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mardi 6 janvier 2015

Déclaration des prisonnières politiques de la prison d’Evine sur l’exil de Hakimeh Shokri



Un groupe de prisonnières politiques a signé une lettre ouverte pour se plaindre de l’exil illegal d’Hakimeh Shokri à la prison de Ghartchak et a demandé aux autorités d’y répondre.

Hakimeh Shokri est une prisonnière du mouvement vert et membre des mères en deuil du parc Laleh. Elle a été transférée à la prison de Ghartchak le 15 décembre. 

Elle s’attendait à une libération conditionnelle, n’ayant plus que sept mois à faire sur sa peine de trois ans. Sous prétexte d’une convocation auprès du procureur d’Evine, elle a été emmenée sans même pouvoir prendre ses quelques effets personnels.

La situation de la prison de Ghartchak à Varamine est connue de tous ; y détenir ne serait-ce que des criminels est un problème. Les conditions inhumaines de la section des femmes ont été dénoncées à de multiples reprises mais presque rien n’a été fait.

De plus, Hakimeh Shokri, prisonnière du mouvement vert, a été transférée à la prison de Ghartchak à Varamine sans préavis. De notre point de vue, ce transfert est un « exil » et elle est contrainte de purger le reste de sa peine dans cette situation horrible.

Comme d’habitude, les autorités de la prison donnent les mêmes excuses pour l’exil de douzaines de nos amies de la section 350 d’Evine pendant ces 5 ans.

Incarcérer les prisonniers politiques dans de telles conditions qui ne seraient même pas autorisées pour des prisonniers de droit commun est impardonnable.

D’un autre point de vue, l’exil est contraire aux droits d’Hakimeh Shokri ; c’est une double peine à l’encontre d’une personne emprisonnée pour avoir soutenu le mouvement vert.

Nous protestons contre cet exil soudain, irraisonnable et injustifié et demandons aux autorités judiciaires le retour ou la libération de cette prisonnière politique.

  • Bahareh Hedayat, 
  • Sadjedeh Arab-Sorkhi, 
  • Maryam Shafipour, 
  • Farideh Shahgouli, 
  • Fariba Kamal-Abadi, 
  • Farane Hessami, 
  • Nassim Bagheri, 
  • Noushine Khadem, 
  • Shahine Mohadjer, 
  • Maryam Naghash-Zargaran, 
  • Ellahe Barmaki, 
  • Sedigheh Moradi, 
  • Maryam Akbari-Monfared

Source : https://hra-news.org/en/statements/statement-women-political-prisoners-evin-prison-hakime-shokris-exile


vendredi 2 janvier 2015

J’ai grandi loin de ma mère, dans les salles de visite de la prison – Fereshteh Ghazi


Elle avait 13 ans quand ma mère a été emprisonnée ; pendant plus de cinq ans, elle n’a vu sa mère que dans les salles de visite des prisons d’Evine, Radjaï Shahr et Ghartchak de Varamine. Elle a maintenant 18 ans ; quand sa mère aura purgé ses 20 ans de prison, ce sera une femme de 33 ans. Taraneh Taefi est la fille de Fariba Kamalabadi, l’une des sept Yaran, comité de direction des bahaïs d’Iran, condamnés à 20 ans de prison.

Quand sa mère a été arrêtée, le 14 mai 2008, elle avait 13 et était en terminale. C’est maintenant une jeune femme de 18 ans qui n’a pas le droit d’étudier à l’université ; elle me parle de sa mère, de ses droits de prisonnière de conscience, privée de sa présence depuis cinq ans et demi et pour encore 15 ans. Elle me parle de l’éventualité que sa mère ne rentre jamais, des salles de visite, de privations, de déceptions, et pourtant, elle garde espoir.

« Quand j’essayais de te préparer à mon arrestation en 2008, je t’ai demandé si tu serais bouleversée si j’étais arrêtée. Tu as répondu : ‘J’étais très jeune quand tu as été arrêtée en 2005 et je ne comprenais pas ce qui t’arrivait, alors tu me manquais, tout simplement. Mais cette fois-ci, tu me manqueras et je serai désolée pour toi’ ». Voici un extrait de la lettre de Taraneh Taefi à sa mère à la prison d’Evine.

J’étais très jeune quand ma mère a été arrêtée pour la première fois ; je n’ai pas compris qu’elle était dans une situation très difficile. La plupart du temps, j’étais triste parce que ma maman n’était pas là et qu’elle me manquait. Je n’ai pas compris qu’elle était à l’isolement, qu’elle subissait des interrogatoires musclés, qu’elle avait des soucis et était complètement isolée du monde extérieur. Cependant, en grandissant, j’ai pensé à toutes ces choses en plus du manque que je ressentais. Je me souviens que la deuxième fois qu’elle a été arrêtée, elle se rendait à Mashhad. Nous ne savions pas exactement comment et où elle avait été arrêtée. Pendant presqu’un mois, nous ne savions même pas où elle était. J’étais bien sûr très jeune à l’époque et je ne m’occupais pas de connaître sa situation ou comment elle avait été arrêtée, etc. En grandissant, j’étais à la fois triste et inquiète, et s’est pourquoi j’ai dit que j’étais désolée pour elle ; je venais de comprendre que non seulement elle me manquait, mais que j’étais aussi inquiète de sa situation et de la façon dont elle était traitée en prison.

J’avais dix ans quand ma mère a été emprisonnée pour la première fois. Bien sûr, la peine était beaucoup plus courte, une fois un mois et l’autre deux mois. J’avais 13 ans quand elle a été arrêtée pour la troisième fois. Naturellement, un membre de la famille n’était plus parmi nous et nous étions inquiets de savoir combien cela durerait. Au début, j’avais très peur qu’elle ne revienne jamais. J’étais bien sûr, alors au début de mon adolescence et c’était très difficile pour moi. Après un temps, nous nous sommes habitués, même si elle nous manquait souvent et que je ressentais son absence.

Que voulez-vous dire quand vous dites : « J’avais peur qu’elle ne revienne jamais » ? Aviez-vous peur qu’on ne la condamne à mort pour des accusations graves ?
Oui. Je me souviens du jour où le verdict a été énoncé, je m’en souviens très bien. Mon père m’a dit qu’elle avait pris une peine de prison de 20 ans. J’ai pensé qu’il plaisantait ! Même si j’avais envisagé des verdicts très lourds, je n’arrivais pas à le croire. En mon for intérieur, je n’avais jamais cru qu’elle serait condamnée à une si longue peine. 20, c’est trop long, c’est une vie ! Cette peine a commencé quand j’avais 13 ans et elle se terminera quand j’aurai 33 ans ! Cependant, malgré de graves difficultés, on finit par s’habituer. Je préfère ne pas avoir trop d’espoir d’une libération anticipée ou d’un quelconque changement dans les 15 ans qui restent parce que tout le réconfort que les espoirs des autres m’ont apporté s’est révélé faux. Je me sentirai beaucoup mieux si j’arrive à accepter de ne pas l’avoir avec moi pour15 autres années. Plutôt qu’espérer et ne pas voir la réalisation de cet espoir, je préfère être surprise par sa libération anticipée.

