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jeudi 25 décembre 2014

Les Modérés et le Chemin vers le prochain Parlement – Issa Saharkhiz – 6 décembre 2014

Alors que les principaux partis politiques, que les religieux les plus en vue n’ont encore rien fait pour les prochaines élections législatives en Iran, sauf les nouveaux partis qui visent des sièges de modérés au parlement qui compte 290 sièges, les rapports indiquent que le peu de députés critiques restant ne seront pas réélus.

Il y aurait de larges disqualifications pour les candidats au prochain parlement ainsi qu’une surveillance et un contrôle illimité par des organismes mis en place. En fait, la peur d’une telle surveillance est telle qu’on suspecte le conseil des gardiens de vouloir reproduire ce qu’il avait fait lors des élections à la septième législature en 2004 ; la plupart des députés réformateurs et indépendants avaient organisé un sit-in contre les agissements illégaux du conseil.

En 2004, 139 députés avaient fait une grève de la faim et avaient fini par démissionner pour protester contre la disqualification de 3.500 candidats, plus de la moitié d’un total de 4.679, à la septième législature. Beaucoup se souviennent encore du résultat de la réunion organisée entre le président de la république, de celui du parlement et du guide suprême pour résoudre le problème.

11 ans sont passés depuis ce sit-in mais beaucoup de ces députés sont toujours en prison ; en ce qui concerne les dirigeants de cette époque, le président de la république Mohammad Khatami est aujourd’hui interdit de sortie du territoire, les photos sont toujours interdites, et le président du parlement Mehdi Karroubi est toujours assigné à domicile.

Lors de cette réunion fatidique, après des mises en garde répétées du chef de la justice et de la majorité des réformateurs demandant l’ajournement d’élections illégales, on avait promis au dernier moment que les disqualifications seraient limitées et ne concerneraient qu’une poignée de candidats réformateurs, concluant qu’il vaudrait mieux qu’ils se désistent volontairement.

Finalement, cette promesse a été jetée aux oubliettes et la plainte déposée par le secrétaire d’état à l’intérieur Mostafa Tadjzadeh contre Ahmad Djanati du conseil des gardiens a fini par le conduire en prison à l’isolement pour longtemps.

De nos jours, la majorité des députés réformateurs et indépendants de la neuvième législature ont choisi de garder le silence par peur de subir le même sort que leurs collègues il y a dix ans. Ils ont délégué la poursuite de leurs demandes sur l’élection de 2009 au député conservateur respecté Ali Motahari, qui pourrait lui aussi perdre son accréditation à cause de ses demandes de libération de Moussavi, Karroubi et Rahnavard et de son hostilité à Mahmoud Ahmadinejad, président favori de l’ayatollah Khamenei, ce qui l’a poussé à se retirer de la course à l’élection au prochain parlement.

On a entendu dire que Motahari pourrait être emprisonné, mais à cause du scandale public que cela créerait, beaucoup plus important que celui causé par l’emprisonnement du fils du vétéran religieux de la révolution Mohammad Beheshti, l’arrestation est pour l’instant en suspens.

Un rapide regard aux médias conservateurs modérés ou encore aux remarques des députés révèle que ces peurs de rejet ou d’arrestation, sont sérieuses et très répandues. Il suffit de voir la demande que Djavad Karimi-Ghodoussi, député conservateur de la faction dure, a adressé au bureau de l’assemblée : réexaminer les justificatifs de Motahari, pour non seulement l’empêcher d’être réélu, mais aussi pour le révoquer avant la fin de son mandat.

Ghodoussi, ancien commandant de la force paramilitaire bassidj qui s’est glissé au parlement avec moins de dix pour-cent des suffrages a dit à un journaliste : « J’ai dit à Monsieur Motahari qu’il recevrait une claque pour ses positions politiques et que son problème était qu’il était passé de l’école à l’université puis au parlement sans avoir pris part à la révolution ; bien qu’il vienne d’une famille martyre, il manque de vision politique. »

Cet avertissement menaçant est le signe d’un plan plus important rédigé dans un article de Jahan News : « Monsieur le Docteur Ali Motari est professeur de philosophie ; c'est un intellectuel qui a l’expérience des affaires culturelles ; maintenant qu’il est arrivé à ce poste, nous lui conseillons fraternellement de prendre ses distances avec la politique, au moins pour son père martyr à qui nous devons tant. »

