Affichage des articles dont le libellé est Saeed Jalali. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Saeed Jalali. Afficher tous les articles

mardi 30 décembre 2014

Deux ayatollahs et un nouveau patron pour le parlement – Issa Saharkhiz – 26 décembre 2014


Bien avant que la composition du prochain parlement ne se dessine, les machinations pour le poste de président du parlement ont déjà commencé dans certains partis politiques.

Tout indique que les totalitaires en Iran ont décidé d’installer le perdant de l’élection présidentielle de 2013 au perchoir ou tout au moins d’en faire le chef de la faction intégriste.
Il semble que les deux principaux ayatollahs (Ali Khamenei et Mesbah-Yazdi) ont accepté qu’un ayatollah « 100% islamique » devienne le prochain guide suprême, ce qui ouvrirait la voie au rêve du remplacement de la « république islamique » par un « état islamique ».

Les rapports des médias conservateurs révèlent que l’ayatollah Mohammad-Taghi Mesbah-Yazdi s’appuie sur le front de la fermeté, une association de groupes conservateurs de droite, et s’efforce d’installer son protégé au prochain parlement tout en répandant sa notion d’un « parlement islamique ».

Les rapports confirment qu’Ahmadinejad écarte le plus controversé de ses lieutenants, Rahim Mashaï pour prendre le dessus sur le sale plan de Yazdi. Ce religieux, qui ne s’est pas mêlé de politique pendant les années de la révolution et durant le règne de Khomeiny, se réinvente en appelant à imposer un « guide suprême absolu », et non limité par les lois, la constitution, l’opinion publique, etc.., tout en travaillant sur la direction du prochain parlement.

Son but est d’obtenir la majorité des sièges du prochain parlement pour les membres du front de la fermeté ou les intégristes (conservateurs durs), très liés avec le front, pour que Saïd Djalili soit le prochain président du parlement. Il se débarrasserait ainsi du président actuel Ali Laridjani, qui a établi des relations de travail avec Rouhani, et ainsi ouvrir la porte à plus de confrontations avec le gouvernement d’Hassan Rouhani. D’après ce plan, Kamran Bagheri-Lankarani deviendrait le premier vice-président du parlement pour pouvoir changer la nature du régime de république en théocratie absolue.

Ce qui rend ce plan plus inquiétant est que l’ayatollah Khamenei appuie le processus d’islamisation. De son point de vue, il compenserait l’échec de l’élection présidentielle de 2013 et offrirait une promotion à Saïd Djalili de représentant du guide suprême au conseil national de sécurité à chef de la branche législative du gouvernement. Djalili a récemment fait le tour de ses idées sur tout ce que le public connaît, y compris son idée négative sur le sort des dirigeants du Mouvement Vert.

On ne peut oublier le conseil qu’on a donné à Djalili quand il a perdu la présidentielle : « Faites attention aux quatre ou cinq millions de personnes qui ont voté pour vous ; ils sont importants d’un point de vue qualitatif et il faudra les mobiliser et les utiliser à l’avenir. » Il semblerait que « l’avenir » soit advenu.

Ce qui devrait inquiéter les masses, c’est la composition des centres de pouvoir dans le futur ; au lieu de s’intéresser aux problèmes de la majorité des Iraniens, ce groupe sera en quête de ses rêves totalitaires.

Il est clair que la position clé dans ce jeu est celle de ministre de l’intérieur. Ce rapport montre que le ministre actuel se situe à des kilomètres du programme du gouvernement modéré actuel. Le ministre est un supporter dévoué des plus proches alliés et camarades d’Ahmadinejad. La nomination d’Ismaël Nadjar, gouverneur de Kerman durant la présidence Ahmadinejad, au poste de secrétaire d’état d’où il dirige également le comité de crise du gouvernement, indique les penchants de Nadjar.

