mercredi 14 mai 2014

Ma Patrie dévastée – Heshmatollah Tabarzadi – 11 Mai 2014

Heshmatollah Tabarzadi, dissident iranien, militant démocrate et laïc, est le Secrétaire Général du Front Démocratique d’Iran et le porte-parole du Conseil de Solidarité pour les Droits Humains et la Démocratie en Iran. Monsieur Tabarzadi a été emprisonné à plusieurs reprises pour ses activités politiques et de défense des droits humains, la dernière fois le 15 janvier de cette année pour avoir brisé le silence convenu pour appeler à une campagne unitaire avec comme slogan « non aux exécutions, liberté pour tous les prisonniers politiques, non au hidjab obligatoire et augmentation des salaires » et après avoir demandé au groupe des 5 pays +1 de s’intéresser aussi à la situation désespérée des droits humains en Iran. Il a passé sept ans en prison dont trois à l’isolement. Il est actuellement détenu à la prison de Redjaï Shahr près de Téhéran. Une pétition pour sa libération peut être signée à cette adresse : www.tinyurl.com/heshmat

Aujourd’hui, lors de la visite de ma famille en prison, j’ai entendu les nouvelles de l’extérieur et, de nouveau, j’ai compris que la situation de la population est encore pire que la nôtre ici. Je voudrais être dehors pour partager les douleurs de la pauvreté et les difficultés de ma famille et de la population. Je voudrais être avec eux pour être sans-abri et affamé comme tant d’Iraniens. Je comprends ce que ressentent les centaines de personnes bloquées derrière des portes d’hôpital, inquiets des leurs qui ne peuvent se payer leurs traitements médicaux.

Vraiment ! Connaissez-vous un pays plein de richesse naturelles et souterraines mais aussi riche de tant de ressources humaines mais dont l’état et le gouvernement ajoutent, année après année de 20 à 30% au coût de la vie de sa population et l’enterrent sous une inflation innommable ? Vous connaissez un pays où le gouvernement lance secrètement et sans en mesurer les conséquences un programme nucléaire ambitieux qui coûte des milliards de dollars à son peuple et le soumet à des sanctions internationales et où le dirigeant (l’ayatollah Khamenei), encore plus irresponsable que les autres, s’entête à poursuivre ces politiques antinationales ?

Connaissez-vous un pays qui ait laissé le contrôle des 32 milliards de dollars de ses banques à environ 500 personnes qui ne sont pas prêtes à rembourser leurs emprunts ? Néanmoins, il y a des millions de personnes qui ont un besoin désespéré de garnir leur table de nourriture et qui ne peuvent pas payer leurs besoins de base.

Vous connaissez un pays où le vol, la subornation et la corruption ont pris le pouvoir sur le système financier et institutionnel du gouvernement ? Depuis les juges, l’ancien chef de la police, le procureur général de la capitale, jusqu’aux banquiers, aux députés, à l’ancien vice-président, tous ont détourné plus de 100 millions de dollars tandis que le citoyen lambda ne peut même pas obtenir un prêt de quelques centaines de dollars !

Connaissez-vous un pays où l’usure, la corruption et les scandales sont les caractéristiques communes de la classe dirigeant, où les personnes et les groupes les plus incompétents tiennent les postes les plus sensibles du gouvernement, ont coulé l’économie, la politique et la société dans la banqueroute et la crise ?

Vous connaissez une nation dans laquelle les bandits, les pillards et les opportunistes sont libres et obtiennent même des promotions et des bonus, se vantant de leur pouvoir et de leur richesse mais dans laquelle les journalistes et ceux qui défendent la liberté et la justice sont emprisonnés, réprimés, exilés ou renvoyés de leurs domicile et de leur patrie ?
Oui, c’est ma patrie. Un pays où le clergé au pouvoir, totalitaire, dogmatique et fanatique s’unit avec les organisations de renseignement, militaires et économiques pour tout superviser, monopoliser la majorité des ressources nationales et humaines ? Grâce à l’expansionnisme, l’aventurisme et les ingérences illégales dans les affaires internes et externes des autres, ils ont de fait pris notre nation en otage en menaçant les autres pays.

Ce gang mafieux parle un jour de la technologie nucléaire comme de son « droit inaliénable » et noie ce pays sous des sanctions internationales écrasantes et le lendemain défend une « flexibilité héroïque » uniquement pour gagner du temps, exploitant une nation opprimée et affaiblie, engluée dans la pauvreté, la corruption, la prostitution, la faim et qui n’a même plus de domicile.

Oui ! Cette poignée de corrompus cruels ont dévasté ma patrie et paralysé notre nation par la pauvreté, la misère, la répression et la terreur. Ils ont désintégré et diminué différents groupes, partis et intellectuels tandis que d’autres (comme le président Rouhani) nous trompent par leur ruse de « sagesse et espoir » et passent le temps à des inscriptions à des projets avortés comme les « paniers de nourriture » et les « subventions en liquide ».

Maintenant, ils nous ont fait attendre une autre année pour conclure les négociations nucléaires : le mirage de l’ouverture, qui ne bénéficiera pas à la population mais au régime. Voilà le sort d’un peuple et d’une nation qui attend, coincée dans les mains de ses ravisseurs, demandant miséricorde et la délivrance de leur pauvreté et de leur misère grâce à la « clé ».[NDT : la clé était le symbole de la campagne électorale d'Hassan Rouhani]

Heshmat Tabarzadi – Prison de Redjaï-Shahr 

Source : http://www.dailykos.com/story/2014/05/11/1298585/-My-Devastated-Homeland#

mardi 13 mai 2014

Semaine 19 pour un Iran Libre et Démocratique

Nouvelles des Prisonniers
A-Transferts
  • Mostafa Daneshdjou transféré en soins intensifs à l’hôpital Tadjrish.
  • Arjang Davoudi transféré à la section 8 de la prison d’Evine.
  • Mohammad-Sedigh Kaboudvand transféré du dispensaire à la section 350 d’Evine.
  • Ali Moezi en grève de la faim est transféré à l’isolement à Redjaï Shahr.

