mardi 11 novembre 2014

Lettre de soutien de 15 prisonniers politiques de Radjaï-Shahr en soutien à Mohammad-Reza Pourshadjari


Mohammad-Reza Pourshadjari, Siamak Mehr, bloggeur de 52 ans avait été libéré au bout de quatre ans, le 23 août 2014, de la prison centrale de Karadj. Il a été récemment arrêté le 30 septembre 2014 lors d’un voyage vers Oroumieh par des agents du renseignement et on n’a aucune nouvelle de lui.

Voilà environ deux semaines que notre bloggeur épris de liberté, Mohammad-Reza Pourshadjari a été arrêté lors d’un voyage en famille à Oroumieh. Sa famille n’a aucune nouvelle de lui ni des raisons de son arrestation. Il vient d’être libéré de prison. Il a beaucoup de problèmes de santé dont une récente opération à cœur ouvert, du diabète, des problèmes de prostate et rénaux. Il a été arrêté sans ordre du tribunal et sans avertissement, uniquement pour ses idées politiques et ses activités politiques sur son blog « Nouvelles à la Terre d’Iran ». C’est sa seconde arrestation, cause de grande inquiétude pour sa famille en raison de sa santé. Sa famille demande aux autorités de le libérer et de le transférer dans un hôpital.

Nous, prisonniers politiques de Radjaï-Shahr, condamnons fermement cette arrestation illégale et tyrannique et appelons à sa libération immédiate et sans conditions. Nous exprimons également notre vive inquiétude sur son état de santé et soulignons que le guide suprême et le responsable de la justice sont seuls responsables pour tout risque ou danger pour sa vie.
• Reza Akbari-Fard
• Mohammad-Amir Khizi
• Vahid Asghari
• Hodjat Hatami
• Iradj Hatami
• Khaled Hardani
• Afshine Heyratian
• Abolghassem Fouladian
• Saleh Kohandel
• Mohammad-Ali Mansouri
• Saïd Mansouri
• Assadollah Hadi
• Alireza Farahani
• Mashallah Haeri
• Sharokh Zamani

Source : https://hra-news.org/en/articles/15-political-prisoners-write-support-mohammad-reza-pourshajari?utm_content=buffer58554&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer


lundi 10 novembre 2014

Situation des droits humains en Iran dans mois de Mehr 1393 (septembre-octobre 2014) par le Centre des Défenseurs des Droits Humains

Introduction

La ville d’Ispahan a vu les actions les plus violentes contre les femmes de ces dernières semaines. Plusieurs individus ont attaqué des femmes à l’acide de façon concertée. Et ce alors que certains imams du vendredi, comme ceux d’Ispahan et de Mashhad, continuent d’attaquer les mal-voilées du haut de leurs chaires lors des prières chaque vendredi.

De plus, le parlement iranien va passer une loi sur la promotion de la vertu et la répression du vice qui pourrait fournir un prétexte pour l’intrusion dans la vie privée par les groupes extrémistes. La loi sur la promotion de la vertu et la répression du vice est proche de la promulgation, sans prendre en compte les droits de la citoyenneté et des individus.

Pour conclure, les attaques verbales quotidiennes de quelques religieux clés du système politique contre les droits civiques, surtout ceux des femmes, la transformation du principe d’encouragement de la vertu et de la répression du vice en loi tout en soulignant la lutte contre les mal-voilées, ne peuvent qu'être considérés comme des encouragements et des approbations aux individus qui ont attaqué des femmes à l’acide à Ispahan. Dans le même temps, il y a beaucoup de violence contre les femmes, sous différentes formes en Iran. La condamnation à mort ou à la flagellation sont des exemples de cette violence, et il y en a tous les mois. Pendant le mois de Mehr, le cas qui peut être cité est celui de la peine de mort de Mohsen Amiraslani, exécuté pour hérésie d’après ses proches. On peut mentionner la flagellation publique dans la province d’Hormozgan. On peut aussi mentionner la détention de quelques individus pour leurs activités sur les réseaux virtuels et la diffusion de films appelés « confessions ».

De plus, il semble que la tolérance et l’interaction du gouvernement avec les dissidents de tous les groupes décline. La violence contre les sunnites, comme l’interdiction des prières d’Eid-al-Adha dans certains quartiers, pourrait exacerber les conflits religieux qui se sont malheureusement propagés au Moyen-Orient depuis un certain temps. La violence contre les derviches Gonabadi en est un autre exemple.

Ce rapport donne un sommaire de la situation des droits humains en Iran durant le mois de Mehr (du 23 septembre au 22 octobre). Il est basé sur les informations publiées par différents médias et sites web dont l’exactitude a été vérifiée. Ce rapport comporte trois parties.

1-Droits civils, culturels et politiques

A-Situation des militants opposants politiques et sociaux

Durant ce mois, environ 66 personnes ont été arrêtées :
  • Mohammad-Reza Djafari, militaire retraité
  • Mohammad Nourizad, journaliste et cinéaste
  • Hiva Fouladi, militant des médias
  • Soraya Nakhaei, militante de la société civile
  • Massoumeh Zia, militante de la société civile
  • Maliheh Biganian, militante de la société civile
  • Nargues Farhadi, militante de la société civile
  • Iradj Amidi, militant de la société civile
  • Atena Daeimi, militante de la société civile
  • Assou Rostami, militant de la société civile
  • Ali Nouri, militant de la société civile
  • Nahid Gordji, cyber militante
Les autorités iraniennes ont également fait part de l’arrestation de 
  • 12 personnes à Shiraz pour avoir envoyé et partagé des SMS humoristiques sur l’ayatollah Khomeiny, sans mentionner leurs noms
  • 22 usagers de Facebook à Malayer dont les noms n’ont pas été mentionnés
  • Six personnes, dont le nom n’a pas été mentionné, actives sur les réseaux sociaux d’Ispahan.

