mardi 15 septembre 2009

Montazeri et Karoubi condamnent les crimes de cette "dictature militaire"

Dans deux lettres remarquables publiées hier l’Ayatollah Montazeri & Mehdi Karoubi ont condamné avec force la tournure des événements en Iran et la transformation du régime religieux en une dictature militaire.

Mehdi Karroubi a fourni les détails des révélations qu’il avait jugées utile de présenter aux instances judiciaires iraniennes. Des informations sur les assassinats et les actes de torture et de viol. Des noms et parfois des photos. Des preuves irréfutables sur la nature des exactions commises. Il décrit ses réunions de travail et ses interlocuteurs. Il expose en particulier comment la machine judiciaire du régime, au lieu d’utiliser ces pistes pour conduire des enquêtes, a décidé honteusement d’intimider et de menacer les victimes et leurs familles! Il faut dire que le comité spécial désigné par le pouvoir judiciaire compte en son sein, le terrible Gholam Hossein Mohseni-Ejeii, l’ancien ministre des Renseignements, débarqué du gouvernement par Ahmadinejad quelques jours seulement avant la fin de son premier mandat pour prendre quelques jours plus tard la fonction de Procureur général. Mohseni-Ejeii a été l’un des protagonistes du climat de terreur imposé à la société iranienne au lendemain des élections truquées. La mission de ce comité était clairement de gagner du temps pour laisser passer l’orage, de calmer Karoubi et de mettre la pression sur les victimes et leurs proches. Honteux! Le peuple iranien n’oubliera jamais ces attitudes inhumaines. Le courage, la franchise et l’intelligence de Karoubi posent de plus en plus de problème au régime.

Karoubi écrit : « Mon Dieu, qu’ai-je pu voir et entendre? J’aurais aimé mourir pour ne pas voir qu’un jour, dans la République Islamique, un citoyen vienne et se plaigne d’avoir été soumis à des actes barbares, dans un lieu et un bâtiment inconnu et non officiel par des agents encore plus inconnus et sans affiliation: déshabiller les personnes et les installer ensuite les unes en face des autres, insulter, uriner sur leur visage, abandonner des garçons et des filles dans des lieux lointains avec des yeux bandés et des mains menottées. Tout ceci ne suffisait apparemment pas pour que l’on entende en plus des récits de viols sur des garçons et des filles dans les prisons. Je me suis dit, trois décennies après la révolution et deux décennies après la mort de l’Imam (Khomeini) où sommes-nous vraiment arrivés? »

Karoubi poursuit: « Leur arrogance a atteint un tel niveau qu’au lieu de poursuivre et de juger les auteurs et les commanditaires de ces actes criminels, c’est ma personne qu’ils veulent juger. Ils ignorent que le vrai jugement est prononcé par le peuple. Il faut aller à la rencontre des gens pour voir qui est le vrai coupable et qui est à la recherche de vérité selon eux. Mon Dieu, je recherche ta protection face à l’ampleur des atrocités qu’ils ont commises. C’est une honte non seulement pour la République Islamique mais aussi pour l’Iran, la justice et l’appareil judiciaire islamique.»

L’Ayatollah Montazeri est l’un des pères fondateurs de la République Islamique et en particulier à l’origine du principe même de Velayat-e Faghih (gouvernance religieuse, gouvernement du docte, du Guide, actuellement incarné par Ali Khamenei). Il condamne également, dans des termes extrêmement profonds et puissants, le comportement du régime qu’il qualifie ouvertement de "militaire" et non plus de "religieux".

Ces termes émanant de l’Ayatollah Montazeri, sont un véritable camouflet pour les dirigeants actuels de Téhéran. Nous traduisons certains passages de cette lettre (la lettre en Persan se trouve ici).

L'Ayatollah Montazeri écrit: "Notre révolution était une révolution religieuse et fondée sur des valeurs. Son but premier, après tous les malheurs et toutes les souffrances subies (exils, emprisonnements et tortures) … n’était pas juste le changement superficiel des personnes en charge mais l’installation d’un régime respectant nos principes moraux/religieux et nos croyances… Dans le cadre d’une telle gouvernance, le but recherché était de garantir la justice, la liberté, l’exclusion de toute répression et de tyrannie, le respect des droits du peuple et des valeurs humanistes, l’éradication des pouvoirs criminels, etc. Le but de la révolution n’était pas seulement de changer de noms, de signes et de slogans et de continuer dans les faits, sous le nouveau nom de la gouvernance religieuse et de Velayat-e Faghih, les mêmes crimes et transgressions aux droits du peuple qui étaient commis sous le régime précédent (du Shah d’Iran)."

