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dimanche 12 décembre 2010

Interview d'un colocataire de Madjid Tavakoli par United4Iran

U4I: Comment se porte Madjid actuellement ? A-t-on des nouvelles fraîches ?

Madjid est maintenant emprisonné à la prison de Radjaï Shahr de Karadj. Son moral est bon. Il souffre cependant physiquement à cause de sa grève de la faim d’il y a quelques mois. Le traitement médical qui lui est fourni ne lui suffit pas. Suivant les lois de la république islamique d’Iran, tous les prisonniers doivent obtenir une liberté provisoire pour rendre visite à leurs familles. On ne lui accorde cependant pas ce droit. De plus, jusqu’à il y a un mois, il n’a pas pu recevoir de visites de sa famille en prison alors que c’est l’un des droits fondamentaux mentionnés dans la loi.

U4I : qu’est-ce qui a poussé Madjid à militer surtout en connaissant les risques ?

J’ai partagé une chambre avec Madjid pendant deux semestres. Au début de ses études, il était croyant et soutenait le gouvernement. Au fil du temps, il a commencé à participer à des activités critiques organisées par des groupes étudiants d’opposition et a participé la publication d’un journal étudiant « Khat-é-Sefr ». Il a publié des articles critiquant la théocratie et de la domination des religieux en politique. En fait, il est devenu un religieux réformiste… Nous étions étudiants et militants politiques défendant et soutenant les droits humains. Je considère Madjid à la fois comme un étudiant et un dirigeant politique réformiste ayant foi dans les droits humains et essayant de les promouvoir. 

U4I : Sait-il que l’on fait des campagnes en sa faveur ?

Oui, il est en contact avec ses amis hors de la prison par téléphone. Il est informé des campagnes et des activités des militants des droits humains et il apprécie tous les efforts faits pour lui et les autres prisonniers de conscience.

U4I : Pouvez-vous nous parlez du rôle des gens ordinaires dans le monde entier qui agissent au nom de Madjid et de tous ceux qui subissent des mauvais traitements semblables en Iran ?

Actuellement, toute action est communiquée en Iran et de là aux prisonniers par des intermédiaires. En tant que militants des droits humains et d’un mouvement démocratique, nous apprécions le soutien des autres nations pour les droits humains. Les droits humains sont universels et leurs violations doivent provoquer des réactions au niveau global.
C’est très important, pour ces militants qui risquent leurs vies, d’être reconnus soit par leurs compatriotes soit à l’extérieur du pays De plus, si la communauté internationale est informée de la situation en Iran, cela poussera l’IRI à se conformer à la Déclaration Universelle des Droits Humains.

U4I : Quand Madjid a prononcé son discours lors de la journée de l’Etudiant l’année dernière, pensez-vous qu’il s’attendait à être arrêté ?

J’étais en contact avec Madjid avant son arrestation lors de le Journée de l’Etudiant [7 décembre 2009]. En fait l’idée du site « Daneshjoonews.com » était la sienne. Je le dis uniquement pour souligner qu’il tentait aussi d’encourager les militants au-dehors à être plus impliqués dans le mouvement.
Avant la Journée de l’Etudiant il m’a dit, ainsi qu’à quelques amis, qu’il avait décidé de prononcer un discours à l’université Amir-Kabir contre la répression du gouvernement. Nous étions sûrs que s’il assistait à ce rassemblement et y prononçait un discours, il serait arrêté, surtout que ses activités antérieures lui avaient déjà valu d’être arrêté à deux reprises.
Des amis proches et moi-même avons essayé de le convaincre de changer d’avis mais il a persisté. Il disait que si nous cédions sur nos droits fondamentaux comme nous rassembler pacifiquement sur le campus, nous céderions aussi jusqu’à laisser faire la pire dictature. Il disait qu’en tant que dirigeant étudiant de premier plan, son discours donnerait le courage aux autres étudiants de s’élever pour leurs droits. Il disait « La liberté n’est pas gratuite. »
Il est très intelligent et il savait que sa présence à ce rassemblement aurait un grand effet sur le militantisme étudiant et l’encouragerait à s’engager plus activement dans des activités sociales et politiques, et c’est bien ce qui s’est passé.

