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dimanche 22 avril 2012

Interview exclusive de Rooz avec Mohammad-Reza Motamednia - Fereshteh Ghazi – 17 avril 2012


Durant la première décennie de la révolution islamique d’Iran en 1979, Mohammad-Réza Motamednia était un fils de la révolution, respecté et loyal, on lui faisait confiance. A une certaine époque, il était le principal conseiller du haut commandement militaire et responsable en chef pour toute la logistique pendant la guerre de 8 ans entre l’Iran et l’Irak. Il a également été l’émissaire particulier de trois premiers ministres, Radjaï, Bahonar et Moussavi. Et pourtant, aujourd’hui, il est enfermé dans une cellule du plus célèbre centre de détention de Téhéran, la prison d’Evine, après avoir été condamné pour propagande contre la république islamique.

Rooz a parlé aux membres de la famille de Motamednia de leur prisonnier. Ils ont révélé que leur prisonnier politique était en grève de la faim pour protester contre sa situation, il a annoncé qu’ilétait déterminé à continuer sa grève jusqu’à la libération des dirigeants du Mouvement Vert d’Iran de leur assignation à domicile.

Meissam Motamednia, le fils du prisonnier dit : « Mon père est totalement engagé dans le chemin qu’il s’est choisi et personne ne pourra l’arrêter. Il nous faut respecter sa décision, même si nous sommes très inquiets pour sa santé. »

Motamednia a commencé sa grève lundi dernier et a annoncé qu’elle était faite pour protester contre «  toute la cruauté, les pressions, l’injustice, pour défendre le sang de tous les martyrs de la république islamique et en respect pour toutes les croyances nationales. » Il a ajouté qu’il continuerait sa grève jusqu’à ce que « Mir-Hossein Mousavi, Zahra Rahnavard et Mehdi Karroubi soient complètement libérés de leur assignation à domicile. »

Lui qui fit partie des intimes du régime, a diffusé son message depuis l’intérieur de la prison et a proclamé que si les conditions n’étaient pas réunies d’ici 45 jours, il attaquerait une autre phase de sa grève, il se limiterait à boire de l’eau claire, et ce uniquement entre le coucher et le lever du soleil. Son fils a aussi dit à Rooz que Motamednia avait été transféré à l’isolement de l’infâme bloc 240, sans aucune visite.

Rooz s’est enquit de leur dernière visite et Meisam a dit : «  C’était lundi dernier, quand il a commencé sa grève de la faim. Aucune nouvelle depuis. Il n’a rien dit d’une grève de la faim quand nous l’avons vu. C’est son caractère, il ne dévoile généralement pas ouvertement ses problèmes et donc, il n’a pas mentionné sa grève de la faim. Nous avons déduit qu’il en avait l’intention de ce qu’il disait. Mais à l’époque, ce n’était que des soupçons. Quand nous sommes rentrés à la maison, nous avons lu l’annonce  qu’il commençait une grève de la faim, annonce faite sur des sites Web, ce qui a confirmé nos craintes et nos soupçons. »

Nous lui avons dit qu’il était peu probable que le régime libère les dirigeants du Mouvement Vert, alors, que pensait-il de la situation ? « Je respecte mon père et pour moi, c’est plus qu’une personne éprise de liberté.  Nous ne pouvons nous mettre en travers de sa décision. » a expliqué Meisam.

Parlant des changements dans le pays, nous avons demandé s’ils s’étaient jamais douté que leur père atterrirait un jour en prison : « Jamais. Nous n’aurions même jamais pu imaginer quoique ce soit de tel. Mon père faisait partie de la révolution et la défendait même lorsque nous plaignions de quelques points. Il croyait dans le régime et s’était engagé à servir la révolution du peuple. Même dans sa dernière lettre publiée par des sites Web, il se considère comme le fils de la révolution et du peuple. Nous n’aurions jamais pensé qu’il terminerait en prison, sans compter qu’un jour, il abandonnerait sa propre vie pour faire la grève de la faim. » a dit Meisam.

Nous avons parlé des accusations portées contre Motamednia et son fils a déclaré : « Mon père a été arrêté en 2009. Il a d’abord passé 2 mois à l’isolement dans le centre de détention des gardes révolutionnaires. Il a ensuite été libéré mais la 26ème chambre du tribunal révolutionnaire l’a accusé de propagande contre le régime et l’a condamné à un an de prison. Il était au bloc 350 d’Evine depuis 2011 mais il a récemment été transféré au célèbre bloc 240 de cette même prison. Les accusations portées à l’encontre de mon père n’ont jamais été vraies. Il a travaillé dans le cadre de la constitution au quartier général de l’un des candidats à l’élection présidentielle que le régime lui-même avait approuvé ; il n’a rien fait d’illégal. Mais apparemment, on avait tiré des plans depuis longtemps dans d’autres quartiers pour arrêter et emprisonner tous les membres de la campagne présidentielle de Monsieur Moussavi. »

En conclusion, Meisam a dit que de telles arrestations et emprisonnements en masse ne résoudraient aucun problème. Aucun des problèmes n’a été résolu durant ces trois dernières années en dépit des dures mesures répressives. « J’espère que les officiels et les autorités vont se réveiller ; en attendant, je les tiens, eux et les officiels de la justice, pour responsables du sort de mon père et de celui des autres prisonniers.»