"Comme vous le savez, j’ai été un défenseur acharné de la gouvernance religieuse et l’un des fondateurs du Velayat-e Faghih, mais non pas sous sa forme actuelle, et j’ai été très actif pour faire aboutir et faire réussir ce type de gouvernance sur les plans scientifiques et pratiques. Mais actuellement, face au peuple averti de notre pays, j’ai honte de tous les crimes qui ont pu être commis par et au nom d’une telle gouvernance et face à Dieu tout puissant et au sang versé du peuple, je me sens totalement responsable."

"… Les gens me demandent, est-ce cela la gouvernance religieuse et le Velayat-e Faghih que vous nous promettiez ? En fait ce que l’on observe actuellement est une gouvernance militaire et nom pas le Velayat-e Faghih."

"Les événements et les atrocités commises depuis l’élection présidentielle sont une véritable sonnette d’alarme pour le clergé et la gouvernance religieuse. Dans ces événements, des crimes ont été commis et des droits ont été piétinés au nom de la religion et avec le consentement d’une minorité de religieux liés au pouvoir. Le peuple, dans le respect de l’article 27 de la Constitution, en adoptant le moyen le plus pacifique possible, a voulu contesté (les résultats de l’élection) et le pouvoir, au lieu d’y répondre positivement et correctement, a déclaré que les millions de manifestants étaient des éléments de désordre agissant sous l’ordre de l’étranger et a traité le peuple de la pire des façons, avec une violence extrême, en emprisonnant et en assassinant les gens dans les rues ou dans les prisons…"

"Il est fort étonnant que le pouvoir, en s’appuyant sur ses forces de l’ordre et ses moyens militaires, a agressé le peuple sans défense pour tuer et emprisonner et pour qu’au bout du compte, ce peuple soit désigné comme l’ennemi à abattre (Mohareb en arabe est en effet un terme très puissant rendant licite le meurtre de l’ennemi en question). Ce sont eux-mêmes qui sont à l’origine de la crise et font vaciller le régime mais ils désignent le peuple et les fondateurs de ce régime comme opposants et ennemis du régime."

dimanche 13 septembre 2009

Semaine décisive pour le mouvement vert : J-5 avant le Vendredi Vert


Le compte à rebours a commencé!


Le mouvement vert s’est donné rendez-vous pour une démonstration de force le vendredi 18 Septembre. Après la très forte répression des manifestations pacifiques suivant l’élection du 12 Juin, le mouvement vert a dû s’armer de patience et de mûrir pendant de longues semaines dans l’attente d’une nouvelle opportunité.

Même s’il a été extrêmement difficile de vivre avec l’ivresse des manifestations monstre du mois de Juin sans pouvoir les reproduire, cette attente a permis néanmoins au mouvement vert de marquer des points :

  • Après un véritable séisme démocratique totalement spontané, le mouvement a eu le temps de reprendre son souffle et de s’organiser quelque peu pour s’attaquer plus méthodiquement aux phases d’après.
  • Le mouvement, sous l’égide de fabuleux sites d’information tels que Norooz, Rooz, Vague Verte de Liberté et de Mehdi Karroubi (l’ex-candidat à la présidentielle et président du parti politique Etemaad-e Melli), a pu faire des révélations très importantes sur l’ampleur des atrocités commises dans les centres de détention de la République Islamique (assassinats, viols, tortures, enlèvements, enterrements en catimini, etc.).
  • Ces quelques semaines ont aussi permis au régime de s’enfoncer un peu plus dans cette fuite en avant militaro-judiciaire absurde dans laquelle il s’est engagé depuis le début de ce coup d’Etat d’apparence électorale. Plus les jours passent, plus les protagonistes de ce régime dictatorial et sanguinaire commettent d’erreurs et s’enferment dans leur logique destructrice.

Le choix du 18 Septembre, la journée internationale de Ghods (Jérusalem)

Le régime du coup d’Etat a été obligé d’annuler de nombreuses manifestations religieuses (notamment pour la commémoration de la mort d’Imam Ali pendant le Ramadan, du jamais vu !) afin d’éviter tous rassemblements du mouvement vert. Cette nouvelle opportunité de manifestation, coïncide avec la journée internationale de Ghods (ou Jérusalem), le dernier vendredi du Ramadan. C’est l'Ayatollah Khomeini qui avait décidé il y a 30 ans, de faire de cette date une journée internationale pour soutenir la résistance palestinienne. Toute demande d’autorisation de rassemblement du mouvement vert et de l’opposition étant vouée à l’échec, afin de déjouer la machine répressive du régime, seules les occasions officielles de manifestation peuvent être utilisées par le mouvement vert.

