dimanche 4 juillet 2010

Rooz/Fereshteh Ghazi : des accusés inconnus condamnés à mort

Fereshteh Ghazi
1er juillet 2010

L’organe judiciaire des forces armées a annoncé hier les verdicts du procès des accusés de KAHRIZAK. Cet organe a au même moment fait allusion aux conclusions du dossier des dortoirs de l’université [NDT : violente attaque des dortoirs de l’université de Téhéran intervenue le 15 juin 2009]. Ceci intervient alors que selon les familles Javadifar et Kamrani, [Amir Javadifar et Mohammad Kamrani ont été assassiné dans ce centre de détention], ces verdicts n’avaient pas été communiqués à eux ou à leurs avocats. Ces familles ont découverts les verdicts par la presse.

La cellule de communication de l’organe judiciaire des forces armées a annoncé dans un communiqué que le tribunal militaire a condamné deux accusés à la peine capitale ("ghesas") pour des coups et blessures volontaires. Ce communiqué n’a pas nommé les accusés mais a précisé qu’ils ont été jugés coupables pour coups et blessures ayant causé la mort de Mohsen Rouholamini, Mohammad Kamrani et Amir Javadifar. Ils ont été condamnés à la peine de prison avec interdiction provisoire d’exercer leurs fonctions, au paiement d’une amende, à des coups de fouet, au paiement du prix du sang ("dieh", compensation financière payée aux familles des victimes lorsqu’il y a meurtre, selon la loi islamique) et à la peine de morte ("ghesas nafs").
  
Selon ce même communiqué, un condamné a été relaxé et neuf autres ont été condamnés à des peines de prison, paiement de prix du sang ("dieh"), amendes, coups de fouet et interdiction provisoire d’exercer leurs fonctions.

Verdict non communiqué
Les verdicts prononcés par le tribunal militaire ne sont pas définitifs et les accusés peuvent faire appel. Ces verdicts ont été publiés dans la presse alors que les familles des victimes et leurs avocats n’avaient pas été tenus au courant.

Babak Javadifar, le frère d’Amir Javadifar a déclaré à Rooz : "Nous n’avons pas été informés. Nous avons pris connaissance de ces verdicts par la presse. Nous ne connaissons pas encore les détails de ces verdicts et ne pouvons de ce fait portés un jugement sur leur nature".

Ali Kamrani, le père de Mohammad Kamrani a déclaré à Rooz : "Nous ignorons toujours les détails du verdict. Il n’ont fait qu’une annonce très globale. Nous ne pouvons pas vraiment porter un jugement. Nous attendons que le juge du tribunal rentre de son pèlerinage à la Mecque pour découvrir les détails de ce verdict".

Ali Javadifar, le père d’Amir Javadifar avait déclaré à Rooz que les familles des victimes avaient critiqué contre certains passages du réquisitoire et ceci avait interrompu le cours du procès.

Aucune information concernant le déroulement du procès et la conduite des enquêtes n’a encore été publiée. Les familles des victimes ont aussi gardé le silence en raison du déroulement du procès à huit clos et de l’absence de toute publication d’information.   

Juger les vrais responsables de KAHRIZAK
L’organe judiciaire des forces armées avait déclaré que les accusés étaient des membres des forces de l’ordre. Les familles avaient déclaré à Rooz qu’elles voulaient voir les vrais instigateurs des atrocités commises jugés. Une demande qui n’a jamais été satisfaite. 

Ali Kamrani a indiqué à Rooz : "Nous ignorons quand le procès des responsables de KAHRIZAK sera tenu. Nous voulons que les vrais instigateurs soient jugés. Nous voulons que ce procès se tienne rapidement".

Babak Javadifar a aussi indiqué à Rooz : "Nous suivons cette demande des familles à 100%. Nous attendons que le procès des fonctionnaires du pouvoir judiciaire ayant donné l’ordre de transférer les prisonniers à KAHRIZAK se tienne dès que possible, sur la base du rapport rendu public par le Parlement et des rapports de l’organe judiciaire des forces armées et les informations évoqués lors de ce procès.

