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samedi 23 juillet 2011

Akbar Amini, l’homme qui a grimpé en haut d’une grue


Tôt le matin du 14 février 2011, un jour où Moussavi et Karroubi avait appelé à des manifestations de masse, un homme est monté en haut d’une grue à Téhéran, portant un bandeau vert sur la tête, un long morceau de tissu vert et une photo de lui. Il a été arrêté et emmené en prison où il est resté jusqu’au 16 juillet.

Voici un extrait d’un article de Kalameh, écrit par un codétenu d’Amini et racontant son histoire.
Le codétenu d’Akbar Amini raconte qu’Akbar est appelé « la grue » par les autres prisonniers. Même les équipes de football et de volley-ball dans lesquelles Akbar joue sont appelées « la grue ».
Akbar Amini, comme beaucoup d’autres Iraniens, est descendu dans la rue après les élections présidentielles truquées de juin 2009 pour demander « où est mon vote ».

Amini dit que le 22 juin 2009, un jeune homme l’a contacté dans son magasin sous prétexte d’acheter plusieurs ordinateurs pour un organisme gouvernemental. Le jeune homme est venu au magasin, lui a parlé quelques minutes de l’achat des ordinateurs puis est parti pour amener ses collègues pour qu’ils achètent les ordinateurs. Quelques minutes plus tard, le jeune homme est revenu accompagné de 8 hommes en armes. Ils ont arrêté Akbar Amini, lui ont confisqué son ordinateur personnel et l’ont emmené au bloc 209 d’Evine (la section du renseignement) et l’ont enfermé dans la cellule d’isolement 102.

Trois jours plus tard, on a commencé à interroger Amini. Il a été battu pendant les interrogatoires. Au bout de 45 jours d’isolement, on le transféra avec 190 autres prisonniers à la section 7 d’Evine.

Peu de temps après ce transfert, un homme nommé Haydarifar sélectionnait des détenus pour répéter les procès mis en scène qui allaient se tenir dans quelques jours. On leur disait ce qu’ils devaient dire durant le procès.

Ces répétitions de procès se déroulaient comme un vrai procès. Durant les répétitions, il y avait ceux qui posaient les questions, les procureurs et un juge de permanence. Même le juge Mortazavi (alors procureur de Téhéran) est venu et a supervisé les répétitions plusieurs fois.

Parmi les détenus, certains avaient été transférés de Kahrizak. Leurs histoires étaient horrifiantes, des rapports de viols par des matraques, de passages à tabac avec des câbles et des flagellations.

Le 12 août 2009, plusieurs membres du parlement se sont rendus au bloc 7 pour l’inspecter. Alaedin Boroudjerdi de la commission nationale de sécurité et Omidvar Rezaï, Ghodratollah Alikhani et Zohre Elahyan ont posé aux détenus des questions sur leur situation en prison. Ils étaient accompagnés d’une équipe qui enregistrait tout.

On parla aux parlementaires des longs interrogatoires, des prisonniers pendus par les pieds pendant de longs moment, de prisonniers pendus par les pieds à demi nus quelquefois, de prisonniers jetés dans l’eau puis battus par des bâtons électriques, ce qui est très douloureux.

Les parlementaires furent bouleversés par ce qu’ils entendaient, certains pleurèrent même. Ils promirent aux détenus qu’ils seraient libérés et leur demandèrent de venir au parlement après leur libération pour qu’ils puissent les aider. Akbar Amini et beaucoup des autres 190 détenus furent relâchés le jour même. 

Après leur libération, Akbar et d’autres se rendirent au parlement mais les députés refusèrent de les recevoir, on leur envoya même les gardes. Ils laissèrent des messages pour les députés Omidvar, Rezaï et Alikhani mais ne reçurent jamais de réponse.

Akbar Amini était bouleversé, il se sentait insulté et commença à penser à un plan pour que le monde entier puisse l’entendre.

L’immolation du Tunisien l’inspirait ; il pensa à l’imiter puis décida que cela n’attirerait pas tant d’attention en Iran à cause de la situation et des restrictions imposées aux médias.

Il se décida à grimper sur une grue. La manifestation du 14 février était le jour idéal.

Pour beaucoup, le 14 février 2011 marqua la résurgence du Mouvement Vert. Il y avait beaucoup de jeunes, de femmes et d’hommes qui avaient l’impression que personne n’entendait plus leurs voix. Ils aimaient leur pays, certains avaient combattu l’Irak pendant 8 ans et ils pensaient qu’ils méritaient mieux maintenant, ils n’étaient pas des saboteurs.

Akbar souligne le mot « saboteurs » utilisé par le gouvernement pour décrire les manifestants et dit : « le gouvernement doit nous écouter ».

Avant la manifestation du 14 février, Akbar se prépara à grimper en haut d’une grue et choisit le lieu le plus en vue pour le faire.

Le 14 février, il remplit un sac à dos de quelques boîtes de thon, d’eau, de pain et de vêtements chauds. Il voulait rester là-haut plusieurs jours. 

Tôt le 14 février, Akbar se rendit à l’endroit choisi. Il prit son sac à dos, une grande photo de lui, une photo de son fils de 10 ans, un grand drapeau frappé d’un point d’interrogation au milieu, un morceau de tissu de 2 mètres et un bandeau vert.

Il avait peur, il tremblait et commençait à ruminer. Il pensait qu’il pourrait tomber et mourir et ne voulait pas que les médias pensent qu’il s’agissait d’un suicide.

Il grimpa en haut de la grue, il était 6 heures du matin et il n’y avait pas encore beaucoup de circulation. La première personne qui le remarqua fut un policier qui réglait la circulation. Il était 7 heures 20 quand un camion de pompiers, toutes sirènes hurlantes arriva. Des gens s’étaient rassemblés au pied de la grue. On le photographiait, les voitures klaxonnaient, on lui faisait signe, on sifflait d’admiration.

Akbar ne savait pas alors qu’il faisait la une des sites d’information.

Le lundi est jour de visite au bloc 350. Ce lundi 14 février, la nouvelle dont tout le monde parlait dans le bloc 350 était cet homme qui avait grimpé en haut d’une grue.

Akbar dit qu’il savait qu’il faisait la une au nombre de gens et de forces de police au pied de la grue.

Le toit du bâtiment le plus proche de la grue était plein de policiers, de gardes et de forces en civil. Beaucoup filmaient ce qui se passait.

Les hommes en civil le menaçaient de mort, certains le poussaient à sauter et la police lui demandait de descendre.

Un officier de police nommé Mostafanejad demanda à Akbar de descendre, lui promettant d’écouter ce qu’il avait à dire. Akbar répondit : « Où étiez-vous pendant qu’on me torturait ? »

Akbar dit qu’il voyait la police et les manifestants s’affronter dans la rue, qu’il entendait clairement les slogans : « Pas de dictateur qu’ils soient à moto ou à chameau » (référence aux évènement d’Egypte). 

Il était 9 heures quand il vit sa mère en bas en larmes. Un policier menaça de l’abattre. Akbar s’attacha immédiatement à la grue à l’aide d’une corde qu’il avait apportée. Il pensait que s’il était abattu, il voulait se balancer du haut de la grue et ne pas tomber.

Finalement, la police réussit à l’arrêter à l’aide d’une grue hydraulique et elle le fit descendre. On le tira, on le poussa, on lui donna des coups de pied, il était en sang.

Il le tirèrent jusqu’au toit adjacent, tous les policiers présent lui donnèrent des coups de pied et l’insultèrent. On l’emmena dans un appartement de cet immeuble. En chemin ils continuèrent à le frapper.

Ils demandèrent au propriétaire de l’appartement de partir et commencèrent à l’interroger tout de suite. Akbar était en sang, ses vêtements étaient déchirés. On lui dit de se préparer à une interview télévisée. Ils voulaient la diffuser avant la manifestation prévue l’après-midi.

Le même officier, Mostafanejad, dit à Akbar qu’il devrait dire qu’il avait été payé par le mouvement séditieux. Il dit aussi à Akbar qu’il devrait nommer un pays étranger qui l’avait payé. Il mentionna à plusieurs reprises qu’Akbar devait dire avoir été payé par les USA et Israël.

On le menaça d’être exécuté s’il n’avouait pas avoir reçu ses instructions des Monafeghin (OMPI). 

