dimanche 19 décembre 2010

Libérez Nasrine Sotoudeh - Communiqué de Presse n°1

Manifestation de militantes féministes devant le bureau des Nations Unis à Genève, Suisse.

Peuples du monde épris de liberté,

La vie de Nasrine Sotoudeh, avocate iranienne des droits humains et militante féministe est en danger. Nasrine a été arrêtée par les autorités iraniennes le 4 septembre 2010 pour ses activités de défense des droits humains en Iran et est emprisonnée depuis plus de 103 jours. Le procureur l’a inculpée de propagande contre l’état et d’agissements contre la sécurité nationale. Suivant la loi iranienne, l’inculpé peut rester en détention provisoire au maximum sept jours sans inculpation après la fin de l’enquête préliminaire.

De plus, la loi iranienne stipule qu’il est illégal de garder l’accusé à l’isolement après son inculpation. Et pourtant, Madame Sotoudeh a été maintenue à l’isolement depuis son arrestation et les tentatives de son avocat pour obtenir une libération sous caution sont restées lettre morte. Madame Sotoudeh a donc décidé de faire la grève de la faim pour protester contre l’illégalité qui a entouré son arrestation. Depuis le 4 décembre, elle fait également la grève de la soif.

Malheureusement, non seulement elle est toujours détenue en violation de ses droits humains, mais elle est en plus accusée de crime contre le code vestimentaire islamique iranien.

Nous, les signataires de cette déclaration, sommes un groupe de féministes dont beaucoup ont travaillé aux côtés de cette avocate courageuse ou bien ont été défendues par elle dans le passé. Les violations évidentes de ses droits humains fondamentaux et notre désir d’être solidaires avec elle nous ont conduit à faire un sit-in devant le bureau des Nations Unies de Génève à partir du 20 décembre 2010.

Nous appelons tous les esprits libres du monde, les féministes et tous les membres de la famille des droits humains à se joindre à nous pour exiger la libération de Nasrine Sotoudeh dès que possible. Merci de nous soutenir de toutes vos forces, que ce soit en nous rejoignant dans notre sit-in, en envoyant des mails et des lettres de protestation au gouvernement iranien, en vous rassemblant devant les ambassades d’Iran à travers le monde ou par n’importe quelle autre méthode. Aidez-nous s’il vous plait, pour que la voix de notre collègue emprisonnée soit entendue dans le monde entier.

Signataires :

Shirine Ebadi, Khadidjeh Moghaddam, Mansoureh Shojaï, Parvine Ardalan, Shadi Sadr, Asieh Amini, Mahboubeh Abbasgholizadeh

samedi 18 décembre 2010

Nous sommes tous Leyla Tavassoli - Zahra Rahnavard - Mardi 7 décembre 2010


  • Nous sommes tous Leyla Tavassoli et nous portons tous témoignage que des citoyens innocents, portant le deuil de l’imam Hossein, ont été martyrisés au jour de l’Ashoura. Pourquoi ne pas se retourner sur notre histoire ? Où en sommes-nous de la cruauté et de l’oppression ?
  • Nous sommes tous Leyla Tavassoli et nous portons tous témoignage que vous, les oppresseurs sans valeur, avez écrasé et martyrisé de jeunes innocents portant le deuil de l’imam Hossein sous les roues de vos voitures le jour de l’Ashoura, Amir-Ardjmand Tadjmir, Abbas Faradjizadeh, Sharokh Rahmani et Shabnam Sohrabi, une mère qui travaillait dur et très probablement beaucoup d’autres citoyens innocents dont les noms n’ont pas été publiés, ont été écrasés par les voitures d’officiers de sécurité sous prétexte de sécurité nationale.
  • Nous sommes tous Leyla Tavassoli et nous portons tous témoignage que vous avez écrasé les os, les côtes et le cœur de la mère de la jeune Néguine, Madame Shabnam Sohrabi sous les roues de vos voitures.
  • Nous sommes tous Leyla Tavassoli et nous portons tous témoignage que, le jour de l’Ashoura, jour du deuil de l’imam Hossein vous avez visé au cœur Seyed Ali Moussavi, l’assassinant et en faisant un martyr vers midi au jour de l’Ashoura tandis qu’il scandait Ya Hossein. Nous portons témoignage des corps battus et martyrisés de citoyens innocents tel Ali et Karim Mostafa Beygui et Rasekhnia également présents ce jour-là.
  • Nous sommes tous Leyla Tavassoli et nous portons tous témoignage que vous, les malfaiteurs injustes, avez jeté des manifestants innocents depuis des ponts, les assassinant et en faisant des martyrs en ce jour sanglant de l’Ashoura de l’année dernière.
Et pourtant, dans un futur très proche, les cendres sous le feu porteront témoignage de vos crimes. Aujourd’hui plus que jamais, chacun a la conscience en éveil. Vos agissements ne peuvent plus être cachés aux yeux du monde. Il portera témoignage de votre cruauté et de vos destructions. Car qui parmi nous ignore que vous avez peuplé les prisons d’intellectuels, d’érudits et d’éducateurs innocents et justes tandis que vous permettiez aux meurtriers, aux oppresseurs et à ceux qui soutiennent votre dictature de se mouvoir librement ?

