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dimanche 1 août 2010

Shiva Nazar Ahari décrite par sa mère

Shiva a passé plus de 7 mois à la prison d’Evine l’année passée. Sa mère, Sharzad Kariman, a donné une longue interview à la campagne internationale pour les droits humains en Iran où elle raconte l’histoire de sa fille parce que, selon ses propres mots, « pour avoir choisi le droit chemin, elle va passer toute sa 25ème année en prison. » Shiva a été arrêtée une première fois le lendemain de l’annonce des résultats des élections, le 14 juin 2009 puis de nouveau en mars 2010. Suite à se seconde arrestation, Shiva est en prison depuis quatre mois. Madame Karimi dit que son mandat d’arrêt date d’une semaine avant son arrestation. Elle répète à plusieurs reprises que sa fille n’a rien fait d’illégal et que le fait qu’elle milite pour les droits humains en Iran est approuvée par elle-même et par le père de Shiva.

« A 2 heures du matin, le jour suivant l’annonce des résultats des élections, des agents du renseignement sont venus chez nous pour la chercher ; comme elle n’était pas à la maison, ils se sont rendus sur son lieu de travail ; le mandat d’arrêt qu’ils m’ont montré était daté d’une semaine avant. Shiva a été arrêtée le 14 juin alors que le mandat portait la date du 6 juin et que son nom avait été ajouté par la suite. »


Beaucoup de ceux emprisonnés pour activités politiques, journalisme, défense des droits humains ou activités tournant autour de l’égalité homme – femme ont entre 20 et 30 ans. Shiva Nazar Ahari est née le 10 juin 1984. Sa première arrestation a eu lieu le 20 sharivar 1381, alors qu’elle n’avait que 18 ans. Le 20 shahrivar correspond au 11 septembre, l’anniversaire des attaques terroristes aux USA. La mère de Shiva : « J’ai toujours dit aux enquêteurs que si elle avait commencé à s’engager dans la politique, le chemin en avait été pavé par les enquêteurs. »


Anniversaire du 11 septembre et première arrestation de Shiva


Sharzad Kariman : « A cette époque, je faisais à peu près tout pour mes enfants, par exemple les achats de papeterie et d’autres choses. Le 11 septembre 2002, j’avais eu un accident de voiture et me remettais de l’opération, je n’ai donc pas pu aller à l’université pour acheter les livres de Shiva. Elle venait de s’inscrire au concours d’entrée à l’université et avait des cours pour préparer l’examen. Pour la première fois, elle est allée seule à l’université pour acheter ses livres et a été arrêtée. »


Sa famille a cherché Shiva pendant des heures sans aucun signe, sans personne pour répondre jusqu’à ce qu’elle appelle le poste de police 110 et qu’elle découvre qu’elle avait été arrêtée. « Lors d’une conversation téléphonique, un homme m’a dit de ne pas m’inquiéter et qu’il ne m’avait rien dit mais que Shiva avait été arrêtée et qu’on allait me contacter. »


« Pendant 20 jours, nous n’avons pas eu de nouvelles d’elle et nous avons cherché partour. Pendant ce temps, nous ne pouvions nous réjouir que de ce qu’un homme du poste 110 nous avait dit, elle avait été arrêtée. Au bout de 20 jours un homme est venu nous voir pour enquêter. On m’a demandé pourquoi elle était allée à l’université. J’ai répondu qu’elle devait acheter ses livres. J’avais encore des pansements au visage et j’ai parlé de mon état qui était la raison pour laquelle elle y était allée seule. Au bout de deux ou trois jours, on nous a dit qu’elle était à la section 209 de la prison d’Evine et que la caution avait été fixée à 40.000 USD. »


Shiva n’a jamais parlé à sa famille des jours qu’elle a passés en prison. « Je l’ai entendue répéter à ses amies que sa cellule était si petite que si elle étendait les bras ou les jambes elle touchait les murs et que la nourriture était infecte. Au tribunal, elle a eu une amende de 200USD. Je lui ai demandé pourquoi elle avait eu cette amende, elle m’a répondu qu’on avait trouvé deux bougies dans son sac. Je leur ai dit que les bougies ne lui appartenaient pas comme elle l’avait elle-même attesté mais qu’elle les apportait pour quelqu’un qui n’avait pas de sac. »