Pendant l’interview, Akbar ne suivit pas leurs instructions. Il répéta simplement qu’il manifestait et qu’il voulait juste que d’autres entendent sa voix. On le transféra aux forces de sécurité où il fut de nouveau battu.

Beaucoup avaient entendu la voix d’Akbar. Le soir, les médias nationaux relatèrent qu’il avait grimpé sur une grue mais dire qu’il souffrait de désordres mentaux.

Cet après-midi là, des milliers descendirent dans la rue. Le Mouvement Vert avait une fois de plus montré sa force.

Beaucoup de jeunes arrêtés ce jour-là se trouvaient au bloc 350 d’Evine ; ils disaient qu’Akbar en haut de sa grue avec le tissu Vert les avait motivés à sortir et à se joindre à la manifestation de l’après-midi.

Source: http://www.kaleme.com/1390/03/09/klm-59591/

vendredi 16 juillet 2010

Rooz: Ardalan Sayami - La grève continue au bazar malgré la dérobade du gouvernement,

Ardalan Sayami - 16 juillet 2010

Hier matin, les agences de presse d’état annonçaient la fin de la grève d’une semaine du bazar de Téhéran suite à un accord entre les représentants du bazar et le gouvernement. Le rapport a été rapidement diffusé mais la présence continue de la police anti-émeutes et des forces en civil près du bazar de Téhéran donnait une autre image.

En fait, les manifestations continuaient, le bazar ne croyant pas à l’accord. La grève s’est étendue à la ville de Tabriz située au nord-ouest. La fermeture du bazar a toujours été très symbolique en Iran. Dans la culture sociopolitique iranienne, la fermeture du bazar eu a une signification spéciale pendant ces deux cents dernières années ; en l’absence d’institutions fortes de la société civile et d’une presse libre, le bazar, lieu historique du commerce, est également le lieu d’échange des informations. La fermeture du bazar a la même signification que pendant la révolution constitutionnelle de 1905, le mouvement de nationalisation du pétrole en 1951-1953 et la révolution islamique de 1979. A ces époques également, les marchands du bazar se sont joints aux manifestations populaires en fermant leurs échoppes et ont aidé à diffuser les mouvements dans toutes les couches de la société.

Les protestations récentes du bazar ne sont, bien sûr, pas politiques mais économiques et financières. Le gouvernement a augmenté les taxes de 70% et les marchands du bazar qui les paient résistent à cette augmentation.

Le gouvernement est depuis revenu sur sa décision et a accepté de réduire l’augmentation à 15%. Mais un éditorialiste financier a dit à Rooz : « L’opinion publique et les commerçants du bazar voient la réduction de 55% de l’augmentation des taxe comme une manœuvre déloyale du gouvernement pour retarder l’augmentation de 70%. Ils disent qu’ils continueront à protester et à faire grève jusqu’à ce que le gouvernement garantisse que l’augmentation des taxes se limitera bien à 15%. Les commerçants du bazar soutiennent qu’en raison de la nette diminution du volume des affaires en 1388 par rapport aux autres années, l’augmentation est déraisonnable et qu’ils ne peuvent pas payer une augmentation de 70% des taxes.

Suivant des rapports officieux, la grève s’est également étendue à la ville d’Ispahan. Beaucoup de syndicats de commerçants ont refusé de se conformer à l’accord qui, comme le prétendent les médias d’état, aurait mis fin à la grève du bazar. Ce qui est évident dans cette débâcle, c’est l’absence d’un front organisé pour présenter les revendications des commerçants du bazar, bien que deux organisations prétendent être les porte-parole du bazar : le conseil syndical national et la société islamique des associations du bazar et des syndicats. Le conseil syndical national était chargé de représenter le bazar lots des négociations avec le gouvernement qui se sont terminées par l’accord de lundi soir. Mais des rapports indiquent que beaucoup de commerçants du bazars refusent de s’y plier et ne considère pas le conseil syndical national comme suffisamment fort pour représenter leurs intérêts auprès du gouvernement.

Source: http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/16//strikes-continue-in-bazaar.html

jeudi 15 juillet 2010

Les chiffres choquants de la capitale

Nazanin Kamdar - 30 juin 2010

58 % de déprimés, 400.000 drogués, 14 % de chômage
 
Alors que les médias d’état utilisent les taux de dépression et de suicide en Europe et aux USA pour proclamer la désintégration de l’occident, un rapport du centre d’études stratégiques Aria révèle que 58% des habitants de Téhéran souffrent de dépression légère ou sévère. Dans le même temps, le chef de la police de Téhéran a annoncé que l’âge du début de la dépendance aux drogues a baissé et que Téhéran a dépassé le « point critique » sur ce point. Et le taux de chômage, particulièrement parmi les jeunes et les diplômés sortant de l’université a atteint 14%.

Le centre d’études stratégiques Aria a publié un rapport mettant en garde contre le bien être psychologique des résidents de Téhéran.

Suivant l’agence de presse iranienne du travail (ILNA), ce rapport indique que 30% des résidents de Téhéran souffrent de dépression grave et 28 % d’une forme plus légère.

Le rapport ajoute que les soucis pour le mariage, le logement, le travail et le revenu font partie des causes de l’anxiété et du malaise des havitants de Téhéran.

Le chef de la police de Téhéran a encore augmenté l’inquiétude hier en annonçant les derniers chiffres du nombre de drogués à Téhéran.

L’agence de presse Fars news cite également le chef de la police de Téhéran, les dires de Hossein Sadjedinia : « 400.000 drogués vivent à Téhéran et des mesures sont en cours pour les traiter. »

Suivant les experts, la violence des force de l’ordre et sécuritaire, la fraude lors des élections présidentielles de l’année dernière, les arrestations en masse et le meurtre des citoyens arrêtés dans les centres de torture ou durant les manifestations ont contribué à augmenter le taux de dépressions et de pessimisme parmi les résidents de Téhéran.

La détérioration des conditions économiques et l’augmentation du nombre de jeunes sans emploi sont également citées pour expliquer le taux élevé de de dépressions et de pessimisme parmi les résidents de Téhéran.

Suivant ISNA, le rapport de l’année dernière du centre des statistiques d’Iran disait : « Aujourd’hui, en raison du chômage, de l’inflation et de la perte de la valeur monétaire, et en dépit des ressources élevées du pays, plus de dix millions de personnes vivent dans la pauvreté absolue et trente autres millions dans une pauvreté relative.

ILNA rapporte que le taux de chômage a fait un bond de 2% pour atteindre 14% losr du second semestre de l’année dernière alors que les citoyens désabusés étaient réprimés et arrêtés en masse.

Suivant l’agence de presse Mehr, le centre iranien des statistiques a cité le chiffre de 24% pour le chômage des jeunes dans un rapport officiel datant du mois dernier.

ILNA rapporte également que « suivant des sources internationales fiables, l’Iran se classe 143ème sur 180 pays pour le chômage.

L’incompétence de l’administration d’Ahamadinedjad additionnée à sa politique étrangère provocante qui a conduit à des sanctions contre l’Iran prises par le conseil de sécurité de l’ONU révèlent peu à peu l’impact qu’elles sont sur la société : dépression, drogue et chômage.

Dans le même temps, les officiels de la république islamique,Mahmoud Ahmadinedjad et ses conseillers y compris, prétendent que les sanctions économiques ont aidé l’Iran à atteindre son « indépendance » et son « autosuffisance ».Ces déclarations ont été rejetées par des politiciens de premier plan comme les dirigeants du mouvement vert et Seyyed Hassan Khomeiny, le petit-fils du fondateur révolutionnaire du régime.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/30//58-percent-depressed-400-thousand-addicts-14-percent-unemployed.html



lundi 14 juin 2010

Rooz/Fereshteh Ghazi: Reportage exclusif sur le meurtre de Ramine Pourandardjani


10 juin 2010 - Un meurtre, pas un suicide
Fereshteh Ghazi


Les autorités judiciaires de la république islamique gardent désormais le silence après plusieurs déclarations contradictoires sur la mort de Ramine Pourandardjani. Rooz a découvert que, contrairement aux allégations officielles, le jeune médecin de la prison de Kahrizak de Téhéran ne s’est en fait pas suicidé et n’est pas mort empoisonné. Ces conclusions se basent sur des observations venant d’une source très proche de l’enquête et sur des documents liés au dossier.