L’autre côté de la médaille : les positions prises par l’extrémiste Ahmad Tavakoli. Le site web Alef, qui lui est affilié, a récemment écrit qu’il avait critiqué ceux qui se servaient des dirigeants des manifestations de l’élection de 2009 pour se débarrasser de leurs rivaux, qui pourraient être candidats à la prochaine élection législative, et appelaient à la création d’une autorité pour définir les critères de la « sédition », terme utilisé pour les dirigeants des manifestations de 2009. Il a averti ceux qui avaient le privilège de pouvoir approuver les candidatures aux élections nationales et qui pourraient s’en servir pour des vengeances personnelles.

Il est peu probable que Motahari se retire des prochaines élections législatives, même si ses rivaux accueilleraient favorablement sa décision de ne pas être candidat, car ce serait ce qui leur coûterait le moins cher.

C’est exactement l’attitude que les adversaires des réformateurs, forces extrémistes et totalitaires, défendent pour que les candidats réformateurs abandonnent volontairement leurs candidatures aux prochaines élections.

Une telle décision signifie également que l’on permet aux forces tyranniques de préparer le chemin pour l’élection de pseudo-réformateurs ou de réformateurs incompétents, groupe auquel même Ali Laridjani, actuel président du parlement est censé appartenir.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/december/06/article/moderates-and-the-road-to-the-next-majlis.html

lundi 3 janvier 2011

Transcription traduite des vidéos de Mohtashamipour sur le trucage des élections

Première vidéo:

Pourquoi la participation à ces élections a été très élevée ? D’une part, en raison de la candidature de l’estimé Mir-Hossein Moussavi ; on se souvenait de son excellent travail pendant les 8 ans où il a été aux affaires et à la défense à l’époque où l’imam Khomeiny était en vie ; d’autre part, en raison de la formation d’un comité de protection du vote populaire durant la période ci-dessus mentionnée, ce qui a suscité la confiance du peuple et sa participation directe et pour influencer le sort politique de la nation.

Malheureusement, les administrateurs, le ministre de l’intérieur et d’autres personnes influentes ont prétendu que le vainqueur des élections était quelqu’un d’autre, renversant ainsi complètement la situation et plaçant par la force l’injustice et la vulgarité au dessus des droits du peuple. Le gagnant, Mr. Ahmadinedjad lui-même, commença à célébrer sa victoire dans la joie place Vali-Asr tandis qu’un nuage de tristesse laissait tomber sa poussière sur le visage de tout le peuple d’Iran, dans chaque ville, dans chaque village à l’annonce de cet évènement tellement incroyable….Cette poussière repose toujours sur les visages et ces messieurs continuent de se réjouir.

Ce qui s’est passé ce jour-là place Vali-Asr, les insultes proférées par le président en place à l’encontre de son peuple sont sans précédent dans l’histoire ; aucun chef d’état, roi ou président n’a ainsi insulté son peuple. Et le peuple a défilé pacifiquement le lendemain, se rassemblant place de la liberté (Azadi) qui avait été traité de poussière et d’ordure.

Ils ont attaqué l’université et le campus, ils ont traîné nos frères et sœurs étudiants dans le sang et le sable.

Maintenant, je vous vous faire part d’un rapport basé sur une réunion organisée par le conseil des gardiens.

Puis apparaissent en vert, les noms et la date de la conférence :

Etaient présents a la conférence du mardi 26 Khordad 1388 (16 juin 2009) :
• Mr. Gholam-Hossein Karbaaschi: représentant Monsieur Karroubi
• Mr. Danesh Djafari : représentant Monsieur Mohsen Rezaï
• Mr. Abbass Akhoundi et Mr. Ali Owsat-Hashemi: du comité de protection de l’électorat de Mir-Hossein Moussavi

Pendant cette conférence, le porte-parole du conseil des gardiens a annoncé que les élections avaient bien eu lieu et que la participation avait été massive. La loi stipule que, si un candidat ou le peuple veulent porter plainte, ils doivent constituer un dossier avec des preuves pour que le conseil des gardiens, qui est au-dessus des problèmes, puisse les étudier pour donner ses conclusions dans les limites du temps imparti par la loi. J’ai été le premier à parler ; bien sûr, les problèmes abordés pendant ces trois heures et demi se complétaient. Je vais maintenant vous résumer nos positions pendant la réunion et les problèmes décortiqués pour le conseil des gardiens, prouvant la nullité de ces élections.