Shiva refusa catégoriquement de payer l’amende disant qu’elle préférait faire de la prison. « Shiva dit que son père était retraité et qu’il n’y avait pas de raison pour qu’il paie l’amende. Nous l’avons quand même payée. »


La même année, en 2002, Shiva réussit le concours et fut admise à l’école d’ingénieurs Omran. Durant ces années, les activités de Shiva étaient en relation avec les droits humains ; en tant que membre du comité des étudiants, elle défendait les droits des prisonniers politiques, des enfants et des femmes. « Peut lui importait qui était le prisonnier, avec qui il était associé ou à quelle organisation il appartenait. » Elle a même protesté contre la conduite des militaires envers les personnes arrêtées, alors qu’ils mettaient en place un plan pour lutter contre les « hooligans » en utilisant une brutalité sans précédent.


« Shiva parlait souvent aux prisonniers et à leurs mères. Ses amis lui disaient de ne pas travailler pour eux, que c’étaient des hooligans. Elle répondait que peu lui importait à partir du moment où ils étaient des êtres humains. Ils ont des droits légitimes et on ne devrait pas se conduire ainsi envers eux. » « Si on avait écouté Shiva, des personnes comme Rouhollah Amini ou Mohammad Kamrani, la fleur de la nation n’auraient pas péri à Kahrizak. »


Shiva fut de nouveau arrêtée le 8 juillet 204 sur le boulevard Keshavarz à l’occasion d’un rassemblement devant le bureau de l’ONU, en solidarité avec les prisonniers politiques. Cette fois, elle était avec sa mère qui soutenait toujours ses activités. « Nous avons fait tous les bureaux. Nous y étions encore à quatre heures du matin. Ils ont fini par nous reconduire. » La mère de Shiva dit qu’ils ont arrêté tout le monde « j’ai été relâchée au bout d’une semaine mais Shiva est restée en prison un mois. Elle a de nouveau été libérée sous une caution de 40.000 USD. Au tribunal elle a pris un an avec sursis pour 5 ans.


Shiva Nazar-Ahari a commencé à défendre les enfants avec l’ONG « Travail des enfants ». Elle éduquait les enfants à la gare Nematabad, au sud de Téhéran, jusqu’à ce qu’elle termine l’université et commence à travailler. Elle a continuer à leur enseigner une ou deux fois par semaine. D’après la mère de Shiva, elle a été arrêtée 3 ou 4 fois entre 2002 et 2004.



Dévouée à ses amis et a sa famille


Shiva a commencé à aider les autres à la maison ; sa dévotion à ses parents et à sa famille a nourri ses activités. « Comme les résultats de Shiva à l’université étaient excellents, elle aidait toujours ses sœurs. Quand elle a commencé à travailler, elle a voulu aider son père qui avait travaillé dur pour lui permettre de poursuivre ses études. Shiva a dit que, comme son père était retraité, elle ferait de son mieux pour nous rendre nos bontés. Elle se conduisait de la même façon dans la rue et avec ses amis travaillant collectivement »


« Ses amis nous disent que le comité central se fait beaucoup de souci pour Shiva et demande sans arrêt de ses nouvelles ; les enfants aussi demandent si Tata Shiva ne les aime plus. Ils ne savent quoi répondre… Shiva ne voulait rien pour elle-même. A chaque paie, elle commençait par répondre aux besoins de ses amis. Elle était tellement aimée sur son lieu de travail que lorsqu’elle est revenue après trois mois de prison ils l’ont reprise avec plaisir. Même maintenant au bout de sept mois, les ingénieurs et les directeurs de la société appellent pour demander de ses nouvelles et me disent qu’ils ne remplaceront jamais Shiva, une collègue si bonne et fiable. »