Comment se passent les visites avec votre mère ?
Les enfants de prisonniers ont le droit de voir leurs parents une fois par semaine en visite face-à-face. Mais comme je suis plus âgée, je n’y ai droit qu’une fois tous les 15 jours. Ce qui veut dire qu’une semaine nous avons droit à une visite face-à-face et l’autre dans une cabine de visite, séparés par une vitre. Il y a des chaises dans la salle de visite. Il y avait bien sûr plus de monde ces dernières années et il n’y avait pas assez de sièges pour tout le monde, mais maintenant, il y a moins de monde. Normalement, il y a beaucoup d’enfants qui jouent. Nous attendons dans cette salle puis montons à l’étage pour la visite à l’appel de nos noms. Un des enfants que je vois toujours ici est le fils de Farine Hessami, Artine : sa mère est à Evine et son père à Radjaï Shahr. Les enfants s’arrêtent de jouer et se précipitent pour voir leurs mères à l’appel de leurs noms. Vers la fin de la visite, nous essayons de parle très vite, nous avons beaucoup de choses à nous dire, et nous baissons la tête pour un dernier regard à nos êtres chers tandis que les stores de la cabine s’abaissent. Il y a une  cabine sans stores. Quand les prisonniers et leurs visiteurs sont présents, nous parlons avec les mains, en utilisant la pantomime. Quand la visite s’achève, nous partons et n’avons plus de nouvelles jusqu’à la semaine suivante. Quand ma maman était à la prison de, Radjaï Shahr, malgré les mauvaises conditions sanitaires et le type de prisonnières avec lesquelles elle séjournait, elle pouvait appeler au téléphone tous les jours, ce qui nous rendait très heureux car nous pouvions parler de tout au téléphone. Mais maintenant, nous n’avons aucune nouvelles d’elle entre les visites parce que les prisonnières n’ont pas le droit d’utiliser le téléphone, ce qui nous ennuie et nous inquiète beaucoup. Les visites face-à-face se tiennent dans une grande salle meublée de plusieurs tables entourées de chaises. Chaque famille s’assied à une table et parle avec son prisonnier. Nous ne pouvons rien apporter en prison, mais quelquefois, les prisonniers apportent de la nourriture et nous déjeunons ensemble. Je suis très heureuse lors des visites en face-à-face parce que je peux embrasser ma maman, m’asseoir près d’elle, manger et parler avec elle. Les conditions sont bien meilleures durant ces visites.

Et votre maman n’a encore eu aucune libération provisoire ?
Absolument aucune. Certains disent que si un prisonnier a pur gé un sixième de sa peine il doit pouvoir bénéficier d’une liberté provisoire. D’autres disent que c’est après le tiers de la peine. Je ne sais pas si l’une des deux options est vraie. Chaque fois que nous avons demandé une permission, ils n’ont pas suivi les règles et ont répondu : « vous faites partie du ‘groupe des sept’ et nous n’avons pas l’intention de vous donner de permission. Nous le ferons quand nous penserons qu’il le faut et vos demandes répétées ne servent à rien. »

Donc, pas de permission, pas d’appels téléphoniques et vous n’avez que les visites hebdomadaires. Comment préservez-vous vos relations avec votre mère ?
Nous nous parlons beaucoup. J’envie cependant les autres enfants qui peuvent parler avec leur mère, j’en suis privée. Pendant la semaine, je pense à beaucoup de choses que je veux lui dire, mais quand je vais la voir et que la visite se termine, je me souviens de tout ce que j’ai oublié de lui dire et je ne suis jamais sûre de pouvoir les lui dire la semaine suivante. C’est très difficile mais nous tentons de faire face. Il y a tant de choses que je n’ai jamais dites à personne. Quelquefois, quand je suis à la maison et qu’on sonne à la porte, mon cœur tressaute en pensant, est-ce qu’on aurait libéré maman ou on lui aurait donné une permission ? Et quelquefois, quand je rentre, j’ai l’impression que ma maman sera là quand j’arriverai. Et bien sûr, elle n’est pas là. Alors, les problèmes existent mais je n’ai pas perdu tout espoir. J’ai ces images à l’esprit. J’ai un grand frère et une grande sœur. Tous les deux sont mariés et mon frère avait quitté l’Iran avant l’arrestation de ma mère. Cette distance les a empêchés d’avoir un contact quelconque avec elle puisqu’elle n’a pas le droit d’utiliser le téléphone. Avant, elle avait le droit d’appeler une fois par mois, mais ce droit a été révoqué il y a un an. Ma sœur a eu un bébé il y a quelques jours, mais on n’a pas laissé ma mère appeler pour lui parler. Il nous a même été difficile de l’avertir de l’arrivée du bébé.
La militante étudiante Baharej Hedayat, emprisonnée à Evine depuis presque cinq ans, a parlé de Fariba Kamalabadi dans une lettre à son époux Amin Ahmadian : « Je n’oublierai jamais la première fois que Fariba a décidé d’emporter une chope de thé lors d’une visite face-à-face avec sa fille Taraneh. J’ai remarqué qu’elle a commencé par mettre du sucre dans la chope, a réfléchi, retiré le morceau de sucre pour le remplacer par du chocolat, a de nouveau réfléchi et l’a remplacé par une date. Je lui ai demandé ce qu’elle faisait. Elle m’a dit : « Je ne me souviens plus si Taraneh prend son thé avec du sucre ou avec autre chose… » Elle a fini par emmener les trois ! Je ne m’en suis pas souciée tant qu’elle était ici, mais après, je ne pouvais m’empêcher de pleurer… Imaginez, cette fille avait 12 ans quand on lui a retiré sa mère, elle en a maintenant 17… Fariba est une mère mais elle a oublié tous les détails de sa maternité. On les lui a retirés de l’esprit par cruauté et injustice. »
Taraneh Taefi dit : «  Je me souviens avoir beaucoup pleuré quand je l’ai lu, parce que je me souvenais pendant cette visite particulière, elle avait oublié d’apporter le thé. Elle avait apporté les trois éléments et dit qu’elle ne s’en souvenait plus. Cela m’a attristé alors mais pas ému. Quand j’ai lu la lettre de Bahareh, je suis devenue très triste et j’ai pleuré. Beaucoup de gens pensent qu’être en prison signifie juste être privée de sa vie quotidienne et enfermée dans une cellule. Mais il y a beaucoup d’autres privations que la plupart des gens ignorent. Beaucoup de regrets et de déceptions sont enterrés entre ces murs ! Par exemple, quand son premier petit-enfant est venu au monde, ma mère ne le savait pas, elle n’a pas pu le voir et n’a même pas pu appeler pour savoir s’il était né. Ces choses peuvent sembler simples, mais elles ont vraiment blessantes, à la fois pour ma maman et pour nous. Je pense  cependant qu’il faut prêter plus d’attention aux prisonniers qu’à leurs familles. Nous avons perdu une personne, mais elles ont perdu toute la société. En dépit des difficultés et des privations, nous faisons partie de la société mais nos prisonniers sont entourés de murs et loin de la société. Ils ont tout laissé derrière les murs. Bien sûr, d’une certaine façon les prisons sont devenues pour eux des universités. Beaucoup de prisonniers lisent ensemble. Ma maman lit et tricote. Elle dit toujours : « J’ai tricoté quelque chose pour toi ou pour tout autre membre de la famille » c’est ainsi qu’elle garde le contact avec sa famille et ses relations. Nous voyons lors des visites et nous entendons aussi de celles qui ont été dans la même section qu’elle a bon moral. Ce n’est pas comme si elle avait perdu espoir ou si elle s’attristait après cinq ans et demi d’emprisonnement. Elle vit une vie normale et est en bonne santé psychologique. De temps en temps, elle est malade, mais elle n’a pas de problème pour l’instant.