Médecin attaché au centre de détention de Kahrizak, Ramine Pourandardjani avait examiné plusieurs détenus assassinés dans ce centre après avoir lui-même constaté leur décès. Les autorités avaient dans un premier temps attribué les causes de la mort à une attaque cardiaque mais avaient plus tard déclaré que Pourandardjani s’était suicidé. Finalement, le bureau du procureur avait annoncé que le jeune médecin avait été empoisonné. Mais les documents que Rooz a obtenus révèlent que les rapports officiels sur la mort de Pourandardjani ne sont pas exacts.

D’après ces documents, l’officier de police Sotvan Nourian du poste de police n.129 a déclaré dans le rapport rédigé à propos du corps de la victime : « des traces de meurtrissures et des tâches de sang sont visibles dans la région du cou. » C’était le premier policier à arriver sur la scène du crime.
Cette preuve vitale a, pour une raison inconnue été complètement ignorée du bureau du procureur. Sans mentionner les meurtrissures ou les contester, le bureau du procureur imputa la mort du jeune docteur à un empoisonnement. Mais le bureau ne fournit aucun détail sur l’empoisonnement qu’il mentionnait.

Se basant sur cette nouvelle preuve, Rézagholi Pourandardjani, le père de Ramine Pourandardjani, a écrit aux autorités judiciaires et au procureur en charge du dossier : « La cause de la mort de Ramine n’est ni le suicide ni naturelle. Le rapport initial de la scène crime, dans le bureau de Ramine indique que Ramine a été étranglé en appuyant sur la zone du cou. »
Le père de Ramine a demandé une nouvelle enquête basée sur cette nouvelle preuve.

Ayant obtenu ces nouveaux documents, RoozOnline a contacté le père de Ramine Pourandardjani. Il a confirmé l’existence du rapport mentionnant la preuve de la strangulation et a dit que ce rapport faisait partie des documents du procès de Ramine.

Demandant que les meurtriers de son fils soient identifiés et poursuivis, le père de Ramine a déclaré à Rooz : « Ils ont commencé par dire qu’il s’était suicidé. Ils nous ont même donné ses dernières volontés. Puis ils ont dit que c’était une attaque cardiaque. Ensuite, ils ont dit qu’il avait été empoisonné par des pillules. Nous ne croyons même pas un pourcent de leur allégations et avons officiellement déposé plainte. Jusqu’à ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse. »

L’enquête de Rooz révèle également que les membres de la famille de Ramine et ses proches à Tabriz n’ont pas eu le droit de voir le corps de la victime.

Un proche de Ramine a dit à Rooz : « Les prières et la préparation de l’enterrement ont eu lieu à Téhéran en l’absence de sa famille. Les autorités ont refusé à la famille de changer le linceul de Ramine à Tabriz; la demande de la famille de voir le corps de leur fils à Tabriz leur a également été refusée. Ces détails montrent bien qu’on a caché des choses à la justice et à la famille, spécialement puisque les autorités ont également refusé à la famille de Ramine de voir le corps » ce qui indiquait bien que le corps était blessé comme enregistré par la police.












Rooz/Fereshteh Ghazi: L’anniversaire de l’élection célébré dans tout le pays


14 juin 2010 - Le peuple contre les forces de répression
Fereshteh Ghazi

Le peuple iranien a abordé le 12 juin, premier anniversaire des élections présidentielles contestées par des messages menaçants du ministère du renseignement : « Cher citoyen, les medias étrangers vous trompent et vous manipulent. Si vous recommencez, vous serez traités suivant le code pénal islamique. » Le ministère du renseignement avait déjà usé de ce stratagème, ce qui n’a pas dissuadé les manifestants de descendre dans la rue.

Les jours précédents l’anniversaire, le gouvernement au pouvoir et les forces armées ont mobilisé toutes leurs ressources pour empêcher les manifestants de descendre dans la rue. Mais hier, les rues de Téhéran et des autres villes dans tout l’Iran ont vu des accrochages sporadiques entre la population exprimant sa colère en criant « mort au dictateur » et les forces de sécurité qui tentaient de les disperser.

La population a également crié « Allah Akbar » depuis les toits pour l’anniversaire, comme elle l’avait fait après l’annonce des résultats des élections truquées de l’année dernière. Ils sont descendus dans la rue pour défier l’atmosphère sécuritaire de Téhéran. Ils étaient assez nombreux pour que Radan, le commandant militaire, annonce beaucoup d’arrestations. Radan a traité les détenus de « suspects » mais n’a pas précisé ce qu’ils étaient suspectés d’avoir fait.

Hier, des manifestations et des accrochages sporadiques ont eu lieu alors que Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi porteurs de tous les espoirs lors des présidentielles, avaient annulé les manifestations de rue après le refus du ministère de l’intérieur d’en accorder l’autorisation. Quelques heures après l’annonce, le site Web Kalameh, qui reflète les opinions de Moussavi, demandait à la population et aux militants du mouvement vert d’être « conscients de la situation critique : des personnes avides de pouvoir qui commettent des violences, trament un complot ; il convient de ne pas leur fournir la plus petite excuse ou ouverture à exploiter pour atteindre leurs buts mauvais : exercer la violence par la force et utiliser la moindre excuse pour attaquer, arrêter et tuer la population sans défense. Le peuple doit comprendre qu’en ce moment, le gouvernement a un besoin essentiel d’actions radicales. »

Les journalistes de Rooz sur le terrain rapportent un environnement le plus hautement militarisé à Téhéran depuis des mois ; la ville était pleine de police, de forces anti-émeutes, de forces en civil et de miliciens bassidj ressortis pour réprimer les manifestants qui ne faisaient que demander ce qu’il était advenu de leurs votes et protestaient contre le meurtre de leurs concitoyens. En face, la population défiait les menaces en criant « mort au dictateur » dans plusieurs quartiers de la ville et manifestait sa présence aux forces de sécurité ne créant des embouteillages dans la ville.

Un journaliste de Rooz écrit de Téhéran ; « La population s’est construite subtilement dans les rues. Ils marchaient en riant, faisant enrager la police mais sans leur donner le moindre prétexte pour les attaquer. Les policiers étaient furieux et extrêmement frustrés.

Source: http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/june/14//election-anniversary-celebrated-across-the-nation.html

dimanche 13 juin 2010

Vidéos - Téhéran - 12 Juin 2010


Place Vanak, Nord de Téhéran, 12 juin 2010


L'université Sanaati Sahrif, Téhéran, 12 juin 2010


L'université Sanaati Sahrif, Téhéran, 12 juin 2010

lundi 15 mars 2010

Fouad Shams: "Je suis encore en vie pour raconter l’histoire"

Lettre de Fouad Shams après sa libération: "Je suis encore en vie pour raconter l’histoire"
Du blog personnel de Fouad Shams, récemment libéré après trois mois de détention.
Un grand merci à l'infatigable Marthe Neda Gonthier (Twitter) pour la remarquable traduction de ce texte important.

Mercredi 10 mars 2010

Je rêve encore

Quatre-vingt-dix-sept jours à moité éveillé sur les collines d’Evine ne m’ont rien apporté d’autre que des rêves. Les plus beaux enfants du soleil et du vent sont sur les collines d’Evine pendant les derniers jours de froidure d’automne et d’hiver, ces mêmes collines qui sont, depuis des décennies le point de rencontre des amoureux de la liberté. Tout ce qui reste des « portes de la grande civilisation » ce sont les murs d’Evine [note du traducteur : quelques années avant la révolution de 1979, le shah d’Iran prétendait que l’Iran progressait rapidement vers les « portes de la grande civilisation ». Ici, l’auteur utilise ce terme ironiquement, pour nous rappeler que la prison d’Evine a été construite à l’époque du shah]. Oui, depuis des années il y a une fête sur les collines dont les « Parrains » sont les hôtes. J’ai eu la chance de partager cette fête avec beaucoup de monde pendant le second semestre de cette année.

Cette expérience de la prison pendant le second semestre de cette année [calendrier persan] est la meilleure chose qui me soit arrivée. C’est une expérience qui ne se répètera pas. Pour nous, la prison n’était pas aussi restrictive que les gardiens l’auraient espéré. Au contraire, notre génération a tourné la page et la prison est devenue pour nous un lieu de création. Les hôtes de cette fête nous demandaient d’oublier nos idéaux, mais ce n’est pas ce qui est arrivé. Nous rêvions, même en prison. Ils ont essayé de nous limiter par leurs propres méthodes. Bon, ça nous a peut-être un peu contraint. Mais à l’isolement, alors qu’ils pensaient m’avoir tout pris, mes rêves me permettaient de m’envoler par la meurtrière, dans une nuit de pleine lune, comme un papillon.

