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jeudi 16 juin 2011

Message de Parvine Fahimi, mère du martyr Sohrab A’rabi, à ses concitoyens de l’étranger.


Au Nom de Dieu,

Je vous salue respectueusement, Mesdames et Messieurs, mes chers compatriotes vivant à l’étranger. J’aimerais tant vous rencontrer dans notre pays. 

Comme vous le savez, deux années se sont écoulées depuis le mois de juin 2009, une éternité pour beaucoup d’entre nous. Je voudrais tous vous remercier vous qui luttez sans relâche pour la liberté, la justice et la démocratie, où que vous vous trouviez dans le monde, vous tous qui de façon patiente et persistante y avez mis tout votre cœur, laissant de côté tout objectif égoïste.

Ce sont des gens qui réfléchissent à des problèmes plus grands qu’eux-mêmes. Si la façon dont nos enfants sont morts nous avait tous poussé à relancer ce sujet et à poursuivre notre action, nous n’aurions peut-être pas été les témoins aujourd’hui de meurtres de personnes comme Mohammad Mokhtari, Sane Jaleh ou Haleh Sahabi.

Luttant ensemble et continuellement, il n’aurait pas été si difficile d’atteindre la paix, la démocratie et les droits humains, ainsi que suffisamment de tolérance pour respecter les droits de tous, même ceux de nos adversaires. Mais il nous faut faire notre examen de conscience.

Pour conclure, tous les enfants de cette terre sont pour moi des Sohrabs et je veux que tous les Sohrabs aillent bien et luttent ensemble à la construction d’un Iran libre et prospère. J’attends ce jour avec impatience et vous envoie tous mes vœux de santé et de réussite à vous tous qui m’êtes chers et vivez à l’étranger

Parvin Fahimi 12 juin 2011

mercredi 4 mai 2011

Déclaration d’Ahmad Zeidabadi, lauréat 2011 du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO / Guillermo Cano


Je voudrais remercier la Directrice générale de l’UNESCO, ainsi que les membres du jury du Prix pour tous leurs efforts mais aussi pour l’honneur qu’ils me font en me décernant le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO / Guillermo Cano 2011. Je suis triste de ne pas pouvoir écrire un message vraiment digne de cette occasion et de votre réunion. Comme vous le savez, la Cour révolutionnaire m’a condamné, en plus des six années de prison, à cinq ans d’exil et à une interdiction à vie de toute activité politique, sociale et journalistique. Elle m’interdit d’écrire et de parler. De fait, tout message de ma part ajouterait à mes souffrances et à celles de ma famille.

Malgré cette restriction, je voudrais dire clairement que dans l’exercice de ma profession, je n’ai jamais utilisé d’autres moyens que ma plume et ma parole. Ce faisant, je suis resté dans les limites étroites posées par les lois et règlements du gouvernement iranien. Mais, en violation de leurs propres lois et règles, ils m’ont imposé des souffrances allant au-delà de ce que je peux endurer. Des souffrances comparables à celles d’une personne crucifiée pendant des semaines ou enterrée vivante.  

De ma prison, j’essaye constamment de pardonner mais je ne peux pas oublier.  

En acceptant ce prix qui constitue une reconnaissance pour tous les prisonniers d’opinion de mon pays et pour tous mes collègues exilés ou détenus, je tiens à le dédier à ma famille, et en particulier à ma femme et à mes enfants. En plus des souffrances psychologiques de ces deux dernières années, ils ont du vivre pendant dix ans dans la terreur des coups frappés à la porte. Chaque visite imprévue faisait battre leurs cœurs innocents et fragiles.  

Je dédie aussi ce prix à la mère de Sohrab Arabi* et à toutes les mères dont le fils n’est jamais rentré à la maison. Je le dédie à toutes les mères, sœurs, filles inconsolables et aux enfants qui vivent dans la douleur parce que ceux qu’ils aiment sont en prison.  

Pour vous être souvenu d’eux, Dieu se souviendra de vous et il vous en saura gré.   

* Le 12 juillet 2009, 26 jours après que la disparition de Sohrab Arabi durant les manifestations du 15 juin, les autorités iraniennes ont informé sa famille que cet étudiant de 19 ans, était mort d’une balle dans le cœur. Sa mère, membre de l’organisation des Mères pour la paix, a tout fait pour en savoir davantage. La famille a finalement été sommée d’identifier Sohrab parmi plusieurs photographies de cadavres. Selon des membres de la famille, le corps ne serait parvenu au bureau du juge d’instruction que cinq jours après la disparition de l’étudiant. On ignore encore s’il a été tué durant la manifestation ou en détention. Le retard mis à annoncer cette mort inexpliquée fait planer un doute sur le sort de douzaines d’autres personnes portées disparues. Le cas Sohrab Arabi est aujourd’hui tristement célèbre en Iran.  

03.05.2011

Source: http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/statement_by_ahmad_zeidabadi_laureate_of_the_2011_unescoguillermo_cano_world_press_freedom_prize/back/18256/

dimanche 21 mars 2010

L'appel à l'action de la mère de Sohrab Aarabi

La mère de Sohrab Aarabi, l'un des martyrs les plus emblématiques du mouvement vert, envoie son message de Nouvel An: “Si nous nous reposons, notre inaction marquera notre anéantissement”



19 mars 2010

Se rendre sur les tombes de ceux que nous aimions le dernier jeudi de l’année iranienne est pour nous une responsabilité nationale et religieuse et démontre notre proximité avec ceux que nous avons perdus.

Je regrette de ne pas être à Téhéran pour remplir ce devoir.

Nos chers enfants abattus ne sont plus à nos côtés à la veille du Nouvel An, mais leur souvenir vivra pour toujours.

J’espère que ceux qui sont emprisonnés et qui manquent tant à leurs familles soient libérés et puissent retrouver les bras de leurs proches.

En tant que mère au cœur douloureux, je prends refuge dans la grâce de Dieu. Quel crime avaient commis nos enfants pour être l’objet de telles injustices ?

Nos jeunes ne demandaient qu’à avoir les mêmes droits dont tout être humain devrait bénéficier.

De nouveau, en tant que mère, je désire la paix, la liberté, la joie et la santé pour tous. Mon fils voulait la même chose mais il a été…

Parvin Fahimi, Mère de Sohrab 
Jeudi 18 mars 2010

Versions persane et anglaise: ici

Lire aussi sur ce blog

SOHRAB, NOUS NE T’OUBLIERONS JAMAIS

Témoignage émouvant de la mère de Sohrab Aarabi (Première Partie)

Témoignage émouvant de la mère de Sohrab Aarabi (Deuxième Partie)