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samedi 3 mai 2014

Droits humains en Iran : président Rouhani, écoutez votre électorat – Sussan Tahmasebi @sussantweets 02 mai 2014

Le président iranien Hassan Rouhani a remporté des succès sans précédent sur le plan international mais il est dans l’impasse dans sa construction de la confiance et de la coopération entre les différentes factions de l’état iranien. En conséquence, il est tourmenté par des désastres humains récurrents en Iran car il ne les condamne pas publiquement.
En fait, lors d’une manifestation officielle pour le 1er mai, il a encouragé les citoyens à instaurer des organisations pour défendre leurs droits ; dans le même temps, environ 25 syndicalistes ont été arrêtés à Téhéran.

Parmi les personnes arrêtées, des membres du syndicat des bus de Téhéran, qui s’étaient rassemblés devant le ministère du travail pour offrir des fleurs et des bonbons.

Auparavant, durant une interview en direct sur la télévision d’état, mardi, Rouhani a juré n’avoir pas oublié ses promesses de campagne. Beaucoup ont interprété cette déclaration vague comme faisant référence à l’assignation à domicile, sans accusation ni procès, des candidats à l’élection présidentielle de 2009, Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

Durant cette même interview, Moussavi a été hospitalisé d’urgence pour des problèmes cardiaques.

Les affections de Moussavi, continuels durant sa détention, suivaient de près une autre crise des droits humains en Iran.

Le 17 avril, les fonctionnaires de la prison et les forces de sécurité ont pris d’assaut la section 350 de la prison d’Evine, où de nombreux prisonniers politiques sont détenus.

Les prisonniers auraient été violemment battus, beaucoup transférés à l’isolement et certains rasés pour les humilier.

Les prisonniers et leurs familles soutiennent que ceux qui auraient besoin de soins médicaux n’ont toujours pas été traités dans un établissement correctement équipé.

Malgré tout, le porte-parole du gouvernement, Mohammad Bagher Nobakht, a annoncé qu’une enquête était en cours. Rouhani et son cabinet ont gardé le silence à ce propos, refusant de condamner publiquement le raid contre la prison.

Et ce silence n’est pas limité à ce problème : il s’étend à d’autres problèmes de droits humains comme le nombre élevé d’exécutions en Iran.

Les observateurs et les analystes savent bien que Rouhani n’a que peu d’influence sur les autres branches du pouvoir, dont la justice responsable de la mise en place des  peines, de la supervision des tribunaux et des prisons et des libérations anticipées.

On gamberge beaucoup sur les motivations de ce manque de coordination entre Rouhani et les autres branches du pouvoir sur divers problèmes dont les droits humains.
Certains analystes croient que l’augmentation du nombre d’exécution depuis l’entrée en fonction de Rouhani est un moyen de l’embarrasser et d’affaiblir sa position, tant au niveau national qu’international.

D’autres, comme Issa Saharkhiz, analyste politique et journaliste ont une analyse différente.

Dans un article récent, publié par Rooz Online, basé à Paris, l’ancien prisonnier politique soutient que l’attaque et les récentes arrestations ont pour but d’envoyer le message des durs du régime aux dissidents iraniens : les relations internationales peuvent changer, mais les politique intérieure restera la même et on ne tolérera que très peu de contestation.

Durant sa campagne électorale, Rouhani a, à de nombreuses reprises, promis de minimiser l’impact de l’institution sécuritaire sur les citoyens ; une fois en poste, il a accueilli favorablement les critiques constructives et encourage les Iraniens de l’étranger à rentrer chez eux.
Cependant, en dépit de cette nouvelle approche des droits humains en Iran, tout au long de ces nombreuses crises, Rouhani a refusé de condamné publiquement et clairement les agissements des groupes des durs du régime, adoptant une approche tranquille et diplomatique pour résoudre les problèmes.