B-Arrestations-Incarcérations
  • La bahaïe Nassim Ashrafi arrêtée pour purger sa peine d’un an de prison à Evine.
  • Maziar Guilaninejad, syndicaliste, arrêté à Karadj.
  • Amanollah Mostaghim est de retour à la prison de Redjaï Shahr à la fin de sa libération pour raisons médicales.
  • Mohammad Nikzad, taleb Sunnite, arrêté.
  • Omar Soleimani, syndicaliste kurde, arrêté à Baneh.
  • Nour-Agha Vakili, taleb Sunnite, arrêté.

C-Libérations
  • Alireza Farshi, militant politique azéri, en liberté provisoire.
  • Maziar Guilaninejad, syndicaliste, libéré.

D-Autres Nouvelles
  • Ali, Djafar et Habib Afshari (Razgar), en grève de la faim à la prison d’Oroumieh, transférés à l’isolement.
  • Heshmatollah Tabarzadi arrête sa grève de la faim après le retour de tous les prisonniers d’Evine à la section 350.
  • Les prisonniers de la section 7 d’Evine privés d’eau chaude.

Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Hamid Babaï, étudiant belge, condamné en appel à 10 ans de prison.
  • Le derviche Gonabadi Ali Karami  condamné à trois ans de prison.
  • Deux pendaisons à Mashhad dimanche.
  • 5 pendaisons à la prison de Kerman dimanche.
  • Une pendaison à Semnan lundi.
  • Une pendaison à Hamedan mardi.
  • Une pendaison à Maragheh mercredi.
  • 3 pendaisons à Qom jeudi.
  • Une pendaison publique à Saveh jeudi.

L’université – la Culture
  • Parissa Moghtadi est la première femme à la tête du complexe théâtral de Téhéran.
  • 12 livres interdits de la foire aux livres de Téhéran.
  • Le journal Ghanoun interdit et le site Web Dana filtré.
  • L’Iran discute avec Christie pour organiser des ventes aux enchères.
  • Mohammad Motlagh décide de publier son roman « Au Pays des Eglantines Blanches » sur Facebook après avoir essayé sans succès d’obtenir l’autorisation de le publier d’Ershad.

Manifestations 
  • Des fermiers du sud de Roudbar ont manifesté contre la baisse des prix des produits agricoles en déversant le fruit de leur travail devant les bureaux du gouverneur.
  • Les salariés d’Ahvaz Mills Factory manifestent pour le paiement de leurs salaires.
  • Les salariés des télécommunications manifestent devant le bureau du gouverneur d’Ardebil.

L’Iran à l’étranger 
  • Une délégation parlementaire italienne est en visite à Téhéran.
  • L’Iran détient des Espagnols pour braconnage.
  • Rouhani rencontre le ministre des affaires étrangères arménien à Téhéran.
  • Dubaï accuse 6 Iraniens de l’enlèvement d’un homme d’affaires.

L’économie en Iran 
  • Les ouvriers de la savonnerie de Khorramshahr n’ont pas été payés depuis 5 à 20 mois.
  • L’Iran met fin à son contrat pétrolier avec le Venezuela. Le Royaume-Uni commence à se renseigner sur les négociations pétrolières avec l’Iran.
  • La banque centrale confirme que l’Iran a bien reçu les 4ème et 5ème versements des avoirs gelés.
  • Le pipeline de gaz iranien vers l’Irak est en cours de construction.

Politique en Iran
  • Le président iranien met son véto à l’interdiction de WhatsApp.
  • Le parlement iranien vote contre la censure de Zarif sur sa diatribe contre l’Holocauste.
  • L’ancien chef du renseignement iranien Ali Fallahian : débloquer Facebook conduit à une société corrompue et moralement déviante.

Nouvelles en vrac
  • Inondations dans 10 villes et villages du nord-est de l’Iran.
  • 2957 morts à cause de la drogue en Iran en 2013.
  • Immense incendie à Ghazvine.
  • 83% des Iraniens n’aiment pas leur travail.
  • Des Iraniennes postent leurs photos sur Facebook tête nue tandis que les durs manifestent contre les mal-voilées.


Et toujours, la liste des prisonniers politiques en Iran (en Anglais) : http://hyperactivist.info/ipr.html
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samedi 3 mai 2014

Droits humains en Iran : président Rouhani, écoutez votre électorat – Sussan Tahmasebi @sussantweets 02 mai 2014

Le président iranien Hassan Rouhani a remporté des succès sans précédent sur le plan international mais il est dans l’impasse dans sa construction de la confiance et de la coopération entre les différentes factions de l’état iranien. En conséquence, il est tourmenté par des désastres humains récurrents en Iran car il ne les condamne pas publiquement.
En fait, lors d’une manifestation officielle pour le 1er mai, il a encouragé les citoyens à instaurer des organisations pour défendre leurs droits ; dans le même temps, environ 25 syndicalistes ont été arrêtés à Téhéran.

Parmi les personnes arrêtées, des membres du syndicat des bus de Téhéran, qui s’étaient rassemblés devant le ministère du travail pour offrir des fleurs et des bonbons.