Source : http://www.roozonline.com/english/news3/newsitem/archive/2012/april/17/article/hunger-strike-till-mousavi-and-karoubi-are-released.html

dimanche 26 septembre 2010

Ce n'est pas nous qu'il faut craindre, c'est l’ire du peuple - Fereshteh Ghazi - 15 septembre 2010

Réaction virulente de Moussavi aux nouvelles mesures de sécurité

Mir-Hossein Moussavi a publié une réponse aux mesures de sécurité accrues qu’on lui a imposées, y compris l’interdiction de rencontrer des personnalités politiques et des gens ordinaires. Le premier ministre du temps de guerre a annoncé : « Ces mesures de sécurité ne vont pas résoudre les problèmes de ceux qui sont au pouvoir. » Moussavi a également conseillé au régime de craindre l’ire du peuple et non sa personne.

On rapporte que des personnes désirant rendre visite à Moussavi ont été détenues et interrogées tandis que le chef de la police de Téhéran a annoncé que ceux qui ont participé au siège du domicile de Mehdi Karroubi vont être poursuivis.

Le domicile de Mehdi Karroubi a été assiégé depuis environ deux semaines par des forces, qualifiées par les proches de Monsieur Karroubi , d’agents du régime.

Hier, le site Kalameh, qui reflète les opinions de Mir-Hossein Moussavi, rapportait : « Depuis quelques semaines, les forces de sécurité de Mahmoud Ahmadinedjad empêchent les personnalités et les gens ordinaires de rendre visite à Monsieur Moussavi à son bureau. Ils les arrêtent et les relâchent après quelques heures d’interrogatoire, ou les emmènent en détention pour en obtenir des promesses écrites de ne plus rendre visite à ce bureau. »

Mir-Hossein Moussavi, qui continue de protester contre les élections présidentielles frauduleuses de juin 2010 a averti que des mesures de sécurité ne résoudront pas les problèmes de ceux qui sont au pouvoir et affirmé que le mouvement vert était si profondément enraciné qu’il ne serait pas arrêté par l’élimination de personnalités comme lui.

A propos des attaques contre son équipe de campagne qui ont commencé le soir du 12 juin, jour de l’élection, Moussavi a déclaré: « En dehors de beaucoup d’autres preuves et documents, l’objectif de ceux qui ont commis cette fraude lors des élections est devenu clair quand ils ont attaqué le quartier général des élections avant le comptage des votes et ont arrêté des personnalités révolutionnaires et politiques le lendemain des élections et les jours suivants. Heureusement, car cela a permis au public de se faire une opinion beaucoup plus facilement, surtout  lorsqu’ils ont publié deux différents enregistrements de discours de l’un des « commandants en charge ». En tout cas, les restrictions et les abus ont continué depuis avec des hauts et des bas.

Moussavi explique que mettre davantage de pression sur les dirigeants de l’opposition ou même les éliminer n’arrêtera pas le mouvement. « Si le slogan "où est mon vote" a pu, l’année dernière, rassembler des millions de citoyens pacifiques les 15, 18 et 20 juin, aujourd’hui il y a plus de risques d’évènements imprévisibles grâce à la politique répressive du gouvernement durant l’année écoulée, aux conditions de vie inacceptables des citoyens et à la pression internationale due à notre politique étrangère aventureuse. Mon frère Karroubi et moi-même et d’autres sommes les humbles compagnons du peuple. C’est la colère du peuple qu’ils devraient craindre, pas nous.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/september/15//fear-peoples-wrath-not-us.html

samedi 17 juillet 2010

Rooz: Fereshteh Ghazi - Critique du mouvement vert - 13 juillet 2010

Fereshteh Ghazi - 13 juillet 2010

Interview de Zahra Rahnavard

Alors qu’un débat houleux sur l’opportunité de la critique du mouvement vert et de Mir-Hossein Moussavi est actuellement un sujet brûlant, Zahra Rahnavard déclare lors d’un entretien exclusif à Rooz : « Les gens qui ne sont pas critiqués commencent à stagner comme un marais et nous accueillons favorablement toute critique amicale et dans l’intérêt du mouvement. »

Nous avons interviewé Zahra Rahnavard suite aux remarques et interprétations controversées sur le mouvement vers venant de personnalités et groupes politiques à l’extérieur de l’Iran, en dépit des affirmations répétées de Moussavi et Karroubi les deux candidats d’opposition aux élections présidentielles que le mouvement est par nature « pluraliste » et qu’il accepte tous ceux qui s’opposent au statu quo en Iran. Soulignant que « le pluralisme et la diversité font partie des caractéristiques du mouvement vert » Rahnavard ajute : « Quiconque croit dans le changement pour obtenir la liberté, la démocratie, des élections libres et la non-ingérence du gouvernement dans la vie privée est vert. »

Ci-dessous quelques extraits de l’interview exclusive de Rooz avec l’artiste et professeur d’université, le Docteur Rahnavard

Rooz: Monsieur Moussavi a-t-il un représentant ou un porte-parole hors d’Iran ?

Zahra Rahnavard (Rahnavard): Moussavi a affirmé à de nombreuses reprises n’avoir ni représentant ni porte-parole en dehors d’Iran

Rooz: Madame Rahnavard, à vos yeux, qui compose le Mouvement Vert et quel spectre de la société couvre-t-il ?

