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samedi 3 juillet 2010

Le Mouvement est devenu clandestin – Dernière partie de l’interview d’Ahmad Batébi

Par Maryam NY



Maryam: Tout le monde fondait de grands espoirs sur le 11 février (22 bahman). Cependant, les grandes manifestations ne se sont pas matérialisées. Les forces de sécurité ont réprimé tous azimuts. Pourquoi n’a-t-on pas pu manifester comme pour l’Ashoura (27 décembre) ou lors de la journée de l’étudiant (7 décembre) ?



Batebi: Comme je l’ai mentionné, plus le temps passe et plus le régime s’immunise et apprend à opprimer et réprimer la population. Et pourtant il y a eu quelques manifestations.



L’un des points marquants consécutifs aux élections, c’est que le ministère du renseignement, principal organe de sécurité, n’a pas réussi à contrôler la population par ses méthodes et opérations traditionnelles. C’est l’IRGC qui a pratiquement pris le contrôle des opérations sécuritaires et a également pris le renseignement sous sa coupe. L’IRGC agit de façon beaucoup plus impitoyable – ils frappent et tuent.



Nous avons vu les événements qui ont suivi le 27 décembre. L’un des problèmes de l’IRGC était qu’ils avaient fait confiance aux chiffres et aux statistiques fournis par le ministère du renseignement concernant le nombre de personnes qui allaient ou devaient se rassembler sur les principales places. Ils avaient reparti les tâches et leurs forces suivant ces chiffres quelque peu erronés. De plus, la population avait changé de stratégie Ceux qui la dirigeait depuis l’étranger avaient prévu de déjouer toutes les prévisions et le régime n’arriva pas a contrôler le peuple. En conséquence, l’IRGC a agi plus professionnellement la fois suivante. Ils ont déployé davantage de forces et ont gardé le contrôle le 11 février.



Le Mouvement Vert n’a pas de radio, de télé ou de journaux et ne peut pas diffuser les nouvelles et l’information comme le fait la république islamique. La différence entre le 27 décembre et le 11 février, c’est qu’à l’Ashoura (27 décembre) il y avait des cérémonies religieuses partout, les gens pouvaient donc se trouver n’ importe où en ville. La population assistait à ces cérémonies le mouvement pouvait donc être partout à la fois. Mais le 11 février, les itinéraires avaient été choisis à l’avance. Si le mouvement voulait se montrer, il devait suivre ces itinéraires. Les rues avaient été fermées depuis la veille.



Un de mes amis en Iran m’a dit qu’il était accompagné d’un de ses amis possédant une carte de membre de la bassidj. Ils ont voulu se rendre au rassemblement. Il m’a raconté : « Nous voyions des groupes de Bassidj venant de Qom, Mashhad, etc… et ils ne nous laissaient pas passer. L’organisation était tellement stricte qu’aucun étranger à l’organisation ne pouvait passer. Plus nous approchions de la place Azadi, plus le processus de sécurité se resserrait et ils nous ont empêché d’arriver jusqu’à la place. Nous leur avons dit que nous étions bassidjs. Ils nous ont demandé le mot de passe. » Ce qui prouve qu’ils avaient un mot de passe pour empêcher quiconque sauf eux de rentrer sur la place.



La question était, pourquoi le Mouvement Vert n’a pas réussi ? Les autres s’étaient organisés à l’avance. Ils avaient formé des équipes pour empêcher tous ceux qui n’en faisaient pas partie de rejoindre le rassemblement et ils avaient bloqué toutes les rues. Quand le pouvoir est aussi puissance, voilà le résultat. Auparavant, la population assistait aux manifestations 20 à 30 jours bien déterminés et c’était un succès. Mais ce jour là elle n’a pas pu à cause d’un régime bien organisé. Ce n’était pas du à la faiblesse du mouvement mais parce que nous n’avions pas les mêmes moyens à notre disposition que le régime.



Maryam: Après le 11 février, beaucoup de sympathisants du mouvement du peuple iranien en occident se sont écartés. Je ne veux pas dire que nous assistons à un déclin mais la situation se calme. Pourquoi est-ce arrivé ?Est-ce à cause du 11 février ?



Batebi: La perception que le monde extérieur a du mouvement est très différente de celle de l’intérieur de l’Iran. Le monde occidental ou les médias pensent que mouvement veut dire manifestations, s’il y en a plus, le mouvement n’existe plus. Nous savons pourtant que la culture du peuple iranien est différente de celle de l’étranger. Ecrire des slogans en vert et distribuer des K7 et des vidéos montrent que le mouvement est bien vivant. Le mouvement apprend à survivre sans risquer des morts et des arrestations. Le mouvement est en train de se transformer.



