Demain, 14 Mordad 1388 (5 Août 2009), nous commémorerons le 103ème anniversaire du Mouvement Constitutionnel Iranien qui marqua le point de départ de la longue marche du peuple iranien vers une société libre et démocratique. Un siècle plus tard, tout en réprimant dans le sang le mouvement de contestation pacifique du peuple iranien, le régime de Téhéran s’apprête à inaugurer un nouveau président frauduleusement désigné par le Guide Ali Khamenei.
Au nom des victimes qui ont laissé leur vie pour que nous vivions un jour dans un Iran libre et démocratique, au nom de toutes les souffrances ressenties par les faibles et les sans voix (en particulier les familles des victimes), nous avons l’obligation morale de nous soulever contre cette tyrannie religieuse pour dire non à l’intronisation d’un président illégitime et criminel.
Une manifestation cruciale et historique est annoncée de façon unanime par toutes les organisations soutenant la Vague Verte de Liberté devant le Parlement iranien, sur la Place Bahaarestaan, dès les premières heures de demain, mercredi 14 Mordad (5 Août).
Dans cette longue marche vers la liberté, inspirée par les luttes de nos ancêtres et balisée par le sang de nos martyrs, nous ne renoncerons pas, nous ne transigerons pas, nous ne faiblirons pas!
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mardi 4 août 2009
Behzad Mohajer, un autre Martyr, remis à sa famille après 50 jours
Nous traduisons ici un article bouleversant de Nima Namdari (Blog) concernant Behzad Mohajer, un autre Martyr, remis à sa famille après 50 jours. D'autres précisions peuvent être trouvée dans l'article de Fereshteh Ghazi (Twitter/IranBaan) ici.
Les mots nous manquent. Nos pensées vont à Behzad, à sa famille et à ses proches. Nous n'oublierons jamais ces crimes. Nous n'oublierons jamais Behzad.
Tu es resté avec la terre, nous partons avec la rage (par Nima Namdari)
Son corps est dur comme une pierre après 50 jours d’enfermement dans la chambre froide de la morgue (la chambre froide, n’est-ce pas la prison des morts?). Les laveurs ont du mal à le retourner. Son corps congelé n’entrait pas dans le creux de la pierre de Ghosl. Son corps est enflé. Sa poitrine coupée de part en part, comme une croix, du cou jusqu’au nombril et d’une épaule à l’autre. On dirait qu’on l’a autopsié. Peut-être qu’ils cherchaient des balles. Un petit cercle sur la partie gauche de sa poitrine, là où un jour un cœur battait, montre une trace de balle. Un trou qui sur la blancheur de la poitrine saute aux yeux. Par contre l’autre petit trou, caché sous le bras droit, est à peine visible. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison, parce que quand on retourne le cadavre, la vision de ce dos en sang et totalement ravagé, déchire le cœur et te fait oublier le petit trou derrière le bras droit. Combien de balles l’ont transpercé? Deux ou peut-être même qu’une seule. Peut-être qu’il voulait faire bouclier avec son bras mais la balle l’a traversé et a transpercé sa poitrine. Mais où est alors la trace de balle sur l’autre côté du bras? Je n’en sais rien.

Les laveurs le lavent encore. Ça se voit qu’avant sa mort, il était à l’hôpital. Les bandages et aiguilles et autres choses dont je ne sais le nom et que l’on attache aux corps des gens à l’hôpital, étaient toujours collées à son corps de pierre. Les laveurs les détachent du corps. Une eau rouge de sang coule et évacue les bandages, aiguilles et … . Des bouts de coton blanc, couvrent peu à peu son corps martyrisé. Ils déchirent le tissu pour préparer le linceul.

Nous sommes peu nombreux. De 20 à 30 personnes. La chaleur de Mordad à midi tape très fort. Mais ça a l’avantage de vaporiser tout de suite les larmes sur le visage. Maman s’est quasiment évanouie, ses cris sont à peine audibles et compréhensibles. Tante pleure en silence comme d’habitude. Les forts mouvements de ses épaules, laissent deviner la force de ses pleurs. Une famille avec plein de garçons a au moins l’avantage de ne pas manquer de bras pour transporter un cadavre. Mes 2 frères et moi, les 3 fils de ma tante et les 3 fils de mon oncle sommes un bataillon sans sœur. On porte le corps jusqu’à la section 208. Il avait déjà acheté un emplacement près de la tombe de sa mère. Il voulait être enterré près d’elle. On le met dans sa tombe. La voiture de police n’est pas loin. Les agents ne font que regarder. Ces minables n’ont pas d’excuse. Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire nous avec les larmes brûlantes de Mordad, la terre chaude de Behesht-e Zahra et ce cadavre dans la tombe?
Je me surprends d’écrire aussi facilement. Je n’aurais jamais pensé pouvoir écrire aussi facilement que nous avons mis l’oncle Behzad dans sa tombe, notre petit oncle, notre oncle joyeux et déconneur. Ça faisait un certain temps que je ne l’avais pas vu d’ailleurs. C’était de ma faute. Par paresse. Je ne peux pas vous décrire ce qu’on a ressenti hier avec Maman, quand on est allés chez lui chercher sa carte d’identité et ses papiers pour la tombe. Il s’était habitué à la solitude. Sa petite maison bien propre, ses vêtements neufs qu’il avait achetés récemment. Deux costumes bien rangés dans son armoire, le bout de papier à côté du téléphone : sucre, huile de friture, pruneaux, …, on dirait une liste pour des courses. Du pain barbari bien découpé et rangé au frigo, des aubergines précuites dans le congélateur, des vaisselles bien rangées dans le sèche vaisselle. Que sa petite maison est propre et bien rangée. Qu’on me dise pas que dans une maison sans femme, c’est toujours le chaos. La brosse à dents devant le miroir, les photos de Nasrin, sa mère et moi près du téléphone. Ce sont les détails qui brûlent le cœur. Tu n'aurais jamais pensé que le cœur de quelqu’un brûle en regardant ta serviette et ta brosse à dents? Le mien et celui de maman ont brûlé hier.
Et maintenant, cette petite vie, simple, normale et belle est ensevelie sous la terre. Ah... comme j’écris simplement "ensevelie sous terre". Ashkan, Sina, Arsalan, Ali, Alborz, Babak et moi avons enterré l’oncle Behzad (heureusement qu’il n’y avait pas Raham, c’est celui qui se chagrine le plus). On l’a mis dans sa tombe, près de sa mère, avec son corps dur et martyrisé, avec sa trace de balle (balles?), avec tous les efforts et les souffrances qu’il avait eus pendant ces 47 années. On l’a laissé au repos, sous la terre d’un cimetière où son père était enterré il y a 40 ans. Quand l’orphelinat et la pauvreté ont commencé pour lui. On l’a enseveli sous la terre avec toutes ces années de pauvreté et de difficulté, de solitude et de travail, de guerre et de front, avec les rêves simples d’une personne normale.
On l’a couvert de terre. Oncle! Adieu, adieu toute cette jeunesse mélancolique, toutes ces soirées de solitude, toutes ces journées de sueur et travail. Tu es resté avec la terre, nous partons avec la rage.

ps: très beau poème en persan écrit par Behzad il y a 2 ans à l'occasion de la mort de sa mère
http://www.mowjcamp.com/article/id/10849
Les mots nous manquent. Nos pensées vont à Behzad, à sa famille et à ses proches. Nous n'oublierons jamais ces crimes. Nous n'oublierons jamais Behzad.
Tu es resté avec la terre, nous partons avec la rage (par Nima Namdari)
Son corps est dur comme une pierre après 50 jours d’enfermement dans la chambre froide de la morgue (la chambre froide, n’est-ce pas la prison des morts?). Les laveurs ont du mal à le retourner. Son corps congelé n’entrait pas dans le creux de la pierre de Ghosl. Son corps est enflé. Sa poitrine coupée de part en part, comme une croix, du cou jusqu’au nombril et d’une épaule à l’autre. On dirait qu’on l’a autopsié. Peut-être qu’ils cherchaient des balles. Un petit cercle sur la partie gauche de sa poitrine, là où un jour un cœur battait, montre une trace de balle. Un trou qui sur la blancheur de la poitrine saute aux yeux. Par contre l’autre petit trou, caché sous le bras droit, est à peine visible. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison, parce que quand on retourne le cadavre, la vision de ce dos en sang et totalement ravagé, déchire le cœur et te fait oublier le petit trou derrière le bras droit. Combien de balles l’ont transpercé? Deux ou peut-être même qu’une seule. Peut-être qu’il voulait faire bouclier avec son bras mais la balle l’a traversé et a transpercé sa poitrine. Mais où est alors la trace de balle sur l’autre côté du bras? Je n’en sais rien.