« Elle a de bonnes relations avec nous et avec tout le monde. Aucun membre de notre famille n’a été dérangé par Shiva et il en va de même pour ses amis. Peu importe comment on la traitait, elle ne montrait aucune réaction négative. Elle était gentille et compatissante avec nous. Elle est encore à l’isolement mais ses amis qui ont été relâchés nous disent qu’elle a fait des marques sur le mur, par exemple pour la date du concours d’entrée à l’université de sa jeune sœur. Elle était anxieuse et espérait que Nazanine réussirait. Quand elle a appelé, Shiva a demandé les résultats de Nazanine qu concours. Je lui demandais de parler d’elle et pourquoi elle s’inquiétait de l’examen de sa sœur. Elle m’a dit qu’elle se faisait constamment du souci pour sa sœur. »


Shahrzad Kariman est tout à fait sûre des activités de Shiva et l’admire. « J’ai accepté le chemin qu’elle a choisi parce que ce n’est pas un mauvais chemin. Défendre les droits humains, est-ce un crime ? Il est pénible d’entendre que cela va à l’encontre de la sécurité nationale. Si quelqu’un prend les armes et agit, alors cela va à l’encontre de la sécurité nationale. Shiva ne ferait pas de mal à une mouche, et elle n’a fait qu’aider les gens et pourtant elle a été accusée d’agissements à l’encontre de la sécurité nationale. »


Shiva Nazar Ahari et ses rêves


« Shiva disait toujours qu’elle espérait que la discrimination cesse, qu’elle ne voulait plus voir les enfants mendier dans la rue pour prédire l’avenir ou quelqu’un en désaccord avec les droits humains. Elle disait qu’elle ferait de son mieux pour que la situation actuelle cesse. Elle n’avait pas que ceux qui étaient financièrement à l’aise participe à ses activités mais ceux qui n’avaient pas les moyens ne le faisaient pas ou ne pouvaient pas le faire. »

« Une fois, elle est revenue à la maison avec beaucoup de cartes pour prédire l’avenir. Je lui ai demandé pourquoi elle en avait acheté tant, elle m’a répondu que l’enfant lui avait dit que s’il n’avait pas tout vendu avant de rentrer à la maison, il serait battu. Quand elle allait au bureau central elle a interrogé un enfant sur les meurtrissures de la moitié de son visage et a appris que son père l’avait battu parce qu’il n’avait pas ramené suffisamment d’argent. Elle espérait un futur où les enfants ne seraient plus obligés de travailler et ne seraient plus exécutés. Elle espérait que les enfants ne soient pas obligés de vivre dans une situation qui entrave leur croissance. »



« J’accepte sa voie … la défense des droits humains est-elle un crime ? »


Critiquant les accusations qui pèsent sur Shiva et à propos de ses mois de détention : « Qui a vu sa sécurité mise en danger par Shiva ? Toutes ses activités rentrent dans le cadre des limites imposées par la république islamique d’Iran, elle n’agit pas contre le gouvernement, elle ne fait qu’aider des êtres humains. Son père, le peuple d’Iran et moi-même ont accepté sa voie. Si l’on interroge Shiva et ses semblables sur leurs activités, tout le monde comprend, non seulement qu’elle n’a pas choisi un mauvais chemin, mais que c’est exactement ce qu’il faut faire et qu’elle a été emprisonnée à tort. Qu’a-t-elle fait pour mériter de passer sa 25ème année et son 26ème anniversaire derrière les barreaux ? Plus j’y pense, plus je refuse l’incarcération de Shiva. »

La mère de Shiva a discuté de tous ces points à de multiples reprises avec les enquêteurs. « J’ai dit à celui qui traitait son dossier qu’il était impossible que Shiva ait fait le mal et mes derniers mots pour lui ont été qu’on devrait épargner la prison à Shiva et à ses semblables. La prison est un endroit pour ceux qui viole la dignité des gens ou qui assassinent. Mais ces jeunes n’ont rien fait de mal et ils ne devraient pas passer les meilleures années de leur vie derrière les barreaux. Je dirais seulement que j’espère que Dieu les ait en sa sainte garde et qu’il n’hésitera pas à protéger les protéger en ces temps très difficiles, loin de leur famille, pour leur permettre de tout supporter. »

