice en Iran
  • La cour d’appel a confirmé la peine de 5 ans de Djamal GhaderNejad, militant étudiant kurde de Mahabad.
  • Afsaneh Madjidi, bahaïe de Karaj, condamnée à un an de prison.
  • Mehrdad et Orang Mahdavi, bahaïs de Karaj, condamnés à un an de prison chacun.
  • Naghmeh Rezvani, bahaïe de Karaj, condamnée à un an de prison.
  • Kamran Sabet, bahaï de Karaj, condamné à un an de prison.
  • Baharak Saheli, bahaïe de Karaj, condamnée à un an de prison.
  • Deux exécutions à la prison d’Arak mardi.
  • Une exécution publique à Téhéran mercredi.
  • Une pendaison publique à Shiraz jeudi.
  • Une pendaison à la prison de Karoun jeudi.

L’université – la Culture
  • Le militant étudiant Amir Mohammad Moghaddam a été expulsé de l’université Ferdowsi de Mashhad.
  • Nouveau film du metteur en scène Djafar Panahi, qui défie l’interdiction de tourner des films, présenté au festival du film de Berlin.
  • Le militant étudiant Amir Mohammad Someeh étudiant en génie mécanique à l’université Ferdowsi de Mashhad a été expulsé. 
  • La cyber police pirate un grand nombre d’e-mails.
  • Un studio d’enregistrement de musique fermé à Téhéran.
  • Plusieurs réalisateurs de court-métrages et de documentaires ont été convoqués et interrogés.

Manifestations
  • Les ouvriers de Nima Construction se rassemblent à Sanandaj..

L’économie de l’Iran 
  • Les exportations pharmaceutiques américaines vers l’Iran ont diminué de moitié en 2012.
  • L’Iran interdit l’exportation de pistaches pour 6-mois pour tenter de contrôler son prix qui a doublé en un mois.

L’Iran à l’étranger
  • Irak: 5 morts dans une attaque contre un camp de l’OMPI près de Bagdad.
  • L’Iran et le Hezbollah construise un réseau de milices en Syrie en cas de chute d’Assad, déclarent des  officiels.
  • L’Iran rappelle son ambassadeur en Bulgarie après que la Bulgarie ait accusé le Hezbollah d’avoir posé une bombe dans un bus de touristes israéliens à Burgas.
  • Le général Hassan Shateri, commandant de la force Qods est le premier général iranien tué lors du conflit syrien.

La politique en Iran 
  • Ahmadinejad nomme le ministre du travail démis de ses fonctions par le parlement conseiller aux affaires sociales.

Nouvelles en vrac
  • Un tremblement de terre d’une magnitude de 3.6 sur l’échelle de Richer frappe la ville de Dehloran dans la province d’Ilam à l’ouest de l’Iran, jeudi.

Sur le blog cette semaine


dimanche 10 février 2013

Lettre de Shirin Ebadi au Docteur Ahmed Shaheed sur les Arrestations Récentes de Journalistes en Iran


Mercredi 30 janvier 2013

A son Excellence le Docteur Ahmed Shaheed, Honorable Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les Droits Humains en Iran,

Depuis le 28 janvier, les bureaux et les domiciles de journalistes iraniens ont été attaqués par les forces de sécurité. Plusieurs journalistes ont été arrêtés. Bien que certains, dont Motahereh Shafi, aient été libérés, 14 sont actuellement emprisonnés : Emily Amraï, Nasrine Takhayori, Saba Azar Peyk, Nargues Djoudaki, Ali Dehghan, Sassan Aghaï, Akbar Montadjebi, Djavad Daliri, Milad Fadaï Asl, Keyvan Mehregan, Hossein Yaghtchi, Soleiman Mohammadi, Pejman Moussavi, Poriya Alami

D’après les autorités judiciaires, les détenus sont accusés d’actes contre la sécurité nationale, et, c’est important « Ces arrestations continueront » (agence d’information nationale ISNA le 29 janvier 2013). En d’autres termes, les forces de sécurité essaient d’intimider les journalistes et de les forcer à se taire en lançant les arrestations massives et ces fausses accusations.

Ces arrestations violent les lois de la république d’Iran. Suivant les informations reçues de la famille des journalistes détenus, en dépit du rapport d’ISNA, ils n’ont pas été formellement accusés et il n’y avait pas de mandat d’arrêt à leur encontre. Les détenus se sont vus refuser une représentation légale. En raison du manque de procédures, toutes ces arrestations sont considérées comme arbitraires.

Je voudrais donc attirer votre attention sur ce problème et affirmer que si cette situation se prolonge, non seulement la diffusion des informations en sera limitée mais encore il s’agit d’une étape supplémentaire visant à générer la peur parmi les citoyens pour les empêcher de manifester légalement, de quelque manière que ce soit.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Rapporteur Spécial, l’expression de mes salutations les meilleures

Shirin Ebadi
Avocate des Droits Humains et laureate 2003 du prix Nobel de la paix

CC
Bureau de Madame Navanethem Pillay, Honorable Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits Humains
Bureau du secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-moon
L’Honorable Rapporteur Spécial de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression
Le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire

Source: http://www.humanrights-ir.org/php/view_en.php?objnr=849

samedi 9 février 2013

Carte postale de Téhéran - 21 janvier 2013 - Daria Kirsanova




Téhéran est une ville étrange : une métropole énorme de 12 millions d’habitants, dotée d’un réseau impressionnant d’autoroutes, à la circulation extrêmement indisciplinée et en même temps la capitale d’un état religieux qui a tendance à restreindre sa société au carcan de la tradition. Et paradoxalement, contre vents et marées, d’autres mots conviennent à Téhéran en tant que ville, à l’Iran en tant que pays et à l’art contemporain iranien en tant que phénomène social. Une multitude d’obstacles, le manque de financement, le manque de structures publiques, des études universitaires peu propices (ni l’art contemporain ni la théorie qui le traite ne sont bien accueillis comme sujets de recherche) n’ont pas pu empêcher l’apparition d’une scène d’art contemporain dynamique et diversifiée, dont un système de galeries en croissance constante qui aspirent toutes au statut « professionnel » dont elles jouissent en occident.