Quand un mouvement entre en clandestinité, pendant un court laps de temps, les militants ralentissent le rythme et ça dans tous les mouvements sociaux dans le monde entier. Ce n’est pas de la léthargie mais plutôt une période de transformation. Nous sommes dans cette phase actuellement. Quand il y aura des manifestations en juin, il y aura moins d’arrestations, de personnes tuées, ce qui permettra au peuple d’apprendre. Il est naturel que le gouvernement apprenne à réprimer le peuple et que le peuple apprenne comment résister.



Maryam: Vous voulez dire que le mouvement entre dans la clandestinité ?



Batebi: Oui et il faut qu’il le fasse. Lors de la révolution de 1979 également le mouvement est devenu clandestin. C’est pourquoi il a gagné.



Maryam: On dit que les médias occidentaux ne se concentrent pas assez sur les droits humains et trop sur le nucléaire ?



Batebi: Eh bien, c’est vrai, mais nous ne pouvons pas demander au monde d’être ce que nous voudrions qu’il soit. Le monde dit, c’est ma langue et ce sont les problèmes qui m’intéressent. Nous ne pouvons pas dire pourquoi vous intéresser à ce sujet ? Il faut voir ce qu’ils veulent diffuser. Il nous faut le publier et le présenter aux médias comme un package bien formaté.



Le nucléaire inquiète le monde. Il inquiète les gouvernements et cette inquiétude est reflétée dans les médias depuis le sommet. Le nucléaire iranien est important pour la communauté internationale car il met en danger la sécurité du monde. Les gouvernements y sont attentifs et transmettent leur inquiétude aux médias. Les droits humains sont transmis aux médias depuis la base et les médias à leur tour peuvent les transmettre aux gouvernements. Il faut tenir les médias informés de tous les cas de violations des droits de l’homme. Il faut leur envoyer des films, des rapports, des traductions et des articles. Alors les médias les publieront et les diffuseront ; en conséquence, les gouvernements y prêteront attention.








dimanche 14 mars 2010

Père du médecin de KAHRIZAK: "Identifiez et poursuivez les assassins de mon fils!"

Interview du père de Ramin Pourandarjani avec Rooz. Ramin Pourandarjani était le médecin du centre de détention de Kahrizak où le régime pratiquait des actes de torture et de barbarie conduisant à plusieurs décès dans les semaines qui ont suivi l'élection du 12 juin 2009.
 
Version anglaise

Identifiez et poursuivez les assassins de mon fils 

La première audience du procès du centre de détention de Kahrizak s’est tenue hier à huis clos tandis que les véritables coupables des crimes sont toujours en poste au gouvernement, dans l’armée et la justice. Les parents de Ramin Pourandarjani, médecin rattaché au centre de détention qui avait examiné certains des détenus assassinés et a lui-même été assassiné mystérieusement, ont dit à Rooz qu’ils exigeaient que les assassins de leur fils soient identifiés et poursuivis.
 
Un procès pour rien!

Le bureau de communication du tribunal militaire a annoncé hier que le procès des accusés des crimes liés au centre de détention de Kahrizak s’est tenu à huis-clos, et aucun détail n’a filtré des noms des accusés.
Le bureau de communication a déclaré: « Les inculpations de tous les accusés dans ce procès, au nombre de 12 leur ont été lues ; les charges qui pèsent contre eux et les accusations leur ont été expliquées par le juge. »
D’après l’annonce du tribunal militaire, Saïd Mortazavi, identifié par la commission d’enquête spéciale du tribunal comme l’accusé principal dans le procès de Kahrizak, n’est pas au nombre des accusés.
 
Les commandants de la police Radan et Ahmadi-Moghaddam sont d’autres fonctionnaires qui sont aux yeux du public, les vrais exécuteurs des crimes commis en cet endroit. Certains détenus libérés de l’horrible lieu de détention, ont témoigné que Radan avait assisté à plusieurs séances de torture et avait joué un rôle direct dans les crimes horribles qui y avaient été commis. Les deux commandants continuent d’occuper leurs postes en république islamique et ne font pas partie des accusés de ce procès.
 
Ambiguïté du rapport du juge d’instruction 
Dans le même temps, le procès de Kahrizak ne comprend pas la plainte de la famille de Ramin Pourandardjani, un docteur mort mystérieusement alors qu’il était affecté à Kahrizak. On a d’abord annoncé qu’il était mort d’une attaque cardiaque  puis d’un suicide. Le bureau du juge a fini par annoncer que le jeune docteur avait été empoisonné.