Rahnavard: Le Mouvement est pluraliste et quiconque croit dans le changement pour obtenir la liberté, la démocratie, des élections libres et la non-ingérence du gouvernement dans la vie privée est vert. Ce qui ne veut pas dire que tous les verts suivent la même idéologie ou ont le même point de vue. Je crois que le Mouvement Vert est ce qui nous unit. Les différences, bien qu’elles existent, nous donnent à tous la chance de nous unir sans tenir compte de nos points de vue différents. Par exemple, à l’intérieur du mouvement, une personne peut-être un fervent religieux alors qu’une autre ne le sera pas du tout tandis que d’autres se situeront entre les deux. Bien que nos différences persistent, nous nous somme unis sur une base de croyances communes et de choses qui nous unissent. En d’autres termes, en dépit de nos différences, le Mouvement Vert nous a unis sur une base de buts et d’accords communs.

Rooz: Dernièrement, il y a eu un grand débat pour savoir s’il y avait place pour la critique au sein du Mouvement Vert, et plus particulièrement la critique de Monsieur Moussavi lui-même. Certains croient que la critique dans les circonstances actuelles pourrait saper le mouvement tandis que d’autres affirment que les opposants du mouvement en tirent avantage. Qu’en pensez-vous ?

Rahnavard: D’une manière générale, la critique est une bonne chose et nous encourageons la critique constructive. Je crois personnellement que les personnes qui ne sont pas soumises à la critique finissent par stagner comme un marais et nous accueillons favorablement toute critique amicale et dans l’intérêt du mouvement. La critique venant de l’animosité se révèlera avec le temps. Dans le même temps, he voudrais ajouter que la critique ne devrait pas uniquement être dirigée contre Monsieur Moussavi mais qu’elle devrait plutôt inclure tout le groupe composé de Messieurs Khatami, Karroubi et des autres, moi y comprise ; aucun de nous n’a jamais prétendu diriger le mouvement et nous toujours encouragé la critique. Le fait que la critique du mouvement rende joyeux le régime totalitaire actuel et qu’ils considèrent la critique comme affaiblissant quelque peu le mouvement n’a aucune importance. Je crois que la critique ne peut que conduire à de futurs développements et à une croissance du mouvement. En tant qu’artiste, je demande toujours à mes amis de critiquer mes œuvres et je crois que c’est cette forme de critique qui conduit à l’amélioration.

Source : http://www.roozonline.com/english/news/newsitem/article/2010/july/13//we-welcome-criticism-of-green-movement.html

jeudi 24 juin 2010

Ahmad Batébi - Tout le monde fait des erreurs, nous y compris - 2ème partie

Interview par MARYAM NY



Maryam NY: Je pense que vous serez d’accord : à l’extérieur de l’Iran il doit y avoir davantage d’unité pour soutenir le mouvement populaire. Comment être unis davantage ?


Ahmad Batebi: Nous, Iraniens, pensons que nous sommes les bons et les autres les mauvais. Par exemple, si on dit à quelqu’un de participer à une manifestation, il ou elle répond : « Non, je ne viens pas parce qu’il y aura des monarchistes. »Vous demandez : « Et alors, qui a-t-il de mal à çà ? » Il ou elle répond : « Les monarchistes ont volé l’agent du pays puis ont quitté l’Iran » Vous dîtes alors : « Allons à une autre manifestation » On vous répond : « Non parce qu’il y aura des Modjaheddines (Organisation de Modjaheddines du Peuple) » Vous demandez, « Pourquoi est-ce mal ? » On vous répond « Ils sont partis en Irak au milieu de la guerre Iran-Irak et ont trahi le peuple iranien. ». Alors vous demandez aux monarchistes, aux Modjaheddines et aux communistes de participer à une manifestation. Ils répondent qu’ils ne viendront pas parce qu’il y aura des partisans de Moussavi. Vous demandez : « Et c’est un problème ? » On vous répond : « Moussavi était premier ministre à l’époque des massacres de 1988. » Ce qui montre que nous sommes prompts à juger. « Ca c’est bien » et « Ca c’est mal » Nous pensons avoir raison et être les bons alors que les autres ont tort et sont les mauvais. Le juge qui occupe notre esprit n’est pas un bon juge, mais plutôt une sorte de Saïd Mortazavi* qui ne permet pas à l’adversaire de se défendre. On fait des erreurs. Tout le monde se trompe. Voulez-vous empêcher quelqu’un de se joindre au mouvement à jamais ? La première étape est de dire que nous sommes mauvais et les autres bons. Il faut donc tuer le juge Mortazavi qui occupe notre esprit et admettre que nous faisons des erreurs comme les autres.


Maryam: A votre avis, Moussavi devrait-il expliquer le rôle qu’il a joué dans les massacres de 1988 ?


Batébi: Non, pas maintenant. Je ne suis pas un « moussaviste ». Je crois que les gens doivent voter parce que j’ai foi en la participation active. Je dis que si tout le monde vote, alors chacun a le droit de revendiquer. Le mouvement a gagné en solidité à cause de la participation massive. Quand ils demandaient « où est mon vote ? », il n’y aurait pas eu tant d’ « actionnaires » demandant leur part s’il y avait eu boycott. Je n’ai pas voté pour Moussavi et je ne l’aimais pas beaucoup car je le pensais un peu conservateur et il veut toujours que l’Iran retourne à ses origines [1980]. Cependant, au fil du temps, j’ai compris que je me trompais beaucoup au sujet de Moussavi. Il est vrai que mon mode de pensée est différent du sien. Je suis laïc et nous ne partageons pas beaucoup de points de vue en ce domaine ; cependant, je lui porte beaucoup de respect parce qu’il s’est élevé en protestant pour les droits du peuple. Si nous voulons éliminer le Mortazavi qui squatte notre esprit et le juger de façon réaliste, alors l faut reconnaître qu’à l’époque où il était premier ministre, les trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire étaient séparés en Iran. Mettons-nous à sa place, en 1988, en plein milieu de la guerre et des conflits et alors que Khomeiny était encore en vie et doté d’un tel charisme, que fallait-il faire ? Aurait-il fallu tuer Khomeiny ? S’opposer à la justice ? L’ambiance et l’atmosphère ne permettaient pas à Moussavi de faire quoi que ce soit. Néanmoins, Moussavi devra un jour expliquer les problèmes de l’époque, qui était responsable et le rôle qu’il a joué. S’il a commis une erreur, il devra s’en excuser devant le peuple, s’il n’en a pas commise, il devra l’expliquer. Il doit le faire, mais le faire maintenant serait de l’auto flagellation. Quand le mouvement sera vainqueur, nous aurons tout le temps nécessaire pour lui demander de s’occuper du problème.