Dans une lettre à son petit enfant qui vient de naître, Fariba Kamalabadi écrit : « Nous sommes sept membres d’un groupe nommé ‘Yaran-e-Iran’ ; nous nous occupions des affaires de la communauté bahaïe d’Iran. Nous nous occupions de leurs problèmes personnels suivant les enseignements de la foi bahaïe et les protégions des nombreuses brutalités qu’on leur infligeait. S’ils étaient licenciés et n’avaient plus les moyens de vivre, nous leur enseignions, avec l’aide d’autres bahaïs, une profession et de moyens de gagner sa vie. S’ils étaient malades et ne pouvaient s’offrir un traitement, nous les aidions avec l’aide de médecins bahaïs. Nous aidions à l’instruction et à l’éducation morale des enfants et jeunes bahaïs à l’aide de professeurs d’université bahaïs renvoyés de leurs postes, nous permettions à des milliers de bahaïs dont tes parents, d’avoir une éducation supérieure au domicile de bahaïs, etc.. Tous les efforts de ce groupe visaient à contrecarrer les activités concentrées sur le ‘génocide intellectuel’ des jeunes bahaïs par des mesures constructives. Et ces actions été menées de telle façon qu’aujourd’hui il n’y a ni haine ni animosité envers le gouvernement, l’islam ou le gouvernement islamique dans le cœur d’un seul bahaï ; les bahaïs révèrent l’Iran, sanctifie l’islam comme une sainte religion ; ils désirent en leur cœur servir l’Iran et le peuple iranien, même si quelques jeunes bahaïs ont été condamnés à beaucoup d’années de prison, surtout parce qu’ils s’occupaient d’enfants dans des quartiers défavorisés. »

Sa fille dit : « Ma mère et six autres personnes, qui ont toutes été condamnées à 20 ans de prison comme elle, étaient membres d’un comité qui s’occupait des affaires de la communauté bahaïe d’Iran. Ce qui voulait dire s’occuper d’organiser des enterrements, des mariages suivant les rites bahaïs ou d’autres problèmes similaires. Comme le comité était en relation avec tous les bahaïs d’Iran, je crois que le gouvernement voulait, à tout prix, arrêter ces soi-disant dirigeants bahaïs pour effrayer les autres. Bien sûr, ma maman dit que ça ne va pas durer aussi longtemps, mais ce sont les conditions actuelles, je les ai acceptées et je m’y suis habituée. Pour éviter toute déception, je ne nourris aucun faux espoir. Supporter ces 20 ans m’est rendu plus facile parce que je sais qu’il y a une fois et des convictions solides derrière. J’accepte beaucoup d’autres difficultés à cause de cette croyance. Toute la situation devient plus tolérable.

Taraneh Taefi a aussi été privée d’éducation supérieure. 
Quand j’ai passé le concours national d’entrée à l’université, j’ai reçu mon classement et j’ai choisi ma discipline et, au lieu de recevoir le nom de l’université à laquelle j’ai été admise, j’ai reçu un message qui disait « dossier incomplet ». Depuis le début de la révolution culturelle, aucun bahaï n’a été admis à l’université : sur le formulaire d’inscription, il faut choisir une religion sur une liste, la foi bahaïe ne fait pas partie de cette liste. Cela a duré jusqu’en 2003-2004. Cette année-là, on a retiré les noms des religions des formulaires et les candidats écrivaient eux-mêmes leur religion puis passaient l’examen. Cependant, quand ils recevaient les cartes pour passer le concours, sous la rubrique religion, il était inscrit islam. Quand les étudiants bahaïs contactaient les autorités, elles leur disaient : «  Ceci se rapporte aux examens religieux que vous allez passer. » Alors, nous l’avons accepté. Mais après l’examen, ils nous ont de nouveau interdit d’entrer à l’université. Ils renvoyaient les étudiants à différents stages, certains quand ils recevaient leurs cartes d’étudiants, d’autres quand ils choisissaient leur disciplines ou pendant l’inscription. Certains étudiants suivaient huit mois de cours et étaient renvoyés juste avant l’examen. Telle était la situation. L’élection de Monsieur Rouhani a suscité de grands espoirs pour une meilleure situation. Mais dans les faits, tout a empiré. Les années précédentes, ils n’éliminaient pas tant d’étudiants dès le début. Mais cette année, ils ont envoyé un message de « dossier sérieusement incomplet » à 80 à 90% des étudiants bahaïs après qu’ils aient choisi leurs disciplines. Et ce, bien que tout le processus de candidature soit fait en ligne ; « dossier incomplet » ne veut donc rien dire. Même ceux qui ont été admis n’ont pas pu assister aux cours après quelques semaines.

Ma chère fille, je vous présente mes excuses pour tous ceux qui sont ignorants et vous ont créés tant de difficultés. Je pensais que ces difficultés se résumaient à une privation irraisonnable et injuste d’éducation. Cependant, je comprends que ce ne sont pas vos seules souffrances. La prochaine fois que vous verrez votre mère, dites-lui : « Le Docteur Mohammad Maleki, 81 ans, premier doyen de l’université de Téhéran, s’est rendu chez vous et s’est incliné humblement devant votre innocence et celle de vos coreligionnaires. » Ce sont les mots du Docteur Mohammad Maleki) à Taraneh Taefi quand il lui a rendu visite, accompagné de l’écrivain et documentariste Mohammad Nourizad.

Je ne savais pas que Monsieur Maleki venait. Monsieur Nourizad avait mentionné qu’il venait avec un ami et a insisté pour que je sois à la maison. Je ne savais pas pourquoi et je ne pensais pas que cela me concernait. J’avais vu Monsieur Maleki auparavant quand il était en prison et que nous avions rendu visite à maman. Je l’avais vu dans la salle de visite, mais je ne savais pas qui il était. Quand ils sont arrivés, Monsieur Nourizad a dit : « Le premier doyen de l’université de Téhéran veut vous parler parce que vous avez été privée d’éducation supérieure. » C’était merveilleux de savoir que cela les concernait tant et qu’une personne d’une telle importance était venue me rencontrer et m’encourager. Cette privation m’avait beaucoup attristée et leur visite m’a exaltée et rendu la joie. Il m’a dit qu’il n’hésiterait pas à me soutenir de tout son poids.