  • A ceux dont les mains sont tâchées du sang des enfants de notre nation,
  • A ceux dont la violence a créé des orphelins,
  • A ceux qui ont blessé le cœur de tant de mères,
  • Aux responsables du veuvage de tant de femmes et de la destruction de tant de familles,
  • A ceux qui emprisonnent les jeunes mariés,
  • A ceux qui ont à jamais séparé les cœurs battants des amoureux à coups d’armes et de balles,
  • A ceux qui ont torturé de jeunes femmes, insulté, frappé et fait souffrir nos anciens,
  • A ceux qui ont envoyé tant de citoyens innocents qui ne demandaient que la liberté en prison ou qui les ont puni par l’exil,
  • Et,
  • A tous ceux qui ont prouvé leur complexe de supériorité par rapport aux femmes par la persécution, la contrainte et l’intrusion dans leur vie privée, s’adressant à elles dans une langue grossière et choquante, les accusant de vulgarités,
A tous ceux-là nous disons,

Nous sommes tous Leyla Tavakoli et nous portons tous témoignage que c’est bien vous, les oppresseurs, qui avez incarcéré les innocents témoins de vos crimes permettant aux meurtriers d’aller librement ; mais sachez le bien, il n’y a pas que nous, Leyla Tavakoli, qui portons témoignage de vos crimes, c’est l’histoire elle-même qui nous prouve que ceux de votre engeance n’ont jamais triomphé et que, suivant la promesse divine, cette injustice ne durera pas ; elle est déjà en train de disparaître.

Puissent les oppresseurs se repentir et trouver la lumière.