Auparavant, durant une interview en direct sur la télévision d’état, mardi, Rouhani a juré n’avoir pas oublié ses promesses de campagne. Beaucoup ont interprété cette déclaration vague comme faisant référence à l’assignation à domicile, sans accusation ni procès, des candidats à l’élection présidentielle de 2009, Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

Durant cette même interview, Moussavi a été hospitalisé d’urgence pour des problèmes cardiaques.

Les affections de Moussavi, continuels durant sa détention, suivaient de près une autre crise des droits humains en Iran.

Le 17 avril, les fonctionnaires de la prison et les forces de sécurité ont pris d’assaut la section 350 de la prison d’Evine, où de nombreux prisonniers politiques sont détenus.

Les prisonniers auraient été violemment battus, beaucoup transférés à l’isolement et certains rasés pour les humilier.

Les prisonniers et leurs familles soutiennent que ceux qui auraient besoin de soins médicaux n’ont toujours pas été traités dans un établissement correctement équipé.

Malgré tout, le porte-parole du gouvernement, Mohammad Bagher Nobakht, a annoncé qu’une enquête était en cours. Rouhani et son cabinet ont gardé le silence à ce propos, refusant de condamner publiquement le raid contre la prison.

Et ce silence n’est pas limité à ce problème : il s’étend à d’autres problèmes de droits humains comme le nombre élevé d’exécutions en Iran.

Les observateurs et les analystes savent bien que Rouhani n’a que peu d’influence sur les autres branches du pouvoir, dont la justice responsable de la mise en place des  peines, de la supervision des tribunaux et des prisons et des libérations anticipées.

On gamberge beaucoup sur les motivations de ce manque de coordination entre Rouhani et les autres branches du pouvoir sur divers problèmes dont les droits humains.
Certains analystes croient que l’augmentation du nombre d’exécution depuis l’entrée en fonction de Rouhani est un moyen de l’embarrasser et d’affaiblir sa position, tant au niveau national qu’international.

D’autres, comme Issa Saharkhiz, analyste politique et journaliste ont une analyse différente.

Dans un article récent, publié par Rooz Online, basé à Paris, l’ancien prisonnier politique soutient que l’attaque et les récentes arrestations ont pour but d’envoyer le message des durs du régime aux dissidents iraniens : les relations internationales peuvent changer, mais les politique intérieure restera la même et on ne tolérera que très peu de contestation.

Durant sa campagne électorale, Rouhani a, à de nombreuses reprises, promis de minimiser l’impact de l’institution sécuritaire sur les citoyens ; une fois en poste, il a accueilli favorablement les critiques constructives et encourage les Iraniens de l’étranger à rentrer chez eux.
Cependant, en dépit de cette nouvelle approche des droits humains en Iran, tout au long de ces nombreuses crises, Rouhani a refusé de condamné publiquement et clairement les agissements des groupes des durs du régime, adoptant une approche tranquille et diplomatique pour résoudre les problèmes.

Il a fait allusion à cette approche dans son interview télévisée lorsqu’il a déclaré qu’il entamait un processus de consolidation de la paix et de réconciliation au niveau tant international que national.

Il a aussi déclaré être « engagé par ses promesses de campagne mais que pour les tenir, il faudra du temps. »

Mais la patience s’amenuise parmi les critiques et les soutiens de Rouhani.

Beaucoup sont en colère à cause de la lenteur des changements et de la continuation de la répression et de la violation des droits en Iran.

Tandis que Rouhani, les durs du régime et les réformateurs s’engagent dans une bataille de tendances t de démonstrations de force, les Iraniens se construisent leur propre idée des droits humains.

Les Iraniens, de plus en plus fatigués et en colère, tiennent leur gouvernement et son administration pour responsables.

La semaine dernière, tandis que les familles des prisonniers de la section 350 manifestaient devant la présidence pour demander une enquête sur l’attaque de la prison, il s’est passé quelque chose d’étrange et d’inattendu.

L’incident a trouvé un large écho dans les médias sociaux.

Quelqu’un a rapporté : « Aujourd’hui, pendant que les familles des prisonniers se trouvaient devant la présidence, un groupe de femmes s’est approché et à déployé une banderole sur laquelle était écrit « Nous voulons la fin des exécutions » et elles ont commencé à scander leurs demandes. »

Ces femmes étaient de la famille de prisonniers condamnés à mort  pour trafic de drogue de détails, d’après d’autres rapports.

Ces femmes étaient venues à la présidence pour demander justice et empêcher l’exécution de leurs fils.

D’après un rapport sur Facebook : « Ces femmes étaient très directes dans l’expression de leurs demandes… au contraire des militants des droits humains. L’une d’elles a demandé : « Ils veulent qu’on ait plus d’enfants pour les exécuter ? »

« Elles étaient venues se plaindre de leur mauvaise situation économique qui avait poussé leurs enfants à recourir à la vente de drogue. Elles se plaignaient de ne pas avoir assez d’argent pour nourrir leurs familles et de l’absence des services publics. »

La population a atteint un degré de compréhension des droits humains qui révèle un profonde fracture entre l’état et la population.

Dans tout le pays, les Iraniens, dont des membres des familles de condamnés à mort, des jeunes des minorités ethniques privés de leurs droits et des travailleurs pauvres sont en train de rapidement changer leurs points de vue et leurs approches de l’état pour leur demande de droits humains.

Mais l’état ne semble pas prêt à répondre à leurs demandes.

Même si cette situation explosive est héritée de l’époque d’Ahmadinejad ou de ceux qui l’ont précédé, c’est quand même un héritage dont le président Rouhani doit s’occuper.

Si on ne répond pas à ces demandes, elles vont se transformer en problèmes pour des modérés comme Rouhani ou pour les durs qui préfèrent des représailles rapides.

Depuis l’élection de juin 2013, les efforts concentrés de Rouhani ont amené des succès considérables dans l’amélioration de l’image de l’Iran sur la scène internationale.