Fresque dans une rue de Téhéran

Mon premier voyage en Iran a eu lieu en 2010 ; j’avais beaucoup entendu parler de la censure et d’autres problèmes que les artistes et les cinéastes rencontrent dans ce pays et j’ai été surprise de découvrir beaucoup de galeries exposant des œuvres d’art conceptuel intéressantes et sophistiquées qui portaient un message politique. C’était exactement un an après la répression du soulèvement du « Mouvement Vert » révolutionnaire de 2009 ; des artistes dont Amir Mobed, Shahab Fotouhi, Barbad Golshiri, Neda Razavipour, Mahmoud Bakhshi et Rozita Sharafjahan tentaient de donner du sens à ce qui s’était passé durant les mois de manifestations. C’était une époque qui alliait la réflexion sur les évènements et le deuil des victimes prises individuellement et non du Mouvement Vert en tant que force politique.

Cette liberté d’expression était, et reste encore, possible à cause de la situation marginale des arts plastiques en Iran ; il constitue presque un monde à part. Le public des galeries est surtout composé des personnes impliquées dans l’art, d’une façon ou d’une autre. Même maintenant, la majorité du public ne connait pas l’existence des galeries et, dans une grande mesure, trouve les pratiques de l’art conceptuel d’un abord difficile. Curieusement, cette situation de l’art contemporain au sein du contexte social iranien l’a grandement avantagé ; elle a permis aux artistes et aux galeries de travailler avec un certain degré de liberté créatrice. Mais les choses changent.

A l’automne dernier, j’ai fait mon dernier voyage en date à Téhéran et le plus long aussi. J’y suis resté un mois et j’ai pu y observer la scène artistique en action. La situation politique et économique du pays était beaucoup plus difficile et il y avait beaucoup moins de touristes étrangers à cause de l’hystérie des médias occidentaux mais il s’y passait quand même beaucoup de choses. Depuis les deux ans de mon premier voyage, les galeries de Téhéran étaient devenues plus connues et plus bourgeoises.


 Conversation d’artiste par Anahita Razmi à la plateforme Sazmanab pour les arts contemporains

La communauté artistique a répondu par l’augmentation du nombre d’espaces pour les projets, d’ateliers et de tables rondes tous à but non lucratif. L’un des plus anciens espaces de projets dirigé par des artistes et la galerie Parking, fondée par l’artiste et commissaire d’exposition Amirali Ghassemi. Depuis son ouverture en 1998, ses activités se sont étendues de l’Iran à la scène internationale. Un autre espace artistique indépendant est Sazmanab, fondé en 2009 ; il a développé un programme très solide d’expositions, de discussions, de projections et de résidences internationales. Ce programme montre un engagement clair de conserver les connexions de Téhéran aux réseaux internationaux et vice-versa. L’un des derniers projets de cet espace a été l’exposition « Scénarios Cachés » organisé par un jeune commissaire d’exposition en résidence originaire de Turquie, Nesli Gül, avec des œuvres de Kardelen Fincanci et d’Ismaïl Egler. Les œuvres, réalisées spécialement pour ce spectacle étaient concentrées sur la notion d’obéissance à l’intérieur de différentes structures sociales, dont le monde de l’art lui-même.


Daniel Kötter, ‘Théâtre d’Etat Lagos/Téhéran/Berlin’ (2011), installation Galerie Raf 

Le second spectacle de la galerie Raf qui vient d’ouvrir était une exposition par un vidéaste et cinéaste expérimental allemand Daniel Kötter (autre artiste en résidence à Sazmanab). Son film en trois parties Théâtre d’Etat Lagos/Téhéran/Berlin (2011) s’intéresse aux structures architecturales et aux histoires dérangeantes entourant la construction de ces opéras dans ces trois villes. Durant l’exposition, la galerie a aussi hébergé une discussion sur le rôle des institutions culturelles au sein d’un contexte urbain.


Atelier International d’artistes Raybon

Une autre collaboration fascinante est celle de l’atelier international d’artistes Raybon ; une galerie commerciale, la galerie Mohsen, adopte certaines caractéristiques d’un espace public. Cette initiative, organisée par le centre d’art Raybon en collaboration avec Sazmanab, a vu des artistes iraniens, indiens, chinois, libanais et sud-africains travailler ensemble étayés par une série de discussions, de présentations d’artistes et d’ateliers portes ouvertes. Tout ce travail a culminé dans un spectacle final qui a duré deux semaines. L’une des œuvres les plus surprenantes produites durant l’atelier a été un collage minimaliste de peinture par la photographe Katayoun Karami ; jusqu’à présent elle avait principalement travaillé sur l’autoportrait. Il est réconfortant d’assister à ces évènements et à ces initiatives qui se passent à Téhéran pour tenter de remplir le vide créé par le manque de structure institutionnelle adéquate.

Il n’est pas possible de parler des institutions artistiques en Iran sans mentionner le Musée d’Arts Contemporains de Téhéran qui comporte une grande collection d’art occidental s’étalant du postimpressionnisme au minimalisme des années 1970. Dans le passé, il était impliqué dans le développement de la pratique des arts contemporains dans le pays. Inauguré en 1977, deux ans avant la révolution de 1979, le musée a été le premier au monde des musées d’art contemporain. Cependant, ces dernières années, ses activités se sont considérablement réduites et il ne semble plus avoir d’influence sur la scène de l’art contemporain en Iran. Pendant tout le temps de ma visite en Iran, le musée abritait une exposition majeure de Günther Uecke, organisée en collaboration avec l’ambassade d’Allemagne.