Deuxième vidéo:

La question de la preuve ne peut être posée que lors d’élections dans des conditions générales excluant les possibilités de fraude ; or ces élections ne répondaient pas à ces conditions. C’est donc le moment de discuter la preuve des fraudes. Mais si elles ont lieu en dehors du cadre légal et qu’elles sont fondamentalement nulles et sans objet, alors il n’a y pas lieu de parler de preuve.

Mr. Kadkhodai, membre du conseil des gardiens, il y a eu des violations lors de ces élections, ce qui leur retire toute signification ; elles ne répondent ni à la signification ni à la définition d’elections.

La première violation vient du conseil des gardiens et le coupable en est le superviseur, le porte-parole du conseil des gardiens, Mr. Kadkhodai (sa photo apparaît sur l’écran à côté de Mohtashamipour). Vous, monsieur, êtes venu et avez posé une question formelle et y avez répondu ; donc, ceux qui posent la question et y répondent sont les membres du conseil des gardiens.

Dans la question et la réponse, on évoquait des problèmes. Premièrement, vous avez demandé si le représentant du conseil municipal, là où il y avait des conseils municipaux, avaient besoin de la confirmation du conseil des gardiens. Puis vous avez répondu par l’affirmative, que les qualifications de cette personne devaient être confirmées par le conseil des gardiens. Ceci contredit ce que la loi stipule : plusieurs personnes sont membres du conseil exécutif de droit : un membre du bureau de l’enregistrement, le procureur de la région, et un membre du conseil municipal élu par le conseil. Le conseil des gardiens n’a également pas le droit de confirmer les qualifications du procureur ou du directeur du bureau de l’enregistrement, pas plus que celui de venir dire qu’il doit confirmer les qualifications du membre du conseil municipal. Est-ce que les membres du conseil municipal, vos représentants, les confirment pour vous ? La loi stipule que le conseil exécutif doit être composé de membres de confiance du quartier et des personnes ci-dessus mentionnées. Cette personne n’a pas à être confirmée par vous puisqu’elle fait partie du conseil municipal et que le peuple a voté pour elle. Qui pensez-vous être pour qualifier ou disqualifier des personnes en qui le peuple a confiance et pour lesquelles il a voté ? Vous n’avez pas le droit de le faire.

Et connaissez-vous la philosophie [il veut dire la théorie mais il utilise le mot philosophie] cachée derrière votre besoin de confirmer les qualifications des membres du conseil municipal ? Je peux vous en expliquer la philosophie après que vous n’ayez pas « invité » les représentants des candidats, conseil des gardiens et Mr. Kadkhodaï.

Le deuxième problème contenu dans cette question et la réponse que vous lui avez apportée concerne l’invitation par le gouverneur des représentants des candidats et leur présence. Vous avez répondu par la négative et que les représentants des candidats ne peuvent être invités que le jour des élections. Suivant la loi et le règlement des élections présidentielles ratifiés par le gouvernement, depuis le 1er Khordad, les représentants des candidats auraient du être invités à participer au comité exécutif. Pourquoi avez-vous refusé ? Le ministère de l’intérieur a envoyé votre lettre sous forme de mémo dans tout le pays et vous n’avez pas invité nos représentants.

La raison et la philosophie qui se cachent derrière, je vais vous les dire Mr. Kadkhodaei, mettre ainsi un écran a permis des irrégularités à grande échelle à l’encontre du vote du peuple. Durant les 30 dernières années, lorsque les bureaux des gouverneurs et le ministère de l’intérieur ont présenté des personnes dignes de confiance, le conseil des gardiens ne s’est jamais contenté de les accepter, il y a toujours eu des dissensions. Le conseil disqualifiait des personnes de confiance présentées par les gouverneurs. Comment se fait-il que cette année vous n’ayez disqualifié personne ? Que vous les ayez toutes acceptées ? Parce que le ministre de l’intérieur s’est rangé d’un côté, les personnes de confiance venaient du même côté et le conseil des gardiens qui était également du même côté les a acceptées, tous soutenaient le même candidat. Si les représentants des candidats avaient pu être présents, vous n’auriez jamais pu violer la loi. Vous n’auriez pas pu prendre des décisions qui ont entraîné les élections dans la situation où le peuple manifeste contre vous de telle manière. Le réseau que vous aviez tissé aurait changé, la partialité aurait été détruite et les yeux du peuple averti auraient pu examiner le conseil exécutif. Alors, pourquoi avez-vous dit qu’il vous fallait confirmer les qualifications du conseil municipal ? Parce que vous aviez peur que le conseil municipal ne soit pas berné par ce réseau, que quelqu’un ne s’oppose à vos instructions et décisions au sein du conseil exécutif et ne dévoile au peuple ce qui se tramait dans l’ombre. Et ainsi vous vouliez choisir et installer un membre du conseil municipal qui soit des vôtres. Voilà comment nous en sommes arrivés là.