Quand il ressent la pression, la stratégie de Rouhani est de se vanter souvent du mandat légitime reçu de la « population »iranienne.

Jusqu’à ce jour, cependant, les efforts de Rouhani en ce qui concerne la réconciliation nationale se sont concentrés sur une recherche d’apaisement entre des ennemis politiques, les durs et les réformateurs, plutôt que sur la population.

Ces efforts ont eu lieu en silence et à huis clos.

Pour être couronnée de succès, la réconciliation nationale doit englober une partie plus large de la population iranienne.

Rouhani devrait s’inspirer de ses succès internationaux et commencer à instaurer la confiance avec la « population » qui semble avoir été oubliée.

L’instauration de la confiance doit s’étendre au-delà des réformes économiques.

La résolution des problèmes des droits humains en Iran devrait être, pour Rouhani, une stratégie critique pour assurer la sécurité nationale et humaine en Iran.

Sussane Tahmassebi est une militante des droits humains iranienne qui a vécu et travaillé en Iran entre 1999 et 2010. Elle est la co-fondatrice du Réseau International d’Action de la Société Civile (ICAN) dont elle est la directrice pour le Moyen-Orient et l’Asie du programme des droits des femmes, de la paix et de la sécurité.

Source : http://www.ipsnews.net/2014/05/op-ed-iran-human-rights-president-rouhani-listen-public/

Semaine 18 pour un Iran Libre et Démocratique

Nouvelles des Prisonniers
A-Transferts
  • Omid Behrouzi transféré pendant quelques heures à l’hôpital Taleghani puis retour à Evine.
  • Reza Entessari, derviche Gonabadi, transféré à Evine au milieu des criminels de droit commun.
  • Abol-Ghassem (Djavad) Fouladvand de retour à la section 350 d’Evine.
  • Mir-Hossein Moussavi transféré à l’hôpital du cœur de Téhéran et rentre au domicile où il est assigné à résidence le lendemain.
  • Farshid Yadollahi, derviche Gonabadi, transféré à Evine au milieu des criminels de droit commun.

B-Arrestations-Incarcérations
  • Djamal Agooshi arrêté pour purger sa peine d’un an.
  • Babak et Behzad Assiaï, militants culturels, commencent à purger leur peine à Evine.
  • Djafar Azimzadeh, membre du comité de direction du syndicat libre des travailleurs, arrêté.
  • Nassim Bagheri arrêtée à Téhéran pour purger sa peine de 4 ans de prison.
  • Mohammad Bigdeli, musulman sunnite, arrêté.
  • Arash Kamancheh, militant culturel, commence à purger sa peine à Evine.
  • Djamil Mohammadi, membre du comité de direction du syndicat libre des travailleurs, arrêté.
  • Kaveh Rahimi, militant culturel, commence à purger sa peine à Evine.
  • Parvin Zandi, militante culturelle, commence à purger sa peine à Evine.
  • 23 syndicalistes arrêtés le 1er mai et libérés le jour même.

C-Libérations
  • Le poète azerbaïdjanais Hassan Damirchi (Mohammad-Hassan Hargeli) libéré à la fin de sa peine.

D-Autres Nouvelles
  • Mostafa Abdi porte plainte pour le jeudi noir.
  • Mehrdad Ahan-Khah porte plainte pour le jeudi noir.
  • Akbar Amini-Armaki  met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Masoud Arab-Tchoudbar porte plainte pour le jeudi noir.
  • Behzad Arabgol commence une grève de la faim et de la soif.
  • Soheil Arabi porte plainte pour le jeudi noir.
  • Vahid Asghari porte plainte pour le jeudi noir.
  • Assadollah et Madjid Assadi mettent fin à sa grève de la faim et portent plainte pour le jeudi noir.
  • Hassan Assadi-Zeidabadi met fin à sa grève de la faim.
  • Rassoul Badaghi en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Emad Bahavar met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Mohammad Banazadeh-Amirkhizi en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Esmaïl Barzegari porte plainte pour le jeudi noir.
  • Massoud Bastani se rase le crâne en solidarité avec les prisonniers de la section 350 d’Evine et met fin à sa grève de la faim.
  • Omid Behrouzi porte plainte pour le jeudi noir.
  • Ghorban-Ali Behzadiannejad met fin à sa grève de la faim.
  • Hamid-Reza Borhani en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Yashar Darolshafaï met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Mohammad Davari met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Houtan Dolati porte plainte pour le jeudi noir.
  • Djafar Eghdami se rase le crâne en solidarité avec les prisonniers de la section 350 d’Evine et met fin à sa grève de la faim.
  • Reza Entessari se rase le crâne en solidarité avec les prisonniers de la section 350 d’Evine et met fin à sa grève de la faim.
  • Amir Eslami met fin à sa grève de la faim.
  • Farshid Fatehi porte plainte pour le jeudi noir.
  • Djafar Gandji met fin à sa grève de la faim.
  • Mohsen Ghashghaeizadeh met fin à sa grève de la faim.
  • Amir Ghaziani porte plainte pour le jeudi noir.
  • Le Docteur Asghar Ghotan met fin à sa grève de la faim.
  • Assadollah Hadi met fin à sa grève de la faim.
  • Seyyed Saïd Haeri met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Reza (Arash) Hampaei met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Afshin Heiratian en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Khaled Herdani en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Davar Hosseini-Vojdan met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Peyman Kasnejad porte plainte pour le jeudi noir.
  • Hamid Kerbasi met fin à sa grève de la faim.
  • Seyyed Mehdi Khodaï porte plainte pour le jeudi noir.
  • Saleh Kohandel en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Saïd Madani se rase le crâne en solidarité avec les prisonniers de la section 350 d’Evine et met fin à sa grève de la faim.
  • Mehdi Mahmoudian se rase le crâne en solidarité avec les prisonniers de la section 350 d’Evine et met fin à sa grève de la faim.
  • Mohammad-Ali (Pirouz) Mansouri en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Le Docteur Saïd Massouri en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Mohsen Mir-Damadi met fin à sa grève de la faim.
  • Majid Mohammadi-Moein porte plainte pour le jeudi noir.
  • Batiar Shah-Mohammadov en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Mostafa Nili se rase le crâne en solidarité avec les prisonniers de la section 350 d’Evine et met fin à sa grève de la faim.
  • Massoud Pedram met fin à sa grève de la faim.
  • Mohammad-Sadegh Rabani-Amleshi met fin à sa grève de la faim.
  • Alireza Radjabian-Fard met fin à sa grève de la faim.
  • Saïd Razavi-Faghih se rase le crâne en solidarité avec les prisonniers de la section 350 d’Evine et met fin à sa grève de la faim.
  • Alireza Redjaï met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Mostafa Rismanbaf porte plainte pour le jeudi noir.
  • Seyyed Hossein Ronaghi-Maleki met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Soroush Sabet porte plainte pour le jeudi noir.
  • Mehdi Sadjedi-Far met fin à sa grève de la faim.
  • Reza Shahabi met fin à sa grève de la faim.
  • Behnam Sheikhi en grève de la faim et de la soif à la prison d’Evine.
  • Heshmatollah Tabarzadi en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Amine Tchalaki met fin à sa grève de la faim et porte plainte pour le jeudi noir.
  • Misagh Yazdanejad en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Nasseh (Ayhan) Youssefi en grève de la faim à la prison de Redjaï Shahr pour protester contre le Jeudi Noir à la section 350 d’Evine.
  • Omid Zareinejad met fin à sa grève de la faim.
  • Nouvelle attaque cette fois contre la prison de femmes de Ghartchak à Varamine.