Sara Assefi, installation partie d’un spectacle de groupe « Hors du Temps », galerie Azad 

Les galeries de Téhéran sont terriblement dynamiques, les expositions changent toutes les semaines ou toutes les deux semaines ; les espaces artistiques y ont un rythme différent des occidentaux qui font tourner leurs expositions toutes les six ou huit semaines. L’un des faits saillants de mon voyage a été le spectacle solo de Shahla Hosseini, une artiste maintenant connue au niveau international ; elle n’expose que rarement, même en Iran ; sa pratique est fondamentale à la progression de l’art contemporain iranien. Les peintures d’Hosseini, réalisées en technique mixte et ses collages inspirés par Joseph Beuys dans des vitrines de verre sont pleins d’histoires personnelles et même sentimentales. L’un des plus beaux espaces  de Téhéran, la galerie Aoun, a exposé un spectacle de groupe intitulé « Extraterrestre » sous la direction du commissaire d’exposition Babak Etminani ; il se concentrait sur l’abstraction en peinture et en sculpture.


« Extraterrestre », installation, commissaire Babak Etminani, Galerie Aoun

La politique est présente dans tous les aspects de la vie urbaine en Iran et les artistes cherchent constamment de nouvelles façons de s’engager dans le débat politique. Mojtaba Amini commence par les controverses profondes de la société iranienne, regardant au-delà des problèmes les plus visibles des relations entre les sexes, de la guerre et de l’ambition nucléaire. Sa première exposition solo, à la galerie Aaran, réfléchissait sur la situation actuelle du pays dans des œuvres pleines d’anxiété pour le futur. La galerie Azad est probablement l’espace commercial le plus expérimental et le plus ouvert intellectuellement à Téhéran. Je ne pouvais m’empêcher d’y retourner et j’y ai d’abord vu une exposition brillante du photographe Mehran Mohadher, qui centre sa pratique sur une enquête perpétuelle sur les possibilités de ce moyen d’expression. Quelques heures avant de me rendre à l’aéroport, je me suis arrêtée à la galerie pour revoir « Hors du Temps », une exposition de groupe d’une exceptionnelle qualité réalisée par 18 nouveaux diplômés dans le domaine de l’art. L’exposition affirmait que la nouvelle génération d’artistes en Iran possédait le potentiel pour faire avancer l’art, pour développer un langage plus sophistiqué de l’expression artistique tout en restant fidèle à son engagement social. J’ai hâte d’être de retour en Iran pour le voir.

Source : http://blog.frieze.com/postcard-from-tehran/

Semaine 06 pour un Iran Libre et Démocratique


Nouvelles des Prisonniers
A- Transferts
  • Le prisonnier politique Ahmadreza Ahmadpour souffrant d’une multitude de maladies hospitalisé à cause de médicaments administré en prison.
  • Adel Naïmi a été transféré d’Evine à Redjaï Shahr.

B- Arrestations/Incarcérations
  • Deux semaines après sa liberation provisoire, Mahsa Amrabadi est de retour à la prison d’Evine.
  • Le réformiste de premier plan Feyzollah Arabsorkhi est de retour à Evine ; il a quitté l’hôpital avant la fin de son traitement.
  • Le Docteur Latif Hassani, militant Azari, arrêté.
  • L’étudiant diplômé Khaled Mohammadi a arrêté la semaine dernière, aucune nouvelle depuis.
  • Shahram Radmehr, militant Azari, arrêté.

C-Libérations
  • Ali Dehghan, journaliste, libéré sous caution.
  • La prisonnière politique Zahra Mansouri a été libérée provisoirement pour raisons médicales, elle souffre de cancer du sein.
  • Mohammad Tavakoli membre du syndicat des enseignants de Kermanshah est libéré sous une caution de 50 million tomans.

D-Autres Nouvelles
  • Les derviches en grève de la faim Saleh Moradi et Kasra Nouri forcés de signer une lettre disant qu’ils vont bien.
  • 3 prisonniers politiques de Radjaï Shahr se voient refuser la visite de sa famille parce qu’ils ont refusé de porter l’uniforme de la prison..

Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Peine réduite à 1 an + une amende de 600 Toman pour le prisonnier de 85 ans Mohammad Hossein Nakhaei.
  • Après 7 ans de prison un citoyen afghan a été exécuté à la prison de Varamine.
  • 3 exécutions à la prison d’Ispahan mardi.

L’université – la Culture
  • L’Iran débloque le site d’informations Tabnak proche de Mohsen Rezaï.
  • Le site Baztab rapporte qu’il est sujet à des cyber-attaques.

L’économie de l’Iran 
  • Les ouvriers de la voirie de la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad n’ont pas reçu leurs salaires depuis 6 mois.

L’Iran à l’étranger
  • L’ancien dirigeant de la Banque Melli Mahmoud Reza Khavari recherché par Interpol pour fraude.
  • Salehi, lors de reunions séprarées, a rencontré l’envoyé special de l’ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, le premier ministre libanais Nadjib Mikati et le leader de l’opposition syrienne Mouaz Al-Khatib.
  • L’Egyptien Morsi accueille le président iranien à son arrivée au Caire lors de sa visite historique.
  • Le tribunal de l’union européenne juge que l’union devrait abroger les sanctions contre l’une des plus grandes banques d’Iran, la banque Saderat.
  • Décision unilatérale, le ministre des affaires étrangères Salehi annonce que les citoyens égyptiens n’auront plus besoin de visa pour se rendre en Iran.

La politique en Iran 
  • Ahmadinejad nomme le Général Mohammad Hassan Nami Ministre des communications et des technologies d’information. 
  • Les réformistes participeront à l’élection présidentielle dit un ancien ministre.
  • Le parlement a récusé le ministre du travail d’Ahmadenejad avec, 56 voix contre, 24 abstention et 192 voix pour.
  • Mortazavi arrêté lundi pour corruption et libéré mardi.
  • Sur ordre du Guide, le Ministre de la Justice, Sadegh Larijani, renconce à poursuivre Ahmadinejad pour diffamation.

Nouvelles en vrac
  • Une plateforme pétrolière de $40millions disparaît dans les profondeurs.

