dimanche 10 mai 2015

La démolition de la maison d’un prisonnier bahaï – Fereshteh Ghazi – 24 avril 2015


La résidence secondaire de Djamaledine Khandjani, membre du conseil bahaï emprisonné, a été démolie par les agents de sécurité de la ville de Semnan. D’après un membre de la famille, on leur a dit qu’ils avaient 48 heures pour évacuer la maison et le lendemain, bien qu’ils aient obtenu un ordre de la cour suprême de repousser la démolition, la maison, située au milieu d’un champ, a été détruite au bulldozer.

Djamaledine Khandjani, membre du conseil des sept bahaïs d’Iran, est emprisonné depuis 2009 sans aucune permission de sortie. Il a été condamné à 20 ans de prison. Fouad Khandjani, son petit-fils, et Navid Khandjani, autre membre de la famille, sont également emprisonnés.

Siavosh Khandjani, autre membre de la famille et la belle-sœur de Djamaledine, ont dit à Rooz que la pression sur leur famille a augmenté depuis la détention de leur oncle. Il ajouté que la pression était systématique et avait commencé par l’arrestation de Djamaledine. Il a ajouté que la terre sur laquelle était bâtie la maison démolie leur appartenait depuis bien avant la naissance du bahaïsme, que la maison avait un permis de construire datant de 18 ans et était la résidence de la famille. « Le terrain possède un titre de propriété datant de 100 ans mais les autorités disent que le propriétaire en est inconnu et que le titre n’est pas reconnu. Elles ont aussi trouvé des failles dans la maison et qu’elle était plus grande que sur le permis de construire.

Ils nous ont donné 48 heures pour évacuer ils ont détruit 270 mètres carrés de la maison et ont prétendu que la construction ne respectait pas le permis de construire. Mais un tribunal avait jugé en leur faveur auparavant sur ce sujet.»

 Il a raconté l’histoire de la ferme : la famille n’a pas reçu d’argent du gouvernement pour construire la maison ou cultiver la ferme qui comprend plus de 40 hectares d’arbres fruitiers. « Mais à l’époque de la récolte, ils ont bloqué la route menant à la ferme, nous empêchant ainsi de commercialiser de 200 à 300 tonnes de fruits. Il y a quelques années, ils ont détruit une citerne que nous avions construite pour la ferme alors même que nous avions obtenu toutes les autorisations nécessaires. Nous avions un accord de métairie de 30 ans qu’ils ont violé et nous ont forcés à vendre tout notre bétail.

Même s’il y a plus de 200 ans que nous possédons cette terre, bien avant la naissance même du bahaïsme, ils ont installé un poste de sécurité et ont commencé à fouiller tous les véhicules et tous les individus. Les gardes révolutionnaires et le bureau de renseignement de Semnan ont décrété que la région était une zone militaire et ont établi un poste près de la maison qu’ils viennent de détruire. Nous, nos animaux et même nos plantes ne sommes pas à l’abri des invasions. Ils nous ont empêchés de conduire nos troupeaux dans des régions plus chaudes, ce qui a conduit à de nombreuses pertes.»


Parlant de Djamaledine qui est en prison, un membre de la famille dit : « Il a plus de 80 ans et avait un commerce prospère avant la révolution de 1979. Il était responsable des affaires de la communauté bahaïe en Iran jusqu'à 2008. Il n’a eu aucune permission pour visiter sa famille. Il a été opéré du cœur à l’hôpital et a été ramené en prison juste après. Fouad est le petit-fils de Djamaledine et lui aussi est en prison depuis quatre ans ; sa peine se termine dans quelques mois ; lui non plus n’a pas eu de permission. Sa sœur Lava va maintenant finir de purger sa peine dans quelques mois. Navid, le fils de mon frère, a porté plainte car il n’a pas pu poursuivre ses études supérieures ; en réponse, il a été condamné à 12 ans de prison. Il y a deux semaines, il a été hospitalisé pour des douleurs à l’estomac et a été opéré. Il est pourtant jeune, mais il a été hospitalisé de nouveau. »
Siavosh Khandjani dit : « Beaucoup de membres de notre famille sont musulmans et nous vivons ensemble, nous participons aux cérémonies les uns des autres. Ce sont les gardes révolutionnaires et l’agence du renseignement qui sont durs avec nous. Nous ne savons vraiment pas combien de temps ils veulent continuer ainsi. »

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