Après l’élection de juin de cette année et le début de la présidence d’Hassan Rouhani, de nouveaux espoirs se sont fait jour sur la liberté des prisonniers de conscience et l’apparition de plus de libertés individuelles. Certains prisonniers ont même été libérés
Bien sûr, on espérait que la situation changerait. Nous l’espérons toujours. Nous avons vu certains prisonniers politiques bénéficier de libérations provisoires, d’étendre la durée de leurs permissions ou même être libérés. Mais en ce qui concerne les prisonniers bahaïs, il n’y a eu aucune clémence ou permission. Il y a des bahaïs qui sont en prison depuis que Rouhani est arrivé au pouvoir. Il n’y a eu aucune amélioration de la situation des prisonniers, des bahaïs continuent d’être arrêtés dans différentes villes et il n’y a eu aucune amélioration.
Source : http://iranpresswatch.org/post/11274/

jeudi 25 décembre 2014

Lettre de Fariba Kamalabadi à sa fille à l’occasion de son mariage – 8 décembre 2014

Fariba Kamalabadi a été condamnée à 20 ans de prison pour avoir fait partie des dirigeants de la communauté bahaïe iranienne. On ne lui a pas permis d’assister au mariage de sa fille.

Ma Taraneh, ma belle mariée,

En ce moment, alors que je t’écris, un océan de joie se répand en moi, des vagues de délice déferlent sur le rivage de mon cœur. Certains pourraient croire que la peine et la souffrance accompagnent toujours la tristesse et le chagrin, mais ce n’est pas le cas. Il est possible de naviguer sur un océan sans bornes de joie, de voler dans des cieux bénis tout en étant au sommet de la peine et de la souffrance. Qu’est-ce que cette peine et qu’est-ce que cette joie ?

Cette peine, c’est celle de la séparation, la peine d’une mère loin de son enfant depuis tant d’années, sans l’aide de la parole qui lui créerait des poèmes d’amour. Elle l’a étreint en pensée, l’a réchauffée ; sans la voir, elle l’a vu grandir et maintenant, avec les yeux de l’âme, elle l’admire, toute d’élégance et de grâce, dans sa robe blanche de mariée.

Cette peine, c’est celle de la séparation, la peine d’une enfant séparée de sa mère, qui s’étant vu dénier le droit à une mère, a néanmoins grandi, s’est développée. Dans les moments amers de sa vie, quand la chaleur d’une mère lui manquait, elle n’était pas à ses côtés. Et même maintenant, lors du plus beau jour de sa vie, celui de son mariage, la place de sa mère est vide.

Cette peine a un doux parfum de joie ; la joie d’une mère qui découvre que son enfant est devenue une jeune-fille gracieuse, déterminée et constante, sereine dans son cheminement, extraordinaire dans ses choix, élevée dans ses rêves ; cette mère admire ses choix.

Cette joie est celle d’une enfant qui comprend ce que veut dire être éloignée de sa mère, et qui, en empruntant le chemin de la solidarité, enrichit cette signification ; maintenant, main dans la main de Farid, elle emprunte fermement le chemin de la solidarité.

Mes chers Taraneh et Farid,

Je sais que vous pardonnerez mes erreurs. Je sais que vous accepterez mes excuses pour mon absence lors des moments les plus heureux de votre vie. Vous savez bien que chaque atome de mon être est avec vous, chaque cellule de ma vie, et que mes prières remplissent l’atmosphère de cette cérémonie. Vous savez bien que j’ai fait tout ce que j’ai pu pour me joindre à vous ; vous savez que j’ai demandé une permission pour assister à votre mariage, et aujourd’hui, au bout de sept ans de prison, même pour une occasion si rare, on n’a pas accédé à ma requête. Vous savez que, lorsque j’ai appris ce refus, j’ai demandé d’être déplacée pour quelques heures, menottée et accompagnée de fonctionnaires. Mes codétenues ont envoyé des demandes écrites pour soutenir ma demande.

L’accord initialement donné à ma requête avait suscité beaucoup de joie et d’espoir ; vous aviez essayé de changer votre planning pour vous ajuster aux nouvelles conditions, mais quelques jours plus tard, ma demande était rejetée. A l’annonce de ce rejet, en quittant le bureau, ils m’ont de nouveau convoquée pour me promettre de prendre ma troisième demande en considération, celle qui demandait de célébrer le mariage à la prison d’Evine. Le plan qui consistait à réquisitionner une pièce dans le bâtiment des condamnations pour y célébrer le mariage avec au maximum dix invités avait été accepté et je vous en avais informés par téléphone. Vous avez été attristés d’apprendre qu’on refusait de m’envoyer vers vous, vous avez néanmoins cru dans leur promesse de la dernière option ; vous accrochant à cette occasion, vous avez changé vos plans pour cette nouvelle situation ; mais finalement, on m’a informé que cette troisième option était, elle aussi, rejetée ; voilà comment je n’ai pas pu assister au moment le plus précieux de votre vie.

Vous voyez le niveau de transparence dans le traitement des prisonniers ? Et les méthodes de torture déguisées ? Comme si l’on avait à faire à un objet inanimé comme une pierre ou un morceau de bois ; peu importe comment on le frappe, on se joue de lui, on le jette de ci de là, il ne ressent rien. Mais ils se trompent lourdement ; parce qu’en ce moment, ce n’est pas nous mais eux qui ressemblent à des pierres et à des morceaux de bois, dénués de tout sentiment humain et donc incapables d’appréhender les sentiments profonds qui unissent une mère à son enfant.

De quoi ont-ils peur ? D’une mère qui doit passer 20 ans de sa vie en prison pour le seul crime d’être de confession bahaïe, et qui au bout de sept ans de prison doit être privée du mariage de son enfant, ne serait-ce que pour quelques heures ? Mon crime est le plus beau du monde. C’est un crime dont je suis fière et dont toutes les générations futures seront fières. C’est un crime pour lequel, historiquement, tous les saints et prophètes ont souffert de grandes douleurs et des catastrophes. Mon crime est de révérer un Dieu Unique, et de reconnaître la vérité de toutes les religions divines. Mon crime est de m’efforcer de promouvoir le principe de l’unicité de la race humaine et de la paix universelle. Mon crime est de nourrir un désir de servir l’humanité en esprit, et un amour pour tous les êtres humains en mon cœur. Mon crime est de m’efforcer de réanimer notre pays sacré, l’Iran, et de promouvoir son honneur et son exaltation.

Je vais encore vous parler de la joie, comment son éclat et sa splendeur sans pareils affaiblissent toute émanation de peine et de souffrance jusqu’à les abolir complètement.

Ma belle Taraneh, tu sembles être privée du bienfait d’avoir une mère, mais tu as été reçu une bénédiction supplémentaire, celle d’avoir une mère encore plus gentille, une autre Fariba qui t’étreint amoureusement. De la même façon dont tu as reçu l’étreinte de beaucoup d’autres mères : Alia Zarinkar, Firouzeh Oladi, Fariba Eshraghi et beaucoup d’autres chères à mon cœur ; maintenant, de ma plume maladroite, avec des mots maladroits, j’honore leur amour et leur sacrifice.

Une autre réflexion sur la joie et le bonheur de mon cru. J’ai certes été privée de vivre avec mes deux filles, mais j’ai l’honneur de vivre ici avec d’autres filles chères à mon cœur dont moi, l’Iran et les Iraniens peuvent être très fiers.