Quand vous croyez ne rien avoir à perdre, quand vous vous enfoncez dans le silence de la cellule 105 du bloc 209, tout d’un coup, vous entendez Hashem qui siffle pour vous dire qu’il y a encore une flamme qui brûle dans les cœurs. Et vous entendez Moussa tapant sur les murs pour vous dire que vous n’êtes pas seul. Et le bruit que fait « Orange » [un surnom] venant d’une cellule, ce n’est pas seulement une voix, c’est de l’espoir. Dans les rêves, quand le crépuscule tombe, ils chantent soudain « Le Crépuscule ». Quand vous vous pensez seul, que personne n’est avec vous, soudain, Alrahman-ol-Rahim [surnom], vous parle de sa « fleur » qu’il a vu quelques minutes, après des semaines sans aucun contact, il l’a même embrassée. Vous avez envie de pleurer, mais vous souriez à Alrahman-ol-Rahim et vous lui dites de rester fort: ils ne peuvent pas briser les racines de ta fleur.

Vous passez le plus clair de votre temps à écouter une partie d’échecs entre Mahtab et Sogand [deux prisonnières] et les tricheries de Mahtab. Quand je pense à Sogand, à son moral, je deviens triste, je me reproche de lui avoir dit que nous resterions longtemps en prison. Maintenant, je suis dehors, elle y est toujours. Quand je pense à Sogand, je ne pense qu’aux aubes du lendemain, un avenir dans lequel Sogand serait avec nous au nom de la liberté. Rêver veut dire quelque chose quand vous êtes à l’isolement et que le silence règne. Même le son du Coran récité par les frères d’Al-Qaida vous manque. Il n’y a quel le son de vos rêves pour vous donner de la force à l’isolement. Quand Roya [prisonnière] vous dit que tout le monde était dehors non seulement le 16 du mois, mais aussi le 17 et le 18, vous avez envie de hurler de joie.

C’est pourquoi l’isolement m’a manqué au bout de 80 jours. J’étais dans un isolement qui n’avait ni la couleur, ni l’odeur de la solitude, une solitude dans laquelle j’ai trouvé les meilleurs amis de ma vie, des amis dont je ne me souviens pas du visage, mais c’est comme si nous avions vécu 10 ans ensemble.

Mais l’expérience de la cellule, où le simple son d’une voix familière vous remonte le moral, où vous sentez la présence d’un ami que vous n’aviez pas vu depuis deux ans est une expérience précieuse. Taper sur les murs, chanter de la musique Bandari est la plus grande joie des jours qui se traînent. En confidence, rêver, être à demi éveillé 97 jours, ça veut dire que rien n’a plus de goût que le berlingot de lait et les quelques concombres qu’Abbas vous a donnés quelques heures avant sa libération. Ce sont les discussions avec Abbas et les nouvelles sur l’action héroïque de Madjid [Tavakoli], le vrai animateur du mouvement étudiant, qui ont été mes plus grandes sources d’énergie.

Le souvenir de ma visite d’un jour à Kianoush et la chanson immortelle d’Aghassi : « Je vis de ton amour » m’accompagna jusqu’à mon dernier jour de détention. Kianoush m’a appris à résister et il a appris de notre génération comment s’avouer que l’on a changé intérieurement. Et bien sûr le souvenir du plus grand tricheur de l’histoire « Abbas Eslami » dont les histoires étaient aussi longues, belles et divertissantes que les films indiens; bien sûr, elles étaient fausses. Mais les rêves ne prennent leur vraie signification que, lorsqu’au bout de 40 jours, soudain un ami vous aborde pour vous demander : « Monsieur ! Monsieur ! Quelle heure est-il ? » pour essayer de réduire, même un tout petit peu, la pesanteur de la cellule.

Et bien sûr, la nuit, nous chantions notre spectacle « maudissant ceux qui vivent à l’étranger » et le top ten de nos spectacles nocturnes ! Mehrdad m’a appris comment profiter de la vie même dans les pires circonstances pendant ces deux semaines. Oui, je rêve encore. C’est comme si tout n’était que rêve. Ca ne pouvait qu’être un rêve quand nous avons fabriqué des cartes à jouer avec des boîtes de dates et que nous avons joué toute la nuit avec les jeunes d’Al-Qaida. C’était sûrement aussi un rêve ; je me souviens avoir joué au jacquet avec les membres officiels d’Al-Qaida si longtemps qu’ils en ont oublié l’heure des prières. J’ai du rêver que pendant 20 à 25 jours, je me trouvais dans un endroit où le chant communiste « l’Internationale » ne voulait plus sauver le genre humain mais internationaliser la prison elle-même. Des Américains, des Arabes, des Afghans, des Kurdes, des Canadiens et des Sri-Lankais étaient à cinq mètres les uns des autres. Comme si je rêvais : « tout va vien… tout va bien…Le seul qui manquait c’était Lénine en personne »

Ca a réellement dû être un rêve ; sur la route du tribunal, un agent m’a suggéré ironiquement de pousser un bouton pour qu’une belle dame apparaisse ; j’étais assez bête pour regarder le bouton 15 secondes avant de comprendre qu’il se moquait de moi. C’est comme si je rêvais d’être en train de marcher dans ma cellule, revoyant tous les souvenirs de ma vie. J’ai tué tous mes regrets. J’ai dû rêver Heshmat [Tabarzadi]. C’est lui qui s’est tenu à mes côtés, solide comme un roc pendant les jours les plus durs de mon emprisonnement. Il souriait à tout ce qu’il y a de sérieux dans la vie et il m’a invité à une partie d’échecs. C’était comme un rêve quand j’ai vu que la porte de la salle commune du bloc 209 était encore plus populaire que tous les chats de Yahoo ! Tout le monde y laissait des messages à tout le monde.

C’est comme si je rêvais encore ; le gardien vient à moi et me dit : « Fouad, ramasse tes affaires. » Après 97 jours, pour la première fois, j’ai eu les larmes aux yeux quand j’ai quitté l’étreinte d’Heshmat, que je lui ai tourné le dos pour le laisser dans son coin.

C’est comme si je rêvais encore ; je passe les portes de la prison et que soudain, les gens commencent à crier de joie et que je suis dans les bras de mon père. Je rêve encore. Ce n’est qu’un rêve. La prison et ses limites m’ont accordé le don de créativité. J’ai encore des rêves dans lesquels la prison n’est qu’un conte.

Je dois d’abord remercier mes chers parents, semblables au soleil et à la mer. Pendant ces 97 jours, ils m’ont donné la lumière et la pureté. J’aimerais aussi remercier tous mes amis dont je ne ferai pas la liste, elle serait trop longue. Ces amis étaient avec moi, en dépit des murs élevés d’Evine, et ils ne m’ont pas oublié. Et bien sûr, je voudrais remercier tous les médias qui ont couvert les nouvelles me concernant de toutes les manières possibles.

Enfin, j’espère que le jour viendra où les rêves de milliers d’êtres humains, parmi les plus beaux enfants du soleil et du vent, se réaliseront. Ce sont eux qui ont eu raison à la fin, là, sur ces collines d’Evine ; l’hiver est finalement terminé, le printemps fleurira.

Mais jusque là, je continuerai de rêver. Bien que les hôtes de la fête ne voient en Evine qu’un rêve, moi et des millions d’autres pousses vertes la voyons comme une réalité indubitable. Nous rêves deviendront réalité et leurs prisons deviendront un conte.