Le père de Ramin Pourandardjani, Réza Ghole Pourandardjani que la dernière information reçue était le rapport du juge d’instruction qui, aux yeux de la famille Pourandardjani n’est pas claire.
Il a expliqué : « Nous avons porté plainte et exigé que le meurtrier soit identifié et poursuivi et nous suivons notre plainte. »
 
Le père de Ramin Pourandardjani a expliqué : « Le bureau du juge d’instruction a dit que Ramine avait été empoisonné, mais le rapport du juge est très ambigu et nous ne pouvons accepter cette théorie. Il leur faut maintenant expliqué comment il a été empoisonné et par qui ? »

Lire aussi:

Crime contre l’Humanité à KAHRIZAK (I)

Crime contre l’Humanité à KAHRIZAK (II)

En Iran, l’horreur de la prison de Kahrizak percée à jour

mercredi 17 février 2010

jeudi 11 février 2010

Les événements de la journée du 11 Février 2010 (22 Bahman 1388)

Le peuple iranien s'apprête à vivre une journée décisive ce jeudi 11 Février 2010 (22 Bahman 1388). Ce 31ème anniversaire de la victoire de la Révolution Islamique de 1979 sera utilisé par le Mouvement Vert pour une véritable démonstration de force. Sur ce blog, nous allons suivre heure par heure les évènements de cette journée historique. Toutes nos pensées vont aux martyres du mouvement vert, à ceux qui subissent les pires tortures dans les prisons infâmes du régime et à leurs proches.   



  • Voici ce qu'est la République Islamique

  • Zahra Rahnavard, l'épouse de Mir Hossein Moussavi a été agressée par des miliciens et frappée à coup de poing et de matraque (source source). Les manifestants verts ont pu finalement la protéger et l'extraire des mains de ses agresseurs.
  • Mir Hossein Moussavi a bien pris part à la manifestation mais a dû se réfugier dans une maison  pendant quelques heures pour des raisons de sécurité et quitter les lieux et se couvrant. Nous attendons la confirmation de cette nouvelle. Le régime se sert déjà de cette "fuite" et prétend que Moussavi "s'est enfui caché sous un tchador". Cette information est démentie par le site Kalameh proche de Moussavi. Plus d'information ici.
  • Arrestations massives confirmées à Shiraz et Mashhad.
  • Blog de Delphine Minoui du Figaro en Français: ici  
  • Le nombre de manifestants devant les bâtiments de l'IRIB augmente. Les heurts continuent à cet endroit. 
  • Article de Libération ici 
  • Poster géant des guides de la révolution islamique déchiré! Et le reportage de CNN ici



    16h30 (heure de Téhéran) 

    • Blog remarquable du Guardian avec de nombreux vidéos (en anglais): ici
    • Ariashahr serait complètement entre les mains des manifestants. Une quarantaine de personnes ont été arrêtées selon des témoins. Il y a eu des tirs de balles et de gaz lacrymogènes.
    • Manifestations importantes à Esfahan et Ahvaz

    16h00 (heure de Téhéran) 

    • 20 personnes arrêtées à Shiraz, au moins 100 à Mashhad.
    • Couvre-feu, régime militaire par excellence. Violence partout. Répression totale.
    • Les forces de l'ordre tentent de disperser les manifestants avec des tirs en l'air.
    • Hossein Karoubi: "Les violences de ce jour sont les pires depuis 8 mois".
    • Hashemi Rafsanjani a pris part à la manifestation ce jour.
    • Les manifestants font honneur au poster géant de Khamenei!! A voir absolument.

      15h30 (heure de Téhéran)
      • Non confirmé: un manifestant tué à Shiraz
      • Leila Zareï a été tuée ce jour (27 ans, Place Valaliasr)
      • Les manifestants se donnent rendez-vous sur les grandes places de la capitale à 16h heure locale.
      • Des heurts importants signalés devant les bâtiments de la Télévision d'Etat.
      • Les Basijis ont tiré sur les manifestants à Amirabad.
      • Plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés à Sadeghieh
      • Plus d'une centaine de manifestants ont été arrêtés à Mashhad, la plupart des jeunes et des étudiants
      • Des manifestants se regroupent par centaine dans les quartiers Nord. Beaucoup de monde autour de la Place Vanak.
      • Les forces de l'ordre se sont introduits dans l'hôpital Ebn-Sina où plusieurs manifestants blessés étaiet soignés. Les manifestants se sont opposés à cette agression.
      • Pour l'instant, les verts ont du mal à se rassembler en très grand nombre. Dès qu'un groupe se forme et se met à scander des slogans, il est immédiatement attaqué par les forces de l'ordre.
      • Ahmad-Reza Radan donnerait des ordres à ses troupes pour plus de répression (son
      • Des manifestants auraient lancé des pierres aux forces en charge de la sécurité de la prison d'EVIN
      • Photo des forces de l'ordre à Sadeghieh ce jour et un autre photo très inquiétante malheureusement