C’est l’une de vos plus importantes irrégularités enracinée dans la fraude à grande échelle des élections.

Puis la vidéo de Kadkhodaï interviewé par l’IRIB est coupée lorsqu’il dit : « C’est fini le dossier a reçu la confirmation du conseil des gardiens et personne d’autre ne peut enquêter sur l’affaire. »

Troisième vidéo:

Dix jours avant les élections, nous avons remarqué que le ministère des communications avait décidé de couper toute connexion entre nous et notre personnel ainsi que la connexion avec la protection des votes dans tout le pays ; notre connexion avec nos représentants devait également être coupée. Nous avions prévu que nos représentants seraient présents dans tous les bureaux de vote et qu’ils nous rapporteraient toute fraude par SMS pour tenter de les empêcher. J’ai annoncé, lors d’une conférence de presse basée sur les informations reçues du ministère de l’intérieur, qu’ils avaient l’intention de déconnecter tous les ordinateurs et les connexions SMS le jour et le lendemain des élections, ce qui posait problème. Le lendemain, les deux ministères de l’intérieur et des communications ont nié, prétendant qu’il était totalement impossible de déconnecter ou saboter ce système. Mais le 21 Khordad et la veille des élections, nous avons remarqué que tout notre système SMS était coupé. A 23h00 le vendredi 21 Khordad, nos connexions SMS privées étaient également coupées. Donc, notre connexion avec le pays tout entier était bien coupée. Ceci constitue une violation claire et à grande échelle et une fraude à tous les niveaux des élections.

Nous avons alors tiré la sonnette d’alarme et, le 22 Khordad, nous avons écrit au ministre de l’intérieur et pris la mesure de la fraude et des violations qu’ils avaient eux-mêmes commises et que le gouvernement avait commises par intention.

Troisième irrégularité : La loi stipule et notre représentant auprès du conseil des gardiens avait obtenu cet accord : une heure avant l’ouverture du scrutin, les représentants des candidats viennent superviser l’inspection des urnes, s’assurer qu’elles soient bien vides et qu’elles soient correctement scellées. Ceci se rapporte également à l’accord intervenu entre notre représentant et le conseil des gardiens. Nous avons donc demandé à tous nos représentants d’être présents une heure avant et de superviser le scellement des urnes.

Ils ont expulsé nos représentants, loin des urnes. Qu’y avait-il dans ces urnes, messieurs les membres du conseil des gardiens et monsieur le ministre de l’intérieur pour que vous n’ayez pas le courage de laisser les représentants de nos candidats de le voir par eux-mêmes, comment ont-elles été scellées ? Pourquoi expulser ces personnes à vous présentées des bureaux de vote et des mosquées ? Puis de leur interdire d’entrer ? C’est un énorme point d’interrogation pour le conseil des gardiens et qui n’a pas reçu de réponse. Il en va de même pour le ministère de l’intérieur qui n’a pas non plus de réponse à fournir.

L’autre problème, lié à celui-ci est celui de la direction de l’évaluation [vu ce qui suit, je pense qu’il veut dire scrutin] Ce problème a été documenté dans les lettres envoyées au conseil des gardiens et au ministre de l’intérieur avant les élections. Se basant sur les informations disponibles, le ministère de l’intérieur a édité 59.600.000 bulletins de votes alors qu’il avait annoncé 46.200.000 électeurs. Ce qui veut dire qu’il y a eu plus de 13 millions de bulletins en surplus. Et cependant, le jour des élections, il y a eu pénurie de bulletins dans de nombreux bureaux de vote. En Azerbaïdjan occidental par exemple, le ministère de l’intérieur a envoyé 2.650.000 bulletins alors qu’il y a 2.400.000 électeurs. Même si tous les électeurs avaient voté, il y aurait eu besoin de 2.400.000 bulletins. Le ministère de l’intérieur a donc envoyé 2.500 bulletins de plus que d’électeurs dans cette province.

