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dimanche 18 décembre 2011

Lettre du Blogger Hossein Ronaghi Maleki au procureur général pour annoncer sa grève de la faim


A Monsieur Djafari Dowlatabadi, procureur général de Téhéran, mes salutations et mes respects 

Je suis Seyyed Hossein Ronaghi Maleki, fils de Seyyed Ahmad, né le 5 juillet 1985. Dans le passé, j’ai informé votre excellence dans plusieurs courriers de différents problèmes, mes problèmes rénaux, les procédures d’interrogatoires et l’énoncé des verdicts, l’absence de défenseurs lors du verdict en première instance, la situation de la prison et des prisonniers affligés de diverses maladies, le flou du statut des prisonniers et la pression accrue sur les prisonniers et leurs familles, les arrestations, l’emprisonnement à l’isolement et les lois de ce pays qui ne sont pas respectées ni mises en place.

Aujourd’hui, n’ayant vu aucune solution mise en œuvre pour résoudre ces problèmes, j’ai décidé de poursuivre mes protestations différemment.

Monsieur le procureur, 

A la veille du début de ma deuxième année d’incarcération (12 décembre 2009), pour protester contre le refus de m’accorder une liberté provisoire pour raisons médicales pour que je puisse me soigner les reins, contre le refus d’accorder une liberté provisoire pour raisons médicales à des prisonniers qui en ont besoin comme le docteur Maasoum Fardis, contre les arrestations et les pressions sur les militants des droits humains comme Rojine Mohammadi, contre la situation déplorable des familles des prisonniers politiques et pour soutenir le syndicaliste Reza Shahabi qui fait une grève de la faim pour protester comme le flou de son statut en prison et enfin pour protester contre les violations généralisées des droits humains des prisonniers politiques, j’ai commencé une grève de la faim au soir du vendredi 9 décembre 2011.

Monsieur le procureur, 

J’ai gardé le silence deux ans en prison, mais aujourd’hui, devant mon état de santé dramatique, devant la santé précaire de Reza Sahabi, du docteur Maasoum Fardis et d’autres prisonniers politiques, je me dois de vous dire que nous ne devrions plus rester coi devant la situation déplorable des prisonniers et la violation de leurs droits humains.

En tout cas, ma santé court un grand risque en raison des mauvaises conditions carcérales et de mon incarcération même. Je vais donc maintenant avoir recours à la grève de la faim qui est la seule option offerte aux prisonniers politiques pour faire respecter leurs droits.

Je vous informe donc, vous et tous les autres, que c’est la méthode que j’ai choisie pour protester contre la situation décrite ci-dessus et pour vous informer, vous et tous les autres, des conditions déplorables des prisonniers politiques ; je vous informe en sus que je suis prêt à en payer le prix.

Même  si ce prix, c’est ma vie.

Je vous prie de croire, Monsieur le procureur général, à mes salutations respectueuses.
Seyyed Hossein Ronaghi Maleki, le 12 décembre 2011, prison d’Evine, bloc 350

Source: http://www.rahana.org/archives/46566

mardi 22 mars 2011

La marche en terrain miné - Hoshang Asadi – 19 mars 2011


Conférence annuelle de la société internationale pour les droits humains – Bonn 

Mesdames et Messieurs,

Il n’est pas difficile d’être écrivain en république islamique d’Iran. Cela s’apparente simplement à la marche dans un champ de mines ; en un sens, il est beaucoup plus facile de marcher sur une mine et d’en mourir.

Cela peut vous sembler exagéré ; alors je vous présenterai deux épisodes extraits de mon livre, relatant mon expérience personnelle d’écrivain, pour vous expliquer la situation.

« J’étais jeune et amoureux de la liberté. J’aimais mon pays et la littérature. Je rêvais de changer le monde. Je croyais qu’un jour, l’amour dirigerait la vie. J’ai pris part à la révolution de 1979, rêvant du triomphe de la liberté, du pain pour tous et du despotisme relégué au musée.
Mais je me suis soudain retrouvé en enfer. Pendant trois mois, le seul contact physique, je l’ai eu avec celui qui m’interrogeaus. Son idéologie de haine provenait de ses croyances religieuses ; ses instruments étaient le fouet et les menottes. 

J’avais les yeux bandés, j’étais sans défense comme une biche prise au piège par son « frère ». En république islamique d’Iran, « frère » est le titre commun à tous les croyants. Et tous ceux qui m’interrogeaient étaient des « frères » qui n’avaient que des pseudonymes. Ma vie était entre leurs mains, surtout entre celles de celui que tous appelaient « frère Hamid ». Je ne pouvais rien faire ou obtenir sans sa permission, y compris manger, dormir, me réveiller, etc… Je ne pouvais même pas aller aux toilettes sans sa permission. Il se considérait comme ayant tous les droits, défendait le régime « sacré » et me considérait comme un traître, un espion immoral. C’était l’image de Dieu tandis que j’étais Satan. Je devais « avouer » tout ce à quoi il pouvait penser. Ce que j’ai fait. Chaque fois que je perdais conscience sous la torture, pendant les nuits et les jours où j’étais suspendu au plafond, un bras tourné dans le dos. Je n’avais pas le droit de dormir, j’ai même été obligé de manger mes excréments. Et finalement, j’ai « avoué ».

Le jeune écrivain s’était métamorphosé en la personne la plus haïssable. Il me fallait marcher et aboyer comme un chien. »

Celui qui a écrit ces paragraphes et maintenant devant vous et vous parle. Ces phrases venaient de mon livre « Lettres à mes Tortionnaires ». Dans cette situation, j’ai fait trois tentatives de suicide. Mais ils m’ont sauvé à chaque fois pour me soumettre à davantage de torture.