      14h30 (heure de Téhéran) 
      • Selon une information non confirmée, une personne aurait été tuée à Shahrak Gharb
      • De nombreux membres des familles de prisonniers politiques se sont regroupés devant la prison d'EVIN. EVIN sera une cible cruciale, un symbole fort.
      • Des heurts se poursuivent sur l'aile Sud de la Place Vanak
      • Le réseau des téléphones portables est quasiment coupé. Les heurts se poursuivent dans les quartiers Nord de la capitale. Les foyers sont très dispersés. Les forces de l'ordre pourraient être complètement débordées d'ici quelques heures. Prions qu'il n'y ait pas un bain de sang. 
      • Plus de vidéos ici
      • S'approcher de la prison d'EVIN devient totalement interdit. Il faut voir si les manifestants vont insister et ce que sera la réaction des forces spéciales en charge de tenir cette prison. 
      • Des forces spéciales anti-émeutes en moto et armées de bâtons entrent en action.
      • 4 jeunes femmes ont été arrêtées sur la Place Haft-e Tir et emmenée vers un endroit inconnu. Les manifestants verts ont essayé de les suivre sur plusieurs kilomètre pour les sauver sans résultat.

      13h30 (heure de Téhéran) 
      • La manifestation à Sadeghieh prend de l'ampleur et se dirige progressivement vers la Place Azadi.
      • DES MANIFESTANTS SE DIRIGERAIENT VERS LA PRISON D'EVIN. Embouteillages monstres sur les boulevards périphériques Yadegar et Chamran.
      • Environ 10000 manifestants d'Ariashahr se dirigeraient vers la prison d'Evin, le haut lieu des tortures et des exécutions. 
      • L'article du New York Times sur les événements de ce jour: ici
      • De nombreuses arrestations ont été signalées. 
      • Manifestation très importante en cours à Mashhad.
      • France 24: Anniversaire de la Révolution islamique sous haute tension à Téhéran: ici
      • Rien ne semble arrêter les manifestants. Ils n'ont pas peur. Leur nombre augmente au fur et à mesure. 
      • Des heurts importants signalés sur les avenues Vessal, Fatemi, Sattarkhan, Karegar et sur les Places Vanak et Kaj.
      • Le petit fils de l'Ayatollah Khomeini a été arrêté. Rien ne va plus entre la famille Khomeiniet le régime.
      • Radio JARAS en farsi: ici
      • Voila à quoi ressemble le métro à Téhéran aujourd'hui :


      12h30 (heure de Téhéran)   
      • Un très grand nombre de manifestants verts sont des les grandes avenues.
      • Les forces de l'ordre ont tiré sur les manifestants verts à Ariashahr.
      • Associated Press: les manifestants verts à 500 m du podium d'Ahmadinejad
      • Des manifestations à Ahvaz sont confirmées.
      • Des heurts importants sur la Place Vanak et avenue Vessal pour éviter que les manifestants ne se dirigent vers la Place Azadi.
      • Des heurts importants sont signalés entre les miliciens habillés en civil et les manifestants verts. Le nombre de manifestants vert n'arrête pas d'augmenter. 
      • CNN couvre les évènements en Iran de façon continue!! www.cnn.com/iran
      • Les basijis (milices appartenant aux Gardiens de la Révolution) attaquent les voitures qui klaxonnent en soutien aux manifestants qui chantent "Mort à Khamenei", "Mort aux Dictateurs".
      • Les Chancelleries européennes ont boycotté les cérémonies officielles pour la célébration du 22 Bahman en signe de protestation contre l'attaque de plusieurs ambassades européennes hier par des éléments du Basij "étudiant". 
      • Les manifestants réclament haut et fort un referendum! "Referendum, Referendum, Tel est le slogan du Peuple": vidéo ici 
      • Vidéo de la manifestation de ce jour


      12h00 (heure de Téhéran)   
      • Des tirs entendus à Isfahan.
      • Les images et les sons retransmis par la Télévision d'État ne se correspondent pas! C'est ridicule! IRIB est le roi du PhotoShop et du léger différé! La vue de l'horizon (normalement utilisée pour montrer l'ampleur de la manifestation) a une couleur artificiellement ... verte pour fondre dans la masse les manifestants!
      • Des heurts signalés à Shiraz sur la Place Setad.
      • Le frère de l'ancien Président Khatami ainsi que son épouse ont été arrêtés.
      • Des "Morts aux Dictateurs" entendus à la Télévision d'État pendant le discours d'Ahmadinejad!
      • Il est très difficile d'accéder aux sites d'information de l'intérieur d'Iran. Les logiciels anti-flitrage ne peuvent plus fonctionner correctement.