Le régime peut encore faire marche arrière et annuler la manifestation mais ce nouveau recul serait un formidable aveu d’échec. Il peut aussi essayer de filtrer et de canaliser les manifestants verts pour mieux les réprimer en stationnant des dizaines de milliers de forces de l’ordre dans les rues de Téhéran (comme il l’a fait le jour de l’inauguration de Mahmoud Ahmadinejad). Mais de nouvelles scènes de violence dans les rues et une nouvelle vague d’arrestations seront tout sauf l’image que veut justement relayer le régime à l’occasion de cette journée, celle d’une situation normalisée et d’un retour au calme.

Une nouvelle démonstration de force du mouvement vert serait véritablement dévastatrice pour le régime. Les 7 circuits officiels de la manifestation viennent d’être annoncés par les agences de presse d’Etat... Ils mènent tous à la Place de la Révolution (Enghelaab) et à l'Université de Téhéran.


La répression à son apogée

La répression a véritablement atteint un niveau sans précédent depuis le début des contestations le 12 Juin 2009:
  • Les arrestations se poursuivent et de très nombreux détenus politiques sont toujours en prison, les procès collectifs vont se poursuivre dès le lundi 14 septembre.
  • Les étudiants ont été clairement mis en garde à deux semaines de l’ouverture des universités. Dans un discours très violent, Ali Khamenei a parlé de purification et d'islamisation des disciplines enseignées à l’université pour contrer les tentatives de renversement/révolution de "velours" organisées et soutenues par l’Occident !
  • Ali Khamenei (encore lui) a clairement mis en garde les leaders du mouvement vert. Les bureaux de Mehdi Karoubi ont été perquisitionnés sur l’ordre du tout nouveau chef du pouvoir judiciaire, Sadegh Larijani. Certains représentants des leaders de l’opposition en charge de collecter des informations sur les personnes détenues, torturées et assassinées ont été arrêtés.
  • Un mandat d’arrêt aurait été émis contre Mehdi Karroubi. Les commissions d’enquête parlementaire et judiciaire en charge de faire la lumière sur les exactions post-électorales n’ont rien donné et ont conclu à l’absence de preuve. Mehdi Karroubi est à son tour condamné d’avoir présenté des preuves falsifiées en rapport avec les 4 cas de viol en prison qu'il avait présentés. Il est aussi important de noter que les familles des victimes qui ont décidé de témoigner sont soumises à de très fortes pressions pour éviter toute communication avec les médias ou toute divulgation de preuves de crime.

La riposte du peuple sera aussi à la hauteur

Cette vague de répression est d’une ampleur inimaginable. Elle comporte des phases militaire, judiciaire, politique, culturelle et sociale qui se déclinent semaine après semaine avec une précision implacable. Le scénario semble écrit d’avance, dans une littérature grossièrement Kayhanesque (le quotidien pro-Khamenei, Kayhan). Tout l’argumentaire absurde et paranoïaque du régime s’y trouve condensé. C’est comme un film accéléré de 30 années de malheur remâché en 3 mois.

Le niveau de frustration, le très fort sentiment d’injustice et les brèches ouvertes dans l’édifice fragilisé de la République Islamique laissent penser qu’une nouvelle vague de manifestations sera d’une ampleur supérieure à celle qui a immédiatement suivi l’élection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad en Juin.

Le vendredi 18 Septembre 2009, sera très certainement une date clé dans cette guerre ouverte entre un pouvoir dictatorial et un peuple déterminé et aspirant à la liberté.

samedi 12 septembre 2009

Hana Makhmallbaf, The green days Sept 2009

Un film politique très polémique, "Green days" de Hana Makhmalbaf, qui revient sur les évènements de juin en Iran après la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad, était présenté à la 66e Mostra de Venise.

MOSTRA DE VENISE : Un film iranien sur l'élection d'Ahmadinejad fait sensation

"On ne peut pas arrêter 70 millions d'Iraniens" dans leur quête de liberté "avec quelques fusils", a déclaré vendredi la jeune réalisatrice Hana Makhmalbaf, 21 ans, fille du cinéaste iranien Mohsen Makhmalbaf, à la 66e Mostra de Venise.

"Depuis les élections, la vie des Iraniens a changé", a affirmé lors d'une conférence de presse la jeune femme, la tête recouverte d'une écharpe verte, la couleur des réformateurs en Iran.

"Certains ont émigré dans le monde entier, d'autres ont été jetés en prison, torturés ou violés et le reste du peuple a été pris en otage", a-t-elle dit.

"Je suis comme un miroir qui reflète la société iranienne, je m'efforce de montrer ses espoirs, sa lutte pour la liberté".