Sur le blog cette semaine

dimanche 3 février 2013

Survivre au viol dans les prisons iraniennes – Témoignage de Maryam Sabri


Nom Maryam Sabri
Lieu de Naissance Téhéran, Iran
Date de naissance 1988
Profession Commerçante
Interviewer Iran Human Rights Documentation Center (IHRDC)
Date de l’interview 3 décembre 2009
Interviewer                              IHRDC Staff

Témoignage approuvé par Maryam Sabri le 9 novembre 2010

Préambule
Je m’appelle Maryam Sabri. J’ai vingt et un ans et je travaillais dans une compagnie maritime avant de quitter l’Iran.

J’ai été admise à l’université d’art de Téhéran en 2006 et je suis devenue membre du conseil politique de l’université. Je n’étais affiliée à aucun parti politique particulier et je n’avais pas d’activités politiques à l’université. J’ai participé à des programmes et à des manifestations non politiques sur le campus. Néanmoins, le bureau de protection de l’université et l’unité de renseignement de l’université ont décidé de m’exclure temporairement en 2007 et plus tard m’ont confirmé par écrit que je n’avais plus le droit d’assister aux cours. J’ai donc été expulsée définitivement de l’université un an après y avoir été admise.

J’ai commencé à militer politiquement durant l’élection présidentielle de 2009. Après avoir participé aux manifestations, j’ai été arrêtée par des agents en civil et transférée dans un centre de détention que j’ignore où j’ai été maltraitée et violée à plusieurs reprises.

L’élection
Au début, j’hésitais à voter pour l’élection présidentielle de 2009. J’étais même en faveur du boycott de l’élection. Je croyais que voter signifiait que l’on était satisfait du système, mais quand Khatami est entré en jeu, a présenté Moussavi et à demander de le soutenir, j’ai changé d’avis. 
J’ai retrouvé l’espoir et pensé que, si Moussavi était élu, la société s’ouvrirait comme lors de l’époque réformiste de Khatami. J’ai donc rejoint la campagne de Moussavi à Téhéran et j’ai milité pour lui. Je sortais tous les soirs où Moussavi participait à un débat. La passion et l’enthousiasme du peuple étaient pleins de promesses. On scandait : « Ahmadi, bye bye » parce qu’on était sûr qu’Ahmadinejad perdrait l’élection.
Mais nos espoirs ont été anéantis. La république islamique s’est jouée de nous. Nous avions voté mais le régime avait décidé à l’avance du gagnant. Le vote n’était qu’un jeu que le régime jouait avec nous. Nous sommes descendus dans la rue pour déclarer que nous avions été dépouillés de nos votes et pour montrer notre mécontentement du résultat de l’élection. Nous demandions aux supporters de Moussavi et de Karroubi de sortir manifester pour prouver que nous étions plus nombreux que le nombre que le régime attribuait aux votes pour Moussavi et Karroubi.