Les laveurs le lavent encore. Ça se voit qu’avant sa mort, il était à l’hôpital. Les bandages et aiguilles et autres choses dont je ne sais le nom et que l’on attache aux corps des gens à l’hôpital, étaient toujours collées à son corps de pierre. Les laveurs les détachent du corps. Une eau rouge de sang coule et évacue les bandages, aiguilles et … . Des bouts de coton blanc, couvrent peu à peu son corps martyrisé. Ils déchirent le tissu pour préparer le linceul.

Nous sommes peu nombreux. De 20 à 30 personnes. La chaleur de Mordad à midi tape très fort. Mais ça a l’avantage de vaporiser tout de suite les larmes sur le visage. Maman s’est quasiment évanouie, ses cris sont à peine audibles et compréhensibles. Tante pleure en silence comme d’habitude. Les forts mouvements de ses épaules, laissent deviner la force de ses pleurs. Une famille avec plein de garçons a au moins l’avantage de ne pas manquer de bras pour transporter un cadavre. Mes 2 frères et moi, les 3 fils de ma tante et les 3 fils de mon oncle sommes un bataillon sans sœur. On porte le corps jusqu’à la section 208. Il avait déjà acheté un emplacement près de la tombe de sa mère. Il voulait être enterré près d’elle. On le met dans sa tombe. La voiture de police n’est pas loin. Les agents ne font que regarder. Ces minables n’ont pas d’excuse. Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire nous avec les larmes brûlantes de Mordad, la terre chaude de Behesht-e Zahra et ce cadavre dans la tombe?
Je me surprends d’écrire aussi facilement. Je n’aurais jamais pensé pouvoir écrire aussi facilement que nous avons mis l’oncle Behzad dans sa tombe, notre petit oncle, notre oncle joyeux et déconneur. Ça faisait un certain temps que je ne l’avais pas vu d’ailleurs. C’était de ma faute. Par paresse. Je ne peux pas vous décrire ce qu’on a ressenti hier avec Maman, quand on est allés chez lui chercher sa carte d’identité et ses papiers pour la tombe. Il s’était habitué à la solitude. Sa petite maison bien propre, ses vêtements neufs qu’il avait achetés récemment. Deux costumes bien rangés dans son armoire, le bout de papier à côté du téléphone : sucre, huile de friture, pruneaux, …, on dirait une liste pour des courses. Du pain barbari bien découpé et rangé au frigo, des aubergines précuites dans le congélateur, des vaisselles bien rangées dans le sèche vaisselle. Que sa petite maison est propre et bien rangée. Qu’on me dise pas que dans une maison sans femme, c’est toujours le chaos. La brosse à dents devant le miroir, les photos de Nasrin, sa mère et moi près du téléphone. Ce sont les détails qui brûlent le cœur. Tu n'aurais jamais pensé que le cœur de quelqu’un brûle en regardant ta serviette et ta brosse à dents? Le mien et celui de maman ont brûlé hier.
Et maintenant, cette petite vie, simple, normale et belle est ensevelie sous la terre. Ah... comme j’écris simplement "ensevelie sous terre". Ashkan, Sina, Arsalan, Ali, Alborz, Babak et moi avons enterré l’oncle Behzad (heureusement qu’il n’y avait pas Raham, c’est celui qui se chagrine le plus). On l’a mis dans sa tombe, près de sa mère, avec son corps dur et martyrisé, avec sa trace de balle (balles?), avec tous les efforts et les souffrances qu’il avait eus pendant ces 47 années. On l’a laissé au repos, sous la terre d’un cimetière où son père était enterré il y a 40 ans. Quand l’orphelinat et la pauvreté ont commencé pour lui. On l’a enseveli sous la terre avec toutes ces années de pauvreté et de difficulté, de solitude et de travail, de guerre et de front, avec les rêves simples d’une personne normale.
On l’a couvert de terre. Oncle! Adieu, adieu toute cette jeunesse mélancolique, toutes ces soirées de solitude, toutes ces journées de sueur et travail. Tu es resté avec la terre, nous partons avec la rage.

ps: très beau poème en persan écrit par Behzad il y a 2 ans à l'occasion de la mort de sa mère
http://www.mowjcamp.com/article/id/10849
شعر زیر را شهید بهزاد مهاجر، دو سال پیش، پس از مرگ مادرش سروده و در دفترچه اشعارش ثبت کرده است:
به خانه ندارم دگر چشم براهی
که تک چشم براهم برفته به آهی
به خانه ندارم دگر چشم براهی
که تک چشم براهم برفته به آهی
نماندی و رفتی تو ای تک چراغم
چگونه گذارم من این عمر واهی
کنون ره سپارم در این کوره راهم
نبینم بجز گرد باد و تباهی
به قصد نجاتم روم زین مکان مصیبت
که شاید ببینم چراغی به راهی
امان زین تبه پیشگان زمانه
چه خواهند از جان هر بی پناهی
Manifestation à Bruxelles, le 5 août
Appel à la manifestation - Communiqué de Presse
(texte en Persan disponible ci-dessous, compte-rendu ajouté après la manifestation également disponible ci-dessous)
Face à certains événements publics susceptibles de mettre en péril les principes de liberté et d’égalité, chaque peuple sait ce qu’il doit refuser. Ce refus du peuple iranien s’est manifesté au grand jour, dès le lendemain de l’élection présidentielle iranienne du 12 juin 2009 qui a frauduleusement désigné Mahmoud Ahmadinejad comme vainqueur.
En Iran et à l’extérieur du pays, les femmes et les hommes iraniens n’ont cessé de dénoncer pacifiquement ce mensonge officiel et de contester légalement ce résultat honteux. Ils demandent l’annulation du résultat de ce scrutin contestable et la réorganisation d’une nouvelle élection transparente en présence d’observateurs internationaux. La réponse du régime en place à ces revendications légitimes n’a été jusqu’aujourd’hui que la répression. À la suite des manifestations qui ont eu lieu et qui se poursuivent encore dans toutes les grandes villes du pays, il y a eu, selon les sources officielles et gouvernementales, quatre mille prisonniers - parmi lesquels on trouve de simples manifestants, un bon nombre de journalistes et d’écrivains ainsi que des membres de partis politiques - et une centaine de victimes tuées par balle ou sous la torture.
En faisant fi de l’opinion publique nationale et internationale, le régime iranien a décidé d’organiser au 5 août la cérémonie d’investiture présidentielle. En réponse à cette mascarade qui n’a aucune légitimité, nous, l’Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran-Belgique, lançons un appel à la manifestation le même jour de 17 h. à 19 h devant l’Ambassade de la République Islamique d’Iran à Bruxelles, Av. F. Roosevelt , 15, Ixelles.
Cet appel s’adresse à tous ceux qui se veulent solidaires avec les revendications démocratiques et légitimes du peuple iranien. Rejoignez-nous pour dire non à la dictature que Khamenei et Ahmadinejad imposent aux Iraniens, et pour demander la libération immédiate de tous les prisonniers politiques. Nous tenons à votre présence parmi nous. Soyons nombreux pour donner corps à ce slogan en Iran qui dit : NOUS SOMMES INNOMBRABLES.
Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran -Belgique
02/08/09
Contact : 0476-551832
E-mail : iranianbelgique@yahoo.fr
(texte en Persan disponible ci-dessous, compte-rendu ajouté après la manifestation également disponible ci-dessous)
Face à certains événements publics susceptibles de mettre en péril les principes de liberté et d’égalité, chaque peuple sait ce qu’il doit refuser. Ce refus du peuple iranien s’est manifesté au grand jour, dès le lendemain de l’élection présidentielle iranienne du 12 juin 2009 qui a frauduleusement désigné Mahmoud Ahmadinejad comme vainqueur.
En Iran et à l’extérieur du pays, les femmes et les hommes iraniens n’ont cessé de dénoncer pacifiquement ce mensonge officiel et de contester légalement ce résultat honteux. Ils demandent l’annulation du résultat de ce scrutin contestable et la réorganisation d’une nouvelle élection transparente en présence d’observateurs internationaux. La réponse du régime en place à ces revendications légitimes n’a été jusqu’aujourd’hui que la répression. À la suite des manifestations qui ont eu lieu et qui se poursuivent encore dans toutes les grandes villes du pays, il y a eu, selon les sources officielles et gouvernementales, quatre mille prisonniers - parmi lesquels on trouve de simples manifestants, un bon nombre de journalistes et d’écrivains ainsi que des membres de partis politiques - et une centaine de victimes tuées par balle ou sous la torture.
En faisant fi de l’opinion publique nationale et internationale, le régime iranien a décidé d’organiser au 5 août la cérémonie d’investiture présidentielle. En réponse à cette mascarade qui n’a aucune légitimité, nous, l’Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran-Belgique, lançons un appel à la manifestation le même jour de 17 h. à 19 h devant l’Ambassade de la République Islamique d’Iran à Bruxelles, Av. F. Roosevelt , 15, Ixelles.