Les derniers mots de la mère de Shiva, dont la voix vibre d’enthousiasme à chaque fois qu’elle mentionne Shiva : « J’espère que très bientôt les portes de ces prisons s’ouvriront pour que ces perles puissent de nouveau être embrassées au sein de leurs familles. »



Source: International Campaign for Human Rights in Iran - Traduction: @MrZand



samedi 26 juin 2010

Lettre pour la fête des pères de Shiva Nazar Ahari : « Papa, reste fort »

C’est la deuxième fête des pères consécutive que la militante des droits humains Shiva Nazar Ahari passe loin de chez elle. L’année dernière, alors qu’elle était derrière les barreaux du quartier 209 de la prison d’Evine, elle avait utilisé le stylo et le papier laissé dans sa cellule par son interrogateur pour écrire à son père. Lorsqu’elle fut libérée pour quelques mois, elle lui donna la lettre.

Le comité des droits humains publie cette lettre le jour de la fête des pères de cette année alors que Shiva est toujours en prison. Le 20 juin 2010 Shiva Nazar Ahari a été transférée du quartier 209 au quartier commun de la prison d’Evine.

Papa, reste fort

Par SHIVA NAZAR AHARI

Je n’étais pas présente le jour de la fête des mères pour embrasser les mains de maman et maintenant je ne suis pas présente pour toi le jour de la fête des pères. Cher Papa, tu n’as qu’un jour qui te soit consacré parmi les 365 d’une année. Que tes larmes coulent à travers les crevasses de ma solitude. Que tes larmes me noient parmi tous les crimes que je n’ai pas commis.

Papa, continue à pleurer. Tu as le droit de déverser ta douleur. Voilà des mois que je n’ai pas dormi dans la chambre contiguë à la tienne. Tu n’as pas de nouvelles de ta fille. C’est ta journée et une fois de plus je ne suis pas là. Papa, en dépit de toute la résistance que je déploie, tes mains manquent encore aux miennes. Papa, mes épaules meurent d’envie de sentir les tiennes. Même si je suis devenue adulte, même si je fais mes devoirs dans une prison appelée Evine, et même si j’ai acquis beaucoup de force, je sens encore qu’il me manque une partie de moi-même quand tu n’es pas là.

Cher papa, à chaque fois que je traverse une rue, mes mains cherchent les tiennes pour me sauver de la circulation. Chaque matin, je pleure, les mains contre les murs et je m’appuie sur le seul pouvoir de ma volonté.

Tu m’as appris à ne pas céder Tes mots, les histoires que tu me racontais au moment de me coucher ont donné un sens au mot résistance. Tu disais que l’injustice passerait et que la légende des gens de bien resterait.

Je ne veux pas être là où je suis. Tu m’as appris à y être. Je régurgite tes mots quotidiennement. Je ne veux pas permettre à toute cette solitude et à tout ce silence de me briser.

Papa, continue à pleurer mais ne pleure pas pour moi. Pleure pour une patrie qui envoie les meilleurs de ses enfants en prison. Mais reste fort papa. Mes épaules ont besoin de la force des tiennes. Il ne faut pas que ton dos se courbe sous la pression ou je n’aurais plus rien pour m’appuyer. Reste fort papa.

Source: http://persian2english.com/?p=12196



mardi 8 juin 2010

Lettre pour ma fille, Shiva Nazar Ahari

La mère de la militante des droits humains Shiva Nazar Ahari écrit une lettre à sa fille

Ma chère fille,

Il semble qu’il soit maintenant normal dans ce monde d’emprisonner pour les crimes de recherche de la liberté et d’amour pour les êtres humains. Voilà plus de six mois que tu es emprisonnée pour ce crime-là. En tant que mère, je suis fière de toi. Tu as toujours été la meilleure et tu l’es encore.

Ma chère fille, quand je suis allée à l’université pour récupérer ton diplôme, tous les fonctionnaires de l’université m’ont félicitée d’avoir une fille d’une telle persévérance et ils m’ont tous dit prier pour que, dans le futur, la prison ne sanctionne plus l’amour des êtres humains et la recherche de la justice.