Zahra Rahnavard

Source: http://www.kaleme.com/1389/09/16/klm-40162

Semaine 50 pour un Iran Libre et Démocratique

Nouvelles des Prisonniers

A-Transferts
  • Mardi, Behrouz Djavid Tehrani a été transféré au bloc 3 de Radjaï Shahr où les conditions sont un petit peu moins dures qu’ailleurs.
  • Le journaliste Mehran Faradji est transféré au bloc 209 d’Evine.
  • Le journaliste Massoud Lavassani transféré mercredi au bloc 350 d’Evine.
  • Dimanche, Farzad Madadzadeh a été transféré au bloc d’isolement 8 de Radjaï Shahr ; on lui a bandé les yeux et il a été sévèrement battu pour lui interdire de faire sortir des informations aux groupes de défense des droits humains sur lui-même et sa sœur Shabnam Madadzadeh.Il a ensuite été reconduit au bloc 4.
  • Mohammad Nourizad transféré au dispensaire d’Evine jeudi.
  • Transfert au dispensaire de la prison de Réza Shahabi samedi suite à sa grève de la faim et de la soif qui dure depuis une semaine. Il est de retour en détention dimanche et ses codétenus lui demandent d’arrêter sa grève.
B- Arrestations/Incarcérations
  • Omid Mohammad Amin arrêté mercredi à Saqqez.
  • Fayzollah Arabsorkhi convoqué à Evine pour y purger sa peine de 6 ans de prison. Il y a quelques semaines, le domicile de sa fille avait été attaqué et elle avait été convoquée au tribunal révolutionnaire.
  • Hossein Derakhshan de retour en prison dimanche.
  • Homan Djafari étudiant de la faculté d’arts plastiques de l’université de Téhéran arrêté le 7 décembre. 
  • Le journaliste Mehran Faradji arrêté samedi.
  • Kaveh Khalifehii arrêté mercredi à Saqqez.
  • Mohtashamipour, l’épouse de Tadjzadeh a été arrêtée jeudi devant Evine.
  • Vahid Nosrati, étudiant de la faculté d’arts plastiques de l’université de Téhéran arrêté le 7 décembre. 
  • La famille de Nourizad arrêtée jeudi devant Evine : ses vieux parents, son épouse et ses enfants.
  • Azad Rostami arrêté mercredi à Saqqez.
  • Arrestation mercredi lors d’une cérémonie de Tassoua de l’ancien ministre de l’intérieur, Hashem Sabbaghian, membre du mouvement iranien de la liberté. L’hodjatoleslam Soleymani a également été arrêté.
  • Madjid Sadeghi, étudiant de la faculté d’arts plastiques de l’université de Téhéran arrêté le 7 décembre.
  • Hodjat Sahraï, étudiant de la faculté d’arts plastiques de l’université de Téhéran arrêté le 7 décembre.
  • Saïdi, étudiant de la faculté d’arts plastiques de l’université de Téhéran arrêté le 7 décembre.
  • Shakhvan Hosseini, militant kurde arrêté lundi.
  • Souyan Shiva, étudiant de la faculté d’arts plastiques de l’université de Téhéran arrêté le 7 décembre.
  • Rayhaneh Tabatabaï arrêtée dimanche; c’est la 6ème journaliste de Shargh a être arrêtée.
  • Liste de 107 journalistes, bloggeurs et militants des droits humains actuellement emprisonnés : http://bit.ly/g9d6Tt
  • Liste des prisonniers politiques détenus en Iran: http://is.gd/ir33T
  • 2 arrestations jeudi à Nadjaf Abad pour des slogans favorables au Grand Ayatollah Montazéri.
  • Plusieurs arrestations jeudi à Behest-é-Zahra lors de commémorations pour les martyrs de l’année dernière.
  • Arrestation de 7 disciples de l’Ayatollah Hossein Kazemini Boroudjerdi.
C- Libérations
  • Libération mercredi du journaliste de Shargh Amir Hadi Anvari.
  • Le militant azéri Mostafa Avazpour libéré jeudi de la prison de Tabriz.
  • Zeynab Bahraïni libérée sous caution mardi de la prison Adel Abad de Shiraz.
  • L’avocat Ahmad Fakhroddin libéré mercredi.
  • Kouhyar Goudarzi, membre du CHRR, libéré mardi de Radjaï Shahr.
  • L’avocate Maryam Kian Ersi libérée mardi.
  • L’épouse de Nourizad est libérée quelques heures après son arrestation et immédiatement hospitalisée.
  • Hashem Sabbaghian libéré le jour même de son arrestation, mercredi à condition de ne plus participer à des cérémonies de deuil.
  • L’avocate Sarah Sabaghian libérée mardi.
D-Autres Nouvelles 
  • Behrouz Djavid Tehrani de nouveau attaqué à la prison de Radjaï Shahr par Zenali jeudi dernier. Zenali avait déjà torturé Bahram Tasviri & Mohsen Bigvand. En plus de Behrouz, ils s’en est également pris à Dja’far Eghdami.
  • Lundi, Hossein Mahdavi, ancien secrétaire de l’association islamique des étudiants du Lorestan a appelé sa famille ; il a été arrêté alors qu’il allait récupérer son ordinateur auprès du ministère de l’information où il est toujours détenu.
  • Mohammad Nourizad, documentariste, a commencé une grève de la faim et de la soif samedi ; il espère être mort pour le jour de l’Ashoura (17 décembre). Mercredi, il fait une hémorragie gastrique. Son épouse s’est rendue à Qom dimanche et mardi ; elle y a rencontré 6 Marjas pour tenter d’aider son mari.
  • Mansour Ossanlou en appelle à la solidarité internationale.
  • Arash Sadeghi, militant étudiant emprisonné en grève de la faim après avoir été sévèrement battu au bloc 209 de la prison d’Evine ; il souffre de côtes cassées.et n’a aucun suivi médical.
  • Le syndicaliste Réza Shahabi est en grève de la faim et de la soif depuis le 4 décembre. Il avait été arrêté le 12 juin et a passé 40 jours à l’isolement ; aucun chef d’inculpation ne lui a encore été signifié. Lors de sa dernière visite, son épouse relate qu’il peut à peine parler et marcher. Il a déclaré qu’il n’arrêterait sa grève que lorsque son statut judiciaire sera clarifié. Sa famille a déposé la caution demandée 100.000USD mais il n’est toujours pas libéré. Il accepte d’arrêter sa grève de la soif mais pas de la faim.
  • Un virus inconnu se propage au bloc 4 de Radjaï Shahr.
  • Une autre tentative de suicide à Radjaï-Shahr.
  • Un prisonnier de Radjaï-Shahr sévèrement battu parce que son dossier a été publié dans la presse internationale.
  • Moussavi demande jeudi aux prisonniers politiques d’arrêter leur grève de la faim puisque leur message a été entendu par le monde.
Procès, condamnations, exécutions
  • Bahavar condamné à 10 ans de prison et 10 ans d’interdiction d’activités politiques et de média.
  • De nouvelles accusations contre Ardjang Davoudi pour éviter d’avoir à le libérer.
  • Le Docteur Vahid Ahmad Fakhreddin condamné à 3 ans de prison avec sursis.
  • L’écrivain Ahmad Ghabel, disciple du Grand Ayatollah Montazéri, condamné à 20 mois de prison, 3 ans d’assignation à résidence, une amende et une interdiction à vie de prononcer des discours ou de donner des interviews. Il avait été arrêté lors de l’enterrement du Grand Ayatollah Montazeri, libéré sous caution au bout de 170 jours puis de nouveau arrêté pour avoir révélé les exécutions de masse de la prison de Vakil Abad de Mashhad.
  • Ali Kalaï, membre du CHRR, condamné à 7 ans de prison. 