Maryam: J’ai suggéré que Moussavi reconnaisse les massacres pour davantage d’union au sein du peuple.


Batébi: Une telle reconnaissance n’est importante que pour réunir les gens hors d’Iran, pas pour ceux de l’intérieur. Pour le peuple iranien, il suffit que Moussavi ait eu le courage de s’élever contre le pouvoir. Nous qui vivons en dehors du pays ne pouvons pas décider pour le peuple iranien. Cette demande émane de la diaspora. Je crois aussi qu’il faut qu’il s’explique mais nous avons des problèmes plus importants à régler pour l’instant. Le peuple iranien veut que le mouvement continue d’exister. Il vaut mieux que Moussavi fasse montre de courage et tienne ses positions comme Karroubi. Nous aurons tout le temps plus tard pour ces discussions.


Notes des traducteurs :
* A l’été 1988, à la fin de la guerre, Khomeiny a ordonné que tous les prisonniers politiques refusant de se repentir soient exécutés. Des milliers de prisonniers politiques, dont certains avaient fini de purger leur peine mais étaient encore illégalement détenus, furent alors brutalisés et exécutés en masse après de courts interrogatoires. Ils furent enterrés dans des tombes anonymes à Khavaran à l‘est de Téhéran. Aucune information n’est disponible sur ceux qui ont ete exécutés en province.


** Saïd Mortazavi fut juge spécialisé dans les medias, procureur de Téhéran et vice procureur d’Iran. Il est responsable de la fermeture de publications et de journaux critiques ou dissidents et de l’emprisonnement de journalistes. Il est le principal suspect de deux dossiers importants : la mort de la journaliste Irano Canadienne Zahra Kazémi et du dossier du centre de détention de Kahrizak où des manifestants ont été battus, torturés, affamés, humiliés, violés et assassinés. Il est célèbre pour un langage inapproprié et des méthodes injustes, intimidantes et brutales. Il n’a jamais été mis en accusation. En décembre dernier, Ahmadinedjad l’a nommé responsable du bureau luttant contre la contrebande de biens et de devises étrangères.






Lire aussi

lundi 1 février 2010

Sale temps pour l'ambassadeur iranien à Paris!!

L'ambassadeur d'Iran en France donnait une réception hier pour commémorer la fin du séjour de Khomeini à Neauphle-le-Château et son départ pour l'Iran en 1979. Des manifestants verts ont quelque peu gâché la fête de Monsieur l'Ambassadeur qui a été neutralisé énergiquement par la Police après une altercation.

jeudi 7 janvier 2010

Le mouvement vert et la violence


Dans une lettre très remarquée adressée aux iraniens de l’étranger, Ezatollah Sahabi, figure politique très importante de la mouvance nationale et religieuse, formule deux demandes qui, à ses yeux, sont à ce stade primordiales pour la réussite du mouvement vert:
  • Le mouvement vert doit tout faire pour éviter de basculer dans la violence car sinon il ferait le jeu du camp d’en face, lui donnant carte blanche pour frapper et réprimer encore plus fort et sortir au bout du compte vainqueur de ce jeu vicieux.
  • Le mouvement vert doit modérer ses demandes et ses revendications s’il veut obtenir des résultats dans la durée et de façon progressive. Sahabi demande par ailleurs d’éviter d’appeler ce mouvement une révolution et de faire un parallèle avec la révolution de 1979. Il pense que seul un mouvement de réforme progressif et installé dans la durée peut aboutir à des résultats concrets.
Il faut rappeler que cette lettre fait suite aux événements de la journée de l’Achoura pendant laquelle les manifestants ont riposté pour la première fois, en lançant des pierres et en encerclant les forces de l’ordre, en brûlant leurs voitures et les photos d’Ali Khamenei. Une controverse s’en est effectivement suivie, certains commentateurs qualifiant la riposte du peuple de violente. Ce jour là, au moins 8 manifestants étaient tués à Téhéran dont un écrasé de façon délibérée par une voiture de police (le vidéo a fait depuis le tour du monde) et le neveu de Mir Hossein Moussavi froidement et délibérément assassiné.

Ezatollah Sahabi soulève en effet deux points très importants et a le mérite de poser des questions quasi identitaires pour un jeune mouvement de libération qui va entrer dans son 8ème mois. Est-ce que riposter, comme l’ont fait les manifestants le jour de l’Achoura, est basculer dans la violence? Les manifestants agressés ont-il le droit de se défendre? Faut-il neutraliser et désarmer un basiji qui s’apprête à frapper ou à arrêter un manifestant? Il est vrai que certains agents des forces de l’ordre ont été frappés ou blessés par les jets de pierre. Mais il n’y a pas eu de lynchage. Au contraire, certaines photos (voir ci-dessous) montrent que les agents blessés étaient même protégés par certains manifestants (un agent blessé, à qui les manifestants ont donné une écharpe verte pour s’essuyer le visage en sang).