D’après les aveux qu’ils m’ont extorqués sous la torture, j’étais à la fois un espion pour le MI6 et l’Union Soviétique. Pendant mon procès qui a duré six minutes, le juge, un religieux, m’a traité de salaud et a requis mon exécution. Alors, j’ai été condamné à 15 ans de prison.

A l’été 1988, j’ai eu droit à un second procès, qui cette fois n’a duré qu’une minute, par un tribunal mis en place sur ordre de l’ayatollah Khomeiny et qui a prononcé des peines de mort pour des milliers de prisonniers. Ceux qui y siégeaient détiennent aujourd’hui les positions clés dans l’appareil judiciaire ou politique de la république islamique 

Durant ces procès, les juges ne posaient que trois questions simples :
  • Persistez-vous dans vos croyances du passé ?
  • Acceptez-vous la république islamique ?
  • Priez-vous et obéissez-vous à l’ayatollah Khomeiny ?

J’ai menti pour continuer à vivre. Ce n’est pas simple. J’ai survécu et fini par rentrer à la maison au bout de six ans de prison. Ensuite, je suis resté sous surveillance pendant des années. Je devais rapporter le plus infime détail de ma vie aux autorités lors d’interrogatoires hebdomadaires au début, puis mensuels. Puis, un jour, ils nous ont dit, à mon épouse et à moi :
  •  Vous êtes des étrangers ici ; soit vous partez, soit on s’occupe de vous.

Le voyou a prononcé ces mots en brandissant le poing dans notre direction. Voilà maintenant sept ans que je suis parti. Malheureusement, la situation en Iran est bien plus mauvaise et terrifiante que lorsque j’y vivais. Aujourd’hui, les dirigeants de cette république de voyous ne parlent que torture, prison et mort.

Mesdames et Messieurs,

Malgré tout cela, je me dois de vous dire que la marche en terrain miné pour les écrivains est beaucoup plus ancienne que la république islamique. Si l’on isole le dernier siècle de la longue histoire iranienne qui coïncide avec l’avènement de la modernité dans le pays, nous voyons beaucoup d’artistes qui ont passé leurs vies entre prison et torture avant de mourir.

Bozorg Alavi, l’un des premiers romanciers iraniens, a vécu presque la moitié de sa vie en exil, ici, en Allemagne avant de mourir. De l’autre côté de la frontière, Mohammad Ali Djamalzadeh, le premier à avoir écrit des nouvelles, a subi le même sort. Paris, où je vis actuellement, est le lieu de sépulture de Sadegh Hedayat, le plus grand écrivain iranien du vingtième siècle. Il s’y est suicidé à cause de ce qui se passait dans sa patrie. Sa tombe est proche de celle de Gholam Hossein Saedi, l’un des trois plus grands dramaturges iranien.

Tous ces écrivains majeurs, et certains moins importants comme moi, ont été les victimes du despotisme. Ce que ces écrivains ont du affronter en Iran, encore plus que les problèmes émanant du gouvernement, prennent racine dans le despotisme et la dictature qui envahit le pays comme un cancer en phase terminale. De mon point de vue, la racine de cette tumeur cancéreuse réside dans l’interprétation de la religion présentée par les religieux chiites. C’est ce point de vue qui a empêché la première révolution pour la liberté en Iran, au début du vingtième siècle d’être un succès. Puis, un siècle plus tard, on a volé la révolution du peuple iranien et on a établi la république islamique.

Tandis que je vous parle aujourd’hui, la part moderne de la société iranienne se bat âprement contre le despotisme religieux. Malheureusement, nous sommes cruellement seuls dans cette lutte. Le monde libre, dont Bonn est l’une des grandes villes, n’a toujours pas compris l’importance de la bataille pour la liberté en Iran. Il n’a toujours pas compris que les talibans chiites sont beaucoup plus dangereux pour le monde entier que le fascisme ou le stalinisme. En tant qu’écrivain iranien, je ne peux cacher la profondeur de mon chagrin quand des sociétés comme Siemens-Nokia fournissent à la république islamique les outils pour opprimer la liberté en Iran.

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de votre patience à mon endroit. J’espère que les rassemblements de ce type aideront à faire comprendre que le problème clé en Iran, ce sont les droits humains et pas le nucléaire. L’Iran ne produira plus d’armes nucléaires quand les écrivains ne seront plus forcés de traverser des champs de mines.

Source: http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/archive/2011/march/19/article/walking-through-a-minefield.html

vendredi 18 mars 2011

Dans le bloc 2A des gardes révolutionnaires: le calvaire des militants des droits humains – 4 avril 2010 - Mojtaba Samienedjad


Le scénario écrit par les gardes révolutionnaires (IRGC) à l’intention des militants des droits humains est appliqué totalement dans le bloc 2A de la prison d’Evine. Ce qui en résulte n’a jamais été vu à ce jour. Dans les séquences publiques, le scénario comporte des accusations stéréotypées: « agissements contre la sécurité nationale », « liens avec des puissances étrangères » et « implication dans des opérations conçues et dirigées par les bureaux d’espionnage américain et israélien », ces opérations d’espionnage n’étant connues que de la rédaction de Kayhan.

En fait, ce qui se fait au bloc 2A de la prison d’Evine, c’est la torture, les menaces contre les familles des militants arrêtés, le refus du recours à un avocat et l’isolement des prisonniers du monde extérieur. Dans son dernier scénario, l’IRGC a visé les militants des droits humains. Le but de l’opération est de mettre fin aux activités des militants des droits humains, de cacher le bilan noir de la république islamique en matière de droits humains et d’aider les violations des droits humains à venir en Iran. Après tout, les violateurs des droits humains iraniens ont appelé 1389 l’année de la multiplication des efforts !