La télévision régionale de la région du Fars a diffusé un film dans lequel des individus qui auraient insulté l’ayatollah Khomeiny, ont fait leur autocritique.
  • Saïd Kordestani, étudiant sunnite 
  • Hamed Naderi, étudiant sunnite
  • Habibollah Eslamifar, étudiant sunnite
  • Abdol-Hamid Khorassani, étudiant sunnite
  • Heshmat Shafiei, converti au christianisme
  • Shahram Ghaeidi, converti au christianisme
  • Emad Haghi, converti au christianisme
  • Abdolhay Atabay, militant religieux sunnite
  • Younes Nafissi, militant religieux sunnite
  • Vahid Yazdanparast, militant religieux sunnite
  • Hafez Tohid-Ghoreishi, militant religieux sunnite
  • Salar Saïdi, militant religieux sunnite
  • Souresh Aeineh, militant religieux sunnite
  • Mohammad Modaressi, militant religieux sunnite

Certains ont été libérés sous caution au bout de quelques jours dans l’attente de leur procès.
  • Massoumeh Gholizadeh, étudiante, a été incarcérée pour purger ses dix mois de prison.
  • Mostafa Mehdizadeh, militant étudiant, a été incarcéré pour purger ses six mois de prison.
  • Arjang Davoudi, militant politique qui purge actuellement sa peine, a été condamné à deux ans de prison
  • Farhoud Yazdani, bahaï, qui purge actuellement sa peine, a été condamné à un an de prison
  • Behnam Irani, converti au christianisme et actuellement emprisonné, a été condamné à six ans de prison et à l’exil intérieur à Zabol
  • Abdolreza AliHaghnejad et Reza Rabbani, convertis au christianisme, ont été condamnés à 6 ans de prison chacun à Minab.
  • La cour d’appel a confirmé la peine de trois ans de prison de Soheil Arabi, cyber militant.
  • Nasrine Sotoudeh interdite d’exercice de sa profession par le conseil de discipline des avocats.
  • La justice a promulgué un acte de culpabilité à l’encontre de l’avocat Vahid Abolma’ali.
  • Tenue du procès de Ghontcheh Ghavami, militante de la société civile.
  • IRNA (agence de presse de la république islamique) rapporte la tenue du procès en appel pour huit militants de Facebook dont les noms n’ont pas été divulgués
  • Mahmoud Parhizgar et Djafar Rafati, deux militants shiites ont été interdits de sortie du territoire.
  • Les fonctionnaires de la sécurité ont interdit la tenue des prières de l’Eid-al-Adha aux sunnites de Téhéran dans les quartiers de Sadeghieh et Sa’adatabad.
  • Ahmad Montazéri, religieux critique du gouvernement, a été cité à comparaître et libéré sous caution après interrogatoire. 
  • Kaveh Darolhsafa, militant politique, a été cité à comparaître et informé des charges qui pèsent contre lui.
  • Les autorités ont empêché Mohammad-Reza Khatami, membre du parti de la participation (Djebje ye Mosharekat) de prononcer un discours à Ispahan.
  • Bahman Ahmadi-Amouï, journaliste, est resté en prison deux jours de plus que la durée de sa peine.
  • Le domicile de Mohammad-Hossein Panahi, militant de la société civile, a été perquisitionné par les agents de sécurité.

B-Situation des Droits Culturels
  • Les autorités ont interdit un concert de « Erfan Band » à cause de la présence de musiciennes.
  • Les autorités ont interdit un concert de Shahram Nazeri pendant la Semaine de la Culture de Neyshapour.
  • Fars News Agency rapporte une enquête sur une femme non-identifiée qui aurait chanté un solo.
  • La pièce « Shakheh Nabat » a été interdite par la justice.
  • La cour de la presse a déclaré coupables les journaux « Shargh » et « Haft e Sobh » ainsi que le directeur général d’IRNA
  • L’agence de presse Mizan, affiliée à la justice, rapporte une action légale contre deux militants des médias, sans en mentionner le nom, sur ordre du commandant en chef des forces armées.
  • Le site web Entekhab est bloqué sur ordre du procureur de Téhéran.
  • Le filtrage du logiciel « Watsapp » a été approuvé par les autorités
  • La publication estudiantine Ghalam a été interdite