Cette vielle figure de l’opposition iranienne conseille aux verts de ne pas envenimer une situation déjà tendue, de ne pas mettre de l’huile sur le feu et surtout et de ne pas s’enfermer dans l’illusion d’un pays entré dans une phase révolutionnaire. Autrement formulée, cette demande revient à ne pas réclamer directement un changement de régime ou le départ de Khamenei.

Notre but n’est pas de répondre à ces questions découlant de la lettre de Sahabi mais de prolonger ce débat et de demander aux lecteurs de ces lignes de prendre part au débat en laissant des commentaires.

Un mouvement transformationnel, populaire et totalement spontané qui s’interroge, qui tâtonne, qui commet parfois des erreurs et qui est en permanence à la recherche de la bonne parade contre la tyrannie et contre l’expression la plus brutale et inhumaine de la violence est tout simplement un mouvement qui mûrit et qui fait preuve d’une vigueur intellectuelle saine et pleine de promesse.

Le texte de la lettre de Sahabi en Anglais et en Persan: lien

Lire aussi:
Le Monde du 28.12.09: Pouvoir et opposition se radicalisent en Iran

Photos montrant les manifestants protégeant des agents blessés






Les forces de l'ordre tirant des balles réelles - Un des martyrs de l'Achoura



Le martyr des étudiants de l’Université Azad de Mashhad



Le mercredi 30 Décembre (9 Dey), le régime iranien a une nouvelle fois commis l’irréparable. Ce jour là, les étudiants de l’Univesrité Azad de Mashhad étaient rassemblés pour commémorer en silence les martyrs de l’Achoura tombés 3 jours auparavant sous les coups de matraque, les balles et les roues de véhicule des forces de sécurité. Vers 13h, plusieurs bus transportant plus de 500 agents fanatisés du Basij et de l’Ansar-e Hezbollah ont fait irruption dans l’enceinte de l’université. Armés de matraques, de couteaux, de chaînes et de sprays moutarde, scandant des slogans à la gloire de Khamenei, ces « soldats de dieu » se sont mis à agresser avec une violence inouïe les étudiants sans défense. Selon plusieurs témoins, activistes et associations étudiantes, le bilan est extrêmement lourd : 2 étudiants (une fille et un garçon) seraient décédés des suites de leurs blessures, une quarantaine de blessés et 210 étudiants arrêtés. Ces exactions étaient commises alors que les forces de sécurité « régulières » encerclaient l’université pour protéger les agents paramilitaires et pour arrêter les étudiants traînés de force vers l’extérieur du campus. Il s’agissait d’une véritable expédition punitive, clairement planifiée pour tuer, torturer, intimider et juguler tout mouvement de contestation au lendemain de la démonstration de force de l’Achoura.



Dès le lendemain, les étudiants de plusieurs universités de Mashhad (Azad, Sajjad et Ferdowsi) ont organisé des rassemblements pour condamner la violence et l’horreur vécue par leurs confrères et pour demander la libération des prisonniers. Le même jour, le quotidien pro-gouvernemental Khorassan, affirmait qu’aucun étudiant n’avait été blessé. Le 3 Janvier, des appels au boycottage des cours et des examens ont été lancés.

D’après plusieurs témoins, 8 blessés très graves, avec des hémorragies importantes, ont été extraits du campus et conduits vers les ambulances et les voitures des forces de l’ordre stationnées à l’extérieur. Leurs amis n’ont pas été autorisés de les accompagner.

Parmi ces blessés, 2 étaient particulièrement atteints : une étudiante gravement blessée au cou et un étudiant touché à la tête par de multiples coups de matraque. Ces deux blessés ont été traînés sur le sol et emmenés vers l’extérieur du campus. D’après des associations étudiantes et des témoins, ces 2 étudiants auraient très vraisemblablement succombé à leurs blessures.

Ces actes ont fait suite aux appels à la violence lancés de façon incessante depuis les tribunes officielles, en particulier par Seyyed Ahmad Elmolhoda, l’Imam extrémiste des prières du vendredi de Mashhad et qui était aussi le virulent orateur de la manifestation pro-gouvernementale qui s’est tenue 30 Décembre à Téhéran. Les agresseurs jouissaient clairement du soutien des autorités de la région de Khorassan.

Le scénario de cette attaque infâme rappelle étrangement celui de l’attaque des dortoirs de l’Université de Téhéran du 15 Juin qui avait fait 5 morts et de très nombreux blessés (lire et voir ici et ici). Un campus bouclé par les forces régulières et des miliciens fanatisés et armés faisant irruption pour casser, frapper et tuer. Six mois plus tard, les plus hautes autorités militaires du régime et le comité spécial du parlement en charge de mener une enquête sur les violences post-électorales affirment que ces exactions avaient été commises par des individus ayant agi de leur propre chef, sans aucun rapport avec les forces gouvernementales.

Les étudiants, véritables fer de lance de la révolution en cours en Iran, ont été la cible d’une vague de répression sans précédent. Semer la peur, réduire au silence et écraser toute velléité de contestation sous une chape de plomb sont clairement les buts recherchés par les instigateurs de ces actes barbares. Or ces criminels ignorent que de tels actes ne font qu’au contraire renforcer la conviction du peuple iranien d’en finir une fois pour toute avec la dictature religieuse.