Cet appel s’adresse à tous ceux qui se veulent solidaires avec les revendications démocratiques et légitimes du peuple iranien. Rejoignez-nous pour dire non à la dictature que Khamenei et Ahmadinejad imposent aux Iraniens, et pour demander la libération immédiate de tous les prisonniers politiques. Nous tenons à votre présence parmi nous. Soyons nombreux pour donner corps à ce slogan en Iran qui dit : NOUS SOMMES INNOMBRABLES.
Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran -Belgique
02/08/09
Contact : 0476-551832
E-mail : iranianbelgique@yahoo.fr
دعوت به تظاهرات
هموطنان عزیز
حکومت جمهوری اسلامی با بیاعتنایی به خواست عمومی و اعتراضات مردمی به تقلب صورت گرفته در انتخابات اخیر ریاست جمهوری، قصد دارد برای آقای محمود احمدینژاد مراسم تحلیف برگزار كند. مراسم تحلیف محمود احمدی نژاد رئیس جمهوری منتصب، غیر قانونی و کودتایی ایران در روز چهارشنبه 14 مرداد 1388(برابر با 5 اوت2009)، دو روز پس از تنفيذ حکم رياست جمهوري وی توسط آقای علي خامنه اي ریاست حکومت اسلامی برگزار خواهد شد.
این مراسم در حالی برگزار می شود که بسیاری از مردم کشورمان به نتیجه انتخابات معترض هستند و از طریق راهپیمایی های مسالمت آمیز، به اشکال گوناگون خواست خود مبنی بر ابطال انتخابات را بیان کرده و می کنند. این در حالی است که حکومت بجای پاسخ مناسب به خواسته های برحق مردم، دست به سرکوب خونین و بی رحمانه ایشان زده است. در نتيجه سرکوب اعتراض هاي مردمي توسط نيروهاي حکومتی-دولتي، بسیاری از جوانان، زنان، سياستمداران و فعالان اجتماعي به همراه روزنامه نگاران کشورمان بازداشت شده و بنا بر آمار منابع دولتي، دست کم چهار هزار نفر دستگیر و افزون بر 100 نفر کشته و صدها نفر دیگر مجروح شده اند.
هموطنان گرامی
کانون دفاع از حقوق بشر در ایران- بلژیک، برای اعتراض به مراسم تنفیذ و تحلیف قلابی محمود احمدی نژاد که فاقد هرگونه ارزش مدنی – مردمی و ملی است، تظاهراتی را در روز چهارشنبه 5 اوت 2009 ساعت 5 بعد از ظهر در برابر سفارت جمهوری اسلامی در بروکسل سازماندهی کرده است. با حضوری گسترده و متحد در این تظاهرات، باید بار دیگر جهانیان را متوجه این امر مهم بنماییم که محمود احمدی نژاد رئیس جمهور قانونی مردم ایران نیست!
- شرکت در این تظاهرات "نه" به احمدی نژاد است؛
- شرکت در این تظاهرات "نه" به علی خامنه ای است؛
- شرکت در این تظاهرات "نه" به دیکتاتوری است؛
- شرکت در این تظاهرات برای مطالبه آزادی تمام زندانیان سیاسی در ایران است؛
- شرکت در این تظاهرات برای دفاع از خواسته های بر حق و دموکراتیک مردم ایران است.
آدرس: روبروی سفارت جمهوری اسلامی در بروکسل
زمان: ساعت 5 بعد از ظهر، روز چهارشنبه 5 اوت 2009
کانون مدافعان حقوق بشر در ایران- بلژیک
29 ژوئیه 2009
Adresse: Av. F. Roosevelt,15
1050 BXL
Le mercredi 5 Août
à 17h.
TEL: 0476.551832
گزارش تظاهرات 5 اوت در بروکسل
احمدی نژاد رئیس جمهور ایران نیست!
هم زمان با روز تحلیف تقلبی و کودتایی احمدی نژاد در مجلس شورای اسلامی تظاهراتی در برابر سفارت جمهوری اسلامی در بروکسل برگزار شد. تمرکز اصلی تظاهراتی که کانون مدافعان حقوق بشر در ایران- بلژیک، در بروکسل سازماندهی کرده بود در جهت گفتن نه به احمدی نژاد و نه به به رهبر جمهوری اسلامی علی خامنه ای بود. محیط تظاهرات با پوسترها، شعارها، پلاکارد ها، تعدادی از عکس های جان باختگان، تهیه لیستی 80 نفره به زبان انگلیسی از شهدای ماه های اخیر، پرچم سه رنگ ایران، تزیین شده بود. در این آکسیون بزبان های فرانسه و فارسی توسط شخصیت های سیاسی، فرهنگی و اجنماعی ایرانیان در بلژیک، سخنرانانی های به هر دو زبان انجام گرفت. تمام شعارهای فارسی و فرانسوی تظاهرات، در جهت همبستگی با مردم کشورمان، برای اعتراض به سرکوب خشونت آميز آنان در خيابان ها، برای دفاع ازحقوق شهروندی، برای مخالفت با كودتای احمدی نژاد، احمد جنتی و علی خامنه أی بود. بيش از ۲۰۰ ايرانی و بلژیکی در اين تجمع اعتراضی شركت كردند. در تظاهرات بروکسل برای همبستگی با روز نه به احمدی نژاد، نمایندگانی از کمیته های همبستگی با مبارزات مردم ایران از آخن و اتریش و از کانون ره آورد، شرکت کردند. ایرانیان با شركت خود در اين تظاهرات بارقه ای از اميد و همبستگی را در دل هم ميهنانشان درداخل كشور تاباندند و نشان دادند كه به مسائل كشورشان توجه ويژه دارند و خواهان تغييرات عميق و اساسی در ايران هستند و اینکه احمدی نژاد را به عنوان رئیس جمهور ایران به رسمیت نمی شناسند. از طرف دو مرکز تلویزیونی از تظاهرات بروکسل گزارش تهیه شد و بزرگترين و مهم ترين آژانس خبری و رسانه ای بلژيك با نام "بلگا" از اين تظاهرات گزارش تهيه و مخابره كرد.
انتهای تظاهرات با خواندن قطعنامه کانون مدافعان حقوق بشر در ایران بلژیک، همراه شد و ایرانیان از افکار عمومی بین المللی و ارگان های بین المللی خواستند که احمدی نژاد را به عنوان رئیس حمهور ایران به رسمیت نشناسند و نیز خواهان آزادی تمام زندانیان سیاسی شدند و مخالفت خود را با سرکوب اعتراضات مسالمت آمیز مردم ایران اعلام داشتند. تظاهرات با خواندن سرود ای ایران به پایان رسید.
گزارش از طرف: کانون مدافعان حقوق بشر در ایران بلژیک
5 اوت 2009
هموطنان عزیز
حکومت جمهوری اسلامی با بیاعتنایی به خواست عمومی و اعتراضات مردمی به تقلب صورت گرفته در انتخابات اخیر ریاست جمهوری، قصد دارد برای آقای محمود احمدینژاد مراسم تحلیف برگزار كند. مراسم تحلیف محمود احمدی نژاد رئیس جمهوری منتصب، غیر قانونی و کودتایی ایران در روز چهارشنبه 14 مرداد 1388(برابر با 5 اوت2009)، دو روز پس از تنفيذ حکم رياست جمهوري وی توسط آقای علي خامنه اي ریاست حکومت اسلامی برگزار خواهد شد.
این مراسم در حالی برگزار می شود که بسیاری از مردم کشورمان به نتیجه انتخابات معترض هستند و از طریق راهپیمایی های مسالمت آمیز، به اشکال گوناگون خواست خود مبنی بر ابطال انتخابات را بیان کرده و می کنند. این در حالی است که حکومت بجای پاسخ مناسب به خواسته های برحق مردم، دست به سرکوب خونین و بی رحمانه ایشان زده است. در نتيجه سرکوب اعتراض هاي مردمي توسط نيروهاي حکومتی-دولتي، بسیاری از جوانان، زنان، سياستمداران و فعالان اجتماعي به همراه روزنامه نگاران کشورمان بازداشت شده و بنا بر آمار منابع دولتي، دست کم چهار هزار نفر دستگیر و افزون بر 100 نفر کشته و صدها نفر دیگر مجروح شده اند.
هموطنان گرامی
کانون دفاع از حقوق بشر در ایران- بلژیک، برای اعتراض به مراسم تنفیذ و تحلیف قلابی محمود احمدی نژاد که فاقد هرگونه ارزش مدنی – مردمی و ملی است، تظاهراتی را در روز چهارشنبه 5 اوت 2009 ساعت 5 بعد از ظهر در برابر سفارت جمهوری اسلامی در بروکسل سازماندهی کرده است. با حضوری گسترده و متحد در این تظاهرات، باید بار دیگر جهانیان را متوجه این امر مهم بنماییم که محمود احمدی نژاد رئیس جمهور قانونی مردم ایران نیست!