  • Mehdi Khodaï, militant étudiant des droits humains condamné à 7 ans de prison en appel. Il est au 2-A (Sepah) d’Evine depuis 10 mois.
  • Djahanguir Mahmoudi a été défroqué et a s’est vu retirer sa licence de juriste à vie par le tribunal religieux d’Ispahan.
  • Ali Moazzami, journaliste et bloggeur, condamné à 1 an avec sursis en appel. En 1ère instance, il avait été condamné à un an ferme.
  • Audience à Babol d’Ahmad Mohammad-Nia.
  • Le journaliste et militant des droits humains Abolfazl Abedini Nasr de nouveau interrogé en vue d’un nouveau procès.
  • Djamal Rassoulpour interdit de visites au 7ème jour de sa grève de la faim, mercredi.
  • Le président du syndicat des journalistes iraniens Mashallah Shashmsolvaezin condamné à 16 ans de prison.
  • Dorsa Sobhani accusée de propagande contre l’état et d’enseignement de la foi bahaï.
  • La mère du martyr Ashkan Sohrabi convoquée au tribunal révolutionnaire.
  • Mehdi Tadjik convoqué mardi en prison pour y purger sa peine de 27 mois de prison alors qu’il a fait appel de la sentence.
  • Ashkan Zahabian, militant étudiant du Mazendaran convoqué en prison.
  • 9 étudiants de l’université du Mazendaran ont été condamnés à un total de 28 ans de prison et 22 ans avec sursis. 
  • Un homme de 25 ans a été condamné à être aveuglé à l’acide.
  • 2 mains amputées à la prison centrale de Shiraz.
Les universités
  • Encore des bahaïs expulsés de l’université d’Ispahan.
  • 13 étudiants de Shahr-é-Kord convoqués en conseil de discipline.
  • Expulsion du Docteur Morteza Fallah de l’université de Yazd.
L’économie de l’Iran
  • Le maire de Téhéran déclare que, sur les 120 millions USD de subventions promises pour le métro de Téhéran, seules 3 ont été versées.
  • Des ouvriers d’Ispahan n’ont pas reçu de salaire depuis 6 mois.
  • L’Iran perd un gros contrat d’approvisionnement en gaz en Inde et au Pakistan.
  • Le chômage atteint 30% dans certaines provinces.
  • L’Iran fait partie des 3 pays du monde les plus atteints par le chômage.
  • D’après les statistiques de la banque centrale, la viande a augmenté de 246% et le riz de 143%.
  • Les ouvriers de l’usine d’huile végétale Shokoufeh de Babol ont 8 mois de salaires impayés.
  • La terre agricole du village du Mazandaran, Ivel, qui appartenait à un bahaï est donnée à Khameini.
  • Les 3 navires saisis à Singapour vont être mis aux enchères pour payer les débiteurs (268 millions USD).
  • Des sauveteurs tentent d’aider 3 mineurs pris dans un éboulement.
L’Iran à l’étranger
  • L’ambassadeur du Royaume Uni Simon Gassman, explique pourquoi il critique la politique des droits humains en Iran. Il est convoqué au ministère des affaires étrangères lundi.
  • Nasrine Sotoudeh et Mohammad Mostafaï honorés par le barreau espagnol.
  • L’Iran se classe 146ème au classement mondial de la transparence.
  • Manuel Barroso appelle à la libération de Sakineh.
  • Un nouveau diplomate en France est le tortionnaire Djavadian.
  • Appel important d’Amnesty International au gouvernement iranien lui enjoignant de respecter les droits humains : http://bit.ly/dUChin
  • 40.000 pélérins iraniens en Irak pour l’Ashoura.
  • Azim Aghajani, membre de l’IRGC, sera jugé au Nigeria pour trafic d’armes.
  • L’Iran réduit de 40% son aide au hezbollah en raison des sanctions.
  • Les ambassades du Ghana et du Nigeria n’ont pas été informées de l’exécution de leurs ressortissants à la prison de Vakil-Abad de Mashhad.
  • 3 Iraniens accusés de transfert d’argent en Iran aux Etats-Unis.
  • La fédération internationale des syndicats de transport soutient ses camarades emprisonnés en Iran.
La politique en Iran
  • Moussavi n’a plus la permission de quitter son domicile dimanche alors qu'il vient d'annoncer qu'il soutient la formation d’une coalition d’opposition.
  • Les bassidjs organisent dimanche une manifestation devant l’ambassade de Grande Bretagne et brûlent l’Union Jack.
  • Décès inexpliqué du général Forouzandeh commandant de la 21ème armée de Tabriz.
  • Des caméras sont installées à Pakdasht pour filmer les posters de Khamenei par peur des dégradations.
  • Le ministre des affaires étrangères Mottaki démis mardi de ses fonctions alors qu’il est en voyage official au Sénégal  par Ahmadinedjad. Le parlement apprend la nouvelle par la presse.
  • Attaque suicide d’une mosquée shiite de Tchaharbahar, au sud-est de l’Iran, par 4 kamikazes, revendiquée par le Jondollah. Mercredi soir le bilan s’établissait à 39 morts (dont 30 identifiées) L’un des terroristes a été arrêté alors qu’il tentait de passer la frontière. Jeudi, le ministre du renseignement annonce avoir procédé à 8 arrestations.
Nouvelles en vrac
  • Les forêts de Golestan et de Minoudasht sont toujours en feu ; l’incendie se propage maintenant aux forêts du Mazendaran et du Guilan ; la forêt de Behshahr est maintenant en feu. L’incendie a finalement été circoncis mardi grâce à la pluie.
  • Les durs du régime menacent de détruire la tombe d’Esther et Mardochée à Hamadan (sanctuaire juif).
  • Il a plu lundi soir sur Téhéran nettoyant un peu l’air ; ce n’est qu’une trêve puisque le problème vient du carburant produit en IRI.
  • Ecoles et administrations fermées dans 5 villes du Khouzestan à cause des tempêtes de poussière.
  • 4 mineurs tués mercredi dans l’effondrement d’une mine de Kerman.
  • Les forces de sécurité ont empêché les derviches de Boroudjerd de tenir leurs cérémonies pour Tassoua.
Des nouvelles de Nasrine Sotoudeh
  • Nasrine Sotoudeh a refusé de recevoir des visites si elle reste les yeux bandés et menottée.
  • Nasrine appelle sa famille samedi ; elle poursuit sa grève de la faim, est très faible et peut à peine parler.
  • Claudia Roth, du parti Vert allemand, s’enquière du sort de Nasrine lors de son voyage en Iran.
  • L’ambassadeur du Royaume Uni Simon Gassman soutient Nasrine.
  • Lundi, Laridjani déclare qu’un avocat est censé travailler dans les couloirs et les tribunaux et ne doit pas donner d’interviews à des journaux étrangers ; l’un de ses crimes ce sont ses contacts avec des groupes terroristes.
  • Nasrine sera également jugée pour un problème de hidjab non porté durant l’interview donnée en 2008 lors de la remise du prix des droits humains.
  • Dimanche, Nasrine a été transférée au dispensaire d’Evine pour des problèmes d’estomac consécutifs à sa grève de la faim.
  • 7 militantes des droits humains appellent à une grève de la faim devant l’ONU à Genève pour soutenir Nasrine : Shirin Ebadi, Khadidjeh Mogaddam, Mansoureh Shodjaï, Parvin Ardalan, Shadi Sadr, Asieh Amini, Mahboubeh Abbasgholizadeh.
Sur le blog cette semaine