Il a fait allusion à cette approche dans son interview télévisée lorsqu’il a déclaré qu’il entamait un processus de consolidation de la paix et de réconciliation au niveau tant international que national.

Il a aussi déclaré être « engagé par ses promesses de campagne mais que pour les tenir, il faudra du temps. »

Mais la patience s’amenuise parmi les critiques et les soutiens de Rouhani.

Beaucoup sont en colère à cause de la lenteur des changements et de la continuation de la répression et de la violation des droits en Iran.

Tandis que Rouhani, les durs du régime et les réformateurs s’engagent dans une bataille de tendances t de démonstrations de force, les Iraniens se construisent leur propre idée des droits humains.

Les Iraniens, de plus en plus fatigués et en colère, tiennent leur gouvernement et son administration pour responsables.

La semaine dernière, tandis que les familles des prisonniers de la section 350 manifestaient devant la présidence pour demander une enquête sur l’attaque de la prison, il s’est passé quelque chose d’étrange et d’inattendu.

L’incident a trouvé un large écho dans les médias sociaux.

Quelqu’un a rapporté : « Aujourd’hui, pendant que les familles des prisonniers se trouvaient devant la présidence, un groupe de femmes s’est approché et à déployé une banderole sur laquelle était écrit « Nous voulons la fin des exécutions » et elles ont commencé à scander leurs demandes. »

Ces femmes étaient de la famille de prisonniers condamnés à mort  pour trafic de drogue de détails, d’après d’autres rapports.

Ces femmes étaient venues à la présidence pour demander justice et empêcher l’exécution de leurs fils.

D’après un rapport sur Facebook : « Ces femmes étaient très directes dans l’expression de leurs demandes… au contraire des militants des droits humains. L’une d’elles a demandé : « Ils veulent qu’on ait plus d’enfants pour les exécuter ? »

« Elles étaient venues se plaindre de leur mauvaise situation économique qui avait poussé leurs enfants à recourir à la vente de drogue. Elles se plaignaient de ne pas avoir assez d’argent pour nourrir leurs familles et de l’absence des services publics. »

La population a atteint un degré de compréhension des droits humains qui révèle un profonde fracture entre l’état et la population.

Dans tout le pays, les Iraniens, dont des membres des familles de condamnés à mort, des jeunes des minorités ethniques privés de leurs droits et des travailleurs pauvres sont en train de rapidement changer leurs points de vue et leurs approches de l’état pour leur demande de droits humains.

Mais l’état ne semble pas prêt à répondre à leurs demandes.

Même si cette situation explosive est héritée de l’époque d’Ahmadinejad ou de ceux qui l’ont précédé, c’est quand même un héritage dont le président Rouhani doit s’occuper.

Si on ne répond pas à ces demandes, elles vont se transformer en problèmes pour des modérés comme Rouhani ou pour les durs qui préfèrent des représailles rapides.

Depuis l’élection de juin 2013, les efforts concentrés de Rouhani ont amené des succès considérables dans l’amélioration de l’image de l’Iran sur la scène internationale.

Quand il ressent la pression, la stratégie de Rouhani est de se vanter souvent du mandat légitime reçu de la « population »iranienne.

Jusqu’à ce jour, cependant, les efforts de Rouhani en ce qui concerne la réconciliation nationale se sont concentrés sur une recherche d’apaisement entre des ennemis politiques, les durs et les réformateurs, plutôt que sur la population.

Ces efforts ont eu lieu en silence et à huis clos.

Pour être couronnée de succès, la réconciliation nationale doit englober une partie plus large de la population iranienne.

Rouhani devrait s’inspirer de ses succès internationaux et commencer à instaurer la confiance avec la « population » qui semble avoir été oubliée.

L’instauration de la confiance doit s’étendre au-delà des réformes économiques.

La résolution des problèmes des droits humains en Iran devrait être, pour Rouhani, une stratégie critique pour assurer la sécurité nationale et humaine en Iran.

