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dimanche 5 mai 2013

Le retour de la lapidation en tant que peine - Firouzeh Matine – 30 avril 2013


Le code pénal islamique controversé qui avait été rejeté par le conseil des gardiens, y a été représenté et finalement approuvé la semaine dernière. A la déception des militants des droits humains et malgré les promesses de certains députés, non seulement la lapidation n’est pas abrogée dans le code, mais elle est de fait promue.

Hamid-Réza Tabatabaï, vice-président de la commission judiciaire du parlement, a déclaré à la presse : « La lapidation n’est pas abrogée dans le nouveau code pénal islamique. Sa mise en place a été modifiée, ce qui avait été demandé par le conseil des gardiens. D’après le code, les pierres ne sont plus nécessaires à l’exécution de la peine et la pendaison, ou d’autres méthodes innovantes de la justice peuvent être utilisées pour atteindre le même but. »
Il n’a pas donné de détails sur ce que ces « méthodes innovantes » de la justice pourraient être. Mais récemment, un groupe musulman extrémiste chez le voisin irakien a utilisé une méthode innovante en jetant des blocs de ciment à la tête de la victime.

Récemment, la justice de la république islamique d’Iran, dans la ville de Shiraz, a dévoilé un appareil pour démembrer un corps. ISNA a rapporté que cet outil n’était rien d’autre qu’une scie électrique pour couper les doigts. L’agence de presse française AFP a comparé cet outil aux instruments de torture médiévaux.

Avec la mise en place du nouveau code, on s’attend à ce que la justice trouve de nouvelles « méthodes innovantes » pour tuer les gens.

Le nouveau code a été à l’origine ébauché sous le mandat de l’ayatollah Hashemi Shahroudi à la tête de la justice puis envoyé à l’exécutif. Il a ensuite été rejeté par le conseil des gardiens et renvoyé devant le parlement pour y être amendé, préparant la voie pour sa mise en application.
Lors d’une interview durant son mandat, Shahroudi avait dit que la peine de lapidation avait été retirée du code et que la lapidation n’était plus utilisée, les juges lui préférant d’autres peines. Il y a quelques mois, le 17 février, Shahroudi avait dit à l’agence de presse Fars que la lapidation avait été retirée du nouveau code pénal islamique à cause de son impact négatif au niveau international et que la décision finale était entre les mains du conseil des gardiens. Il avait également confiné son usage aux délits d’adultères les plus sévères et uniquement à l’encontre des femmes.

Le porte-parole de la justice iranienne a reconnu les réactions négatives tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger causées par cette pratique. «  La huitième législature a abrogé la lapidation en tant que peine judiciaire et cette forme de peine a été retiré du nouveau code pénal islamique » aurait-il dit. Il avait cependant adouci ses remarques en disant qu’il s’agissait d’un concept divin existant dans la Sharia.

Source :  : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2013/april/30/article/stoning-returns-as-punishment.html

samedi 2 juillet 2011

Confessions d’une épouse de prisonnier politique: Fakhri Mohtashamipour


17 juin 2011

Je suis prête! Que le procès commence !

Qu’il se tienne en place publique; que les hérauts annoncent que Majnoun [l’amoureux fou] a hélas avoué son crime !

Oui, je veux pour en finir, crier haut et fort ce que j’ai avoué à plusieurs reprises à ceux qui m’interrogeaient dans les chambres de torture de l’isolement : « Je l’aime… Je l’aime…. Oui, je suis coupable d’amour… »

…Et quel grand crime que l’amour pur, pour le culte trompeur des idoles…

Oui, j’avoue que je suis coupable. Je suis coupable d’avoir donné mon cœur sans conditions à un homme au mois de février, alors que j’avais 17 ans, un homme dont la présence suscitera l’honnêteté et la foi dans les générations futures.

Je suis coupable d’avoir choisi un homme honnête et épris de liberté ; je n’ai jamais compris la raison de tant de haine et d’injustice à son encontre, lui qui symbolise la persévérance et la patience.

Je suis coupable ! Vous m’entendez ? Je suis coupable, dis-je aux habitants de cette ville, qui s’arrêtent quelques instants sur cette place animée pour regarder le « procès de l’amour », pour que vous accompagniez ceux qui jettent des pierres sur un torse, le torse d’une femme qui, jusqu’à hier, était le cœur d’une famille qui avait deux mères, la sienne propre et sa belle-mère. Elle traîne maintenant son corps épuisé à midi jusqu’à une maison privée de lumière pour offrir son amour maternel à une fille couchée sur cette terre honorable. Maintenant, ces trois mères regardent ce procès historique et les futures mères tireront les leçons des souffrances d’une mère, de la persécution d’une épouse et de l’injustice faite à une enfant.