C-Autres exemples de violations des droits humains

Il y a eu quatre exécutions capitales durant le mois. Leurs noms complets ne sont pas toujours clairs mais les médias sous contrôle des autorités judiciaires ou du gouvernement les ont confirmées. 
  • Mohsen Amiraslani, exécuté pour hérésie d’après ses proches
  • Khorasan News rapporte l’exécution de deux individus anonymes pour meurtre à Mashhad.
  • Certains sites web rapportent l’exécution de Fardin Djafarian pour meurtre à Tabriz.
  • IRNA rapporte la condamnation à mort par la cour d’assises de la province de Téhéran d’une personne nommée Ehsan pour meurtre
  • Le service de communication du tribunal de la région d’Hormozgan rapporte la flagellation publique d’un jeune-homme dont le nom n’a pas été mentionné.
  • La situation des prisonniers politiques est toujours très mauvaise ; certains d’eux : Mehdi Sadjedifar, Seyyed Mohammad Seifzadeh, Missagh Yazdan-Nejad, Mostafa Daneshdjou, Mashallah Haeri et Ali Salanpour sont très malades mais rien n’a été fait pour les traiter.
  • Karim Maroufaziz, prisonnier politique, est de retour en prison alors qu’il aurait besoin de poursuivre son traitement.
  • Certains membres des derviches Gonabadi de Beidokht ont été empêchés de se rendre à Téhéran.
  • Certains prisonniers ont été transférés :
    • Farhad Eghbali, Rassoul Abdollahi, Alireza Seyedian, Ebrahim Firouzi, Soheil Babadi, Ali Kazemzadeh, Ali Lavimi, Arash Moghadam ont été transférés à Radjaï-Shahr
    • Mohammad Darabi a été transféré à la prison de Dizel-Abad à Kermanshah
    • Saïd Matinepour a été transféré à la prison centrale de Zandjan
    • Ayat Mehr-Ali Beiglou a été transféré à la prison de Tabriz
  • Le site web Dana, proche du régime iranien, a rapporté la détention de 26 garçons et 21 filles, sans mentionner leurs noms pour avoir assisté à une fête.
  • Le département communication de la juridiction de Soufian a rapporté l’arrestation de 35 hommes et femmes lors d’une fête.
  • Le chef de la police FATA de la région de Guilan a rapporté l’arrestation d’une personne responsable d’une compétition de mannequinat sur les réseaux sociaux.
  • Les autorités pénitentiaires ont empêché Davar Hosseini-Vojdan, étudiant emprisonné, de passer ses examens semestriels.
  • La police de la province d’Azerbaïdjan Oriental a rapporté l’arrestation d’un homosexuel sans mentionner son nom.

2-Droits Sociaux et Economiques

La situation économique du pays est encore mauvaise ; le porte-parole du gouvernement a rapporté l’existence d’au moins 2.257.000 chômeurs dans le pays.
  • Les salaires de 3.000 ouvriers de la coopérative Mehvarsazan n’ont pas été payés depuis trois mois.
  • Les salaires de 350 ouvriers des phases 17 et 18 d’Assalouyeh n’ont pas été payés depuis le mois de Tir (juin-juillet)
  • Les salaires de 300 sous-traitants de la municipalité de Yassoudj n’ont pas été payés depuis six mois.
  • Les salaires de 43 ouvriers de l’usine « Ranguin Nakh » n’ont pas été payés depuis quatre mois
  • Les salaires des travailleurs de la pétrochimie d’Ilam n’ont pas été payés depuis plusieurs mois
  • Les salaires de 120 ouvriers de « Sanaye Kam Masraf e Iranian » n’ont pas été payés depuis trois mois
  • Les salaires des ouvriers de l’usine « Kashi Tabriz Kaf » n’ont pas été payés depuis 1391 (2 ans)
  • Plus de 1.400 mineurs de charbon de la région d’Alborz Sharghi n’ont pas été payés depuis plus de deux mois
  • Les salaires d’environ 900 ouvriers de Wagon Pars à Arak n’ont pas été payés depuis trois mois
  • 300 sous-traitants du projet de métro d’Ahvaz n’ont pas été payés depuis le mois de Khordad (mai-juin)
  • Les salaires de 200 ouvriers de l’usine Nakh Parsilun n’ont pas été payés depuis trois mois
  • Les salaires de 1.100 ouvriers de « Louleh va Navard Safa » n’ont pas été payés depuis trois mois et leurs assurances depuis 18 mois
  • Quelques 180 sous-traitants de « Ghatat-e-Betoni Guilan » n’ont pas reçu de salaire depuis deux mois.
  • Le salaire de 160 ouvriers de la briquèterie « Kashi Guilana »n’ont pas été payés depuis 16 mois.
  • Mehdi Kazemi et Ahmad Mirzaei ont été licenciés de l’usine Kashi Guilana
  • Djafar Molaei, Abbas Shafiei, Hossein Amiri, Mohammad Faradji, Alireza Rezaei, Kambakhsh Kamaliha, Djavad Ghalenoei, Aslan Nourizad et Zahra Ghafari ont été licencies de la société Gaz Louleh Saveh
  • Ali Barani, Gholam-Reza Norouzi, Toumadj Bahrami et Mehdi Badavi ont été licenciés de la société Kissoun
  • 10 emplois de sous-traitants de la phase 3 de la raffinerie d’Abadan ont été supprimés.
  • Quatre étudiants ont été blessés et hospitalisés suite à l’effondrement du plafond de la citerne en ciment de l’école primaire du village de Barmak dans le canton de Dashtestan de la province de Boushehr.
  • Un fonctionnaire de l’éducation de Maraveh Tappe dans l’est de la province du Golestan a déclaré qu’au moins de 33 écoles rurales sont proches de l’effondrement et qu’elles ont besoin de réparations urgentes pour protéger la vie de leurs élèves.