Et maintenant, je crie à haute voix du fond de mon cœur : c’est moi qui ai élevé Shiva et si quelqu’un mérite la prison, c’est moi, pas Shiva.

Enchaînez-moi donc et libérez ma fille.


Ta mère,
Shahrzad Kariman

Source : http://persian2english.com/?p=11368






vendredi 19 mars 2010

La famille de Shiva Nazar Ahari écrit au procureur de Téhéran

Cette lettre a été envoyée par la famille de Shiva Nazar Ahari au procureur de Téhéran, Abbas Djafai Dolatabadi.
Version persane ici, anglaise: ici
Comité des Reports pour les Droits Humains (CHRR) 
15 Mars 2010 

80 jours se sont écoulés depuis l’arrestation de la militante des droits humains Shiva Nazar-Ahari et sa famille attend toujours sa libération. Shiva Nazar-Ahari avait déjà été arrêtée le 14 juin 2009 sur son lieu de travail et elle avait passé 100 jours en prison.

Ce membre du CHRR a passé 190 jours de l’année persane 1388 (2009-2010) en prison, dont 100 jours dans les cellules d’isolement de la prison d’Evine.

Le CHRR est un organisme indépendant dont le but est de diffuser les violations des droits humains et d’en défendre les victimes. Pendant ses quatre ans d’activité, le CHRR a publié de nombreux rapports, déclarations et articles sur les violations des droits humains. L’organisation est politiquement indépendante de toute organisation iranienne ou étrangère. Malgré cela, neuf membres du CHRR ont été arrêtés par les forces de sécurité l’année dernière. De plus, les autres membres du comité ne sont pas exempts de pression de la part des forces de sécurité.

La lettre qui suit a été écrite par la famille de Shiva Nazar-Ahari au procureur de Téhéran, Abbas Djafai Dolatabadi.

Cher Monsieur Djafari Dolatabadi, Procureur de Téhéran
 
Nous vous écrivons car nous n’arrivons pas à vous rencontrer. Ces derniers jours, nous avons tenté de vous rencontrer à plusieurs reprises au bureau du procureur de Téhéran. Nous avons donc décidé de faire entendre notre voix en vous écrivant, même si nous vous avions rencontré auparavant et que nous vous avions alors dit ce que nous vous écrivons aujourd’hui. A cette époque, nous ne pensions pas que notre fille serait détenue aussi longtemps. Lors de cette réunion, nous avions été choqués d’entendre les charges qui pesaient contre notre fille et nous ne les croyons toujours pas vraies. En tant que parents de Shiva Nazar-Ahari, jeune femme détenue de la prison d’’Evine, nous aimerions commencer l’année réunis tous ensemble, comme les autres familles iraniennes. Mais il semble que nous n’aurons pas cette chance cette année.

Monsieur le Procureur, 
Puisque vous ne voulez pas relâcher notre fille sous caution (comme vous le savez, Shiva a été libérée de prison une première fois sous une caution de 200.000USD), au moins laissez-nous la rencontrer en prison. Quatre mois après son arrestation, nous n’avons toujours pas pu la rencontrer ; nous n’avons eu droit qu’à un entretien avec notre fille derrière une glace sombre et par téléphone.

A la veille du Nouvel An, est-ce une demande si importante ?

Nous vous demandons, si vous n’avez pas pris la décision de libérer notre fille, d’au moins alléger ses conditions de vie en prison. Qu’elle soit dans une cellule dotée au moins d’un poste de télévision. Notre fille est actuellement dans une cellule sans confort et on lui refuse même les livres et les journaux. Voilà plus d’un mois et demi que nous apportons des livres à Evin ; à chaque fois, les autorités nous obligent à les ramener avec nous.

Monsieur le Procureur, donnez au moins l’ordre que notre fille puisse bénéficier de livres et de journaux. Enfin, nous espérons que votre bonté islamique se rappellera de nous et de notre famille et que notre fille sera avec nous.