Nouvelles de l’injustice en Iran
  • Mohammad-Keyvan Karimi, musulman Sunnite, condamné à mort.
  • Nasrollah Lashni, militant national-religieux, condamné à 6 ans de prison.
  • Emad Manabi, militant politique d’Ahvaz, condamné à 3 ans de prison.
  • Omid Peyvand, musulman Sunnite, condamné à mort.
  • Amjad Salehi, musulman Sunnite, condamné à mort.
  • Ali Sayahi, militant politique d’Ahvaz, condamné à 3 ans de prison.
  • Awat Sheikholeslami, militant des droits humains kurde, condamné à 1 an de prison.
  • Trois pendaisons publiques à Zabol samedi.
  • Une pendaison publique à Semnan samedi.
  • 7 pendaisons à la prison Dizel Abad de Kermanshah.
  • Trois pendaisons à Mashhad.

L’université – la Culture
  • Le journal Ebtekar a été interdit et ré autorisé 3 jours plus tard.
  • Leila Hatami fera partie du jury du festival de Cannes.
  • Whatsapp est désormais filtré en Iran.
  • ZJila Bani-Yaghoub nommée Héroïne de l’information par RSF.
  • Siamak Ghaderi nommé Héros de l’information par RSF.
  • Adnan Hassanpour nommé Héros de l’information par RSF.
  • Saïd Matinepour nommé Héros de l’information par RSF.
  • Le musician et joueur de Tar de premier plan Mohammadreza Lotfi est mort ce vendredi 2 mai à Téhéran à l’âge de 68 ans après une longue bataille contre le cancer.

L’Iran à l’étranger 
  • Zarif et la chef de l’UNESCO se rencontrent à Téhéran.
  • Le ministre des affaires étrangères autrichien en visite à Téhéran.
  • Zarif rencontre une délégation parlementaire française.
  • Zarif rencontre le ministre des affaires étrangères du Nicaragua à Téhéran.
  • Simon Gass, ancien ambassadeur à Téhéran, se rend en Iran pour discuter un resserrement des liens avec la Grande Bretagne.
  • L’UNESCO veut aider l’Iran a établir un Centre de Recherche sur l’eau.
  • Les Etats-Unis sanctionnent des entreprises chinoises et émiraties pour avoir commercé avec l’Iran.

L’économie en Iran 
  • Les Iraniens font la grève de l’essence pendant une journée.

Nouvelles en vrac
  • Il ne reste que 7% d’eau dans le lac d’Oroumieh.
  • L’essence produite en Iran est liée au cancer.


Et toujours, la liste des prisonniers politiques en Iran (en Anglais) : http://hyperactivist.info/ipr.html
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vendredi 2 mai 2014

Le message est clair : ne rentrez pas en Iran ! – Issa Saharkhiz – 28 avril 2014

Le message est clair et concis : le gouvernement n’a aucune autorité, nous avons le dernier mot et nous ne permettrons pas aux Iraniens qui ont quitté le pays, qui ont la double nationalité et qui résident à l’étranger de rentrer au pays pour y commencer une nouvelle vie.

Voici le message envoyé de temps à autre par un centre politique spécifique en se contentant de changer les mots. La cible est claire : le gouvernement et tous ceux qui attendent des réformes et du changement.

Ce message a été diffusé explicitement deux fois la semaine dernière à ceux qui nourrissaient quelque espoir, surtout les militants politiques et sociaux : attention, arrêtez de vous préparer à rentrer en Iran pour y vivre ou même pour y rendre visite à vos familles. 

Le premier message a été envoyé par le procureur général Mohseni Edjehi lors d’une conférence de presse ; il y a dévoilé en 2013 la création d’un tribunal spécial siégeant à huis clos, chargé de juger par contumace les personnes ayant joué un rôle dans les manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle de 2009.

