dimanche 1 mai 2011

Interview de Réza Khandan avec la Campagne Internationale pour les Droits Humains - 29 avril 2011


Reza Khandan : « On a dit à mon épouse Nasrine qu’elle ne serait pas libérée si elle n’avoue pas. »

« Dès les premiers jours qui ont suivis son arrestation et son incarcération, Madame Sotoudeh a relaté qu’on la pressait de faire de faux aveux. Je pense que c’est environ en janvier ou février qu’on lui a clairement dit que, si elle refusait d’avouer, elle ne pourrait pas quitter la prison. Bien entendu, mon épouse a répondu sans hésitation qu’elle ne le ferait jamais. »

« Lors de ma première visite avec mon épouse après le Nouvel An iranien, elle m’a informé de son intention de reprendre sa grève de la faim. Vue sa maigreur, j’ai réussi à la convaincre de ne pas le faire. Nasrine a cependant ajouté que si la situation perdurait jusqu’en juin, elle n’aura d’autre choix que de reprendre sa grève de la faim. J’espère vraiment que ce ne sera pas le cas. »

« Je ne sais pas pourquoi il demande ça à Nasrine. Mon épouse n’est pas du genre à reculer quelque soient les pressions exercées sur elle et elle ne l’acceptera jamais même s’ils l’emprisonnent pendant 100 ans. Non seulement elle ne donnera jamais cette interview mais elle ne s’autorisera même pas à l’envisager. Si cela avait été le cas, elle aurait pris des mesures beaucoup plus simples avant d’être arrêtée pour être sûre de rester libre. »

« Ils ont recommencé au Nouvel An. Quand ils ont compris que leurs tentatives resteraient sans résultat, ils ont dit à mon épouse d’ignorer ce qui s’était passé, que ce n’était pas important, et qu’ils s’étaient contentés de lui demander de coopérer. Mon épouse a bien sûr refusé de coopérer. C’est le type de pressions auxquelles sont soumises de nombreux prisonniers. Je suis sûr qu’une heure avant sa libération, ils essaieront encore de lui extorquer de faux aveux. »

« En réalité, même et s’ils la gardent sous contrainte physique et psychologique derrière les barreaux, Nasrine ne fera jamais cela. Je ne veux pas dire que ce que fait mon épouse est bien, mais tout ce que je sais c’est qu’elle en est incapable. Ils pourront encore la presser d’avouer, je suis convaincu qu’elle rejettera de nouveau cette demande. Les aveux n’ont de sens que lorsque l’individu auquel on les demande a commis un acte criminel. Mais ils veulent quand même qu’elle endosse la responsabilité d’un acte qu’elle n’a pas commis. Ce ne sont pas des aveux. » 

Interrogé pour savoir si Nasrine Sotoudeh  a été torturé, Réza Khandan répond : « Elle ne m’a jamais rien dit à ce sujet. Je pense qu’être privée de ses enfants est pour elle la pire des tortures. Lors de la première arrestation de mon épouse, une de ses amies nous rendait régulièrement visite. Elle se rappelait que des années plutôt, elle avait était arrêtée et condamnée à 8 ans de prison alors qu’elle était encore célibataire ; à l’époque, le verdict ne l’avait pas impressionnée. Il y a quelques années, alors qu’elle avait déjà deux enfants, elle avait été arrêtée pendant 20 jours ; elle aurait donné n’importe quoi pour pouvoir serrer ses enfants dans ses bras. Voilà huit mois que mon épouse attend ce moment. Imaginez la pression psychologique sur un être humain à qui on refuse cette chose. Elle n’a toujours pas pu serrer ses enfants dans ses bras sans présence d’agents de sécurité. »

« Mes enfants ont vu leur mère pendant sept ou huit minutes et toujours en présence de gardiens. Je ne sais comment qualifier un tel acte. Je ne le qualifierai pas de torture ou de pression psychologique. Je laisserai à d’autres le soin de le définir. Une mère peut accepter d’être battue si on lui laisse passer du temps avec ses enfants dans un environnement libre et sans stress, si l’on ne fouille pas les poches de sa petite fille et qu’on ne lui confisque pas à chaque fois les chocolats et les chips qui s’y trouvent à chaque fois qu’elle va voir sa mère. Il n’y a rien de plus atroce et terrible que ce genre d’expérience pour une mère.