Les manifestations
J’ai participé à toutes les manifestations jusqu’à mon arrestation le 30 juillet 2009. Je ne me souviens plus des dates mais je me souviens des jours où ont eu lieu les manifestations auxquelles j’ai participé.
Le lundi (15 juin 2009) nous devions commencer la manifestation place Enghelab et marcher jusqu’à la place Azadi, mais les plans ont changé et nous sommes partis de la place Imam Hossein pour aller place Azadi. Le mardi et le mercredi (16 et 17 juin) nous nous sommes rassemblés devant la radio-télévision rue Vali-Asr et place Haft-é-Tir. Le jeudi après-midi nous nous sommes rassemblés place Haft-é-Tir. Le mardi, il y a eu deux manifestations, l’une place Haft-é-Tir et l’autre à Tadjrish. Les manifestants ont défilé de Tadjrish jusqu’à la place Rah-é-Ahan à l’autre bout de la rue Vali-Asr. Le lundi suivant la manifestation était rue Karegar.
Nos manifestations avaient un seul but : exprimer notre protestation contre l’annonce des résultats officiels de l’élection et dénoncer publiquement les tricheries du gouvernement. La plupart des manifestations étaient pacifiques. Nous ne voulions pas affronter les forces de sécurité surtout les agents en civil. Nous scandions des slogans mais nous n’avions pas recours à la violence. Mais parfois, les agents en civil nous incitaient à la violence. Par exemple, les manifestations du mardi et du mercredi devant la radio-télévision répondaient à celle des supporters d’Ahmadinejad de la veille. Nous sommes descendus dans la rue pour montrer notre force, notre popularité et notre nombre, plus important que celui des supporters du gouvernement.
A cette époque, il n’était pas très facile d’informer les gens sur les manifestations. Les téléphones portables ne fonctionnaient pas. Nous nous appelions depuis des téléphones fixes et nous utilisions les réseaux sociaux comme Facebook, Yahoo 360 et les blogs qui n’étaient pas encore bloqués. Il y avait beaucoup de blogs tenus par des militants que nous utilisions pour informer les autres. Notre slogan était « Nous sommes les médias et nous serons forts si nous unissons nos voix. »
Je manifestais habituellement avec quatre ou cinq amis. Deux étaient des camarades de classe de Téhéran. Ils sont actuellement en fuite. Les deux autres ont été arrêtés le même jour que moi et je ne sais rien de ce qu’ils sont devenus.
Les forces de sécurité qui affrontaient les manifestants appartenaient aux forces spéciales de la police de Téhéran, les bassidj et les gardiens de la révolution (IRGC). Elles utilisaient toutes la violence contre les civils et frappaient les manifestants sans pitié. Elles frappaient tout le monde, les garçons, les filles, les jeunes et les vieux. Toutes étaient également brutales.
Il y avait en plus les agents en civil qui affrontaient les manifestants. Il était difficile de savoir s’ils appartenaient à l’IRGC ou à la bassidj. Ils étaient plus agressifs et frappaient les manifestants impitoyablement. Les bassidj de Téhéran ont une apparence bien à eux. Ils portent tous la barbe ou sont mal rasés, les cols de leurs vêtements sont des cols Mao boutonnés jusqu’en haut, des pantalons et des chemises trop larges. Même si les bassidjs ne portent pas d’uniforme, la façon dont ils s’habillent les rend reconnaissables entre tous.
Fedayan-é-Rahbar (les forces spéciales du guide suprême) s’occupaient aussi de la répression des manifestations. Nous reconnaissions les bassidj des Fedayan-é-Rahbar. Il s’agit en fait d’une filiale de la bassidj très dévouée au guide suprême et prête à mourir pour lui. Ils considèrent le guide suprême comme incontestable. Si on l’insulte, c’est comme si on insultait un de leurs proches. Il leur est même plus cher que leurs proches.
On avait l’impression que les forces de sécurité coordonnaient leurs actions. Je pense que nous n’avons pas osé leur demander de s’identifier. Ils nous étaient très hostiles et ne répondaient à aucune de nos questions. Ils étaient venus pour nous battre, pas pour nous aider. Par exemple, je les ai vus battre un jeune-homme rue Haft-é-Tir. Il leur demandait sans arrêt pourquoi ils le battaient mais ils continuaient à le battre sans dire un mot.
A mesure que les manifestations continuaient lors de la première semaine, les forces de sécurité déployées dans les rues augmentaient en nombre. J’ai vu les NAJA amener plus de forces de sécurité en bus et en camionnettes à Téhéran. Par exemple, j’ai vu un NAJA débarquer deux minibus pleins place Vanak.
Habituellement, avant de nous attaquer à la matraque, électrique ou pas, les forces de sécurité utilisaient des gaz lacrymogènes ou des sprays au poivre. Ils nous battaient, nous poursuivaient et nous arrêtaient. Quelquefois nous répondions, nous les frappions et ils s’échappaient. Cela ressemblait au jeu du chat et de la souris. Les agents en civil poursuivaient les manifestants jusque dans les domiciles et les y frappaient. Par exemple, j’étais un soir à Saadatabat, place Kadj avec une poignée d’autres jeunes un samedi soir. Les bassidjs nous ont vu et nous ont poursuivis. Nous avons couru nous cacher. Ils ont extrait quelques jeunes d’appartements et les ont arrêtés. Ils ont aussi arrêté les propriétaires des appartements où ils s’étaient cachés.
Quelquefois les forces de sécurité attaquaient les manifestants pacifiques pour les énerver et les transformer en foule en colère. Par exemple, un lundi, place Azadi, nous défilions de la place Imam Hossein à la place Azadi en scandant des slogans. Nous sommes restés place Azadi puis avons décidé de retourner place Imam Hossein. Au retour, il n’y avait pas de slogans, nous défilions en silence en portant des portraits. Les bassidjs sont arrivés, ont commencé à nous insulter et à nous attaquer. Ils avançaient et nous provoquaient. Rue Azadi, près de la place Enghelab un de leurs groupes s’est mêlé à la foule et a insulté l’épouse d’un des manifestants et a commencé à se bagarrer. C’était des Bassidj en civil et ils portaient une matraque à la ceinture.
Une autre fois, j’ai vu les forces de sécurité en groupe battre des manifestants et des membres de la police secrète qui utilisaient des couteaux et des rasoirs parmi la foule. Je crois que c’était le jeudi place Vanak. Nous étions rue Vali-Asr et nous nous dirigions vers la voie Park. Les forces de sécurité et les bassidjs nous ont attaqués place Vanak et ont battu tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin. L’un d’eux avait un couteau. Je l’ai vu le sortir de sa ceinture et courir vers les manifestants. J’ai eu très peur pour ma vie et je me suis enfuie. Je ne me suis pas arrêtée pour voir ce qu’il faisait de son couteau.
J’ai aussi vu les forces de sécurité tirer sur la foule place Azadi un lundi. Un jeune en est mort. Il avait reçu une balle à l’arrière de la tête. On avait tiré depuis le toit d’un bâtiment de la bassidj. La victime se trouvait juste en face du bâtiment de la bassidj rue Azadi.
J’ai aussi entendu des tirs un jeudi rue Vali-Asr. Les manifestants se rassemblaient habituellement rue Vali-Asr ou place Haft-é-Tir le jeudi. Je me trouvais plus haut dans la rue quand les tirs ont commencé vers la fin du cortège environ deux ou trois rues plus au sud de l’endroit où je me trouvais. Tout le monde a commencé à courir. Nous essayions de trouver un trou pour nous y cacher. Plus tard, j’ai entendu dire que deux personnes avaient été blessées ce jour-là. Je pense que les agents en civil ont tiré directement sur les manifestants alors que les forces en uniforme tiraient en l’air ou utilisaient des chevrotines. J’ai eu la moitié de la jambe meurtrie et j’ai eu mal longtemps.

