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samedi 12 février 2011

Profil de prisonniers - Mahdieh Golrou


Mahdieh Golrou, militante étudiante à qui on a interdit la poursuite de ses études, était responsable de l’association islamique de la faculté d’économie de l’université Tabatabaï et vice-présidente de l’association islamique de l’université Alameh Tabatabaï en 2006. Après avoir critiqué le gouvernement d’Ahmadinedjad et avoir essayé de sauver l’association islamique des étudiants, elle a été interdite de poursuite d’études et expulsée deux mois avant son examen final.

Mahdieh Golrou avait été arrêtée à deux reprises auparavant pour s’être occupée d’autres étudiants expulsés ; elle a passé une semaine en prison en 2007 après avoir fait un sit-in devant l’université Alameh Tabatabaï de Téhéran pour protester de son expulsion de l’université.

Elle avait été condamnée à un an de prison lors d’une de ses arrestations antérieures. Elle a purgé cette peine qui s’était ajoutée aux autres.

Arrestation

Mahdieh Golrou a été arrêtée en même temps que son époux, Vahid Lalipour, à 07h00 du matin le 3 décembre 2009 après que leur domicile ait été envahi par de nombreux agents des forces de sécurité. Le couple a été transféré au bloc 209 de la prison d’Evine. L’arrestation de son mari, qui n’a jamais exercé d’activités politiques, a été utilisé lors des interrogatoires de Mahdieh Golrou pour la forcer à collaborer et l’obliger à faire de faux aveux alors qu’elle était à l’isolement. L’arrestation de son époux devait la forcer à reconnaître sa collaboration avec les Modjahedine Khalgh (MKO), ce qu’elle a toujours refuser de reconnaître. Son époux a finalement été libéré sous caution fin février, après deux mois d’incarcération. Il a été de nouveau arrêté quelques mois plus tard et condamné à un an de prison.

Le 29 décembre 2010, pendant une visite dans une cabine, Mahdieh Golrou a informé sa famille de son terrible état de santé suite à une maladie intestinale. Elle a finalement été transférée à la section générale réservée aux criminelles et assassins dangereuses après presque trois mois d’isolement. Durant son incarcération, elle a développé une maladie intestinale à cause de l’état sanitaire et du manque d’eau potable. En dépit de son terrible état physique, le 9 mars 2010, les autorités de la prison lui ont refusé la visite de sa famille pour la troisième fois consécutive, puis une autre fois le 17 mars 2010 pour la quatrième fois. Après plusieurs mois d’attente, elle a finalement pu rencontrer sa famille le 29 mars 2010.

Accusations et verdict

Le dossier de Mahdieh Golrou a été examiné par la 26ème chambre du tribunal révolutionnaire présidée par le juge Pir Abassi. Elle était accusée de « propagande contre le régime », de « réunion et collusion contre le régime » et de « coopération avec les Modjahedines Khalgh (MKO). La première audience a eu lieu le 5 avril 2010. Après le procès, elle a été transférée au bloc 209 et de nouveau interrogée pendant plusieurs heures.

Le 11 avril 2010, la 26ème chambre du tribunal révolutionnaire a condamné Mahdieh Golrou a 2 ans et 4 mois de prison.. Son avocat, Amir Raissian n’a pas eu l’autorisation d’assister à l’audience ; Mahdieh Golrou a donc été obligée de présenter seule sa défense, sans assistance juridique.

Le verdict a été révisé le 7 juillet 2010 par la 54ème chambre de la cour d’appel et énoncé le 25 juillet 2010 : 2 ans de prison.

Suivi

Mahdieh Golrou a souffert de nombreuses maladies durant son incarcération. Le 2 mai 2010, en dépit se son état, on lui a refusé les soins médicaux. Le 9 juin 2010 elle aurait été transférée à l’infirmerie en raison d’une maladie intestinale grave. Les autorités de la prison lui ont de nouveau refusé l’accès à un médecin.

Le 22 juillet2010, l’époux de Mahdieh Golrou a déclaré lors d’une interview que lors d’une visite récente elle s’était plainte de nombreux maux. Comme le médicament qui lui était nécessaire était fabriqué à l’étranger, les autorités de la prison ont refusé qu’on le lui apporte. Le 8 septembre 2010, son état de santé aurait de nouveau été déplorable.

Comme beaucoup d’autres prisonniers politiques, on a souvent refusé à Mahdieh Golrou le droit de recevoir des visites de sa famille et de son mari. Le 31 août 2010, au bout de quatre mois elle a finalement pu rencontrer son mari.

Le 7 novembre 2010, Mahdieh Golrou et d’autres prisonnières politiques ont été transférées au bloc Méthadone de la prison d’Evine. Ce bloc est une salle fermée d’environ 30 à 35 mètres de long qui abritent des criminelles dangereuses et des droguées. Les prisonnières du bloc méthadone n’ont accès à l’air libre que moins d’une heure par jour. Elles n’ont pas accès à la bibliothèque de la prison ni au téléphone. Les prisonnières n’ont droit à des visites avec leurs familles que dans des cabines.

A de nombreuses reprises, Mahdieh Golrou a été privée de ses droits à recevoir la visite de sa famille, a commencé une grève de la faim le 21 décembre 2010. Bien qu’elle l’ai brisée quelques jours plus tard, le 28 décembre, elle a été accusée « d’influencer défavorablement l’opinion publique » par la 4ème chambre du tribunal d’Evine. Elle donc repris sa grève de la faim et a de nouveau été privée des visites de sa famille.

Au bout de deux semaines, elle a finalement pu rencontrer sa famille le 5 janvier 2011. Une semaine plus tard, le 11 janvier 2011, elle aurait de nouveau été privée de ce droit.