Source: 
http://persian.iranhumanrights.org/1390/02/sotoudeh_confessions/

La mort dans les rues d’Utrecht – Azadeh Pourzand


Lettre à mon père bien-aimé, Siamak Pourzand, dont le cœur précieux a cessé de battre ce soir à Téhéran dans une torture de solitude que les dirigeants actuels de l’Iran lui avaient imposée.

Assise dans un café avec mon ami, prenant un pot à Utrecht par une après-midi ensoleillée, le téléphone sonne et le cauchemar devient réalité ;  j’entends ma sœur sangloter et hurler, « Papa est enfin libre maintenant. Il n’est plus à leur merci. Il est mort, mon amour. » Je hurle, je pleure, tout tourne dans ma tête. Mon ami me regarde, incrédule. Tout d’un coup, ce beau pays qu’est la Hollande me devient un enfer. Je meurs. Je ferme les yeux, je me prends la tête à deux mains et je veux mourir. Mais je reste vivante parce que tu es devenu un « héritage ». Tout d’un coup, les forces me reviennent, j’ouvre les yeux, je regarde le monde courageusement et je décide de ne pas le laisser mourir. Je commence à trembler et à sangloter. Mon esprit bat la campagne. Les années sont des secondes et ma vie avec lui commence à me défiler devant les yeux comme dans un film chaotique. Et c’est ainsi que tout finit : par une après-midi paresseuse à Utrecht, sous le soleil.

Je suis pleine de haine, de colère, j’ai un épuisant désir de revanche. Mais je sais que je ne me vengerai pas. Il n’est pas dans notre nature de leur faire, à eux et à leurs familles, ce qu’ils nous ont fait. Ou peut-être dis-je que la vengeance n’est pas dans ma nature pour soulager mon impuissance. Je n’ai pu que le regarder souffrir. En fait, on ne m’a même pas laissée le regarder souffrir. Il m’a fallu imaginer sa souffrance. C’était là tout mon droit, au nom d’Allah. Oh, Allah, si seulement tu étais aussi cruel qu’ils te font paraître…

Je ne sais même pas où son corps repose ce soir. Je suis assise dans un bois en Hollande, je veux aller en Iran pour au moins serrer son corps fragile et entendre ma famille et mes amis m’interdire de me rendre en Iran. Ils me disent que je ne pourrai même pas serrer son corps dans mes bras. Apparemment, serrer le corps de son père est aussi contraire aux valeurs islamiques.

Voilà comment fonctionne la planète Terre. Ce sera la première nuit où je ne penserai pas à lui avant de me coucher. Je souhaiterais que mes insomnies rendent vie à ses yeux. Mais il est parti, pour toujours. J’avais enregistré 20 heures de conversations téléphoniques il y a trois ans. Il me racontait son enfance et  sa jeunesse. Je vais appuyer sur le bouton marche, pour que ses mots et sa voix apaisent mon âme perturbée et qu’il me mette au lit, me chantant des berceuses  comme il l’a fait tous les soirs pendant des années.

Je t’aime, papa. Tu ne mourras jamais. Tu fais partie de moi. Ils ont fini par te tuer. Mais je garderai précieusement ton héritage vivant dans ce monde. C’est la promesse la plus importante que je n’ai jamais faite de ma vie. Tu vivras, je te le promets. Tu seras plus vivant que jamais.

Je ne peux m’arrêter de pleurer. Mais je sais que tu viendras, enfin, volant jusqu’à moi, pour sécher mes larmes de tes mains invisibles ; exactement comme il y a 5 ans, quand la république islamique m’avait laissée venir jusqu’à toi et ce pour 10 jours. Souviens-toi ! La première nuit, j’ai posé la tête sur tes genoux et tu l’as caressée toute la nuit tandis que je j'évacuais par mes larmes toutes ces années où je te savais à leur merci, dans leurs prisons clandestines. Tu savais, je le savais aussi, que c’était la dernière fois que nous nous voyions. Mais nous avons fait semblant de croire que les choses changeraient. Rien n’a changé. Mais maintenant, elles vont changer. Maintenant qu’enfin tu as volé jusqu’à moi.


Je n’oublierai jamais ce qu’ils t’ont fait. Je n’oublierai jamais les tortures qu’ils t’ont infligées de leurs mains dégoûtantes. C’est une promesse ! Je ne permettrai pas au monde d’oublier.