Lundi, Hossein Nouraninejad a été arrêté à son domicile et envoyé en prison dans une section sous la supervision des gardes révolutionnaires ; ce n’est que le prolongement du message d’Edjehi. Nouraninejad est un militant politique proche des réformateurs et du parti Mosharekat (Participation Islamique) ; il avait été arrêté et emprisonné en relation avec le Mouvement Vert mais avait quitté le pays pour s’établir en Australie pour y poursuivre ses études. 

C’est la naissance de son premier enfant qui l’a fait revenir au pays pour y voir son nouveau-né et son épouse, une journaliste, Parastou Sarmadi. Elle a déclaré que des agents étaient venus chez eux et y avaient arrêté son époux ; ils lui avaient dit qu’ils l’emmenaient à la section 1 d’Evine.

C’est de la même façon que Sadjadeh Arabsorkhi et Serajeddine Mirdamadi ont été arrêtés, interrogés et condamnés à leur retour en Iran, après l’élection de Rouhani l’année dernière.

Le président Rouhani et plusieurs membres importants de son cabinet ont, à plusieurs reprises ces derniers mois, invité leurs compatriotes iraniens vivant à l’étranger à retourner chez eux. Durant son voyage de 2009 à New York, Rouhani a délivré  le même message à des Iraniens lors d’un dîner.

Suite à quoi, le secrétaire d’état aux affaires consulaires a précisé qu’il n’existait pas de loi en Iran interdisant aux Iraniens de rentrer au pays. Mais il a aussi dit que la peur des Iraniens qui voulaient rentrer n’avait d’autre base que la propagande des groupes d’opposition.

Pour répondre sur le statut des Iraniens qui avaient quitté le pays ces quatre dernières années, il a répondu que le président avait ordonné la création d’une commission interministérielle pour examiner le retour des Iraniens, surtout de ceux qui ne faisaient l’objet d’aucune poursuite.

Avec le temps, il est devenu clair que certains individus, au sein du régime, sous le contrôle de la justice, n’acceptaient pas cette politique du gouvernement et ne voulaient pas permettre au président de créer des conditions propices au retour des Iraniens, surtout des militants politiques et des journalistes.

C’est le même groupe qui harcèle les familles des militants iraniens émigrés à cause des menaces et de la peur d’être arrêtés et emprisonnés, moyen de forcer les militants d’arrêter leurs actions militantes et médiatiques. Ils envoient souvent des messages, tant directs qu’indirects, qui sont quelquefois menaçants, aux journalistes qui ont une double nationalité et qui travaillaient pour des médias officiels et légaux avant l’élection présidentielle de 2013, pour les persuader d’arrêter de travailler.

Les évènements récents corroborent l’observation qu’au fil du temps, ceux qui sont opposés au retour des Iraniens dans leur patrie l’emportent sur le cabinet Rouhani qui lui, le favorise.

Durant les six derniers mois, des personnes qui se sont rendues au bureau des passeports, à celui du procureur ou à la prison d’Evine ont raconté à leurs proches qu’ils avaient été témoins de l’emprisonnement et de la détention sans motif de beaucoup d’Iraniens qui étaient rentrés au pays. Ils ont vu de jeunes Iraniens sillonnant le bureau des passeports pour comprendre les raisons de leur interdiction de sortie du territoire ou pour récupérer leurs passeports confisqués à l’aéroport à leur retour en Iran. Ces personnes ont dû se rendre au ministère du renseignement, à l’agence du renseignement des gardes révolutionnaires ou au bureau du procureur.

Je pense que le second message envoyé aux Iraniens voulant rentrer au pays, ce sont les évènements de la section 350 de la prison d’Evine qui ont attiré l’attention du monde entier. Le message était clair : s’ils rentraient, les Iraniens subiraient le même traitement : tabassage à mort, blessures, etc.

Ceux qui ont perpétré cette violence contre les détenus d’Evine ont nié leurs crimes mais le tumulte engendré a poussé à la démission du directeur de la prison. Mais il a bénéficié d’avancement, ce qui est un camouflet pour les personnes et les groupes qui défendent les droits humains et qui suivent la situation en Iran, comme le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon et le rapporteur spécial aux droits humains Shahid.

Ces violations grossières et épouvantables des droits humains se passent en Iran alors que ce pays s’est engagé à défendre les droits humains.

Il faut souligner que l’une des faiblesses du cabinet Rouhani a été de ne pas prendre position sur la mise en place de la déclaration universelle des droits humains. On rapporte désormais que les efforts du président pour codifier mes « droits du citoyen » rencontrent aussi de sérieux obstacles en dépit de ses lacunes. Il est maintenant possible que ce projet de loi soit complètement écarté par le parlement.

Si Rouhani ne réussit pas à tenir ses promesses de campagne et à répondre aux demandes de ceux qui ont voté pour lui, la majorité des Iraniens en arriveraient à la conclusion que le transfert de pouvoir par le processus électoral ne produit aucun changement pour eux, ce qui enlèverait toute chance à Rouhani d’être réélu, mais permettrait aussi à ceux qui s’opposent aux programmes et réformes de son cabinet d’écraser les appels des réformateurs qui suivent Seyed Mohammad Khatami et Hashemi Rafsandjani.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/april/28/article/clear-message-do-not-return-to-iran.html

17 prisonniers politiques annoncent la fin de leur grève de la faim


17 prisonniers politiques de la section 350 de la prison d’Evine qui étaient en grève de la faim pour protester contre l’attaque dont ils avaient été l’objet le 17 avril ont annoncé la fin de leur grève de la faim tout en soulignant qu’ils continuaient à demander une enquête impartiale sur cette attaque.