mardi 14 décembre 2010

Déclaration de Madjid Dori pour le 16 Azar

Madjid Dori est un étudiant privé d’éducation et expulsé de l’université Allameh Tabatabaï de Téhéran. Il est emprisonné depuis le 9 juillet 2009 sans aucune libération provisoire. A l’occasion de la journée nationale de l’Etudiant (7 décembre), Madjid Dori a publié une déclaration depuis sa prison. En raison de problèmes oculaires et des restrictions qui lui sont imposées, cette déclaration a été publiée en retard.
Il est à noter que Madjid Dori a récemment refusé d’être enchainé pour un rendez-vous chez un ophtalmologiste en dehors de la prison. Ce refus lui a coûté cher puisque les fonctionnaires de la prison lui ont imposé de nouvelles restrictions. Voici le texte intégral de la déclaration de Madjid Dori.

Hommes et femmes en feu,
Leur chant le plus douloureux n’a pas encore été chanté
Le silence emplit l’air, le silence impatient
Comme il explose d’espérance
Ahmad Shamlou

Combien de temps encore sacrifierez-vous le Coran et fuirez-vous la réalité par l’oppression ? Combien de temps encore, au nom de la loi et de la religion, réprimerez-vous les dissidents et retarderez-vous l’inévitable ? Jusqu'à quand encore ignorerez-vous le mouvement Vert, le souillerez-vous de sang et le prendrez-vous au piège des ténèbres ?