Source: http://www.payvand.com/news/11/apr/1284.html

Appel commun des Iraniens pour le 1er Mai, journée internationale du travail et des travailleurs


32 ans se sont écoulés depuis la révolution de février 1979 dont l’une des revendications principales était la justice sociale. Non seulement, la classe ouvrière d’Iran ne l’a jamais connue, mais elle ne peut même pas exercer son droit le plus élémentaire, celui de s’organiser. Ossanlou, militant syndicaliste, a été condamné à 6 ans de prison ; il a été torturé et sa famille harcelée. Les organisations internationales ont plusieurs fois exigé sa libération. Ils ont toujours reçu une fin de non-recevoir.

Les salariés iraniens, les organisations indépendantes de travailleurs et les militants des mouvements ouvriers se mobilisent et luttent pour les libertés syndicales, sociales et politiques. Ils résistent héroïquement en faisant grève, ils manifestent pour défendre leurs droits. Leur résistance a un coût : peines de prison, pauvreté… Dans leur bataille pour la justice sociale, ils sont soutenus par d’autres mouvements. Le terrain semble prêt pour que ce mouvement rejoigne le mouvement démocratique et national.

Ces dernières années, les organisations ouvrières indépendantes ont formulé des revendications dans lesquelles se reconnaissent de nombreux salariés :
Ø   Versement immédiat des salaires non payés et augmentation du salaire minimum après consultation des représentants des salariés ; augmentation des retraites et arrêt de toute discrimination dans leur versement
Ø Garantie de la sécurité de l’emploi et de la protection  sociale pour tous les salariés ; allocations chômage jusqu’au retour à l’emploi, assurant un niveau de vie digne
Ø   Arrêt des licenciements et des contrats précaires
Ø Reconnaissance sans condition du droit d’organisation indépendante pour les salariés et reconnaissance du droit de grève, démantèlement des organisations de contrôle étatique (syndicats officiels)
Ø       Création d’un nouveau code du travail avec la participation des représentants salariés, reconnaissance du 1er mai comme jour férié et inscription au calendrier officiel. Arrêt de l’interdiction ou de la limitation de la célébration de cette journée
Ø       Libération immédiate et sans condition des prisonniers politiques, abolition immédiate de la peine de mort
Ø       Reconnaissance sans condition du droit de manifester, de s’assembler, de créer de partis politiques, de la liberté d’expression et d’information
Ø       Refondation du système de solidarité avec la participation des représentants des salariés et d’économistes ; mise en place d’un système d’éducation et de santé publique gratuit et accessible à  tous les enfants, quelque soit leur sexe, leur appartenance ethnique et religieuse ainsi que leur condition sociale.
Ø       Egalité homme/femme dans tous les domaines : famille, espace public, espace culturel, monde du travail et champ politique

En ce 1er mai, nous, Iraniens de la diaspora, soutenons les luttes des ouvriers et de tous les salariés de notre patrie. Nous considérons que le plein accès à ces droits implique des transformations structurelles de notre société. Nous insistons sur le rôle des mouvements de salariés dans le développement du mouvement démocratique. Nous soutenons ce mouvement épris de justice des salariés et du peuple de notre pays. Nous demandons aux organisations internationales de défense des droits de l’homme, par tous les moyens, d’exiger l’abolition de la législation qui nie les droits syndicaux et politiques des salariés. Nous demandons la libération des prisonniers politiques et notamment des militants syndicaux. Nous invitons toutes les forces progressistes et démocrates à relayer la voix des salariés iraniens auprès des organisations internationales, qu’une vie meilleure soit possible pour chaque salarié.

Nous demandons l’annulation de la condamnation à mort des prisonniers politiques comme Chirkou Moarefi et Habibollah Latifi et la libération de tous les prisonniers politiques qu’ils soient militants syndicaux comme Behnam Ebrahimzadeh, Mansour Ossanlou,Ebrahim Esmaïli, Reza Rakhshan, Reza Chahabi, Ebrahim Madadi, enseignants syndiqués comme Abdolreza Ghambari, Rassoul Bedaghi, féministes comme Alié Eghdamdoust, Mahdieh Golrouh, étudiants comme Behrouz JavidTehrani, Bahareh Hedayat, avocats dont le seul crime est d’avoir défendu des militants comme Nasrine Sotoudeh, Mohammad Seifzadeh, journalistes commeAbolfazl Abedini, Massoud Bastani, militants du mouvement vert comme Zahra Rahnavard, Fatemeh Karoubi, Mehdi Karoubi etMirhossein Moussavi.