Que chacun sache que je suis coupable. Dites-le à ceux qui nous succèderont dans ce tribunal de l’amour, ils jugent une femme dont le cœur mélancolique ne connaissait que la fidélité et ne pouvait supporter le fardeau de la séparation. Peut-être demain, de jeunes enfants inscriront leurs noms sur des cerfs-volants planant dans le ciel et ne cherchant plus les créatures célestes. Les noms de ceux qui sourient du haut du ciel à ceux restés sur terre, les noms de ceux qui viennent vers nous chaque nuit éclairée de lune, ouvrant leurs bras aimants à nous sur terre, nous saluant généreusement, les noms de ceux…

Que le procès commence ! Emmenez-moi dans mon costume de pèlerinage à la Mecque ; emmenez-moi dans mon voile blanc à fleurs pourpres et mes pantoufles en plastique blanc ; emmenez-moi dans la belle tenue de prisonnière qu’il a approuvé lorsqu’il m’a vue pour la dernière fois quitter la prison.

Que le procès commence ! Madjnoun est hélas prêt à avouer… et quel spectacle que l’amour traîné en justice…

Source: Fakhri Mohtashamipour's Blog http://mohtashamipour2.persianblog.ir/post/33/

samedi 17 juillet 2010

C’est un crime d’être une femme en Iran

Margaret Wente - Saturday's Globe and Mail

 Sakineh Mohammadi Ashtiani, mère iranienne condamnée à la lapidation pour adultère est pour l’instant toujours en vie, sauvée par un cri de révolte international contre le barbarisme d’état. Mais l’histoire n’est pas finie. Elle est toujours dans le couloir de la mort. Une fois l’émotion retombées, le régime peut simplement choisir de la pendre à la place.

« Ce régime a pris trop de vies » dit Maryam Namazie, militante des droits de l’homme qui vit aujourd’hui à Londres. « Il va bien falloir que ça s’arrête un jour. »

D’après madame Namazie, la prison de Tabriz où Sakineh est enfermée contient 200 autres condamnés à mort. Trente-cinq sont des femmes condamnées à la lapidation. L’une d’entre elles est Maryam Bagherzadeh, 25 ans, en prion depuis quatre ans. Son exécution a été retardée car elle est tombée enceinte lors d’une courte permission. Le régime attend généralement l’accouchement des femmes enceintes pour les tuer.

Puis il y a Azar Bagheri, 19 ans. Elle en avait 14 quand on l’a forcée à se marier. Son mari l’a lourdement chargée, déclarant qu’elle ne l’aimait pas et qu’elle avait eu des relations avec un autre homme. Elle a été arrêtée, condamnée pour relations sexuelles en dehors du mariage et condamnée à la lapidation alors qu’elle n’avait que 15 ans. On l’a soumise à un simulacre de lapidation à deux reprises : enterrée jusqu’à la poitrine et menacée de mort si elle ne collaborait pas. Le couloir de la mort comprend des enfants, des adolescents et 18 personnes condamnées à la pendaison pour homosexualité. La semaine dernière une jeune fille de 16 ans s’est tuée dans sa cellule pour échapper à la pendaison.

Même le bronzage est un crime contre l’islam. « Le public attend de nous que nous réagissions fermement et rapidement à toute inconduite sociale de la part de femmes et d’hommes qui rejettent nos valeurs islamiques » a annoncé en avril le chef de la police de Téhéran Hossein Sadjedinia. « Dans quelques quartiers du nord de Téhéran, on voit beaucoup de femmes et de jeunes filles bronzées qui ressemblent à des mannequins lors d’un défilé. Nous ne tolérerons plus cette situation et commencer par avertir celles qui se comportent ainsi, puis nous les arrêterons et les emprisonnerons. »

Comme le présente madame Namzie : « C’est un crime d’être une femme en Iran. »

On pourrait penser que l’habitude du régime d’assassiner les femmes pour des crimes imaginaire lui vaudrait une condamnation universelle, en particulier d’institutions comme les Nations-Unies. On aurait tort. En avril, l’Iran s’est vu offrir un siège à la commission de l’ONU sur le statut des femmes dont le but est « l’égalité des sexes et la promotion des femmes. » Personne n’a expliqué comment la lapidation des femmes fait avancer l’égalité des sexes. C’est une inversion morale tellement tordue qu’elle défie la satire. Si vous nourrissiez encore quelques illusions sur le fait que l’ONU soit vraiment intéressée par les droits des femmes, abandonnez les tout de suite.