3-Patrimoine et Environnement

La situation du patrimoine et de l’environnement n’est pas bonne elle non plus.
  • Le quotidien Shahrvand rapporte la naissance d’enfants handicapés dans le village de Kazaz dans la province centrale en raison des industries de la ville d’Arak
  • Le directeur du projet national de protection des zones humides iraniennes rapporte qu’environ 70% des zones humides du pays sont dans un état critique.
  • La responsable de l’organisation de l’environnement rapporte que les égouts en ville et en campagne se déversent directement dans les rivières, ce qui est un désastre environnemental qui a transformé certaines rivières en égouts. 
  • Le porte-parole de la fraction environnement du parlement iranien rapporte le risque de pollution de l’eau de surface par les égouts déversés à l’air libre par les projets immobiliers proches de Téhéran.
  • Le chef de l’Organisation Météorologique Iranienne a annoncé que les ondes produites par le brouillage effectué par le bruit floutent un tiers des images météorologiques de la capitale
  • Un député a annoncé que les résidents de 200 villages ont quitté leurs domiciles en raison de la crise de l’eau dans la province du Sistan-Baloutchistan.
  • Un député rapporte que « la plus grande forêt artificielle du monde » au nord de Kerman est au bord de la disparition.
  • Le directeur du bureau de la protection environnementale de la province du Fars rapporte un départ de feu de pâture dans la zone protégée du canton de Maleh Galeh ; il a annoncé que la cause de l’incendie était la négligence et le manque de soutien des organisations en charge de la lutte contre les incendies.

Conclusion

Vu le rapport sur les droits humains en Iran durant le mois de Mehr 1393, le Centre de Défense des Droits humains pense que la stabilité et la sécurité du pays ne seraient pas possibles sans le respect des droits du citoyen. Parce que la paix et le calme atteints sous l’intimidation et l’emprisonnement se brisent vite. Parce que toute conduite violente conduit immanquablement à une réaction encore plus violente. L’approche du système politique des différents problèmes et son usage de la violence peuvent créer les conditions nécessaires à saper la paix relative qui prévaut dans le pays.

Il est donc recommandé aux officiels de tirer les leçons du sort d’autres gouvernements de la région, et de mettre fin aux violations des droits humains le plus vite possible et de fournir les conditions nécessaires à une réconciliation nationale.

Note : Pour plus d’information sur ce rapport, merci de vous référer aux sites web :
• Iranian Students News Agency (ISNA), 
• Islamic Republic News Agency (IRNA), 
• Iranian Labour News Agency (ILNA), 
• Fars news agency, 
• Mehr news agency, 
• Young Journalists Club news agency, 
• CDHR website, 
• JARAS, 
• Committee of Human Rights Reporters, 
• Nedaye Azadi, 
• Baztab, 
• HRANA, 
• Ghanoon, 
• Kaleme, 
• Mohebbat News, 
• Sunni Online, 
• International Campaign for Human Rights in Iran, 
• Majzooban-e Noor, 
• Melli Mazhabi, 
• Nedaye Sabze Azadi, 
• Radio Zamaneh, 
• Radio Farda 
• BBC.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/november/05/article/acid-attacks-on-girls-faces-the-first-pace-for-enjoining-good.html

dimanche 9 novembre 2014

Interview d’Amine (Peyman) Tchalaki après sa sortie de prison – Fereshteh Ghazi – 2 Novembre 2014 : Nous ne nous repentons pas, nous avons foi en notre lutte





La semaine dernière, à sa sortie de la prison d’Evine où il avait passé ces quatre dernières années en tant que prisonnier politique, Amine (Peyman) Tchalaki, l’adjoint au directeur de campagne de Mir-Hossein Moussavi en 2009 à Saveh, a brandi une photo de son ancien patron pour défier ceux qui l’avaient arrêté, condamné et emprisonné.

Rooz a interviewé Tchalaki qui a expliqué : « La photo de Moussavi que j’ai brandie devant la prison le disait : non seulement nous ne nous repentons pas mais nous avons la ferme intention de continuer sur la même voie. »

Tchalaki a été arrêté avec son épouse le 17 janvier 2010 dans la ville de Saveh. Les agents ont interrogé sa fille de trois ans. Son épouse a été condamnée à deux ans avec sursis et lui à quatre ans fermes. Mais cet interrogatoire au milieu de la nuit n’a pas été le seul calvaire de Mana Tchalaki. Quatre ans plus tard, quand elle a eu besoin de soins médicaux suite à un accident à la main, elle n’a pas pu être hospitalisée car elle ne pouvait fournir l’autorisation écrite de son père qui était en prison. Les fonctionnaires pénitentiaires, n’ont pas permis à Amine Tchalaki de rendre visite à sa fille lorsqu’elle s’est blessée, mais, en plus, ils n’ont pas permis à sa fille de lui rendre visite.

« Depuis ma libération, une de mes inquiétudes les plus sérieuses concerne mes amis encore emprisonnés, dont Mir-Hossein Moussavi, Monsieur Karroubi et Madame Zahra Rahnavard. Tant qu’ils sont assignés à domicile, ma libération ne veut rien dire. La liberté est un phénomène social et ne veut rien dire s’il n’y a qu’une personne à en bénéficier. Je m’inquiète pour les personnes emprisonnées, surtout que la situation de la section 350 ne fait qu’empirer. Les traitements médicaux sont très difficiles à obtenir. Notre ami Naïmipour est devenu sourd à cause d’une déchirure au tympan ; il a besoin de traitement médical mais le bureau du procureur le lui interdit. Monsieur Abdol-Fattah Soltani a besoin de traitement médical pour son cœur, mais on le lui interdit. Je m’inquiète pour eux et d’autres et même si je suis sorti de prison, une partie de moi est encore avec eux. »