Toutes nos pensées et nos prières vont aux victimes et à leurs familles.

Source: Site Internet de l'Université Amir-Kabir - lien lien lien
Vidéo: mercredi 30 Décembre (attaque)


Vidéo: jeudi 31 Décembre (rassemblement de soutien)

samedi 2 janvier 2010

17ème déclaration de Moussavi à propos des évènements de l’Ashoura sanglante

Dans sa première déclaration après la tragédie de l’Ashoura 2009 (texte en Persan), Mir Hossein Moussavi a critiqué les attaques brutales des forces gouvernementales contre la nation iranienne en deuil, et propose une solution en cinq points pour sortir de la situation critique actuelle. Il considère les manifestations populaires d’Ashoura et Tassoua (les fêtes religieuses les plus saintes) comme spontanées, il insiste pour que les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire prennent leurs responsabilités face à la nation en votant une loi garantissant la transparence des élections pour restaurer la confiance, en libérant les prisonniers politiques et en leur rendant leur dignité et leur honneur, en reconnaissant la liberté de la presse, des médias et le droit du peuple à manifester légalement. Sans mettre en exergue le martyre de son propre neveu lors des évènements récents, Moussavi rappelle qu’il ne craint pas de devenir l’un des martyrs de la quête des droits légitimes religieux et nationaux et ajoute que son sang n’est pas plus rouge que celui de ceux martyrisés depuis les élections. Il souligne que ce n’est pas en ordonnant l’exécution, le meurtre ou l’arrestation de Karroubi, Moussavi ou d’autres que le problème pourra être résolu.

Texte traduit en Français par MG
Texte en Persan: ici
La page Facebook de Moussavi contenant une traduction en Anglais: ici


Déclaration intégrale de Mir Hossein Moussavi

Au nom de Dieu le Clément et le Miséricordieux

On m’a répété, à moi et à [mes] amis, que si nous ne faisions pas de déclaration, les gens ne descendraient pas dans la rue, arrêteraient de manifester et de revendiquer et le pays serait pacifié. En tant que compagnon de route du grand mouvement populaire Vert, je n’étais pas en faveur de cette idée et je pensais que le retour à la normale ne viendrait que si les réformes nécessaires, basées sur les principes clairs de la constitution, étaient menées à bien.

Pour la commémoration de l’Ashoura, en dépit de nombreuses demandes, ni Karroubi, ni Khatami, ni moi-même, ni aucun autre ami n’a fait de déclaration. Et pourtant, le peuple a agi spontanément et a démontré que les vastes réseaux sociaux qui se sont formés spontanément pendant et après les élections n’attendaient pas les annonces ou les déclarations. Le peuple n’a pas de journaux pour l’accompagner ou l’encourager ; il ne profite pas d’une radiotélévision d’état supposée être neutre, juste et avisée ; et pourtant les nations du monde en ont été témoins : au milieu d’une tempête de menaces, de propagande, d’insultes et d’appels impies, en ce jour saint, les personnes portant le deuil de l’Imam Hossein (le petit-fils du Prophète Mahomet) en appelaient à Hossein pacifiquement et sans slogan radical sont descendues dans les rues et les places qu’ils avaient eux-mêmes choisi ; de nouveau, ils ont été en but à des provocations. Il y a eu des brutalités incroyables comme des voitures écrasant les gens, des milices en civil tirant sur le peuple ; ces miliciens sont aujourd’hui connus et leurs visages et ceux de ceux qui les manipulent se dévoilent de plus en plus. Tout cela a créé un désastre dont les conséquences ne sont pas prêtes de quitter la scène politique de ce pays de sitôt.

Si l’on regarde les images de l’Ashoura, on se rend compte que si parfois les slogans et les actions en sont venus à un radicalisme inacceptable, c’est parce qu’on a jeté des gens depuis des ponts ou des endroits en hauteur, qu’on les a écrasés avec des voitures ou assassinés ; il est intéressant de noter que sur certaines images, les gens voyaient leurs frères derrière les visages des forces de police ou bassidj en train de les réprimer ; dans cette situation critique et dans ce jour assourdissant de haine, ils essayaient de les protéger. Si la radiotélévision avait eu le moindre gramme d’équité, elle aurait diffusé un peu de ces scènes pour calmer l’atmosphère et rapprocher les gens. Mais non ! Le cours des évènements qui ont suivi l’Ashoura et l’étendue des arrestations et des autres actions gouvernementales ont démontré que les autorités répètent leurs erreurs passées sur une plus grande échelle et pensent que la seule solution est la politique de la terreur.

Admettons qu’avec toutes ces arrestations, ces brutalités, ces menaces, qu’avec le musellement des journaux et des médias vous puissiez réduire le peuple au silence pour quelques jours, comment changer l’opinion qu’a le peuple des institutions ? Comment compenser le manque de légitimité ? Comment changer la stupéfaction et la réprobation de tous les peuples du monde pour la brutalité d’un gouvernement contre son propre peuple ? Que faire des problèmes économiques du pays et des conditions de vie qui empirent à cause de la faiblesse extrême de son administration ? Comment faire reculer la menace de plus de sanctions de la part des Nations Unies et des efforts internationaux pour tirer plus encore d’avantages au détriment de notre pays et de notre nation ? En s’appuyant sur quelle expertise, quelle unité nationale, quelle politique étrangère efficace ?