Le centre de lutte contre le crime organisé, qui est une succursale de l’IRGC, a vu le jour en 1383 (2004-2005) quand les juges Mortazavi et Moghaddas se sont vus adjugés des dossiers de bloggeurs et d’internautes. Depuis lors, le centre a répété à de nombreuses reprises le même scénario pour servir différents buts. L’exemple le plus remarquable : en mars 2009, plusieurs personnes ont été arrêtées et liées à un réseau nommé « Mozzeline ». A première vue, d’après de que l’IRGC et les médias d’état ont annoncé, l’opération aurait visé des sites pornographiques et religieux. Mais en réalité, toute l’opération a été menée pour que l’opinion publique se méfie d’internet par le biais des médias partisans et de production de programmes de télévision comme « Choc ».

Le centre de lutte contre le crime organisé n’est rien d’autre qu’un centre pour les violations des droits humains et un ennemi de la liberté d’expression. Le centre atteint ses objectifs par des scénarios concoctés pour des « crimes commis » et les accusations qui s’en suivent qui sont alors mises en œuvre de façon organisée et homogène dans l’enceinte de la prison d’Evine. Le centre a un casting permanent comme les juges Kian-Manesh (procureur en 2004 et maintenant chargé des dossiers des militants des droits humains), Djafari (qui a annoncé à la télévision la nouvelle des peines de mort des accusés du dossier Mosseline) et une cheville ouvrière de l’IRGC à la réputation détestable, Moussavi. Quant aux méthodes, il y a la procédure générale : pressions et torture dans le bloc 2A, extortion de faux aveux télévisés, qui débute par le montage de toutes pièces de dossiers pour les médias et finit par la propagande télévisée.

Une des tactique utilisée par le centre provient de l’idéologie répressive de l’IRGC : menacer et mettre la pression sur les familles des détenus et lier leurs dossiers à la sécurité nationale. Ceci ralentit la propagation des nouvelles au monde extérieur, le public y regardant à deux fois et prenant beaucoup de précautions avant de rapporter ces nouvelles. C’est une méthode utilisée dans tous les dossiers passés entre les mains du centre. Il en résulte que beaucoup des arrestations qui ont eu lieu le mois derniers n’ont pas du tout été publiées ou alors on n’a pas entendu parler des détenus depuis leur arrestation.

Pour contrer ce scénario, il faut des campagnes d’informations pour le public, la couverture médiatique des détenus qui mette en lumière les aspects tus de leur histoire et des mauvais traitements qu’ils subissent.

Une fois de plus, il est clair que le ministère du renseignement et les services de renseignement de l’IRGC tentent de sacrifier un groupe à leurs objectifs malveillants. Pour ce faire, ils ont recours à de vieilles tactiques comme l’annonce de « l’anéantissement d’un cyber réseau » soumettant les détenus à des techniques de torture inhumaines et les forçant à prendre part à des aveux forcés et à des procès mis en scène.

Les préparatifs dans la coulisse ont lieu à l’intérieur du bloc 2A de façon atroce. Nassour Naghipour, le Docteur Hessam Firouzi, Mehdi Khodaï, Abdolréza Ahmadi et plus que tous Hossein Ronaghi Maleki subissent des pressions inimaginables du renseignement de l’IRGC à Evine. D’après certaines fuites et le dossier forgé de toutes pièces publié par le quotidien Kayhan, la situation de Hossein Ronaghi Maleki est extrêmement inquiétant ; les membres de l’IRGC qui l’interrogent ont des projets pour lui. Le reste des militants détenus n’est guère mieux loti.

La plupart des détenus ont été choisis parce qu’ils étaient des militants inconnus ou moins connus que d’autres. Paradoxalement, le dossier a été présenté comme visant des militants connus et des groupes de défense des droits humains reconnus. L’objectif sous-jacent est de sacrifier les militants inconnus ou moins connus qui sont plus vulnérables à cause d’un soutien et d’une attention moindres en raison de leur statut. C’est un fait dont ceux qui ont écrit ce scénario et ceux qui interrogent sont bien au fait.

Les militants détenus du bloc 2A sont dans une situation préoccupante. L’opération pressions et torture touche à sa fin, ce qui montre tous les symptômes d’une conclusion désespérante : les verdicts seront lourds. Tous les militants des droits humains doivent agir ; la meilleure façon de faire échouer ce scénario est une campagne d’information publique. Pendant des années, ces militants des droits humains ont défendu les détenus ; maintenant, ce sont eux qui ont besoin de notre aide. Ces défenseurs ne peuvent plus aider ; ils doivent donc être défendus.

Source : http://www.rahana.org/en/?p=2159

samedi 25 septembre 2010

Il faut dire adieu au mot défense en Iran - Fereshteh Ghazi - 1er septembre 2010

Interview exclusive avec Nasrine Sotoudeh après l’attaque de son bureau

L’avocate Nasrine Sotoudeh a parlé à Rooz après l’attaque de son bureau par des agents de sécurité et annoncé qu’elle était citée à comparaître dans un délai de trois jours sous l’accusation de « réunion et conspiration visant à compromettre la sécurité nationale et propagande contre le régime.

Nasrin Sotoudeh réfute ces accusations comme « infondées et absolument mensongères » ; elle décidera si elle doit comparaître après avoir consulté ses avocats et examiné la validité juridique de cette sommation.

Depuis les élections présidentielles contestées de juin 2009, les avocats ont été soumis à de fortes pressions en Iran ; certains sont en prison, d’autres ont été contraints de quitter le pays. L’attaque du domicile de Madame Sotoudeh et la confiscation de ses dossiers, documents et effets personnels n’est que le dernier exemple de cette tendance.