U4I: Comment a-t-il pris cette question du hidjab qui a suivi son arrestation ? Savait-il que des milliers d’hommes à travers le monde se sont habillés en femmes pour le soutenir ?

Il était très calme et ne l’a jamais regretté. Autant que je sache, il ne portait pas de hidjab lors de son arrestation. Il l’a utilisé pour échapper aux gardes de l’université et aux agents du renseignement. Mais il a été arrêté 30 minutes après son évasion, sans hidjab. Quand on l’a emmené en prison et qu’on l’a questionné sur son évasion, il a avoué avoir utilisé le hidjab pour distraire et piéger les gardes. Après ses aveux, ils l’ont forcé à porter un voile pour simuler son apparence pendant son évasion. Ils ont pris des photos et l’ont forcé à faire des aveux filmés mais il n’a pas obéi et a résister aux aveux enregistrés.
Je dois dire que nous avons tous été choqués par les réactions qui s’en sont suivies, par la façon dont les Iraniens ainsi que la communauté internationale ont réagi. La campagne pour le soutenir avec des hommes habillés en femmes était une idée géniale et a prouvé que les hommes ont beaucoup évolué. Quand il a découvert la campagne des hommes portant le hidjab, il a été émerveillé par les réactions.

Pendant sa période initiale de détention, il a passé presque 6 mois à l’isolement. Il n’était pas au courant des réactions en dehors de la prison ni de la campagne pour le soutenir. Il a dit à ses amis que lorsqu’il était à l’isolement, ceux qui l’interrogeaient lui avaient montré des photos de lui portant un voile postées sur des sites Web. On lui avait dit qu’en dehors de la prison on se moquait de lui et même que ses amis et ses copains avaient signé une déclaration pour condamner ses agissements. Quand il est sorti de l’isolement, on lui a appris l’étonnante campagne menée en sa faveur.

Source: http://united4iran.org/2010/11/%E2%80%9Cfreedom-is-not-free%E2%80%9D-conversation-with-former-roommate-of-majid-tavakoli/

dimanche 5 décembre 2010

Manifestation à Paris pour la Journée de l'Etudiant (7 Décembre 2010)

Appel à rassemblement

Mardi 7 décembre 2010
de 18h à 20h
Place de la Sorbonne – 75005 Paris



Compatriotes, Consciences éveillées du monde libre,

Malgré la répression et les diverses tactiques du régime pour faire taire toutes les voix discordantes, les étudiants iraniens font toujours front pour la liberté, l’indépendance et les droits de leur peuple.

Au seuil de la journée des Etudiants, le gouvernement du coup d’état use de tous ses moyens pour faire taire le mouvement étudiant et l’empêcher de rejoindre la vague de protestation populaire contre le régime dictatorial du guide suprême et de la théocratie en place.

C’est dans ce cadre que le comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens appelle tous les Iraniens et les consciences progressistes à se réunir Mardi 7 Décembre, Place de la Sorbonne à 18 heures pour scander le slogan suivant : « Unité, combat et victoire », afin de signifier aux étudiants iraniens que leurs voix sont entendues et reprises dans le monde libre.

کمیته مستقل ضد سرکوب شهروندان ایرانی – پاریس
Comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens

La manifestation de l'an passé à Paris

vendredi 3 décembre 2010

Conférence: Le mouvement étudiant iranien (Paris, 4 Décembre)

Conférence Internationale
Le mouvement étudiant iranien : témoignages de la répression et analyse

Salle de conférence de l'Hôtel de Ville de Paris
4 décembre 2010, 14h00-18h00



A quelques jours de la journée de l'étudiant en Iran – 16 Azar dans le calendrier persan, coïncidant avec le 7 décembre 2010 dans le calendrier grégorien, et qui constitue une date marquante de l'histoire du mouvement étudiant iranien –  aura lieu à Paris une conférence internationale avec la participation de cinq étudiants et jeunes militants iraniens récemment arrivés en Europe (France, Italie et Allemagne).Ils témoigneront de leur parcours et de celui de leurs camarades, des arrestations arbitraires et des traitements inhumains qui leur ont été infligés par les autorités iraniennes, ainsi que des discriminations subies par ceux appartenant aux minorités religieuse et ethnique. 