La nomination ridicule de l’Iran était un prix de consolation après son échec, à obtenir un siège au conseil de l’ONU pour les droits humains, en dépit d’un lobbying sévère. Ce qui n’aurait pas été tellement étrange qu’il y parait puisque les membres de ce conseil comprennent des nations aussi soucieuses des droits humains que l’Arabie Saoudite. Le Conseil des droits humains est dominé par un bloc d’états islamiques et africains qui refusent de condamner l’Iran de quelque façon que ce soit. A la place, le conseil passe le plus clair de son temps à dénoncer Israël et les Etats-Unis. « C’est tragique ; c’est comme demander à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid de siéger à la commission pour l’égalité des races » dit Madame Namazie qui a fuit l’Iran en 1980.

Certains groupes féministes occidentaux ont été ostensiblement silencieux sur la lapidation et autres pittoresques coutumes iraniennes. Ils ont tellement peur d’être infectés par les Américains et les néo-conservateurs qu’ils préfèrent ne rien dire. Même chose pour les groupes musulmans « modérés » en occident.

Pendant des années, la lutte pour les droits humains des femmes iraniennes a été menée par un groupe infatigable d’avocates comme Madame Namazie et Mina Ahadi qui vit maintenant en Allemagne. Madame Ahadi a échappé de peu à la mort pour avoir fait campagne contre les vêtements islamiques obligatoires. (Son époux a été exécuté). « Quand nous organisons des évènements au niveau mondial, quand nous manifestons au niveau mondial et en particulier quand nous contactons les gouvernements européens et que ces gouvernements mettent la pression sur le régime islamique en Iran, nous avons quelquefois une chance, » a-t-elle dit à CNN.

La condamnation de Sakineh Mohammadi Ashtiani a été basée sur de fausses preuves insistent son avocat et ses deux enfants. Elle a déjà reçu 99 coups de fouet. Comme leurs efforts pour plaider pour sa vie n’ont pas porté leurs fruits, son fils s’est tourné vers les militants occidentaux pour trouver de l’aide, une manœuvre à haut risque qui lui a valu une convocation au poste de police. Amnesty International et Human Rights Watch se sont emparé du dossier. Les femmes, de la Norvège au Canada, y compris la PDG de Indigo Books, Heather Reisman, ont lancé des pétitions par Internet. La pétition de madame Reisman, datant d’il y a onze jours rassemble déjà plus de 100.000 signatures (www.freesakineh.org.)

Le régime iranien décrit vigoureusement les manifestations occidentales comme une attaque contre l’Iran et les valeurs islamiques. Alors, a quoi servent vraiment ces pétitions ? Ceux qui suivent les affaires iraniennes disent qu’elles ont vraiment un impact. La lapidation est énormément impopulaire en Iran et les Iraniens n’aiment pas que leur pays soit représenté comme médiéval et barbare. Le soutien de l’extérieur donne également de l’énergie à ceux qui vivent en Iran et luttent contre le régime.

« L’agitation que les médias occidentaux ont lancée en relation avec ce dossier n’affectera pas nos juges » insiste un officiel iranien. « La mise ne pratique des lois religieuses islamique comme la lapidation, le hidjab et l’héritage ont toujours été en but à leur animosité effrontée, par principe, ils s’oppose à tout ce qui touche la loi religieuse. »

Mais grâce aux efforts inlassables de femmes comme Maryam Namazie, Mina Ahadi, Shirin Ebadi et d’autres, Shakineh est toujours en vie. Aussi longtemps qu’être une femme en Iran sera un crime, ils ne s’arrêteront pas. Et nous non plus, nous ne devrions pas nous arrêter.

Source: http://www.theglobeandmail.com/news/opinions/its-a-crime-to-be-a-woman-in-iran/article1643091/?cmpid=rss1

dimanche 4 juillet 2010

Campagne pour une Iranienne risquant la lapidation

The Guardian

Saeed Kamali Dehghan 
Vendredi 2 juillet 2010 

Sa famille déclare que cette condamnation pour adultère n’est pas fondée et qu’elle a déjà reçu 99 coups de fouet. 