Abdolfatah Soltani et Mohammad Ali Dadkhah sont deux autres avocats de premier plan; ils ont passé des mois dans l’infâme prison d’Evine sous prétexte de sécurité nationale et sont encore soumis à des pressions. Khalil Bahramian a été convoqué à la prison d’Evine pour y être interrogé il y a quelque temps et Saleh Nikbakht a un dossier en cours à la branche judiciaire de la prison d’Evine.

C’est peut-être pourquoi Madame Sotoudeh a dit : « Ces messieurs ont l’intention de mettre tant de pression sur les avocats, en particulier ceux qui défendent des accusés politiques, que la défense devienne impossible. »

Madame Sotoudeh, dont le portable a été confisqué pour la deuxième fois, a dit à Rooz : « J’étais à mon bureau samedi soir quand quatre agents sont arrivés. En même temps, six autres agents se sont rendus à mon domicile où se trouvaient mon mari et mes enfants. Ils m’ont montré un mandat de perquisition pour le bureau et le domicile, signé du procureur de la prison d’Evine, monsieur Farahani. Ce mandat stipulait : « Perquisitionner le bureau et le domicile pour rassembler des preuves et des documents et les confisquer comme preuves de crime. »

Madame Sotoudeh a noté que son portable lui a été confisqué pour la deuxième fois : « La première fois, c’était après l’exécution d’Arash Rahmanipour et on me l’a rendu plus tard. Mais cette fois-ci, ils me l’ont confisqué de nouveau durant la perquisition de samedi. En dépit des objections de mon mari et des miennes, ils ont malheureusement également confisqué les outils de travail de mon mari, le disque dur de son ordinateur ainsi que l’ordinateur de ma fille et les CDs de mon fils. Ils ont perquisitionné la pièce de mon mari ainsi que les chambres de mes enfants, ce qui est totalement illégal.

Madame Sotoudeh, qui représente beaucoup de journalistes et de prisonniers politiques dont Issa Saharkhiz, Keyvan Samimi, Zia Nabavi mais aussi Shirin Ebadi, réfute les accusations portées contre elle : « Je n’accepte pas ces accusations génériques. Il était habituel auparavant d’accuser tous les militants, syndicalistes, étudiants ou civiques, de propagande contre le régime. Depuis les élections de l’année dernière, on a ajouté conspiration et association contre la sécurité nationale. En tant qu’avocate, je déclare que ces accusations sont fausses et humoristiques, non seulement quand elles sont portées contre moi, mais contre quiconque derrière les barreaux sur ces bases : Ahmad Zeidabadi, Keyvan Samimi, Heshmatollah Tabarzadi et beaucoup d’autres. »

Sources: http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/september/01//must-say-goodbye-to-defense-workd-in-iran.html

dimanche 1 août 2010

Shiva Nazar Ahari décrite par sa mère

Shiva a passé plus de 7 mois à la prison d’Evine l’année passée. Sa mère, Sharzad Kariman, a donné une longue interview à la campagne internationale pour les droits humains en Iran où elle raconte l’histoire de sa fille parce que, selon ses propres mots, « pour avoir choisi le droit chemin, elle va passer toute sa 25ème année en prison. » Shiva a été arrêtée une première fois le lendemain de l’annonce des résultats des élections, le 14 juin 2009 puis de nouveau en mars 2010. Suite à se seconde arrestation, Shiva est en prison depuis quatre mois. Madame Karimi dit que son mandat d’arrêt date d’une semaine avant son arrestation. Elle répète à plusieurs reprises que sa fille n’a rien fait d’illégal et que le fait qu’elle milite pour les droits humains en Iran est approuvée par elle-même et par le père de Shiva.

« A 2 heures du matin, le jour suivant l’annonce des résultats des élections, des agents du renseignement sont venus chez nous pour la chercher ; comme elle n’était pas à la maison, ils se sont rendus sur son lieu de travail ; le mandat d’arrêt qu’ils m’ont montré était daté d’une semaine avant. Shiva a été arrêtée le 14 juin alors que le mandat portait la date du 6 juin et que son nom avait été ajouté par la suite. »


Beaucoup de ceux emprisonnés pour activités politiques, journalisme, défense des droits humains ou activités tournant autour de l’égalité homme – femme ont entre 20 et 30 ans. Shiva Nazar Ahari est née le 10 juin 1984. Sa première arrestation a eu lieu le 20 sharivar 1381, alors qu’elle n’avait que 18 ans. Le 20 shahrivar correspond au 11 septembre, l’anniversaire des attaques terroristes aux USA. La mère de Shiva : « J’ai toujours dit aux enquêteurs que si elle avait commencé à s’engager dans la politique, le chemin en avait été pavé par les enquêteurs. »


Anniversaire du 11 septembre et première arrestation de Shiva


Sharzad Kariman : « A cette époque, je faisais à peu près tout pour mes enfants, par exemple les achats de papeterie et d’autres choses. Le 11 septembre 2002, j’avais eu un accident de voiture et me remettais de l’opération, je n’ai donc pas pu aller à l’université pour acheter les livres de Shiva. Elle venait de s’inscrire au concours d’entrée à l’université et avait des cours pour préparer l’examen. Pour la première fois, elle est allée seule à l’université pour acheter ses livres et a été arrêtée. »


Sa famille a cherché Shiva pendant des heures sans aucun signe, sans personne pour répondre jusqu’à ce qu’elle appelle le poste de police 110 et qu’elle découvre qu’elle avait été arrêtée. « Lors d’une conversation téléphonique, un homme m’a dit de ne pas m’inquiéter et qu’il ne m’avait rien dit mais que Shiva avait été arrêtée et qu’on allait me contacter. »