Premiers signataires :
50 Associations et organisations démocratiques et des comités de défense des Droits de l’Homme à travers le monde,
Dont Comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens - Paris
Ossalou05.jpg
25 avril 2011

A l’attention des dirigeants syndicaux et politiques,
Le 1er mai approche et les manifestations nationales ainsi que les débats sur les sujets d’actualité se préparent. Même si aujourd’hui l’Iran et la lutte de son peuple ne sont pas au cœur de cette actualité, nous voudrions attirer votre attention sur un homme dont la vie a été consacrée à la lutte pour les droits des ouvriers, cause pour laquelle il se retrouve aujourd’hui en prison.
Mansour Ossalu, plus connu sous le nom d’Ossanlou, est le président du syndicat des travailleurs de la régie des bus de Téhéran et de sa banlieue (Sherkat-e-Vahed). Il était un des fondateurs de ce syndicat en 2005. En décembre de cette même année, il a été arrêté suite aux protestations contre les mauvaises conditions de travail, les retards dans le paiement des salaires et la non reconnaissance du syndicat par la régie des bus.
Monsieur Ossalu est resté huit mois en prison, dont trois mois en cellule d’isolement. Libéré en août 2006 contre paiement d’une lourde caution, il est à nouveau arrêté en novembre de la même année en pleine rue et incarcéré pendant un mois.
Au 1er mai 2006, son syndicat devient membre de la Fédération Internationale des Ouvriers du Transport (ITF). Durant  l’été 2007, Monsieur Ossalu est invité à la conférence annuelle de l’ITF à Londres et à celle de la Confédération Syndicale Internationale (IGB) à Bruxelles. Il participe aux deux conférences et y prononce des discours.
Trois mois après son retour en Iran, en juillet 2007, il est arrêté, accusé de diffusion de subversion contre le régime et condamné à cinq ans de prison. Depuis, il est emprisonné sous haute sécurité. En août 2007, il est condamné à une année de prison supplémentaire suite à de nouvelles accusations. Il est aujourd’hui dans un très mauvais état de santé et privé des soins médicaux et de visites.
Quel est son crime ? Il est le symbole en Iran d’une lutte ouvrière privée des droits les plus élémentaires. Sa faute est de militer pour ses droits dans le cadre des revendications suivantes:
-              Libération de tous les ouvriers en prison
-              Abrogation les lois anti-ouvrières
-              Reconnaissance du droit de constitution des organisations ouvrières et du droit de grève en conformité avec la réglementation de l’organisation mondiale du travail  
-              Interdiction du travail des mineurs et leur protection en application des conventions internationales
-              Egalité de salaire des ouvriers et des ouvrières dans tous les domaines
-              Annulation des lois discriminatoires et arrêt de la violence contre les femmes
-              Paiement immédiat des arriérés de salaires (de plus de six mois dans certaines usines et organisations) 
-              Paiement des salaires et d’indemnités aux ouvriers au chômage
Le 14 avril 2011, lors de la remise du titre de membre d’honneur du syndicat anglais Unite à Monsieur Ossalu, Len McCluskey, secrétaire de l’ITF a déclaré : « Aujourd’hui, Monsieur Ossalu est le symbole de tous les dirigeants et membres du syndicat qui sont emprisonnés en Iran. Il est malade, dans une situation difficile et constamment harcelé par les responsables de la prison. » Il a dit aussi: « Nous sommes fiers qu’Ossalu soit nommé membre d’honneur du plus grand syndicat anglais. Nous serions ravis de l’avoir parmi nous et nous devons utiliser toutes nos forces partout dans le monde pour que cela se réalise. »
Ce geste symbolique du syndicat Unite est un avertissement au gouvernement iranien afin qu’il comprenne que Mansour Ossalu est reconnu partout dans le monde et qu’il jouit d’un soutien international. Dans son discours, Len McCluskey, a consacré Ossalu comme source d’inspiration pour la lutte ouvrière. Unite l’a remercié pour ses efforts remarquables pour les membres du syndicat et pour l’organisation de syndicats indépendants dans le monde entier. Ils ne voulaient pas rester spectateurs au moment où les ouvriers, leurs représentants et leurs familles sont réprimés par l’un des régimes les plus autoritaires du monde, emprisonnés et même assassinés.
Mansour Ossalu est un vrai défenseur des revendications ouvrières et mérite à ce titre la solidarité du mouvement ouvrier international.
Nous vous sollicitons pour que Mansour Ossalu ne sombre pas dans l’oubli et l’indifférence. Parlez de lui partout où cela vous est possible et contribuez à sa libération. Présentez sa candidature comme membre d’honneur de votre organisation. Faites en sorte que le mouvement ouvrier en Iran ait la chance de survivre en participant à un grand front solidaire.
Comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens - Paris
Signataire avec plus de cinquante organisations démocratiques iraniennes à travers le monde d’un appel à l’action commune de solidarité avec le mouvement ouvrier en Iran le 1 mai (Appel ci-joint)