Des êtres d’une noblesse et de potentiels sans pareils, qui ont passé des jours de leurs vies, leurs talents et leurs jeunesses en prison pour gagner la fierté et l’honneur de notre cher Iran. C’est la réalité de nos idéaux. Le monde doit devenir une seule famille, les relations humaines semblables à celles qui unissent les mères à leurs filles, les pères à leurs fils et les frères à leurs sœurs.

Novembre 2014, prison d’Evine

Source : http://iranpresswatch.org/post/11236/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+iranpresswatch+%28Iran+Press+Watch%3A+The+Baha%27i+Community%29

mardi 20 mai 2014

Les leaders bahaïs iraniens depuis six ans en prison pour leurs convictions religieuses – Ramin Ahmadi


Les sept prisonniers bahaïs avant leur arrestation. De gauche à droite : Fariba Kamalabadi, Vahid Tizfahm, Djamaloddin Khandjani, Afif Naïmi et Mahvash Sabet. Assis : Behrouz Tavakkoli et Saïd Rezaï.

J’ai 14 ans dans le sud de l’Iran à l’été 1977. La plupart des gens n’ont jamais entendu parler de l’ayatollah Khomeiny ou d’une révolution islamique. Le bâtiment du lycée est situé sur un terrain sec. Nous jouons au football chaque jour derrière le lycée. La chaleur est oppressante et, après une heure sur le terrain, nous nous précipitons vers les fontaines et faisons la queue pour que l’eau fraîche lave la poussière et la sueur de nos visages hâlés. Je choisis la queue la plus courte, il n’y a qu’un camarade de classe devant moi. Mais mes autres camarades m’avertissent immédiatement : « Hé, il ne faut pas boire à cette fontaine, pas après lui ». Je demande : « Et pourquoi pas ? » Ils me répondent : « Il est bahaï »

Malgré leur avertissement, je bois à cette fontaine. J’avais soif et c’était la queue la plus courte après tout. Ils me disent que je suis désormais sale, Nadjes ! disent-ils. Ce qui veut dire impur, un mot dégradant utilisé pour décrire des minorités religieuses iraniennes, particulièrement les bahaïs. Mes camarades de classe insistent qu’en tant que musulmans purs et propres, ils ne boiraient jamais à la même fontaine qu’un bahaï. Mon ami bahaï garde le silence, me sourit doucement et s’en va poliment.

Je n’ai pas grandi dans une famille religieuse et je ne savais pas comment me garder « pur ». Plus tard dans la journée, j’ai demandé à ma mère, principale d’un lycée de jeunes-filles, pourquoi mes amis ne pouvaient pas boire à la fontaine où un bahaï avait bu. Elle s’est mise à rire. Elle m’a dit que c’étaient des croyances superstitieuses venant du manque d’éducation. « Ne t’en fais pas. Ce n’est pas important. Ils vivent en marge de notre société.»

Trois ans plus tard, ma mère, comme beaucoup d’autres femmes de son âge qui travaillaient, a été forcée de quitter son emploi. La république islamique battait son plein et ce qu’on appelait « la marge » ressemblait plus au texte principal. C’était nous, les impurs qui étions en marge. L’ayatollah Khomeiny avait réussi à puiser dans certaines de nos tendances culturelles les plus profondes et les plus répugnantes et à les mobiliser pour arriver au pouvoir politique.

Le nouveau régime discriminait les femmes, persécutait les minorités religieuses, surtout les bahaïs, sévissant contre les journalistes, réprimant les avocats et d’autres défenseurs des droits humains et chassant les opposants politiques. L’emprisonnement, la torture et les exécutions étaient partout, et l’étendue des violations des droits humains difficile à appréhender.

Depuis ce temps, j’en suis arrivé à comprendre que ce règne de la terreur reposait sur trois tendances problématiques enracinées dans la culture traditionnelle exploitée de façon experte par l’état policier au pouvoir. La première est la xénophobie et à un engagement rhétorique à l’anti-impérialisme, un aimant pour les universitaires occidentaux, que le gouvernement a utilisé pour détourner toute critique légitime sur ses violations flagrantes contre ses citoyens. La deuxième est la misogynie que le gouvernement a utilisée pour justifier un système d’apartheid basé sur le sexe. La troisième ce sont les préjugés religieux profonds auxquels le gouvernement a eu recours pour assiéger les minorités religieuses d’Iran, et de nouveau, spécialement les bahaïs.

Depuis la révolution, j’ai vécu en marge et j’ai suivi les informations concernant ceux qui étaient marginalisés. Je ne m’intéresse pas au problème nucléaire, aux relations entre les divers éléments du gouvernement révolutionnaire, ni aux cabinets présidentiels qui tournent sur la scène politique iranienne. Je m’intéresse plutôt aux violations quotidiennes et systématiques des droits humains.

Les dernières informations des marges me ramènent à ce jour sur le terrain de football : le 14 mai, il y a eu six ans que les dirigeants bahaïs d’Iran ont été emprisonnés pour nulle autre raison que leur foi. Ces dirigeants sont les victimes les plus évidentes de la population bahaïe qui continue à être brutalement réprimée. La communauté bahaïe est une minorité pacifique, apolitique à qui on ne permet simplement pas de vivre en paix.

Au bout de trois décennies de militantisme pour les droits humains, j’en suis arrivé à la conclusion que le sort de notre minorité bahaïe ne se limite pas à son sort, c’est le sort de tous les Iraniens qui ne sont pas conformes d’une façon ou d’une autre. Leur liberté religieuse, leurs droits humains sont la condition préalable à notre liberté, à nos droits humains. Nous devons comprendre que tous, quels que soient notre sexe, notre ethnie, notre religion, notre orientation sexuelles ou nos idées politiques, nous sommes complètement humains et méritons d’être traités comme tels. La libération des dirigeants bahaïs serait un bon début.

Ramin Ahmadi est médecin à Danbury, Connecticut et l’un des fondateurs du Centre de Documentation sur les Droits Humains en Iran.

Source : http://www.theguardian.com/world/iran-blog/2014/may/19/iran-bahai-minority-jail-religion?CMP=twt_gu

samedi 20 octobre 2012

Lettre de Jila D'Evine à Redjaï-Shahr - Lettre de Jila Banyaghoub à son mari Bahman Ahmadi-Amoui


Mon très cher Bahman,

Voilà deux mois que je ne t’ai pas vu ; deux mois depuis ma dernière visite à la prison de Redjaï Shahr ; tu m’avais regardé derrière ces barreaux de fer et ces fenêtres à double vitrage. J’ai oublié de te dire combien j’étais hésitante et sceptique avant de me rendre à cette dernière visite. J’avais même envisagé de me présenter à la prison d’Evine quelques jours en avance pour éviter le jeudi, jour de visite à Redjaï Shahr. En me lisant, tu seras peut-être surpris, alors je vais t’expliquer pourquoi cette visite pour te dire au-revoir m’étais si pénible. Je savais bien qu’il nous faudrait attendre au moins un an avant de nous revoir. Tu t’imagines ? Toute une année ! J’avais peur de ne pas avoir le courage de te dire au-revoir pour toute une année. J’avais peur de craquer, de pleurer et que ce soit cette image de moi qui te hante pendant une année entière. J’ai fini par surmonter mes peurs et je me suis forcée à venir te voir.