L’allusion de Monsieur Javadifar au rapport du Parlement concerne le document rendu public par le comité spécial chargé d’enquêter sur les incidents post-électoraux. Ce comité, avait identifié Saïd Mortazavi, le Procureur de Téhéran pendant les faits, comme celui qui avait ordonné le transfert des prisonniers arrêtés le 18 Tir au centre de détention de KAHRIZAK. Ce comité avait indiqué que Mortazavi avait motivé cette décision par "un manque de place à la prison d’Evin".

Les victimes de KAHRIZAK
Amir Javadifar, Mohammad Kamrani et Mohsen Rouholamini sont les victimes qui ont succombé aux coups et blessures et à la torture pratiquée dans le centre de détention de KAHRIZAK, dénommé depuis le Guantanamo d’Iran.

La République Islamique a reconnu la mort de ces trois individus à KAHRIZAK alors que la mort de Ramin Aghazadeh Ghahremani et d’Abbas Nejati Kargar, dans ce centre de détention n’a jamais été reconnue par les responsables militaro-judiciaires. Ces deux personnes ont succombé après avoir été libéré de KAHRIZAK et en raison des tortures subies pendant leur détention. 

Ramin Pourandarjani, médecin militaire, est une autre victime de KAHRIZAK. Les autorités ont tout d’abord annoncé que sa mort était due à une attaque cardiaque, ensuite qu’il s’était suicidé et plus tard, qu’il était mort d’une intoxication. Mais selon les révélations publiées par Rooz, le compte rendu de la première évaluation de la cause du décès ayant intervenu sur le lieu où le corps a été retrouvé faisait état d’un étranglement au niveau du cou. 

Les autres victimes de KAHRIZAK
Mais les victimes de ce centre de détention ne se limitent pas à ceux qui y sont morts. Selon l’organe judiciaire des forces armées, 98 prisonniers de centre avaient porté plainte à la suite des violences subies pendant leur incarcération. Ce même organe indiquait que 51 de ces prisonniers avaient retiré leurs plaintes suite au paiement d’indemnités et à la reconnaissance des faits par certains intermédiaires du Conseil Supérieur de la Sécurité Nationale. 

Selon ces informations, en plus des familles de ces trois personnes décédées à KAHRIZAK, il existe 47 autres plaignants.  

Mehdi Karoubi, l’un des leaders des opposants aux résultats de l’élection truquée du 12 juin 2009, dans une lettre adressé à Hashemi Rafsanjani, faisait état de viols subis par des prisonniers, homme et femme. Mais les autorités ont déclaré que ces affirmations étaient des mensonges et ont interdit à ces plaignants de porter plainte.     

La prison de KAHRIZAK qui avait été construite dans le cadre du nettoyage et de réorganisation de la région de Tehran Pars et qui, selon les affirmations des responsables militaires, avait été utilisé pour la détention des "racailles", a été utilisée après l’élection du 12 juin pour détenir les opposants aux résultats de cette élection.  

Une prison où, selon la description du comité spécial du Parlement, 147 prisonniers ont été détenus dans une petite superficie, sans système d’aération, souffrant d’un manque d’eau et de nourriture appropriée, subissant les pires insultes, les actes de tortures, les coups et blessures, la promiscuité avec les prisonniers dangereux, les actes d’humiliation et tout ceci dans l’indifférence totale des responsables de cette prison vis-à-vis de l’état physique des prisonniers.

Campagne pour une Iranienne risquant la lapidation

The Guardian

Saeed Kamali Dehghan 
Vendredi 2 juillet 2010 

Sa famille déclare que cette condamnation pour adultère n’est pas fondée et qu’elle a déjà reçu 99 coups de fouet. 


Une Iranienne de 43 ans va être lapidée à moins que la campagne internationale, lancée par ses enfants, n’oblige les autorités à casser ce que son avocat appelle une condamnation erronée.

Lors d’un procès qui met en lumière l’usage croissant de la peine de mort dans un pays qui a déjà exécuté plus de 100 personnes cette année, Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée en mai 2006 de “relations illicites en dehors du mariage”.

Sakineh avait déjà reçu une peine de 99 coups de fouet, mais son dossier a été réouvert quand un tribunal de Tabriz l’a suspectée d’avoir tué son mari. Elle a été acquittée mais l’accusation d’adultère a été révisée et la peine de mort appliquée sur la base des “connaissances du juge” – une lacune qui permet des décisions judiciaires subjectives en l’absence de preuve décisive.