- شرکت در این تظاهرات "نه" به احمدی نژاد است؛
- شرکت در این تظاهرات "نه" به علی خامنه ای است؛
- شرکت در این تظاهرات "نه" به دیکتاتوری است؛
- شرکت در این تظاهرات برای مطالبه آزادی تمام زندانیان سیاسی در ایران است؛
- شرکت در این تظاهرات برای دفاع از خواسته های بر حق و دموکراتیک مردم ایران است.
آدرس: روبروی سفارت جمهوری اسلامی در بروکسل
زمان: ساعت 5 بعد از ظهر، روز چهارشنبه 5 اوت 2009
کانون مدافعان حقوق بشر در ایران- بلژیک
29 ژوئیه 2009
Adresse: Av. F. Roosevelt,15
1050 BXL
Le mercredi 5 Août
à 17h.
TEL: 0476.551832
گزارش تظاهرات 5 اوت در بروکسل
احمدی نژاد رئیس جمهور ایران نیست!
هم زمان با روز تحلیف تقلبی و کودتایی احمدی نژاد در مجلس شورای اسلامی تظاهراتی در برابر سفارت جمهوری اسلامی در بروکسل برگزار شد. تمرکز اصلی تظاهراتی که کانون مدافعان حقوق بشر در ایران- بلژیک، در بروکسل سازماندهی کرده بود در جهت گفتن نه به احمدی نژاد و نه به به رهبر جمهوری اسلامی علی خامنه ای بود. محیط تظاهرات با پوسترها، شعارها، پلاکارد ها، تعدادی از عکس های جان باختگان، تهیه لیستی 80 نفره به زبان انگلیسی از شهدای ماه های اخیر، پرچم سه رنگ ایران، تزیین شده بود. در این آکسیون بزبان های فرانسه و فارسی توسط شخصیت های سیاسی، فرهنگی و اجنماعی ایرانیان در بلژیک، سخنرانانی های به هر دو زبان انجام گرفت. تمام شعارهای فارسی و فرانسوی تظاهرات، در جهت همبستگی با مردم کشورمان، برای اعتراض به سرکوب خشونت آميز آنان در خيابان ها، برای دفاع ازحقوق شهروندی، برای مخالفت با كودتای احمدی نژاد، احمد جنتی و علی خامنه أی بود. بيش از ۲۰۰ ايرانی و بلژیکی در اين تجمع اعتراضی شركت كردند. در تظاهرات بروکسل برای همبستگی با روز نه به احمدی نژاد، نمایندگانی از کمیته های همبستگی با مبارزات مردم ایران از آخن و اتریش و از کانون ره آورد، شرکت کردند. ایرانیان با شركت خود در اين تظاهرات بارقه ای از اميد و همبستگی را در دل هم ميهنانشان درداخل كشور تاباندند و نشان دادند كه به مسائل كشورشان توجه ويژه دارند و خواهان تغييرات عميق و اساسی در ايران هستند و اینکه احمدی نژاد را به عنوان رئیس جمهور ایران به رسمیت نمی شناسند. از طرف دو مرکز تلویزیونی از تظاهرات بروکسل گزارش تهیه شد و بزرگترين و مهم ترين آژانس خبری و رسانه ای بلژيك با نام "بلگا" از اين تظاهرات گزارش تهيه و مخابره كرد.
انتهای تظاهرات با خواندن قطعنامه کانون مدافعان حقوق بشر در ایران بلژیک، همراه شد و ایرانیان از افکار عمومی بین المللی و ارگان های بین المللی خواستند که احمدی نژاد را به عنوان رئیس حمهور ایران به رسمیت نشناسند و نیز خواهان آزادی تمام زندانیان سیاسی شدند و مخالفت خود را با سرکوب اعتراضات مسالمت آمیز مردم ایران اعلام داشتند. تظاهرات با خواندن سرود ای ایران به پایان رسید.
گزارش از طرف: کانون مدافعان حقوق بشر در ایران بلژیک
5 اوت 2009
ARD TV reportage
http://www.tagesschau.de/multimedia/sendung/ts13894.html
Reportage:
http://www.youtube.com/watch?v=gV9Y6E5OdNw
http://www.youtube.com/watch?v=b4ODX410WBc
http://www.tagesschau.de/multimedia/sendung/ts13894.html
Reportage:
http://www.youtube.com/watch?v=gV9Y6E5OdNw
http://www.youtube.com/watch?v=b4ODX410WBc
Manifestation à Paris, le 4 août
Appel à manifester aujourd'hui 4 août lancé par le Comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens, devant l’ambassade de la République Islamique d’Iran, Place d’Iéna, 17h - 19h, Avec l’intervention de Nasser Pakdaman.
Pour plus d'information, consulter le site http://www.whereismyvote.fr/
Pour plus d'information, consulter le site http://www.whereismyvote.fr/
lundi 3 août 2009
ENSEMBLE, tout redevient possible!
L’Histoire s’accélère indiscutablement et nous vivons des jours et des semaines qui resteront à jamais gravés dans nos cœurs. Nos pères nous ont toujours décrit, avec passion et souvent en larmes, les journées glorieuses des années 1330-32 (1951-53) qui, grâce au leadership de Mohammad Mossadegh, avaient donné un sens à leur vie, celles qui leur avait donné la conviction que l’Iran pouvait être un grand pays indépendant, fort, pacifique et démocratique œuvrant pour le bien de tous au sein de la communauté internationale. Mais pour nous les jeunes générations, ces faits historiques ont toujours été un rêve. Un genre de rêve qui forge une enfance à la recherche de héros, de mythe, de gloire et de bonheur. Mais, un rêve brisé le 28 Mordad 1332 (19 Août 1953), lorsque qu’un coup d’Etat anglo-américain mis fin aux acquis colossaux du gouvernement démocratique de Mohammad Mossadegh.
Or désormais, quelques semaines seulement après le début de la révolution en cours, les plus jeunes générations peuvent enfin se vanter d’avoir leurs propres références. Non pas celles puisées dans les livres ou contées par nos parents, mais celles forgées par les images et les faits vus et vécus au plus profond de nos cœurs. Un mouvement populaire dont la formidable puissance est synonyme d’une fierté collective retrouvée. Un mouvement qui redonne du sens à nos vies et qui nous donne l’intime conviction qu’en Iran, tout est à nouveau possible. Que ce pays grandiose peut être reconstruit brique après brique, école après école et qu’il peut à nouveau relever la tête au sein de la communauté des nations.
Dans chaque mouvement populaire, il y a de signes qui ne trompent pas. Les Iraniens se sont mis spontanément à se parler, à s’unir, à s’organiser, bref, à se sentir, à sentir une certaine idée de la nation iranienne. Cet acquis est déjà considérable! Il permet de reconstruire le tissu des liens familiaux, culturels et sociaux littéralement ravagés par trente années d’obscurantisme religieux.
Parallèlement à cette lutte de titans engagée contre le régime tyrannique des mollahs et qui peut durer des mois, voire des années, notre pays a commencé à panser ses plaies et a initié une véritable thérapie collective salvatrice et indispensable après tant d’années de malheur et de destruction.
Nous avons à présent l’intime conviction que ce n’est qu’ENSEMBLE que nous pourrons guérir et reconstruire notre pays. Et nous savons désormais comment le faire.
Or désormais, quelques semaines seulement après le début de la révolution en cours, les plus jeunes générations peuvent enfin se vanter d’avoir leurs propres références. Non pas celles puisées dans les livres ou contées par nos parents, mais celles forgées par les images et les faits vus et vécus au plus profond de nos cœurs. Un mouvement populaire dont la formidable puissance est synonyme d’une fierté collective retrouvée. Un mouvement qui redonne du sens à nos vies et qui nous donne l’intime conviction qu’en Iran, tout est à nouveau possible. Que ce pays grandiose peut être reconstruit brique après brique, école après école et qu’il peut à nouveau relever la tête au sein de la communauté des nations.
Dans chaque mouvement populaire, il y a de signes qui ne trompent pas. Les Iraniens se sont mis spontanément à se parler, à s’unir, à s’organiser, bref, à se sentir, à sentir une certaine idée de la nation iranienne. Cet acquis est déjà considérable! Il permet de reconstruire le tissu des liens familiaux, culturels et sociaux littéralement ravagés par trente années d’obscurantisme religieux.
Parallèlement à cette lutte de titans engagée contre le régime tyrannique des mollahs et qui peut durer des mois, voire des années, notre pays a commencé à panser ses plaies et a initié une véritable thérapie collective salvatrice et indispensable après tant d’années de malheur et de destruction.
Nous avons à présent l’intime conviction que ce n’est qu’ENSEMBLE que nous pourrons guérir et reconstruire notre pays. Et nous savons désormais comment le faire.
Qu’ils nous disent pourquoi nos enfants sont morts!