Syrie/ Iran: le même combat pour la liberté!


Nombreux sont aujourd'hui les pays du Moyen-Orient qui voient l'ordre établi mis à mal. 
Héritiers pour un certain nombre d'entre eux de l'équilibre de la guerre froide, les régimes dictatoriaux sont déstabilisés et pour ceux qui tenaient grâce à la rente pétrolière, cette rente ne semble plus suffire à soutenir des pouvoirs autoritaires qui s'étaient érigés en garants de la stabilité régionale. 

Le régime baasiste syrien, pièce maîtresse de l'ordre géopolitique régional, était parvenu à pérenniser un fonctionnement politique policier en avançant notamment la lutte contre la politique colonisatrice d'Israël.

En prétextant la lutte contre cet Etat, le régime syrien n'a fait qu'étouffer son propre peuple sans rien apporter objectivement à la cause palestinienne. 

Contrôlé par la minorité alaouite (qui représente 12% de la population syrienne), l'Etat syrien réprime tour à tour minorités religieuses et ethniques et aujourd'hui l'ensemble de la société civile. 

Pourtant, depuis le 15 mars 2011, les manifestations gagnent les différentes villes du pays. Face à cette mobilisation extraordinaire et courageuse, l'Etat n'hésite pas à réprimer en s'appuyant notamment sur ses services de renseignements particulièrement bien organisés, sous les regards attentifs et inquiets de ses alliés historiques: le Hezbollah libanais et la République Islamique d'Iran. D'ailleurs selon les autorités iraniennes, le mouvement pacifiste du peuple syrien serait en réalité noyauté par "des groupuscules armés et manipulés par les impérialistes". Une rhétorique familière au peuple iranien! Cela fait trente ans en effet, que des délégués syndicaux aux militants des droits de l'homme, tout citoyen réclamant ses droits subit les mêmes accusations mensongères, accusations qui ne visent qu'à détourner les peuples en lutte de leurs droits élémentaires  par un argument grossier. 

La répression sanglante n'a pas intimidé les Syriens en lutte pour leurs droits et libertés et bien décidés à en finir avec ce régime assassin. 

Notre comité, créé à Toulouse pour soutenir le mouvement du peuple iranien pour les droits civiques est solidaire des Syriens dont la lutte va dans le même sens. Nous appelons la société civile à se mobiliser contre la répression dont les Syriens son aujourd'hui victimes et à soutenir les peuples en lutte!

Le Comité 31 pour les droits civiques en Iran


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Comité de défense du mouvement pour les droits civiques en IRAN (Haute Garonne - 31)
COMITE DEMOCRATIE IRAN 31 - CDIRAN31
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samedi 30 avril 2011

Solidarité contre la répression en Iran - 1er Mai 2011


Alors que l’on approche du 1er Mai, journée internationale des travailleurs, que les protestations ouvrières se développent en Iran, comme au complexe pétrochimique Imam Khomeiny au sud du Khuzestan, le régime de la République Islamique continue de réprimer les opposant(e)s et en particulier les militants ouvriers.
Plusieurs travailleurs sont actuellement emprisonnés pour avoir défendu leurs droits en organisant les ouvriers de leurs entreprises.

Voilà quelques exemples de militants ouvriers et syndicalistes actuellement détenus en Iran :

Mansour Ossanlo : Président du Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus de Téhéran et Banlieue, il a été arrêté il y a quatre ans et demi par les services de renseignements de la République Islamique et condamné à cinq ans de prison. Il a été rejugé le 1 août 2010 pour « contacts téléphoniques en prison avec des contre-révolutionnaire » et condamné à un an de prison supplémentaire. Malade du coeur, du dos et des yeux, la commission des médecins ont déclaré qu’il devait sortir de prison pour être hospitalisé. Il est toujours détenu à la prison de Karaj.