Sussane Tahmassebi est une militante des droits humains iranienne qui a vécu et travaillé en Iran entre 1999 et 2010. Elle est la co-fondatrice du Réseau International d’Action de la Société Civile (ICAN) dont elle est la directrice pour le Moyen-Orient et l’Asie du programme des droits des femmes, de la paix et de la sécurité.

Source : http://www.ipsnews.net/2014/05/op-ed-iran-human-rights-president-rouhani-listen-public/

vendredi 2 mai 2014

Le message est clair : ne rentrez pas en Iran ! – Issa Saharkhiz – 28 avril 2014

Le message est clair et concis : le gouvernement n’a aucune autorité, nous avons le dernier mot et nous ne permettrons pas aux Iraniens qui ont quitté le pays, qui ont la double nationalité et qui résident à l’étranger de rentrer au pays pour y commencer une nouvelle vie.

Voici le message envoyé de temps à autre par un centre politique spécifique en se contentant de changer les mots. La cible est claire : le gouvernement et tous ceux qui attendent des réformes et du changement.

Ce message a été diffusé explicitement deux fois la semaine dernière à ceux qui nourrissaient quelque espoir, surtout les militants politiques et sociaux : attention, arrêtez de vous préparer à rentrer en Iran pour y vivre ou même pour y rendre visite à vos familles. 

Le premier message a été envoyé par le procureur général Mohseni Edjehi lors d’une conférence de presse ; il y a dévoilé en 2013 la création d’un tribunal spécial siégeant à huis clos, chargé de juger par contumace les personnes ayant joué un rôle dans les manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle de 2009.

Lundi, Hossein Nouraninejad a été arrêté à son domicile et envoyé en prison dans une section sous la supervision des gardes révolutionnaires ; ce n’est que le prolongement du message d’Edjehi. Nouraninejad est un militant politique proche des réformateurs et du parti Mosharekat (Participation Islamique) ; il avait été arrêté et emprisonné en relation avec le Mouvement Vert mais avait quitté le pays pour s’établir en Australie pour y poursuivre ses études. 

C’est la naissance de son premier enfant qui l’a fait revenir au pays pour y voir son nouveau-né et son épouse, une journaliste, Parastou Sarmadi. Elle a déclaré que des agents étaient venus chez eux et y avaient arrêté son époux ; ils lui avaient dit qu’ils l’emmenaient à la section 1 d’Evine.

C’est de la même façon que Sadjadeh Arabsorkhi et Serajeddine Mirdamadi ont été arrêtés, interrogés et condamnés à leur retour en Iran, après l’élection de Rouhani l’année dernière.

Le président Rouhani et plusieurs membres importants de son cabinet ont, à plusieurs reprises ces derniers mois, invité leurs compatriotes iraniens vivant à l’étranger à retourner chez eux. Durant son voyage de 2009 à New York, Rouhani a délivré  le même message à des Iraniens lors d’un dîner.

Suite à quoi, le secrétaire d’état aux affaires consulaires a précisé qu’il n’existait pas de loi en Iran interdisant aux Iraniens de rentrer au pays. Mais il a aussi dit que la peur des Iraniens qui voulaient rentrer n’avait d’autre base que la propagande des groupes d’opposition.

Pour répondre sur le statut des Iraniens qui avaient quitté le pays ces quatre dernières années, il a répondu que le président avait ordonné la création d’une commission interministérielle pour examiner le retour des Iraniens, surtout de ceux qui ne faisaient l’objet d’aucune poursuite.

Avec le temps, il est devenu clair que certains individus, au sein du régime, sous le contrôle de la justice, n’acceptaient pas cette politique du gouvernement et ne voulaient pas permettre au président de créer des conditions propices au retour des Iraniens, surtout des militants politiques et des journalistes.