C’est encore une fois le 16 Azar (7 décembre), la journée de l’Etudiant, le jour de nos universités, fer de lance des chercheurs, une journée qui a bien servi vos visées auparavant mais qui place désormais vos forces de sécurité en alerte. Votre peur, votre anxiété suffisent à prouver que nos universités sont Vertes de vie et non noires de mort. Nous sommes peut-être moins nombreux mais beaucoup plus tenaces. Les universités iraniennes misent sur le temps pour frapper votre sommeil paisible.

Que pensez-vous de nos universités ? Croyez-vous que vous les dirigez et que les étudiants sont vos soldats obéissants ? C’est un vœu pieux ! Les étudiants iraniens ne suivent pas aveuglement les ordres et s’élèvent contre la tyrannie sans tenir compte de votre pouvoir militaire. Nos universités ne s’inclinent pas devant des ignorants qui se prennent pour des hommes d’état pour ourdir notre destruction. Nous prendrons position résolument et nous saisirons nos chances dans cette bataille.

Nous méritons bien un gouvernement dont l’avènement a été bloqué par un homme dont les paroles sont basées sur des mensonges, un homme qui n’a pas peur de mentir. Les militants étudiants accueillent favorablement leur expulsion ; devenir une étoile est encore à la mode. Les responsables de nos universités ne pensent qu’à détruire et uniquement d’une poigne de fer.
Mon professeur de l’université Allameh était à quelques mètres de nous en prison. Mahdieh Golrou était dans la section des femmes. Empreints de fierté, ils ont arrêtés tous les étudiants et les professeurs, hommes comme femmes. Ils n’ont pas fait moins dans d’autres universités. D’innombrables étudiants ont été arrêtés et leurs peines d’emprisonnement qui s’accumulent prouvent que nos universités restent aux côtés de notre peuple et n’abandonnent pas le champ de bataille.

Nous avons été battus, mais nos universités l’ont supporté ; nous avons été massacrés mais nos universités ont tenu bon. On a attaqué nos cités universitaires mais nous avions pris position. Nous avons été tués mais nos universités ont continué le combat ; nous avons été emprisonnés mais nos universités ne se sont pas rendues. Voilà comment l’Iran est devenu une université et toute la population, des étudiants luttant pour la liberté et la démocratie. Université, nos cœurs t’embrassent, nos esprits se soucient de toi, nos lèvres crient ton nom.

Alors salut aux militants étudiants, aux héros, aux expulsés. Salut à tous les étudiants des facultés puisque être étudiant est devenu un crime. Salut à tous les professeurs d’ailleurs…. Salut aux indigents qui ont rejeté l’oppression et crié au nom de la liberté. Salut à un mouvement qui fut Vert, qui reste Vert et qui demeurera Vert.

La liberté approche sur la piste sanglante
Tellement imminente que j’en frémis
Que caches-tu dans ta main ?
Qu’est-ce qui enchaîne tes pieds ?
Liberté, arriverais-tu enchaînée ?

Humblement,
Madjid Dori - Prison de Behbahan
Azar 1389 (décembre 2010)
Source: http://persian2english.com/?p=17448

lundi 13 décembre 2010

L'Ambassadeur de Grande Bretagne à Téhéran, Simon Gass défend Nasrin Sotoudeh

Dans un geste rare et très remarqué, l'Ambassadeur de Grande Bretagne à Téhéran, Simon GASS (lien Twitter @sgassIran) écrit dans un texte publié sur son blog personnel: "Les diplomates doivent certes tout faire pour nouer des contacts entre les nations, à chaque fois que cela  est possible. Ils doivent être prudents lorsqu'il s'agit de critiquer le gouvernement du pays dans lequel ils exercent leurs fonctions. Or les diplomates doivent également faire valoir le point de vue du gouvernement pour lequel ils travaillent. Et sur les droits de l'homme en l’occurrence, les points de vue des gouvernements britanniques et iraniens divergent fortement... Depuis l'an dernier, les défenseurs des droits de l'homme [en Iran] ont été agressés et emprisonnés. Un des exemples est le cas de Nasrin Sotoudeh. Mme Sotoudeh est une avocate qui a travaillé des années en Iran. Elle a utilisé les moyens légaux pour défendre ses compatriotes. Mais aujourd'hui, elle se trouve en prison et attend son jugement. Les procureurs iraniens l'accusent d'agissement "contre la sécurité nationale". Mais à vrai dire, son seul crime a été la défense courageuse [de ses clients] et la mise en évidence des injustices que le régime iranien préfère cacher. Le gouvernement britannique a demandé à l'Iran de respecter les engagements auxquels il a librement consentis par le passé, de cesser les arrestations arbitraires et de tenir des procès justes. La libération de Nasrin Sotoudeh serait un bon point de départ". Source (anglais, farsi) 