      11h30 (heure de Téhéran)   
      • Ali Karoubi, le fils de Mehdi Karoubi a été arrêté (confirmé).
      • France24 a commencé sa couverture: ici
      • Des manifestants ont été arrêtés sur la Place Enghelab et transporté dans les locaux d'un cinéma.
      • L'ancien Président Khatami a été aperçu parmi les manifestants. Son véhicule aurait été attaqué aussi. 
      • Confirmation: Karoubi et ses gardes du corps ont bien été agressés
      • Des heurts ont été signalés sur l'avenue Ashrafi-Esfehani. Des tirs auraient été entendus.
      • Le site FarsNews, l'agence de presse du régime, n'est pas accessible!!
      • Les forces de l'ordre auraient chargés les manifestants avec des gaz lacrymogènes. sur la Place Sadeghieh. Un témoignage non confirmé fait état de l'arrivée de Mehdi Karoubi sur cette Place.

      11h00 (heure de Téhéran) 

      • Ahmadinejad a commencé son discours. CNN retransmet en direct les images de IRIB2.
      • Des manifestants verts auraient commencé à scander des slogans anti-régime sur l'aile Est de la Place Azadi.
      • Présence massive des verts sur Place HafteTir et les trottoirs autour de la Place Enghelab (Révolution)
      • Un auditeur de ePersianRadio: Karroubi a été agressé. Son véhicule a été attaqué.
      • Les journalistes étrangers n'auront le droit que de couvrir le discours d'Ahmadinejad!
      • Un très grand nombre de manifestants verts seraient sur la Place Azadi.
      • Ahmadinejad est arrivé sur la Place Azadi à 10:06 heure locale. Images retransmises sur la Télé d'État (IRIB). Les plans sont très restreints de peur de retransmettre les manifestants verts en direct.
      • Les forces de l'ordre et les unités spéciales anti-émeutes sont stationnées dans les mosquées et les bâtiments publics près de la Place Azadi pour intervenir.
      • Confirmation: les blindés anti-émeutes importés de la Chine sont positionnés devant IRIB (la Télévision d'État).
      • Un très grand nombre de manifestants sont positionnés sur la 2ème Place (Falakeh) Sadeghieh et attendent l'arrivée de Mehdi Karoubi pour se diriger ensuite vers la Place Azadi.   

      9h30 (heure de Téhéran)
      • Des véhicules anti-émeute de fabrication chinoise aurait été vue vers l'avenue Jam-e-Jam. Leur importation avait fait scandale. La Chine n'est décidément pas dans le camp de la liberté. 
      • De très nombreux manifestants verts sont regroupés sur la Place Sadeghieh où Karoubi devrait joindre les manifestants vers 10h heure locale. Il aura besoin d'être protégé. Il avait congédié ses gardes du corps suite aux agressions qu'ils avaient subies lors de précédentes manifestations.
      •  Tabriz est en ébullition. Des slogans contre le régime autour du Bazar.
      • Ahmadinejad va prendre la parole dans 2 heures environ
      • Présence massive de forces de l'ordre sur l'avenue Kargar, au nord de la Place Enghelab (Révolution)
      • Des photos incroyables de la libération de prison d'Evin en 1979 (ici). Un blogger se demande si nous allons assister à des scènes identiques aujourd'hui...