C’est le même groupe qui harcèle les familles des militants iraniens émigrés à cause des menaces et de la peur d’être arrêtés et emprisonnés, moyen de forcer les militants d’arrêter leurs actions militantes et médiatiques. Ils envoient souvent des messages, tant directs qu’indirects, qui sont quelquefois menaçants, aux journalistes qui ont une double nationalité et qui travaillaient pour des médias officiels et légaux avant l’élection présidentielle de 2013, pour les persuader d’arrêter de travailler.

Les évènements récents corroborent l’observation qu’au fil du temps, ceux qui sont opposés au retour des Iraniens dans leur patrie l’emportent sur le cabinet Rouhani qui lui, le favorise.

Durant les six derniers mois, des personnes qui se sont rendues au bureau des passeports, à celui du procureur ou à la prison d’Evine ont raconté à leurs proches qu’ils avaient été témoins de l’emprisonnement et de la détention sans motif de beaucoup d’Iraniens qui étaient rentrés au pays. Ils ont vu de jeunes Iraniens sillonnant le bureau des passeports pour comprendre les raisons de leur interdiction de sortie du territoire ou pour récupérer leurs passeports confisqués à l’aéroport à leur retour en Iran. Ces personnes ont dû se rendre au ministère du renseignement, à l’agence du renseignement des gardes révolutionnaires ou au bureau du procureur.

Je pense que le second message envoyé aux Iraniens voulant rentrer au pays, ce sont les évènements de la section 350 de la prison d’Evine qui ont attiré l’attention du monde entier. Le message était clair : s’ils rentraient, les Iraniens subiraient le même traitement : tabassage à mort, blessures, etc.

Ceux qui ont perpétré cette violence contre les détenus d’Evine ont nié leurs crimes mais le tumulte engendré a poussé à la démission du directeur de la prison. Mais il a bénéficié d’avancement, ce qui est un camouflet pour les personnes et les groupes qui défendent les droits humains et qui suivent la situation en Iran, comme le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon et le rapporteur spécial aux droits humains Shahid.

Ces violations grossières et épouvantables des droits humains se passent en Iran alors que ce pays s’est engagé à défendre les droits humains.

Il faut souligner que l’une des faiblesses du cabinet Rouhani a été de ne pas prendre position sur la mise en place de la déclaration universelle des droits humains. On rapporte désormais que les efforts du président pour codifier mes « droits du citoyen » rencontrent aussi de sérieux obstacles en dépit de ses lacunes. Il est maintenant possible que ce projet de loi soit complètement écarté par le parlement.

Si Rouhani ne réussit pas à tenir ses promesses de campagne et à répondre aux demandes de ceux qui ont voté pour lui, la majorité des Iraniens en arriveraient à la conclusion que le transfert de pouvoir par le processus électoral ne produit aucun changement pour eux, ce qui enlèverait toute chance à Rouhani d’être réélu, mais permettrait aussi à ceux qui s’opposent aux programmes et réformes de son cabinet d’écraser les appels des réformateurs qui suivent Seyed Mohammad Khatami et Hashemi Rafsandjani.

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2014/april/28/article/clear-message-do-not-return-to-iran.html

mardi 5 novembre 2013

2 novembre 2013 – Il faut une commission d’enquête indépendante – Issa Saharkhiz –

Aftab_iran@yahoo.com

Plusieurs militants politiques, des droits civiques et des médias en Iran ont déjà conclu que la lune de miel de Hassan Rouhani avec ceux qui l’ont soutenu a pris fin ; le ministre de la justice de son cabinet, a qualifié les évènements qui auraient eu lieu lors des fêtes de l’Eid Ghadir (commémoration chiite historique) au domicile de Mir-Hossein Moussavi de « blitz médiatique »,  une expression qui aurait mieux convenu au cabinet Ahmadinejad et une réminiscence du temps où il travaillait au renseignement sécuritaire.

Je connais Rouhani ; il est intelligent et juste ; je doute vraiment qu’il partage les points de vue d’un ministre qui, en réalité, est le représentant du chef de la justice, Sadegh Laridjani, dans sa version « modérée ».