« Pendant 20 jours, nous n’avons pas eu de nouvelles d’elle et nous avons cherché partour. Pendant ce temps, nous ne pouvions nous réjouir que de ce qu’un homme du poste 110 nous avait dit, elle avait été arrêtée. Au bout de 20 jours un homme est venu nous voir pour enquêter. On m’a demandé pourquoi elle était allée à l’université. J’ai répondu qu’elle devait acheter ses livres. J’avais encore des pansements au visage et j’ai parlé de mon état qui était la raison pour laquelle elle y était allée seule. Au bout de deux ou trois jours, on nous a dit qu’elle était à la section 209 de la prison d’Evine et que la caution avait été fixée à 40.000 USD. »


Shiva n’a jamais parlé à sa famille des jours qu’elle a passés en prison. « Je l’ai entendue répéter à ses amies que sa cellule était si petite que si elle étendait les bras ou les jambes elle touchait les murs et que la nourriture était infecte. Au tribunal, elle a eu une amende de 200USD. Je lui ai demandé pourquoi elle avait eu cette amende, elle m’a répondu qu’on avait trouvé deux bougies dans son sac. Je leur ai dit que les bougies ne lui appartenaient pas comme elle l’avait elle-même attesté mais qu’elle les apportait pour quelqu’un qui n’avait pas de sac. »


Shiva refusa catégoriquement de payer l’amende disant qu’elle préférait faire de la prison. « Shiva dit que son père était retraité et qu’il n’y avait pas de raison pour qu’il paie l’amende. Nous l’avons quand même payée. »


La même année, en 2002, Shiva réussit le concours et fut admise à l’école d’ingénieurs Omran. Durant ces années, les activités de Shiva étaient en relation avec les droits humains ; en tant que membre du comité des étudiants, elle défendait les droits des prisonniers politiques, des enfants et des femmes. « Peut lui importait qui était le prisonnier, avec qui il était associé ou à quelle organisation il appartenait. » Elle a même protesté contre la conduite des militaires envers les personnes arrêtées, alors qu’ils mettaient en place un plan pour lutter contre les « hooligans » en utilisant une brutalité sans précédent.


« Shiva parlait souvent aux prisonniers et à leurs mères. Ses amis lui disaient de ne pas travailler pour eux, que c’étaient des hooligans. Elle répondait que peu lui importait à partir du moment où ils étaient des êtres humains. Ils ont des droits légitimes et on ne devrait pas se conduire ainsi envers eux. » « Si on avait écouté Shiva, des personnes comme Rouhollah Amini ou Mohammad Kamrani, la fleur de la nation n’auraient pas péri à Kahrizak. »


Shiva fut de nouveau arrêtée le 8 juillet 204 sur le boulevard Keshavarz à l’occasion d’un rassemblement devant le bureau de l’ONU, en solidarité avec les prisonniers politiques. Cette fois, elle était avec sa mère qui soutenait toujours ses activités. « Nous avons fait tous les bureaux. Nous y étions encore à quatre heures du matin. Ils ont fini par nous reconduire. » La mère de Shiva dit qu’ils ont arrêté tout le monde « j’ai été relâchée au bout d’une semaine mais Shiva est restée en prison un mois. Elle a de nouveau été libérée sous une caution de 40.000 USD. Au tribunal elle a pris un an avec sursis pour 5 ans.


Shiva Nazar-Ahari a commencé à défendre les enfants avec l’ONG « Travail des enfants ». Elle éduquait les enfants à la gare Nematabad, au sud de Téhéran, jusqu’à ce qu’elle termine l’université et commence à travailler. Elle a continuer à leur enseigner une ou deux fois par semaine. D’après la mère de Shiva, elle a été arrêtée 3 ou 4 fois entre 2002 et 2004.



Dévouée à ses amis et a sa famille


Shiva a commencé à aider les autres à la maison ; sa dévotion à ses parents et à sa famille a nourri ses activités. « Comme les résultats de Shiva à l’université étaient excellents, elle aidait toujours ses sœurs. Quand elle a commencé à travailler, elle a voulu aider son père qui avait travaillé dur pour lui permettre de poursuivre ses études. Shiva a dit que, comme son père était retraité, elle ferait de son mieux pour nous rendre nos bontés. Elle se conduisait de la même façon dans la rue et avec ses amis travaillant collectivement »


« Ses amis nous disent que le comité central se fait beaucoup de souci pour Shiva et demande sans arrêt de ses nouvelles ; les enfants aussi demandent si Tata Shiva ne les aime plus. Ils ne savent quoi répondre… Shiva ne voulait rien pour elle-même. A chaque paie, elle commençait par répondre aux besoins de ses amis. Elle était tellement aimée sur son lieu de travail que lorsqu’elle est revenue après trois mois de prison ils l’ont reprise avec plaisir. Même maintenant au bout de sept mois, les ingénieurs et les directeurs de la société appellent pour demander de ses nouvelles et me disent qu’ils ne remplaceront jamais Shiva, une collègue si bonne et fiable. »


« Elle a de bonnes relations avec nous et avec tout le monde. Aucun membre de notre famille n’a été dérangé par Shiva et il en va de même pour ses amis. Peu importe comment on la traitait, elle ne montrait aucune réaction négative. Elle était gentille et compatissante avec nous. Elle est encore à l’isolement mais ses amis qui ont été relâchés nous disent qu’elle a fait des marques sur le mur, par exemple pour la date du concours d’entrée à l’université de sa jeune sœur. Elle était anxieuse et espérait que Nazanine réussirait. Quand elle a appelé, Shiva a demandé les résultats de Nazanine qu concours. Je lui demandais de parler d’elle et pourquoi elle s’inquiétait de l’examen de sa sœur. Elle m’a dit qu’elle se faisait constamment du souci pour sa sœur. »