Arrestation
Le jeudi, 40ème jour de la mort de Neda, je scandais des slogans à Behesht-é-Zahra : « Notre Neda n’est pas morte, c’est le gouvernement qui est mort » « Dictateur, démissionne » « Honte à toi Ahmadi, laisse le peuple tranquille ». Nous portions des fleurs et scandions : « Militaire, mon frère ! Ne tue pas ton frère » Nous donnions les fleurs aux gardes. Nous jetions des pétales dans leur direction. Les gardes n’agissaient pas contre les manifestants. Ils se contentaient d’observer.
Mais, vers 17h00 ou 17h15, certains ont crié « courrez ». Quand je me suis retournée, j’ai vu des masses de bassidjs et de Sepahs derrière nous. Ils étaient environ cent. J’ai commencé à courir dans le cimetière et en courant, j’ai été frappée à plusieurs reprises. Je suis tombée. Quand je me suis relevée, j’étais entourée d’agents en civil. Ils ont commencé à me frapper avec des matraques et à me donner des coups de pied. Puis ils m’ont emmenée. Ils étaient cinq et tous étaient des hommes.
On m’a transporté dans une camionnette blanche qui ne portait aucun signe distinctif. Ils m’ont bandé les yeux et menottée assez vite dans la camionnette. J’entendais le bruit des pas de ceux qui arrivaient tandis que j’étais assise dans la camionnette. Au bout de quelques minutes, la camionnette s’est mise en marche. Ils m’ont posé quelques questions comme mon nom et ont écrit mes réponses dans la camionnette. Beaucoup d’autres personnes ont été arrêtées dont une fille que je ne connaissais pas, j’ignore où elle se trouve maintenant et une de mes amies dont j’ai dit dans la camionnette que je ne la connaissais pas. Nous étions environ cinq personnes arrêtées dans la camionnette dans laquelle je me trouvais et il y avait beaucoup d’autres véhicules pleins de personnes arrêtées. J’ai moi-même compté 7 ou 8 véhicules pleins de manifestants. La seule raison de notre arrestation était d’avoir participé  à la manifestation. Le gouvernement nous traita d’émeutiers.
Je ne sais pas où on m’a emmenée. Il s’est passé beaucoup de temps entre mon arrestation et ma descente du véhicule. Je suppose que je suis descendue de voiture dans une cour qui n’était pas très grande car après quelques pas, j’ai atteint les escaliers. Je les ai descendus jusqu’à un sous-sol. Au bout de quelques pas, on ouvrit une porte métallique. Je me trouvais dans une petite pièce carrée. Je ne pouvais pas m’allonger sur le sol, je ne pouvais que m’asseoir par terre pour étirer mes jambes sur le sol carrelé. Il n’y avait pas de fenêtre, il faisait complètement noir et je ne voyais rien. C’était très sale et ça sentait très mauvais.
On ne m’a pas écrouée à cet endroit. Je ne voyais pas les gardes car on nous bandait les yeux pour nous emmener aux toilettes ou aux interrogatoires. Quand je n’avais pas les yeux bandés, les gardes portaient un masque qui ne laissait voir que leur bouche et leurs yeux.
Je suppose que tous les prisonniers étaient détenus dans des cellules d’isolement. Le silence était absolu quand on m’emmenait de ma cellule aux toilettes qui étaient horribles, si je glissais, je tombais dans le trou des toilettes. Cela ressemblait à des toilettes dans un village éloigné où on aurait creusé un trou sur une pente escarpée avec une forme de triangle sur le dessus. J’avais le droit d’aller aux toilettes 4 à 5 fois par jour.
Je suis restée là pendant 14 jours et j’ai entendu beaucoup de cris, de pleurs et de malédictions. Un jour et demi après mon arrestation je crois, on m’a emmenée pour m’interroger. Les personnes qui m’ont interrogée étaient différentes mais aucune ne m’a dit de quoi j’étais accusée. Je n’ai vu aucun de ceux qui m’interrogeaient sauf le dernier qui m’a débandé les yeux et s’est montré à moi. Il était grand avec des yeux clairs, une peau claire, des cheveux clairs et le nez brisé. Il avait un aspect détestable, un aspect que je n’oublierai jamais jusqu’à ma mort.
Lors de l’interrogatoire, on m’a demandé qui était mon chef, de qui venait les ordres que je recevais, comment je coordonnais mes activités, où j’allais, où je rencontrais mes amis et d’autres questions du même genre. Le premier interrogatoire a duré environ deux heures et demi.
Les deuxième et troisième interrogatoires se sont déroulés comme le premier. Ce n’était pas les mêmes personnes qui m’interrogeaient, mais ils me posaient les mêmes questions. A la fin du troisième interrogatoire, celui qui m’interrogeait s’est mis très en colère et m’a menacé de graves conséquences. Il m’a dit : « Tu cherches les ennuis. S’il t’arrive quelque chose, tu seras la seule responsable. Tu ne pourras t’en prendre qu’à toi. Tu ouvriras peut-être la bouche la prochaine fois. Si tu ne coopères pas avec nous, nous changerons d’attitude à ton égard. » Ce sont les menaces proférées à mon endroit par la troisième personne à m’avoir interrogée. Ensuite, on me renvoya dans ma cellule. Je n’avais pas compris la signification des menaces.