Et malgré cela, 50 bureaux de vote, dont les numéros et les estimations sont disponibles, de la ville de Tabriz n’avaient pas reçu les bulletins. Et il y avait beaucoup de monde aux bureaux de vote sans bulletins de vote. Les bureaux avaient ouvert à 08h00 et à 10h00 d’un seul coup, on annonce qu’il n’y a plus de bulletins de vote. Où sont-ils partis ? Et les gens ont attendu jusqu’à 17h00 derrière les portes pour voter et il n’y avait toujours pas de bulletins.

Alors, en raison des pressions endurées, le ministère de l’intérieur envoya quelques bulletins qui ne durèrent qu’un moment puis de nouveau la pénurie. Et c’est ainsi qu’un grand nombre d’électeurs de Tabriz et d’Azerbaïdjan occidental ont été privé de vote.

A Ardebil, on l’a annoncé dès le matin : pas de bulletins de vote. A Kermanshah et dans d’autres villes, on l’a annoncé à midi : plus de bulletins de vote ; au Guilan, au Mazandaran, à Téhéran et dans d’autres villes et provinces (j’essaie de me rappeler les noms de quelques villes) il n’y avait pas de bulletins de vote. Où étaient-ils partis ? Et comment se sont-ils retrouvés dans les urnes ? De nouveau, un grand point d’interrogation : il y avait trop de bulletins de vote d’envoyés mais il y a eu pénurie dès le matin ou le midi. Je vais vous expliquer pourquoi les bulletins ont manqué si tôt dans la journée.

Quatrième vidéo:

Le prochain point est un problème de direction pendant la période des élections. Durant ces 30 dernières années, accorder une extension n’a jamais voulu dire une heure d’extension. Lors de toutes les élections précédentes, lorsqu’il y avait encore beaucoup d’électeurs en attente de vote tard dans l’après-midi, on étendait la durée du scrutin de deux heures et quelquefois à deux reprises. C’est bien la première fois que l’on ne l’étend que d’une heure. Suite aux nombreuses pressions venant de toutes parts, on a encore accordé une seconde extension d’une heure et à 21h00 pile, le scrutin a été déclaré clos. Suivant la loi, même s’il ne reste qu’une personne, on doit continuer à accepter son vote, mais ces messieurs ont fermé les bureaux de vote et expulsé ceux qui voulaient voter à 22h00. Pourquoi ?

Une explication possible : si tous les gens qui avaient attendu les bulletins du matin au soir avaient pu voter, on aurait eu peur que les votants soient plus nombreux que les électeurs, ce qui veut dire qu’il y aurait soudainement eu 50 millions de bulletins dans les urnes, et comment aurait-on pu l’expliquer ? D’où seraient venus ces 50 millions alors qu’il n’y avait que 46.200.000 électeurs ? Il n’y avait pas d’explication plausible à cela et il valait donc mieux clore le scrutin. Voilà un autre signe d’une fraude préméditée des élections.

Suit une vidéo de personnes commentant les votes et la fermeture des bureaux :
  • Le premier homme dit: « Ils ont clos le scrutin à 21h30. Je suis venu de Pirouzi [avenue de la Victoire] et tous les autres sont dans la même situation. »
  • Puis une femme : « Puis on dit que les gens s’énervent ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Ce sont eux la cause de la rébellion. »
  • Le premier homme dit : « Ils ont arrêté des gens et appelé les gardes anti-émeute »
  • Un deuxième homme dit : « Est-ce qu’il existe pire insulte au peuple ? »
  • Puis le premier homme : « Pendant combien de temps vont-ils nous garder ici ? »
  • Une deuxième femme dit : « Regardez, ils sont venus nous bastonner. »

Puis retour à Mohtashamipour.

A 16h00, Raja News, l’organe de communication présidentiel, a sorti des statistiques et des pourcentages et à minuit, le ministre et le ministère de l’intérieur ont annoncé 63% pour Ahmadinedjad, 32% pour Moussavi ainsi que le reste des pourcentages. Comment ont-ils trouvé ces chiffres ?