Shahrzad Kariman est tout à fait sûre des activités de Shiva et l’admire. « J’ai accepté le chemin qu’elle a choisi parce que ce n’est pas un mauvais chemin. Défendre les droits humains, est-ce un crime ? Il est pénible d’entendre que cela va à l’encontre de la sécurité nationale. Si quelqu’un prend les armes et agit, alors cela va à l’encontre de la sécurité nationale. Shiva ne ferait pas de mal à une mouche, et elle n’a fait qu’aider les gens et pourtant elle a été accusée d’agissements à l’encontre de la sécurité nationale. »


Shiva Nazar Ahari et ses rêves


« Shiva disait toujours qu’elle espérait que la discrimination cesse, qu’elle ne voulait plus voir les enfants mendier dans la rue pour prédire l’avenir ou quelqu’un en désaccord avec les droits humains. Elle disait qu’elle ferait de son mieux pour que la situation actuelle cesse. Elle n’avait pas que ceux qui étaient financièrement à l’aise participe à ses activités mais ceux qui n’avaient pas les moyens ne le faisaient pas ou ne pouvaient pas le faire. »

« Une fois, elle est revenue à la maison avec beaucoup de cartes pour prédire l’avenir. Je lui ai demandé pourquoi elle en avait acheté tant, elle m’a répondu que l’enfant lui avait dit que s’il n’avait pas tout vendu avant de rentrer à la maison, il serait battu. Quand elle allait au bureau central elle a interrogé un enfant sur les meurtrissures de la moitié de son visage et a appris que son père l’avait battu parce qu’il n’avait pas ramené suffisamment d’argent. Elle espérait un futur où les enfants ne seraient plus obligés de travailler et ne seraient plus exécutés. Elle espérait que les enfants ne soient pas obligés de vivre dans une situation qui entrave leur croissance. »



« J’accepte sa voie … la défense des droits humains est-elle un crime ? »


Critiquant les accusations qui pèsent sur Shiva et à propos de ses mois de détention : « Qui a vu sa sécurité mise en danger par Shiva ? Toutes ses activités rentrent dans le cadre des limites imposées par la république islamique d’Iran, elle n’agit pas contre le gouvernement, elle ne fait qu’aider des êtres humains. Son père, le peuple d’Iran et moi-même ont accepté sa voie. Si l’on interroge Shiva et ses semblables sur leurs activités, tout le monde comprend, non seulement qu’elle n’a pas choisi un mauvais chemin, mais que c’est exactement ce qu’il faut faire et qu’elle a été emprisonnée à tort. Qu’a-t-elle fait pour mériter de passer sa 25ème année et son 26ème anniversaire derrière les barreaux ? Plus j’y pense, plus je refuse l’incarcération de Shiva. »

La mère de Shiva a discuté de tous ces points à de multiples reprises avec les enquêteurs. « J’ai dit à celui qui traitait son dossier qu’il était impossible que Shiva ait fait le mal et mes derniers mots pour lui ont été qu’on devrait épargner la prison à Shiva et à ses semblables. La prison est un endroit pour ceux qui viole la dignité des gens ou qui assassinent. Mais ces jeunes n’ont rien fait de mal et ils ne devraient pas passer les meilleures années de leur vie derrière les barreaux. Je dirais seulement que j’espère que Dieu les ait en sa sainte garde et qu’il n’hésitera pas à protéger les protéger en ces temps très difficiles, loin de leur famille, pour leur permettre de tout supporter. »

Les derniers mots de la mère de Shiva, dont la voix vibre d’enthousiasme à chaque fois qu’elle mentionne Shiva : « J’espère que très bientôt les portes de ces prisons s’ouvriront pour que ces perles puissent de nouveau être embrassées au sein de leurs familles. »



Source: International Campaign for Human Rights in Iran - Traduction: @MrZand



vendredi 30 juillet 2010

Un rapport de la prison de Radjaï-Shahr - Docteur Saïd Massouri

 Jeudi 29 juillet 2010 – RAHANADans une lettre émouvante, Saïd Massouri, incarcéré depuis 2000, décrit la situation poignante de la prison de Radjaï-Shahr. Le Docteur Saïd Massouri a été arrêté en décembre 2000, dans la ville de Dezfoul et est actuellement détenu dans la section 10 du pavillon 4 de la prison de Radjaï-Shahr de Karadj. Son procès initial et celui en appel l’avaient condamné à mort. De ses 10 ans de prison, il en a passé 3 à l’isolement dans les prisons de Téhéran et Dezfoul. Après des efforts intensifs, sa peine de mort a été commuée en emprisonnement à vie.

Suivant les rapports de RAHANA, Massouri n’a jamais bénéficié de permission pendant ses 10 ans ; pendant sa préventive et son isolement, il a été soumis à des tortures physiques et psychologiques intenses. Massouri a été transféré à la prison de Radjaï-Shahr connue pour ses conditions inhumaines il y a quelques années. Dans une lettre écrite de l’intérieur de la prison et qui est parvenue à l’agence de presse RAHANA « La maison des droits de l’homme d’Iran », Massouri décrit les conditions inhumaines de la prison :

La vie à l’extérieur de la prison continue comme d’habitude et il est difficile d’imaginer quel enfer, quelle tragédie humaine se passent à quelques mètres, derrière les murs de la prison qu’ils côtoient quotidiennement, un peu comme ceux qui vivaient à proximité des camps d’Auschwitz et de Dachau, qui n’avaient peut-être aucune idée de ce qui pouvait se passer derrière les murs de ces camps notoires.