Dans une interview au Guardian, son fils Sadjad 22 ans et sa fille Farideh 17 ans ont dit que leur mère avait été injustement accusée et punie pour quelque chose qu’elle n’avait pas fait.
“Elle est innocente, elle est là-bas depuis cinq ans pour rien” a dit Sadjad. Il décrit l’exécution imminente comme barbare. “L’imaginer attachée dans un trou profond, lapidée à mort, c’est un cauchemar pour moi et pour ma soeur depuis toutes ces années.”

La sharia iranienne stipule que la condamnée est enterrée jusqu’au cou (jusqu’à la ceinture pour un homme), et les participants à l’exécution publique sont invités à jeter des pierres. Si le/la condamné/e réussit à se libérer du trou, la peine de mort est commuée.

L’Iran, embarrassé par l’attention internationale qu’elle attire, a rarement pratiqué la lapidation en public ces dernières années. Mais le pays a quand même exécuté 388 personnes l’année dernière – plus qu’aucun autre pays dans le monde, la Chine exceptée, selon Amnesty International, la plupart par pendaison.
Ce soir, les manifestants se ont rassemblés devant l’ambassade d’Iran à Londres pour exiger la libération de Sakineh.

Il y a cinq ans, quand Sakineh a été fouettée, Sadjad avait 17 ans et était dans la salle. “Ils l’ont fouettée devant mes yeux; cela s’est gravé dans mon esprit depuis ce jour.”

Mohammed Mostafaei, un avocat iranien très célèbre, s’est porté volontaire pour la représenter quand sa condamantion a été annoncée il y a quelques mois. Il a écrit une lettre ouverte à propos de sa condamnation peu de temps après : “C’est une condamnation totalement illégale. Deux des cinq juges qui ont examiné le dossier de Sakineh à Tabriz ont conclu qu’il n’y avait aucune preuve scientifique d’adultère.”

“D’après la loi, la peine de mort, et spécialement la lapidation exige des preuves explicites et des témoins alors que dans son cas, bizarrement, les connaissances du juge ont été considérées comme suffisantes.”
Mina Ahadi, militante des droits de l’homme en Allemagne a aidé les enfants de Sakineh a lancer leur campagne au niveau international et a des contacts réguliers avec Sadjad et Farideh.

Elle dit qu’après le lancement de la campagne la semaine dernière, elle a  reçu des appels téléphoniques de familles de deux autres femmes détenues à la prison de Tabriz, là où se trouve Sakineh, accusées d’adultère et condamnées à la lapidation: Azar Bagheri 19 ans  et Mariam Ghorbanzadeh 25 ans.

“Azar a été arrêtée à 15 ans. Ils ne pouvaient pas la punir avant ses 18 ans suivant la loi, alors ils ont attendu… et veulent la lapider”. Elle a été soumise à des simulacres de lapidation, avec enterrement partiel dans le sol. “Il la préparent pour la vraie” dit Ahadi.

Ahadi qui suit les peines de lapidation en Iran ces dernières années dit qu’elle connait les noms de 12 autres femmes actuellement condamnées  la lapidation en Iran.

“Ce ne sont que celles que je connais, j’estime qu’au moins 40 à 50 autres femmes attendent le même sort en Iran maintenant.”

“La lapidation n’est pas simplement une sanction judiciaire, c’est un moyen politique dans les mains du régime iranien pour menacer le peuple. Elle leur sert à beaucoup d’autres choses qu’un simple châtiment”.


samedi 3 juillet 2010

Rooz/Kaveh Ghoreishi: Les réfugiés iraniens en Irak face à un sort incertain

24 juin 2010

Lors d’interviews exclusives avec Rooz, des réfugiés iraniens au Kurdistan irakien révèlent leurs conditions de vie désespérées, leur sort incertain, l’absence de sécurité et le manque de réponse des Nations Unies dans l’avancement de leur dossier. Les fonctionnaires du haut commissariat des nations unies aux réfugiés (UNHCR) à Erbil demandent aux demandeurs d’asile de « prouver le danger qu’ils courent » pour pouvoir obtenir le statut de réfugié ; ils déclarent : « Notre budget et nos ressources sont limités et nous ne pouvons pas aider tous les réfugiés à cent pour cent. »


Suite aux évènements liés à l’élection présidentielle du 12 juin en Iran et aux arrestations en masse, une nouvelle vague d’Iraniens a commencé à émigrer. Certains ont réussi à obtenir le statut de réfugié politique dans un pays européen, mais d’autres vivent dans des conditions très difficiles en Turquie, en Irak et dans d’autres pays voisins de l’Iran, en attendant que les Nations Unies traitent leur cas.