Ce reportage a été préparé par Fereshteh Ghazi (Blog remarquable, IranBaan sur Twitter), journaliste à Rooz Online et militante des droits de l’Homme, au sujet du traitement réservé par le régime de Téhéran aux familles des victimes et des disparus ces dernières semaines. La multiplicité de ces témoignages accablants et la concordance des informations sur les méthodes utilisées par l’appareil répressif du régime, prouvent une nouvelle fois que nous sommes en présence de crimes d’Etat de très grande ampleur, systématiques et généralisés, d’une brutalité extrême.
Nous saluons ici le travail considérable fait par Fereshteh et par d’autres journalistes, militants et blogueurs iraniens au péril de leur vie.
Pour que le monde entier le sache, en tant qu'êtres humains, nous avons l’obligation de témoigner.

Qu’ils nous disent pourquoi nos enfants sont morts!
Alors que tous les jours, de nouvelles victimes sont identifiées, les familles de ces victimes sont soumises à une pression extrême afin de les empêcher de divulguer des informations au sujet des crimes commis. Ces familles n’ont même pas le droit d’organiser des cérémonies de deuil. Ces familles veulent connaître les raisons et les circonstances de la mort de leurs enfants.
Amir Javadi-Far, étudiant en management à l’université de Ghazvin, est l’un des martyrs des événements récents qui a été inhumé la semaine dernière. Aujourd’hui, c’est la cérémonie de son 7ème jour de deuil au cimentière Behesht-e Zahra (les 3ème, 7ème et 40ème jours sont en général commémorés par les musulmans). Le corps sans vie de ce jeune de 25 ans qui avait été arrêté le 18 Tir (9 Juillet), a été remis dimanche dernier à sa famille, alors que celle-ci ignorait totalement le lieu et les conditions de détention de leur fils. Ali Javadi-Far, le père d’Amir, a déclaré à Rooz Online la semaine passée, qu’il voulait révéler des informations dans les prochains jours.
Hier, ce père meurtri de douleur, a déclaré à Rooz Online qu’il voulait connaître la raison de la mort de son fils. "J’ai remis (aux autorités) mon fils sain et sauf et lorsque je l’ai récupéré, il y avait des signes de violences et de tortures sur son corps". Il a aussi précisé qu’en raison de son propre état, il n’a vu que la partie supérieure du corps de son fils. Il ignore dans quel état se trouvaient ses membres inférieurs. Il ajoute: "Lorsque j’ai identifié le cadavre de mon fils, il avait été autopsié et le rapport avait conclu une mort de cause inconnue, que la raison du décès était en cours d’étude". "Je veux juste connaître la raison de sa mort, les circonstances de sa mort. C’est ce que j’ai demandé quand on m’a remis son corps. Ils m’ont dit : un comité est en charge de mener une enquête et ils vous transmettront leur conclusion.
Personne n’a indiqué à M. Javadi-Far à quel organisme appartenait ce fameux "comité". Il a juste pu participer à une réunion de ce comité mercredi dernier. "Dans ce comité qui s’intitulait commission de sécurité nationale ou quelque chose dans ce genre, des représentants des trois pouvoirs (judiciaire, législatif et exécutif) et le gouverneur de Téhéran étaient présents. Ils ont indiqué qu’ils suivraient le dossier. J’ai insisté sur le fait que dans le certificat de décès de mon fils, il était indiqué : mort de cause inconnue. Je veux savoir ce que cela signifie". "J’ai aussi demandé que les assassins, tortionnaires et commanditaires de la mort de mon fils soient identifiés et jugés en ma présence. La justice de notre pays nous doit cela. C’est notre droit". "Nous cherchons la justice et notre seule demande est l’application de cette justice. J’attends une réponse du comité. S’ils ne donnent pas une réponse convaincante, je procéderai différemment". Le père d’Amir a précise en outre que la déposition d’une plainte dépendrait de la réponse de ce comité et qu’il était prêt à saisir tous les organes légaux compétents. "Je respecte la loi et j’attends de la loi une réponse. Si ce n’est pas le cas, notre droit est bafoué".
Cause du décès : infarctus ou inconnue
Jusqu’à présent, les causes de la mort des autres martyrs du mouvement de protestation n’ont pas été révélées non plus. Dans la plupart des cas, comme dans le cas d’Amir, la cause indiquée dans le certificat de décès est "inconnue". Parfois, il est indiqué "infarctus cérébral" ou "cardiaque". Dans tous les cas de figure, ces martyrs avaient été autopsiés, les balles extraites de leurs corps sans vie et en plus les familles pouvaient voir les traces de violences, de blessures, de torture et de balles sur les corps de leurs enfants. Jusqu’à présent, aucune de ces familles n’a été autorisée d’organiser une cérémonie de deuil. Toutes les moquées de Téhéran ont été obligées de refuser ce genre de cérémonie.
Pression sur la famille de Neda
Jeudi dernier, à l’occasion du 40ème jour de Neda, il y avait une cérémonie de deuil à Behesht-e Zahra sur sa tombe, à laquelle sa mère n’a pas pu prendre part. Un proche de la famille de Neda a indiqué à Rooz Online qu’à la veille de cette cérémonie, la mère et la sœur de Neda avaient été emmenées et soumises à une très forte pression pour qu’elles ne participent pas à cette cérémonie. Alors que Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi participaient à cette cérémonie avec des milliers d’autres manifestants, la mère de Neda a été obligée de commémorer seule le souvenir de sa fille dans un parc à proximité de son domicile.
Pas d’autorisation pour la moindre cérémonie de deuil pour la famille Ghahremani
Ramin Ghahremani, 15 jours après s’être rendu volontairement (aux autorités) pour prouver son innocence, a été libéré avec un corps qui portait des traces de torture. Après sa libération, il a dit à sa mère qu’il avait été pendu par les pieds pendant plusieurs jours et qu’il avait reçu des coups très violents sur la tête. Ramin Ghahremani a été hospitalisé après sa libération et y est décédé. Un de ses proches à indiqué à Rooz Online : "A l’hôpital, on nous a dit que le crâne de Ramin était cassé, mais après sa mort, les agents ont emmené son corps et quatre jours plus tard, après avoir obtenu une déclaration écrite de la famille, ils leur ont rendu le corps". Ce proche a aussi précisé qu’on a même interdit à la famille d’organiser une cérémonie intime à leur domicile. Ils sont sous une très forte pression pour éviter tout entretien et toute divulgation d’informations concernant la mort de leur fils.
Arrestation de la mère d’un martyr
Les "Mères en Deuil" ont confirmé l’arrestation de la mère d’un martyr à Kermanshah. On est toujours sans nouvelle d’elle. Zahra (Behjat) Nozari, la mère de Pouya Maghsoud Bigui, étudiant en médecine à l’université de Kermanshah, qui pour protester contre la mort de son fils, le corps couvert de boue, s’était installée devant le bâtiment des Renseignements de Kermanshah, a été arrêtée. Pouya Maghsoud Bigui avait été arrêté le 30 Khordad (samedi 20 Juin) par les forces de l’ordre et soumis à des actes de torture pendant sa détention. Il est mort après sa libération. Zahra Nozari avait perdu son époux lorsqu’elle était jeune et depuis, elle avait élevé seule ses deux enfants en faisant un travail éprouvant de couturier. Elle a perdu son fils alors qu’il s’apprêtait à terminer ses études de médecine. Les proches et les amis de Zahra sont sous intenses pressions pour garder le silence.
Selon Rooz Online, les familles et les proches des martyrs sont systématiquement soumis à une très forte pression et c’est pour cette raison que l’on ignore même les noms de certains martyrs à ce jour. Ces familles qui, pour récupérer les corps de leurs enfants, ont dû payer un prix pour le "droit de balle" (Note du traducteur : chaque balle utilisée pour tuer une personne correspond à un prix, à un tarif. Plus il y a de balles dans un cadavre, plus le prix à payer est élevé pour la famille. Ainsi sont implémentées l’Islam et la parole divine en République Islamique d’Iran!), et aussi s’engager de ne pas porter pas plainte contre les forces de l’ordre. Certaines familles ont même été obligées d’écrire que Mir Hossein Moussavi était le responsable de la mort de leurs enfants.
Deux nouveaux martyrs
Ces deux derniers jours, les identités de deux nouveaux martyrs ont été révélées : Behzad Mohajer et Mostafa Kiarostami.
Mostafa Kiarostami avait 22 ans. Il avait participé le 26 Tir (17 Juillet) à la prière du vendredi. Il est décédé en raison des coups reçus au niveau de sa tête. Selon le site Vague Verte de Liberté, Mostafa Kiarostami était frappé par les Basiji et les miliciens habillés en civil devant l’université de Téhéran de telle sorte qu’il ne pouvait pas rentrer à son domicile. Il a alors demandé de l’aide à sa mère en l’appelant. Lorsque sa mère l’a ramené à leur domicile, elle s’est rendu compte de la gravité de son état et l’a transporté à l’Hôpital Kasra de Téhéran. Ce jeune est décédé dans la soirée des suites d’une hémorragie cérébrale causée par les coups de matraque. Mais la cause de son décès est déclarée "accident vasculaire cérébral".