Sources : http://www.rahana.org/prisoners-en/?p=1332



mardi 30 novembre 2010

Le Viol en Iran - Kate Allen

« Le viol n’est pas un coup porté à une personne mais à toute une famille. Une victime de viol ne guérit jamais au fil du temps qui passe. A chaque regard du père, les blessures se rouvrent. » Bahareh Maghami victime de viol en Iran, Avril 2010

Répercutant les rapports des groupes de droits humains, les médias britanniques se sont récemment fait l’écho du cas d’une jeune femme d’Iran, « Leyla » qui a été enlevée, détenue et violée par les forces de sécurité de ce pays parce que son fiancé était impliqué dans les manifestations qui ont suivi les élections présidentielles controversées de l’année dernière.

C’est une histoire terrible et malheureusement pas unique. Suite aux manifestations post-électorales, les autorités iraniennes ont réprimé avec une incroyable sévérité quiconque ressenti comme impliqué dans la critique du statu quo. Des milliers de personnes ont été arrêtées, les étudiants, les avocats, les journalistes, les syndicalistes et les militants des droits humains étaient plus principalement visés. Des centaines de personnes ont ensuite été jugées de façon inéquitable lors de « procès mis en scène » de masse et certains ont été exécutés. Mais au fur à mesure des libérations, les détails des maltraitances, y compris de viol d’hommes et de femmes, revenaient de plus en plus souvent.

Les autorités iraniennes reconnaissent quelques maltraitance au centre de détention de Kharizak, dont les anciens détenus sont sortis avec des histoires de viol, de torture et d’une situation atterrante qui a conduit a au moins trois morts, mais en dehors de ça, la réaction du gouvernement iranien a été de réfuter et de réprimer toutes les autres allégations de maltraitance.

Ebrahim Sharifi, étudiant de Téhéran de 24 ans, a été arrêté par des fonctionnaires de la sécurité en civil en juin 2009 et été mis à l’isolement pendant une semaine avant d’être relâché. Il a dit à Amnesty avoir été attaché, les yeux bandés et battu avant d’être violé. Il a aussi été soumis à des séries de coups et à des simulacres d’exécution.

Quand il a tenté de porter plainte, les agents du renseignement l’auraient menacé ainsi que sa famille. Le juge en charge du dossier lui a dit : « Peut-être vous a-t-on payé…si vous persistez dans votre plainte, vous le paierez certainement en enfer. » La commission d’enquête judiciaire a déclaré que ses allégations de viol étaient fabriquées de toutes pièces et avaient des motifs politiques.

Deux anciens membres de la milice bassidj soutenue par le gouvernement et vivant désormais au Royaume Uni ont dit aux médias britanniques qu’ils ont été témoins de viols systématiques d’hommes et même de jeunes hommes dans un parc de la ville méridionale de Shiraz. D’autres membres de la bassidj ont poussés des jeunes hommes et même de jeunes garçons dans des conteneurs maritimes dans le parc où les viols avaient lieu. Ils se sont plaints tous les deux à leurs supérieurs ce qui les a conduit à être obligés de quitter l’Iran.

Les détenues relatent fréquemment des insultes sexuelles et des menaces de viol. Zahra Kamali, étudiante arrêtée en juillet 2009, a raconté à Amnesty International que ceux qui l’interrogeaient l’avaient accusé de vouloir coucher avec d’autres hommes et avaient tripoté sa poitrine. Elle a dit que sa codétenue d’alors, une militante féministe, avait été encore plus maltraitée. « Elle nous a dit qu’on lui avait fixé des câbles électriques sur les mamelons et donner des chocs électriques. Elle allait si mal qu’elle s’évanouissait parfois dans la cellule. »

Ce sont les femmes qui sont le plus discriminées par la loi iranienne ; le témoignage d’une femme au tribunal par exemple ne vaut que la moitié de celui d’un homme. Ceux qui font campagne pour les droits des femmes continuent à être harcelés, intimidés et arrêtés. Amnesty fait campagne pour Ronak Safazadeh, qui a fait campagne pour les droits des femmes, emprisonnée en 2009 pour 5 ans sur des accusations qui semblent forgées de toutes pièces.

Tous les viols sont de graves violations des droits humains. Mais la violation a encore plus de sens quand le violeur est un fonctionnaire. Le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture affirme que le viol est une torture quand il est perpétré par des fonctionnaires ou à leur instigation. Les organismes internationaux et régionaux de défense des droits humains ont entériné le fait que le viol par des fonctionnaires est toujours une torture et ne peut être considéré comme un simple acte criminel.

L’usage du viol comme forme de torture (ou comme une arme de guerre) ne se limite certainement pas à l’Iran. Mais ça ne veut pas dire que ces rapports puissent être ignorés. Une enquête international sur les droits humains en Iran a été refusée par le gouvernement : il n’a pas donné son autorisation d’entrée à 8 rapporteurs des droits humains de l’ONU et il utilise les réunions de l’ONU pour réfuté les rapports sur les violations des droits humains.

La situation des droits humains en Iran est devenue si terrible qu’Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres organisations en ont appelé la semaine dernière au Secrétaire Général de l’ONU pour qu’il nomme un émissaire spécial pour enquêter et faire un rapport plus détaillé sur la situation des droits humains en Iran.

Tout ceci n’améliorera pas beaucoup la situation de ceux mentionnés dans cet article comme Leyla, Ebrahim et Zahra. Mais la communauté internationale doit s’assurer, pour eux et pour d’autres innombrables Iraniens, qu’on ne se concentra pas uniquement sur les plans nucléaires de l’Iran mais aussi sur les droits humains de son peuple.

Kate Allen, Directrice d’Amnesty International pour le Royaume Uni

Source: http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/iran/8102358/Rape-in-Irans-prisons-the-cruellest-torture.html