Un Iranien demandeur d’asile a dit à Rooz qu’il faisait partie de l’équipe de campagne de Mir-Hossein Moussavi à Téhéran, qu’il s’occupait de droits humains et de medias sociaux. Sur le conseil d’un ami, il s’est rendu au Kurdistan Irakien après un voyage chaotique et avec l’aide d’un guide. Voila quatre mois qu’il est au Kurdistan Irakien, dans l’incertitude totale quant au sort qu’on lui réserve.


L’un des principaux obstacles auxquels les demandeurs d’asile iraniens sont confrontés en Irak, c’est l’obligation d’être parrainé par un citoyen irakien pour obtenir un statut de résident temporaire. Habituellement, les demandeurs d’asile iraniens au Kurdistan Irakien ne connaissent personne susceptible de les parrainer durant leur séjour.


Un autre demandeur d’asile iranien en Irak a dit à Rooz être un militant étudiant condamné à environ 15 ans de prison. Il a quitté l’Iran après avoir déposé une forte caution et réside désormais au Kurdistan irakien.


Ce militant étudiant, au bout de deux mois au Kurdistan irakien en a conclu que le bureau d’Erbil du UNHCR est très faible et inefficace, ce qui met les Iraniens demandeurs d’asile en Irak en grand danger, surtout à cause de l’absence de sécurité dans la région, de l’influence du réseau des renseignements iraniens et de la force Qods, le bras armé du corps des gardes révolutionnaires (pasdaran islamiques) pour les opérations à l’étranger.


Nous avons contacté le bureau du UNHCR d’Erbil au Kurdistan irakien pour les interroger sur les problèmes auxquels sont affrontés les Iraniens à Erbil. Nous avons demandé quelles étaient les responsabilités du UNHCR et comment cette organisation pouvait aider les Iraniens. Le directeur adjoint du bureau d’Erbil, Farhad Sami Abdolghader a répondu : « La principale responsabilité du UNHCR est de protéger la vie et l’intégrité physique des réfugiés et des demandeurs d’asile avec l’aide du gouvernement hôte. Ceux qui sont sur notre liste peuvent vivre au Kurdistan irakien avec notre soutien et obtiennent le droit de travailler de poursuivre leurs études et de pratiquer des activités annexes. Avec l’aide des partenaires du UNHCR en Irak et au Kurdistan, nous tentons d’aider les demandeurs qui sont dans une situation grave. Notre budget et nos ressources sont limités et nous ne pouvons pas aider tous les réfugiés à cent pour cent. »


Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/24//iranian-refugees-in-iraq-face-uncertain-fate.html

Zia Nabavi dans un état critique après une attaque nerveuse en prison

RAHANA – Seyyed Zia Nabavi a fait une attaque nerveuse à la prison d’Evine. L’attaque nerveuse a été si sévère que Nabavi a perdu la voix et n’a pas pu parler pendant quelques heures. Ces camarades de cellule ont tenté de contrôler sa tension en lui donnant du sucre et de l’eau. Quelques heures après, les fonctionnaires de la prison l’ont transféré à l’infirmerie. Les médecins auraient déclaré que Nabavi est actuellement dans un état critique et que ces attaques pourraient conduire à une défaillance de son système immunitaire.

D’après Daneshjoo News, Nabavi, porte-parole du conseil au droit à l’éducation, a été arrêté le 15 juin 2009 par les agents du renseignement. Les autorités l’ont empêché de rendre visite à sa famille toute l’année dernière. Le juge a dit à sa famille de ne pas préparer l’argent de la caution et que si elle le faisait quand même, il l’augmenterait de 500 millions de tomans (environ 500.000 USD) à 800 millions. Il faut noter que la famille de Nabavi avait demandé au juge de baisser la caution, ne pouvant réunir le montant d’origine.

Nabavi a été détenu au secret pendant 98 jours. Pendant les interrogatoires, il était sous pression pour avouer qie le MKO l’avait persuadé de faire campagne pour un candidat réformiste.