Je veux dépeindre la prison de Radjaï-Shahr, qui parait grande aux citoyens de Karadj mais qui n’est en réalité qu’une très petite prison en raison de sa surpopulation. C’est un monde différent, ressemblant beaucoup à l’enfer décrit dans les films de fiction, plein de feu et de fumée. Un monde rempli de visages brûlés, noirs, ébouriffés, de corps nus couverts de sueur et de marques rouges de piqûres de puce. Un monde plein de pantalons déchirés donc les lambeaux servent de ceintures, de pieds nus et sales, de vêtements portés à l’envers et couverts de puces, déchirés, de claquettes dépareillées. Un monde à l’air pollué, par l’odeur extrême des ordures en putréfaction, par les égouts débordant dans les toilettes, par la toxicité du vomi séché, par le flegme infectieux et les odeurs corporelles de corps vivant dans la promiscuité et ayant rarement l’occasion de se baigner et culminant par l’odeur de l’urine de ceux qui ne se contrôlent plus.

Voilà la toile de fond du formidable tumulte et des cris des prisonniers qui semblent passer leurs journées entières à faire la queue. Des prisonniers faisant la queue debout, une bouteille de plastique retournée à la main pour leur servir de tasse à thé, tassés dans des queues multiples, longues, pour utiliser les toilettes ou prendre une douche, etc…

Des visages décharnés par la malnutrition mais cachés derrière des barbes touffues et des cheveux ébouriffés, des toux déchirantes causées par les problèmes respiratoires dus à la contamination de l’air à l’intérieur, des corps méconnaissables qui rappellent les enfants africains en temps de famine, des masses de prisonniers dans les couloirs, tels des zombies, frappés par la chaleur, leurs yeux sans vie fixant les murs et le plafond, des corps décharnés cherchant les puces dans les coutures des vêtements, des corps frôlant d’autres corps, trop habitués aux images qui les entourent.

Une foule d’autres prisonniers, isolés ou par groupes de deux, incapables de marcher à cause de la foule, regarde les autres qui jouent avec les points de suture sur leurs poignets ou leur cou, posés suite à des automutilations. Beaucoup ont à la main une petite serviette ou un morceau de tissu qui leur sert à s’éponger la sueur sur la tête ou le visage toutes les deux minutes ; cela leur sert également à se masquer la bouche et le nez pour mieux supporter la puanteur de l’air contaminé. Ajoutez à cela le tumulte et le bruit assourdissant de leurs haut-parleurs qui crient des insultes vulgaires, exigeant le silence, ordonnant de respecter les règles en usage aux toilettes et aux douches, etc… On ne réalise la dureté des conditions que lorsqu’on sait que l’endroi,t censé héberger 90 personnes au maximum, contient plus de 1.100 prisonniers. Il y a une douche pour 250 prisonniers, un pain ou un flacon de savon pour 500, une toilette (souvent pleine et en plein dégorgement) pour 170. Pour cinq prisonniers, l’espace disponible est de 5m2, ce qui oblige les prisonniers à utiliser les couloirs et les escaliers ; une couverture pour 5 ou 6 prisonniers ; des prisonniers contraints d’être en dehors de leurs cellules de 19h00 à 07h00, debout, à cause du manque d’espace. Même à l’air libre, on trouve rarement une place. On sert souvent la nourriture sur une feuille de journal et la seule façon pour pouvoir manger est de trouver une place où s’asseoir à l’air libre. Ces conditions touchent également les gardiens qui non seulement sont confrontés à la tâche redoutable de compter les détenus et de garder trace de leur passage, mais encore sont confrontés à toutes sortes de maladies et d’infections.

Il est toujours surprenant d’entendre du matin au soir la télévision parler de dignité humaine, de droits humains et de la façon de gouverner le monde, mais pas un mot de ce qui se passe derrière les murs de cette prison. Apparemment, la santé publique, les douches et les toilettes sont tellement liées à la sécurité nationale qu’en parler est considéré comme un crime contre la sécurité nationale. Prenons par exemple Reza Djoushan, 22 ans, transféré à l’isolement pour avoir eu l’audace d’élever la voix et de se plaindre de la situation. Bien que son transfert à l’isolement n’ait pas été une surprise pour moi, la situation à Radjaï-Shahr et dans d’autres prisons est si terrible qu’elle ne sera pas résolue en envoyant les gens à l’isolement. Rien d’étonnant à ce que beaucoup de prisonniers incarcérés dans les célèbres prisons iraniennes rêvent d’endroits comme les prisons de Guantanamo et d’Abu Ghraib comme de rêves inaccessibles, leur exécution devenant leur seul espoir tangible d’échapper à cette tragédie humaine insupportable.

Saïd Massouri - Prison de Radjaï-Shahr - Juillet 2010

Sources: http://www.rhairan.us/archives/21043

http://negar-irani.posterous.com/24433459

dimanche 27 juin 2010

L’état physique terrible d’Issa Saharkhiz à la prison de Radjaï Shahr

Samedi 26 juin 2010. Suivant Kalame, Issa Saharkhiz est dans un état physique terrible à la prison de Radjaï Shahr. Les autorités de la prison ont refusé de le transférer à l’infirmerie et, en dépit de la détérioration de son état, ils ne lui ont fourni que quelques médicaments de base, inappropriés pour son traitement.

Issa Saharkhiz, journaliste emprisonné depuis un an sans procès, souffre d’hypotension artérielle et s’est évanoui pour la deuxième fois ; il a été transféré en soins intensifs à l’hôpital.

Son fils, Mehdi Saharkhiz , a déclaré qu’il ne bénéficiait pas d’un traitement approprié en prison et que l’historique médical de son père à savoir une hypotension artérielle sévère requérait un traitement spécifique et le suivi d’un spécialiste. Mehdi Saharkhiz a ajouté que, bien que le moins que l’on puisse dire des conditions médicales de Radjaï Shahr est qu’elles sont inférieures à la norme, on a malheureusement refusé à son père une permission pour raison médicale pour lui permettre d’être traité.