Le corps de Behzad Mohajer a été remis à sa famille le 10 Mordad (1er Août), dans la morgue frigorifiée du centre de détention de KAHRIZAK. Behzad Mohajer avait 47 ans. Il était porté disparu lors des manifestations pacifiques du lundi 25 Khordad (15 Juin). Aucune trace de lui n’était disponible avant la remise de son corps sans vie à sa famille. D’après certaines sources, une blessure par balle au niveau de sa poitrine a causé sa mort.
Nous saluons ici le travail considérable fait par Fereshteh et par d’autres journalistes, militants et blogueurs iraniens au péril de leur vie.
Pour que le monde entier le sache, en tant qu'êtres humains, nous avons l’obligation de témoigner.

Qu’ils nous disent pourquoi nos enfants sont morts!
Alors que tous les jours, de nouvelles victimes sont identifiées, les familles de ces victimes sont soumises à une pression extrême afin de les empêcher de divulguer des informations au sujet des crimes commis. Ces familles n’ont même pas le droit d’organiser des cérémonies de deuil. Ces familles veulent connaître les raisons et les circonstances de la mort de leurs enfants.
Amir Javadi-Far, étudiant en management à l’université de Ghazvin, est l’un des martyrs des événements récents qui a été inhumé la semaine dernière. Aujourd’hui, c’est la cérémonie de son 7ème jour de deuil au cimentière Behesht-e Zahra (les 3ème, 7ème et 40ème jours sont en général commémorés par les musulmans). Le corps sans vie de ce jeune de 25 ans qui avait été arrêté le 18 Tir (9 Juillet), a été remis dimanche dernier à sa famille, alors que celle-ci ignorait totalement le lieu et les conditions de détention de leur fils. Ali Javadi-Far, le père d’Amir, a déclaré à Rooz Online la semaine passée, qu’il voulait révéler des informations dans les prochains jours.
Hier, ce père meurtri de douleur, a déclaré à Rooz Online qu’il voulait connaître la raison de la mort de son fils. "J’ai remis (aux autorités) mon fils sain et sauf et lorsque je l’ai récupéré, il y avait des signes de violences et de tortures sur son corps". Il a aussi précisé qu’en raison de son propre état, il n’a vu que la partie supérieure du corps de son fils. Il ignore dans quel état se trouvaient ses membres inférieurs. Il ajoute: "Lorsque j’ai identifié le cadavre de mon fils, il avait été autopsié et le rapport avait conclu une mort de cause inconnue, que la raison du décès était en cours d’étude". "Je veux juste connaître la raison de sa mort, les circonstances de sa mort. C’est ce que j’ai demandé quand on m’a remis son corps. Ils m’ont dit : un comité est en charge de mener une enquête et ils vous transmettront leur conclusion.
Personne n’a indiqué à M. Javadi-Far à quel organisme appartenait ce fameux "comité". Il a juste pu participer à une réunion de ce comité mercredi dernier. "Dans ce comité qui s’intitulait commission de sécurité nationale ou quelque chose dans ce genre, des représentants des trois pouvoirs (judiciaire, législatif et exécutif) et le gouverneur de Téhéran étaient présents. Ils ont indiqué qu’ils suivraient le dossier. J’ai insisté sur le fait que dans le certificat de décès de mon fils, il était indiqué : mort de cause inconnue. Je veux savoir ce que cela signifie". "J’ai aussi demandé que les assassins, tortionnaires et commanditaires de la mort de mon fils soient identifiés et jugés en ma présence. La justice de notre pays nous doit cela. C’est notre droit". "Nous cherchons la justice et notre seule demande est l’application de cette justice. J’attends une réponse du comité. S’ils ne donnent pas une réponse convaincante, je procéderai différemment". Le père d’Amir a précise en outre que la déposition d’une plainte dépendrait de la réponse de ce comité et qu’il était prêt à saisir tous les organes légaux compétents. "Je respecte la loi et j’attends de la loi une réponse. Si ce n’est pas le cas, notre droit est bafoué".
Cause du décès : infarctus ou inconnue
Jusqu’à présent, les causes de la mort des autres martyrs du mouvement de protestation n’ont pas été révélées non plus. Dans la plupart des cas, comme dans le cas d’Amir, la cause indiquée dans le certificat de décès est "inconnue". Parfois, il est indiqué "infarctus cérébral" ou "cardiaque". Dans tous les cas de figure, ces martyrs avaient été autopsiés, les balles extraites de leurs corps sans vie et en plus les familles pouvaient voir les traces de violences, de blessures, de torture et de balles sur les corps de leurs enfants. Jusqu’à présent, aucune de ces familles n’a été autorisée d’organiser une cérémonie de deuil. Toutes les moquées de Téhéran ont été obligées de refuser ce genre de cérémonie.
Pression sur la famille de Neda
Jeudi dernier, à l’occasion du 40ème jour de Neda, il y avait une cérémonie de deuil à Behesht-e Zahra sur sa tombe, à laquelle sa mère n’a pas pu prendre part. Un proche de la famille de Neda a indiqué à Rooz Online qu’à la veille de cette cérémonie, la mère et la sœur de Neda avaient été emmenées et soumises à une très forte pression pour qu’elles ne participent pas à cette cérémonie. Alors que Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi participaient à cette cérémonie avec des milliers d’autres manifestants, la mère de Neda a été obligée de commémorer seule le souvenir de sa fille dans un parc à proximité de son domicile.
Pas d’autorisation pour la moindre cérémonie de deuil pour la famille Ghahremani
Ramin Ghahremani, 15 jours après s’être rendu volontairement (aux autorités) pour prouver son innocence, a été libéré avec un corps qui portait des traces de torture. Après sa libération, il a dit à sa mère qu’il avait été pendu par les pieds pendant plusieurs jours et qu’il avait reçu des coups très violents sur la tête. Ramin Ghahremani a été hospitalisé après sa libération et y est décédé. Un de ses proches à indiqué à Rooz Online : "A l’hôpital, on nous a dit que le crâne de Ramin était cassé, mais après sa mort, les agents ont emmené son corps et quatre jours plus tard, après avoir obtenu une déclaration écrite de la famille, ils leur ont rendu le corps". Ce proche a aussi précisé qu’on a même interdit à la famille d’organiser une cérémonie intime à leur domicile. Ils sont sous une très forte pression pour éviter tout entretien et toute divulgation d’informations concernant la mort de leur fils.
Arrestation de la mère d’un martyr
Les "Mères en Deuil" ont confirmé l’arrestation de la mère d’un martyr à Kermanshah. On est toujours sans nouvelle d’elle. Zahra (Behjat) Nozari, la mère de Pouya Maghsoud Bigui, étudiant en médecine à l’université de Kermanshah, qui pour protester contre la mort de son fils, le corps couvert de boue, s’était installée devant le bâtiment des Renseignements de Kermanshah, a été arrêtée. Pouya Maghsoud Bigui avait été arrêté le 30 Khordad (samedi 20 Juin) par les forces de l’ordre et soumis à des actes de torture pendant sa détention. Il est mort après sa libération. Zahra Nozari avait perdu son époux lorsqu’elle était jeune et depuis, elle avait élevé seule ses deux enfants en faisant un travail éprouvant de couturier. Elle a perdu son fils alors qu’il s’apprêtait à terminer ses études de médecine. Les proches et les amis de Zahra sont sous intenses pressions pour garder le silence.
Selon Rooz Online, les familles et les proches des martyrs sont systématiquement soumis à une très forte pression et c’est pour cette raison que l’on ignore même les noms de certains martyrs à ce jour. Ces familles qui, pour récupérer les corps de leurs enfants, ont dû payer un prix pour le "droit de balle" (Note du traducteur : chaque balle utilisée pour tuer une personne correspond à un prix, à un tarif. Plus il y a de balles dans un cadavre, plus le prix à payer est élevé pour la famille. Ainsi sont implémentées l’Islam et la parole divine en République Islamique d’Iran!), et aussi s’engager de ne pas porter pas plainte contre les forces de l’ordre. Certaines familles ont même été obligées d’écrire que Mir Hossein Moussavi était le responsable de la mort de leurs enfants.
Deux nouveaux martyrs
Ces deux derniers jours, les identités de deux nouveaux martyrs ont été révélées : Behzad Mohajer et Mostafa Kiarostami.
Mostafa Kiarostami avait 22 ans. Il avait participé le 26 Tir (17 Juillet) à la prière du vendredi. Il est décédé en raison des coups reçus au niveau de sa tête. Selon le site Vague Verte de Liberté, Mostafa Kiarostami était frappé par les Basiji et les miliciens habillés en civil devant l’université de Téhéran de telle sorte qu’il ne pouvait pas rentrer à son domicile. Il a alors demandé de l’aide à sa mère en l’appelant. Lorsque sa mère l’a ramené à leur domicile, elle s’est rendu compte de la gravité de son état et l’a transporté à l’Hôpital Kasra de Téhéran. Ce jeune est décédé dans la soirée des suites d’une hémorragie cérébrale causée par les coups de matraque. Mais la cause de son décès est déclarée "accident vasculaire cérébral".