Au nom de Dieu,
Noble peuple d’Iran,

Le jeudi noir, un grand nombre de prisonniers ont été vicieusement battus alors qu’ils étaient menottés et avaient les yeux bandés ; beaucoup ont été grièvement blessés, ce qui ne s’était jamais produit auparavant.

Le 21 avril, nous avons lancé une grève de la faim pour protester contre ce qui s’était passé, pour faire entendre la voix des victimes et faire savoir ce qui s’était passé.

Nous espérons que vous avez bien été informés, que vous avez eu connaissance des preuves et que vous êtes maintenant à même de juger. En plus de ce qui précède, il suffit de regarder qui étaient les attaquants et qui ils attaquaient pour mieux comprendre et se souvenir.

Les responsables auraient du être les premiers à s’opposer à cette injustice, à s’occuper de ceux qui ont perpétré ces crimes, ont été les premiers à fermer les yeux sur ce qui se passait ; ce faisant, ils ont mis la réalité en lumière. Mais plus que tout le reste, la négation de faits évidents et le refus de mener une enquête impartiale ont aidé l’opinion publique à se faire son idée.

Si l’on continue d’ignorer le jeudi noir de la section 350 de la prison d’Evine, si une enquête impartiale n’est pas diligentée, les instigateurs et les préparateurs de ce crime en resteront marqués à jamais. Nous espérons que notre gouvernement se conduise honorablement et que quelques députés épris de justice puissent enregistrer ce qui s’est passé et mettre la vérité en lumière.

Nous exprimons notre gratitude à tous ceux qui ont fait part de leur sympathie lors du traumatisme des prisonniers innocents de la section 350, parmi eux de grands érudits, des personnalités nationales de premier plan, des groupes et des institutions qui nous ont demandé de mettre fin à notre grève de la faim ; nous leur annonçons qu’elle se termine le mardi 28 avril mais que nous continuons à demander une enquête sur les violations qui ont eu lieu.

Notre gratitude aussi à nos amis de la prison de Radjai Shahr qui sont en grève de la faim pour nous soutenir ; nous leur demandons aussi de cesser leur grève de la faim. 

1. Hassan Assadi-Zeidabadi
2. Amir Eslami
3. Akbar Amini-Armaki
4. Emad Bahavar
5. Ghorban-Ali Behzadian-Nejad
6. Massoud Pedram
7. Amine Tchalaki
8. Mohammad-Sadegh Rabani-Amlashi
9. Alireza Redjai
10. Seyyed Hossein Ronaghi-Maleki
11. Reza Shahabi
12. Mohsen Mirdamadi

Source :http://www.kaleme.com/1393/02/08/klm-182879/

Cinq autres prisonniers ont également annoncé arrêter leur grève de la faim :

1. Alireza Radjabian-Fard
2. Mohammad Davari
3. Hamid Karvassi
4. Djafar Gandji
5. Mohsen Ghashghai

Source :http://www.kaleme.com/1393/02/08/klm-182881/

jeudi 1 mai 2014

La section 350 de la prison d’Evine est-elle vraiment calme ? – Mehrangis Kar – 28 avril 2014

Gholam-Hossein Esmaïli, chef de l’infâme prison d’Evine a dit à l’agence de presse Tadbir que la section 350 de la prison était calme et tranquille. Mais depuis, les familles des prisonniers de cette section ont crié sans relâche la violence perpétrée dans la section et on a entendu leurs voix dans le monde entier. Après la révélation, le directeur a dit avoir identifié la source de cette « fausse » nouvelle.

Depuis longtemps, quand nous voulions écrire sur les lois et le déroulement de la justice, nous pensions que nous avions perdu la tête et qu’après 35 ans de république islamique, nous n’avions toujours pas compris que les lois de cette république ne sont que des outils sans vie propre, ce ne sont que des blagues. Certains se sont entrainés à les faire voter tandis qu’à d’autres, beaucoup moins intelligents, on a appris à ne pas permettre de les appliquer. Quel raisonnement sous-tend cette politique ? Je veux dire la politique de la rédaction de lois dans le but d’en tirer des bénéfices sonnants et trébuchants ?

En fait, rien de surprenant à ce que le régime brutal qui s’est imposé en Iran ne prenne la loi pour une farce. Ce qui est en revanche surprenant, c’est qu’il commence par faire voter des lois. Une de ces lois, rédigée en bonne et due forme, se rapporte aux prisons et à la règlementation de l’administration des prisons ; elle a été votée en 2005. Ce qui se passe dans les prisons iraniennes n’a absolument rien à voir avec ce qui est inscrit dans la loi. Ceux qui ont été entrainés à nier la loi, ce qu’ils font très bien d’ailleurs, ont vu une aubaine dans la nomination d’Esmaïli à la tête de la prison d’Evine. Après tout, il avait déjà réussi à proclamer : « Il n’y a pas un seul gramme de drogue vendu et acheté dans toutes les prisons du pays. »

Maintenant qu’Esmaïli a clairement démontré aux détenus d’Evine que les lois qui gouvernent les prisons de ce pays ne sont là que pour faire joli, il prépare le terrain pour qu’on ne s’intéresse jamais à la « recherche de la justice » Il ne semble pas comprendre que la lame même qu’il a ordonné d’utiliser pour raser les prisonniers se retournera bientôt contre lui.

Quand ceux qui m’enseignaient me parlaient de la loi, ils ne s’imaginaient pas qu’un jour la loi connaitrait un tel sort. Ils étaient pleins d’espoir : la loi serait respectée et honorée par ceux à qui ils l’enseignaient. Ils croyaient qu’on n’arrêterait jamais la mise en place de la loi à coups de couteaux, la remplaçant par une matraque. Mais maintenant, ces rêves et ces espoirs sont perdus, mais pas l’amour de la loi, même si des gens comme Esmaïli ont supprimé tout espoir de mise en application des lois que le régime lui-même a promulguées.