Texte en anglais et en persan disponible ici

mardi 16 février 2010

Les toits de Téhéran (vidéo/World Press Photo Award)

Ces photos ont été primées au World Press Photo Award.
Sources: Le Figaro, Le Monde, Palmarès complet

Résolution du Parlement européen du 10 février 2010 sur l'Iran


Le Parlement européen
—  vu ses précédentes résolutions sur l'Iran,
—  vu la déclaration faite le 5 février 2010 par Mme  Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, sur les exécutions imminentes en Iran,
—  vu la déclaration commune faite le 8 février 2010 par l'Union européenne et les Etats-Unis d'Amérique appelant le gouvernement iranien à respecter ses obligations en matière de droits de l'homme,
—  vu la déclaration de son Président du 9 octobre 2009 rappelant l'engagement du Parlement en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort et dénonçant en particulier la peine capitale pour les délinquants mineurs,
—  vu la déclaration du Conseil des 10 et 11 décembre 2009 sur l'Iran,
—  vu la déclaration de la Haute représentante du 12 janvier 2010 sur le procès de sept responsables baha'is en Iran,
—  vu les résolutions 1737 (2006), 1747 (2007), 1803 (2008) et 1835 (2008) du Conseil de sécurité des Nations unies,
—  vu la résolution adoptée le 27 novembre 2009 par le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur la mise en œuvre en République islamique d'Iran de l'accord de garanties TNP et des dispositions pertinentes des résolutions précitées du Conseil de sécurité des Nations unies,
—  vu le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale et la Convention relative aux droits de l'enfant, auxquels l'Iran est partie,
—  vu la déclaration faite le 5 janvier 2010 par le ministère iranien du renseignement, qualifiant d''illégaux" tous les contacts entre des citoyens iraniens et 60 organisations non gouvernementales, ainsi que de nombreux médias internationaux qui émettent en farsi,
—  vu le "report" décidé par les autorités iraniennes de la visite à Téhéran de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l'Iran programmée du 8 au 11 janvier 2010,
—  vu l'article 110, paragraphe 4, de son règlement,

Démocratie et droits de l'homme
A.  considérant que la situation politique en Iran continue de se détériorer et qu'il n'y a aucun signe du gouvernement iranien qu'il entend donner suite aux préoccupations intérieures et internationales quant à la légitimité des élections tenues en juin 2009 ; considérant que les informations faisant état de fraude massive ont débouché sur un mouvement de protestation de grande ampleur (le "mouvement vert"), les manifestations s'étant poursuivies jusqu'à ces derniers mois,
B.  considérant que les développements politiques survenus en Iran après l'élection présidentielle contestée du mois de juin 2009 ont montré que ce pays recelait un immense potentiel de changement démocratique animé par la population et ayant pour fer de lance une société civile dynamique, cultivée et active,
C.  considérant que les forces de sécurité iraniennes – les Gardiens de la révolution, la milice des Bassidjis et la police – ont réagi par une dure répression, procédant à l'arrestation arbitraire de milliers de manifestants et de dissidents pacifiques, y compris des étudiants, des universitaires, des militants des droits des femmes, des syndicalistes, des juristes, des journalistes, des blogueurs, des religieux et d'importants défenseurs des droits de l'homme, dans un effort évident pour faire taire les critiques et étouffer la dissidence,
D.  considérant qu'un grand nombre des personnes arrêtées ont déclaré avoir été battues ou torturées et, dans certains cas, agressées sexuellement en prison et dans des centres de détention secrets; considérant qu'une enquête menée par le parlement de la République islamique d'Iran a établi, au début de l'année 2010, que le procureur adjoint, Saïd Mortazavi, était responsable au premier chef du décès d'au moins trois détenus à cause de tortures et de négligences dans la prison de Kahrizak, dont les autorités judiciaires avaient ordonné la fermeture trois ans auparavant,
E.  considérant que des responsables du gouvernement ont confirmé que, depuis le mois de juin 2009, au moins trente manifestants étaient morts lors de manifestations ou pendant leur détention, et qu'au moins sept autres étaient décédés lors des affrontements du 27 décembre 2009, jour de la fête d'Ashoura; considérant que l'on estime à un chiffre beaucoup plus élevé le nombre réel de morts causées par les violences orchestrées par le gouvernement,
F.  considérant que, de surcroît, les forces de sécurité ont intensifié le harcèlement systématique auquel elles se livrent contre des membres de minorités religieuses, comme les baha'is (leurs sept anciens dirigeants ont tous été arrêtés et sont actuellement jugés), les sunnites et les chrétiens (dont huit prêtres), et ont procédé à une série d'arrestations et d'exécutions arbitraires visant des Kurdes, des Azéris, des Baloutches, ainsi que la société civile et des militants politiques arabes; considérant, en particulier, que 21 Kurdes sont en attente de l'exécution de leur condamnation à mort,
G.  considérant que, le 9 septembre 2008, le parlement iranien a approuvé une "loi sur l'apostasie" qui rend la conversion depuis l'islam passible de la peine de mort,
H.  considérant que depuis le mois d'août 2009, les autorités judiciaires ont monté des procès à grand spectacle contre des centaines de réformateurs et de militants célèbres prétendument en lien avec des "émeutiers" et déterminés à déclencher une "révolution de velours"; considérant qu'au cours de ces procès bon nombre de ces dissidents ont fourni des aveux télévisés qui semblaient leur avoir été extorqués,
I.  considérant que le gouvernement continue d'accuser les pays européens d'ingérence dans les affaires politiques iraniennes; considérant que de telles accusations ont conduit à l'expulsion de deux diplomates britanniques, à l'arrestation de plusieurs employés iraniens travaillant à l'ambassade du Royaume-Uni ainsi qu'à celle d'un diplomate suédois et de deux diplomates allemands au motif qu'ils auraient joué un rôle lors des manifestations qui ont eu lieu après les élections,
J.  considérant que le 28 janvier 2010, Mohammad Reza Ali-Zamani et Arash Rahmanipour ont été exécutés; considérant qu'il s'agit là des premières condamnations à mort mises en application que des sources officielles relient au mouvement de protestation, alors qu'au moins un d'entre eux, sinon les deux, était déjà incarcéré au moment des élections; considérant que neuf personnes au moins auraient été condamnées à mort en raison de prétendus liens avec le "mouvement vert",
K.  considérant que, le 27 décembre, dernier jour du rite de l'Achoura, Ali Moussavi, 35 ans, neveu du principal candidat d'opposition à l'élection présidentielle de juin, Mir Hossein Moussavi, a été abattu et délibérément écrasé par une voiture, dans ce qui présente tous les signes d'un assassinat ciblé visant à servir d'avertissement ferme à l'égard de son oncle,
L.  considérant que le 8 janvier 2010, une tentative d'assassinat a été perpétrée contre Mehdi Karoubi, deuxième candidat d'opposition à l'élection présidentielle, deux balles ayant été tirées sur sa voiture, blindée, alors que des membres des Bassidjis et des Gardiens de la révolution s'étaient rassemblés pour protester contre sa présence à Qazvin,
M.  considérant que les restrictions de la liberté de la presse et de la liberté d'expression sont de plus en plus sévères, et considérant que les autorités iraniennes ont procédé au brouillage, à grande échelle et de manière fréquente, des réseaux internationaux de radio et de télévision, de nombreux sites internet internationaux, notamment Facebook et Twitter, ainsi que de sites locaux de l'opposition et de services de téléphonie mobile à Téhéran, causant ainsi également des problèmes de transmission sur les réseaux des autres pays du Moyen-Orient et même en Europe,
N.  considérant que des entreprises européennes et russes ont fourni à l'Iran les dispositifs de filtrage et de brouillage nécessaires, dont certains pourraient même présenter des risques pour la santé de la population résidant à proximité de ces installations,
O.  considérant que les Gardiens de la révolution, leurs services secrets ainsi que la milice des Bassidjis jouent un rôle de plus en plus actif dans la société iranienne, en réprimant les civils, arrêtant les défenseurs des droits de l'homme et semblant rendre la justice eux-mêmes,
Dossier nucléaire
P.  considérant que l'Iran est partie au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qu'il a renoncé à se doter d'armes nucléaires en ratifiant le TNP et qu'il est juridiquement tenu de déclarer toutes ses activités nucléaires, y compris les matières nucléaires, à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et de les placer sous le contrôle de l'Agence,
Q.  considérant que l'article IV du TNP reconnaît le droit inaliénable de toutes les parties au traité de développer la recherche, la production et l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins civiles pacifiques, sans discrimination et conformément aux dispositions de ses articles I et II,
R.  considérant que, en violation des obligations que lui impose le TNP, l'Iran a construit clandestinement une installation d'enrichissement à Qom et n'a informé l'AIEA de son existence que longtemps après le début des travaux; considérant que cette violation des règles donne lieu à des conjectures sur l'existence éventuelle d'autres sites nucléaires secrets et entame la confiance dans les assurances données par l'Iran quant au caractère purement civil de son programme nucléaire,
S.  considérant que dans le rapport précité du 16 novembre 2009, le directeur général sortant de l'AIEA, M. ElBaradei, a constaté qu'à moins que l'Iran n'applique le protocole additionnel et ne clarifie les questions en suspens dans un sens qui satisfait l'AIEA, celle-ci ne sera pas en mesure de fournir des assurances crédibles quant à l'absence de matières et d'activités nucléaires non déclarées en Iran, et qu'il a également fait observer que subsistent un certain nombre de questions en suspens qui incitent à s'interroger sur l'éventuelle dimension militaire du programme nucléaire iranien,
T.  considérant que, en vue de trouver une solution diplomatique à la question du programme nucléaire iranien, l'Union européenne, les États-Unis, la Chine et la Russie avaient proposé un accord dans le cadre de l'AIEA prévoyant d'expédier l'uranium faiblement enrichi de l'Iran vers la Russie et la France pour qu'il y soit transformé en barres de combustible pour le réacteur de recherche médicale de Téhéran; considérant que, l'Iran ayant rejeté cette proposition, le Conseil de sécurité examine actuellement les possibilités d'imposer des sanctions renforcées contre l'Iran,
U.  considérant que l'Iran continue à développer une technologie dans le domaine des missiles balistiques et entend se doter des moyens lui permettant de déployer des missiles balistiques intercontinentaux capables d'emporter des charges nucléaires,
V.  considérant que le gouvernement iranien a fait des déclarations contradictoires au sujet de son programme nucléaire et qu'il a décidé de passer à la phase d'enrichissement de l'uranium à partir du 7 février,