      4h30 (heure de Téhéran) 
      • Esmaïl Ahmadi-Moghaddam, le commandant des forces de l’ordre et Ahmad-Reza Radan son substitut (le bourreau de la prison de KAHRIZAK) ont l’un et l’autre émis des mises en garde extrêmement sévères à l'égard des manifestants qui ne respecteraient pas les valeurs et les slogans du régime. Dans une autre dépêche, l'agence de presse gouvernementale Fars News fait part d'une période incarcération d'au moins 2 mois pour tous ceux qui seraient arrêtés par les forces de l'ordre ce 22 Bahman.
      • Des véhicules blindés lourdement armés appartenant aux Gardiens de la Révolution (Sepah) sont entrés il y a quelques heures dans l'enceinte de la Télévision et de la Radio d'État (IRIB). Des unités spéciales des Gardiens sont en charge de protéger les lieux sensibles du pouvoir (source - source). La Télévision d'État a été sous le feu des critiques du mouvement vert pour sa partialité et sa censure impitoyable.
      • Des unités du Basij seraient positionnées dans la proximité de la Place Azadi (Liberté), sur le campus de l'Université Sharif (qui se situe à deux pas de la Place) et dans les bâtiments gouvernementaux. La Place Azadi sera l'épicentre de la manifestation du 22 Bahman et l'endroit où Mahmoud Ahmadinejad prononcera son discours (source). Ces unités devraient tout faire pour éviter que les manifestants verts ne puissent accéder à la Place Azadi pour perturber la manifestation officielle et interrompre le discours d'Ahmadinejad. 
      • Les parcours proposés pour les verts et le parcours officiel pour la manifestation sont précisés ici
      NB: Sources Twitter, Jaras, Peykiran, ParlemanNews
      NB: Les magnifiques posters du 22 Bahman sont issus du site de Lissnup (Blog, Twitter)

          dimanche 24 janvier 2010

          Ali Larijani, en réserve de la dictature

          A quoi joue Ali Larijani? La suractivité du  président du parlement iranien (Majles) et le ton employé dans ses prises de position laissent penser qu’il pourrait être utilisé par le pouvoir comme solution de recours dans le cas où la mise à l’écart de Mahmoud Ahmadinejad devenait inévitable.

          Dans une posture quasi présidentielle, Larijani enchaîne voyages à l’étranger et tournées en province, discours très critiques visant le gouvernement Ahmadinejad et mises en garde à l’égard du mouvement vert.

          Estampillé "conservateur pragmatique" et élu par une forte majorité des députés conservateurs à la tête du Majles, Larijani devient de plus en plus critique à l’égard du bilan des gouvernements Ahmadinejad et des méthodes employées. "Il faut arrêter de gouverner le pays en adoptant des positions extrémistes et en prenant ses rêves pour la réalité", disait-il il y a quelques jour lors d’un déplacement en province.

          Le clan conservateur au Parlement n’a plus rien d’un bloc monolithique soutenant le guide Khamenei. Les partisans de Larijani s’opposent désormais ouvertement à Ahmadinejad alors que les parlementaires proches de ce dernier ne ratent pas une occasion pour critiquer le manque de soutien de Larijani au gouvernement (surtout dans la tempête actuelle). Le député pro-Ahmadinejad Hosseinian a ainsi présenté avec fracas sa démission la semaine dernière pour montrer sa grande déception et pour lancer un avertissement à Larijani. Une démission mise en scène, puis retirée après une rencontre avec Khamenei. 

          Dans son discours, Larijani a pointé du doigt l’échec du gouvernement dans la lutte contre le chômage, dans l’instauration d’un climat de confiance pour promouvoir les investissements nationaux et internationaux, dans le contrôle de l’inflation et du niveau de liquidité injectée dans l’économie (impression massive de billets étant un sport national en Iran). Il a aussi fustigé les dépenses de fonctionnement du gouvernement en les qualifiant de très élevées ainsi qu’un manque de rigueur dans la planification budgétaire.

          Comment peut-on imaginer une seule seconde que ce tandem de choc puisse gouverner un pays traversé par une crise politique majeure et asphyxié par une crise économique d’une ampleur sans précédent?

          Dans son opposition au mouvement vert non plus, Larijani ne veut pas laisser l’initiative à Ahmadinejad. Dans le même discours, il condamne l’approche utilisée par ceux qui ont contesté les résultats de l’élection présidentielle en précisant que ces contestataires n’ont pas voulu agir "dans le cadre la loi", ni suivre le "chemin préconisé par le guide Khamenei".

          Enfin, Larijani ne rate pas une occasion pour louer la vision et la sagesse du guide Khamenei, en particulier pour confronter les événements postélectoraux. Un guide qui, rappelons le, a nommé Sadegh Larijani, le frère d’Ali, à la tête du pouvoir judiciaire.

          Larijani se positionne et se met en réserve d’un régime dictatorial qui pourrait sacrifier tel ou tel pion pour passer une tempête et survivre un peu plus. Mais sa démarche sape davantage l’autorité d’Ahmadinejad et fait vaciller encore plus les piliers du régime.


          mercredi 13 janvier 2010

          En attendant 22 Bahman (vidéo)

          Vidéo-bande d'annonce à un mois de la manifestation cruciale du 22 Bahman.
          Le 22 Bahman 1357 (11 Février 1979), le régime de Mohammad Reza Shah Pahlavi tombait.