Le bureau du procureur et les fonctionnaires de la pénitentiaire ont refusé d’autoriser une femme qui allait rentrer en prison de voir son mari incarcéré une dernière fois en face à face. Il fut un temps où ce genre de restrictions m’aurait choqué, mais désormais, rien ne me surprend plus. Et toi, es-tu surpris ?

Hélas, cette dernière visite a eu lieu dernière des fenêtres à double vitrage et des barreaux de fer à la prison de Redjaï Shahr. Comme lors de beaucoup d’autres visites, tu portais ton tee shirt vert. Le vert te va bien. Tu disais toujours : « Jila, je sais que tu aimes vraiment le vert, alors je porterai ce tee-shirt les jours de visite ! » Nous n’avions que 20 minutes et nous parlions très vite tous les deux comme pour faire entrer tout ce qu’il fudrait nous dire durant les 20 prochains mois dans les 20 minutes que nous avions. C’était si difficile ! Comme tu as bien sûr une plus grande expérience de la vie derrière les barreaux, tu me donnais des conseils sur ce que je devrais faire pour rendre plus supportable ma peine de prison à venir. Tu me parlais de l’importance de l’exercice, de la nécessité de lire et d’étudier, d’un peu d’air frais chaque jour. Tu me recommandais même quelques livres qui, selon toi, étaient particulièrement agréables à lire derrière les barreaux. Je répétais : « Bahman, ne t’inquiète pas tant pour moi et pour cette année que je vais passer derrière les barreaux, ça aussi se passera bien. » Dieu seul sait mon état de nervosité ce jour-là, peur que l’un de nous ne craque, ne pleure. Les 20 minutes sont passées et aucun de nous n’a pleuré. A la fin de l’entretien, j’ai posé la main sur ces maudits double-vitrages, et tu as posé la tienne de l’autre côté, un geste supposé démontrer la profondeur de nos sentiments, plus qu’une étreinte ou un baiser. Ce fut la fin de la visite. Tu t’es levé et tu t’es éloigné tandis que je te regardais marcher loin de moi de derrière ces fenêtres et ces barreaux de fer. Quand j’ai été sûre que tu ne me voyais plus, j’ai relâché la pression et j’ai sangloté doucement, les larmes m’inondant le visage. Je ne sais pas comment tu te sentais alors que tu t’éloignais de moi.

Mon premier jour à Evine, je suis passée à côté du bloc 350 en me rendant au bloc des femmes, ce qui m’a remplie de joie. C’est l’endroit où tu as passé trois ans de ta vie. J’avais toujours voulu le voir, même de loin au moins une fois dans ma vie. Et maintenant je vis à côté de ce même bloc où tu étais encore détenu il y  a quelques semaines. Comme tu le sais, le bloc des femmes est tout à côté du bloc 350 où les prisonniers politiques sont détenus. Parfois, on entend les voix fortes de tes anciens compagnons de cellule de l’autre côté du mur. A chaque fois, cela me rappelle la lettre que tu m’avais écrite et dans laquelle tu me disais avoir entendu la voix des prisonnières ce qui te faisais m’imaginer au milieu d’elles, sachant que je serai bientôt parmi elles ; et maintenant j’y suis mais tu n’es plus de l’autre côté du mur.
Les images, les murs et les incidents me semblent familiers. Ils me semblent familiers car ces trois dernières années, tu m’as souvent écrit sur ces sujets ou bien tu me les as décrits durant ces visites en prison qui se déroulaient dans des cabines téléphoniques. Et aujourd’hui, j’en fait directement l’expérience. Tu m’avais même parlé de la lune dans le ciel au-dessus de la prison d’Evine. Hier soir, j’étais assise quand Shabnam Madadzadeh a crié : « Sortez toutes et venez voir comme la lune est belle ce soir. » Je me suis alors rappelé que tes amis et toi vous aviez l’habitude de vous asseoir dans la cour du bloc 350 d’Evine pour regarder la lune. J’ai suivi Shabnam dans ce petit endroit où l’on prend l’air dans le bloc des femmes et j’ai fixé la lune qui semblait parfois embrasser un nuage gris puis redevenait claire et brillante quelques instants plus tard.

« J’aime la lune depuis mon enfance ! Tu vois, la lune est si belle. Quand j’étais à la prison de Redjaï Shahr, je ne pouvais pas voir la lune. Je me rappelle combien elle me manquait et puis soudain, un jour, au travers de plusieurs portes et barreaux de fer, j’ai aperçu la lune. Une sensation qui m’a comblée ! » m’a expliqué Shabnam.

J’essaie d’écrire une courte relation de mes journées à Evine pour que tu te rendes compte, comme tu me l’avais dit, que les journées ici ne sont pas si terribles. Nos journées sont calmes. La plupart des prisonnières suivent rigoureusement leurs études, pratiquent un sport, un artisanat ou enseignent une langue étrangère. La plupart des prisonnières ont bon moral, ce qui me donne de l’énergie. Je suis pleine d’espoir quand je vois l’énergie de Bahareh Hedayat, son énergie, sa vitalité et sa détermination malgré sa lourde peine. L’énergie me vient de femmes comme Mahvash Shahriari et Fariba Kamalabadi qui purgent toutes deux une peine de 20 ans ; des femmes qui n’ont pas eu de liberté provisoire ces dernières années mais restent néanmoins calmes et patientes. Je suis motivée par la présence de Nasrine Sotoudeh qui a passé presque trois ans en prison sans une seule journée de permission. Etant donné que nous sommes relativement nouvelles à Evine, Shiva, Mahsa et moi n’avons pas le droit de nous montrer impatientes ou de manquer de vitalité ou d’énergie. Nous lisons comme elles, nous faisons de l’exercice et restons patientes derrière les barreaux.

Le bloc des femmes d’Evine abrite actuellement 33 prisonnières politiques. On a transféré Faezeh vers minuit et demi. A minuit, c’est l’extinction des feux. Nous sommes toutes couches, ou bien nous dormons, ou bien nous lisons. Le transfert d’une nouvelle prisonnière si tard dans la nuit n’est pas ordinaire, la plupart des transferts ont lieu durant les heures de bureau. Quand Faezeh est arrivée nous nous sommes toutes levées. Chacune se demandait ce qui s’était passé et pourquoi la fille de Hashemi Rafsandjani était transférée à Evine à cette heure de la nuit. Faezeh, très excitée, nous a raconté son arrestation et son transfert à Evine. Nazanine Deyhimi a été transférée à Evine vers 15h00. C’est la fille de l’écrivain et traducteur célèbre Derakhsan Deyhimi.

Il y a peu de différences entre le jour et la nuit derrière les barreaux. L’arrivée d’une nouvelle prisonnière y est donc considérée comme un évènement qui fait beaucoup de bruit dans le bloc. Les nouvelles arrivantes apportent un souffle de vie de l’extérieur. Les anciennes commencent par demander aux nouvelles de parler des raisons de leurs arrestations et finissent habituellement par demander ce qu’il y a de nouveau, comment ça va dehors et les derniers développements et les dernières analyses.