Démocratie et droits de l'homme
1.  exprime de sérieux doutes quant à l'exactitude des résultats des élections qui ont conduit au maintien du président Ahmadinejad pour un second mandat malgré des signes manifestes de fraude électorale massive et estime que la légitimité du président iranien est sérieusement ébranlée;
2.  rend hommage au courage de tous les Iraniens qui demandent plus de libertés et plus de droits démocratiques et manifestent leur souhait de vivre dans une société sans répression ni intimidation; salue en particulier le courage des Iraniennes, qui ont joué un rôle crucial dans les manifestations postélectorales de juin 2009;
3.  soutient ardemment les aspirations à la démocratie du peuple iranien et déplore profondément que le gouvernement et le parlement iraniens soient apparemment incapables de réagir aux revendications justifiées des citoyens iraniens, en particulier la jeune génération, dont les aspirations à un développement économique et social sont depuis trop longtemps étouffées;
4.  demande au gouvernement iranien de respecter totalement le droit de rassemblement pacifique et la liberté d'expression, y compris à l'occasion des manifestations qui doivent avoir lieu le 11 février prochain; condamne énergiquement le recours à la violence des autorités iraniennes à l'encontre de manifestants qui ne cherchent qu'à exercer leur droit à la liberté d'expression et à se réunir pacifiquement;
5.  demande la libération immédiate de toutes les personnes qui ont été arrêtées uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion, ou en raison de leurs convictions religieuses ou de leur orientation sexuelle, et demande aux autorités de mener une enquête et de poursuivre en justice les fonctionnaires et les membres des forces de sécurité qui sont responsables d'assassinats, de brutalités et de tortures dont ont été victimes des dissidents ou des membres de leur famille, des manifestants et des détenus;
6.  condamne avec force les peines de mort et les exécutions en Iran, notamment celles de Mohammed Reza Alizamani et Arash Rahmanipour, et demande l'abolition de la peine capitale; attend des autorités iraniennes qu'elles cessent d'accuser de "moharebeh" (ennemi de Dieu), délit passible de la peine de mort, les personnes qui manifestent pacifiquement pour demander plus de droits démocratiques; demande à l'Iran d'appliquer immédiatement le moratoire des Nations unies sur la peine de mort, comme le demandent les résolutions 62/149 et 63/168 de l'Assemblée générale des Nations unies;
7.  est consterné par les tentatives du gouvernement ou des forces de sécurité visant à assassiner des candidats à la présidence ou des membres de leur famille, et demande au Guide suprême Khamenei de se porter garant de la sécurité des leaders de l'opposition iranienne;
8.  condamne l'action des autorités iraniennes visant à censurer la presse écrite et à brouiller les services de radio, de télévision et Internet, comme la BBC, et demande à l'UE et aux États membres d'examiner dans le cadre de l'Union internationale des télécommunications (UIT) les conséquences de ces pratiques au niveau mondial;
9.  condamne la décision des autorités iraniennes d'interdire les contacts avec des organisations non gouvernementales étrangères, en particulier celles qui s'emploient à défendre les libertés et droits civils, et invite les autorités iraniennes à lever immédiatement cette interdiction;
10.  demande aux autorités iraniennes de mettre fin immédiatement aux procès-spectacles télévisés et au parlement iranien de modifier les dispositions de la législation iranienne qui autorisent le gouvernement à dénier les droits inhérents à une procédure régulière, comme le droit des accusés à être dûment représentés en justice;
11.  critique vivement les sociétés internationales, en particulier Nokia Siemens, qui fournissent aux autorités iraniennes la technologie nécessaire à la censure et à la surveillance, contribuant ainsi à la persécution et à l'arrestation de dissidents iraniens;
12.  déplore les allégations d'ingérence dans les affaires intérieures visant des agents d'ambassades européennes et, dans ce contexte, demande que les autorités iraniennes respectent la Convention de Vienne et les normes en matière de diplomatie;
13. est préoccupé par le fait que les manifestations qui ont eu lieu devant les ambassades des États membres à Téhéran le 9 février 2010 étaient orchestrées par la milice Basij, et demande aux autorités iraniennes de garantir la sécurité des missions diplomatiques;
Dossier nucléaire
14.  réaffirme, sans préjudice des droits de l'Iran à développer son énergie nucléaire à des fins pacifiques et dans le respect des dispositions du régime de non-prolifération, que les risques de prolifération du programme nucléaire iranien continuent de préoccuper vivement l'Union européenne et la communauté internationale, comme l'indiquent très clairement les résolutions 1737, 1747, 1803 et 1835 du Conseil de sécurité des Nations unies;
15.  regrette qu'aucun progrès concret n'ait été enregistré sur des questions clés particulièrement préoccupantes, et demande de nouveau à l'Iran de rétablir la transparence de son programme nucléaire en fournissant des réponses complètes, claires et crédibles à l'AIEA, de régler tous les problèmes en suspens, et de dissiper ainsi les craintes, en rapport avec ce programme, s'agissant notamment des éléments qui pourraient avoir une dimension militaire, d'appliquer strictement les dispositions de l'accord sur les garanties, y compris ses dispositions subsidiaires, ainsi que de ratifier et de mettre en œuvre le protocole additionnel;
16.  souscrit à la double démarche adoptée par le Conseil européen et à tous les efforts entrepris pour trouver une solution à long terme négociée dans le dossier nucléaire iranien; souligne que pour toute nouvelle sanction adoptée dans le cadre de la menace nucléaire, il convient d'exclure les mesures qui auraient des conséquences néfastes pour l'ensemble de la population iranienne;
17.  déplore que le gouvernement iranien se soit opposé une nouvelle fois à toutes les tentatives faites pour parvenir à un compromis sur le dossier nucléaire et que le régime iranien cherche visiblement à utiliser ce dossier à la fois pour détourner l'attention de la crise que traverse l'Iran et comme manœuvre dilatoire pour éviter un débat au sein du Conseil de sécurité des Nations unies sur de nouvelles sanctions; estime que les dernières déclarations du président Mahmoud Ahmadinejad procèdent de ces manœuvres tacticiennes;
Relations UE-Iran
18.  souligne l'importance de la poursuite du dialogue avec l'Iran à tous les niveaux, en particulier avec la société civile; déplore que la partie iranienne ait annulé la visite programmée de la délégation du Parlement européen et exprime l'espoir que le gouvernement et le parlement iraniens reconsidéreront leur position sur les contacts directs;
19.  invite le Conseil à se tenir prêt à s'engager avec l'Iran afin de parvenir à une solution négociée sur la question nucléaire ainsi que sur les questions liées à la sécurité régionale, en tenant compte ce que devraient être les intérêts et préoccupations légitimes de l'Iran en matière de sécurité, y compris les perspectives à long terme d'un Moyen-Orient dénucléarisé sur le plan militaire;
20.  estime qu'une réflexion sérieuse doit être engagée au niveau de l'Union européenne sur la possibilité d'introduire de nouvelles sanctions ciblées qui ne nuisent pas à la population iranienne dans son ensemble; demande instamment d'étendre la liste existante des personnes et organisations soumises à l'interdiction de voyager dans l'Union européenne et au gel des actifs aux responsables de la répression et de la limitation de la liberté dans le pays, ainsi qu'aux responsables de la violation des engagements internationaux de l'Iran au regard de la question nucléaire;
21.  se félicite des récentes déclarations de la Haute représentante et vice-présidente de la Commission et d'autres responsables européens selon lesquelles la prochaine étape consiste à porter le débat devant le Conseil de sécurité des Nations unies, et demande à la présidence française du Conseil de sécurité d'inscrire le dossier nucléaire iranien à l'ordre du jour du Conseil de sécurité durant le mois de février 2010; invite les autorités chinoises à soutenir les efforts de la communauté internationale visant à contenir le programme iranien d'enrichissement de l'uranium;
22.  rappelle aux autorités iraniennes que pour développer des relations fructueuses avec l'Union européenne, l'Iran doit garantir les droits de l'homme fondamentaux et le respect des principes de démocratie, de liberté d'expression et l'État de droit, ce qui est un préalable pour tous les pays qui entretiennent des relations politiques et économiques avec l'Union européenne; souligne que la conclusion éventuelle d'un accord de coopération et de commerce entre l'Iran et l'Union européenne est subordonnée au respect de ces valeurs, à la stricte observation par l'Iran des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et de l'AIEA, ainsi qu'à la fourniture de garanties objectives quant à la nature pacifique du programme nucléaire iranien et à l'arrêt du soutien de l'Iran au terrorisme;
23.  invite les États membres et la Commission à soutenir activement toutes les initiatives iraniennes visant à améliorer le pluralisme des médias et se félicite des progrès réalisés dans le projet, déjà lancé, de diffusion de d'informations européennes en farsi;
24.  demande à la Commission et au Conseil de prendre immédiatement des mesures pour interdire aux sociétés européennes de livrer des technologies de surveillance à des pays, comme l'Iran, dont les gouvernements pourraient les utiliser contre la liberté d'expression;
25.  demande à la Commission d'établir une délégation de l'Union européenne à Téhéran;
26.  demande à la Commission et au Conseil de concevoir des mesures supplémentaires dans le cadre de l'instrument européen pour la démocratie et les droits de l'homme et de la politique européenne d'immigration pour protéger activement les défenseurs iraniens des droits de l'homme;
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27.  charge son Président de transmettre la présente résolution à la Haute représentante, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au secrétaire général des Nations unies, au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, ainsi qu'au gouvernement et au parlement de la République islamique d'Iran.