Ebrahim Madadi : Président-adjoint du Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus de Téhéran et Banlieue, il a été arrêté le 27 décembre 2008, il a été condamné pour « atteinte à la sécurité nationale » à trois ans et demi de prison. Il est actuellement détenu à la prison Evin de Téhéran.

Reza Shahabi : Membre du Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus de Téhéran et Banlieue, il est emprisonné le 12 juin 2010 à la section 209 de la prison Evin. Il aurait dû être libéré sous caution de 60 millions de tomans (environ 60.000 euros), mais sa libération a ensuite été refusé.

Reza Rakhshan : Président du Syndicat des travailleurs de la canne à sucre de Haft-Tapeh, il a été arrêté le 24 décembre 2010. Il avait déjà fait six mois de prison pour « mensonges ».

Behnam Ebrahimzadeh : Ouvrier plasturgiste dans une usine de la banlieue de Téhéran, militant ouvrier et des droits des enfants, fondateur de l’Association des Enfants Travailleurs des Rues, il a été arrêté le 12 juin 2010. Il devait être libéré sous caution de 100 millions de tomans (environ 100.000 euros), sa libération a été refusée sous prétexte que ses parents n’habitent pas à Téhéran, mais au Kurdistan. Suite aux tortures subies, il est handicapé de l’oreille gauche. Accusé de relations avec les Moudjahdins, ce qu’il a toujours nié, il a été condamné à 20 ans de prison et à 10 ans d’interdiction d’activités sociales. Il est actuellement détenu à la section 350 de la prison Evin. Il avait déjà été arrêté le 1er Mai 2009 pour avoir participé à la manifestation Parc Laleh à Téhéran et avait fait un mois de prison. Sa famille a constitué un comité de soutien qui appelle les ouvriers, les étudiants, enseignants, etc. à se mobiliser pour sa libération.

Gholamreza Gholamhosseini : Membre du Syndicat des Travailleurs de la Compagnie de Bus de Téhéran et Banlieue, il a été arrêté le 3 novembre 2010 à Karaj dans un cybercafé, il a été battu par les agents des forces de répression lors de son arrestation. Il est actuellement détenu à Karaj.

En plus, le régime de la République Islamique s’apprête à exécuter le jour du 1er Mai, le prisonnier politique kurde Bahman (Shirko) Maarefi. Arrêté en 2007, il a été condamné à mort pour « Mohareb » (ennemi de Dieu), et son exécution est planifiée pour le 1er mai 2011.

Face au régime de terreur de la République Islamique contre les opposants et les militants ouvriers, la solidarité internationale est plus que jamais nécessaire. Il appartient à tous les militants et militantes syndicalistes de manifester leur solidarité pour la libération de tous les syndicalistes et prisonniers politiques et l’abolition de la peine de mort en Iran comme ailleurs.


Nasrine Sotoudeh transférée au bloc Méthadone d’Evine


Samedi 30 avril 2011 – L’avocat et militante des droits humains Nasrine Sotoudeh a été transférée du bloc 209 d’Evine au bloc méthadone où sont incarcérées toutes les prisonnières politiques.

Suivant Daneshjoo News, ce transfert a lieu alors que le mari de Nasrine Sotoudeh vient d’annoncer qu’elle a perdu beaucoup de poids durant son incarcération, elle pesait 58 kilos et en pèse désormais 44. Réza Khandan rapporte également qu’en dépit des problèmes de vue dont elle souffre, les autorités de la prison ont refusé de lui laisser consulter un ophtalmologiste.

Nasrine Sotoudeh a été arrêtée en septembre dernier et été condamnée à 11 ans de prison ; elle est interdite de travailler dans le domaine légal pendant 20 ans. Elle purge actuellement sa peine à Evine. Durant son incarcération, Nasrine Sotoudeh  a fait plusieurs grèves de la faim pour protester contre la situation en prison et la conduite inqualifiable des autorités de la prison.

Avant d’être avocate, Nasrine Sotoudeh était journaliste et faisait des reportages sur les violations des droits humains, des femmes et des enfants. En tant qu’avocate, elle a principalement défendu les droits des femmes et a représenté des prisonniers politiques et des mineurs qui se trouvaient dans le couloir de la mort pour avoir commis des crimes.