Lire aussi: 
 

dimanche 12 décembre 2010

Nasrine Sotoudeh refuse de se rendre dans l’aire de visite les yeux bandés et menottée

Samedi 11 décembre 2010 - Réza Khandan, le mari de Nasrine Sotoudeh, a exprimé sa grande inquiétude que lui inspire le manque de nouvelles de son épouse. Khandan a informé la Campagne Internationale pour les Droits Humains en Iran que, pour d’obscures raison, Nasrine Sotoudeh n’a pas été amenée à l’aire de visite d’Evine jeudi quand il est venu la voir : « Jeudi, je me suis rendu à Evine pour la voir. Même si j’ai pu pénétrer dans la salle de visite, je n’ai pas réussi à rencontrer mon épouse. Nasrine n’est pas venue tandis que tous les autres prisonniers qui avaient droit à une visite sont venus. Un fonctionnaire de la prison s’est adressé à moi pour me dire que Nasrine avait refusé la visite en raison des mesures de sécurité. En fait, ils ne m’ont pas vraiment expliqué ce qu’ils entendaient par mesures de sécurité. Apparemment, ils voulaient amener Madame Soutoudeh dans l’aire de visite les yeux bandés et menottée et elle a refusé la visite si telles en étaient les conditions. Il est intéressant de noter que lors des deux visites précédentes, ces problèmes n’existaient pas ; je l’ai vu sans bandeau ni menottes. Après cette déclaration, je suis bien sûr très inquiet puisqu’en plus, je n’ai pas pu la voir.»

Par manque de moyen de communication pour savoir ce qui était exactement arrivé à son épouse, Réza Khandan a informé la Campagne Internationale pour les Droits Humains en Iran. « Je ne suis pas sûr de ce qui a empêché Nasrine de se présenter à la visite de jeudi et cela m’inquiète beaucoup. Notre dernier contact a été téléphonique lundi de la semaine dernière ; elle m’a alors informée que, suite à ces précédentes déclarations au tribunal, elle commencerait une troisième grève de la faim pour protester contre la prolongation de sa détention préventive. »

Nasrine Sotoudeh, avocate et experte des droits humains est incarcérée à l’isolement à Evine depuis septembre et a passé plus de 50 jours d’incarcération en grève de la faim.


INTERVIEW DU MARI DE L’AVOCATE DES DROITS HUMAINS EMPRISONNEE par Joanne Michele


Joanne Michele, Correspondante pour l’Iran de Safe World, interviewe Réza Khandan, époux de l’avocate iranienne emprisonnée Nasrine Sotoudeh

INTERVIEW
L’interview qui suit a eu lieu entre le 15 et le 26 novembre. Dans cette période, Nasrine a comparu deux fois.



Comment vous et votre famille faites-vous face ? Quels ont été les changements la vie quotidienne de votre famille…Vos enfants comprennent-ils la situation ?
REZA KHANDAN:
A cause de leur différence d’âge, je dois m’adresser à chacun d’eux différemment, suivant leur maturité. Je pensais que Nima ne supporterait pas la situation plus de deux jours, mais avec l’aide de ma mère et de mes amis, nous avons essayé de créer un climat normal, comme avant, quand leur mère était à la maison. Nima, trois ans, ne comprend pas du tout la situation. Il a commencé par penser que sa mère travaillait beaucoup et ne pouvait pas rentrer à la maison. Mais il a fini par comprendre que l’absence de sa mère n’était pas liée à son travail et il a commencé à se poser des questions sur la situation. Mehrawareh a 11 ans. Elle est très mûre pour son âge et a tenté de remplacer sa mère auprès de Nima. Elle est très occupée ce qui l’empêche de trop s’inquiéter. Elle est devenue plus calme et sérieuse. Je suis vraiment inquiet et préoccupé mais j’essaie de me contrôler. Le soutien de la famille, des amis et des gens en général détruit en grande partie le sentiment de solitude et d’impuissance. Le plus gros de nos inquiétudes n’est pas pour le présent mais pour le futur, pour la façon dont l’emprisonnement continuera après tout ce temps.

Quelles sont les conditions de détention de Nasrine, comment est-elle traitée ?
Physiquement, elle est très faible à cause de sa grève de la faim et on a du mal à croire qu’il s’agit bien de celle qu’elle était auparavant. Depuis son arrestation, elle est complètement seule et à l’isolement. La tension d’être loin de la famille, surtout des jeunes enfants, fait souffrir quiconque dans sa situation. Nasrine a été soumise à à peu près toutes les formes de torture psychologique. Elle a dit qu’elle n’oublierait jamais la douleur ressentie de ne pas pouvoir assister aux funérailles de son père. Elle est affectée par-dessus tout par les mensonges perpétuels et les promesses non tenues qu’on lui fait.