A 23h00, l’agence Fars News, avant même le début du comptage des voix, a annoncé la victoire de Mr. Ahmadinedjad avec le pourcentage ci-dessus mentionné. Cela veut-il dire que la fraude n’a pas commencé dans les urnes mais a été organisée bien à l’avance ? Ces élections sont donc nulles et non avenues par essence.

Une autre irrégularité : la loi stipule que les représentants des candidats doivent être présent depuis les urnes, jusqu’au comptage des voix et à l’enregistrement des résultats. Ils doivent également être présents au ministère de l’intérieur, l’endroit où sont rassemblés tous les votes du pays. Pourquoi avoir expulser nos représentants, les représentants des candidats ? Pourquoi les représentants de trois candidats, Karroubi, Rezaï et Moussavi n’ont-ils pas eu le droit d’être présents et n’ont dû qu’à leur persévérance de pouvoir rentrer ? Vous les avez alors gardés là jusqu’à 02h30 alors qu’aucun résultat n’était reçu et qu’ils voyaient à la télévision l’annonce des votes par le ministre de l’intérieur ?

La loi stipule que le premier endroit où les chiffres doivent être envoyés est le ministère de l’intérieur sous la surveillance des représentants des candidats. Alors, ces trois personnes ont écrit une lettre à Mr. Mahsouli, ministre de l’intérieur [une copie en est montrée] expliquant qu’ils étaient présents jusqu’à 02h30/03h00, qu’aucune information n’arrivait alors que la loi stipule très clairement que les résultats de tout le pays doivent y être envoyés en premier lieu, qu’ils doivent être inspectés par les représentants des candidats PUIS annoncés, et que leur présence étant sans objet, ils quittaient le ministère de l’intérieur.

Voilà les points qui ont été manipulés et nous en avons communiqués deux ou trois au conseil des gardiens.

Premièrement, le conseil des gardiens a soutenu un candidat et a donc fait fi de son impartialité. L’autorité d’inspection des élections doit être donné à un conseil des gardiens impartial et sans parti pris, par à un conseil des gardiens qui soutient l’un des candidats. Vous êtes donc illégitimes et ses élections qui auraient du avoir lieu en présence d’observateurs impartiaux sont de fait illégitimes, nulles et non avenues en raison de la présence d’observateurs de parti pris.

Cinquième vidéo:

Mr. Djannati, secrétaire général du conseil des gardiens et grand patron de ces élections est monté en chaire à la prière du vendredi et a exprimé son soutien pour Mr. Ahmadinedjad ; il l’a félicité et complimenté.

Mr. Mohammad Yazdi, l’un des membres influents du conseil des gardiens, a ouvertement exprimé son soutien à Ahmadinedjad et a dénigré les autres candidats.

Mr. Elham a prononcé un discours dans lequel il a également offert son soutien. Et d’autres membres du conseil des gardiens, au moins sept, ont soutenu Ahmadinedjad. Ces personnes manquent en fait de légitimité en tant qu’observateurs. Et des élections sans observateurs sont nulles et non avenues.

En l’absence d’observateurs impartiaux du conseil des gardiens dans un bureau de vote, les élections ne peuvent avoir lieu. Et sans observateurs impartiaux, les élections sont nulles et non avenues.

Et maintenant, la suite de ces observations. Etant donné que le conseil des gardiens n’a pas su prouver son impartialité, qu’il a soutenu un seul candidat, que ce soutien de la part de plusieurs membres du conseil a été prouvé, le conseil des gardiens ne peut donc confirmer ou infirmer les résultats de 10èmes élections présidentielles (Il répète le même concept sous différentes formes en quelques phrases, en insistant dessus)

Suit une vidéo de Khamenei disant :
  • D’après la loi, la structure de nos élections présidentielles ne permet aucune fraude. Ceux qui sont impliqués dans le processus et ont à connaître du processus électoral en sont garants, même en cas d’une différence de 11 millions. Si la différence entre deux scrutins était de 100.000, 500.000 ou un million de votes, alors on pourrait dire qu’il y a eu tricherie, qu’on a changé des choses, mais comment tricher sur 11 millions de votes ?