Ils pensent qu’en repoussant les intellectuels, les érudits, les académiciens et les militants politiques ils peuvent revenir au temps d’avant les élections sans s’attaquer aux racines des problèmes actuels du pays. Mais ceux qui ont étudié l’histoire et en savent un peu à propos de la nature compliquée de la sociologie savent que cette idée est le résultat d’une illusion : fuir la réalité et chercher refuge dans des actions superficielles et trompeuses.

Je le dis clairement et sans ambages : l’ordre d’exécuter, d’assassiner ou d’emprisonner Karroubi, Moussavi ou d’autres personnalités du même genre ne résoudra pas le problème. Les annonces faites ce mercredi place Enghelâb et avant cela lors des dernières prières du vendredi par quelques personnalités affiliées aux institutions rendront directement responsables le coeur [des institutions] de toute conséquence d’un acte terroriste et empêcheront toute solution à la crise actuelle. Traiter la plus grande partie de la société de troupeau insignifiant de bœufs et de chèvres, de poussière et de paille et déclarer le meurtre de ceux qui pleurent le meurtre de l’Imam Hossein Mobah (autorisé par la religion) sont des catastrophes causées par un groupe connu et par la radiotélévision d’état. Qu’est-ce que c’est que ces discours depuis une tribune gouvernementale invitant les gens à s’affronter les uns aux autres en nommant un groupe parti de Dieu et l’autre parti du Diable ? Ils annoncent à plusieurs reprises dans une courte allocution que c’est la guerre ! Est-ce un appel à la guerre civile et aux émeutes ? Considérant l’usage fait du discours religieux, les références aux versets du Coran et à l’enseignement du Prophète, les plus éminents de nos religieux sont en mesure de dire ce qu’il convient de faire de ces gens.

Ce qu’on me rapporte en tant qu’humble membre de la société, sur la façon dont on reçoit les déviations de la voie de l’Islam et de notre pays bien-aimé et les remarques de ces derniers jours me rappellent une parole de l’Imam Khomeiny (que la paix soit sur lui) : « Tuez-nous et nous n’en serons que plus puissants. » Devenir l’un des martyrs qui ont donné leur vie depuis les élections pour obtenir ses droits légitimes tant religieux que nationaux ne m’inquiète pas et mon sang n’est pas plus rouge que celui des autres martyrs.

Je le dis sans ambages : à moins que l’existence d’une crise sérieuse dans le pays ne soit reconnue, on ne trouvera pas de solution aux questions et aux problèmes. La non-reconnaissance de la crise justifiera la poursuite des solutions répressives. La reconnaissance de la crise actuelle apportera une solution non de confrontation mais d’unité nationale. Accuser les gens d’impiété et de collaboration avec des pouvoirs étrangers impérialistes et des gens infâmes ou des mouvements épouvantables comme le MKO dans l’espoir que cela puisse conduire à l’élimination physique de certains fidèles de l’Islam et du peuple, voilà la conséquence de l’aveuglement volontaire sur la nature des problèmes nationaux du pays. En tant que fidèle, je dis que le MKO est mort avec ses trahisons et ses crimes ; ne le ressuscitez pas à cause de la haine ou pour en tirer des bénéfices partisans.

Avant de présenter ma solution de sortie de crise, il est nécessaire que je souligne la nature du mouvement Vert : il est islamique, national, opposé à la domination étrangère et loyal à la constitution. Nous suivons l’Imam Hossein. Nous sommes épris de cette liberté dont l’Imam innocent était le signe avant-coureur. Nous suivons celui qui ne tolérait pas que l’on dérobe un bijou du pied d’une juive dans cette vaste terre islamique (référence à l’Imam Ali). Nous croyons en l’interprétation divine de l’Islam qui considère que tous les humains sont semblables et ont une valeur égale dans la création, en la vision de la dignité intrinsèque de l’humain et n’accepte pas que l’attaquant reçoive une nourriture autre que celle offerte à la victime ou qu’il soit soumis à la torture ou autres actes de ce genre.

Mes chers amis, dont beaucoup sont en prison, et moi-même sommes de vrais fidèles de l’indépendance du pays et nous souffrons que notre marché islamique soit devenu un marché trompeur de marchandises importées. Nous sommes fermement opposés à la corruption actuelle qui émane de politiques erronées et du manque de perspicacité. Nous disons qu’une organisation vaste et influente comme l’IRG ne peut pas défendre le pays et les intérêts nationaux si elle doit calculer quotidiennement les hausses et les baisses de la bourse. ; Cela la corromprait en même temps que le pays. Nous disons que les salaires actuels des pauvres ouvriers, employés et d’autres groupes de la nation sont engloutis dans une corruption étendue et nous sommes prêts à participer à des discussions pour le démontrer. Le mouvement Vert est opposé au mensonge et nous considérons ce fait comme une destruction ravageuse pour la nation ; nous considérons donc que les mensonges en matière de politique, de sécurité, d’économie, de culture et d’autres domaines comme étant un grand danger pour le pays.