Le corps de Behzad Mohajer a été remis à sa famille le 10 Mordad (1er Août), dans la morgue frigorifiée du centre de détention de KAHRIZAK. Behzad Mohajer avait 47 ans. Il était porté disparu lors des manifestations pacifiques du lundi 25 Khordad (15 Juin). Aucune trace de lui n’était disponible avant la remise de son corps sans vie à sa famille. D’après certaines sources, une blessure par balle au niveau de sa poitrine a causé sa mort.
samedi 1 août 2009
Comble de l'injustice: le procès de la honte
Les autorités iraniennes ont ouvert hier samedi 1er Août un procès collectif des figures de l’opposition. Ces personnes ont été arrêtées quelques jours seulement après l’élection présidentielle du 12 Juin et dès le début du vaste mouvement de protestation. Ils sont à présent accusés par le régime de conspiration avec les pouvoirs étrangers pour l’organisation d’une révolution à travers le terrorisme, la subversion et une campagne médiatique pour discréditer l’élection présidentielle du 12 Juin.

Pure hallucination!
A quelques jours de l’investiture de Mahmoud Ahmadinejad, le régime semble vouloir harceler les partis de l’opposition en soumettant leurs principaux leaders à une très forte pression psychologique et politique. Le régime compte également peser au maximum sur l’opinion publique, afin de discréditer la révolte populaire.
Ainsi, après une phase de répression violente des manifestations, suivie d’une campagne d’arrestations et d’exactions commises dans les centres de détention tels que Kahrizak, Evin et Gohardasht, les autorités iraniennes semblent avoir démarré la phase judiciaire de leur guerre totale contre les réformateurs et le mouvement vert.
L’ampleur de ce procès, son caractère massif et collectif, l’absence totale de toute information préalable des accusés et de leurs avocats démontrent qu’il s’agit une fois de plus d’un véritable show judiciaire stalinien dont la république islamique s’est faite une spécialité. Le bras judiciaire du régime, sous l’égide d’Ali Khamenei, est en effet totalement rôdé à ce genre de situations. Il est passé maître dans l’organisation de procès bidons.
Les informations en provenance de Téhéran sont très riches et nombreuses. Il s'agit d'un événement clé qui peut faire boomerang dans les prochains jours et causer une réaction explosive des masses populaires lors des prochaines manifestations (dès demain, le jour de l'inauguration d'Ahmadinejad) car ce procès ridicule aggrave considérablement le sentiment d'humiliation ressenti par le peuple Iranien à l'issue de l'élection présidentielle.
Lors de la première séance du procès hier samedi, le procureur s’est donné beaucoup de mal pour prouver que les "accusés responsables du récent mouvement de contestation" avaient agi sous l’ordre de l’étranger. Il a cité parmi les conspirateurs des personnalités telles que la lauréate du prix Nobel de la Paix, Shirin Ebadi (voir sa réaction ci-dessous!) et l’historien Abbas Milani. Il a également montré du doigt les groupes défenseurs des droits de l’Homme comme agents de l’étranger pour déstabiliser le régime ainsi que Mir Hossein Moussavi qui "reçoit (selon lui) un soutien crucial de la part des ennemis du régime en Iran et à l’étranger".
En terme de couverture, ce procès a aussi été un classique du genre ! Seule l’agence de presse semi-officielle Fars News qui a des liens très forts avec le corps des Gardiens de la Révolution a pu rendre compte des échanges lors de ce procès. Il est aussi important de noter que presque simultanément, le quotidien ultra-conservateur Kayhan, publiait les chefs d’inculpation et la théorie centrale du complot déjoué dans des termes quasi identiques. Les sites réformateurs ont immédiatement relevé qu’une littérature "Kayhan-esque" était visiblement utilisée et dans l’énoncé des faits et dans les propos tenus par les accusés.
Mohammad Ali Abtahi, l’ancien vice président de Mohammad Khatami, l’un des blogueurs les plus lus en Iran, était l’une des deux personnes qui étaient appelées hier à se défendre. "Je crois que les réformateurs s’étaient préparés pour cette élection depuis 2-3 ans dans le but de limiter les pouvoirs du Guide suprême. Je veux dire à tous nos amis qu’il n’y a pas eu de fraude électorale et que toute cette histoire de fraude était un mensonge pour créer un mouvement de protestation", a dit Abtahi, selon Fars News. Il a ajouté que pour divulguer cette fausse information sur la fraude électorale, Moussavi, Khatami et Rafsanjani s’étaient promis de se soutenir mutuellement (Rafsanjani, qui risque également gros, a d’ailleurs fortement critiqué le procès).
Mohammad Atrianfar, un journaliste reconnu et un ancien adjoint du ministre de l’Intérieur était également présent au procès ainsi que Behzad Nabavi, Mohsen Safai-Farahani et Kian Tajbakhsh, un chercheur Irano-Américain arrêté le mois dernier.
Le procureur adjoint de Téhéran, Abdolreza Mohebati, a aussi fait référence à Maziar Bahari, journaliste à Newsweek et emprisonné également, pour évoquer le rôle des médias étrangers dans la divulgation des rumeurs concernant la falsification du scrutin. Plus tard dans la journée, Maziar Bahari s’est présenté devant la presse en marge du procès pour confirmer que les médias voulaient effectivement organiser une "révolution de velours". Il a ensuite demandé pardon au peuple iranien et au Guide suprême Ali Khamenei.
Il y a eu des passages très confus dans les propos tenus par Mohammad Ali Abtahi qui laissaient penser que les affirmations étaient l’objet d’un compromis entre les opinions de l’accusé et ce que ses interrogateurs voulaient lui entendre dire.
Réactions
Les réactions à cette parodie de procès ont été très nombreuses.
Mohammad Khatami
L’ancien président Mohammad Khatami a déclaré sur son site Internet que ce procès était une honte. "Ce qu’ils ont appelé le procès des accusés des événements récents est contraire à la Constitution et aux règles élémentaires de droit. Ce procès n’a aucune valeur légale. En plus des arrestations et de l’emprisonnement, des manquements graves aux droits de ces accusés ont été constatés pour la tenue de ce procès public. Aucun information préalable n’a été transmise aux accusés et à leurs avocats". Khatami encourage également dans ce communiqué les autorités à rechercher les responsables des exactions et des meurtres qui ont eu lieu dans les centres de détention. Source.
Shirin Ebadi
Le prix Nobel de la Paix, Shirin Ebadi: "Il y avait plus de 100 erreurs juridiques dans le réquisitoire prononcé. Les accusations étaient à sens unique et présentées de façon expéditive. Les accusés ont été mis sous pression et ils n’avaient pas accès à leurs avocats. Les confessions obtenues sous la torture sont dépourvues de toute valeur juridique. Beaucoup de propos qui ont été décrits comme confessions ne représentent en réalité aucun délit. Madame Ebadi a ajouté au sujet de Maziar Bahari, journaliste à Newsweek et emprisonné également : "Il travaille pour Newsweek et il est naturel qu’il soit payé par son employeur. Ces messieurs se mettent en colère quand les événements qu’ils ont eux-mêmes causés sont rapportés dans le monde entier. Ils appellent le journaliste espion". Source.
Mir Hossein Moussavi
Dans le procès d’hier, on nous dit que les fils de la révolution ont avoué d’avoir eu des liens avec l’étranger et d’avoir visé le renversement du régime! Ce procès est une mise en scène. Ses organisateurs ont perdu toute crédibilité. Les dents des tortionnaires et des confesseurs touchent maintenant les os du peuple. Dans un procès où tout est mensonge et fraude, ils espèrent démontrer que l’élection n’était pas frauduleuse!
Si vous n’êtes pas du genre à frauder, alors montrez le au moins dans les apparences lorsque vous mettez en scène un procès judiciaire. En évoquant des faits totalement hors sujet, en citant des livres sans intérêt, en utilisant des reportages de journalistes totalement inconnus et en se fondant sur des confessions obtenues visiblement sous une torture digne du Moyen Âge, recherchent-il vraiment à convaincre le peuple ? Les gens ont de la sympathie avec les fils dont ils sont restés sans nouvelle depuis 50 jours. (A nos frères en prison, je dis), ne soyez pas tristes! Sachez que le peuple vous comprend et sait que le sauvetage de vos vies est prioritaire sur tout le reste. Source.
