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jeudi 21 janvier 2010

En Iran, la répression à son apogée

En Iran, la situation des droits de l’Homme s’aggrave de jour en jour. Depuis la journée de l’Achoura, le 27 Décembre, une nouvelle vague de répression et de violence sans précédent accroît considérablement la pression sur les opposants au régime. Le pouvoir veut à tout prix contrôler la situation à 3 semaines d’une nouvelle journée de protestation de grande ampleur, le 22 Bahman (11 Février).

Les nouvelles ci-dessous, ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres, témoignant de l’extrême brutalité des méthodes employées. Le régime ne manque pas d’imagination pour composer sa panoplie répressive et pour décliner ses procédés barbares. L’accumulation de ces faits et leur caractère systématique relèvent clairement de crimes contre l’Humanité.

Situation des prisonniers de l'Achoura

  • Cent prisonniers de la journée de l’Achoura ont été transférés le mercredi 13 Janvier à la terrible prison de Gohardasht à Karaj (ville située à 50 km de Téhéran). Ils ont été placés par groupe de 4 dans des cellules normalement individuelles. Ces prisonniers ont été soumis à des conditions inhumaines dans cette prison totalement saturée. Ils ont été sauvagement agressés. Leur provenance n’est à ce jour pas identifiée. Dans la journée du mercredi 13 Janvier, le directeur de cette prison et son adjoint (Ali Haj-Kazem et Ali Mohamadi), ainsi que le directeur de la division de sécurité et des renseignements de la prison et son adjoint (Kermani et Faraji) ont commencé à transférer les prisonniers réguliers pour libérer les cellules individuelles de la 5ème section de Gohardasht. De 400 à 500 prisonniers sont détenus dans des salles prévues normalement pour 90. Les cellules pour 2 contiennent à présent 8 prisonniers. Certains prisonniers sont même gardés dans les couloirs et les lieux de prière de cette prison infâme sans avoir de vêtements appropriés pour se reposer. Ils sont tassés les uns contre les autres, obligés de rester debout la plupart du temps et de se reposer à tour de rôle. Pour ce qui concerne la nourriture, l’infirmerie et l’hygiène, les moyens n’ont clairement pas suivi l’explosion récente du nombre de prisonniers. Ils souffrent de malnutrition. Leur ration de pain a été réduite à 2 morceaux par jour. Chaque prisonnier a le droit d’aller à l’infirmerie une fois tous les 45 jours. Les prisonniers non politiques peuvent rencontrer leur famille une fois par trimestre. (source)
  • Le dimanche 17 Janvier, plus de 40 prisonniers de la journée de l’Achoura ont été transférés à la prison Rajai-Shahr de la ville de Karaj. Ces prisonniers ont été accueillis par une équipe d’interrogateurs qui les a violemment frappés. Le personnel de la prison n’avait pas le droit d’accéder à l’espace où ces prisonniers étaient agressés. (source
  • La section culturelle de la prison d’Evin vient d’être transformée en lieu d’interrogatoire sous la direction du Ministère des Renseignements. Certains prisonniers récemment arrêtés y ont été transférés. Il y a quelques semaines, la section éducative de la prison d’Evin était aussi transformée en lieu de détention. (source).
  • Il n'y a toujours aucune nouvelle de plusieurs centaines de prisonniers détenus depuis le 27 Décembre à la prison d'Eshratabad. L'inquiétude grandit car la prison est directement gérée par les Gardiens de la Révolution pratiquant un black-out total. 
Mutinerie à la prison de Gohardasht
Dans la soirée du dimanche 17 Janvier vers 20h, une mutinerie a éclaté à la prison de Gohardasht. Tout a commencé lorsque 2 gardiens se sont mis à matraquer et à torturer 2 prisonniers dénommés Hossein Karimi et Mehrdad Saraii. Pour se protéger, ces prisonniers ont réussi à neutraliser les 2 gardiens. C’est à ce moment là que de nombreux gardiens ont attaqué les prisonniers pour les rouer de coups avec des matraques électriques. Les prisonniers se sont défendus en neutralisant le responsable des gardiens de leur quartier. Ils l’ont enfermé dans une cellule et ont pris le contrôle du salon principal de leur quartier.  A la suite de cette riposte, ce sont les forces de sécurité qui se sont attaquées aux prisonniers en tirant des gaz lacrymogènes. Pour en neutraliser l’effet, les prisonniers ont commencé à brûler les matelas et les moquettes. Cette mutinerie a duré jusqu’à 23h. Les 2 prisonniers en question ont été une nouvelle fois maîtrisés, frappés et enfermés dans des cellules individuelles. C’est la troisième fois qu’une telle mutinerie éclate à Gohardasht pour protester contre les exactions commises. (source)

NB: Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont nous citons ici plusieurs articles, est soumise à une très forte pression de la part du régime.

mercredi 13 janvier 2010

En attendant 22 Bahman (vidéo)

Vidéo-bande d'annonce à un mois de la manifestation cruciale du 22 Bahman.
Le 22 Bahman 1357 (11 Février 1979), le régime de Mohammad Reza Shah Pahlavi tombait.

La prison d’Eshratabad, un nouveau Kahrizak ?

Alors que la commission d’enquête parlementaire vient de rendre publique, plus de 7 mois après les faits, son rapport sur les "événements" de Kahrizak (lien) l’inquiétude grandit jour après jour au sujet de la situation de plusieurs centaines de prisonniers du centre de détention d’Eshratabad. Plus de 500 personnes seraient détenues depuis la journée de l’Achoura, le 27 Décembre. Elles seraient torturées et soumises à des conditions de détention extrêmement difficiles depuis plus de 2 semaines.
 


Eshratabad est une base militaire aménagée pour servir de prison. Le centre serait directement géré par le corps des Gardiens de la Révolution (Sepah). Les détenus sont considérés comme "leurs" prisonniers. Ni le pouvoir judiciaire ni les forces de sécurité n’auraient leur mot à dire sur le traitement réservé aux détenus d’Eshratabad. Le black-out total exercé par les Gardiens de la Révolution fait craindre le pire sur le sort de ces détenus.

Le nombre total de prisonniers à Eshratabad serait entre 600 et 2000 selon des sources proches des associations de droits de l’Homme. Un seul témoignage très inquiétant a été publié ces derniers jours par plusieurs sites Internet proches du mouvement vert. D’après ce témoignage, les prisonniers seraient frappés et torturés. Deux prisonniers seraient morts dont une jeune femme. Même s’il est impossible de vérifier la véracité des faits rapportés, il est urgent d’alerter les médias internationaux et de demander la libération des prisonniers.

Il y a quelques mois, alors que le monde entier découvrait l’existence d’un véritable camp de torture et d’exécution à Kahrizak, le régime a été forcé de fermer cette prison qu’il a qualifiée de "non standard" et de demander à une commission d’enquête parlementaire de faire "toute la lumière" sur les exactions commises (le régime a finalement reconnu que 3 prisonniers (photo) étaient tués dans ce camp : Amir Javadifar, Mohsen Rouholamini et Mohammad Kamrani et se propose de couper quelques têtes dont celle du très encombrant ex-Procureur de Téhéran, Saeed Mortazavi).

Kahrizak prouve que le régime sait reculer pour sauver les apparences sous la pression de l’opinion publique et face au désastre en terme d’image dans les médias internationaux. Nous savons que le régime iranien est capable de tout pour juguler la révolte populaire. Nous savons que la vie humaine n’a pas de valeur pour les dictateurs de Téhéran. La vie de nos compatriotes est en gave danger à Eshratabad. Nous devons agir vite pour libérer nos frères et sœurs.


Sources: