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jeudi 1 juillet 2010

Rooz/Nooshabeh Amiri: Fermez le parlement, mes frères!

29 juin 2010

Nooshabeh Amiri - nooshabehamiri@yahoo.com

Ceux qui ont perpétré le coup d’état en Iran se battent contre l’autre faction de droite, qui ne s’est pas encore totalement rendue aux règles de l’administration sécuritaire et militaire d’Ahmedinedjad ; cette dernière faction est soutenue par Khamenei lui-même. La bataille entre les deux factions atteint de nouveaux sommets puisque l’enjeu en est désormais la plus grande institution d’enseignement supérieur d’Iran, à savoir l’université Azad (libre). On se bat pied à pied, pour une maison ou une chaise. Les taliban iraniens ne sont pas les moins inquiets de l’obscurantisme qui attend la patrie dans l’atmosphère actuelle à l’intérieur de l’Iran comme à l’extérieur.



Dans la situation actuelle, disons le tous ensemble : Mes frères en civil ! Etudiants Bassidj ! Vous tous dont le sang rentre en ébullition dès que le guide suprême ordonne et dont l’agitation retombe grâce à un soda, envahissez le parlement qui est encore inconscient que l’amusement législatif va bientôt se terminer.



Vous tous, fermez la soi-disant maison du peuple dont les résidents ont réussi le test de qualification mis en place par le conseil des gardiens pour devenir « des superviseurs nommés », choisis pour participer au jeu de la démocratie mais qui en sont arrivés à croire en cet l’amusement et au rôle qui leur a été assigné et, ce faisant, ont déplu au guide de la république islamique.



Mettez fin à ce parlement où l’on entend encore un peu parler de loi et où l’on voit quelques agissements dans l’intérêt national du pays. Fermez ce parlement qui ne votre pas de résolution condamnant le Mouvement Vert et qui n’a pas approuvé l’exécution des dirigeants de la soi-disant conspiration verte.



Fermez ce parlement qui demande parfois calmement : Où vont les milliards de dollars du trésor public ? Que sont devenues les enquêtes sur le massacre de la cité universitaire de Téhéran ? Où sont ceux qui ont commis des crimes à la prison de Kahrizak ? Pourquoi le président a-t-il cédé le pays aux gardes révolutionnaires ? Qu’en est-il du plan quinquennal de développement ? Que sont ces accords signés quotidiennement avec des pays dont la nation ne connaît même pas le nom ? Pourquoi écrire ces lettres insensées aux dirigeants du monde entier ? Pourquoi mettre quotidiennement le feu dans un coin du monde et mettre notre Iran en danger ? Pourquoi ces relations avec des terroristes internationaux ? Et bien d’autres questions encore !



Fermez ce parlement complètement afin que chacun sache qu’aucune question ne doit être posée, aucun discours prononcé à l’ère de Khamenei, à l’âge du successeur de l’imam, ou même à l’âge du prophète, comme vous le nommez. Fermez le parlement pour que tous, nous y compris, voient combien nous étions niais de faire attention au despotisme religieux et même d’accepter la dictature militaire sans voir approcher ce jour !



Hezbollah ! Milicien en civil ! Etudiant Bassidj ! Viens sur le terrain. Achève cette dernière étape. Ne compte sur nous pour le faire. Ferme le toi-même. Nous ne sommes que de la poussière (comme l’a proclamé Ahmadinedjad) et nous respectons le parlement. C’est à toi de fermer le parlement, toi qui scandais hier à l’unisson : « Nous ne voulons pas d’un parlement libre ! »






dimanche 24 janvier 2010

Ali Larijani, en réserve de la dictature

A quoi joue Ali Larijani? La suractivité du  président du parlement iranien (Majles) et le ton employé dans ses prises de position laissent penser qu’il pourrait être utilisé par le pouvoir comme solution de recours dans le cas où la mise à l’écart de Mahmoud Ahmadinejad devenait inévitable.

Dans une posture quasi présidentielle, Larijani enchaîne voyages à l’étranger et tournées en province, discours très critiques visant le gouvernement Ahmadinejad et mises en garde à l’égard du mouvement vert.

Estampillé "conservateur pragmatique" et élu par une forte majorité des députés conservateurs à la tête du Majles, Larijani devient de plus en plus critique à l’égard du bilan des gouvernements Ahmadinejad et des méthodes employées. "Il faut arrêter de gouverner le pays en adoptant des positions extrémistes et en prenant ses rêves pour la réalité", disait-il il y a quelques jour lors d’un déplacement en province.

Le clan conservateur au Parlement n’a plus rien d’un bloc monolithique soutenant le guide Khamenei. Les partisans de Larijani s’opposent désormais ouvertement à Ahmadinejad alors que les parlementaires proches de ce dernier ne ratent pas une occasion pour critiquer le manque de soutien de Larijani au gouvernement (surtout dans la tempête actuelle). Le député pro-Ahmadinejad Hosseinian a ainsi présenté avec fracas sa démission la semaine dernière pour montrer sa grande déception et pour lancer un avertissement à Larijani. Une démission mise en scène, puis retirée après une rencontre avec Khamenei. 

Dans son discours, Larijani a pointé du doigt l’échec du gouvernement dans la lutte contre le chômage, dans l’instauration d’un climat de confiance pour promouvoir les investissements nationaux et internationaux, dans le contrôle de l’inflation et du niveau de liquidité injectée dans l’économie (impression massive de billets étant un sport national en Iran). Il a aussi fustigé les dépenses de fonctionnement du gouvernement en les qualifiant de très élevées ainsi qu’un manque de rigueur dans la planification budgétaire.

Comment peut-on imaginer une seule seconde que ce tandem de choc puisse gouverner un pays traversé par une crise politique majeure et asphyxié par une crise économique d’une ampleur sans précédent?

Dans son opposition au mouvement vert non plus, Larijani ne veut pas laisser l’initiative à Ahmadinejad. Dans le même discours, il condamne l’approche utilisée par ceux qui ont contesté les résultats de l’élection présidentielle en précisant que ces contestataires n’ont pas voulu agir "dans le cadre la loi", ni suivre le "chemin préconisé par le guide Khamenei".

Enfin, Larijani ne rate pas une occasion pour louer la vision et la sagesse du guide Khamenei, en particulier pour confronter les événements postélectoraux. Un guide qui, rappelons le, a nommé Sadegh Larijani, le frère d’Ali, à la tête du pouvoir judiciaire.

Larijani se positionne et se met en réserve d’un régime dictatorial qui pourrait sacrifier tel ou tel pion pour passer une tempête et survivre un peu plus. Mais sa démarche sape davantage l’autorité d’Ahmadinejad et fait vaciller encore plus les piliers du régime.