L’absence de nomination d’un secrétaire d’état politique dans ce ministère après la démission de Kazem Mirvalad en est un autre exemple. Ce poste jouit du contrôle absolu sur le processus électoral au niveau national. Ceci a récemment été confirmé par les débats au parlement pour les candidats aux postes de gouverneurs des provinces ; les penchants des députés durs et de ceux du front de la fermeté sont alignés avec les points de vue de Rahmani Fazli plutôt qu’avec ceux des alliés et conseillers de Rouhani.

Puisque le but ultime des conservateurs durs ne se limite pas au contrôle du prochain parlement mais s’étend à la limitation des programmes du gouvernement actuel modéré et même au limogeage du président aussitôt que possible ou à l’élimination de sa candidature pour un second mandat, il semble que Rouhani n’ait d’autre choix que de remanier son gouvernement pour en faire une équipe unie pour éviter tout sabotage interne.

Le ministre de l’intérieur est un poste clé dans les décisions sur lesquelles Rouhani doit se concentrer. 

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/december/26/article/two-ayatollahs-and-a-new-majlis-boss.html

dimanche 29 juin 2014

Des prisons pleines de journalistes – Fereshteh Ghazi – 23 juin 2014

Ces deux derniers jours, nous avons été témoins d’assignations à comparaitre et d’arrestations de militants civiques et des médias en Iran. Mashallah Shamsolvaezine, journaliste éminent et membre de l’association iranienne des journalistes, a été convoqué et interdit de sortie du territoire, Reyhaneh Tabatabai, journaliste ayant travaillé pour le journal réformateur Shargh, a été arrêtée et envoyée à la prison d’Evine, Saba Azarpeik est toujours détenue à l’isolement depuis plus d’un mois et Mehdi Khazali, critique éminent des excès du gouvernement iranien qui a fait la une quand il a déclaré que l’ancien président Ahmadinejad avait des origines juives, a de nouveau été arrêté et emmené à la prison Radjai Shahr de Karaj.

Mohammad-Saleh Khazali, fils de Mehdi, a déclaré à Rooz qu’il ne savait pas pourquoi son père avait été arrêté. « Mes parents voyageaient au nord de l’Iran près de Mahmoudabad-Nour vendredi lorsque des agents ont arrêté mon père et l’ont transféré à la prison de Radjai Shahr. Ils n’ont donné aucune justification à son arrestation mais ils étaient bien en possession d’un mandat d’arrêt. Ils ne nous ont rien dit d’autre. On nous a appelés de la prison de Radjai Shahr et on a laissé un message sur le répondeur nous expliquant que notre prisonnier était en quarantaine. On nous a également dit que notre prisonnier était en bonne santé. »

Nous lui avons demandé si cette détention était liée au dossier précédent ou s’il s’agissait d’un nouveau dossier à son encontre, le fils Khazali a déclaré : « Je n’en ai aucune idée. S’il s’agit du dossier précédent, il a été amnistié par le guide suprême. S’il s’agit d’un nouveau dossier, on aurait alors dû le convoquer dans les règles pour lui expliquer la cause de cette arrestation. Ils se sont juste précipités et l’ont emmené. Mon père avait reçu une lourde peine de 14 ans et a été libéré suite à l’amnistie décrétée par le guide suprême. Quand on a vu que mon père continuait à travailler, ils ont remis l’amnistie en questions. »

Il y a quelques mois, Khazali a déclaré que le procureur d’Ispahan avait ouvert un nouveau dossier à son encontre pour trouble à l’ordre public et insulte à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions. Il a dit que c’était son treizième dossier et a ajouté que ce dossier n’avait pas fait l’objet d’une instruction mais avait été envoyé directement au tribunal. Mehdi Khazali avait dit auparavant que le procès pour ce nouveau dossier devait avoir lieu en février/mars de cette année, qu’il ne s’était pas rendu au tribunal mais avait envoyé une requête pour connaitre l’identité du plaignant. Khazali a été incarcéré six fois depuis l’élection présidentielle controversée de 2009 et a fait de nombreuses grèves de la faim durant ses incarcérations.
Arrêtée et interdite de sortie du territoire.