« La prison a été pour moi une excellente occasion pour me rapprocher d’amis venant d’horizons différents, comme le Mouvement Vert a permis de concentrer différentes personnes, de les écouter. Ce fut une bonne occasion de lire 24.000 à 25.000 pages de livres, de se concentrer et de penser plus profondément. Je pense que celui qui en a parlé le mieux est Mir-Hossein Moussavi quand il a mis l’accent sur la patience. De la même façon que le silence a une valeur en musique et que d’autres notes se définissent par le silence, l’atmosphère politique et sociale en Iran a aussi besoin de silence et de plus de patience. Un évènement majeur a eu lieu en 2009, un évènement d’importance qui servira de phare à la lutte de la prochaine génération. Je pense que l’ingénieur Moussavi a exposé ces notions profondes dans ses 17 déclarations, claires, détaillées et précises. J’ai changé d’avis. Je pense que notre peuple poursuit sa lutte politique à travers le gouvernement. Cela fait plus de 100 ans, depuis le mouvement constitutionnel, que tous les efforts de ceux qui luttent pour la liberté de ce pays reposent sur le gouvernement. Je crois que l’engagement politique devrait se mener au travers de la société civile. On nous l’a interdit depuis des années. Il nous faut retourner à la société civile et y travailler. Les appels à la démocratie n’aboutiront pas tant qu’ils ne s’enracineront pas dans les piliers de la société civile. Les évènements qui ont eu lieu dans ce pays après la période réformatrice montrent que nous avons échoué à approfondir ces concepts dans la société civile. Beaucoup des buts atteints pendant la réforme ont été perdus ensuite. J’espère que j’aurai l’occasion de faire plus dans cette voie. J’ai senti que la première chose qui m’est arrivée après ma libération était révélatrice. La photo que j’ai brandie devant la prison proclame que nous ne nous repentons pas mais qu’au contraire, nous avons foi dans notre voie. La plupart des personnes en prison sont d’honnêtes gens et ont confiance dans la voie qu’ils empruntent. Il est plus que certain qu’il s’agit du même chemin pour lequel nous avons payé un prix si élevé. »

« J’ai besoin de me réadapter à cette nouvelle atmosphère. Voyez-vous mes amis, il faut écouter davantage. Mais peu importe, ce chemin est incontournable. Les gens continueront certainement à demander les mêmes choses et à lutter pour elles. Et nous aussi devons poursuivre. Ces dernières années ont montré que la lutte et la résistance dont Moussavi, Karroubi et Rahnavard ont fait preuve dans la défense de leur cause est le prix à payer pour atteindre nos buts. Les élections de 2013 ont montré que le peuple continue à formuler les mêmes demandes et saisissent toutes les occasions. Non seulement le peuple n’est pas indifférent mais il est à la recherche d’occasions pour jouer son rôle historique. Cela s’est déjà produit par le passé et se reproduira de nouveau dans le futur. »

« Nos enfants sont conditionnés par notre situation, comme nous devons payer le prix pour le déni de nos droits fondamentaux. Nos enfants aussi payent le prix de cette situation. Le régime n’a même pas pitié des enfants de trois ans. D’un autre côté, je pense que la génération de ma fille est désormais assez solide pour tenir debout seule. Cette génération reste ferme dans ce qu’elle demande. »

Parlant de l’accident de sa fille tandis qu’il était en prison, Tchalaki a dit : « Il m’a été très difficile de ne pas être à ses côtés. Mon épouse était seule. On ne m’a pas permis de lui rendre visite à l’hôpital. D’autres prisonniers sont ainsi privés de leurs droits fondamentaux comme les appels téléphoniques et les visites. Par exemple, Monsieur Massoud Sadeghi n’a pas vu son enfant depuis deux ans et n’a pas de permission. Il y a d’autres prisonniers âgés comme Monsieur Rabani qui a plus de 70 ans. »

« Je pense qu’il faut lancer un nouveau train d’efforts politiques dans ce pays. Les groupes politiques doivent porter leur attention vers la société civile et c’est là qu’il leur faut poursuivre leurs buts politiques. C’est là que des notions comme la démocratie et les droits humains devraient être approfondies. »

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/november/02/article/we-do-not-repent-have-full-belief-in-our-struggle.html?utm_content=bufferc55fe&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer 

samedi 8 novembre 2014

Semaine 45 pour un Iran Libre et Démocratique

Nouvelles des Prisonniers
A-Transferts
  • Mahdieh Golroo transférée à l’isolement à Evine.
  • Ali Salanpour de retour de l’hôpital à la prison de Radjaï Shahr.

B-Arrestations-Incarcérations
  • Maryam Alsadat-Yahyahvi, militante de la société civile, arrêtée.
  • Khaled Hosseini, syndicaliste kurde, arrêté à Sanandaj pendant une manifestation de soutien à Kobane.
  • Amir Maboudi commence à purger sa peine de 6 mois à Oromia.

C-Libérations
  • Mohammad Banazadeh-Amirkhizi libéré à la fin de ses 5 ans de prison.
  • Atena Farghdani, peintre et militante des droits des enfants, libérée sous caution.
  • Hossein Farzin en liberté provisoire pour 3 jours.
  • Alireza Radjabian-Fard libéré d’Evine à la fin de sa peine.

D-Autres Nouvelles
  • Ghontcheh Ghavami est en grève de la faim.
  • Le religieux dissident Hossein Kazemeini-Boroudjerdi est en grève de la faim à Evine.

Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Abbas Bozorgmehr, rédacteur en chef d’Asseman; condamné à une amende.
  • Ghoncheh Ghavami, citoyenne britannique, condamnée à un an de prison.
  • Roein Otoufat condamné en appel à 10 ans de prison.
  • La bahaïe Soussan Tabianian condamnée en appel à 1 an de prison.
  • L’ouvrier Boulanger Mahmoud Soroush arrêté et condamné à une amende à cause de son équipement satellite.

L’université – la Culture
  • Kambiz Derambakhsh le "Sempé perse", décoré des Arts et des Lettres à Téhéran.