Nous sommes 33 femmes d’opinions différentes et quelquefois opposées dans le bloc des femmes d’Evine. Certaines soutiennent le Mouvement Vert, d’autres sont bahaïes, chrétiennes nouvellement converties ou membres des Moudjahidines du Peuple. Bahman, mon chéri, ce qui me plait le plus dans cette prison c’est que toutes ces personnes différentes et quelquefois opposées coexistent en paix. Nous nous asseyons ensemble, nous partageons nos repas, nous discutons ensemble. Je trouve cette coexistence pacifique extrêmement gratifiante. Mon expérience derrière les barreaux m’a donné espoir qu’un jour un modèle similaire soit mis en place dans toute la société. J’espère le jour où hommes et femmes de croyances politiques et religieuses différentes vivent ensemble sans avoir besoin de s’éliminer les uns les autres ou de se conduire en ennemis à cause de différences d’opinion, de religion ou d’idéologie politique.
Si une telle coexistence est possible en prison, pourquoi ne le serait-elle pas dans tout notre pays bien-aimé ? Je suis pleine d’espoir qu’un jour nous verrons cette société en Iran et je sais que de meilleurs jours viendront.

Tu me manques et je t’aime plus que jamais.

Jila Baniyaghoub – Bloc des femmes de la prison d’Evine

P.S. : Je ne veux pas dire qu’il n’est jamais difficile de vivre ensemble à Evine. Il va sans dire que nous avons notre part de désagréments et de disputes. Mais ce qui est important c’est que nous les résolvons par la discussion et le dialogue.

Source: http://www.rahesabz.net/story/60153/

samedi 11 février 2012

La Caution de Hassan Fathy est fixée – Les Familles des Dirigeants Bahaïs élèvent la Voix – Fereshteh Ghazi - 6 février 2012


La famille de Hassan Fathy a révélé à Rooz que la caution pour la libération de Hassan Fathy avait été fixée. Les familles des dirigeant bahaïs qui sont derrière les barreaux depuis quatre ans ont appelé au respect des droits fondamentaux des prisonniers politiques selon la loi iranienne, y compris le droit de visite de leurs familles.

Des proches de la journaliste Marzieh Rassouli, arrêtée chez elle à minuit il y a deux semaines, ont révélé à Rooz qu’ils n’avaient aucune information sur son état ni sur l’endroit où elle se trouve en dépit de ses démarches quotidiennes auprès de l’administration de la prison d’Evine. Madame Rassouli a brièvement téléphoné à sa famille quelques minutes après son arrestation, mais pas de nouvelles depuis.

Hassan Fathy a été arrêté le 13 novembre après avoir parlé sur la BBC Farsi d’une explosion dans une caserne des gardes révolutionnaires. Les médias étatiques l’ont accusé de coopération avec la télévision BBC Farsi, une allégation démentie par la famille de Fathy et la BBC.

L’épouse de Hassan Fathy, Fatemeh Hedjrat, a dit à Rooz : « Ils ont arrêté mon mari qui est innocent. Il n’a fait que parler en tant que journaliste, mais on l’a accusé de trouble à l’ordre public et de propagation de mensonges, ce qui est injuste. »

Lors d’interviews séparées à Rooz, les familles de Fariba Kamalabadi et de Djamaloddin Khanjani, emprisonnés avec cinq autres dirigeants bahaïs depuis quatre ans, ont appelé au respect des droits fondametaux garantis par la loi iranienne. 

Fariba Kamalabadi, Djamaloddin Khanjani, Afif Naïmi, Saïd Rezaï, Mahvash Sabet, Behrouz Tavakkoli, et Vahid Tizfahm sont les sept dirigeants bahaïs qui s’occupaient du groupe « Yaran » qui dirigeait la communauté bahaïe en Iran.

Mahvash Sabet est emprisonnée depuis le 5 mars 2008 et les six autres depuis le 14 mai 2008. Ils ont été accusés de crimes contre la sécurité nationale, dont espionnage pour le compte d’Israël, troubles à la moralité publique, et agissements contre la république islamique.
Les sept dirigeants ont été condamnés à 20 ans de prison en première instance. La cour d’appel a réduit les peines à 10 ans après les avoir acquitté d’accusations comme l’espionnage pour le compte d’Israël. Cependant, d’après le procureur général d’Iran, le verdict de la cour d’appel ne visait qu’à saper la Sharia ; elle a été ignorée et le verdict inital de 20 ans a été réinstitué.

Depuis leur arrestation, les sept dirigeants n’ont pas pu voir leurs familles en dehors de la prison, un droit garanti à tous les prisonniers politiques par la loi iranienne. Le frère de Madame Kamalabadi a déclaré à Rooz : « Fariba et Madame Mahvash Sabet sont à la prison d’Evine. Elles reçoivent chaque semaine, comme les 30 autres prisonnières politiques qui y sont détenues, la visite de leurs familles. Depuis deux mois, elles n’ont plus droit au téléphone que lors d’un bref appel mensuel. Nous attendons et nous espérons toujours leur libération immédiate et inconditionnelle. Et enfin, nous demandons que les droits qui leur sont reconnus par la loi, comme le droit de visite, soient respectés jusqu’à leur libération. »

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2012/february/06/article/families-of-bahai-leaders-speak-out.html

lundi 9 mai 2011

Une prison ? C’est plutôt une étable ? - Fereshteh Ghazi - 9 mai 2011


Les familles de prisonnières politiques transférées à la prison Ghartchak de Varamine accordent une interview à Rooz.

Les familles de plusieurs prisonnières politiques ont tiré le signal d’alarme après leur transfert à la prison de Gharchak, située dans la ville de Varamine, annonçant que la prison manque de tout.

La mère de Fariba Kamalabadi, Shahla Kamalabadi et le père de Shabnam Madadzadeh, Abdolali Madadzadeh, ont dit à Rooz que la prison Ghartchak de Varamine ne possède même pas le minimum que l’on peut attendre d’une prison, ce qui expose les prisonnières politiques qui y ont été transférées en grave danger.

Neuf prisonnières politiques ont été transférées à la prison Ghartchak de Varamine la semaine dernière et leurs familles sont très inquiètes de leur état mental et physique. Dans une lettre écrite en prison, ces femmes ont annoncé qu’elles auraient recours à la grève de la faim si la situation devait se prolonger.

Une des prisonnières transférée est Fariba Kamalabadi, membre du groupe Yaran qui compte 7 personnes (dirigeants de la communauté bahaïe en Iran). Elle a été condamnée à 20 ans de prison. Dans une interview accordée à Rooz, sa mère, Shahla Kamalabadi déclare : « Il n’y a que 4 toilettes pour plus de 300 personnes. Je vous laisse imaginer le temps qu’il faut passer à faire la queue et combien cela est horrible. Il leur faut également faire la lessive et la vaisselle dans les toilettes et nous sommes très inquiets. La situation dans cette prison n’a rien d’humain. On ne traite même pas les animaux de la façon dont ils traitent les êtres humains. Ils ont jeté tout le monde dans une grande pièce, qui était auparavant un poulailler. C’est là qu’ils détiennent les prisonnières maintenant. Fariba a dit qu’il n’y avait que quelques lits superposés et que toutes les autres devaient dormir par terre. Ce n’est pas non plus un endroit sûr puisque toutes les prisonnières sont ensemble, quelle que soit leur peine. »

Le père de Shabnam Madadzadeh, Abdolali Madadzadeh a également dit à Rooz que sa fille lui avait raconté qu téléphone être détenue dans un endroit qui ressemblait à une étable, sans aucune sécurité.