Les réformateurs et les partisans de la transformation ont joué un rôle clé dans sa victoire à l’élection présidentielle de juin ; dans les 100 premiers jours de son mandat, le chef du dixième gouvernement fournirait ainsi à ses anciens opposants et à ses nouveaux critiques, des preuves qui, plus que tout démontreraient sa rupture avec ces deux factions ; personnellement, j’en doute sérieusement.

De plus, ce fait pourrait, à lui seul prouver la fin de sa lune de miel, surtout avec les religieux de premier plan de Ghom, Shiraz, etc… ; même des dirigeants réformateurs comme Seyed Mohammad Khatami et des militants nationaux-religieux comme Abdollah Nouri, qui vient de rendre visite aux filles de Moussavi et de Rahnavard et a téléphoné à Kowkab et Nargues qui lui ont exprimé la cruauté et la douleur que leur cause l’assignation à domicile de leurs parents.
« Ne pas interférer avec la création d’une commission pour lever l’assignation à domicile de Moussavi et Karroubi », voilà la position du gouvernement et elle est en adéquation avec ses intentions politiques et culturelles ; mais il ne semble pas possible que Rouhani accepte l’assertion de Mostafa Pour-Mohammadi : l’attaque rapportée contre les filles de Moussavi, gifles et morsure, aurait été forgée par les médias. Et cela, parce que ces remarques ne sont ni « prévoyantes » ni « génératrices d’espoir », deux qualificatifs auxquels le gouvernement aime être associé.

A notre époque, les outils sophistiqués de surveillance sont largement utilisés en Iran et dans le monde entier ; la remarque du ministre de la justice : « la surveillance est une activité normale qui a également lieu en république islamique, comme dans les autres pays » est acceptable mais il est beaucoup moins probable que Mr. Pour-Mohammadi autorise personnellement que Moussavi et les membres de sa famille, ses proches et ses enfants soient « fouillés » ou que l’épouse et les filles de Moussavi soient mises à nu, exposant leurs corps aux agents qui les entourent ou soient soumises à d’autres vexations qu’il n’est même pas possible de relater ici par écrit.

Je voudrais informer Monsieur Rouhani que la fouille à corps est la norme dans les prisons iraniennes de nos jours ; les prisonniers politiques et d’opinion sont régulièrement contraints de se déshabiller et de rester nus pour être non seulement inspectés mais pénétrés par les gardiens de prison quand ils rentrent du tribunal ou de visites médicales.

Ce sont des pratiques communes et intrusives lorsque les prisonniers bénéficient de visites sans séparation ou de « visites religieuses ». C’est pourquoi certains prisonniers s’abstiennent de se rendre dans des établissements médicaux ou que certains membres des familles refusent les visites sans séparation. Si le gouvernement le juge nécessaire, il peut former une commission spéciale qui s’entretiendra avec ceux qui ont été témoins de ces conduites et pratiques.

Même s’ils semble que le président ou ses conseillers les plus proches n’accepteront pas de former une commission spéciale pour la libération de Moussavi et Karroubi, on peut encore espérer que Monsieur Rouhani demandera à son conseiller le plus éminent, l’hodjatoleslam Younessi de former « une commission d’enquête indépendante » composée de membres du gouvernement, de personnalités indépendantes réformatrices, favorables à la transformation et de conservateurs rationnels pour enquêter sur ce problème et sur les fouilles à corps qui sont menées dans le pays, en s’entretenant avec les prisonniers d’opinion et politiques, actuels et anciens, y compris les prisonniers du Mouvement Vert qui, en dépit de tous les dangers, ont ouvertement déclaré avoir été battus et torturés, physiquement et psychologiquement. 