Retour à Mohtashamipour :

Notre suggestion pendant la réunion a été la suivante : Former une commission d’enquête pour sortir de ce bourbier. Cette commission devait s’intéresser aux 15 ou 16 points que nous avons mentionnés, dont l’un est l’impartialité du conseil des gardiens qui doit être examinée. Elle devait aussi s’intéresser au fait que les membres du conseil des gardiens ont agi frauduleusement, soutenant un candidat et s’opposant aux autres et que ce fait en lui-même est suffisant pour annuler les élections. Ce serait une preuve pour nous.

La commission d’enquête devrait être composée comme suit :
  • Chacun des Marjas de Qom aurait un représentant
  • Chacun des candidats à l’élection présidentielle aurait un représentant
  • Un représentant du conseil des gardiens ; ce représentant doit n’avoir jamais dénigré un seul candidat et son impartialité doit être prouvée
  • Une personne du ministère de l’intérieur qui réponde aux mêmes critères.
  • Un juriste renommé, professeur à l’université, présenté par le barreau.
  • Le responsable de la justice
  • Le responsable national des enquêtes
  • Le procureur général

Ce groupe formerait la commission d’enquête et instruirait les évidents cas de fraude commis et les raisons de l’annulation des 10èmes élections présidentielles. Toutes leurs conclusions devraient être communiquées au peuple et au guide suprême. Ainsi cette commission d’enquête renouvellerait l’intérêt du peuple pour les élections et le peuple pourrait faire parvenir à la commission ses points de vue et suggestions pour l’organisation des futures élections.

Telle était notre recommandation pratique à la session d’hier du conseil des gardiens (mardi 27 khordad 1388) qui devait être examinée en session publique du conseil des gardiens pour que leur opinion soit connue de tous.

Liens vers la vidéo originale : YouTube: http://bit.ly/gBgkuJ 
Vimeo: http://bit.ly/fvTGcg

Source: http://greenrevolutioniran.blogspot.com/2010/12/blog-post_7248.html


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samedi 3 juillet 2010

Le Mouvement est devenu clandestin – Dernière partie de l’interview d’Ahmad Batébi

Par Maryam NY



Maryam: Tout le monde fondait de grands espoirs sur le 11 février (22 bahman). Cependant, les grandes manifestations ne se sont pas matérialisées. Les forces de sécurité ont réprimé tous azimuts. Pourquoi n’a-t-on pas pu manifester comme pour l’Ashoura (27 décembre) ou lors de la journée de l’étudiant (7 décembre) ?



Batebi: Comme je l’ai mentionné, plus le temps passe et plus le régime s’immunise et apprend à opprimer et réprimer la population. Et pourtant il y a eu quelques manifestations.



L’un des points marquants consécutifs aux élections, c’est que le ministère du renseignement, principal organe de sécurité, n’a pas réussi à contrôler la population par ses méthodes et opérations traditionnelles. C’est l’IRGC qui a pratiquement pris le contrôle des opérations sécuritaires et a également pris le renseignement sous sa coupe. L’IRGC agit de façon beaucoup plus impitoyable – ils frappent et tuent.



Nous avons vu les événements qui ont suivi le 27 décembre. L’un des problèmes de l’IRGC était qu’ils avaient fait confiance aux chiffres et aux statistiques fournis par le ministère du renseignement concernant le nombre de personnes qui allaient ou devaient se rassembler sur les principales places. Ils avaient reparti les tâches et leurs forces suivant ces chiffres quelque peu erronés. De plus, la population avait changé de stratégie Ceux qui la dirigeait depuis l’étranger avaient prévu de déjouer toutes les prévisions et le régime n’arriva pas a contrôler le peuple. En conséquence, l’IRGC a agi plus professionnellement la fois suivante. Ils ont déployé davantage de forces et ont gardé le contrôle le 11 février.



Le Mouvement Vert n’a pas de radio, de télé ou de journaux et ne peut pas diffuser les nouvelles et l’information comme le fait la république islamique. La différence entre le 27 décembre et le 11 février, c’est qu’à l’Ashoura (27 décembre) il y avait des cérémonies religieuses partout, les gens pouvaient donc se trouver n’ importe où en ville. La population assistait à ces cérémonies le mouvement pouvait donc être partout à la fois. Mais le 11 février, les itinéraires avaient été choisis à l’avance. Si le mouvement voulait se montrer, il devait suivre ces itinéraires. Les rues avaient été fermées depuis la veille.