Mehdi Saharkhiz a souligné que même avant le transfert de son père à Radjaï Shahr, il était très difficile de lui rendre visite. Il a ajouté que ce n’était pas particulier à sa famille et que beaucoup d’autres familles de prisonniers politiques comme celles de Zeydabadi et Bastani étaient contraintes à de longues heures de voyage pour rendre visite à leurs proches emprisonnés ; avec l’application d’un nouveau règlement, les épouses de prisonniers politiques ne pouvant rendre visite à leurs époux qu’une semaine sur deux, il est encore plus difficile pour les familles de voir leurs proches lors de grandes occasions comme la fête des pères.

Mehdi Saharkhiz répète que les prisonniers de Radjaï Shahr sont privés de soins médicaux et ajoute que même si l’état de santé de son père s’est détérioré, les autorités de la prison refusent de le transférer à l’infirmerie et se contentent de lui fournir des médicaments de base.

Source: http://www.kaleme.com/1389/04/05/klm-24092

L’état de santé de Madjid Tavakoli se détériore sérieusement

 Dimanche 27 juin 2010 – Suivant les rapports de HRANA, en dépit de son état de santé qui se détériore sérieusement, les autorités de la prison n’ont toujours rien fait pour qu’il soit traité. Tavakoli est un militant étudiant célèbre, transféré dans la salle 2 du bloc 350 d’Evine le 22 juin 2010.

HRANA rapporte qu’en raison des conditions difficiles de la prison et en particulier de sa grève de la faim sèche pendant qu’il était au secret au bloc 240, il souffre maintenant de sérieux problèmes pulmonaires qui empirent de jour en jour.

Les médicaments prescrits à Tavakoli par un médecin ne suffisent plus. Le Docteur Behzadian-Nedjad, compagnon de cellule de Tavakoli, lui a recommandé de les arrêter à cause de possibles effets contraires.

Madjid Tavakoli est actuellement détenu dans la salle 2 du bloc 350 d’Evine (auparavant salle 5). Depuis son transfert, il n’a eu droit qu’à une seule conversation téléphonique de 2 minutes avec sa famille.

En raison des travaux en cours, beaucoup de prisonniers politiques ont été transférés d’autres sections au bloc 350 (surtout des sections 7 et 8) qui souffre de plus de restrictions que les autres blocs communs de la prison.

Il faut mentionner que Madjid Tavakoli, ancien étudiant de l’université Amir-Kabir de Téhéran, a été condamné à 8,5 ans de prison et est incarcéré depuis le 7 décembre 2009.

Source: http://www.daneshjoonews.com/news/student/1705-1389-04-06-08-57-41.html



samedi 26 juin 2010

Lettre pour la fête des pères de Shiva Nazar Ahari : « Papa, reste fort »

C’est la deuxième fête des pères consécutive que la militante des droits humains Shiva Nazar Ahari passe loin de chez elle. L’année dernière, alors qu’elle était derrière les barreaux du quartier 209 de la prison d’Evine, elle avait utilisé le stylo et le papier laissé dans sa cellule par son interrogateur pour écrire à son père. Lorsqu’elle fut libérée pour quelques mois, elle lui donna la lettre.

Le comité des droits humains publie cette lettre le jour de la fête des pères de cette année alors que Shiva est toujours en prison. Le 20 juin 2010 Shiva Nazar Ahari a été transférée du quartier 209 au quartier commun de la prison d’Evine.

Papa, reste fort

Par SHIVA NAZAR AHARI

Je n’étais pas présente le jour de la fête des mères pour embrasser les mains de maman et maintenant je ne suis pas présente pour toi le jour de la fête des pères. Cher Papa, tu n’as qu’un jour qui te soit consacré parmi les 365 d’une année. Que tes larmes coulent à travers les crevasses de ma solitude. Que tes larmes me noient parmi tous les crimes que je n’ai pas commis.

Papa, continue à pleurer. Tu as le droit de déverser ta douleur. Voilà des mois que je n’ai pas dormi dans la chambre contiguë à la tienne. Tu n’as pas de nouvelles de ta fille. C’est ta journée et une fois de plus je ne suis pas là. Papa, en dépit de toute la résistance que je déploie, tes mains manquent encore aux miennes. Papa, mes épaules meurent d’envie de sentir les tiennes. Même si je suis devenue adulte, même si je fais mes devoirs dans une prison appelée Evine, et même si j’ai acquis beaucoup de force, je sens encore qu’il me manque une partie de moi-même quand tu n’es pas là.

Cher papa, à chaque fois que je traverse une rue, mes mains cherchent les tiennes pour me sauver de la circulation. Chaque matin, je pleure, les mains contre les murs et je m’appuie sur le seul pouvoir de ma volonté.

Tu m’as appris à ne pas céder Tes mots, les histoires que tu me racontais au moment de me coucher ont donné un sens au mot résistance. Tu disais que l’injustice passerait et que la légende des gens de bien resterait.

Je ne veux pas être là où je suis. Tu m’as appris à y être. Je régurgite tes mots quotidiennement. Je ne veux pas permettre à toute cette solitude et à tout ce silence de me briser.

Papa, continue à pleurer mais ne pleure pas pour moi. Pleure pour une patrie qui envoie les meilleurs de ses enfants en prison. Mais reste fort papa. Mes épaules ont besoin de la force des tiennes. Il ne faut pas que ton dos se courbe sous la pression ou je n’aurais plus rien pour m’appuyer. Reste fort papa.

Source: http://persian2english.com/?p=12196