Nabavi, qui s’était classé dans les dix premiers lors de l’examen du master, fréquentait l’université de technologie de Noshirvani. Le gouvernement d’Ahmadinedjad l’a privé de ses droits à poursuivre ses études.

Sources : http://persian2english.com/?p=12426



Voir aussi :




Le Mouvement est devenu clandestin – Dernière partie de l’interview d’Ahmad Batébi

Par Maryam NY



Maryam: Tout le monde fondait de grands espoirs sur le 11 février (22 bahman). Cependant, les grandes manifestations ne se sont pas matérialisées. Les forces de sécurité ont réprimé tous azimuts. Pourquoi n’a-t-on pas pu manifester comme pour l’Ashoura (27 décembre) ou lors de la journée de l’étudiant (7 décembre) ?



Batebi: Comme je l’ai mentionné, plus le temps passe et plus le régime s’immunise et apprend à opprimer et réprimer la population. Et pourtant il y a eu quelques manifestations.



L’un des points marquants consécutifs aux élections, c’est que le ministère du renseignement, principal organe de sécurité, n’a pas réussi à contrôler la population par ses méthodes et opérations traditionnelles. C’est l’IRGC qui a pratiquement pris le contrôle des opérations sécuritaires et a également pris le renseignement sous sa coupe. L’IRGC agit de façon beaucoup plus impitoyable – ils frappent et tuent.



Nous avons vu les événements qui ont suivi le 27 décembre. L’un des problèmes de l’IRGC était qu’ils avaient fait confiance aux chiffres et aux statistiques fournis par le ministère du renseignement concernant le nombre de personnes qui allaient ou devaient se rassembler sur les principales places. Ils avaient reparti les tâches et leurs forces suivant ces chiffres quelque peu erronés. De plus, la population avait changé de stratégie Ceux qui la dirigeait depuis l’étranger avaient prévu de déjouer toutes les prévisions et le régime n’arriva pas a contrôler le peuple. En conséquence, l’IRGC a agi plus professionnellement la fois suivante. Ils ont déployé davantage de forces et ont gardé le contrôle le 11 février.



Le Mouvement Vert n’a pas de radio, de télé ou de journaux et ne peut pas diffuser les nouvelles et l’information comme le fait la république islamique. La différence entre le 27 décembre et le 11 février, c’est qu’à l’Ashoura (27 décembre) il y avait des cérémonies religieuses partout, les gens pouvaient donc se trouver n’ importe où en ville. La population assistait à ces cérémonies le mouvement pouvait donc être partout à la fois. Mais le 11 février, les itinéraires avaient été choisis à l’avance. Si le mouvement voulait se montrer, il devait suivre ces itinéraires. Les rues avaient été fermées depuis la veille.



Un de mes amis en Iran m’a dit qu’il était accompagné d’un de ses amis possédant une carte de membre de la bassidj. Ils ont voulu se rendre au rassemblement. Il m’a raconté : « Nous voyions des groupes de Bassidj venant de Qom, Mashhad, etc… et ils ne nous laissaient pas passer. L’organisation était tellement stricte qu’aucun étranger à l’organisation ne pouvait passer. Plus nous approchions de la place Azadi, plus le processus de sécurité se resserrait et ils nous ont empêché d’arriver jusqu’à la place. Nous leur avons dit que nous étions bassidjs. Ils nous ont demandé le mot de passe. » Ce qui prouve qu’ils avaient un mot de passe pour empêcher quiconque sauf eux de rentrer sur la place.



La question était, pourquoi le Mouvement Vert n’a pas réussi ? Les autres s’étaient organisés à l’avance. Ils avaient formé des équipes pour empêcher tous ceux qui n’en faisaient pas partie de rejoindre le rassemblement et ils avaient bloqué toutes les rues. Quand le pouvoir est aussi puissance, voilà le résultat. Auparavant, la population assistait aux manifestations 20 à 30 jours bien déterminés et c’était un succès. Mais ce jour là elle n’a pas pu à cause d’un régime bien organisé. Ce n’était pas du à la faiblesse du mouvement mais parce que nous n’avions pas les mêmes moyens à notre disposition que le régime.