Violée à plusieurs reprises
Le quatrième interrogatoire a commencé comme les autres. On m’a posé les mêmes questions. Puis on m’a dit : « Apparemment, tu ne veux pas parler ? » Quand il a vu que je ne répondais pas, il a ajouté : « Tu ne veux pas coopérer ? » Je suis restée silencieuse. Il a dit : « D’accord, tu voulais ton vote ? Je suis là pour te le rendre. Je vais te le rendre maintenant et tu verras bien ce qu’il valait ». Je l’ai senti m’attraper aux épaules. Il ne m’avait jamais attrapé si fort en me battant. Il me souleva de la chaise et me déshabilla de force. Je criais et je pleurais, je le suppliais, je jurais sur tout ce à quoi je croyais. II a ri et m’a dit : « Je n’ai pas de Dieu ou de prophète. Ne t’en occupe pas. Je pleurais en disant : « S’il vous plait, pour l’amour de Dieu, je ferai tout ce que vous voudrez, tout ce que vous direz. » Il a répondu : « Non, tu n’as pas coopéré au début et maintenant je veux te rendre ton vote. Pourquoi es-tu ennuyée ? Pourquoi pleures-tu ? Ça ne sert à rien de pleurer. Tu as manqué de réflexion et tu as demandé ton vote et maintenant je vais manquer de réflexion et te rendre ton vote. Ne pleure pas. »
Puis, ce qui n’aurait jamais dû arriver arriva. Il me viola. Après je n’étais qu’à demi-consciente quand on me ramena en cellule. Ils agissaient comme si rien ne s’était passé. Ils me jetèrent dans ma cellule. Je ne sais pas combien de temps a passé. Chaque instant me semblait durer des années.
Le cinquième interrogatoire a été mené par un homme différent. On me posa des questions auxquelles j’avais déjà répondu. Puis il me dit : « Apparemment, tu ne veux pas ouvrir la bouche. D’accord. On va se conduire avec toi de la manière que tu comprends. » Il commença de nouveau à me déshabiller. Je hurlais et il riait. Puis il dit : « Même si tu meurs à force de crier ici, personne ne t’entendra. » Puis il me viola pour la deuxième fois. On me renvoya. J’allais aux toilettes avant de rentrer en cellule.
Cela se reproduisit durant le sixième interrogatoire. La seule différence ce fut que cette fois je n’ai pas pleuré, pas hurlé et pas supplié. Celui qui m’interrogeait riait en disant : « Pourquoi ne me supplies-tu pas? Supplie-moi, des fois que je ressente de la pitié et que je te laisse partir. Pleure, pleure pour que je te laisse partir. Je vais peut-être avoir pitié de toi. » Mais c’était comme si je savais déjà ce qui allait se passer et cela ne m’importais plus. Je n’ai pas pleuré, je n’ai pas supplié parce que j’étais sûre de ce qui allait se passer. On me renvoya en cellule.
La fois suivante, quand on m’emmena pour m’interroger, on me posa les mêmes questions puis on me viola. Celui qui m’interrogeait retira le bandeau de mes yeux et je vis son visage. Il s’assit face à moi et commença à parler. Il demanda : « Veux-tu qu’on te laisse partir ? Veux-tu rester vivante ? Veux-tu revoir le monde extérieur ? » Je pleurais et lui répondit : « Oui. Je ferai tout ce que vous direz mais laissez-moi partir. Tuez-moi ou laissez-moi partir. Ne me faites plus de mal comme ça. » Il rit et dit: « Non, on ne va pas te tuer tout de suite. On va te laisser partir mais il y a une condition, il faudra que tu ailles où on te dit d’aller et que tu fasses ce qu’on te dira de faire. Et il ne faudra pas parler à âme qui vive de ce qui s’est passé ici. Si tu en parles, on te tue, tu ne resteras pas vivante. Nous te suivrons constamment et on ne te laissera pas nous échapper. Si tu agis mal, tu ne resteras pas vivante. Comme beaucoup d’autres qui sont morts sans que personne ne le sache, toi aussi tu mourras. » J’ai pleuré et j’ai dit : « Bon, d’accord, laissez-moi partir. » Alors il me menaça de nouveau : « Tu as une dette envers moi. Si tu sors, tu feras tout ce qu’on te dit. »
Il me dit encore qu’on m’emmènerait au tribunal et qu’il fallait que je m’y prépare. Il ajouta que, si j’étais gentille, le tribunal me relaxerait et que si je n’étais pas gentille, je n’arriverai jamais jusqu’au tribunal.
On me relâcha à condition que je coopère avec eux. Je finis par dire : « Je ferai ce que vous voudrez, laissez-moi juste le temps de me remettre ». Il rit et me dit : « Mais tu vas bien. Tu ressens peut-être des douleurs, dans les os, des luxations. Mais rien de cela n’est important. Tu es toujours vivante. » J’ai dit « D’accord ». Je devais collaborer avec eux, participer aux manifestations, prendre des photos et filmer, me débrouiller pour connaître les participants, savoir combien ils étaient. C’était leur plan mais je n’ai jamais participé aux manifestations après cela et je n’ai pas coopéré avec eux.
On me ramena en cellule. Il se passa quelques temps. Puis ils arrivèrent, je gravis les escaliers que j’ai dû descendre. J’ai atteint la cour et j’ai senti l’air frais. On me mit dans une voiture et on me relâcha au parc Tchitgar. C’était le crépuscule, il faisait sombre. J’ai découvert que nous étions le 14 août 2009.

Après la libération
Après ma libération, ils m’appelèrent trois ou quatre fois sur mes portables. J’avais deux cartes SIM. Je pensais qu’ils n’en connaissaient qu’une. On me dit : « On va t’appeler et t’ordonner où tu dois aller et ce que tu dois faire. » Je demandais où et il ajouta : « Cela ne te regarde pas. On te le dira quand il faudra que tu le saches. » Puis il m’intima l’ordre de ne pas couper mon portable, d’être joignable et de répondre aux appels. Il ajouta : « On te dira où tu dois te rendre pour nous rencontrer. Nous avons quelque chose pour toi. »
J’avais très peur. J’ai éteint mon téléphone et jeté ma carte SIM. J’ai ensuite reçu un appel à minuit. Je ne pensais pas que c’étaient eux qui appelaient. On me dit : « Tu as pensé pouvoir nous échapper ? » J’ai répondu que mon portable avait des problèmes. Il a commencé à m’injurier : « Pourquoi as-tu éteint ton portable ? Pourquoi ne répond-tu pas ? Où diable étais-tu ? Pourquoi n’es-tu pas rentrée à la maison ? Tu croyais qu’on plaisantait avec toi ? » J’ai raccroché et jeté ma carte SIM.
Deux jours plus tard, je quittais l’Iran pour la Turquie. Je me suis rendu au bureau de l’ONU où j’ai rempli un dossier.
J’ignore qui était responsable de mon arrestation. Après ma libération, j’ai eu une interview télévisée ce qui a poussé le gouvernement à admettre dans un article que c’était l’IRGC qui m’avait arrêtée.
Après ma fuite, on a arrêté mon frère et mon père. Mon père a été détenu trois jours. Il a été cité à comparaître devant le tribunal révolutionnaire. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé. Cela fait maintenant cinq ans que je n’ai pas eu de contact avec mon père, que je ne lui ai pas parlé. Mon cousin, avec lequel j’étais en contact par email, m’a mise au courant de ce qui était arrivé après mon départ. Il m’a dit que mon père et mon frère subissaient des pressions pour me demander de revenir au pays et de faire des aveux télévisés pour dire que j’avais menti et que je n’avais pas été violée en prison.