Un de mes amis en Iran m’a dit qu’il était accompagné d’un de ses amis possédant une carte de membre de la bassidj. Ils ont voulu se rendre au rassemblement. Il m’a raconté : « Nous voyions des groupes de Bassidj venant de Qom, Mashhad, etc… et ils ne nous laissaient pas passer. L’organisation était tellement stricte qu’aucun étranger à l’organisation ne pouvait passer. Plus nous approchions de la place Azadi, plus le processus de sécurité se resserrait et ils nous ont empêché d’arriver jusqu’à la place. Nous leur avons dit que nous étions bassidjs. Ils nous ont demandé le mot de passe. » Ce qui prouve qu’ils avaient un mot de passe pour empêcher quiconque sauf eux de rentrer sur la place.



La question était, pourquoi le Mouvement Vert n’a pas réussi ? Les autres s’étaient organisés à l’avance. Ils avaient formé des équipes pour empêcher tous ceux qui n’en faisaient pas partie de rejoindre le rassemblement et ils avaient bloqué toutes les rues. Quand le pouvoir est aussi puissance, voilà le résultat. Auparavant, la population assistait aux manifestations 20 à 30 jours bien déterminés et c’était un succès. Mais ce jour là elle n’a pas pu à cause d’un régime bien organisé. Ce n’était pas du à la faiblesse du mouvement mais parce que nous n’avions pas les mêmes moyens à notre disposition que le régime.



Maryam: Après le 11 février, beaucoup de sympathisants du mouvement du peuple iranien en occident se sont écartés. Je ne veux pas dire que nous assistons à un déclin mais la situation se calme. Pourquoi est-ce arrivé ?Est-ce à cause du 11 février ?



Batebi: La perception que le monde extérieur a du mouvement est très différente de celle de l’intérieur de l’Iran. Le monde occidental ou les médias pensent que mouvement veut dire manifestations, s’il y en a plus, le mouvement n’existe plus. Nous savons pourtant que la culture du peuple iranien est différente de celle de l’étranger. Ecrire des slogans en vert et distribuer des K7 et des vidéos montrent que le mouvement est bien vivant. Le mouvement apprend à survivre sans risquer des morts et des arrestations. Le mouvement est en train de se transformer.



Quand un mouvement entre en clandestinité, pendant un court laps de temps, les militants ralentissent le rythme et ça dans tous les mouvements sociaux dans le monde entier. Ce n’est pas de la léthargie mais plutôt une période de transformation. Nous sommes dans cette phase actuellement. Quand il y aura des manifestations en juin, il y aura moins d’arrestations, de personnes tuées, ce qui permettra au peuple d’apprendre. Il est naturel que le gouvernement apprenne à réprimer le peuple et que le peuple apprenne comment résister.



Maryam: Vous voulez dire que le mouvement entre dans la clandestinité ?



Batebi: Oui et il faut qu’il le fasse. Lors de la révolution de 1979 également le mouvement est devenu clandestin. C’est pourquoi il a gagné.



Maryam: On dit que les médias occidentaux ne se concentrent pas assez sur les droits humains et trop sur le nucléaire ?



Batebi: Eh bien, c’est vrai, mais nous ne pouvons pas demander au monde d’être ce que nous voudrions qu’il soit. Le monde dit, c’est ma langue et ce sont les problèmes qui m’intéressent. Nous ne pouvons pas dire pourquoi vous intéresser à ce sujet ? Il faut voir ce qu’ils veulent diffuser. Il nous faut le publier et le présenter aux médias comme un package bien formaté.



Le nucléaire inquiète le monde. Il inquiète les gouvernements et cette inquiétude est reflétée dans les médias depuis le sommet. Le nucléaire iranien est important pour la communauté internationale car il met en danger la sécurité du monde. Les gouvernements y sont attentifs et transmettent leur inquiétude aux médias. Les droits humains sont transmis aux médias depuis la base et les médias à leur tour peuvent les transmettre aux gouvernements. Il faut tenir les médias informés de tous les cas de violations des droits de l’homme. Il faut leur envoyer des films, des rapports, des traductions et des articles. Alors les médias les publieront et les diffuseront ; en conséquence, les gouvernements y prêteront attention.