La section 350 d’Evine est une base historique. Si elle est secouée, le tremblement de terre arrive. A cause de ce qu’il s’est passé dans les cellules de cette section, et dans les autres cellules des autres sections, des autres prisons du pays, une réconciliation nationale n’est qu’illusoire. Même le régime de l’apartheid avait confiance en lui tandis que ce régime se moque de ses propres lois et règlementations.

La loi régissant l’administration des prisons en république islamique parle des droits du prisonnier en tant que citoyen. Elle en fait la liste, définit leur portée, exige la présence des avocats à tous les étages de l’organisation carcérale. Nulle part elle ne mentionne que si un homme, issu du sein de la république islamique, arrive aux affaires et tente, ne serait-ce que modestement, de l’empêcher de s’écrouler, qu'ils s'appellent Khatami ou Rouhani, on renierait la présomption d’innocence. Cette loi prend toutes les dispositions en cas de violation des droits des prisonniers et contient des règles spécifiques sur les aspects disciplinaires. Elle prévoit un conseil de classement les prisonniers et un autre disciplinaire. Si ces deux conseils n’avaient pas été transformés en farce par des personnes comme Esmaïli, la section 350 de la prison d’Evine aurait vraiment été paisible. Et si le principe de présomption d’innocence jusqu'à la preuve de la faute, stipulé dans l’article 37 de la constitution, n’avait pas été transformé en outil pour la justice, les prisonniers, aujourd’hui blessés et injuriés, joueraient un rôle actif dans la société dans leurs domaines professionnels ou universitaires, et ils auraient œuvré à réduire le nombre de crimes commis dans leurs communautés.

Mais notre sort est entre les mains de criminels qui jouent du couteau et nous attaquent chaque fois qu’un de leurs rivaux prend le dessus dans la lutte perpétuelle pour le pouvoir ; il nous faut donc nous appuyer sur ces mêmes lois pour nous battre pour nos droits. Il nous faut utiliser leurs lois pour les tenir responsables.

La section 350 de la prison d’Evine a bien accueilli les réformateurs entre 1997 et 2006. Après l’élection présidentielle de 2009, c’est devenu le foyer des réformateurs et maintenant, c’est le lieu de résidence des militants des droits humains. Elle a toujours servi d’étalon pour jauger les libertés de pensée et d’expression. Aujourd’hui, ces attaques et cette violence dénotent la peur suscitée par Madame Ashton et les réactions à propos la déclaration sur les droits humains publiée par le parlement européen sur la situation des droits humains en Iran. C’est plus sérieux que cela ne l’a jamais été. On a maintenant peur d’un prisonnier doté de raison et de connaissances. Ce nouveau prisonnier connait la loi et sait que seules des déclarations et des résolutions écrites peuvent ébranler le régime. Ces documents sont une base pour un prisonnier qui ne possède rien dans son propre pays. Elles lui donnent espoir et confiance, et cette confiance signe l’arrêt de mort du réseau des tortionnaires. En plus, elles donnent le sentiment que le monde les regarde, et ça marche même si ce n’est qu’une illusion.

Ils sont très doués pour créer des crises, mais tout autant étroits d’esprit et ils ne voient pas plus loin que le bout de leurs nez.

Alors, par peur de perdre le pouvoir, ils se sont maintenant concentrés sur la section 350 d’Evine. Mais ils n’en tireront rien. L’économie, malade et non-traitée, cherchant toujours à guerroyer, ils ne peuvent s’en débarrasser.

C’est le moment pour tous les Iraniens, de l’intérieur comme de l’extérieur, de déposer plainte contre le régime. Tous les Iraniens seront alors reconnus comme prisonniers de la section 350 de la prison d’Evine. Les Iraniens peuvent commencer à utiliser ces plaintes dans l’intérêt du pays, qui n’est autre que la défense de la dignité humaine. Les outils législatifs sont disponibles à l’intérieur même des lois votées par la république islamique. Tant que les Iraniens ne se présenteront pas comme membres de la famille de tous les prisonniers politiques, aucun progrès n’aura lieu et les déclarations sur les droits humains de l’union européenne resteront sans effets.

Les lois régissant l’administration des prisons en Iran sont un bon outil pour des actions à grande échelle pour défendre leurs intérêts nationaux. La loi spécifie les infractions qui pourraient être commises par les prisonniers. Si l’on avait respecté les dispositions de cette loi, la crise actuelle n’aurait jamais eu lieu.

Les Iraniens de tous horizons peuvent manifester contre les politiques cruelles et sans fondement du régime à un niveau international et mondial. Ils peuvent révéler ses crimes.

Je dis à Monsieur Rouhani que s’il ne défend même pas les droits que son administration a identifiés dans sa charte des droits du citoyen, il sera relégué au rôle de simple « coordinateur d'agences », comme l’avait nommé le président Khatami, beaucoup plus vite qu’il ne le croit. Et ceux qui avaient voté pour lui se demanderont alors ce qui est arrivé à celui qu’ils avaient élu président pour qu’il se transforme en simple coordinateur. Monsieur Rouhani, ne succombez pas à la pression, soyez ferme sur la loi et les droits des citoyens. La population place encore en vous ses espérances et vous pouvez en jouer. Vous serez détruit plus vite que vous ne le croyez si vous n’agissez pas ainsi. Ne vous suicidez pas, le temps presse.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/april/28/article/ward-350-of-evin-prison-is-peaceful.html