Nous voulons une administration véridique, généreuse et pacifique et un gouvernement basé sur les votes du peuple, qui considère les différentes opinions et idées du peuple comme une opportunité et non comme une menace. Nous considérons l’investigation dans la vie privée des gens, l’inquisition, l’espionnage, la fermeture des journaux et les limites portées aux médias comme opposés à notre religion prospère et dispensatrice de pouvoir et contre la constitution émanant de notre religion. Nous considérons le gaspillage d’un seul centime des deniers publics à des fins personnelles ou partisanes comme un péché et nous annonçons que la conspiration nationale vieille de 20 ans, approuvée par toutes les couches des institutions, s’est de nos jours métamorphosée en pièce de papier sans valeur ous avertissons que des concurrents importants dans la région dont la croissance économique est supérieure à 10% sont en train d’émerger et se renforcent de jour en jour tandis que notre gouvernement est malheureusement incapable d’établir un budget annuel, de conserver les comptes de la nation, de sauvegarder les économies du peuple et de répondre aux questions de la cour des comptes et du parlement.

Nous ne sommes affiliés ni aux Américains, ni aux Britanniques. Nous n’avons pas envoyé de cartes de vœux aux dirigeants des puissances mondiales et n’espérons pas leur assistance ; nous savons que l’orientation des affaires étrangères des différents pays découle des intérêts de ces mêmes nations et nous haïssons ceux qui ne respectent pas la culture et les convictions nationales de leurs nations. Il est ridicule de nous accuser d’avoir insulté le Coran et l’Ashoura de l’Imam Hossein et d’avoir déchiré le portrait de l’Imam Khomeiny. Evidemment, s’il y avait eu manque de respect le jour de l’Ashoura, nous ne l’approuverions pas mais nous considérons que les pires des manques de respect, ce sont les meurtres de personnes innocentes et de personnes en deuil le jour de l’Ashoura lors d’un mois pendant lequel l’Islam interdit de tuer.

Je pense que la solution des problèmes actuels et de la crise présente est la suivante. La situation du pays ressemble à un torrent rugissant dont les inondations étendues et différents évènements ont conduit à la crue et l’ont rendu boueux. La solution pour apaiser cette grande rivière et clarifier ses eaux ne se trouvera pas dans l’action rapide. Penser à des solutions de cet acabit - certains devraient se repentir, certains devraient négocier, échanger pour solutionner ce grand problème - c’est se tromper de chemin.

Je pense que l’apport d’eau fraîche et claire provenant de ruisseaux et de sources dans cette rivière sera la solution qui, petit à petit améliorera l’eau et la rivière. Je crois également qu’il n’est pas encore trop tard et que nos institutions ont le pouvoir de le faire s’il a la perception de son importance et s’il pose un regard respectueux et bienveillant sur la nation et toutes ses composantes. Je décris quelques solutions qui, comme les ruisseaux et les sources d’eau claire, peuvent influencer l’atmosphère nationale et améliorer la situation :

  1. L’exécutif devrait être responsable face au peuple, au législatif et au judiciaire afin qu’il n’y ait plus de soutien bizarre à l’exécutif en dépit de son incompétence ou de son incapacité ; l’exécutif doit être comptable de tous les problèmes qu’il a créés dans le pays. Bien sûr, si l’exécutif est compétent et équitable, il pourra répondre au peuple et au parlement ; s’il est incompétent et inapproprié, le législatif et le judiciaire le mettrait en accusation selon la constitution.
  2. Voter de nouvelles lois électorales claires qui permettent de regagner la confiance du peuple en des élections libres et justes sans ingérence ni interférence. Ces lois devraient assurer la participation du peuple entier en dépit de ses différences d’opinion et de vue et devraient interdire l’interférence déformée et partisane des autorités à quelque niveau que ce soit. Les partis originels dans les premiers jours de la révolution peuvent être considérés comme des modèles.
  3. Libérer tous les prisonniers politiques et leur rendre leur dignité et leur honneur. Je suis sûr que cela serait interprété comme un atout pour l’exécutif plutôt que comme une faiblesse et nous savons que les mouvements politiques qui ont perdu sont hostiles à cette solution
  4. L’amélioration est impossible sans la liberté de la presse et des médias et la reparution des journaux interdits. Il faut éliminer la peur des médias libres et on devrait s’intéresser à l’expérience internationale en ce domaine. L’expansion des chaînes par satellite, leur importance grandissante et l’influence décisive de ce média démontre clairement l’insuffisance des méthodes traditionnelles et les limites de la radiotélévision nationale. Les méthodes de brouillage des satellites et la censure d’Internet ne sont efficaces qu’à court terme. La seule solution c’est d’avoir des médias libres et informés à l’intérieur du pays. N’est-il pas temps de poser notre regard, depuis l’extérieur des frontières, sur la prospérité politique, culturelle et sociale par un acte courageux basé sur la confiance dans les forces intellectuelles et innovantes de la société ?
  5. Reconnaître les droits du peuple à organiser des manifestations légales, à constituer des partis politiques et des groupes et respecter l’article 27 de la constitution. On peut le faire avec la sagesse et la collaboration des personnes enthousiastes de ce pays ; cela peut remplacer la bataille entre les bassidj, les forces de sécurité et le peuple ou entre le peuple et le peuple dans une atmosphère d’amitié et d’affection nationale.
On pourrait rajouter des articles à la liste ci-dessus. A mon avis, le moindre filet d’eau claire est important par les temps qui courent. Il n’est pas nécessaire que tous ces points soient initiés en même temps. Si l’on constate de la détermination dans cet démarche, cela aidera à clarifier l’horizon. Mes derniers mots seront que toutes ces suggestions peuvent être exécutées avec sagesse, perspicacité et bonne volonté et sans besoin de traités, de négociations ou de marchandages politiques.

Mir Hossein Mousavi
http://www.kaleme.org/1388/10/11/klm-7047