Source : http://www.roozonline.com/english/opinion/opinion-article/archive/2013/november/02/article/the-need-for-an-independent-fact-finding-commission.html

lundi 18 juillet 2011

Lettre ouverte d'Issa Saharkhiz au rapporteur spécial de l'ONU pour les droits humains en Iran

Cher Monsieur Shahid,

Je vous salue.
Je m’appelle Issa Saharkhiz, et suis l’un des prisonniers politiques arrêtés après les pseudo-élections de 2009 ; j’ai purgé la moitié de ma peine de prison et, contrairement à la loi, je n’ai pas eu droit à un seul jour de permission pour suivre un traitement médical dont j’ai besoin..
Monsieur Ahmed Shahid,

La nouvelle de votre sélection en tant que rapporteur spécial pour les droits humains en Iran auprès de l’ONU m’a mis du baume au cœur, et non seulement à moi mais à beaucoup d’autres prisonniers politiques car nous espérons que vous serez notre porte-parole pour informer sur la situation déplorable dans les prisons de la république islamique. 

Monsieur Ahmed Shahid,

Ce qui se passe actuellement dans les prisons de la république islamique constitue un crime contre l’humanité au même titre que les traitements inhumains des prisonniers dans les camps de travaux forcés de Sibérie par Staline. 

Ces traitements ne se limitent pas uniquement aux prisonniers politiques ; la situation des prisonniers de droit commun n’est pas moins désastreuse.

Vous avez certainement entendu parler de la mort horrible de Hoda Saber ; il était en grève de la faim quand il a été battu par le personnel de la prison, il en est mort. Avant cela, vous avez du entendre parler de la mort de Mohsen Dokmetchi.

Vous devez être quelque peu au courant de ma situation médicale et devez savoir qu’on ne m’autorise même pas à être hospitalisé pour suivre un traitement médical qui m’est nécessaire, je ne rentrerai donc pas dans le détail de mon dossier médical.

En vous écrivant cette lettre, mon but est de vous rappeler qu’une situation aussi dramatique existe et qu’un autre évènement tragique peut subvenir à tout moment. La stratégie et les objectifs des autorités sont très clairs pour moi ainsi que pour mes codétenus : « Tuer silencieusement et à petit feu les prisonniers qui protestent. »

Ils ont délibérément décidé de nous détruire et nous ont concocté une mort silencieuse car ils craignent notre survie serait-ce derrière ces murs et ces barreaux.

Au nom de l’humanité et en raison de la responsabilité qui vous a été octroyée, il vous fut faire tout ce qui est en votre pouvoir pour agir immédiatement et informer des actes de haines perpétrés derrière ces murs.

J’espère que vous estimez la question du temps à sa juste valeur et que vous vous rendez compte que tout retard mis à agir causerait la mort d’autres prisonniers politiques encore.

Je vous demande donc d’agir immédiatement et de vous rendre en Iran sans délais. Si les autorités vous empêchent de rendre visite aux prisonniers politiques, cela ne fera qu’exposer une action honteuse supplémentaire d’un régime basé sur le mensonge.

Issa Saharkhiz – Juillet 2011 – Prison de Redjaï Shahr
Source: http://onlymehdi.posterous.com/60534220

Lettre ouverte à Monsieur le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains en Iran