Shabnam Madadzadeh est l’ancienne directrice politique de l’association islamique des étudiants de la faculté de pédagogie de Téhéran. Elle a été arrêtée en 2009 et condamnée à 5 ans de prison pour moharebeh et agissements à l’encontre de la sécurité nationale. A propos de la prison de Ghartchak, elle a dit à son père : « Ici être malade c’est mourir ; les affrontements et la torture sont quotidiens. Il n’y a aucune hygiène, même de base, nous faisons même la vaisselle dans les toilettes. »

Monsieur Madadzadeh a dit que la vie de sa fille était en danger : « Si quoi que ce soit arrive à ma fille ou à d’autres prisonnières, les responsables en seront les autorités qui les ont transférées dans cette prison et les y gardent dans les pires conditions. »

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2011/may/09/article/this-prison-is-more-like-a-stable.html

samedi 23 avril 2011

Les citoyens de confession bahaïe sont obligés de quitter l’Iran - Fereshteh Ghazi


Dans une interview exclusive avec Rooz, le porte-parole de la communauté bahaïe, Farhad Sabetan, parle des pressions croissantes que le gouvernement iranien fait peser sur les citoyens de confession bahaïe pour les forcer a quitter le pays. 

Démolition de maisons et de cimetières bahaïs, refus d’accéder à l’éducation supérieure, expulsions de l’université, arrestations de masse et interdiction de commercer en Iran, voilà quelques unes des tactiques utilisées par le régime iranien à l’encontre des Bahaïs telles que rapportées par Sabetan ainsi que les militants et organisations de défense des droits humains.
Dans la même veine, la semaine dernière, on a annoncé que la motion pour réduire la peine des sept dirigeants bahaïs de vingt à dix ans avait été rejetée par le tribunal iranien dont le président avait cité la sharia pour justifier sa décision.

Fariba Kamalabadi, Djamal din Khandjani, Afif Naimi, Saïd Rezaï, Behrouz Tavakoli, Vahid Tizfahm et Mahvash Sabet sont les sept dirigeants bahaïs qui dirigeaient le groupe Yaran. Mahvash Sabet est emprisonnée depuis mars 2008 et le reste du groupe depuis mai de la même année sous prétexte de crimes contre la sécurité, espionnage au profit d’Israël, insultes aux valeurs sacrées et propagande contre l’état. La communauté bahaïe a rejeté ces accusations.

Selon Sabetan, le refus de la demande de réexamen des peines de prison n’a été communiqué qu’oralement aux prisonniers bahaïs, aucun écrit à ce sujet et l’ont ignore les attendus de cette décision de justice. Apparemment, le but est de mettre encore plus les prisonniers sous pression. « Le procureur général du pays a déclaré que le jugement rendu par la cour d’appel était contraire à la Sharia dans le sens où le procureur a appliqué sa propre interprétation de la loi, et c’est ce qui nous effraie le plus. » a-t-il continué. D’après Sabetan, « Le verdict doit être notifié par écrit aux avocats de la défense, ce qui n’a pas eu lieu. Il faut que les décisions de justice soient notifiées par écrit pour que nous puissions en étudier la conformité avec le code légal iranien et les bases des attendus. Cela n’a pas été fait, ce qui prouve l’innocence de ces sept prisonniers. »

Les membres de Yaran sont détenus à la prison de Radjaï-Shahr ; Rooz a demandé au porte-parole de la communauté bahaïe s’il savait dans quelle situation se trouvaient les prisonniers ; il a répondu : « Nous ne pouvons pas parler directement aux prisonniers ; nous ne pouvons donc pas vous informer sur leur situation ; d’après des membres de leurs familles qui leur ont rendu visite, ils iraient à peu près bien. La prison de Radjaï-Shahr est l’une des plus redoutées d’Iran ; on y détient des criminels récidivistes ayant commis des crimes graves et condamnés à de lourdes peines. Malheureusement, des prisonniers politiques et des prisonniers de conscience, bahaïs ou non, sont détenus avec ces criminels endurcis, ce qui est inquiétant en soi.

Sabetan explique que la communauté bahaïe veut continuer de protester pour que, peut-être, le régime iranien respecte au moins les droits des prisonniers, qu’ils soient bahaïs ou pas.et aussi pour qu’il autorise une inspection internationale de la situation dans les prisons iraniennes.

Le 29 octobre 2005, le chef suprême des forces armées iraniennes, le général Firouzabadi, a ordonné au ministère du renseignement, à la milice bassidj, aux forces de police, aux gardes révolutionnaires et au commandant des forces armées de surveiller secrètement toutes les activités des Bahaïs et de lui fournir un rapport complet sur leurs activités politiques, sociales et culturelles pour les identifier. Un exemplaire de cette lettre a également été envoyé au responsable de la justice et au bureau du guide suprême.

On y fait implicitement référence dans une lettre confidentielle que Seyed Mohammad Réza Hashémi Golpaygani, secrétaire du conseil de la révolution culturelle d’Iran, a envoyée au guide suprême. Rooz a obtenu une copie de cette lettre qui cite nommément les ordres du guide suprême qui élaborent une politique envers les Bahaïs :

Situation Générale des Bahaïs dans le Pays :
  • 1. Les Bahaïs ne sont pas expulsés sans raison
  • 2. Ils ne sont pas arrêtés, emprisonnés ou punis sans raison
  • 3. On doit les traiter de façon à bloquer leur progrès et leur développement
Situation Culturelle:
  • 4. On ne doit pas les accepter dans les écoles s’ils se déclarent Bahaïs
  • 5. Ils doivent fréquenter des écoles dont les enseignants ont une idéologie forte et un contrôle totale des questions idéologiques.
  • 6. S’ils se déclarent bahaïs, ont ne doit pas les enregistrer ; s’ils sont déjà enregistrés, il faut les expulser.
  • 7. Leurs activités politiques (espionnage) ont été soulignées par les lois et réglementations et leurs activités liées à l’idéologie et à la propagande doivent être traitées par la religion, la propagande et la culture.
  • 8. Les organismes de propagande (comme l’organisme de propagation islamique) doivent mettre en place des branches spéciales pour s’opposer aux activités liées à l’idéologie et à la propagande des Bahaïs.
  • 9. Il sauf soumettre des propositions pour les attaquer à l’extérieur de l’Iran et pour détruire leurs bases culturelles.
  • 10. Ils doivent pouvoir avoir le même niveau de vie que les autres à l’intérieur du pays.
  • 11. Les bahaïs doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens iraniens comme obtenir des cartes de rationnement, un passeport, un permis d’inhumer, avoir le droit de travailler dans la mesure ou ils ne font pas de prosélytisme pour le bahaïsme.
  • 12. On doit leur refuser un emploi s’ils se déclarent bahaïs.
  • 13. On doit leur refuser les emplois et les postes privilégiés (comme les postes d’enseignants)
Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2011/april/12/article/bahai-citizens-are-forced-to-leave-iran.html