L’Iran à l’étranger 
  • Zarif et Rouhani rencontre le ministre des affaires étrangères norvégien à Téhéran.

L’économie en Iran 
  • 30% de baisse des revenus pétroliers en Iran.



Et toujours, la liste des prisonniers politiques en Iran (en Anglais) : http://hyperactivist.info/ipr.html
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samedi 1 novembre 2014

Semaine 44 pour un Iran Libre et Démocratique

Nouvelles des Prisonniers
A-Transferts
  • Mehdi Djalaloddini, arrêté pendant les manifestations contre les attaques à l’acide, transféré à la prison de Dastgerd.
  • Ali Ebadi-Djamkhaneh transféré de Vakil Abad vers un lieu inconnu.

B-Arrestations-Incarcérations
  • Peyman Aref arrêté durant une manifestation pour les victimes de l’acide et libéré le jour même.
  • Sanam Farsi, rédacteur en chef du site WEB d’ISNA, arrêté pendant les manifestations contre les attaques à l’acide et libéré au bout de deux jours.
  • Mahdieh Golroo arrêtée après avoir manifesté pour les victimes de l’acide.
  • Adel Mohammadi, taleb kurde sunnite, arrêté à Zahedan.
  • Zahra Mohammadi, rédactrice en chef d’ISNA à Ispahan, arrêtée lors des manifestations contre les attaques à l’acide et libérée deux jours plus tard.
  • L’avocat kurde Massoud Shamsnejad commence à purger sa peine de 4 mois à Oroumieh.
  • Nasrine Sotoudeh arrêtée durant une manifestation pour les victimes de l’acide et libérée le jour même.
  • 20 arrestations durant une manifestation pour les victimes de l’acide.

C-Libérations
  • Ali Rashidi en liberté provisoire pour raisons médicales pour 6 jours.
  • Amine Tchalaki, directeur de la campagne de Moussavi, libéré au bout de 2.5 ans en prison.

D-Autres Nouvelles
  • Negar Haeri attaquée et battue dans la prison de Ghartchak.
  • Omid Kokabee se voit décerner le prix 2014 de la Responsabilité et de la Liberté Scientifique par l’Association Américaine pour la Promotion de la Science (AAAS).

Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Reyhaneh Jabbari, qui avait tué un homme qui tentait de la violer, a été exécutée samedi à Radjaï Shahr avec une autre personne.
  • Taieb Khodayar militant politique kurde condamné à 13 mois de prison.
  • Mohammad-Ali Taheri condamné à trois ans de plus en prison.
  • 5 pendaisons à Rasht.
  • 4 pendaisons à Oroumieh dimanche.
  • Une pendaison à Oroumieh mercredi. 

L’université – la Culture
  • Les journaux Tehran Emrouz, Gol et Zanan Emrouz interdits.
  • Les derviches Gonabadi Ali-Reza Kashi et Bozorgmehr Hekmatshoar, enseignant respectivement la littérature et l’electricité ont été démis de leurs fonctions.

Manifestations 
  • Manifestation contre les attaques à l’acide à Ahvaz.
  • Manifestations d’enseignants au Sistan-Baloutchistan.
  • Manifestation des étudiants de l’université Allameh Tabatabai contre les attaques à l’acide.
  • Les ouvriers d’un projet gazier en grève pour les arriérés de salaire.

L’économie en Iran 
  • La semaine dernière, plus de 1.100 ouvriers ont été licenciés en Iran.

Politique en Iran
  • Le parlement conservateur iranien rejette le candidat au poste de ministre des sciences présenté par Rouhani.

Nouvelles en vrac
  • La population de l’Iran atteint 78 millions.


Sur le blog cette semaine


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dimanche 26 octobre 2014

Dernière lettre déchirante de Reyhaneh Djabbari

Cette jeune architecte d’intérieur a été pendue hier pour avoir tué l’homme qu’elle accusait d’avoir tenté de la violer ; elle a écrit cette lettre émouvante à sa mère, lui demandant de faire le nécessaire pour donner ses organes après sa mort.

Cette lettre déchirante a été écrite en avril mais publiée aujourd’hui par les militants iraniens et adressée à sa mère Sholeh Pakravan qui avait demandé aux juges de la pendre à la place de sa fille pour le meurtre de Morteza Abdolali Sarbandi, ancien agent du renseignement.

Reyhaneh Djabbari lors de son procès à Téhéran

Chère Sholeh,

J’ai appris aujourd’hui que c’était maintenant mon tour de faire face au talion. J’ai été blessée de ne pas avoir appris de ta bouche que j’étais arrivée à la dernière page du livre de ma vie. Ne crois-tu pas que je devrais le savoir ? Tu sais combien j’ai honte d’être la cause de ta tristesse. Pourquoi ne pas m’avoir pas donné l’opportunité de t’embrasser la main et celle de mon père ?

Le monde m’a permis de vivre 19 ans. Cette nuit funeste, c’est moi qui aurais dû être tuée. On aurait jeté mon corps dans quelque coin de la ville ; au bout de quelques jours, la police t’aurait emmenée au bureau du juge d’instruction pour identifier mon corps et on t’aurait appris que j’avais également été violée. On n’aurait jamais retrouvé le meurtrier : nous n’avons pas sa richesse ni son pouvoir. Alors tu aurais continué à vivre, tu aurais souffert, tu aurais eu honte, et quelques années plus tard, tu serais morte de cette souffrance et voilà.

Mais avec ce coup maudit, l’histoire a changé. On ne s’est pas débarrassé de mon corps, on l’a jeté dans la tombe de la prison d’Evine et de ses sections d’isolement, et maintenant dans la prison semblable à une tombe de Shahr-é-Rey. Mais lâche prise et ne te plains pas. Tu sais bien que la mort n’est pas la fin de la vie.