jeudi 11 février 2010

Les événements de la journée du 11 Février 2010 (22 Bahman 1388)

Le peuple iranien s'apprête à vivre une journée décisive ce jeudi 11 Février 2010 (22 Bahman 1388). Ce 31ème anniversaire de la victoire de la Révolution Islamique de 1979 sera utilisé par le Mouvement Vert pour une véritable démonstration de force. Sur ce blog, nous allons suivre heure par heure les évènements de cette journée historique. Toutes nos pensées vont aux martyres du mouvement vert, à ceux qui subissent les pires tortures dans les prisons infâmes du régime et à leurs proches.   



  • Voici ce qu'est la République Islamique

  • Zahra Rahnavard, l'épouse de Mir Hossein Moussavi a été agressée par des miliciens et frappée à coup de poing et de matraque (source source). Les manifestants verts ont pu finalement la protéger et l'extraire des mains de ses agresseurs.
  • Mir Hossein Moussavi a bien pris part à la manifestation mais a dû se réfugier dans une maison  pendant quelques heures pour des raisons de sécurité et quitter les lieux et se couvrant. Nous attendons la confirmation de cette nouvelle. Le régime se sert déjà de cette "fuite" et prétend que Moussavi "s'est enfui caché sous un tchador". Cette information est démentie par le site Kalameh proche de Moussavi. Plus d'information ici.
  • Arrestations massives confirmées à Shiraz et Mashhad.
  • Blog de Delphine Minoui du Figaro en Français: ici  
  • Le nombre de manifestants devant les bâtiments de l'IRIB augmente. Les heurts continuent à cet endroit. 
  • Article de Libération ici 
  • Poster géant des guides de la révolution islamique déchiré! Et le reportage de CNN ici



    16h30 (heure de Téhéran) 

    • Blog remarquable du Guardian avec de nombreux vidéos (en anglais): ici
    • Ariashahr serait complètement entre les mains des manifestants. Une quarantaine de personnes ont été arrêtées selon des témoins. Il y a eu des tirs de balles et de gaz lacrymogènes.
    • Manifestations importantes à Esfahan et Ahvaz

    16h00 (heure de Téhéran) 

    • 20 personnes arrêtées à Shiraz, au moins 100 à Mashhad.
    • Couvre-feu, régime militaire par excellence. Violence partout. Répression totale.
    • Les forces de l'ordre tentent de disperser les manifestants avec des tirs en l'air.
    • Hossein Karoubi: "Les violences de ce jour sont les pires depuis 8 mois".
    • Hashemi Rafsanjani a pris part à la manifestation ce jour.
    • Les manifestants font honneur au poster géant de Khamenei!! A voir absolument.

      15h30 (heure de Téhéran)
      • Non confirmé: un manifestant tué à Shiraz
      • Leila Zareï a été tuée ce jour (27 ans, Place Valaliasr)
      • Les manifestants se donnent rendez-vous sur les grandes places de la capitale à 16h heure locale.
      • Des heurts importants signalés devant les bâtiments de la Télévision d'Etat.
      • Les Basijis ont tiré sur les manifestants à Amirabad.
      • Plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés à Sadeghieh
      • Plus d'une centaine de manifestants ont été arrêtés à Mashhad, la plupart des jeunes et des étudiants
      • Des manifestants se regroupent par centaine dans les quartiers Nord. Beaucoup de monde autour de la Place Vanak.
      • Les forces de l'ordre se sont introduits dans l'hôpital Ebn-Sina où plusieurs manifestants blessés étaiet soignés. Les manifestants se sont opposés à cette agression.
      • Pour l'instant, les verts ont du mal à se rassembler en très grand nombre. Dès qu'un groupe se forme et se met à scander des slogans, il est immédiatement attaqué par les forces de l'ordre.
      • Ahmad-Reza Radan donnerait des ordres à ses troupes pour plus de répression (son
      • Des manifestants auraient lancé des pierres aux forces en charge de la sécurité de la prison d'EVIN
      • Photo des forces de l'ordre à Sadeghieh ce jour et un autre photo très inquiétante malheureusement



      14h30 (heure de Téhéran) 
      • Selon une information non confirmée, une personne aurait été tuée à Shahrak Gharb
      • De nombreux membres des familles de prisonniers politiques se sont regroupés devant la prison d'EVIN. EVIN sera une cible cruciale, un symbole fort.
      • Des heurts se poursuivent sur l'aile Sud de la Place Vanak
      • Le réseau des téléphones portables est quasiment coupé. Les heurts se poursuivent dans les quartiers Nord de la capitale. Les foyers sont très dispersés. Les forces de l'ordre pourraient être complètement débordées d'ici quelques heures. Prions qu'il n'y ait pas un bain de sang. 
      • Plus de vidéos ici
      • S'approcher de la prison d'EVIN devient totalement interdit. Il faut voir si les manifestants vont insister et ce que sera la réaction des forces spéciales en charge de tenir cette prison. 
      • Des forces spéciales anti-émeutes en moto et armées de bâtons entrent en action.
      • 4 jeunes femmes ont été arrêtées sur la Place Haft-e Tir et emmenée vers un endroit inconnu. Les manifestants verts ont essayé de les suivre sur plusieurs kilomètre pour les sauver sans résultat.