Une autre journaliste, Reyhaneh Tabatabai a été envoyée à la section féminine d’Evine après son arrestation pour purger sa peine de six mois pour un nouveau dossier. Elle a été jugée coupable de « propagande contre le régime » accusation basée sur son adhésion à l’association de la jeunesse nationale durant l’élection présidentielle de 2013, sa participation à un rassemblement de jeunes réformateurs a Shahr-e-Kord, à ses voyages dans les provinces du Sistan-Baloutchistan et de Gorgan et à des insultes sur sa page Facebook contre les candidats Said Djalili et Mohammad-Bagher Ghalibaf. Une caution de 200 million de tomans (environ $60.000) a été déposée il y a quelques jours mais elle est toujours en prison pour purger sa précédente peine. Elle avait également été arrêtée auparavant à deux reprises en 2010 et 2012 et avait, les deux fois, été libérée sous caution.

Parlant à l’agence de presse estudiantine ISNA de son arrestation, Shamsolvaezin a déclaré : « J’ai reçu deux citations à comparaitre ce matin, la première du tribunal d’Evine me convoquant dans les trois jours pour fournir des explications, faute de quoi, je serai arrêté. La seconde ne précise pas qui me convoque mais m’annonce mon interdiction de sortie du territoire, ajoutant que je peux me rendre au tribunal dans un délai de 20 jours pour faire appel de cette interdiction. » Sa dernière arrestation était liée à l’élection de 2009 ; il avait alors été également interdit de sortie du territoire. Cette interdiction expirait l’année dernière.
Aucune nouvelle d’une autre journaliste

La situation de Saba Azarpeik reste obscure et elle n’a eu aucun contact avec les membres de sa famille depuis son incarcération le 28 mai. Sa mère a posté une note sur sa page Facebook : on lui a intimé l’ordre de ne pas parler et de ne pas diffuser de nouvelles de la détention de sa fille faute de quoi, on l’a menacée de s’en prendre à sa fille.

Madame Azarpeik a expliqué : « Saba est restée à l’isolement pendant 24 jours, nous n’avions aucune nouvelle d’elle et de la cause de son incarcération. Il est très dommage que dans un pays islamique, dont les dirigeants se prétendent des fidèles de l’islam, où ceux qui interrogent les détenus et les enquêteurs se qualifient de musulmans, la plupart des droits des musulmans ne soient pas respectés. Ils me menacent en disant que si je poste quoi que ce soit sur Facebook, le dossier de ma fille serait en danger. Je ne connais pas de religion où les enfants soient otages et où l’on menace les mères de mettre en danger la vie de leurs enfants.
Je me suis rendue au tribunal pendant deux jours mais je n’ai pas reçu ce qu’on m’avait promis. J’ai rêvé que ma fille me contactait et qu’on la forçait à me dire de ne parler à personne de sa visite sinon, si le premier assesseur du tribunal l’apprendrait et cela jouerait contre elle. Je ne l’ai pas revue après cela. Je dis à ceux qui l’interrogent, si mon angoisse pour ma fille vous réjouit, alors au moins MAN UP  et relâchez-la : sa grand-mère ne peut plus manger, on est obligé de la nourrir à la cuiller, elle réclame sans arrêt sa petite-fille, récite des poèmes en pleurant et ne dort plus de la nuit. Où est l’humanité, où est l’islam ? »

D’après sa mère, Saba est accusée de propagande contre le régime.

Saba a été arrêtée le 28 mai ; les autorités ont contacté sa famille une seule fois mais sans lui donner les raisons de son arrestation.

Elle a été arrêtée en même temps que 18 autres journalistes la fois précédente. Sa mère a expliqué que, lorsqu’ils avaient envahi leur domicile, ils avaient giflé son fils alors que toute la scène était filmée, puis l’avaient emmenée devant ses yeux. « Je voudrais dire aux autorités que ce n’est pas une façon de traiter les jeunes. La prison n’est pas une solution, elle produira l’effet contraire. »

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/june/23/article/filling-prisons-with-journalists.html