Dévoilé au public de Venise en première mondiale, hors compétition, avant d'aller au Festival de Toronto, "Green days", son deuxième long métrage, évoque à chaud les espoirs suscités par la dernière élection présidentielle en Iran.

"Depuis la Révolution islamique, ces 30 dernières années, nous avons subi une censure trop forte, surtout les femmes, alors leur réaction est d'autant plus forte", a-t-elle expliqué.

"Nous sommes 70 millions d'Iraniens, nous avons été freinés avec quelques fusils, mais on ne peut pas arrêter 70 millions d'Iraniens avec quelques fusils", a conclu Hana Makhmalbaf, le poignet ceint d'un lacet vert.













dimanche 6 septembre 2009

Shajarian: "Laisse ton fusil à terre mon frère"

Mohammad-Reza Shajarian, grand maître de chant et de musique traditionnelle persane vient de produire cette pièce magnifique à la gloire du mouvement vert: "Laisse ton fusil à terre mon frère" (texte en Persan et traduction en Français ci-dessous).

Shajarian vit en Iran et a déjà courageusement défié le pouvoir à plusieurs reprises depuis le début du soulèvement vert en demandant l'interdiction de tout usage de ses œuvres par la Radio Télévision d’Etat (IRIB).

Laisse ton fusil à terre !
Car je déteste la vue de cet horrible bain de sang.
Ce fusil dans tes mains, c’est le langage du feu et du fer.
Et moi, face à ce monstre qui déracine,
Je n’ai que le langage du cœur ! Un cœur rempli d’affection pour ton être.
Toi qui es ennemi avec l’amitié
Le langage du feu et du fer,
C’est le langage de la colère et du sang
C’est le langage martial de Chengiz (Khan)
Viens, assieds-toi, raconte, écoute ce que j’ai à te dire,
Peut-être que la lumière de l’humanité parviendra à se frayer un chemin vers ton cœur.
Oh mon frère, si tu m’entends,
Mets-toi près de moi tel un frère,
Laisse ton fusil à terre.
Laisse ton fusil à terre pour que ce monstre assassin,
Quitte enfin ton corps.
Mais que sais-tu des règles de l’Humanité ?
Si Dieu a donné la vie,
Pourquoi devrais-tu l’ôter ?
Pourquoi en une seconde d’inconscience,
Devrais-tu faire couler le sang de ce frère ?
En toutes circonstances, j’ai recherché et dit la vérité
Et tu dis la vérité,
Mais cher frère, pour rechercher la vérité,
Il ne faut pas user de ce langage d’ignorance et de feu.
Si ta conscience endormie se réveille cette fois,
Laisse ton fusil à terre !






تفنگت را زمین بگذار
که من بیزارم از دیدار این خونبارِ ناهنجار
تفنگِ دست تو یعنی زبان آتش و آهن
من اما پیش این اهریمنی ابزار بنیان کن
ندارم جز زبانِ دل -دلی لبریزِ مهر تو-
تو ای با دوستی دشمن.
زبان آتش و آهن
زبان خشم و خونریزی ست
زبان قهر چنگیزی ست
بیا، بنشین، بگو، بشنو سخن، شاید
فروغ آدمیت راه در قلب تو بگشاید.
برادر! گر که می خوانی مرا، بنشین برادروار
تفنگت را زمین بگذار
تفنگت را زمین بگذار تا از جسم تو
این دیو انسان کش برون آید.
تو از آیین انسانی چه می دانی؟
اگر جان را خدا داده ست
چرا باید تو بستانی؟
چرا باید که با یک لحظه غفلت، این برادر را
به خاک و خون بغلطانی؟
گرفتم در همه احوال حق گویی و حق جویی
و حق با توست
ولی حق را -برادر جان-
به زور این زبان نافهم آتشبار
نباید جست...
اگر این بار شد وجدان خواب آلوده ات بیدار
تفنگت را زمین بگذار


Entretien de Shajarian (6 septembre 2009) avec VOA Persian (en Persan)

Événement
Concert de Mohammad-Reza SHAJARIAN au Casino de Paris
Casino de Paris
Lundi 21 Septembre à 20h
http://www.casinodeparis.fr/concert-de-shajarian-mohammad-reza-199.html

jeudi 3 septembre 2009

Liens et adresses pour contacter vos élus


Suite au message précédent, voici quelques liens et adresses pour contacter vos élus en France.
Vous pouvez nous envoyer, pour l'information des lecteurs, des copies de vos messages dans la zone "commentaire" de ce blog.

Aucun accord sur le dossier nucléaire ne sera acceptable si les droits de l'Homme en Iran continuent à être bafoués.

Présidence de la République
http://www.elysee.fr/ecrire/
Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Premier Ministre
http://www.gouvernement.fr/premier-ministre/ecrire
M. Le Premier ministre
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne75700 Paris

Ministère des Affaires Etrangères
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/navigation_3620/courrier_3884/reaction-actualite-internationale_65924.html
M. Le Ministre des Affaires Etrangères
37, Quai d’Orsay
75351 Paris

Ecrire aux députés et au Président de l’Assemblée Nationale
http://www.assemblee-nationale.fr/ecrire.asp
Liste alphabétique des députés
http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/xml/liste_alpha.asp
Liste par circonscription
http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions/index.asp
Assemblée Nationale
126 rue de l'Université
75 355 Paris 07 SP

mercredi 2 septembre 2009

Oui, VOUS pouvez aider le Peuple Iranien !

Oui, VOUS pouvez aider la cause iranienne en ÉCRIVANT à vos députés, à vos maires, au Premier Ministre et au Président de la République.

L'UE, premier partenaire économique de l'Iran, peut et doit jouer un rôle essentiel dans l'exercice de pressions diverses et variées sur les dirigeants de Téhéran. L’extrême prudence de la nouvelle administration américaine vis-à-vis de la révolte en cours en Iran, qu’elle soit justifiée ou pas, qu’elle soit juste historiquement ou pas, accroit encore plus l’importance des prises de position de l’UE.

La France et l’UE doivent être en première ligne pour exiger le respect des droits de l’Homme en Iran et refuser tout marchandage dans le dossier nucléaire sur le dos du peuple iranien. Les pays occidentaux ne doivent pas donner un chèque en blanc aux dictateurs de Téhéran si ces derniers se décidaient par miracle de lâcher du lest sur le dossier nucléaire. En position de grande faiblesse et sous la pression de la rue, ces mollahs sont en effet capables de tout pour s’agripper au pouvoir.

La révolution en cours est une véritable opportunité de démocratisation de l’Iran de l'intérieur et sans l’intervention étrangère. Elle est sans précédent depuis 30 ans. Cette opportunité, il faut la saisir pour aider le peuple iranien à se débarrasser de cette dictature religieuse d’un autre âge. Ce mouvement est aussi l’ultime espoir d’écarter les possibilités d’une nouvelle guerre potentiellement dévastatrice pour le Moyen-Orient et le monde. Les Israéliens (et leurs solides alliés dans les sphères néoconservatrices américaines) seront en effet totalement incontrôlables face à la montée d’un risque de nucléarisation d’un Iran théocratique conduit par le tandem Khamenei-Ahmadinejad. Si ce régime, dans sa forme et sa gouvernance actuelles, reste au pouvoir, les Israéliens n’hésiteront pas à attaquer de façon préventive, pour annihiler les capacités nucléaires iraniennes.

Il est donc urgent d’agir. Nous demandons à nos élus, comme décideurs politiques et comme êtres humains, de prendre leur responsabilité et de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour aider le peuple iranien dans cette lutte historique.

Nous demandons à la France et à l’UE d’exiger:

  • La libération de tous les prisonniers injustement emprisonnés depuis l’élection présidentielle du 12 Juin.
  • L'arrêt immédiat des actes de torture et de barbarie, des viols et d'enterrements en catimini des victimes.
  • La restitution et l’identification immédiates des corps de victimes sauvagement assassinées et injustement soustraits à leurs familles en deuil.
  • La conduite d'une enquête impartiale, sous l’égide du Parlement et des représentants des 4 candidats à la présidentielle, pour faire toute la lumière sur les exactions commises depuis le 12 Juin dans les centres de détention officiels et non-officiels tels que EVIN et KAHRIZAK, lors des manifestations pacifiques et dans les dortoirs de l’Université de Téhéran. Cette enquête devra clairement identifier les auteurs et les commanditaires des actes odieux commis depuis l’élection présidentielle.
  • La réparation des dommages corporels, matériels et moraux causés par cette vague de répression sans précédent.
  • Le report de tout accord sur le dossier nucléaire et l’instauration de sanctions progressives tant que les exigences en matière des droits de l’Homme ne sont pas totalement satisfaites. Les sanctions doivent viser exclusivement le régime et ses relais économiques, diplomatiques, technologiques et militaires (en premier lieu les Gardiens de la Révolution) et non pas le peuple iranien.
  • …

A vos plumes et claviers pour convaincre vos élus! Il n’y a pas de cause plus humaniste et plus juste que celle-ci. Nous avons l’obligation de nous organiser et d’agir ensemble pour être au rendez-vous de l’Histoire.