      13h30 (heure de Téhéran) 
      • La manifestation à Sadeghieh prend de l'ampleur et se dirige progressivement vers la Place Azadi.
      • DES MANIFESTANTS SE DIRIGERAIENT VERS LA PRISON D'EVIN. Embouteillages monstres sur les boulevards périphériques Yadegar et Chamran.
      • Environ 10000 manifestants d'Ariashahr se dirigeraient vers la prison d'Evin, le haut lieu des tortures et des exécutions. 
      • L'article du New York Times sur les événements de ce jour: ici
      • De nombreuses arrestations ont été signalées. 
      • Manifestation très importante en cours à Mashhad.
      • France 24: Anniversaire de la Révolution islamique sous haute tension à Téhéran: ici
      • Rien ne semble arrêter les manifestants. Ils n'ont pas peur. Leur nombre augmente au fur et à mesure. 
      • Des heurts importants signalés sur les avenues Vessal, Fatemi, Sattarkhan, Karegar et sur les Places Vanak et Kaj.
      • Le petit fils de l'Ayatollah Khomeini a été arrêté. Rien ne va plus entre la famille Khomeiniet le régime.
      • Radio JARAS en farsi: ici
      • Voila à quoi ressemble le métro à Téhéran aujourd'hui :


      12h30 (heure de Téhéran)   
      • Un très grand nombre de manifestants verts sont des les grandes avenues.
      • Les forces de l'ordre ont tiré sur les manifestants verts à Ariashahr.
      • Associated Press: les manifestants verts à 500 m du podium d'Ahmadinejad
      • Des manifestations à Ahvaz sont confirmées.
      • Des heurts importants sur la Place Vanak et avenue Vessal pour éviter que les manifestants ne se dirigent vers la Place Azadi.
      • Des heurts importants sont signalés entre les miliciens habillés en civil et les manifestants verts. Le nombre de manifestants vert n'arrête pas d'augmenter. 
      • CNN couvre les évènements en Iran de façon continue!! www.cnn.com/iran
      • Les basijis (milices appartenant aux Gardiens de la Révolution) attaquent les voitures qui klaxonnent en soutien aux manifestants qui chantent "Mort à Khamenei", "Mort aux Dictateurs".
      • Les Chancelleries européennes ont boycotté les cérémonies officielles pour la célébration du 22 Bahman en signe de protestation contre l'attaque de plusieurs ambassades européennes hier par des éléments du Basij "étudiant". 
      • Les manifestants réclament haut et fort un referendum! "Referendum, Referendum, Tel est le slogan du Peuple": vidéo ici 
      • Vidéo de la manifestation de ce jour


      12h00 (heure de Téhéran)   
      • Des tirs entendus à Isfahan.
      • Les images et les sons retransmis par la Télévision d'État ne se correspondent pas! C'est ridicule! IRIB est le roi du PhotoShop et du léger différé! La vue de l'horizon (normalement utilisée pour montrer l'ampleur de la manifestation) a une couleur artificiellement ... verte pour fondre dans la masse les manifestants!
      • Des heurts signalés à Shiraz sur la Place Setad.
      • Le frère de l'ancien Président Khatami ainsi que son épouse ont été arrêtés.
      • Des "Morts aux Dictateurs" entendus à la Télévision d'État pendant le discours d'Ahmadinejad!
      • Il est très difficile d'accéder aux sites d'information de l'intérieur d'Iran. Les logiciels anti-flitrage ne peuvent plus fonctionner correctement.

      11h30 (heure de Téhéran)   
      • Ali Karoubi, le fils de Mehdi Karoubi a été arrêté (confirmé).
      • France24 a commencé sa couverture: ici
      • Des manifestants ont été arrêtés sur la Place Enghelab et transporté dans les locaux d'un cinéma.
      • L'ancien Président Khatami a été aperçu parmi les manifestants. Son véhicule aurait été attaqué aussi. 
      • Confirmation: Karoubi et ses gardes du corps ont bien été agressés
      • Des heurts ont été signalés sur l'avenue Ashrafi-Esfehani. Des tirs auraient été entendus.
      • Le site FarsNews, l'agence de presse du régime, n'est pas accessible!!
      • Les forces de l'ordre auraient chargés les manifestants avec des gaz lacrymogènes. sur la Place Sadeghieh. Un témoignage non confirmé fait état de l'arrivée de Mehdi Karoubi sur cette Place.

      11h00 (heure de Téhéran) 

      • Ahmadinejad a commencé son discours. CNN retransmet en direct les images de IRIB2.
      • Des manifestants verts auraient commencé à scander des slogans anti-régime sur l'aile Est de la Place Azadi.
      • Présence massive des verts sur Place HafteTir et les trottoirs autour de la Place Enghelab (Révolution)
      • Un auditeur de ePersianRadio: Karroubi a été agressé. Son véhicule a été attaqué.
      • Les journalistes étrangers n'auront le droit que de couvrir le discours d'Ahmadinejad!
      • Un très grand nombre de manifestants verts seraient sur la Place Azadi.
      • Ahmadinejad est arrivé sur la Place Azadi à 10:06 heure locale. Images retransmises sur la Télé d'État (IRIB). Les plans sont très restreints de peur de retransmettre les manifestants verts en direct.
      • Les forces de l'ordre et les unités spéciales anti-émeutes sont stationnées dans les mosquées et les bâtiments publics près de la Place Azadi pour intervenir.
      • Confirmation: les blindés anti-émeutes importés de la Chine sont positionnés devant IRIB (la Télévision d'État).
      • Un très grand nombre de manifestants sont positionnés sur la 2ème Place (Falakeh) Sadeghieh et attendent l'arrivée de Mehdi Karoubi pour se diriger ensuite vers la Place Azadi.   

      9h30 (heure de Téhéran)
      • Des véhicules anti-émeute de fabrication chinoise aurait été vue vers l'avenue Jam-e-Jam. Leur importation avait fait scandale. La Chine n'est décidément pas dans le camp de la liberté. 
      • De très nombreux manifestants verts sont regroupés sur la Place Sadeghieh où Karoubi devrait joindre les manifestants vers 10h heure locale. Il aura besoin d'être protégé. Il avait congédié ses gardes du corps suite aux agressions qu'ils avaient subies lors de précédentes manifestations.
      •  Tabriz est en ébullition. Des slogans contre le régime autour du Bazar.
      • Ahmadinejad va prendre la parole dans 2 heures environ
      • Présence massive de forces de l'ordre sur l'avenue Kargar, au nord de la Place Enghelab (Révolution)
      • Des photos incroyables de la libération de prison d'Evin en 1979 (ici). Un blogger se demande si nous allons assister à des scènes identiques aujourd'hui...

      4h30 (heure de Téhéran) 
      • Esmaïl Ahmadi-Moghaddam, le commandant des forces de l’ordre et Ahmad-Reza Radan son substitut (le bourreau de la prison de KAHRIZAK) ont l’un et l’autre émis des mises en garde extrêmement sévères à l'égard des manifestants qui ne respecteraient pas les valeurs et les slogans du régime. Dans une autre dépêche, l'agence de presse gouvernementale Fars News fait part d'une période incarcération d'au moins 2 mois pour tous ceux qui seraient arrêtés par les forces de l'ordre ce 22 Bahman.
      • Des véhicules blindés lourdement armés appartenant aux Gardiens de la Révolution (Sepah) sont entrés il y a quelques heures dans l'enceinte de la Télévision et de la Radio d'État (IRIB). Des unités spéciales des Gardiens sont en charge de protéger les lieux sensibles du pouvoir (source - source). La Télévision d'État a été sous le feu des critiques du mouvement vert pour sa partialité et sa censure impitoyable.
      • Des unités du Basij seraient positionnées dans la proximité de la Place Azadi (Liberté), sur le campus de l'Université Sharif (qui se situe à deux pas de la Place) et dans les bâtiments gouvernementaux. La Place Azadi sera l'épicentre de la manifestation du 22 Bahman et l'endroit où Mahmoud Ahmadinejad prononcera son discours (source). Ces unités devraient tout faire pour éviter que les manifestants verts ne puissent accéder à la Place Azadi pour perturber la manifestation officielle et interrompre le discours d'Ahmadinejad. 
      • Les parcours proposés pour les verts et le parcours officiel pour la manifestation sont précisés ici
      NB: Sources Twitter, Jaras, Peykiran, ParlemanNews
      NB: Les magnifiques posters du 22 Bahman sont issus du site de Lissnup (Blog, Twitter)