Récemment, le tribunal révolutionnaire l’a également condamnée à une amende de 50 USD pour « non respect du code vestimentaire islamique. »



Interview avec l’hodjatoleslam Djafar Shojouni - Nooshabeh Amiri – 26 avril 2011


Ahmadinejad subira le même sort que Bani-Sadr

L’hojatoleslam Djafar Shojouni, secrétaire de l’organisation des imams du vendredi de Téhéran ne rejette pas l’allégation d Ahmadinejad qui aurait vu un halo de lumière entourer sa tête mais rejette clairement la présence de Mashaï à ses côtés. Ce membre du parti conservateur Hezbe Motalefe Islami (parti de la coalition islamique) et de Jame Rohanyat Mobarez (Association des religieux combattants) m’a dit que le parlement doit traduire dans la loi le contrôle absolu du guide suprême sur les ministères des affaires étrangères et du renseignement. Il a averti que plusieurs individus tentaient d’avoir des « taupes » dans ces deux ministères pour promouvoir leurs intérêts. Finalement, il croit qu’Ahmadinejad subira le même sort que le premier president de la république islamique, Bani-Sadr, invalidé et contraint de fuir en France pour s’être affronté au guide suprême de l’époque, nul autre que l’ayatollah Khomeiny en personne. Voici quelques extraits de cette interview :

Rooz : Bonjour Monsieur. Que pensez-vous du décret sur Monsieur Moslehi, ministre du renseignement ?
Le guide doit avoir la maîtrise complète de deux ministères de ce pays, les affaires étrangères et le renseignement.

Pourquoi ?
Parce que ce sont des postes clés. Si ce n’est déjà fait, il est de la responsabilité du parlement de l’inscrire dans la loi.

Pourquoi ?
Parce que certains veulent se mêler des affaires étrangères et du travail de renseignement. Ou, comme on le dit, ils veulent avoir une taupe dans ces deux ministères, c’est-à-dire des espions pour promouvoir leurs intérêts.

Qui sont-ils ?
Il y a des groupes et des partis. Ce sont des malades.

Qui par exemple ?
N’importe qui. Par exemple, dans le cas du ministère du renseignement, on dit que le chef de cabinet voudrait que monsieur Abdollahi soit nommé.

Quel chef de cabinet ?
Mashaï. Un autre exemple, dans ma province, le Guilan, moi-même, l’imam du vendredi, tous les parlementaires et les responsables des administrations, nous voulions quelqu’un de qualifié comme le général Ghorbanzadeh comme gouverneur général de Rasht. J’ai écrit une lettre à cet effet qu président et à son chef de cabinet pour leur dire ce que voulait le peuple. En fin de compte, Monsieur Mashaï a imposé un homme de la province du Mazandaran dans notre province du Guilan et aucun de nous n’en est satisfait. J’ignore où le gouverneur précédent, Monsieur Ghahremani a été envoyé, au Koweit ou en Italie.

Pourquoi a-t-il fait ça ? Cela peut créer une crise ?
L’ambition Madame. La seule personne que j’ai vue accéder au pouvoir sans cesser d’être lui-même est l’imam Khomeiny. Tous les autres, dès qu’ils sont arrivés au pouvoir perdent la tête et commencent à pratiquer le népotisme, à avoir trop d’influence sur tout, etc… Suivant Nahdjol Balaghe, l’imam Ali a identifié quatre actions qui ont un résultat négatif : faire du mal, voler les musulmans, le népotisme et la corruption.

Mais beaucoup pratiquent ces quatre actions.
Oui, et c’est la faiblesse du régime. Notre révolution en est infestée.

Vraiment ?
Oui.  Regardez ce qui se passe dans les banques : certains obtiennent des prêts de 400 millions de tomans (environ 400.000 USD) tandis que vous et moi ne peuvent même pas obtenir 500.000 tomas (environ 500 USD)

Mais on le justifie en disant que vous avez des terres, du bétail, etc
Oui. Ils disent que mon fils a exporté 800 millions d’euros quand en fait, il n’a pas un centime.

800 millions d’euros ?
Oui, et on dit que j’ai 740 millions de dollars à Londres !

740 millions de dollars ?
Oui. Ce Monsieur Nourizadeh qui parle à certaines radios dit que je ne peux même pas me rendre en Syrie, alors Londres ! Pour avoir autant d’argent.