M. Pierre Schapira, Adjoint au Maire de Paris, chargé des relations internationales, des affaires européennes et de la francophonie, ouvrira la conférence.

M. Karim Lahidji, Vice-président de la FIDH et président de la LDDHI, fera le point sur la dégradation sans précédent des droits humains en Iran, et plus spécifiquement le contexte juridique et (il)légale de la répression des étudiants et des discriminations académiques envers les minorités en Iran.

Mme Azadeh Kian, Professeur de sociologie et chercheure à l'université Paris7-Diderot, directrice du CEDREF, discutera de l'importance du mouvement des étudiants iranien sur les plans politique et socio-démographique, depuis le coup d'état de 1953 jusqu'à aujourd'hui.  

M. Marek Baranski, Représentant du comité de développement du syndicat étudiant européen (ESU), fera part de la solidarité des étudiants européens au mouvement des étudiants iraniens.

Les étudiants et militants invités à témoigner et à participer aux tables rondes :

M. Sepehr Atefi (Allemagne) : Membre de la ligue contre la discrimination académique et du comité des reporters sur les droits de l'homme en Iran, privé d'accès à l'université parce qu'appartenant à une minorité religieuse depuis 2006. Quitte l'Iran en février 2010.

M. Puyan Mahmoudian (Allemagne) : Ancien chef adjoint et porte-parole du Syndicat Etudiant de l'Université Amir Kabir, membre du bureau exécutif de l'Association Etudiant Islamique (ISI), Editeur en chef de la revue étudiante Rivar, arrêté en 2006, emprisonné 76 jours et soumis aux aveux forcés. Quitte l'Iran en septembre 2009.

M. Mohammad Sadeghi (France) : Membre du Comité politique central de l'Institut des Diplômés en Iran, et ancien membre du plus important syndicat étudiant Tahkim Vahdat.  Interdit d'étude dès le premier mandat de M. Ahmadinejad. Arrêté et emprisonné pendant 2 mois après les élections de 2009, libéré sous lourde caution puis quitte l'Iran en mai 2010.

Melle Nasim Sarabandi (Italie) :  Etudiante et militante des droits des femmes. Membre du Conseil Central de l'Association étudiante de la faculté des sciences sociales de Téhéran. Ancienne directrice de la Commission des Femmes au sein du Syndicat Daftar e Tahkim Vahdat, membre de la Campagne de un million de signatures pour l'abrogation des lois discriminatoires envers les femmes.  Quitte l'Iran en juin 2010.
M. Sadegh Shojaii (Italie) : Etudiant en journalisme et syndicaliste à l'Université Allameh Tabatab'i;  privé du droit d'étudier en 2007 à moins d'un semestre de son diplôme pour ses activités et opinions.  Un des fondateurs du Comité de défense des droits académiques en 2008. Quitte l'Iran en août 2009.

Une table ronde abordera les questions de l'avenir du mouvement étudiant dans le contexte de la répression brutale du pouvoir iranien, des stratégies possibles pour la défense des libertés à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

Enfin une projection vidéo sera dédiée à l'ensemble des étudiants arrêtés, emprisonnés, torturés ou tués.

La conférence aura lieu le samedi 4 Décembre 2010, de 14h00 à 18h00 dans la salle de conférence de l'Hôtel de Ville de Paris. L'entrée est située 3, rue Lobau (métro Hôtel de Ville).  Merci de confirmer votre présence rapidement afin de respecter le protocole de sécurité de la Mairie de Paris.


Contact presse :

Behi Djanati Ataï