Tu m’as enseigné qu’on venait au monde pour acquérir de l’expérience et apprendre une leçon et à chaque naissance une nouvelle responsabilité nous accable. J’ai appris qu’on doit parfois se battre. Je me souviens bien que tu m’as dit que le charretier avait protesté auprès de l’homme qui me fouettait ; il lui avait alors fouetté la tête et le visage ce qui a causé sa mort. Tu m’as dit que pour créer de la valeur il faut être persévérant, même si l’on en meurt.

Tu nous as appris qu’en allant à l’école, on doit se conduire en vraie dame face aux querelles et aux plaintes. Te souviens-tu combien tu as insisté sur notre conduite ? Ton expérience n’était pas correcte. Quand cela s’est produit, ce que tu m’avais enseigné ne m’a pas aidé. Lors de ma comparution, j’ai ressemblé à une meurtrière de sang-froid et à une criminelle impitoyable. Je n’ai pas versé de larmes, je n’ai pas imploré, je n’ai pas pleuré toutes les larmes de mon corps parce que je faisais confiance à la loi.

Et on m’a accusée d’être indifférente face au crime. Tu vois, je ne tue même pas les moustiques et je jette les cafards en les prenant par les antennes. Et on a fait de mois une meurtrière avec préméditation. La façon dont je traite les animaux a été interprétée comme une tendance à me conduire en garçon et le juge n’a même pas pris la peine de prendre en compte mes ongles longs et polis à l’époque de l’accident.

Celui qui espère la justice des juges est vraiment optimiste ! Il n’a jamais mis en question le fait que mes mains ne sont pas rudes comme celles d’une sportive, surtout celles d’une boxeuse. Et ce pays dont tu m’as planté l’amour dans le cœur, n’a jamais voulu de moi, personne ne m’a soutenue quand je pleurais sous les coups de celui qui m’interrogeait alors que j’entendais les pires vulgarités. Quand je me suis débarrassée de mon dernier signe de beauté et me rasant la tête, j’ai été récompensée de 11 jours d’isolement.

Chère Sholeh, ne pleure pas à cause de ce que tu entends. Le premier jour au poste de police une vieille fille m’a frappé à cause de mes ongles ; j’ai alors compris que la beauté n’avait pas sa place en ce lieu. La beauté des regards, la beauté des pensées et des désirs, une belle écriture, la beauté des yeux et de la vision, et même la beauté d’une jolie voix.

Ma chère mère, mon idéologie a changé et ce n’est pas ta faute. Mes mots n’ont pas de fin et je les ai tous donnés à quelqu’un pour que, si je suis exécutée sans que tu le saches et que tu ne sois présente, on te les donne. Je te laisse en héritage beaucoup de documents manuscrits.

Cependant, avant ma mort, je te demande quelque chose qu’il faudra que tu me donnes de toutes tes forces et de quelque façon que tu le pourras. En fait, c’est la seule chose que je veuille de ce monde, de ce pays et de toi. Et je sais que cela te prendra du temps.

Je te fais donc part d’une partie de mes volontés plus tôt. S’il te plaît, ne pleure pas et écoute moi. Je veux que tu ailles au tribunal et que tu leur fasses part de ma demande. Je ne peux pas leur écrire cela depuis la prison car il me faudrait l’accord du directeur de la prison ; alors, encore une fois, tu vas devoir souffrir à cause de moi. C’est la seule chose pour laquelle, même si tu me supplies, je ne serais pas contrariée, bien que je t’aie dit souvent de ne pas supplier pour me sauver de l’exécution.

Ma gentille mère, chère Sholeh, plus chère à mon cœur que ma propre vie même, je ne veux pas pourrir dans le sol. Je ne veux pas que mes yeux ou mon jeune cœur se transforment en poussière. Demande que, dès que je serai pendue, mon cœur, mes reins, mes yeux, mes os et tout ce qui peut être transplanté soit retiré de mon corps pour être donné à quiconque en aura besoin. Je ne veux pas que les receveurs connaissent mon nom, m’achètent une fleur ou même prient pour moi.

Je te dis du fond du cœur que je ne veux pas de tombe où tu viendrais pour y souffrir. Je ne veux pas que tu t’habilles en noir. Fais de ton mieux pour oublier mes jours difficiles. Laisse le vent m’emporter.

Le monde ne nous a pas aimées. Je ne voulais pas de mon sort. Et maintenant, je m’y résigne et j’enlace la mort. Parce qu’au tribunal de Dieu, j’accuserai les inspecteurs, j’accuserai l’inspecteur Shamlou, j’accuserai le juge, et les juges de la cour suprême du pays qui m’ont tabassée quand j’étais éveillée et ne se sont pas privés de me harceler.

Au tribunal du créateur, j’accuserai le Docteur Farvandi, j’accuserai Ghassem Shabani et tous ceux qui, par ignorance ou par leurs mensonges, m’ont fait du mal, ont piétiné mes droits, et n’ont pas prêté attention à ce que ce qui, parfois, peut apparaître comme une réalité et est en fait différent.

Chère Sholeh au cœur tendre, dans l’autre monde, ce sera toi et moi qui serons les accusatrices et les autres seront les accusés. Nous verrons ce que Dieu veut. Je voulais t’embrasser jusqu’à la mort. Je t’aime.