Maryam: Après le 11 février, beaucoup de sympathisants du mouvement du peuple iranien en occident se sont écartés. Je ne veux pas dire que nous assistons à un déclin mais la situation se calme. Pourquoi est-ce arrivé ?Est-ce à cause du 11 février ?



Batebi: La perception que le monde extérieur a du mouvement est très différente de celle de l’intérieur de l’Iran. Le monde occidental ou les médias pensent que mouvement veut dire manifestations, s’il y en a plus, le mouvement n’existe plus. Nous savons pourtant que la culture du peuple iranien est différente de celle de l’étranger. Ecrire des slogans en vert et distribuer des K7 et des vidéos montrent que le mouvement est bien vivant. Le mouvement apprend à survivre sans risquer des morts et des arrestations. Le mouvement est en train de se transformer.



Quand un mouvement entre en clandestinité, pendant un court laps de temps, les militants ralentissent le rythme et ça dans tous les mouvements sociaux dans le monde entier. Ce n’est pas de la léthargie mais plutôt une période de transformation. Nous sommes dans cette phase actuellement. Quand il y aura des manifestations en juin, il y aura moins d’arrestations, de personnes tuées, ce qui permettra au peuple d’apprendre. Il est naturel que le gouvernement apprenne à réprimer le peuple et que le peuple apprenne comment résister.



Maryam: Vous voulez dire que le mouvement entre dans la clandestinité ?



Batebi: Oui et il faut qu’il le fasse. Lors de la révolution de 1979 également le mouvement est devenu clandestin. C’est pourquoi il a gagné.



Maryam: On dit que les médias occidentaux ne se concentrent pas assez sur les droits humains et trop sur le nucléaire ?



Batebi: Eh bien, c’est vrai, mais nous ne pouvons pas demander au monde d’être ce que nous voudrions qu’il soit. Le monde dit, c’est ma langue et ce sont les problèmes qui m’intéressent. Nous ne pouvons pas dire pourquoi vous intéresser à ce sujet ? Il faut voir ce qu’ils veulent diffuser. Il nous faut le publier et le présenter aux médias comme un package bien formaté.



Le nucléaire inquiète le monde. Il inquiète les gouvernements et cette inquiétude est reflétée dans les médias depuis le sommet. Le nucléaire iranien est important pour la communauté internationale car il met en danger la sécurité du monde. Les gouvernements y sont attentifs et transmettent leur inquiétude aux médias. Les droits humains sont transmis aux médias depuis la base et les médias à leur tour peuvent les transmettre aux gouvernements. Il faut tenir les médias informés de tous les cas de violations des droits de l’homme. Il faut leur envoyer des films, des rapports, des traductions et des articles. Alors les médias les publieront et les diffuseront ; en conséquence, les gouvernements y prêteront attention.








vendredi 2 juillet 2010

Vidéo Achoura, Téhéran, 20 Décembre 2009

Rooz Online: page permanente en Français

Nous avons le plaisir de publier sur ce blog un certain nombre d’articles et d’entretiens parus sur le site Internet de Rooz Online depuis l’élection présidentielle du 12 juin 2009 en Iran.


Tous les droits d’auteur appartiennent exclusivement à Rooz Online

Fereshteh Ghazi : des accusés inconnus condamnés à mort (01/07/2010)

Kaveh Ghoreishi: Les réfugiés iraniens en Irak face à un sort incertain

Nooshabeh Amiri: Fermez le parlement, mes frères!

La pression sur la famille Ossanlou continue

Fereshteh Ghazi: Qu’ils nous disent pourquoi nos enfants sont morts!




Notre objectif est de relayer, le plus largement possible, les revendications légitimes du peuple iranien pour plus de justice et de liberté. La contribution de Rooz Online a été considérable. Que tous les journalistes et éditorialistes de ce site de référence soient remerciés. Leurs témoignages, leurs points de vue, publiés parfois au péril de leur vie, n’ont cessé de nous éclairer.

Nous remercions également chaleureusement Marthe Gonthier (Twitter: @ghazamfar) pour l’énorme travail de traduction sans lequel cette page permanente n’aurait jamais existé.

Enfin, nous invitons nos lecteurs franco-iraniens de nous transmettre leurs éventuelles traductions des articles parus sur le site de Rooz Online (email : iranlibredemocratique@googlemail.com). D’avance merci.


Bonne lecture et vive l’Iran libre!