Quels droits ont-ils été octroyés à Nasrine et quels droits lui ont été refusés ?
Le premier droit qu’on lui a refusé, c’est la liberté car elle n’est qu’accusée et son crime n’a pas été prouvée. Elle devrait être libre lors de son procès et jusqu’au verdict. Nous n’en savons pas beaucoup sur sa situation. Elle n’a eu accès au dossier que pendant les audiences ; à part ça, nous en savons très peu sur son dossier ou sur les preuves qui peuvent l’étayer. Elle a rencontré nos enfants une seule fois. En 75 jours, elle n’a eu droit qu’à une seule visite officielle ; en 75 jours, elle n’a vu ses enfants qu’une fois. Je ne l’ai vue qu’une fois, au tribunal, en présence des employés, des autorités et des avocats. Elle n’a pu contacter sa famille et ses avocats que de façon exceptionnelle, une fois, ça n’a duré que trois secondes. Physiquement, elle est si faible que vous ne pourriez pas la reconnaître. Emotionnellement, elle va mieux, mais ses enfants lui manquent.

Qu’est-ce qui réconforte Nasrine en prison, si tant est que quelque chose le puisse ?
Nous ne le savons pas. Nous savons seulement qu’elle n’a pas de contact avec les autres détenues et qu’elle est continuellement à l’isolement.

Combien de fois avez-vous pu la voir ? Et votre famille ?
La première fois, ils lui ont permis de voir sa sœur. La deuxième fois, ils m’ont demandé de venir lui rendre visite avec les enfants ; une fois sur place, ils n’ont plus voulu que j’y aille et je ne pouvais pas laisser les enfants seuls avec les gardiens de prison. Ils sont revenus de la prison en larmes. La troisième fois, les enfants sont allés en visite avec la sœur de Nasrine et ma mère ; c’était la première fois qu’ils la voyaient dans cette situation et ils sont tous revenus de la prison en larmes. Nous ne pouvons pas la contacter par téléphone ; les appels doivent venir de la prison et c’est très rare.

Qu’est-ce qui vous inquiète dans le procès de Nasrine et le verdict qui s’ensuivra ?
Nous craignons qu’elle ne soit condamnée à une longue peine de prison même si elle devrait être respectée et récompensée car elle est non seulement innocente mais source de fierté !
Avant le procès, durant 70 jours, les avocats n’ont pu la rencontrer qu’une fois et n’ont pas eu accès à son dossier.

Quelle a été votre première pensée quand vous l’avez vue aujourd’hui [le 15 novembre après la première audience]…a-t-elle beaucoup changé ?
Elle était extrêmement faible et fragile. Elle ressemble à ce qu’elle était étant jeune, alors j’essaye de la convaincre d’arrêter sa grève de la faim. Je lui ai tenu la main, elle était si petite elle semblait ne pas avoir de poids. Les 75 jours d’isolement ont pris leur tribut, elle était très heureuse à l’idée de me voir et s’est montrée très émotive, mais pas durant l’audience. Je n’ai pas pu la voir durant l’audience mais ses avocats m’ont dit qu’elle y était très sérieuse et déterminée, comme d’habitude.

Quel soutien avez-vous reçu de la communauté internationale ?
La seule aide dont nous ayons eu connaissance consiste en plusieurs déclarations de soutien à Nasrine. S’il y a eu autre chose, nous l’ignorons. Nous espérons que les institutions internationales de défense des droits humains montrent leur présence puissante et soutiennent Nasrine parce qu’elle est elle-même un avocat de la défense. Son procès, c’est le procès de la loi. Si un gouvernement quelconque peut se permettre de bloquer le pouvoir d’un avocat des droits humains, il a les mains libres pour traiter toute critique ou tout opposant comme il le désire. Malheureusement, la communauté internationale a permis au gouvernement de franchir cette limite. Toute défense internationale est la bienvenue et aidera à sa libération, surtout si elle est apolitique et durable dans le temps. Son message c’est que la loi soit appliquée justement et que toutes les lois discriminatoires soient réformées.

Que voulez-vous que le monde sache de Nasrine ?
Le monde doit savoir que tout ce qu’elle a fait pour mériter ce châtiment, c’est de soutenir son client. Même sous la menace d’être arrêtée, elle a continué à soutenir ses clients avec bravoure et détermination. Maintenant, c’est au monde de la soutenir. Maintenant, c’est au monde de la soutenir. Nasrine a plusieurs visages. Quand elle est avec les enfants, elle quitte son monde professionnel pour être une vraie mère, en temps que professionnelle, elle donne une nouvelle dimension au professionnalisme. C’est aussi une épouse merveilleuse. A chaque fois que nous réussissons à la contacter, en personne ou par téléphone, elle nous manque encore plus.