Source : http://www.huffingtonpost.co.uk/2014/10/26/reyhaneh-jabbari-letter_n_6049846.html?utm_hp_ref=uk

Lettre d’Heshmat Tabarzadi au Rapporteur Spécial de l’ONU – 15 octobre 2014


A Monsieur Ahmed Shaheed, Rapporteur Spécial de l’ONU sur la situation des droits humains en Iran,

Je vous réitère mes remerciements pour vos efforts pour faire connaître la situation des droits humains en Iran. Vous et moi savons parfaitement que faire connaître et souligner les violations systématiques des droits humains par la république islamique est une grande tâche, bien sûr impossible à mener à bien, parce que ces violations, pour la plupart, sont causées par les lois en vigueur et la culture, et, tant que ce régime religieux sectaire restera en place en Iran, il ne sera pas possible d’abroger ces lois. Il est important de noter que la plupart des exécutions et la violence sont liées aux lois religieuses ; les autorités (le gouvernement, la justice et les diplomates) ont confirmé à de nombreuses reprises l’existence et l’application de ces lois. A cet égard, la seule différence entre Daesh (état islamique d’Irak et de Syrie) et le gouvernement islamique en Iran est la personne qui ordonne ces exécutions et ces violations : Le calife, dirigeant de Daesh ou le guide suprême d’Iran. Comme Daesh, le gouvernement iranien islamique a légitimé et ordonné les mêmes choses : lapidation, amputations, exécutions et la torture utilisée comme « punition ». Dans le même temps, le guide suprême de l’état islamique d’Iran n’a jamais honoré ses propres lois et a mis en œuvre la violence, l’espionnage de l’opinion, les emprisonnements, la torture, la répression et les arrestations.

Monsieur Shaheed,
Je suis journaliste et militant politique. Bien que le gouvernement iranien ait brisé ma plume, dissout mon parti et emprisonné mes amis pour 20 ans, il n’a pas réussi à me faire taire. C’est pourquoi, en accord avec ma responsabilité sacrée de journaliste qui cherche la vérité, j’ai toujours communiqué les violations des droits humains en Iran que vous connaissez bien. Je vous écris d’Iran, et plus particulièrement de la section 12 de la prison de Radjaï Shahr. Donc, alors que le gouvernement islamique d’Iran et ses affiliés dans la justice prétendent que votre rapport est inexact et influencé par des groupes extérieurs au pays, je voudrais confirmer que non seulement votre rapport est exact mais qu’il ne fait que mentionner quelques aspects des atrocités et des violations des droits humains en Iran. Voici deux illustrations de ces violations :

  • Monsieur Djamaloddine Khandjani a plus de 81 ans. C’est l’un des chefs des bahaïs d’Iran emprisonné parce que la communauté bahaïe lui fait confiance. Il a été condamné à 20 ans de prison. Dans quelle société civilisée une personne âgée comme Monsieur Khandjani est-il traité ainsi ? Je pense que les seuls groupes qui ne montrent aucune pitié et manquent ainsi de respect aux personnes âgées sont le gouvernement islamique d’Iran, sectaire, religieux et fanatique et l’état islamique Daesh. En fait, Monsieur Laridjani, responsable de la justice en Iran et personnalité religieuse devrait avoir honte de ses actes et de ses collègues ! Il devrait avoir honte à jamais de parler de loi et d’humanité.
  • Hadji Karim Aziz-Marouf est un prisonnier de 70 ans. Il a subi deux opérations dans ces neuf derniers mois dont la dernière à cœur ouvert. Il a été condamné à perpétuité et a déjà passé 17 ans en prison. Vue sa situation en prison, il ne va pas tarder à mourir. Quelle cruauté dans cette loi qui traite ainsi les malades et les séniors ! Je sais que ce n’est qu’un exemple de nombreux cas. Le système judiciaire en Iran est le seul qui emprisonne une personne réanimée après que son exécution ait échoué. Il est actuellement en prison, et son état mental et physique se détériore. Si cela n’est pas de la cruauté et de la barbarie, alors qu’est-ce ?

Je suis choqué que deux frères, Sadegh et Ali Laridjani, qui dirigent les deux systèmes principaux de l’Iran, la justice et le parlement, se plaignent des remarques du secrétaire général de l’ONU sur les violations des droits humains en Iran et aussi de votre rapport. Ils prétendent que les droits humains islamiques iraniens ont été mis en œuvre et que cela est suffisant pour les Iraniens et que ces critiques proviennent des allégations de l’opposition iranienne et d’une poignée de dissidents anti-islams. Je suis persuadé que ces mensonges, ces illusions et ces fausses publicités sont causées par l’idéologie expansionniste ainsi que par les intérêts partisans de ces individus. Je sais que l’Islam ne permet pas de tels crimes et mensonges. Des millions de musulmans de par le monde mais seulement deux états, Daesh et la république islamique d’Iran ainsi que des groupes comme les talibans et Al Qaeda qui agissent si brutalement et font la promotion de la violence et de la brutalité au nom de la religion. Mais je suis heureux que le monde soit conscient de l’hypocrisie et des mensonges et ne fasse pas confiance à ces systèmes. De plus, il est important de savoir que beaucoup de par le monde surveillent ces actions inhumaines, violations des droits humains et tentative de production d’armes de destruction massive. Ils ne les laisseront pas commettre d’actes arbitraires en Iran.

Je vous prie de croire, Monsieur le Rapporteur Spécial, à l’expression de mes meilleures salutations

Heshmatollah Tabarzadi – Prison de Radjaï Shahr – Karadj – Iran

Source : https://hra-news.org/en/articles/heshmat-tabarzadis-letter-un-special-rapporteur