Source : http://www.iranhrdc.org/english/english/publications/reports/3401-surviving-rape-in-iran-s-prisons.html?p=24#.UQGuP7-7W2B

samedi 2 février 2013

Semaine 05 pour un Iran Libre et Démocratique


Nouvelles des Prisonniers
A- Transferts
  • Le militant étudiant Amir Tchamani transféré du bloc d’isolement à celui des ateliers à la prison centrale de Tabriz.
  • Le membre du parti Pan-Iraniste Milad Deghan [43 jours d’interrogatoires à l’isolement ] transféré au bloc 8 de la prison de Karoun.
  • Le prisonnier politique Reza Sharifi Boukani transféré de Radjaï Shahr, Karadj au bloc 209 d’Evine à Téhéran.

B- Arrestations/Incarcérations
  • Sassan Aghaï, journaliste, arrêté.
  • Pouria Alemi, journaliste, arrêté.
  • Emily Amraï, journaliste, arrêtée.
  • Saba Azarpeik, journaliste arrêté.
  • Djavad Daliri, journaliste, arrêté.
  • Soran Daneshvar, étudiant kurde arrêté à Marivan.
  • Ali Dehghan, journaliste à Bahar, arrêté.
  • Nargues Djoudeki, journaliste, arrêtée.
  • Milad Fadaei Asl, rédacteur en chef du department politique de l’agence de presse ILNA a été arrêté.
  • Taher Faghih, étudiant de l’ayatollah Dastgheib, arrêté à Shiraz.
  • Davar Ghassemi, étudiant kurde arrêté à Marivan.
  • Saman Mahmoudi, étudiant kurde arrêté à Marivan.
  • Keyvan Mehregan, journaliste, arrêté.
  • Zana Moeini, étudiant kurde arrêté à Marivan.
  • Le journaliste Soleiman Mohammadi a été arrêté.
  • Ali-Akbar Montadjebi, journaliste, a été arrêté.
  • Pejman Moussavi, journaliste, a été arrêté.
  • Fatemeh Saghartchi, journaliste, a été arrêtée.
  • Motahereh Shafiei, journaliste, a été arrêtée et libérée le lendemain.
  • Arash Shaltooki, derviche Gonabadi, arrêté à Ispahan et transféré à Evine.
  • Reyhaneh Tabatabaï, journaliste, arrêtée.
  • La journaliste Nasrine Takhiri a été arrêtée.
  • Hossein Yaghtchi, journaliste arrêté.

C-Libérations
  • Le chanteur populaire Arya Aramnejad libéré de la prison de Babol à la fin de sa peine.
  • Djafar Gandji, membre emprisonné du mouvement de la liberté bénéficie d’une liberté provisoire pour assister aux funérailles de sa mère.
  • Le rédacteur en chef de Maghreb, Mohammad Mehdi Emami-Nasseri, libéré après 120 jours de prison.
  • Le journaliste membre du front de la Participation, Mehdi Mahmoudian en liberté provisoire.
  • Didar Raufi libéré de la prison de Redjaï-Shahr à la fin de sa peine.

D-Autres Nouvelles
  • Le derviche Gonabadi Hamid Moradi a été sévèrement battu au bloc 209 d’Evine.
  • Le Zoroastrien emprisonné Abolfazl (Pouria) Shahpari n’a pas obtenu de liberté provisoire pour aller voir sa mère qui commence une chimiothérapie.

Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Le pasteur Saïd Abedini a été condamné à 8 ans de prison.
  • Hamed Malek Abadi, militant azéri, condamné à 6 mois de prison.
  • Le derviche Gonabadi, Ali Moazami, a été condamné à 2 ans de prison par le juge Salavati à Téhéran.
  • Amputation de quatre doigts à la prison de Sari.
  • 6 exécutions à la prison d’Ispahan dimanche dont 2 femmes.
  • Une pendaison à la prison de Myaneh lundi.
  • Une pendaison à la prison de Tabriz mardi.
  • 5 exécutions à la prison de Kerman mercredi.

L’université – la Culture
  • Sama et Cyrus Sabeti ont été expulsés de l’université de Babol parce qu’ils sont bahaïs.
  • Le site d’information Tabnak, proche du conservateur Mohsen Rezaei, bloqué par les autorités iraniennes.
  • Les autorités iraniennes ont bloqué les sites web Baztab Emrooz et Iranian History.
  • Cyber attaques iraniennes contre les journalistes de Radio Farda.
  • Les bureaux des journaux réformistes Etemad, Bahar, Asseman et Shargh ont été attaqués par les forces de sécurité.

Manifestations
  • Un groupe de coupeurs de canne à sucre du complexe agroindustriel Karoun de Shoushtar manifeste depuis 7 jours devant le bureau du président à Téhéran..

L’économie de l’Iran 
  • $1 = de 3800 à 3900 Toman – Euro 1 = de 5200 à 5300 toman mercredi.
  • $1 = à plus de 4000 Toman – Euro 1 = 5500 toman jeudi.

L’Iran à l’étranger
  • Omar Hakim, président du conseil islamique suprême d’Irak, est arrivé en Iran.
  • Hossein Amir Abdollahian, secrétaire d’état aux affaires étrangères pour les pays arabes et africains s’est rendu en Jordanie.
  • Une grosse cargaison d’arme interceptée au large du Yémen, on pense qu’elle viendrait d’Iran.
  • L’inde va ouvrir un centre culturel en Iran.
  • Une délégation universitaire chinoise visite l’Iran.
  • La Haute Cour Européenne annule les sanctions contre la banque Mellat.

La politique en Iran 
  • Le conseil iranien des gardiens approuve la nouvelle loi électorale retoquée.
  • L’ancien procureur mis en accusation Saïd Mortazavi démis de ses fonctions.

Nouvelles en vrac
  • Explosion à la centrale nucléaire de Fordow  -24 ouvriers ensevelis, ce que les autorités iraniennes démentent.
  • L’Iran envoie un singe à bord d'une capsule dans l'espace.
  • Le seul et unique Geopark iranien disparait de la liste de l’UNESCO.