          La prison d’Eshratabad, un nouveau Kahrizak ?

          Alors que la commission d’enquête parlementaire vient de rendre publique, plus de 7 mois après les faits, son rapport sur les "événements" de Kahrizak (lien) l’inquiétude grandit jour après jour au sujet de la situation de plusieurs centaines de prisonniers du centre de détention d’Eshratabad. Plus de 500 personnes seraient détenues depuis la journée de l’Achoura, le 27 Décembre. Elles seraient torturées et soumises à des conditions de détention extrêmement difficiles depuis plus de 2 semaines.
           


          Eshratabad est une base militaire aménagée pour servir de prison. Le centre serait directement géré par le corps des Gardiens de la Révolution (Sepah). Les détenus sont considérés comme "leurs" prisonniers. Ni le pouvoir judiciaire ni les forces de sécurité n’auraient leur mot à dire sur le traitement réservé aux détenus d’Eshratabad. Le black-out total exercé par les Gardiens de la Révolution fait craindre le pire sur le sort de ces détenus.

          Le nombre total de prisonniers à Eshratabad serait entre 600 et 2000 selon des sources proches des associations de droits de l’Homme. Un seul témoignage très inquiétant a été publié ces derniers jours par plusieurs sites Internet proches du mouvement vert. D’après ce témoignage, les prisonniers seraient frappés et torturés. Deux prisonniers seraient morts dont une jeune femme. Même s’il est impossible de vérifier la véracité des faits rapportés, il est urgent d’alerter les médias internationaux et de demander la libération des prisonniers.

          Il y a quelques mois, alors que le monde entier découvrait l’existence d’un véritable camp de torture et d’exécution à Kahrizak, le régime a été forcé de fermer cette prison qu’il a qualifiée de "non standard" et de demander à une commission d’enquête parlementaire de faire "toute la lumière" sur les exactions commises (le régime a finalement reconnu que 3 prisonniers (photo) étaient tués dans ce camp : Amir Javadifar, Mohsen Rouholamini et Mohammad Kamrani et se propose de couper quelques têtes dont celle du très encombrant ex-Procureur de Téhéran, Saeed Mortazavi).

          Kahrizak prouve que le régime sait reculer pour sauver les apparences sous la pression de l’opinion publique et face au désastre en terme d’image dans les médias internationaux. Nous savons que le régime iranien est capable de tout pour juguler la révolte populaire. Nous savons que la vie humaine n’a pas de valeur pour les dictateurs de Téhéran. La vie de nos compatriotes est en gave danger à Eshratabad. Nous devons agir vite pour libérer nos frères et sœurs.


          Sources:


          samedi 9 janvier 2010

          lundi 28 décembre 2009

          L'Achoura, un tournant décisif pour le mouvement vert iranien



          L’Iran était à feu et à sang hier, lors des commémorations de la mort de l’Imam Hussein (le 3ème Imam des chiites) ou l’Achoura. Des centaines de milliers de manifestants ont pris part à ces manifestations à Téhéran mais aussi dans un grand nombre de villes de province. Une nouvelle fois, les forces de l’ordre ont réprimé avec une violence inimaginable les manifestants. Le bilan provisoire fait état d’au moins 15 morts (selon l’AFP) dont le neveu de Mir-Hossein Moussavi. 550 personnes ont été arrêtées depuis hier. Quelques enseignements importants de cette nouvelle journée historique :


          • Le Symbole de l'Achoura: Le régime iranien a franchi une nouvelle étape dans l’escalade de la violence envers le peuple. Jamais dans l’Histoire de la Perse et de l’Iran depuis l’invasion de l’Islam, un gouvernant n’avait donné l’ordre de tuer en public des opposants contre le pouvoir central le jour de l'Achoura (la violence et la guerre sont d’ailleurs bannies pendant le mois de Moharram, selon l’Islam). Sans entrer dans le détail des relations complexes qu’entretiennent les iraniens avec la religion et le lourd tribut payé pour avoir justement mêlé celle-ci avec la gouvernance de leur pays, il ne fait aucun doute que l’usage de la violence en ce jour au combien symbolique de l’Achoura dans l’imaginaire des chiites, est une nouvelle erreur considérable commise par le régime. Les populations croyantes modérées qui pouvaient avoir gardé quelque sympathie à l’égard de ce régime religieux, vont certainement se distancer de plus en plus d’un pouvoir qui n’est plus qu’une dictature militaire mise à nue et dépourvue de sa force de frappe idéologique basée exclusivement sur la religion.