Honorable Ahmed Shahid,

Nous vous saluons respectueusement,

Nous vous félicitons pour votre nomination au poste de rapporteur spécial de l’ONU chargé d’enquêter sur la république islamique d’Iran.
Jusqu’à présent, nous avons été déçus par le manque d’attention portée aux violations des droits fondamentaux sous la constitution iranienne et la déclaration universelle des droits humains, auxquelles la république islamique est obligée de se conformer. 
Nous sommes déçus que l’on ait accordé à l’Iran un statut spécifique qui réclame un surveillance continuelle des organisations internationales en raison de ses violations systématiques des droits humains.
Nous sommes des prisonniers politiques et des prisonniers de conscience détenus à la prison de Radjaï Shahr ; nous sommes journaliste, écrivain, étudiant, syndicaliste et militants des droits humains. Nous savons pourquoi nous avons été arrêtés : c’est en raison de nos activités lors des élections présidentielles du 12 juin 2009 qui étaient supposées être démocratiques. Nos activités étaient conformes à la déclaration universelle des droits humains et aux autres résolutions des Nations Unies auxquelles le régime iranien est tenu de se conformer. Malheureusement, les dirigeants politiques et les fonctionnaires de la sécurité et la justice d’Iran prétendent que nos activités pacifiques sont subversives et qualifient ceux qui les ont menées d’anti-révolutionnaires. C’est ainsi qu’ils nous ont arrêtés, brutalement interrogés et soumis à de dures pressions psychologiques et physiques. Le régime a mené et continue de mener de honteux procès injustes qui sont illégaux et, pour la plupart, en l’absence d’avocat. Le résultat en est que lors de ces deux dernières années plus particulièrement, de longues peines de prison ont été énoncées, les prisonniers ont été envoyés en exil intérieur dans des prisons dont la situation est en dessous de la normale et qu’ils ont été soumis à des restrictions inhumaines. Le traitement des prisonniers et de leurs familles a été brutal et contraire à l’islam.
Nous apprécions à sa juste valeur votre nomination par le conseil des Nations Unies aux droits humains et attendons impatiemment votre voyage en Iran pour enquêter sur les prisons de la république islamique, pour rendre visite aux prisonniers politiques et aux prisonniers de confiance ainsi qu’à leurs familles pour vous rendre compte de l’intensité de la cruauté imposée à notre pays.
Nous vous en remercions

Rassoul Badaghi, Massoud Bastani, Issa Saharkhiz, Ali Adjami, Keyvan Samimi, Heshmatollah Tabarzadi

Source:  http://www.rahana.org/archives/41847

dimanche 27 juin 2010

L’état physique terrible d’Issa Saharkhiz à la prison de Radjaï Shahr

Samedi 26 juin 2010. Suivant Kalame, Issa Saharkhiz est dans un état physique terrible à la prison de Radjaï Shahr. Les autorités de la prison ont refusé de le transférer à l’infirmerie et, en dépit de la détérioration de son état, ils ne lui ont fourni que quelques médicaments de base, inappropriés pour son traitement.

Issa Saharkhiz, journaliste emprisonné depuis un an sans procès, souffre d’hypotension artérielle et s’est évanoui pour la deuxième fois ; il a été transféré en soins intensifs à l’hôpital.

Son fils, Mehdi Saharkhiz , a déclaré qu’il ne bénéficiait pas d’un traitement approprié en prison et que l’historique médical de son père à savoir une hypotension artérielle sévère requérait un traitement spécifique et le suivi d’un spécialiste. Mehdi Saharkhiz a ajouté que, bien que le moins que l’on puisse dire des conditions médicales de Radjaï Shahr est qu’elles sont inférieures à la norme, on a malheureusement refusé à son père une permission pour raison médicale pour lui permettre d’être traité.

Mehdi Saharkhiz a souligné que même avant le transfert de son père à Radjaï Shahr, il était très difficile de lui rendre visite. Il a ajouté que ce n’était pas particulier à sa famille et que beaucoup d’autres familles de prisonniers politiques comme celles de Zeydabadi et Bastani étaient contraintes à de longues heures de voyage pour rendre visite à leurs proches emprisonnés ; avec l’application d’un nouveau règlement, les épouses de prisonniers politiques ne pouvant rendre visite à leurs époux qu’une semaine sur deux, il est encore plus difficile pour les familles de voir leurs proches lors de grandes occasions comme la fête des pères.

Mehdi Saharkhiz répète que les prisonniers de Radjaï Shahr sont privés de soins médicaux et ajoute que même si l’état de santé de son père s’est détérioré, les autorités de la prison refusent de le transférer à l’infirmerie et se contentent de lui fournir des médicaments de base.

Source: http://www.kaleme.com/1389/04/05/klm-24092