Une Iranienne de 43 ans va être lapidée à moins que la campagne internationale, lancée par ses enfants, n’oblige les autorités à casser ce que son avocat appelle une condamnation erronée.

Lors d’un procès qui met en lumière l’usage croissant de la peine de mort dans un pays qui a déjà exécuté plus de 100 personnes cette année, Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée en mai 2006 de “relations illicites en dehors du mariage”.

Sakineh avait déjà reçu une peine de 99 coups de fouet, mais son dossier a été réouvert quand un tribunal de Tabriz l’a suspectée d’avoir tué son mari. Elle a été acquittée mais l’accusation d’adultère a été révisée et la peine de mort appliquée sur la base des “connaissances du juge” – une lacune qui permet des décisions judiciaires subjectives en l’absence de preuve décisive.

Dans une interview au Guardian, son fils Sadjad 22 ans et sa fille Farideh 17 ans ont dit que leur mère avait été injustement accusée et punie pour quelque chose qu’elle n’avait pas fait.
“Elle est innocente, elle est là-bas depuis cinq ans pour rien” a dit Sadjad. Il décrit l’exécution imminente comme barbare. “L’imaginer attachée dans un trou profond, lapidée à mort, c’est un cauchemar pour moi et pour ma soeur depuis toutes ces années.”

La sharia iranienne stipule que la condamnée est enterrée jusqu’au cou (jusqu’à la ceinture pour un homme), et les participants à l’exécution publique sont invités à jeter des pierres. Si le/la condamné/e réussit à se libérer du trou, la peine de mort est commuée.

L’Iran, embarrassé par l’attention internationale qu’elle attire, a rarement pratiqué la lapidation en public ces dernières années. Mais le pays a quand même exécuté 388 personnes l’année dernière – plus qu’aucun autre pays dans le monde, la Chine exceptée, selon Amnesty International, la plupart par pendaison.
Ce soir, les manifestants se ont rassemblés devant l’ambassade d’Iran à Londres pour exiger la libération de Sakineh.

Il y a cinq ans, quand Sakineh a été fouettée, Sadjad avait 17 ans et était dans la salle. “Ils l’ont fouettée devant mes yeux; cela s’est gravé dans mon esprit depuis ce jour.”

Mohammed Mostafaei, un avocat iranien très célèbre, s’est porté volontaire pour la représenter quand sa condamantion a été annoncée il y a quelques mois. Il a écrit une lettre ouverte à propos de sa condamnation peu de temps après : “C’est une condamnation totalement illégale. Deux des cinq juges qui ont examiné le dossier de Sakineh à Tabriz ont conclu qu’il n’y avait aucune preuve scientifique d’adultère.”

“D’après la loi, la peine de mort, et spécialement la lapidation exige des preuves explicites et des témoins alors que dans son cas, bizarrement, les connaissances du juge ont été considérées comme suffisantes.”
Mina Ahadi, militante des droits de l’homme en Allemagne a aidé les enfants de Sakineh a lancer leur campagne au niveau international et a des contacts réguliers avec Sadjad et Farideh.

Elle dit qu’après le lancement de la campagne la semaine dernière, elle a  reçu des appels téléphoniques de familles de deux autres femmes détenues à la prison de Tabriz, là où se trouve Sakineh, accusées d’adultère et condamnées à la lapidation: Azar Bagheri 19 ans  et Mariam Ghorbanzadeh 25 ans.

“Azar a été arrêtée à 15 ans. Ils ne pouvaient pas la punir avant ses 18 ans suivant la loi, alors ils ont attendu… et veulent la lapider”. Elle a été soumise à des simulacres de lapidation, avec enterrement partiel dans le sol. “Il la préparent pour la vraie” dit Ahadi.

Ahadi qui suit les peines de lapidation en Iran ces dernières années dit qu’elle connait les noms de 12 autres femmes actuellement condamnées  la lapidation en Iran.

“Ce ne sont que celles que je connais, j’estime qu’au moins 40 à 50 autres femmes attendent le même sort en Iran maintenant.”

“La lapidation n’est pas simplement une sanction judiciaire, c’est un moyen politique dans les mains du régime iranien pour menacer le peuple. Elle leur sert à beaucoup d’autres choses qu’un simple châtiment”.