Je vois.
Depuis que je suis jeune, j’ai toujours dit la vérité et j’en ai assume les consequences.

Mais pourquoi dit-on cela de vous ? Pourquoi ne s’entendent-ils pas avec vous ? Pourquoi avoir créé d’autres organisations de prières en parallèle de la vôtre ? Et qui l’a fait ?
A cause de l’ambition, de l’argent, de la nourriture. Ce ne sont pas des imams du vendredi, Madame. Ils portent des vêtements volés. Je fait cela depuis des années et personne ne m’a jamais donné mille tomans (un dollar) mais ces gens veulent recevoir de l’argent. Des espions leur donnent de l’argent, des traîtres leur donnent de l’argent. 

Vous voulez dire Mashaï ?
Oui. On leur donne de l’argent tant de l’intérieur que de l’extérieur du pays. Il fut un temps où l’on disait que les Britanniques achetaient les religieux pour qu’ils récitent des prières tous les jours et qu’ils maudissent cette vie pour créer des fractures entre les chiites et les sunnites. Madame, l’argent des ennemis est dépensé de mille manières différentes.

Certains portent Monsieur Ahmadinejad à de telles hauteurs que c’est le résultat, ne pensez-vous pas ? Il a cessé d’écouter qui que ce soit. Tout de sujet apocalyptique, le halo….
Oui, chacun de ces problèmes doit être discuté. Par exemple, on ne peut pas dire que le halo était un mensonge. Et on ne peut pas dire que cela soit totalement correct. Je ne crois pas que Monsieur Ahmadinejad s’oppose au guide.

Mais à ce jour, il n’a toujours pas invité Monsieur Moslehi au conseil des ministres. Est-ce bien d’ignorer l’ordre du guide ?
J’espère qu’il va l’inviter. Hier, notre guide a dit que le gouvernement devait servir mais qu’il continuerait à publier des directives s’il sentait que c’était nécessaire. Mais si quiconque, Ahmadinejad ou d’autres, ne respecte pas les directives du guide, alors ils subiront le même sort que Bani-Sadr, les hypocrites (référence à l’organisation des Modjaheddines du peuple), Shariatmadari, Montazéri et d’autres. Nous respectons Monsieur Ahmadinejad mais nous refusons son obstination et son attitude dans le cas Mashaï. Nous, et les ayatollahs les plus anciens, les religieux, etc.. l’avons déjà dit ; nous en avons même parlé à Monsieur Mashaï lui-même. Les membres de Jame’ Voaz (L’organisme des imams du vendredi) sont assez stupides pour dire qu’on ne peut aimer Ahmadinejad sans Mashaï et en même temps prétendre obéir au guide et rejeter Mesbah Yazdi. C’est parce que  Yazdi a rejeté les paroles de Mashaï le traitant d’étranger. Le général Firouzabadi a dit que les remarques de Mashaï appartiennent aux coquins. D’autres ont également dit qu’ils semaient la discorde. Regardez, nous avons un ministre des affaires étrangères mais ils vont voir le roi de Jordanie. Quiconque s’assied avec le roi de Jordanie est soit illettré, soit stupide ou bien s’est un traître.

Vous avez probablement entendu dire que Monsieur Ahamadinejad a fait contacter les Etats-Unis. Pour ce faire, il a besoin de contrôler les affaires étrangères et de l’appareil du renseignement. Ainsi il peut faire face qu guide. C’est pourquoi on dit que la prochaine sédition (terme utilisé par les dirigeants iraniens pour désigner le mouvement Vert et ceux qui ont  contesté les élections présidentielles de juin 2009) sera encore plus importante que la dernière.
Ce n’est pas ce que je dis. Je dis que quiconque tente d’affronter le guide, la constitution, etc, fait face à l’imam Khomeiny et prépare sa propre chute. Je n’accuserai personne, mais les gens deviennent arrogants et quand ils arrivent au pouvoir, ils font des erreurs ou commettent des meurtres au nom du ministère du renseignement et discréditent le régime, comme cela s’est produit sous la présidence de Khatami. Je crois ce que le guide a dit hier, l’administration sert le peuple mais elle a également des petits problèmes qu’il faut résoudre.

Et s’ils ne sont pas résolus ?
Il subira le même sort que les autres.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2011/april/26/article/ahmadinejad-to-have-same-fate-as-bani-sadr.html