          • La Riposte: Contrairement aux manifestations pacifiques du mois de Juin et de ces 3 derniers mois (jour de Jérusalem/Ghods, 13 Aban et 16 Azar), cette fois les manifestants ont riposté aux agressions et aux exactions. Il y a eu des scènes incroyables montrant les forces de police et les forces spéciales débordées par les manifestants en colère, serrées contre un mur, des visages en sang. Des barricades, des voitures et des motos des forces de l’ordre renversées et en feu, des jets de pierre incessants, etc. Des centaines de photos et de vidéos ont circulé en quelques heures sur l’Internet montrant le courage inimaginable des manifestants. Les Unes de grands quotidiens européens et américains (NYT, WashPost, IHT) mettaient d’ailleurs l’accent sur cet aspect précis de la révolte des iraniens contre le pouvoir central : la riposte du peuple. Le caractère non violent de cette révolution est devenue depuis 6 mois une marque de fabrique, une véritable signature du mouvement vert. Riposter comme l’ont fait les manifestants hier, va-t-il à l’encontre de la non-violence? Les manifestants ont tout d’abord cherché à se protéger contre la violence gratuite des forces de l’ordre. Ils ont ensuite recherché à marquer les esprits, conscients des ravages que les photos et les vidéos allaient produire sur l’image et le sort du régime iranien. Ils ont certainement voulu passer un message aux éléments les plus brutaux du régime: "Nous sommes pacifiques, nous détestons la violence, mais, unis, nous saurons nous protéger".
          • Une Révolte Globale: Il est désormais évident que la révolte n’est plus limitée à la capitale. Plusieurs grandes villes de province ont également pris part aux contestations : Tabriz (où il y a eu 4 morts), Ispahan et Najaf-Abad (qui étaient en ébullition depuis la mort de l’Ayatollah Montazeri il y a 8 jours), Mashhad, Shiraz, Arak, etc. Par ailleurs, après une très forte mobilisation des étudiants lors des manifestations du 13 Aban et du 16 Azar, il était important de confirmer que les autres générations étaient aussi mobilisées que les jeunes étudiants. Les femmes ont été une nouvelle fois aux avant-postes. Les images de leur bravoure ont fait le tour du monde. Le destin de tout un peuple, toutes générations confondues, semble définitivement lié. Jamais le peuple iranien n’a été aussi soudé, éclairé et déterminé.
          • Fuite en Avant: L’Ayatollah Montazeri disait que ce régime n’était plus qu’une dictature religieuse. La militarisation du régime est un fait bien établi. Il n’y a qu’à regarder la composition des gouvernements Ahmadinejad et la place prise par les Gardiens de la Révolution au sein de la société iranienne. Les événements d’hier démontrent que le régime est même arrivé au point de délaisser les symboles religieux pour ne s’appuyer que sur la toute puissance de son arsenal répressif militaro-judiciaire. Le régime aurait pu faire profil bas, du moins lors d’une journée aussi symbolique que l’Achoura, de rechercher à apaiser les tensions et de mettre en avant des personnalités plus "pragmatiques" que répressives. Rien de tout cela. Au contraire, la mise en avant de toutes les forces de sécurité du régime déployées dès les premières heures de la journée, les appels de menace visant à intimider les manifestants, l’intensité inouïe des heurts, l’ordre de tirer sur les manifestants et enfin le bilan humain extrêmement lourd de la journée de l’Achoura confirment une fuite en avant dans la militarisation à outrance du régime. La répression militaire est la seule et dernière carte qui reste entre les mains de ses dirigeants. Le profond sentiment d’injustice du peuple iranien est décuplé. Ceci donnera encore plus de vigueur et de détermination à la révolution en cours.
          • Tous Contre Khamenei: Ali Khamenei est plus que jamais la cible directe des opposants au régime. Le retrait d’Ahmadinjead et l’annulation de son élection truquée du 12 Juin ne font plus partie des revendications. Les manifestants réclament à présent ouvertement le départ du Guide, le premier personnage de l’Etat. Les réserves pragmatiques constatées lors des manifestations de Juin ("ne pas insulter le Guide trop directement") ont laissé place à l’éclatement d’une colère accumulée depuis 3 décennies contre celui qui concentre tous les pouvoirs au sommet d’un régime corrompu et sanguinaire (photo et vidéo: plaque portant le nom Khamenei arrachée et piétinée).