Mohammad-Reza Tabesh
Dans un entretien à Parliamentnews, Mohammad-Reza Tabesh, le chef du groupe des réformateurs au parlement, se dit très choqué par la façon suivant laquelle ce procès a été tenu. "Si le Guide était informé de la situation dans les prisons, du traitement réservé aux détenus et à leurs familles, de la violation de la loi, tout comme lorsqu’il a ordonné la fermeture du centre de détention de Kahrizak, il aurait immédiatement fermé ces centres aussi, modifié l’administration de la justice pour une conduite plus équitable des procès. Il aurait ordonné que les responsables de ces actes soient punis. Tabesh a aussi ajouté que selon l’épouse de Mohammad Ali Abtahi, ce dernier a perdu 18 kg en 43 jours de détention et qu’on l’obligeait à prendre des tranquillisants depuis quelques jours pour le réduire mentalement. Source.
ps: si vous souhaitez contribuer à ce blog, envoyez nous vos analyses, reportages et revues de presse (email: iranlibredemocratique @ gmail . com ). D'avance merci.

Pure hallucination!
A quelques jours de l’investiture de Mahmoud Ahmadinejad, le régime semble vouloir harceler les partis de l’opposition en soumettant leurs principaux leaders à une très forte pression psychologique et politique. Le régime compte également peser au maximum sur l’opinion publique, afin de discréditer la révolte populaire.
Ainsi, après une phase de répression violente des manifestations, suivie d’une campagne d’arrestations et d’exactions commises dans les centres de détention tels que Kahrizak, Evin et Gohardasht, les autorités iraniennes semblent avoir démarré la phase judiciaire de leur guerre totale contre les réformateurs et le mouvement vert.
L’ampleur de ce procès, son caractère massif et collectif, l’absence totale de toute information préalable des accusés et de leurs avocats démontrent qu’il s’agit une fois de plus d’un véritable show judiciaire stalinien dont la république islamique s’est faite une spécialité. Le bras judiciaire du régime, sous l’égide d’Ali Khamenei, est en effet totalement rôdé à ce genre de situations. Il est passé maître dans l’organisation de procès bidons.
Les informations en provenance de Téhéran sont très riches et nombreuses. Il s'agit d'un événement clé qui peut faire boomerang dans les prochains jours et causer une réaction explosive des masses populaires lors des prochaines manifestations (dès demain, le jour de l'inauguration d'Ahmadinejad) car ce procès ridicule aggrave considérablement le sentiment d'humiliation ressenti par le peuple Iranien à l'issue de l'élection présidentielle.
Lors de la première séance du procès hier samedi, le procureur s’est donné beaucoup de mal pour prouver que les "accusés responsables du récent mouvement de contestation" avaient agi sous l’ordre de l’étranger. Il a cité parmi les conspirateurs des personnalités telles que la lauréate du prix Nobel de la Paix, Shirin Ebadi (voir sa réaction ci-dessous!) et l’historien Abbas Milani. Il a également montré du doigt les groupes défenseurs des droits de l’Homme comme agents de l’étranger pour déstabiliser le régime ainsi que Mir Hossein Moussavi qui "reçoit (selon lui) un soutien crucial de la part des ennemis du régime en Iran et à l’étranger".
En terme de couverture, ce procès a aussi été un classique du genre ! Seule l’agence de presse semi-officielle Fars News qui a des liens très forts avec le corps des Gardiens de la Révolution a pu rendre compte des échanges lors de ce procès. Il est aussi important de noter que presque simultanément, le quotidien ultra-conservateur Kayhan, publiait les chefs d’inculpation et la théorie centrale du complot déjoué dans des termes quasi identiques. Les sites réformateurs ont immédiatement relevé qu’une littérature "Kayhan-esque" était visiblement utilisée et dans l’énoncé des faits et dans les propos tenus par les accusés.
Mohammad Ali Abtahi, l’ancien vice président de Mohammad Khatami, l’un des blogueurs les plus lus en Iran, était l’une des deux personnes qui étaient appelées hier à se défendre. "Je crois que les réformateurs s’étaient préparés pour cette élection depuis 2-3 ans dans le but de limiter les pouvoirs du Guide suprême. Je veux dire à tous nos amis qu’il n’y a pas eu de fraude électorale et que toute cette histoire de fraude était un mensonge pour créer un mouvement de protestation", a dit Abtahi, selon Fars News. Il a ajouté que pour divulguer cette fausse information sur la fraude électorale, Moussavi, Khatami et Rafsanjani s’étaient promis de se soutenir mutuellement (Rafsanjani, qui risque également gros, a d’ailleurs fortement critiqué le procès).
Mohammad Atrianfar, un journaliste reconnu et un ancien adjoint du ministre de l’Intérieur était également présent au procès ainsi que Behzad Nabavi, Mohsen Safai-Farahani et Kian Tajbakhsh, un chercheur Irano-Américain arrêté le mois dernier.
Le procureur adjoint de Téhéran, Abdolreza Mohebati, a aussi fait référence à Maziar Bahari, journaliste à Newsweek et emprisonné également, pour évoquer le rôle des médias étrangers dans la divulgation des rumeurs concernant la falsification du scrutin. Plus tard dans la journée, Maziar Bahari s’est présenté devant la presse en marge du procès pour confirmer que les médias voulaient effectivement organiser une "révolution de velours". Il a ensuite demandé pardon au peuple iranien et au Guide suprême Ali Khamenei.
Il y a eu des passages très confus dans les propos tenus par Mohammad Ali Abtahi qui laissaient penser que les affirmations étaient l’objet d’un compromis entre les opinions de l’accusé et ce que ses interrogateurs voulaient lui entendre dire.
Réactions
Les réactions à cette parodie de procès ont été très nombreuses.
Mohammad Khatami
L’ancien président Mohammad Khatami a déclaré sur son site Internet que ce procès était une honte. "Ce qu’ils ont appelé le procès des accusés des événements récents est contraire à la Constitution et aux règles élémentaires de droit. Ce procès n’a aucune valeur légale. En plus des arrestations et de l’emprisonnement, des manquements graves aux droits de ces accusés ont été constatés pour la tenue de ce procès public. Aucun information préalable n’a été transmise aux accusés et à leurs avocats". Khatami encourage également dans ce communiqué les autorités à rechercher les responsables des exactions et des meurtres qui ont eu lieu dans les centres de détention. Source.
Shirin Ebadi
Le prix Nobel de la Paix, Shirin Ebadi: "Il y avait plus de 100 erreurs juridiques dans le réquisitoire prononcé. Les accusations étaient à sens unique et présentées de façon expéditive. Les accusés ont été mis sous pression et ils n’avaient pas accès à leurs avocats. Les confessions obtenues sous la torture sont dépourvues de toute valeur juridique. Beaucoup de propos qui ont été décrits comme confessions ne représentent en réalité aucun délit. Madame Ebadi a ajouté au sujet de Maziar Bahari, journaliste à Newsweek et emprisonné également : "Il travaille pour Newsweek et il est naturel qu’il soit payé par son employeur. Ces messieurs se mettent en colère quand les événements qu’ils ont eux-mêmes causés sont rapportés dans le monde entier. Ils appellent le journaliste espion". Source.
Mir Hossein Moussavi
Dans le procès d’hier, on nous dit que les fils de la révolution ont avoué d’avoir eu des liens avec l’étranger et d’avoir visé le renversement du régime! Ce procès est une mise en scène. Ses organisateurs ont perdu toute crédibilité. Les dents des tortionnaires et des confesseurs touchent maintenant les os du peuple. Dans un procès où tout est mensonge et fraude, ils espèrent démontrer que l’élection n’était pas frauduleuse!
Si vous n’êtes pas du genre à frauder, alors montrez le au moins dans les apparences lorsque vous mettez en scène un procès judiciaire. En évoquant des faits totalement hors sujet, en citant des livres sans intérêt, en utilisant des reportages de journalistes totalement inconnus et en se fondant sur des confessions obtenues visiblement sous une torture digne du Moyen Âge, recherchent-il vraiment à convaincre le peuple ? Les gens ont de la sympathie avec les fils dont ils sont restés sans nouvelle depuis 50 jours. (A nos frères en prison, je dis), ne soyez pas tristes! Sachez que le peuple vous comprend et sait que le sauvetage de vos vies est prioritaire sur tout le reste. Source.
Mohammad-Reza Tabesh
Dans un entretien à Parliamentnews, Mohammad-Reza Tabesh, le chef du groupe des réformateurs au parlement, se dit très choqué par la façon suivant laquelle ce procès a été tenu. "Si le Guide était informé de la situation dans les prisons, du traitement réservé aux détenus et à leurs familles, de la violation de la loi, tout comme lorsqu’il a ordonné la fermeture du centre de détention de Kahrizak, il aurait immédiatement fermé ces centres aussi, modifié l’administration de la justice pour une conduite plus équitable des procès. Il aurait ordonné que les responsables de ces actes soient punis. Tabesh a aussi ajouté que selon l’épouse de Mohammad Ali Abtahi, ce dernier a perdu 18 kg en 43 jours de détention et qu’on l’obligeait à prendre des tranquillisants depuis quelques jours pour le réduire mentalement. Source.
ps: si vous souhaitez contribuer à ce blog, envoyez nous vos analyses, reportages et revues de presse (email: iranlibredemocratique @ gmail . com ). D'avance merci.
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